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Les difficultés d'accès à  l'eau potable et leurs effets en milieu urbain au Togo. Cas de la ville de Tsévié et approches de solutions durables.


par Kokou Sokémawu Bernard KAKANOU
Ecole Nationale de Formation Sociale (Togo) - Diplôme d'Etat de Cadre Supérieur de Développement Social 2019
  

Disponible en mode multipage

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ECOLE NATIONALE DE FORMATION SOCIALE
(ENFS)
BP : 1745 Lomé-TOGO, Tél. : 22 25 55 42 / 22 25 02 07
Email : ecole.enfs@gmail.com

*************

MEMOIRE

POUR L'OBTENTION DU DIPLÔME D'ETAT DE CADRE SUPERIEUR DE DEVELOPPEMENT SOCIAL (C.S.D.S)

OPTION : DEVELOPPEMENT LOCAL PARTICIPATIF (DLP)

LES DIFFICULTES D'ACCES A L'EAU POTABLE ET LEURS EFFETS EN MILIEU URBAIN AU TOGO : CAS DE LA VILLE DE TSEVIE ET APPROCHES DE SOLUTIONS DURABLES

Réalisé et présenté par : KAKANOU

Kokou Sokémawu Bernard

Sous la direction de :

Docteur TSIGBE D. Yaovi

Enseignant à l'Université de Lomé et à l'ENFS

Promotion XI

(2016-2019)

i

SOMMAIRE

SOMMAIRE i

SIGLES ET ABBREVIATIONS ii

Dédicace iv

REMERCIEMENTS v

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE : APPROCHE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE-

ACTION 5

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE ET CADRE CONCEPTUEL 6

Titre 1 : Problématique 6

Titre 2 : Revue de littérature 16

CHAPITRE 2 : CADRE PRATIQUE 36

Titre 1 : Site de recherche 36

Titre 2 : Enquête de terrain 51

DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE RECHERCHE-ACTION 58

CHAPITRE 1 : PRESENTATION ET ANALYSES DES DONNEES DE TERRAIN 59

Titre 1 : Description de cas et présentation statistiques données 59

Titre 2 : Analyse des données et interprétation des résultats 82

CHAPITRE 2 : APPORTS DE LA RECHECHE A L'ACTION 90

Titre 1 : Solutions proposées 90

Titre 2 : Perspectives 95

CONCLUSION 97

BIBLIOGRAPHIE 100

ANNEXE 103

LISTE DES TABLEAUX 111

LISTE DES FIGURES 112

II

SIGLES ET ABBREVIATIONS

AEPA : Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement

AGAIB : Agence d'Appuis aux Initiatives de Base

AGR : Activités Génératrices de revenus

AIDES-Afrique : Appui aux Initiatives de Développement Economique et Social en Afrique.

CDQ : Comité de Développement du Quartier

CDVT : Comité de Développement de la Ville de Tsévié

CEET : Compagnie d'Energie Electrique du Togo

CEG : Collège d'Enseignement Général

CHR : Centre Hospitalier Régional

CREPA : Centre Régional pour l'Eau potable et l'Assainissement à faible coût

DGSCN : Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale

DRAPAT : Direction Régionale de la Planification du Développement et de l'Aménagement du Territoire.

EHA : Eau, Hygiène et Assainissement

ENFS : Ecole Nationale de Formation Sociale

FAIEJ : Fonds d'Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes

FAO : Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

FC : Football Club

FNFI : Fonds National de la Finance Inclusive

INSEED : Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques.

ODD : Objectif de Développement Durable OMS : Organisation Mondiale de la Santé

III

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONU : Organisation des Nations Unies

PANSEA : Plan d'Actions Nationales pour le Secteur de l'eau et de

l'Assainissement

PDC : Plan de Développement Communal

PDS : Président de la Délégation Spéciale

PEAT 2 : Projet Eau Potable et Assainissement-Phase 2

pH : Potentiel Hydrogène

PIB : Produit Intérieur Brut

PMH : Pompes à Motricité Humaine

PND : Plan National de Développement

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PNUE : Programme des Nations Unies pour l'Environnement

PRODEB : Programme de Développement à la Base

QUIBB : Questionnaire Unifié des Indicateurs de Base du Bien-être

RAPD : Rapport sur l'Aide Publique au Développement

RGPH4 : Quatrième Recensement Général de la Population et de l'Habitat

RM : Région Maritime

SCAPE : Stratégie de Croissance Accélérée et de la Promotion de l'Emploi

SHAB : Service d'Hygiène et d'Assainissement de Base

SIDA : Syndrome Immuno Déficience Acquise

TdE : Togolaise des Eaux

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la

Culture.

UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l'Enfance

Dédicace

iv

A mes parents Amématsron et Agossi

V

REMERCIEMENTS

L'achèvement de ma formation à l'Ecole Nationale de Formation Sociale marqué par ce travail de mémoire, n'a été possible que grâce à une assistance soutenue, une collaboration prompte, spontanée, bénévole et permanente d'un panel de personnes. Mes remerciements s'adressent :

- à M. TSIGBE Djifa Yaovi, docteur en Sciences de l'homme et de la société, Option sociologie, Spécialité Sociologie urbaine et de la consommation, qui a dirigé ce travail dans toute son entièreté malgré ses nombreuses occupations ;

- aux membres du jury ;

- à Madame TCHASSI Adjendime, directrice de l'Ecole Nationale de Formation Sociale ;

- à M. ADJIBODIN Ogutoke Ola-Ogu, directeur adjoint chargé des Etudes à l'ENFS, et au personnel enseignant ;

- à M. YAO Efabuè, ancien directeur des Etudes de l'ENFS ;

- à mes frères et soeur, consanguins et utérins, Justin, Bénédicte, Honoré pour leur soutien de tous les jours ;

- à mes cousines AGUESSOU Atsoupi et KAKANOU Akoss ; - aux familles KAKANOU et KPOGO ;

- à M. KEDIFEMA Herman, M. AMOUZOU Alolé, M. AGBEDEVI Koffi

et M. ASSEWOKA Koffi pour leurs différents gestes de soutiens ;

- à la famille LAWSON pour m'avoir accueilli toute la durée de mon enquête ;

- aux différents responsables de services avec lesquels nous avons travaillé;

- à mes camarades de la promotion XI pour les moments passés ensemble. A tous je souhaite une bonne prospérité professionnelle ;

- à toutes les autres personnes qui de près ou de loin, ont contribué à la réussite de notre formation et à l'élaboration de ce document ;

Que tous soient primés par le Tout Puissant !!

1

INTRODUCTION

L'humanité entre dans une nouvelle phase de son évolution, dans laquelle elle est amenée à reconsidérer les aspects économiques, environnementaux et sociaux du développement. Le développement durable doit reposer, à quelque échelon que ce soit (États, entreprises, citoyens, ...), sur des réponses adaptées à tous les défis posés par l'articulation de ces trois dimensions (Laurent Baechler, 2017). L'eau étant au coeur de ce développement durable et démeurant essentielle au développement socio-économique, à la production d'énergie et d'aliments, à la santé des écosystèmes et à la survie de l'humanité, il est clair qu'elle soit également au coeur de l'adaptation aux changements climatiques, lien crucial entre la société et l'environnement. Depuis les crises politiques, économiques et sociales, les guerres et les catastrophes naturelles qu'a connues le monde, les humains font face à d'énormes difficultés parmi lesquelles on retrouve le problème d'accès à l'eau potable. Or l'accès à l'eau constitue pour les humains un service essentiel de base et un droit fondamental. Il s'agit d'une denrée indispensable à toute vie humaine, et son absence sur la Terre occasionnera l'inexistence de vie et d'activités.

Dans les années 1970, la problématique de l'eau émerge comme objet de préoccupation sur la scène internationale. En 1972, les Nations Unies organisent à Stockholm la première conférence internationale sur l'environnement, conférence où il sera décidé de créer le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement), qui s'occupera des questions liées aux ressources hydriques. D'autres initiatives suivront, notamment, la première Décennie internationale de l'eau (1981-1990). Mais, fait encore plus important, cette conférence marque un tournant puisqu'elle définira l'eau comme un bien commun. Cependant, cette conception nouvelle ne trouve pas de concrétisation dans de nombreuses sociétés humaines où des milliers de personnes manquent cruellement d'eau pour la satisfaction de leurs besoins.

