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Les moyens d'existence des populations dans l'interzone réserve de biosphère du dja-parc national de Nki. Compatibilite ou incompatibilité avec les objectifs de conservation.

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par Claude Tatuebu Tagne
Université de Yaoundé I - Master  2012
  

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II.4. Une agriculture confrontée à de nombreux problèmes.

L'agriculture pratiquée dans l'interzone Réserve du Dja-parc national de Nki est une agriculture itinérante sur brûlis. Les productions sont destinées à la satisfaction des besoins des ménages tant en besoins alimentaires que financier. Les rendements sont relativement importants suivant l'âge de jachère mis en culture. Les populations tirent des revenus assez considérables de cette agriculture. Cependant, l'agriculture dans l'interzone fait face à de nombreux problèmes. Nous pouvons citer entre autres : l'outillage rudimentaire et la technique agricole, le manque de débouchés et les prix trop bas, les problèmes de conservation des récoltes, la destruction des cultures par les animaux, et le manque de route dans la région.

Dans notre zone d'étude, l'outillage utilisé est constitué des houes, des plantoirs, des machettes, des haches, des pioches...Ces outils rendent le travail difficile lors de la création des champs. Il leur manque les matériels agricoles comme les tronçonneuses pour vite abattre les arbres. Un manque d'outils ou des outils de mauvaise qualité rendent le travail plus pénible. Dans la région on ne laboure pas les champs. Le feu est le moyen le plus utilisé pour nettoyer les champs. Les cendres issues de ce feu constituent les seuls engrais utilisés pour les

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cultures. Après quelques années qu'un espace ait été mis en culture, il n'est plus fertile, il faut le mettre en jachère pour créer un autre champ. Une situation avec un manque de matériel permanent (des bonnes haches, machettes et limes) provoque un raccourcissement des jachères et a un effet négatif sur le maintien de la fertilité des parcelles dans le cycle agricole.

Les populations de l'interzone ont trop de difficultés pour vendre les produits agricoles. Les faibles densités des populations, l'enclavement de la zone, et le manque de routes sont autant de raisons qui font que les agriculteurs de notre zone d'étude manquent de débouchés. Ceux qui achètent les produits agricoles sont les étrangers. Ces produits sont vendus à des prix dérisoires car ce sont souvent les acheteurs qui fixent les prix. Les produits pourrissent parfois sur les claies parce qu'il n'y a pas de clients. A cause de l'enclavement, la pratique des bas prix par les acheteurs est très récurrente dans la zone. Par exemple, pendant la campagne cacaoyère 2011-2012 au mois de décembre 2011, le kilogramme de fèves de cacao séché était acheté à Ngoyla à 700 Fcfa ; ce qui avait poussé les populations à la révolte. Les autorités administratives, en accord avec les populations ont signé des accords saisissant le stock qui était dans les magasins des acheteurs et interdisant tout achat du cacao par ces anciens acheteurs en attendant que les prix soient revus à la hausse.

Un autre problème auquel sont confrontées les populations de l'interzone est la pourriture des cabosses de cacao. Ces populations utilisent très peu les fongicides pour la culture du cacao. Cette dernière est donc exposée aux différentes attaques des microbes. A ce problème de pourriture des cultures il faut ajouter la conservation des récoltes. Les populations de notre zone d'étude ne savent pas stocker et conserver les récoltes pendant longtemps. Les produits récoltés dans les champs sont directement consommés ou vendus après la récolte car il n'y a pas de moyen permettant de conserver les récoltes pendant quelques mois. Plusieurs agriculteurs disent qu'ils ne produisent pas beaucoup parce qu'il n'y a pas de possibilité ni d'endroit approprié pour conserver la production après la récolte.

Tous les agriculteurs de notre zone d'étude sont confrontés à la destruction des cultures par les animaux sauvages. Des petits rongeurs aux grands fauves de la forêt, tous les animaux causent des dégâts considérables sur les cultures. Dans toutes les localités retenues pour l'enquête, la totalité des personnes enquêtées soit 100 % disent être victime des dégâts causés par les animaux sur les cultures. Parmi ces animaux on retrouve ceux de la «classe C» (hérissons, singes, porc-épic, écureuils...) et ceux de la «classe A et B» (éléphants, gorilles, sanglier, chimpanzé...). Les rongeurs sont un problème sérieux pour presque toutes les

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cultures. Ils sont présents dans toutes les localités. Les jachères forment un habitat pour ces rongeurs (surtout les aulacodes, les athérures et les rats d'emin). Pour réduire parfois ces dégâts, les populations tendent les pièges dans les champs ou parfois ils font des clôtures. Les animaux des autres classes sont les plus dangereux car non seulement ils sont protégés par la loi mais aussi certains sont très gros pour être capturé par les pièges. Les dégâts causés par ces animaux deviennent de plus en plus considérables lorsqu'on va vers le coeur de ce massif forestier. En d'autre termes, sur le terrain, les populations de la localité de Messok affirment être rarement victimes de la destruction des cultures par les animaux de la «classe A et B», mais lorsqu'on arrive à Etékessang jusqu'à Djadom les populations affirment qu'ils causent trop de dégâts sur leurs cultures. « Il arrive parfois que ces animaux s'approchent de nos maisons » affirment certains. Au cas où les dégâts causés par ces animaux sont très considérables, l'intéressé peut se plaindre auprès des autorités compétentes. Ces conflits hommes/animaux sont appelés à s'intensifier dans l'interzone car la mise en conservation de la zone permet aux animaux de se multiplier et d'être plus nombreux.

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Dans un cadre général, l'agriculture dans l'interzone se caractérise par des surfaces agricoles en extension mais concentrées autour des zones habitées. Elle est dominée par la pratique de la jachère, la conservation des arbres dans les champs et la rotation des champs dans les jachères. Sur la base des critères de qualification de la compatibilité des activités que nous avons établies, nous pouvons dire que cette agriculture est compatible avec la conservation car son impact est peu significatif.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon