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La remise en cause des frontières africaines. Cas de la RDC

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par Olivier DIEMBY MALENGA
Université technologique Bel Campus à  Kinshasa en RDC - Licence en relations internationales option politique internationale 2012
  

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3. GESTION DES MENACES ET PERSPECTIVES

3.1. Gestion des menaces

Les frontières de la RD Congo sont de plus en plus menacées par ses voisins. Cette multiplication des conflits frontaliers se justifie par ce que l'on pourrait dire, en paraphrasant un proverbe latin, « Africanus africani lupus».

La RD Congo est objectivement entourée de prédateurs qui profitent de la faiblesse actuelle de l'Etat congolais. Mais il incombe au leadership congolais de travailler immédiatement pour doter le Congo d'un appareil défensif efficace et de gérer au mieux les intérêts de l'Etat congolais.

Récemment le Financial Times a publié un article où des chercheurs américaines font une analyse sans pitié des faiblesses de l'Etat congolais et leur jugement est sans ménagement : ils arrivent à la conclusion que l'Etat congolais est une fiction et qu'il n'existe pas...Il est possible de mettre en exergue les faiblesses de l'actuelle gouvernance du Congo mais il est impossible - même à ces chercheurs « négationnistes anglo-saxons » - de nier une donnée de fond : le peuple congolais existe bel et bien42(*).

L'affaiblissement de l'Etat congolais est dû à la mauvaise gestion des intérêts du peuple congolais, à la mauvaise gestion des richesses du pays et à l'oubli de ses vraies potentialités. Les Congolais les plus avertis savent que leur pays est menacé mais il est encore possible de refonder un appareil étatique fonctionnel et efficace : il faudra passer par la mise en place immédiate du premier noyau de l'armée républicaine capable d'assurer la défense extérieure de la RD Congo ; par des reformes structurelles de la justice, de l'administration et par une diplomatie qui ne laisse pas apparaître éternellement la RD Congo comme un Etat sous tutelle se pliant systématiquement au bon vouloir de ses voisins, au détriment de ses intérêts vitaux.

Regardons ce qui se passe au sein des institutions représentatives nationales : les fondations de la démocratie sont écrasées par les violations systématiques de l'Etat de droit. Les principes de la séparation des pouvoirs, de la responsabilité politique de l'exécutif devant le législatif, du contrôle ne sont respectés et les sanctions face aux dysfonctionnements évidents de l'exécutif ne sont jamais prises, rendant chaque jour plus avancée l'entropie d'un Etat congolais à l'abandon.

3.2. Perspectives

Proposer une solution pour la gestion de ces tensions aux frontières revient à aborder la problématique des frontières de la RD Congo sous l'angle sécuritaire. Il ne s'agit pas de se limiter à l'aspect militaire de la question, mais à proposer une combinaison harmonieuse de tous les facteurs de puissance.

La géostratégie de la RD Congo doit ainsi prendre en compte la géostratégie mondiale, particulièrement celle des grandes puissances, tout en tenant compte de celles de ses neuf voisins, ainsi que certaines résolutions des conflits régionaux et sous-régionaux, en vue de défendre ses intérêts vitaux et essentiels pour sa propre survie. La sécurité des frontières n'est qu'une petite composante de cette stratégie. La RD Congo pourrait mener cette stratégie de manière indirecte à travers sa diplomatie, et de manière directe par les moyens militaires.

C'est la raison pour laquelle nous croyons que, pour être en mesure de gérer les tensions aux frontières, il est impérieux de renforcer la cohésion nationale, de reformer l'administration territoriale, d'adopter une diplomatie active en plus de la politique de bon voisinage et de mettre sur pieds une armée moderne et forte.