2

En effet, dans de vastes parties du monde, les êtres humains ont un accès insuffisant à l'eau potable et les sources d'utilisation sont contaminées par des vecteurs de maladies, des agents pathogènes, ou à des niveaux inacceptables de toxines ou de solides en suspension. Boire ou utiliser cette eau non-potable dans la préparation des aliments conduit à des maladies aiguës et chroniques répandues, et est une cause majeure de décès et de la misère dans de nombreux pays. Ailleurs, c'est le coût de l'eau qui reste insupportable pour les populations du fait de sa rareté. La réduction des maladies d'origine hydrique est un important objectif de santé publique dans les pays en développement. Si la pénurie d'eau affecte quatre personnes sur dix dans le monde et près de 2,1 milliards de personnes n'ont pas accès à des services d'eau potable gérés de manière sûre (selon le rapport 2016 conjoint de l'UNICEF, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'UNESCO et la FAO) et que d'ici 2050, au moins une personne sur quatre vivra probablement dans un pays touché par une pénurie chronique ou récurrente d'eau douce, c'est que le phénomène prend de plus en plus une ampleur considérable. Les pays en développement tels que le Togo, ont leurs populations qui vivent constamment ces difficultés d'accès à l'eau potable.

En juin 2011, le rapport TOGO de la Coalition-Eau1 ressortait que le secteur de l'approvisionnement en eau potable et assainissement (AEPA) a souffert, comme tous les autres secteurs d'activités, de la situation de crise qui a prévalu au Togo depuis le début des années 1990 et qui a perduré à ce jour. La politique nationale de l'eau (2010-2025) au Togo révèle que malgré la disponibilité des ressources en eau, « le Togo souffre d'un déficit de mobilisation desdites ressources et peine à satisfaire les besoins essentiels des populations en matière d'approvisionnement en eau potable et à mobiliser ces ressources au profit de la

1 Etat des lieux des collectifs, plateformes et réseaux d'organisations de la société civile du secteur eau et assainissement dans 7 pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre

3

promotion d'un développement harmonieux et coordonné du pays ». Par ailleurs, le rapport 2017 sur l'aide publique au développement(RAPD) montre que le taux de desserte en eau potable est passé de 42% en 2013 à 57,22% en 2017. Une amélioration de 15 points de pourcentage. Un bond important de 18% a été observé en milieu rural où le taux de desserte est passé de 47,3% en 2013 à environ 65,77% en 2017. Dans les zones semi-urbaines, le taux aura connu un petit fléchissement en 2017 à 57,7%, après avoir atteint 58,94% en 2016 contre 42% cinq ans plus tôt. En milieu urbain, de 40% en 2013, l'augmentation a été moins conséquente avec une progression en dessous des deux chiffres (+9 points). Là encore, rapporté à 2016, un recul quoique marginal aura été noté par le RAPD.

D'après les résultats de l'enquête QUIBB 2015 (Annexe 6. 3 du rapport d'enquête), l'analyse suivant le milieu de résidence dans le temps (entre 2011 et 2015) montre que la proportion des ménages qui utilisent le robinet public extérieur comme principale source d'approvisionnement a diminué de 35, 7% à 28, 6% en milieu urbain. Tsévié étant un milieu urbain, la situation reste toujours difficile. Dans ce milieu, la connexion à un réseau public de distribution d'eau ou, l'approvisionnement en eau potable de façon générale se pose avec difficultés. Il en est de même pour la plupart des villes des pays en développement. L'accès à l'eau n'est pas facile comme on l'aurait souhaité et cela a sans doute des effets sur les populations locales. A ce propos, Bohbot Reine en 2008, écrit dans « L'accès à l'eau dans les bidonvilles des villes africaines : enjeux et défis de l'universalisation (Cas de Ouagadougou) » : " à long terme, cette situation crée un cercle vicieux qui tend à condamner les pauvres à rester pauvres. En effet, les conséquences de l'état nutritionnel et du manque d'eau d'une population risquent de se répercuter d'une génération à l'autre et cela peut limiter l'aptitude à bénéficier d'autres services sociaux, comme l'éducation". A cause de la rareté de l'eau, toute une génération ou plus peut rester bannie ; femmes,

4

hommes et enfants y compris. Le problème d'eau se pose effectivement de façon différente d'un milieu à un autre, d'une activité à une autre, d'une époque à une autre, et donne lieu à des regards différents selon qu'il est abordé par un hydrologue, un juriste, un économiste, un politologue... Il en résulte une gigantesque littérature, qu'il est d'ailleurs impossible de pouvoir couvrir entièrement, et qui constitue le corpus de connaissances dont nous disposons, et qui ne cesse de croître d'année en année.

Ainsi, pour contribuer à ce corpus de connaissances, et tenter d'apporter des solutions durables, nous avons jugé d'entreprendre le présent travail de mémoire qui a pour thème : « les difficultés d'accès à l'eau potable et leurs effets en milieu urbain au Togo : Cas de la ville de Tsévié et approches de solutions durables ».

Ce mémoire s'articule autour de deux parties :

-une première partie réservée à l'approche méthodologique de la recherche-action, comprend deux chapitres que sont d'une part la problématique et le cadre conceptuel (Chapitre 1) et d'autre part, le cadre pratique (Chapitre 2).

-une deuxième partie consacrée aux résultats de la recherche-action traite également deux chapitres que sont la présentation et l'analyse des données de terrain (Chapitre 1) et les apports de la recherche à l'action (Chapitre 2).

5

PREMIERE PARTIE :

APPROCHE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE-ACTION

6

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE ET CADRE CONCEPTUEL La problématique et la revue de littérature sont abordées dans ce chapitre. Titre 1 : Problématique

Ce titre traite de l'énoncé du problème, des hypothèses, des variables et indicateurs, des objectifs et de la justification du choix du thème et du site.

1.1. Enoncé du problème

L'analyse du contexte général de l'eau potable dans la commune de Tsévié montre des faits suscitant réflexions et questionnements. La ville de Tsévié est confrontée à une situation d'accès à l'eau, qui n'est pas sans effets sur le bien-être des individus, ménages et communautés. Lors d'une pré-enquête réalisée dans le milieu2, nous avons fait des constats à nature empirique qui méritent d'être exposés. En effet, les eaux de boisson prises au robinet, aux forages ou dans les citernes ont régulièrement une qualité insalubre. Cette insalubrité de l'eau est facilement remarquable par les goûts et couleurs que présentent l'eau, rendant les consommateurs vulnérables aux différentes maladies hydriques. Aussi, plusieurs lieux d'approvisionnement en eau ne sont-ils pas à une distance raisonnable des habitants, les obligeant à quitter leurs domiciles pour des endroits éloignés. Egalement, certaines pompes existant dans le milieu sont hors d'usage, ceci soit par manque d'entretien, soit par endommagement ou rupture du réseau de fourniture. Les fréquentes coupures d'eau par la TdE dans la ville ne permettent pas à tous de satisfaire les besoins en eau en temps opportun. Dès fois, c'est de la boue ou de l'eau sale qui sort des robinets.

Le site www.icilome.com3 décrivait cette situation en ces termes :

2 En date du 08 au 22 février 2019.

3 Consulté le 18 mars 2019.

7

« A Tsévié depuis quelques jours, c'est pratiquement de la boue qui sort de la pompe. Là aussi, privilégiés sont ceux qui arrivent à se procurer cette boue. Ailleurs dans la ville, les bornes fontaines sont devenues sèches. Il faut faire de longues distances pour trouver une pompe qui fait couler la boue. Le comble, c'est qu'il faut faire une queue kilométrique et attendre des heures pour se faire servir».

