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L'entrepreneuriat féminin au Sénégal: obstacles et essais de solution

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par Abdoulaye WANE
Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Maitrise 2009
  

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II.2. Les femmes dans le secteur informel

Bien que le phénomène ait débuté en ville, nous assistons dans les villages au développement d'activités commerciales (revente de produits manufacturés, ouverture de cabines téléphoniques...), domaines jusque-là accaparés par les hommes.

D'autres ont des activités de bana-bana (marchand ambulant) : en jouant sur le mouvement ville-campagne, elles achètent des produits du terroir qu'elles revendent dans les marchés urbains.

Avec les gains, elles rapportent des produits industriels qu'on ne peut trouver à la campagne. Ce commerce "pendulaire" leur confère un statut et des revenus tout à fait différents. Certaines parmi elles ont pu atteindre un niveau exceptionnel jusqu'à exporter du riz dans la sous région et concurrencer les grands monopoles du sucre (par les importations frauduleuses en

provenance de la Gambie) et de l'huile d'arachide (par la trituration artisanale).

Certaines ONG et organisations internationales les appuient dans ces activités avec le développement des tontines et la mise en place des micro-crédits. L'esprit de groupement, fondé sur l'appartenance à des associations traditionnelles, met ces femmes en situation de "créatique" comme on le verra dans le cas des femmes d'affaires.

II.3. Les femmes, homme d'affaires

Ce titre choisi à propos montre que les femmes, au même titre que les hommes et en dehors des circuits étatique et bancaire, se sont lancées massivement dan le monde des affaires. Les statistiques font défaut pour juger du poids des femmes dans cette nouvelle activité. Le seul indicateur utilisé ici est la crise qui s'accompagne d'un changement de mentalité et qui pousse tout le monde à accumuler. En effet, l'application des mécanismes de prix a exclu un bon nombre de chefs de famille de l'exploitation agricole, pour défaut d'intrants qu'il faut maintenant payer au prix coûtant. Cette situation aurait accentué le besoin des femmes de travailler. Celles qui étaient déjà présentes dans le secteur informel, ont agrandi et diversifié leurs activités. C'est ainsi que, profitant de la dévaluation qui rend les produits sénégalais plus compétitifs sur le marché international (elle renchérit par contre les coûts à l'importation), on les trouve de plus en plus nombreuses dans les activités d'import-export, le syndicalisme agricole... A titre d'exemple, c'est un groupement féminin qui assure les exportations de produits agricoles frais (poisson, légumes, fruits) sur le marché européen. C'est aussi une femme qui se trouve à la tête de la plus grande fédération des ONG du Sénégal et sa tâche consiste à régler collectivement les problèmes des agriculteurs qui ne pourraient le faire de façon individuelle.

Certaines femmes ont si bien réussi dans le monde des affaires (bâtiment, couture, assainissement urbain...) que la littérature populaire sénégalaise sur le genre parle de "domination économique des hommes par les femmes". La question n'est pas d'établir une domination économique des femmes mais de savoir comment elles utilisent leur pouvoir pour gagner leur vie et améliorer leurs rapports avec les hommes. Certaines femmes interrogées sur la question préfèrent ne pas parler de domination, mais plutôt d'autonomie. Ce concept d'autonomie est perçu non pas comme plus de pouvoir, mais comme la possibilité de se prendre en charge en cas d'indisponibilité du conjoint, ce qui fait référence à une division complémentaire du travail qui existait dans la tradition.

Cette division du travail est "révolutionnaire" car, dans un contexte où les mutations ont remis en cause la distribution du pouvoir entre sexes dans la famille et la société, il faut faire accepter cette autonomie féminine sans froisser les maris. Cette mutation économique et sociale que traverse le Sénégal donne la preuve de la nécessité de libérer l'initiative féminine pour amorcer le développement économique et social du pays. Cela suppose que les femmes participent à l'économie comme entrepreneuses au même titre que les hommes et qu'aucune politique de développement durable ne se fasse à leur détriment.

Pour aider les femmes à s'acquitter de ces nouveaux rôles et responsabilités, plusieurs types d'action prioritaires ont été établis par le Sénégal et les organisations internationales. On pourrait les résumer en une politique de santé et d'éducation, en une formulation plus précise du droit en ce qui concerne les femmes pour ce qui est de l'accès aux ressources financières, technologiques et naturelles.

Vu le rôle prépondérant de la femme dan la nutrition (production agricole, transformation, commercialisation), vu sa créativité (diversification et initiation d'activités génératrices de revenus) dans un contexte d'incertitude et d'instabilité créé parle PAS, on ne peut faire l'économie d'une digression sur le

sommet mondial de l'alimentation qui s'est tenu à Rome en novembre 1996. Sans se soucier des impacts du PAS sur la dégradation des conditions de vie des populations, le sommet a voulu poser les bases de la réduction du chiffre alarmant de 800millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.

En guise de recommandation, il conseille aux différents Etats de mettre en place la stratégie de la "double révolution verte", qui doit être décentralisée, participative, éthique et écologique.

Par contre, les débats ont évité la question - pourtant urgente -de la création de fonds pour financer cette "double révolution verte", qui nul ne l'ignore, n'est pas à la portée des pays pauvres.

Si la F.A.O. ne veut pas que le sommet mondial de l'alimentation soit une conférence de plus à l'image de Rio, de Pékin, du Caire ou de Copenhague, si comme elle le prétend, la nutrition est une pré condition pour le développement, si manger à sa faim est un principe fondamental des droits de l'homme, des projets valables en nutrition communautaire,

donnant une place stratégique à la femme, existent déjà en Afrique, mais souffrent de manque de financement. Si la F.A.O. a relevé le défi de la sécurité alimentaire mondiale pour les décennies à venir, il faudra en même temps qu'elle relève celui relatif à la mobilisation des fonds nécessaires au niveau international, national et local, pour financer cette "double révolution agricole et culturelle" et qui ne se fera pas sans les femmes.

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