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La remise en cause des frontières africaines. Cas de la RDC

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par Olivier DIEMBY MALENGA
Université technologique Bel Campus à  Kinshasa en RDC - Licence en relations internationales option politique internationale 2012
  

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2.3.3.3. Kivutiens/Congolais

Dans le kaléidoscope changeant des identités, la géographie joue aussi sa partition. Eloignés de plus de 1 500 km à vol d'oiseau de la capitale, le Nord et le Sud-Kivu entretiennent peu de relations économiques avec l'ouest du Congo. Les échanges sont tournés vers l'Afrique de l'Est et l'Océan Indien. La guerre civile a, par la force des choses, renforcé les tendances centrifuges d'une périphérie coupée de l'hinterland congolais. Les programmes de reconstruction des infrastructures de communication ne sont pas suffisamment avancés pour que le Kivu soit à nouveau ancré à l'espace économique congolais. Pendant les années de gouvernement RCD, l'est du Congo a expérimenté une autonomie de gestion qui a conforté le sentiment « kivutien ». Le rétablissement d'une administration centralisée à partir de 2003 s'est très vite heurté à des résistances envers la lointaine bureaucratie de Kinshasa qui paralyse plutôt qu'elle ne favorise la gestion des affaires locales. La décentralisation, inscrite dans la nouvelle Constitution promulguée en 2006, accorde de larges prérogatives aux entités décentralisées, mais elle n'est pas encore effective et se heurte à la question de la répartition des recettes fiscales dont 40 % doivent en principe revenir aux provinces. En attendant, un rejet commun des tracasseries de l'administration centrale conforte l'identité kivutienne. L'attachement au « pays » et une communauté régionale d'intérêts économiques pourraient transcender les clivages ethniques et solidariser les habitants du Kivu dans leur revendication d'une reconnaissance de leur spécificité à l'intérieur du Congo. À condition bien sûr que les armes se taisent.

A ces trois couples dialectiques on pourrait en ajouter un quatrième si l'on ne craignait pas d'apporter de l'eau au moulin d'une certaine paranoïa concernant la francophonie : en Afrique centrale, le Kivu en représente le bastion avancé, aux frontières d'une anglophonie qui progresse dans les espaces disputés des Grands Lacs. Au Rwanda, jusqu'alors majoritairement francophone, le groupe minoritaire qui a conquis le pouvoir par les armes est constitué de Tutsis anglophones (conséquence de leur long séjour dans les camps de réfugiés en Tanzanie puis en Ouganda). Paul KAGAME se refuse généralement à s'exprimer en français. En octobre 2008, Laurent Nkunda, interrogé sur Radio France Internationale, RFI, s'est exprimé en anglais, alors qu'il est parfaitement francophone : est-ce un signe d'allégeance au pouvoir tutsi-anglophone qui règne à Kigali ?35(*)

* 35 Roland Pourtier, Op.cit.

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