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Madagascar vers une croissance inclusive au développement durable.

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par Patrick BE
Toamasina Madagascar - Maîtrise 2016
  

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SECTION II : LES AUTRES CRITÈRES D'INCLUSIVITÉ

Qui dit inclusion c'est d'abord l'absence d'inégalités entre les individus, et ce dans tous les domaines. La croissance inclusive se veut d'améliorer l'emploi, mais il existe encore d'autres critères importants à prendre en considération tels que la corruption, les infrastructures.

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I : La corruption à Madagascar

La corruption est la perversion ou le détournement d'un processus ou d'une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d'obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d'obtenir une rétribution en échange de sa complaisance. Elle conduit en général à l'enrichissement personnel du corrompu ou à l'enrichissement de l'organisation corruptrice (groupe mafieux, entreprise, club, etc.). C'est une pratique qui peut être tenue pour illicite selon le domaine considéré (commerce, politique...).

Elle peut concerner toute personne bénéficiant d'un pouvoir de décision, que ce soit une personnalité politique, un fonctionnaire, un cadre d'une entreprise privée, un médecin, un arbitre ou un sportif, un syndicaliste ou l'organisation à laquelle ils appartiennent.

1 : La corruption : Un véritable fléau à Madagascar

À Madagascar, nous pouvons rencontrer aussi bien la corruption active que la corruption passive. Le premier type consiste à proposer de l'argent ou un service à une personne qui détient un pouvoir en échange d'un avantage indu. Le second est le fait de considérer cet argent et donc l'accepter. Un exemple classique et connu à Madagascar est celui d'un homme politique qui reçoit de l'argent à titre personnel ou pour son parti de la part d'une entreprise de travaux publics et en retour lui attribue un marché public. L'homme politique pourrait être accusé de corruption passive : il a reçu de l'argent, alors que l'entreprise peut, elle, être accusée de corruption active. En revanche, si cet homme politique dirige une association ou une fondation d'entreprise, le versement d'argent sera considéré soit comme de la « corruption indirecte », soit comme une « participation complémentaire » par les autres acteurs.

Nous pouvons également constater des exemples semblables dans bien des cas, dans bien des établissements publics et privés. La corruption est plus prononcée dans le secteur public que dans le secteur privé (Baromètre mondiale, 2013).

La corruption qui ne cesse de prendre de l'ampleur est l'un des principaux facteurs de blocage à Madagascar. Pourtant, tous sont conscients mais unanimes à le reconnaître, notamment les acteurs économiques. La corruption passe au stade supérieur à Madagascar

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puisque ces derniers temps, ce sont les gros bonnets qui sont en tête en matière de la corruption.

2 : Évaluation de l'état de la lutte contre la corruption à Madagascar

Le public, les organisations de la société civile, les institutions chargées de la lutte contre la corruption et les partenaires techniques et financiers de Madagascar partagent la perception d'une péjoration de l'état de la corruption et de l'affaiblissement de la lutte contre ce phénomène à Madagascar durant la Transition (2009-2014). La corruption, à leur avis unanime, s'est nettement généralisée et aggravée durant cette période, même si elle n'était pas inconnue avant la crise.

Cette perception unanime est reflétée dans les indices de gouvernance. Quelques exemples sont éloquents. Sur l'Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, un indice qui mesure le degré de la corruption d'un pays dont 0 correspond à une corruption forte tandis que 100 convient à une situation intègre, Madagascar présente un résultat médiocre comme le montre le tableau suivant :

Tableau no XII : Évolution de l'IPC à Madagascar de 2012 à 2013

Année

IPC

2012

32/100

2013

28/100

2014

28/100

Source : Transparency international1, Année 2016

En 2012, la Grande île est classée en 118ème position dans le classement de l'indice de la corruption. Madagascar est parmi les 2/3 des 176 pays évalués dans l'indice en 2012 qui ont obtenu un score inférieur à 50, sur une échelle allant de 0 à 100. Sur 176 pays au monde, Madagascar se place en 118ème rang en matière de l'IPC avec un score de 32/100. Dans cette même année, la Transparency international a signalé que 68% de l'administration locale a été affecté par la corruption. Autrement dit, cette organisation a affirmé que deux fonctionnaires sur trois ont été corrompus.