L'approvisionnement au niveau local devenant très difficile, « ceux qui ont les moyens sont contraints de s'approvisionner dans la capitale (35km de Tsévié) pour se mettre à l'abri de la pénurie, seulement pendant quelques heures. Et cela aussi comporte ses risques» ( www.icilome.com). Dans le Plan de Développement Communal (2015-2019) de Tsévié, ce problème est souligné en ces mots :

« Le besoin en eau potable reste crucial dans la commune. Sur les deux châteaux d'eau existants, un est fonctionnel. Sur les 25 quartiers (actuellement on en dénombre 28), 21 disposent d'une borne fontaine. Ce qui ne permet pas de couvrir les besoins en eau de la communauté, malgré l'existence des forages privés. L'eau n'est pas toujours disponible et facilement accessible en raison des coûts de branchement, d'éloignement des fontaines, du coût d'approvisionnement en eaux dans les forages privés qui est de 50F le bidon de 25litres en temps normal et de 100F en temps de sécheresse. La qualité de l'eau est également douteuse ».

Ces difficultés d'accès à une eau de qualité, et parfois de quantité suffisante ont des effets sur la population qui vit au jour le jour cette réalité comme problème, car sans eau potable, il n'y a ni santé, ni survie, ni développement. Les difficultés d'accès à l'eau potable exacerbent la pauvreté et constituent un frein au développement économique et social de la commune de Tsévié. Cette problématique d'accès à l'eau potable dans la commune de Tsévié agit lourdement sur les habitants, qui voient leurs conditions de vie se détériorer.

Ainsi, dans le cadre de cette recherche, des interrogations aux aspects de recherche et d'action ont été formulées, et serviront de guide dans l'analyse de ce travail. Il s'agit en effet d'une question générale, de laquelle découlent trois questions spécifiques.

8

Question générale : Quelles sont les difficultés d'accès à l'eau potable à Tsévié, leurs effets sur les conditions de vie, et quelles sont les actions à mettre en oeuvre pour résoudre durablement ce problème ?

Spécifiquement, il s'agira de répondre aux questions suivantes :

V' Quelles difficultés les populations de Tsévié rencontrent-elles dans l'accès à l'eau potable?

V' Quels effets ces difficultés d'accès à l'eau potable ont-elles sur les conditions de vie sociales, économiques et sanitaires des populations ?

V' Quelles actions faut-il mettre en oeuvre pour résoudre durablement ces difficultés ?

1.2. Hypothèses

Pour tenter de donner des réponses aux questions posées ci-dessus, des hypothèses ont été formulées. Il s'agit de l'hypothèse générale et des hypothèses spécifiques.

1.2.1. Hypothèse générale

Les difficultés d'accès à l'eau ont des effets sur les conditions de vie des individus, ménages et communautés de la ville de Tsévié et nécessitent des actions participatives à caractère durable pour leur résolution.

1.2.2. Hypothèses spécifiques

Hypothèse spécifique 1. : Les difficultés rencontrées par les populations dans l'accès à l'eau potable sont l'éloignement des sources d'approvisionnement, la mauvaise qualité de l'eau, le mauvais fonctionnement des ouvrages d'hydraulique, le prix élevé de l'eau et du branchement au réseau public d'eau.

9

Hypothèse spécifique 2. : Les effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable sont la dégradation de la santé, la non-satisfaction des besoins de base, la perte de revenus, la baisse du niveau de vie et la survenue de conflits et disparités dans la société.

Hypothèse spécifique 3. : Les actions à mettre en oeuvre pour résoudre ces difficultés d'accès à l'eau potable doivent être participatives, adaptées et durables.

1.3. Variables et indicateurs

Dans le compte de cette recherche, nous avons défini des variables qui peuvent être mesurées ou observées par des faits concrets que nous caractérisons d'indicateurs. Il s'agit de la variable dépendante et des variables indépendantes.

1.3.1. Variables de la recherche 1.3.1.1 Variable dépendante.

Elle est la réalité ou le phénomène que nous voulons étudier. Ainsi, nous avons comme variable dépendante : les conditions de vie des populations.

1.3.1.2. Variables indépendantes

Il s'agit des faits qui nous permettent d'expliquer la variable dépendante. Ces variables indépendantes sont :

? les difficultés économiques,

? les difficultés géographiques et physiques

? les difficultés techniques et organisationnelles.

10

1.3.2. Indicateurs

Nous avons défini des indicateurs pour la variable dépendante et pour chacune des variables indépendantes. Les indicateurs de ces variables sont consignés

dans le tableau suivant :

Tableau 1 : Tableau des variables et indicateurs

Variables

Indicateurs

Variable dépendante (VD) : Les conditions de vie des populations.

- présence des maladies liées à l'eau

- épuisement physiologique après

approvisionnement en eau

- existence des conflits et disparités
sociaux

- ralentissement de la scolarité des
enfants

- ralentissement et cessation des
activités économiques

Variable indépendante (VI) :

VI1 : Difficultés économiques

- Incapacité de branchement au réseau de la société TdE

- impossibilité de payer régulièrement l'eau de robinet

- Incapacité de recouvrer les factures d'eau

- Frais élevé du transport d'eau - Cherté de l'eau de forages.

VI2 : Difficultés géographiques et physiques

- Distance des sources

d'approvisionnement en eau

- Manque d'hygiène autour des
points d'eau

- Mauvaise qualité de l'eau

- Nappe phréatique profonde

VI3 : Difficultés techniques et organisationnelles

- Mauvaise gestion des ouvrages d'eau - Vétusté ou absence des ouvrages d'eau

- Absence ou dysfonctionnalité de la Commission Spécialisée-Eau dans les CDQ

- Interruption ou coupure de la fourniture d'eau

- Méconnaissance des techniques de traitement d'eau

1.4. Objectifs

Pour mener à bien cette recherche, nous nous sommes fixés des objectifs à réaliser et qui nous permettront de collecter les données de terrain et de produire une connaissance scientifique.

1.4.1. Objectif général

L'objectif général de cette recherche est d'analyser les difficultés d'accès à l'eau potable dans la commune de Tsévié et leurs effets sur les conditions de vie afin de susciter des approches de solutions durables.

1.4.2. Objectifs spécifiques

Trois (03) objectifs spécifiques découlent de l'objectif général. Ils sont scindés en objectifs scientifiques et d'application.

1.4.2.1. Objectifs scientifiques

Objectif spécifique 1 : identifier les difficultés rencontrées par la population de la commune de Tsévié dans l'accès à l'eau potable

Objectif spécifique 2 : déterminer les effets des difficultés d'accès à l'eau potable sur la santé et sur les conditions de vie socioéconomiques de la population de Tsévié.

1.4.2.2. Objectif d'application

Objectif spécifique 3 : relever les actions participatives, adaptées et durables à mettre en oeuvre pour résoudre efficacement ces difficultés.

11

Le tableau suivant fait un récapitulatif des questions, objectifs et hypothèses.

Général(e)

Spécifique 1

12

Tableau 2: Tableau récapitulatif des questions, hypothèses et objectifs de la

recherche.

Hypothèses

Les difficultés d'accès à l'eau ont des effets sur les conditions de vie des individus, ménages et communautés de la ville de Tsévié et nécessitent des actions participatives à caractère durable pour leur résolution.

Les difficultés rencontrées
par les populations dans
l'accès à l'eau potable sont
l'éloignement des sources
d'approvisionnement, la
mauvaise qualité de l'eau,
le mauvais fonctionnement
des ouvrages
d'hydraulique, le prix élevé
de l'eau et du branchement
au réseau public d'eau

Questions de recherche

Quelles sont les difficultés d'accès à l'eau potable à Tsévié, leurs effets sur les conditions de vie, et quelles sont les actions à mettre en oeuvre pour résoudre durablement ce problème ?

Quelles difficultés les populations de la commune de Tsévié rencontrent-elles dans l'accès à l'eau potable ?

Objectifs

Analyser les difficultés d'accès à l'eau potable dans la commune de Tsévié et leurs effets sur les conditions de vie afin de susciter des approches de solutions durables.

identifier les difficultés rencontrées par la population de la commune de Tsévié dans l'accès à l'eau potable

Spécifique 2

Spécifique 3

Quels effets ces difficultés d'accès à l'eau potable ont-elle sur les conditions de vie socioéconomiques

et sanitaires des
populations ?

Quelles actions faut-il mettre en oeuvre pour résoudre durablement ces difficultés ?

Les effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable sont la dégradation de la santé, la non-satisfaction des besoins de base, la perte de revenus, la baisse du niveau de vie et la survenue de conflits et disparités dans la société.