3.1.1. Renforcement de la cohésion nationale.

Le tribalisme allant jusqu'à l'extrême c'est-à-dire le racisme, est un danger réel pouvant influencer la modification de nos frontières, suite à la revendication de l'indépendance par des minorités opprimées, ou à leur rattachement à un pays voisin. Une politique de tolérance zéro doit être adoptée concernant le tribalisme, et le dénigrement sur des bases ethniques. Les bases de l'édification d'une cohésion nationale seront ainsi lancées, faute de quoi, certains congolais se sentiront toujours exclus et opprimés, et donc n'auront plus aucun intérêt à appartenir à la nation « congolaise ».

3.1.2. Administration territoriale qui fonctionne

Les conflits les plus probables entre la RD Congo et ses voisins les années à venir seront liés aux frontières, à l'exploitation des richesses des zones d'intérêt commun et aux populations.

Une administration du territoire fonctionnelle aura la maîtrise de la population (nombre et mouvement), entretiendra les zones neutres aux frontières et réparera les bornes détruites. Ces travaux pourtant de routine élimineront, sans aucun doute, certains germes de conflits liés aux frontières et à la population.

Le processus de réforme de l'administration publique doit être mis en route de toute urgence, car l'exercice de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire ne peut se concrétiser qu'à travers une administration adéquate, capable de fournir des indices de crises probables et permettant ainsi leur gestion anticipative.

3.1.3. Diplomatie active

Sans chercher à aborder le domaine très vaste de la diplomatie, nous allons limiter notre proposition à la représentation du pays dans différentes institutions régionales et internationales, en plus de sa politique de bon voisinage. En tant que membre de la SADC, de la CEEAC, de la CEPGL, de la COMESA, de l'UA et de l'ONU, la RD Congo doit profiter de ces tribunes pour défendre ses intérêts, notamment le règlement des conflits frontaliers. La diplomatie serait efficace dans ces instances si la RD Congo arrête d'y être sous représentée, comme c'est le cas actuellement.

L'intervention des pays de la SADC dans la guerre de 1998 en RD Congo lui a évité la balkanisation, et a démontré à suffisance qu'une diplomatie active peut contrer des stratégies raffinées et bien distillées par les puissants de ce monde.

En effet, la RD Congo censée contribuer financièrement au fonctionnement des différentes institutions auxquelles elle appartient ; a le droit d'y être représentée équitablement par rapport aux autres pays. Malheureusement, le pays n'a pas apparemment encore développé de stratégie pour s'afficher valablement dans ces institutions.

Il faut prendre conscience du fait que c'est à l'intérieur de ces institutions que le pays tissera des alliances nécessaires pour la défense de ses intérêts, mais aussi pour faire entendre sa voix. Il est donc impérieux de s'y faire représenter utilement.

3.1.4. Une armée moderne et forte

La sécurité et la défense d'une nation conditionnent son développement. Aucune stratégie de développement économique et social n'est possible sans un minimum de paix. Aucune stabilité politique n'est envisageable pour un pays africain s'il n'a pas une Armée capable de faire face aux menaces souvent liées à la gestion des frontières communes.

Nécessairement, la RD Congo devra moderniser son armée si elle veut garantir sa souveraineté et son indépendance vis-à-vis de ses voisins, surtout pour le maintien de ses frontières héritées de la décolonisation.

Cette armée sera effective quand le pays se sera doté d'un concept d'emploi de forces, d'une doctrine, d'une armée organisée et entraînée en cohérence avec son concept d'emploi et sa doctrine. C'est un travail qui s'étalera sur un long terme.

C'est une armée forte et moderne qui est la clé de voûte de notre système de défense et donc son centre de gravité. Il faut donc la reformer le plus vite possible et lui doter de tous les textes nécessaires pour son organisation, son entraînement et son engagement. Sans cette armée, aucune diplomatie, aucune mesure de défense et sécurité ne peut tenir la route. Car, la diplomatie repose sur la puissance des canons.

* 42 MARCEL L, « Le Potentiel : Cinq questions à Eugène Diomi Ndongala » in

http://www.congoforum.be/fr/interviewsdetail.asp? , consulté le 17 mai 2012.

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