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La remise en cause des frontières africaines. Cas de la RDC

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par Olivier DIEMBY MALENGA
Université technologique Bel Campus à  Kinshasa en RDC - Licence en relations internationales option politique internationale 2012
  

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2. ETAT DE LIEUX DES FRONTIERES DE LA RD CONGO

En principe, à ce jour, la RD Congo n'a pas de compte à rendre concernant ses frontières. Tous les litiges ont été soldés avant le 30 juin 1960, date de son indépendance.

Cependant, l'éléphant aux pieds d'argile qu'est devenue la RD Congo, ou mieux le ventre mou du continent, continue à recevoir des coups venant de ses voisins de la sous-région et d'organisations venant d'ailleurs. Chacun cherche à prendre le contrôle d'une portion du territoire congolais. D'abord à l'Est où le Rwanda et quelques autres pays voisins ne font pas de mystère sur leur projet visant à redessiner la carte géographique de l'Afrique (Cfr. Annexe 5). Des guerres de « libération-occupation » se sont succédé au Kivu dans le but de réaliser ce macabre projet. D'aucuns ont parlé de la balkanisation de la RD Congo.

Les flux entre la RD Congo et les pays de l'Est étant importants, il n'y a pas d'inconvénients que les Congolais de l'Est soient attachés aux pays de l'Afrique orientale. Et ces habitudes transactionnelles ne doivent pas constituer un motif pour justifier l'annexion de cette partie de la RD Congo à un pays de l'Est, le Rwanda en l'occurrence, même si culturellement les populations frontalières sont très rapprochées.

Profitant des faiblesses de la RD Congo, tous les conflits internes des pays voisins sont exportés en territoire congolais. La rivalité Tutsi-Hutu « made in Rwanda and Burundi » a maintenant comme terrain de confrontation la RD Congo avec tous les effets collatéraux qu'elle entraîne. Les rebelles ougandais, soudanais, Mbororo, interhamwe rwandais, burundais, voire angolais de l'enclave de Cabinda, non seulement qu'ils utilisent le territoire congolais comme base arrière de leur propre gré, ils exploitent systématiquement en toute quiétude toutes les ressources naturelles du milieu à leur portée.

Toutes les milices de l'Est, allant du CNDP de Laurent NKUNDA aux divers groupes maï-maï, sont des créations de l'étranger dont les soi-disant leaders congolais ne sont que simples représentants. Dans cette confusion, se mêlent les firmes industrielles occidentales à la recherche des minerais dont le coltan qui sert essentiellement dans la fabrication des systèmes électroniques comme les ordinateurs, ou les consoles de jeu vidéo.

Le scénario de l'Est fait le bonheur de tous les acteurs impliqués : groupes armés, ONG, OI, pays voisins et certains congolais inconscients, pendant que le peuple congolais, dans sa majorité, vit l'équivalent d'un « 11 septembre » au quotidien et ce, depuis plus d'une décennie.

Des Congolais créés de toute pièce apparaissent à l'Est pour revendiquer soit une portion de territoire, soit un poste ministériel, soit un grade élevé au sein de l'armée, comme si l'accès à certains postes de responsabilité était limité à une certaine catégorie de Congolais ou interdit à d'autres.

Comme pour prouver que l'intégrité des frontières de la RD Congo est menacée d'être mise à mal par ses voisins, même son allié l'Angola ne lui veut pas que du bien. A l'instar des autres nations ennemies, ce dernier n'a pas hésité un seul instant à avancer des revendications territoriales sur des terres congolaises de Kahemba (v, jusqu'à faire franchir sa police des frontières occuper des localités de cette contrée (Cfr. Annexe 6). Les enquêtes menées à ce sujet n'ont jamais apporté la lumière tant attendue. Et à ce jour, nul ne peut confirmer si les policiers angolais ne reviendraient plus jamais faire flotter le drapeau de leur pays sur le sol congolais de Kahemba.

Lors des rencontres en commission mixte, la question a toujours été évitée afin de ne point empoisonner les relations existant entre les deux pays. Pire, des eaux territoriales congolaises sont occupées par l'Angola. Publiquement, il se constate que des exploitations pétrolières, fleurons de cette industrie pour l'Angola, sont situées en RD Congo. D'ailleurs, dans les milieux diplomatiques, il est reconnu que la RD Congo, dans sa situation actuelle, ne pourra pas reprendre cette manne pétrolière des mains du puissant voisin l'Angola. C'est donc par voie diplomatique que la question pourrait trouver de réponse au regard de la volonté affichée de s'en référer aux anciens colonisateurs pour connaître les vraies limites frontalières séparant les deux pays. La RD Congo s'y emploierait déjà, mais le succès n'est pas garanti.

En plus d'un Rwanda ambitieux, de l'Angola, voire de l'Ouganda qui avait déplacé la borne frontalière en un moment, le Sud Soudan lui aussi, allègue des prétentions territoriales sur la RD Congo. Déjà, lors de l'opération conjointe menée par les FARDC et l'armée ougandaise (UPDF) contre la LRA, l'armée du Sud Soudan affirmait opérer « sur le territoire soudanais », alors qu'elle se trouvait sur le sol congolais. Personne ne fit attention à cette déclaration. En 2010, à Morobu, en territoire soudanais, les Soudanais ont officiellement revendiqué la légitimité sur cette partie du village de Kimba. Curieusement, ces revendications des officiels étaient précédées par l'occupation des rebelles de l'ex SPLA. La construction d'un bureau administratif démontre la préméditation de l'opération de la part des autorités soudanaises. Pendant ce temps, la partie soudanaise «exige des pourparlers entre les vieux sages des villages frontaliers de ces deux pays pour décanter cette situation».27(*)

Dans la Province Orientale, la situation des Mbororo semble être jetée dans les oubliettes par les autorités congolaises comme si leur présence ne constituait aucune menace pour la Nation. Pourtant, les voisins ennemis de la RD Congo, dans leur quête d'hégémonie en territoire congolais, créent des conflits en RD Congo dans le but de repousser au plus loin les populations congolaises, afin de disposer à leur guise des espaces dépeuplés.

2.1. Les frontières Nord

Comme pour l'ensemble du territoire national, les frontières nord de la RD Congo ne sont non seulement poreuses et en proie à des violations massives de la part des mouvements rebelles étrangers et d'éleveurs mbororo, elles sont menacées vers le Nord-est, du côté du Sud Soudan dont les prétentions territoriales sur certains villages congolais ne sont pas à prouver. A côté de la malignité du voisin Sud Soudan, il faut également relever les visées expansionnistes de l'Ouganda sur la partie Nord-est du territoire congolais.

Les facteurs susceptibles de mettre en mal les frontières nord de la RD Congo sont : le déséquilibre de puissance, la mauvaise gouvernance, la convoitise des ressources naturelles par les voisins, le non entretien des bornes frontalières.

* 27 BIENVENU MARIE BAKUMANYA, « Après le Rwanda et l'Angola, le Soudan veut des espaces en RDC », In Potentiel, Edition 4900 du Samedi 06 Février 2010.

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