Les actions à mettre en oeuvre pour résoudre ces difficultés d'accès à l'eau potable doivent être participatives, adaptées et durables.

déterminer les effets des difficultés d'accès à l'eau potable sur la santé et sur les conditions de vie socioéconomiques de la population de Tsévié.

relever les actions participatives, adaptées et durables à mettre en oeuvre pour résoudre

efficacement ces
difficultés.

13

1.5. Justification du choix du thème et du sujet

1.5.1. La justification du choix du thème

Elle s'articule autour des aspects scientifique, pratique et subjectif. 1.5.1.1. Justification scientifique

Dans un monde où les problèmes sociaux et ceux liés au développement des milieux ne cessent de croître, il est important de chercher, après étude approfondie, des solutions qui peuvent résoudre efficacement ces problèmes. L'accès à l'eau potable inquiète tant les autorités togolaises qui ont inscrit dans le Plan National de Développement (PND 2018-2022), en son axe stratégique 3 (consolider le développement social et renforcer les mécanismes d'inclusion), l'effet attendu 6 qui s'intitule : « L'accès des populations, notamment les plus pauvres, à l'eau potable, à l'hygiène et à l'assainissement est amélioré » (PND, Page 103). Dans cet élan, nous avons pensé que le problème des difficultés d'accès à l'eau en milieu urbain devra faire l'objet d'une recherche soignée, avec une certaine rigueur méthodologique, afin de conférer à ladite recherche un certain niveau de scientificité. Scientifiquement, nous souhaitons contribuer à la connaissance de l'ampleur d'un phénomène, en éclairant sur ces conséquences dans une population étudiée. Notre recherche permettra de trouver aussi, avec les populations qui vivent le problème, des résolutions durables et exploitables. Les solutions proposées pourront être extrapolables à d'autres communautés qui vivent le problème et qui aimeraient bien s'en servir. Rappelons que le thème choisi est en lien avec l'ODD 6 qui vise à « garantir l'accès de tous à l'eau et à l'assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

Nous ambitionnons aussi à travers le choix de ce thème, que notre recherche en général puisse servir à d'autres chercheurs qui étudieront le même problème ou un de ses aspects.

14

1.5.1.2. Justification pratique

Les résultats de la présente recherche devront contribuer à l'appui au développement économique et social du milieu. En optant pour ce thème, nous envisageons apporter notre concours pour diminuer ou atténuer les difficultés d'accès à l'eau et permettre ainsi aux populations, d'entrer dans un processus d'amélioration de leurs conditions de vie. En effet, il est clair que l'eau est indispensable à la vie, et son manque ou son absence pourrait être très dangereuse pour une quelconque entité humaine. En tant que futur spécialiste du développement local, il est pour nous un devoir d'agir sur les problèmes de développement qui minent nos communautés. Et donc, pour ne pas rendre continuel le problème d'accès à l'eau constaté dans le milieu d'étude, il est important de mener une recherche qui peut s'avérer utile pour ceux qui vivent réellement le problème. Il s'agit déjà d'une projection que nous nous sommes fait dans notre vie professionnelle à venir. Dans la démarche actuelle du développement local et participatif, à vocation durable, dans laquelle il est important de responsabiliser les populations dans toutes les étapes de prise de décision les incombant, les solutions que nous envisageons apporter par cette recherche sont celles que nous comptons recueillir des populations par une méthode purement participative.

1.5.1.3. Justification subjective

En choisissant de traiter ce sujet, nous répondons à un impératif personnel donné. Ayant vécu longtemps dans des zones urbaines et semi-urbaines (Quartiers Agoè-Nyvé et Togblékopé au Sud-Togo), les problèmes qui touchent directement la vie de la communauté ont souvent retenu notre attention, et, les dispositions à prendre pour les identifier et mieux les résoudre, ont toujours été pour nous, objet de pensées personnelles. Tel est le cas du manque d'eau que nous traitons.

15

Aussi, durant notre stage médico-social effectué à la Polyclinique de Tsévié, avions-nous eu l'occasion de sillonner avec certaines autorités sanitaires, des zones où l'accès à l'eau et aux structures d'assainissement est difficile. Cette situation nous a particulièrement touché et suscité en nous de nombreuses idées. Face à cela, l'engagement a été pris pour que le problème puisse être étudié à fond et débouché si possible sur une ou des mesures le résolvant. C'est dans ce sens que nous avions voulu, à travers une méthodologie axée sur la recherche-action, mener la présente recherche pour répondre à ce désir de traiter les problèmes communautaires tout en se spécifiant à l'étude du cas de Tsévié.

1.5.2. Justification du choix du site

Le site de recherche que nous avons choisi n'est pas le résultat d'une action fortuite. Le choix de la ville de Tsévié se justifie méthodologiquement par le fait de circonscrire l'objet d'étude dans une zone facilement maîtrisable en vue de produire une connaissance scientifique capable de refléter efficacement une réalité sociale.

En effet, la ville de Tsévié est une commune qui depuis longtemps fait partie des localités où l'accès à l'eau potable est difficile. Ayant effectué un stage en lieu, les difficultés rencontrées personnellement ont été celles liées à l'eau potable notamment. Les habitants de la localité sont donc contraints à faire usage de cette eau controversée ou à chercher d'autres moyens qui n'avantagent pas toujours la santé humaine et ne cessent d'influer l'exercice des activités humaines. Tsévié se trouve donc face à un problème de développement à taille considérable, et les conditions de vie se fragilisent. Dans cette optique, nous avons voulu faire cette recherche pour comprendre à fond le phénomène qui ne disparaît pas totalement dans le milieu et qui ne cesse d'impacter négativement la vie économique et sociale de la population.

16

Titre 2 : Revue de littérature

Dans ce titre, il est question de faire une analyse thématique, conceptuelle et critique des documentations abordées pour mieux conduire la présente recherche. Ainsi, sont développés dans cette rubrique, la revue thématique, la revue conceptuelle et les enseignements tirés des deux revues.

2.1. Revue thématique

Etant donné que tout travail scientifique s'inspire de travaux antérieurs, nous avons eu recours, pour le compte de la présente recherche, à des écrits existants et ayant porté leurs intérêts à des thèmes donnés en rapport avec le sujet que nous traitons. Dans ce sous-titre, ces thèmes liés au sujet de recherche sont exposés et analysés.

2.1.1. Les notions complexes d'accès et d'approvisionnement en eau potable.

Le terme accès renvoie à la notion de moyens, de temps, bref de l'organisation qui mènera l'eau au consommateur. L'expression «accès à l'eau» intègre plusieurs paramètres tels que la distance au point d'eau, le temps consacré à la collecte et le coût inhérent à l'achat de l'eau.

Peter Gleick(1998), suppose qu'il faut une quantité de 50 litres par jour et par personne repartis de la façon suivante : 5 litres pour la boisson, 20 litres pour les usages sanitaires ; 15 litres pour les usages de toilette et 10 litres pour la préparation des repas. Son analyse est basée sur une répartition par besoin. Ainsi selon lui, il faut accorder une plus importante quantité d'eau pour les usages sanitaires. Il ne néglige pas cependant la quantité minimale de l'eau de boisson qui selon lui, suffirait à hauteur de 5l/jour. L'auteur ne donne pas par contre, une idée sur la distance à effectuer pour qu'on parle d'accès à l'eau.

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D'autres auteurs tels que Dos Santos4 (2006), préfèrent l'utilisation du terme « accessibilité » qui selon lui, inclut la distance et le poids monétaire de l'eau dans le budget des ménages en impliquant la quantité d'eau disponible et utilisée, et de la qualité des eaux consommées.

De nos jours, la notion d'accès à l'eau est définie en termes de distance et de quantité d'eau disponible par jour et par personne. Le volume d'eau dont dispose une personne par jour détermine en effet les besoins qu'elle peut couvrir en termes de consommation et d'hygiène. Ainsi une personne qui consomme moins de 5 l/jour couvre difficilement ses besoins (consommation, pratiques d'hygiène) et par ricochet est exposée à un risque sanitaire très élevé. Par contre une personne qui dispose d'une quantité minimum de 20 l/j peut couvrir ses besoins minimum de base. Les quantités d'eau collectées et utilisées par les ménages sont conditionnées principalement par l'éloignement de l'approvisionnement en eau ou par le temps total nécessaire à la collecte. Ces paramètres sont d'une manière générale en correspondance avec les quatre niveaux de service définis par l'OMS que sont l'absence d'accès, l'accès de base, l'accès intermédiaire et l'accès optimal.

