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La micro- finance dans l'adoption de nouveaux paquets technologiques de production de riz dans le département des Collines au Bénin

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par Léonie KOUMASSA
Université d'Abomey- Calavi (Bénin ) - Diplôme d'ingénieur agronome 2007
  

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1.2. Problématique et justification

La restructuration du système bancaire dans les années 1980 s'est traduite par la disparition en Afrique, particulièrement dans les pays membres de l'UEMOA, de plusieurs établissements de crédit notamment les banques de développement (Guérin et Servet, 2004). Ces établissements présentaient la particularité d'intervenir en milieu rural comme en milieu urbain, au profit de certaines franges de la population habituellement délaissées par les établissements de crédit classiques que sont les agriculteurs, les artisans, les jeunes diplômés, les micro et petits entrepreneurs, les femmes exerçant des activités génératrices de revenus. Suite à cette restructuration, différents intermédiaires financiers souvent qualifiés d'Institutions de Micro-Finance (IMF) spécialisés dans l'attention à ce type de clientèle ont vu le jour (Guérin et Servet, 2004). Selon les mêmes auteurs, le rôle de ces institutions consiste à offrir des services financiers de base (épargne, crédit, assurance, transfert de fonds, etc.), aux montants réduits, à des populations pauvres, afin de leur donner la possibilité d'investir et de se prémunir en cas de difficultés (conditions climatiques défavorables à la production, dépenses imprévues liées à une maladie ou à la perte de biens, etc.). Dans ce cadre, Zeller (2000) a perçu le crédit octroyé par les IMF comme un moyen d'augmenter le revenu, et par conséquent la consommation, les investissements futurs et l'accumulation des biens. Agnikpè (1999) a affirmé quant à lui, que la micro-finance est un instrument de lutte véritable contre la pauvreté, qui pourrait permettre d'intégrer une part importante du secteur informel dans le dynamisme économique des pays qui en sont tributaires. Perçue comme telle, la micro-finance ne pourrait, aux fins d'aboutir à son objectif de contribution à l'amélioration des conditions de vie des ménages pauvres, se passer d'un secteur qui concerne plus de la moitié de la population.

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Léonie KOUMASSA : Thèse d'Ingénieur Agronome, Décembre 2007

Contribution de la micro-finance à l'adoption de nouveaux paquets technologiques de production de riz dans le département des Collines

Précisément au Bénin, l'agriculture occupe 70% de la population et contribue pour environ 36 % à la formation du PIB (INSAE 2002). Mais, selon Wampfler (1999), le financement des activités agricoles présente des caractéristiques spécifiques, tant en termes de diversité des-services nécessaires (besoins de trésorerie, d'investissement à moyen et longs termes...), qu'en termes de risques (incertitude sur la production, risques covariants, climatiques...). Les services financiers ne peuvent donc être utilisés efficacement et rentabilisés que dans un contexte économique favorable. Or le secteur agricole est plus que jamais en ces temps de libéralisation, un secteur à haut risque, faiblement organisé et mal régulé.

Au Bénin, le riz est une denrée qui prend une importance grandissante dans la structure de consommation des ménages aussi bien en milieu urbain que rural (Midingoyi, 2003). Si on s'en tient aux statistiques officielles du Bénin, il y a un déficit de l'ordre de 50.000 tonnes de riz décortiqué entre la production et la consommation. En 2002 plus particulièrement, la production rizicole était estimée à 55.000 tonnes de riz paddy (soit 30.000 à 35.000 tonnes de riz consommable) tandis que la consommation était estimée à 80.000 tonnes de riz usiné (Abiassi, 2006). Pour combler ce déficit, l'Etat est contraint d'en importer, ce qui engendre une perte importante de devises au niveau de la balance commerciale.

Dans le souci de pallier cette situation, le gouvernement a opté pour l'intensification des systèmes de production. Ainsi, au niveau des facteurs d'amélioration des conditions techniques de production du riz au Bénin, de nombreuses études et expérimentations ont été entreprises par les structures de recherche en l'occurrence l'INRAB (Institut National des Recherches Agricoles du Bénin) et l'ADRAO (Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest) ; mais ces travaux ne sont que faiblement valorisés (CCR, 2005). Selon l'INRAB (1996), l'adoption d'une innovation est tributaire de nombreux facteurs parmi lesquels nous pouvons citer :

? la complexité de la technologie ;

? la mise en place de fonds initial ;

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Léonie KOUMASSA : Thèse d'Ingénieur Agronome, Décembre 2007

Contribution de la micro-finance à l'adoption de nouveaux paquets technologiques de production de riz dans le département des Collines

? le bénéfice net escompté ; et

? les possibilités d'intégration de la technologie dans le schéma socio-culturel de l'exploitant.

Par ailleurs, Fall (2005) dans une étude d'impact de la production rizicole en Mauritanie, avancent que les raisons les plus souvent évoquées pour justifier la faiblesse de l'intensité culturale dans la sous région sont entre autres, la difficulté d'accéder au crédit, le manque de main d'oeuvre saisonnière, la mauvaise gestion de l'eau et des terres, l'indisponibilité de nouvelles variétés permettant la double culture et la rentabilisation des investissements. De plus, la théorie de l'économie politique soutenue par Popkin (1979) cité par Kouévi (2002) stipule que la non adoption d'une innovation s'explique par le fait que, soit le paysan ne veut pas, soit il ne peut pas. Ceci met en exergue la problématique du financement et montre le rôle crucial que peut jouer le crédit dans l'adoption d'une innovation. Cependant, dans la plupart des localités du Bénin, la problématique du crédit agricole ainsi que le financement de l'investissement productif constitue un défit majeur pour l'accroissement de la production et de la productivité.

Dans un contexte où le riz, autrefois denrée de luxe devient un aliment ancré dans les habitudes alimentaires et par conséquent très adapté pour assurer la sécurité alimentaire, il est nécessaire d'évaluer la contribution de la micro-finance à l'accroissement de la production de cette denrée à travers l'adoption de nouvelles technologies.

De plus, de nombreuses études sur la micro-finance montrent sa contribution à l'amélioration du revenu (Salé, 2001), son accessibilité par les ménages pauvres (Mensah, 2002), les critères d'octroi et les déterminants du remboursement (Azagnandji, 2002), la pérennité de ces institutions (Messan, 2003) etc. Mais il n'y a pratiquement pas d'études qui se focalisent sur la micro-finance et l'adoption de nouvelles technologies. Les questions qui se posent alors sont : Quelle est la contribution des IMF à l'adoption des technologies? Les conditions établies par les IMF favorisent-elles les producteurs de riz ? Quels sont les besoins réels en financement des riziculteurs du centre Bénin? C'est à ce panel de questions, que nous allons essayer de

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Léonie KOUMASSA : Thèse d'Ingénieur Agronome, Décembre 2007

Contribution de la micro-finance à l'adoption de nouveaux paquets technologiques de production de riz dans le département des Collines

répondre à travers le thème ci après: La micro-finance dans l'adoption des nouveaux paquets technologiques de production de riz dans le département des Collines.

Afin de répondre à ces préoccupations, nous nous sommes fixés certains objectifs de recherche.

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