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Essai sur les élites traditionnelles au Maroc

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par El Mostafa AAOURDOU
Université Moulay IsmaàŻl Meknes - Maroc - Master en science politique 2012
  

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Partie I : l'élite politique au Maroc : le poids de l'hérédité.

L'élite politique est une minorité qui détient toutes les potentialités, lui permettant d'influencer la masse. Dans chaque société qu'elle que soit son degré de développement, il y'a une élite qui gouverne et une majorité gouvernée. De nombreux travaux sociologiques ont été consacrés aux élites et leur reproduction. En outre une pléthore de spécialistes, s'est intéressée à leurs études. Des sociologues élitistes, tels Mosca, qualifié de conservateur ; et Robert Michels  classé, parmi les socialistes révolutionnaires, ont manifesté un regain d'intérêt à la théorie des élites. Cela suffirait à démontrer qu'il ne s'agit pas d'une doctrine orientée à droite ou à gauche. Au contraire, on est face à une réalité politique et sociologique, observée au niveau de chaque société, quel que soit son degré de civilisation19(*).

L'étude des élites revêt une importance non équivoque, vu le rôle qu'elles sont appelées à jouer, à savoir la monopolisation et l'exercice du pouvoir politique. Chaque société produit sa propre élite, suivant des mécanismes d'ascension sociale. Elle est tributaire de ses fondements socio-historiques et culturels. Le nombre des familles prépondérantes est déterminé par le dynamisme de la vie politique. Dans le contexte marocain marqué par des inégalités sociales, économiques, régionales et culturelles, il est difficile d'utiliser le terme «  élite politique ». Si une définition universellement reconnue de ce terme n'est pas encore réalisée, Raymond Aron invoque celui des «  minorités stratégiques ». Il s'agit d'individus placés dans des positions stratégiques dans un moment de l'histoire du pays. Ces minorités détiennent le pouvoir, non seulement dans leurs domaines d'activités, mais aussi dans celui de la gestion des affaires de l'Etat. Au Maroc, des grandes familles bourgeoises, possédant des expériences dans l'administration et le commerce qui, dans leur majorité originaires de Fès, ont pu accéder au système d'enseignement élitiste du protectorat. Certains de leurs descendants étaient recrutés dans des postes administratifs alors que les autres issus des familles des notables ruraux, intègrent l'armée française. Ils se familiarisent avec les rouages de l'administration française. Après 1956, ils ont hérité l'autorité administrative et militaire20(*). Ces privilégiés sont membres des grandes familles, qui se répartissent en quatre groupes. Les familles des notables ensuite les familles makhzen, les familles commerçantes et les familles religieuses. Elles fournissaient des cadres à la bureaucratie makhzen, des militants au sein des partis politiques, des intellectuels, des officiers de l'armée, des oulémas et cheikh des zaouïas. Leurs tactiques d'ascension sociale sont identiques, bien que ces groupes proviennent d'origines diversifiées.

Chapitre I : différentes composantes et facteurs d'ascension similaires.

L'élite a la responsabilité de gérer les affaires vitales de la société, comme elle assure la marche des affaires étatiques. Vu son importance, cette mission devrait être assurée par des individus, minutieusement sélectionnés. De par sa situation dominante dans le système politique marocain, le makhzen assure et garantit la continuité des anciennes familles qui l'ont servi depuis des années voire des siècles. Sa pérennité est liée à leur prospérité de ces familles. Ils tendent tous les deux à garder le statu quo.

Section I : les composantes de l'élite 

Avant 1912, seuls le makhzen et une petite frange de la bourgeoisie urbaine, entretenaient des relations avec l'étranger, au moment où le reste du pays plongeait dans l'anarchie, le tribalisme et l'ignorance21(*). Cette minorité se composait des commerçants issus des familles bourgeoises installées au Maroc, suite aux flues d'émigrations de l'Andalousie. Etablis à Fès, Tétouan, Meknès ou Salé, ils se livraient à l'artisanat et au commerce. Préservaient en outre des traditions de culture et du savoir, ils assuraient l'écoulement à l'intérieur du pays de produits d'importation tels les vêtements, le thé et le sucre, comme ils acquièrent d'autres marchandises pour l'exportation (cuir, laine...). Installées dans des villes menacées en permanence par les tribus, ils étaient au service du makhzen. Une classe commerciale a émergé et devint une force économique et sociale. Le makhzen parvient à l'intégrer au sein de ses structures politiques et administratives. En effet ces commerçants assumaient les missions de la gestion civile et les fonctions commerciales, consulaires, administration des douanes, habous et les ports22(*). Ils escomptaient assurer, et leur sécurité et la marche de leurs affaires. Ils n'ont jamais songé rivaliser avec le pouvoir central. Grace à l'hérédité de la fortune, l'administration et le savoir faire, des dynasties bourgeoises se sont formées au Maroc23(*). Depuis l'indépendance, les membres de ces familles dirigent les organisations stratégiques du pouvoir, ils ne les ont plus quittés. Qui sont-ils ? Leur identification s'avère indispensable.

Paragraphe I : identification des acteurs politiques.

La société marocaine, du haut en bas, de part en part, est immuable. L'invariance imprégnerait tant les structures en place que les stratégies qui s'y déploient24(*). Le pouvoir monarchique reproduit toutes les vieilles structures et des procédés séculaires. L'hérédité des postes et des positions assure la reproduction de ces pratiques ainsi que la continuité des structures archaïques. J.Waterbury remarque que les groupes de l'élite marocaine (groupes primordiaux, tribus, régions, villes, quartiers, familles, partis politiques, syndicats...) développeraient des conduites similaires à celles des tribus organisées selon les principes segmentaires25(*). En effet la tension permanente et la violence constituent les traits caractéristiques de la scène politique marocaine, cette situation engendre la stagnation, l'immobilité et le conservatisme politique. Le makhzen, ancienne structure dominante, défend les technocrates apolitique pour se maintenir dans sa position. Les partis politiques encadrent les élites urbaines. Alors que les notables n'ont jamais été fidèles qu'à leurs intérêts. Tenant compte de cette réalité, le pouvoir veille à la diversification de ses assises et entretient les technocrates qui, sous l'impulsion du makhzen s'emparent des appareils de l'Etat.

* 19 - ?EI C??C?? ??????- ?II? ???? C???E?C? C???C??? ??C??CE ????E ??? ??EE C???C?E ?C??? ?C?? ???E C????? ???C??2011-2012 (U?? ??O??)

* 20 -John Waterbury, le commandeur des croyants, op.cit, p . 104.

* 21 -Grigori Lazarev, « les concessions foncières » A.A.N, 1977, p. 83.

* 22 -Lazarev Grigori, Aspects du capitalisme agraire avant le protectorat, AAN, 1975, p. 60.

* 23 - Driss Ben Ali, le Maroc précolonial, SIMER 1993, p. 13.

* 24 -Abdellah Saâf, Images politiques du Maroc, éditions Okad, 1987, p. 79.

* 25 - Ibid, p. 79.

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