Au Togo, l'accès à l'eau est défini pour les ménages qui ont une source d'approvisionnement en eau à moins de 30 minutes quel que soit le mode de transport utilisé. Cet indicateur est calculé pour l'eau à usage domestique, l'eau de boisson et l'eau potable. L'eau minérale, l'eau provenant du robinet, du forage et de puits protégés ou équipés de pompe est considérée comme eau potable. (QUIBB 2015).

4 Cité par Ousseini, 2010

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En effet, dans les Directives de qualité pour l'eau de boisson5(OMS,2017), le niveau "Absence d'accès" signifie qu'une personne s'approvisionne à l'eau en faisant plus d'un kilomètre de déplacement aller-retour et un temps de plus de 30 minutes pour un volume de 5litres par jour, le risque pour la santé publique étant alors « très élevé » (Remise en cause des pratiques d'hygiène et de la consommation de base). "L'accès de base" signifie que la source d'approvisionnement en eau se situe dans un rayon de 1km pour une durée de déplacement aller-retour ne dépassant pas 30minutes avec collection d'un volume de 20 litres approximativement , par personne et par jour en moyenne et dans ce cas, le risque pour la santé publique résultant d'une mauvaise hygiène est « élevé » (Remise en cause de l'hygiène ; le lavage du linge peut devoir s'effectuer à distance). Quant à l'accès intermédiaire, il suppose que la fourniture de l'eau est faite sur place par l'intermédiaire d'un robinet au moins (niveau de service correspondant à un robinet à l'extérieur de l'habitation) avec approximativement 50 litres par personne et par jour environ en moyenne. Dans ce troisième cas, le risque pour la santé publique résultant d'une mauvaise hygiène est « faible » (l'hygiène ne devrait pas être compromise, le lavage du linge peut probablement s'effectuer sur place). Enfin, l'accès optimal veut dire que l'approvisionnement est fait par l'intermédiaire de plusieurs robinets à l'intérieur de l'habitation avec 100 à 200 litres par personne et par jour en moyenne et on notera un risque « très faible »pour la santé publique résultant d'une mauvaise hygiène.

Ajoutons que les définitions de l'accès à l'eau potable peuvent se spécifier en fonction du milieu de résidence. Ainsi, l'acceptation la plus couramment utilisée est celle définie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui précise qu'un citadin a accès à l'eau potable s'il est desservi par un réseau ou une pompe à

5 Directives de qualité pour l'eau de boisson : 4e éd. intégrant le premier additif, Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2017

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moins de 200 mètres de son habitation. La définition diffère pour un ménage dans une zone rurale. Dans ce cas, l'accès à l'eau signifie qu'un membre de la famille ne passe pas un temps « disproportionné» à la collecte de l'eau. Cette définition ne fait donc pas allusion à la « potabilité » de l'eau ni au fait que le service fourni soit « adapté» ou non (Hector Houeha, 2007).

Les approvisionnements en eau de boisson peuvent aller de très grands réseaux urbains, desservant des dizaines de millions d'habitants, à de petits réseaux communautaires, alimentant en eau des populations très peu nombreuses. Dans la plupart des pays, ils comprennent des sources collectives et des réseaux canalisés. Les services d'approvisionnement en eau de boisson ont en charge l'assurance et le contrôle de la qualité. Ils sont responsables principalement de la préparation et de la mise en oeuvre des plans de gestion de la sécurité sanitaire.

Dans bon nombre de cas, le fournisseur d'eau n'est pas responsable de la gestion des captages dont il tire son approvisionnement. Le rôle du fournisseur d'eau à l'égard des captages est de participer aux activités interservices de gestion des ressources en eau, de comprendre les risques pouvant être associés à des activités et à des incidents potentiellement contaminants et d'utiliser ces données pour évaluer les risques menaçant l'approvisionnement en eau et mettre au point et appliquer une gestion appropriée. Bien que les fournisseurs d'eau de boisson n'effectuent parfois pas eux-mêmes les investigations relatives aux captages et les évaluations des risques de pollution, il leur incombe d'identifier les besoins en la matière et de lancer la collaboration multiservices, par exemple avec les autorités sanitaires et les autorités de protection de l'environnement.

En 2012, l'OMS a défini l'accès à l'eau comme étant un indicateur représentant la part de la population disposant d'un accès raisonnable à une quantité d'eau potable. Les précisions semblent être beaucoup plus conséquentes même si les valeurs numériques n'ont pas été clairement exprimées. On peut citer par

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rapport à cette explication, l'exemple du Togo en 2015 où l'accès à l'eau potable est limité à 61,8% de la population (QUIBB-2015).

L'enjeu de l'accès à l'eau est double : d'une part, offrir à chaque individu une eau potable saine, et d'autre part, réduire la pénibilité liée aux corvées d'eau, qui sont principalement accomplies par les femmes et les enfants.

2.1.2. Les problèmes rencontrés par les populations dans d'accès à l'eau potable

L'analyse de la documentation scientifique montre que les questions relatives à l'accès à l'eau constituent une préoccupation majeure au niveau international. Nous analysons ici les travaux de recherche ayant porté sur les problèmes d'accès à l'eau potable.

L'accès à l'eau potable dans le monde en général et dans les pays en développement en particulier, est confronté à d'énormes problèmes. Dans les pays en voie de développement, l'accès à l'eau potable est généralement faible, surtout dans les bidonvilles et milieu rural (Nyongombe, 2012). Quel que soit le milieu de résidence, l'accès à l'eau potable n'est pas encore universel dans le monde. Et, les problèmes qui se posent sont de natures différentes et varient d'une région à une autre.

Zipikinè Kossi Mensa6 en 2012, a fait ressortir dans son étude les causes de la pénurie d'eau à Anié(Togo). Il distingue les facteurs naturels des facteurs humains. Parlant des facteurs naturels, il cite les difficultés liées à la nature du substrat géologique et le régime irrégulier de la rivière Anié. En facteurs

6 « Approvisionnement en eau potable et risque sanitaires à Anié (Préfecture de l'Anié) », Mémoire pour l'obtention du diplôme de Maitrise ès-Lettres et Sciences Humaines (Option Géographie Rurale et Aménagement)

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humains, le manque de moyens financiers et la pollution des points d'eau sont énumérés. Ce qui suppose que, outre la présence des roches qui ne permet pas le creusage des puits, et l'étiage remarquable de la rivière en saison sèche, les problèmes rencontrés dans l'accès à l'eau potable sont aussi le résultat des actions humaines lorsque les hommes polluent les seules sources d'eau disponible dans le milieu.

En 2014, Rafiou Bah-Agba7, parlant des problèmes rencontrés par la population béninoise en adduction d'eau potable écrivait ceci : «points d'eau éloignés des habitants, eau de qualité insalubre, ruptures de services, pompes hors d'usages par manque d'entretien, tel est le quotidien d' un grand nombre d'habitants des pays, surtout en voie de développement, où les services publics de base sont fragiles, défaillants, voire inexistants ». En se basant sur son étude qui a porté sur la commune de Tchaourou au Bénin, l'auteur montre qu'en matière de la gouvernance locale de l'approvisionnement en eau potable, la population est confrontée aux problèmes de faible taux de couverture d'infrastructures d' eau potable, de la non affirmation de la maîtrise d'ouvrage communale, de la mauvaise gestion des ouvrages d'eau potable et de la faible participation des citoyens dans la gestion des ouvrages hydrauliques.

Prince Loïque Maba Ngouloubi dans sa thèse de doctorat(2017) a fait remarquer les mêmes problèmes dans la population congolaise en lorsqu'il a étudié 2012, les problèmes d'accès à l'eau potable de la population de l'arrondissement 4 Moungali à Brazzaville (République du Congo). Il écrit :

« Bien que l'eau soit disponible en grande quantité à travers tout le pays, les Congolais, comme les autres habitants de l'Afrique rencontrent des difficultés

7 Gouvernance locale et approvisionnement en eau potable dans les milieux ruraux au Bénin: Cas de la commune de Tchaourou, Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en développement régional en vue de l'obtention du grade de maître ès arts (2014).