Selon la Transparency international, Madagascar a occupé le 127ème rang sur 177 pays ayant fait l'objet d'études en matière de lutte contre la corruption. Avec une note de 28/100 l'année 2013 contre 32/100 en 2012, Madagascar enregistre un recul en matière de la lutte contre la corruption, en raison notamment du manque de la volonté politique des dirigeants en la matière. Il convient de noter que la crise politique perduré pendant presque cinq ans a énormément entraîné la dégradation de l'économie et du développement social dont la corruption en était le responsable. En 2013, 32% de la population enquêtée ont affirmé avoir payé de pot de vin, soit pour accélérer le processus auprès d'un service public quelconque, soit parce que c'est l'unique moyen pour un aboutissement, tandis que 54% ont déclaré inefficaces quant aux actions du gouvernement pour combattre ce fléau (Baromètre mondial, 2013).

D'année en année, de jour en jour, Madagascar sombre dans les abîmes de la corruption. La Transparency international a indiqué que Madagascar a été classé en 133ème

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1 http://www.transparency.org/cpi2014/results consulté le 23 Juillet 2016 à 12 : 50

rang mondial sur 174 pays en 2014. Cette même année, l'IPC de la Grande île a été évalué à 28/100, ce qui n'est ni reculé ni avancé par rapport à l'année 2013.

Ces dernières années, Madagascar reste fragile en matière de lutte contre la corruption. Même en 2015, l'IPC de Madagascar a stagné (28/100, 128ème place sur 168 pays étudiés)), pareil que l'année 2014. Cette situation témoigne la médiocrité et l'insuffisance des efforts de Madagascar en matière de lutte contre la corruption. « Les responsables du BIANCO (Bureau Indépendant Anti-Corruption) ont indiqué que ce résultat (IPC 2015) est dû à la mise en place des mécanismes de lutte contre la corruption depuis le retour à l'ordre constitutionnel »1. En effet, la corruption a pris de l'ampleur durant la période de la transition pendant laquelle l'administration a été à la merci des corrupteurs à cause d'un dysfonctionnement de l'État favorisant par la suite plusieurs trafics tels le bois de rose.

Les conséquences des magouilles liées aux trafics de bois de rose, aux attributions et aux remblayages illicites de terrains domaniaux, aux gros contrats pétroliers ou miniers, aux programmes de privatisations de sociétés d'État, aux contrats de concessions divers de terres arables au profit d'intérêts étrangers etc. sont plus dévastatrices sur les richesses de l'île, sur l'environnement, sur la souveraineté économique voire territoriale, sur la stabilité politique du pays que celles de menus larcins de la part d'indélicats policiers, gendarmes, fonctionnaires, commerçants, sages-femmes etc. soi-disant pris en flagrant délit et qui garnissent nos prisons et les statistiques.

En définitive, Madagascar enregistre encore des résultats médiocres en termes de lutte contre la corruption. En d'autres termes, l'organisme chargé de lutte contre ce fléau, le BIANCO s'avère impuissant voire inutile au vu des résultats. Étant donné ces résultats mitigés, certains s'élèvent les voix pour dénoncer l'inaction de cet organisme et demander même sa suppression ou sa restructuration. Il est censé être indépendant, pourtant juridiquement, il est sous la tutelle de la présidence qui nomme elle-même le Directeur Général. Le BIANCO ne peut pas être véritablement indépendant. De même, le budget de fonctionnement du BIANCO provient du Gouvernement. Or, la corruption, petite et surtout grande, implique l'Exécutif. Cette situation est illogique puisque l'Exécutif ne va jamais

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1 Cyprien Marie Justin RATOVO, article publié dans La gazette de la Grande île, le 3 Juillet 2016 à 18 : 01 :18.

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octroyer de fonds conséquent à un organisme qui va le surveiller, d'où la persistance de l'inefficacité du BIANCO.

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