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d'accès à l'eau potable. Moins de la moitié des Congolais ont accès à l'eau potable. Cet accès varie largement entre les centres urbains et les zones rurales. Ces zones, sont souvent desservies par des sources d'eau contaminées (des sources non captées, des puits ouverts et des réservoirs de collecte des eaux de pluies en mauvais état et rarement désinfectés) ».

L'eau, estimée de "mauvaise" qualité, est responsable des maladies hydriques. Son inaccessibilité dit-il, « pour certains ménages, est due notamment à l'endommagement du réseau, la vétusté des installations, les dysfonctionnements et l'éloignement des sources d'approvisionnement en eau potable ».

Cet aspect de l'inaccessibilité de l'eau potable a été aussi soulevée en 2018 par Jade Tobbi, dans son mémoire8 titré "Accès à l'eau potable et impact sur la santé d'une communauté, l'éducation et la ressource eau : analyse à partir d'un projet au Togo" qui souligne par rapport au Togo que : « nous pouvons observer, certes, de nombreux puits améliorés et des forages, mais dont la grande majorité n'est plus fonctionnelle du fait d'un manque de structure de la gestion de ces points d'eau, laissés aux habitants, sans appui spécifique ».

D'après la politique nationale de l'eau, « l'insuffisance des ouvrages d'approvisionnement en eau potable et leur accès difficile sont les problèmes majeurs [...]. » que connaît la population togolaise.

Certains problèmes rencontrés par les populations sont similaires et concernent la distance, la nature des installations et la qualité de l'eau. Par ailleurs, parmi les problèmes d'eau, Prince L. Maba Ngouloubi souligne que ceux liés à la qualité de l'eau s'expliquent par le mauvais traitement de l'eau par la structure émettrice, l'impuissance des pouvoirs publics, le manque de volontarisme en matière d'amélioration des conditions de vie des populations en milieu urbain, le

8 Mémoire présenté en vue de l'obtention de la Licence professionnelle, « Chargé de projets en solidarité internationale et développement durable», 6.p

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manque de sensibilisation et d'intégration des programmes «eau et santé». Aussi, les populations n'adoptant pas de bonnes pratiques d'hygiène au bord des points d'eau, il est clair que l'eau à laquelle elles s'approvisionnent tend à être souillée. La nature potable de l'eau peut être également remise en cause du moment où les réservoirs de stockage des eaux ne sont pas bien entretenus. Egalement, si les gobelets et les réservoirs de stockage de l'eau sont dans certains cas exposés à la poussière et aux mouches, ils peuvent rendre l'eau de boisson impropre. Certes, il y a accès à l'eau, mais une eau qui ne sera plus potable. Cet autre problème de la potabilité de l'eau a été aussi mis en évidence par Hector Houeha(2007) qui estime que certaines pratiques adoptées par les populations en matière d'hygiène, « ne sont pas de nature à préserver une eau de boisson potable ». Pour Ousseni(2010), « l'eau considérée comme potable à la sortie de la borne fontaine est soumise aux différents risques de contamination que sont les pratiques qu'adoptent les ménages lors de la collecte d'une part et les moyens de collecte de l'eau d'autre part ».

Il en est de même pour la durée de stockage qui peut aussi influer sur la qualité physico-chimique de l'eau. Plus une eau est longtemps stockée, plus les risques de dégradation de sa qualité sont élevés.

En étudiant "L'accès à l'eau potable dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou : cas des secteurs 23 et 24", Ousseini(2010) affirme, comme bon nombre d'auteurs que les problèmes d'accès à l'eau potable se posent avec acuité dans les pays en développement. D'après les résultats de son enquête, il ressort que la contrainte principale rencontrée par les habitants du secteur 23 de la ville de Ouagadougou reste la coupure d'eau. C'est à dire que l'eau n'est pas continuellement disponible pour les habitants de ce secteur. Quant aux habitants du secteur 24, la distance du point d'approvisionnement demeure la principale difficulté. Par ailleurs, le problème de la qualité de l'eau et de « longue file

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d'attente » ont été moins relevés par les ménages concernés par son étude. D'autres contraintes telles que les problèmes financiers sont aussi relevés par les populations. Il s'agit de l'incapacité financière à disposer d'un branchement privé ou à solder la facture d'eau mensuelle. Pour appuyer ce résultat, il cite Dos Santos qui soutient qu'en 2002, près d'un tiers des abonnées particulières(Ouagadougou) ont vu leur eau coupée temporairement ou définitivement par manque successif au paiement (Dos Santos, 2005). En analysant de près, le niveau de vie ne permet pas à certains ménages d'être régulièrement connecté au réseau d'eau, et se trouve ainsi, contraints à faire usage des eaux de qualité douteuse. Dos Santos, a bien fait de mentionner cette réalité lorsqu'il affirme : « la faible proportion des ménages raccordés au réseau met en évidence que la difficulté d'accès ne résulte pas du manque d'infrastructure dans certain quartier mais aussi le faible niveau de vie des citadins ». En d'autres termes, en milieu urbain burkinabé, la pauvreté a systématiquement entraîné pour certaines personnes, un accès difficile à l'eau potable.

En tenant compte de ces réalités, d'autres analyses pourraient être avancées. Selon l'OMS, les interruptions de l'approvisionnement en eau de boisson, qu'elles soient dues à la production intermittente des sources ou à des problèmes de conception ou de construction du réseau, sont des déterminants majeurs de l'accès à l'eau de boisson et de la qualité de cette eau.

De même, selon l'OMS, l'accessibilité économique de l'eau a une influence importante sur son utilisation et sur le choix des sources d'eau. Les ménages disposant du plus faible niveau d'accès à un approvisionnement en eau saine payent souvent l'eau qu'ils reçoivent plus cher que ceux reliés à un réseau d'eau canalisé. Le coût élevé de l'eau peut forcer ces ménages à recourir à d'autres sources de moindre qualité, présentant un plus grand risque pour la santé. En

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outre, ce coût élevé de l'eau peut conduire à une baisse des volumes d'eau utilisés par les ménages qui, à son tour, peut influer sur les pratiques en matière d'hygiène et accroître le risque de transmission des maladies.

Pour le secteur de l'eau au Togo, la politique nationale de l'eau (2010-2025) révèle que les contraintes rencontrées par le secteur sont institutionnelles, techniques, physiques, humaines, socioculturelles, économiques et financières.

2.1.3. Les effets de l'accès difficile à l'eau potable

Au Togo, l'insuffisance des ouvrages d'approvisionnement en eau potable et leur accès difficile constituent problèmes majeurs qui « influent négativement sur la santé, la scolarisation des filles et la participation des femmes aux activités génératrices de revenus » (Politique Nationale de l'eau, 7p).

Les populations urbaines, sont souvent affectées par ces conséquences de manque d'eau potable. D'après l'United Nations Centre for Human Settlements :

« une grande partie des populations urbaines de la région Afrique se trouvent dans des situations qui mettent en péril leur santé et leur vie et sont dépourvues de points de distribution d'eau potable adéquats ou d'hygiène publique, ce qui a pour résultat un fardeau toujours plus pesant sur la santé et sur la qualité de la vie et une productivité affectée ».

Doguido Goumpoukini(2004), dans « Problématique d'approvisionnement en eau potable dans les quartiers périphériques de Lomé », relève ces effets en précisant que la pénurie d'eau potable nuit à la santé humaine. Selon lui, non seulement les hommes mourront de soif en cas de pénurie d'eau mais risquent aussi de tomber malades à cause de l'eau qu'ils boivent ou qu'ils utilisent pour cuisiner. L'auteur affirme que 80% des maladies et plus d'un tiers des décès sont dus à l'eau contaminée.

Chaque année, plus de 842 000 personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire meurent à cause du manque d'eau, d'assainissement et d'hygiène,

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soit 58% du total des décès par diarrhée. Les effets de l'accès difficile à l'eau potable sont très frappants au niveau international. D'après le PNUD, les maladies liées à l'eau, coûtent 443 millions de jours d'école par an au niveau mondial (dont la part pour tous les enfants éthiopiens de 7 ans représente une année scolaire), réduisant irrémédiablement le potentiel d'apprentissage des jeunes générations. Les pertes de productivité et les coûts des maladies liées à l'eau souillée, s'évaluent à 5% du PIB en Afrique subsaharienne, soit une somme plus importante que celle perçue par la région, au titre d'aide internationale. On voit clairement par ces chiffres, l'impact que ces difficultés d'accès à l'eau potable ont sur l'éducation et l'économie, pour ne citer que ces domaines.

Dans le document « Eau et santé, éléments pour un manuel pédagogique pour les programmes d'Hydraulique villageoise des pays en voie de développement », le ministère de la Coopération et du Développement constate, selon Marie Claude (1989) et cité par Mensa(2012), que nombre de maladies sont liées à l'eau de mauvaise qualité et que sa consommation réduit la durée de vie de l'homme. Les maladies liées à l'eau qu'il a citées sont les gastro-entérites, les ankylostomiases, la bilharziose et la fièvre typhoïde.

La publication portant sur « les conséquences dramatiques d'un faible accès à l'eau potable » faite sur le site www.kezakeau.fr fait remarquer quant à elle, les effets de l'accès difficile à l'eau potable à des dimensions sanitaires et sociales, environnementales et géopolitiques.

Le manque d'eau peut agir sur les domaines comme l'éducation, l'économie, la santé, le logement, etc., d'après l'article « les conséquences du manque d'eau » publié sur www.solidarites.org/fr/eau-potable. Au niveau éducationnel, les enfants doivent chercher l'eau au lieu d'aller à l'école. Les écoles sans infrastructures d'Eau, d'Hygiène et d'Assainissement(EHA) deviennent des

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endroits à haut risque d'infection. Celles sans dispositifs de gestion de l'hygiène menstruelle empêchent la scolarisation des jeunes filles tous les mois dans certaines régions.

Les effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable sont appréhendés par Lassere(2002) qui affirme :

« dans une région frappée par une rareté croissante, les conditions sanitaires se dégradent; la production alimentaire stagne, voire diminue, et la population s'appauvrit. Cette paupérisation déracinerait les populations rurales et les conduirait à émigrer vers les villes où les pouvoirs publics ne parviendraient pas, faute de moyens financiers, à assurer la construction des infrastructures de base, dont les aqueducs municipaux, renforçant ainsi le cercle infernal de la pauvreté. ».

Les maladies sont l'une des conséquences fortes des difficultés d'accès à l'eau : sans eau les êtres humains ne peuvent survivre plus de trois jours. N'ayant pas accès à une eau potable, de nombreuses personnes sont donc contraintes de se contenter d'une eau polluée, sale ou infectée. Or d'après l'OMS9, « cela est un risque sanitaire majeur pour les enfants en bas âge qui sont les plus sensibles à la qualité de l'eau qu'ils consomment ». La discrimination en est aussi une conséquence. Pour les groupes marginalisés, femmes, enfants, réfugiés, peuples autochtones, personnes handicapées et beaucoup d'autres ; l'accès à l'eau est globalement encore plus compliqué, car « souvent négligés, ces groupes font parfois l'objet de discrimination quand ils tentent d'accéder à l'eau potable dont ils ont besoin et de la gérer ».

2.1.4. L'eau, une denrée à perception évolutive.

La perception de la valeur de l'eau a progressivement évolué au cours des deux dernières décennies. Lors de la première conférence internationale sur l'eau, qui se déroulait à Mar dei Plata en Argentine en 1977, l'eau fut définie comme

9OMS, 22 mars 2019

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« bien commun », un bien donc auquel chacun devait pouvoir accéder pour ses besoins primordiaux. Mais à cette conception idéale et proprement publique de l'eau s'est progressivement substituée, au fur et à mesure de sa raréfaction, une vision beaucoup plus marchande : en 1992 à la conférence de Dublin, l'eau fut cette fois clairement déclarée « bien économique ».

Par la suite, lors du premier Forum mondial de l'eau, en mars 1997 à Marrakech (Maroc), les experts exprimèrent leur crainte que l'eau ne devienne, comme le pétrole, une denrée monnayable et chère à courte échéance, et l'enjeu de nouvelles guerres. Quant aux deux grands Sommets mondiaux de la Terre (juin 1992 à Rio et juin 1997 à New York), ils n'ont rien apporté : peu présente au cours du premier, l'eau fut promue « question prioritaire » lors du second, sans cependant faire l'objet d'aucune décision.

Aujourd'hui, le constat est unanime parmi les experts qui diagnostiquent une crise grave si les gouvernements n'améliorent pas leur gestion des ressources en eau. Sur les remèdes pour enrayer cette crise, en revanche, les avis divergent. C'est ce qui est clairement apparu au cours du deuxième Forum mondial de l'eau, qui se tenait en mars 2000 à La Haye (Pays-Bas).

Entre les 4 500 représentants d'une centaine de pays, la discussion a en effet essentiellement porté sur la question de la privatisation de l'eau. Tandis que la Commission mondiale de l'eau, une émanation du Conseil mondial de l'eau, plaidait pour une large privatisation de ce secteur à l'échelle mondiale, de nombreuses Organisations non gouvernementales (ONG) condamnaient cette vision « technico-économique et marchande » et prônaient l'accès à l'eau comme un « droit fondamental de l'homme », gratuit ou tarifé à prix coûtant.

À l'issue de ce Forum, dans une déclaration commune, les divers ministres de l'environnement ou des ressources hydriques se sont finalement contentés de

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qualifier l'eau d'élément « indispensable à la vie et à la santé des hommes et des écosystèmes et une condition fondamentale au développement des pays ».

2.2. Revue conceptuelle

Il s'agit ici des concepts clés de notre sujet de recherche et qui imposent une clarification pour la compréhension du présent document.

2.2.1. Eau

-L'eau est un liquide incolore, inodore, transparent et limpide, lorsqu'elle est pure, on dit qu'elle est source de vie, vu l'importance qu'elle occupe à l'instar des autres éléments indispensables à l'alimentation et aux besoins physiologiques de l'homme (Bokogyoni, 2013).

-Une eau est dite potable, quand sa consommation par l'homme est sans danger. L'eau potable doit être exemptée de contaminations microbiologiques, et son niveau de contaminants chimiques ne doit pas être dommageable pour la santé. Selon l'OMS, une eau potable est une eau que l'homme peut consommer tout le long de la vie sans risque pour la santé. Cette eau en effet, doit être agréable à boire et ne doit renfermer en quantité une substance chimique limitée. Il s'agit de substances chimiques, ni de germes nocifs pour la santé. Elle ne doit contenir certaines substances chimiques qu'en quantité limitée. Il s'agit de substances chimiques indésirables ou toxiques telles que les métaux lourds ou encore les hydrocarbures et les pesticides (Bokogyoni, 2013).

On peut dire aussi que l'eau potable est une eau douce propre à la consommation humaine qui peut être utilisée sans restriction pour boire ou préparer la nourriture. L'eau potable est une ressource naturelle primaire à la consommation; la potabilité permet la survie des êtres vivants et les activités humaines fondamentales car l'eau subit un traitement qui élimine les agents pathogènes.

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Une eau potable est une eau douce chimiquement et biologiquement saine, conforme pour un usage lié à la consommation humaine pour éviter toute maladie. Les normes appliquées à une telle eau ne devraient pas être inférieures à celles proposées dans la dernière édition de "Normes internationales pour l'eau potable" publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ainsi pour qu'une eau soit qualifiée de potable d'après Ousseini (2010), elle doit satisfaire à des normes relatives aux paramètres organoleptiques (couleur, turbidité, odeur, saveur), physico-chimiques (température, pH, etc.), microbiologiques (coliformes fécaux et totaux, streptocoques fécaux, etc.) et à des substances indésirables et toxiques (nitrates, nitrites, arsenic, plomb, hydrocarbures, etc.).

L'eau du robinet est très utilisée par les ménages car son niveau de potabilité est élevé. De l'eau douce est une eau potable après filtration et assainissement. L'eau potable est une eau non salée, une eau douce suffisamment sûre et saine pour être consommée par les humains ou utilisée avec un faible risque de préjudice immédiat ou à long terme. A cet effet, des procédés de purification améliorent la potabilité de l'eau pour la rendre consommable sans risque sanitaire.

La potabilité d'un aliment, ou surtout d'une eau comme l'eau potable, peut intervenir après un processus de potabilisation. La potabilité des eaux, typiquement une eau de source ou l'eau du robinet, est encadrée et définie par des normes variables selon les pays ou les continents, mais dont le critère commun concerne la santé publique. Concernant l'eau potable, elle fait souvent appel à l'eau osmosée pour rendre l'eau valable et sans risque bactériologique.

2.2.2. La santé

Selon l'OMS(2005), la santé est un état de complet bien- être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. La santé est peut être comprise sous l'angle d'un bon état de l'organisme, incluant le moral ou la raison.

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2.2.3. L'hygiène

Pour l'OMS, l'hygiène désigne l'ensemble des règles et méthodes ou procédés qui permettent de conserver et de favoriser la santé de l'homme et son adaptation au milieu ambiant. La notion d'hygiène est définie comme l'ensemble des mesures de protection de la santé. Elle est aussi un ensemble de pratiques et de règles qui améliorent les conditions de vie et préviennent l'apparition des maladies (Soulé, 1996).

C'est également un ensemble de principes et de méthodes destinés à préserver, améliorer la santé ; moyens curatifs mis à part. C'est également un ensemble de mesures de salubrité qui ont pour objet de créer les conditions d'environnement les plus favorables à la santé. Il s'agit des mesures contre les nuisances (corporelles ou autres) et qui par suite, jouent un rôle important dans la prévention des maladies

2.2.4. Assainissement

Selon l'OMS (1995), on entend par assainissement, l'ensemble des travaux que doivent effectuer, en se conformant aux règles d'hygiène, les particuliers, les collectivités et les pouvoirs publics pour faire disparaître dans les agglomérations toutes causes d'insalubrités. Selon le rapport de la première réunion tenue en 1950 du comité des experts de l'environnement, l'assainissement implique le contrôle de l'approvisionnement public en eau, de l'évacuation des excréta et des eaux usées, de l'élimination des déchets et des vecteurs de maladies, des conditions de logement, des aliments et leur manipulation, des conditions atmosphériques et des conditions de sécurité sur le lieu de travail ( Franceys al 1995).

Pour Duncan (1994), l'assainissement est un processus par lequel des personnes peuvent vivre dans un environnement plus sain ; pour cela, des moyens

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physiques, institutionnels et sociaux sont mis en oeuvre dans différents domaines tels l'évacuation des eaux usées et de ruissellement, l'évacuation des déchets solides, l'évacuation des excrétas et le traitement de tous ces éléments. De manière générale l'assainissement comprend l'évacuation et le traitement des eaux et des solides usagers. Ces matières incluent les eaux de pluies, de drainage, de lavage, les eaux usées et /ou provenant de toilettes, les excréments, et les déchets solides ; ces derniers ont différentes origines (domestique, agricole, industrielle, médicale ...).

2.2.5. Le droit de l'humain à l'eau

Selon l'ONU, « le droit de l'humain à l'eau, signifie que chacun, sans discrimination, a le droit à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, d'une eau potable et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques, qu'il s'agisse de boisson, d'assainissement individuel, de lavage de linge, de préparation des aliments ou d'hygiène personnelle et domestique »

2.2.6. Ménages

Le ménage est "un ensemble de personnes apparentées ou non, partageant les mêmes repas, reconnaissant l'autorité d'un même individu appelé « Chef de Ménage » et dont les ressources ou les dépenses sont généralement communes". Elles habitent le plus souvent sous le même toit, dans la même cour ou la même concession. (QUIBB 2015)

Autrement dit, un ménage est un ensemble des personnes vivant dans un même logement et n'ayant pas forcément des liens de parenté. C'est aussi un individu ou groupe d'individus vivant ensemble considérés en tant qu'unité socio-économique. Il peut s'agir par exemple d'un couple, d'une famille, ou encore d'une seule personne.

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2.2.7. Ville

Les définitions accordées à la notion de ville ou à l'espace urbain varie d'un auteur à un autre, et aucune n'a réussi à faire l'unanimité. Yves Grafmayer et Jean-Yves Authier donnent une définition sociologique10 de la ville en ces termes : « la ville est à la fois territoire et population, cadre matériel et unité de vie collective, configuration d'objets physique et noeud de relation entre sujets sociaux ». La communauté urbaine est aussi un regroupement de populations et d'activités durablement stabilisés sur un territoire restreint.

2.2.8. Ouvrages d'eau

L'ouvrage d'adduction d'eau est un dispositif techniquement ou technologiquement réalisé en vue de faciliter l'accès à une eau potable. Souvent, il se présente sous la forme de forage, de borne-fontaine dans les milieux ruraux et périurbains. Cet ouvrage est supposé remplir des conditions qui garantissent une eau potable si de bonnes pratiques socia1cs ou mesures d'hygiène sont adoptées (Centre Régional pour l'Eau potable et l'Assainissement à faible coût "CREPA", 2004).

2.3. Enseignements tirés

Les deux revues précédemment présentées ont permis de tirer plus ou moins de leçons sur divers plans et ont aidé à saisir pertinemment le sujet de recherche. Les enseignements que nous avons tirés des revues thématique et conceptuelle se situent au plan théorique, méthodologique et pratique.

2.3.1. Enseignements théoriques

D'une manière générale, les ouvrages abordés ont permis de mieux se renseigner de façon précise et claire sur les difficultés ou problèmes d'accès à l'eau potable

10 Yves Grafmeyer et Jean-Yves Authier, Sociologie urbaine, Arman Colin, Coll. « 128 », 2008

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d'une part et d'avoir des idées sur les conséquences ou effets que ceux-ci peuvent engendrer. La documentation a permis de savoir que plusieurs variables entrent dans la définition de l'accès à l'eau potable. Ne pas avoir facilement accès à l'eau potable suppose qu'en effet, l'on est exposé à une quantité restreinte d'eau, à une mauvaise qualité de l'eau, à des sources d'approvisionnements situées à une distance éloignée et évidemment pendant une durée de temps assez grande. Ainsi à travers les différentes littératures, nous avons pu analyser l'état de la disponibilité quantitative de l'eau, l'accessibilité financière et spatiale (ou géographique), la qualité des eaux utilisées dans des ménages d'autres milieux et les confronter avec les réalités de notre site de recherche. Les perspectives de l'évolution démographique rapportées au potentiel en eau et aux besoins socio-économiques des populations, qui doivent être pris en compte par les décideurs, sont aussi des connaissances que nous avons acquises dans notre exploration littéraire.

Les conséquences engendrées par les difficultés d'accès à l'eau potable ont été les enseignements théoriques primordiaux que nous avons appris, vu que c'est sur elles que porte la recherche. Les auteurs lus font l'unanimité sur l'une des conséquences ou effets de ces difficultés d'accès à l'eau potable : il s'agit de la dégradation de la santé. Il est à retenir qu'un accès difficile à une eau, qu'elle soit de qualité acceptable ou non, influe négativement sur la santé. Mais au-delà de la santé, d'autres effets ont été connus et se révèlent sur divers plans. En tant qu'enseignement, ceci servira de repère dans les résultats de cette recherche.

Une autre connaissance acquise, qui s'inscrit dans les préoccupations actuelles, est celle tournée vers l'eau en tant que ressource naturelle. Cette ressource naturelle reste aujourd'hui l'un des éléments incontournables dans les processus de développement durable, car d'ailleurs une grande partie des activités humaines reposent sur l'exploitation de cette ressource. De ce fait, sa fourniture

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et sa gestion doivent capter l'attention de bon nombre de personnes afin d'éviter ses effets néfastes.

2.3.2. Enseignements méthodologiques.

Il s'agit ici des compétences méthodologiques que les lectures nous ont procurées. La revue de littérature nous a servi de guide pour une amélioration de l'organisation des tâches de recherche et de collecte de données sur le site choisi, ainsi qu'à une préparation des activités de réflexion et d'analyse des informations de terrain. En effet, les sources documentaires utilisées ont conduit à mieux cerner les techniques de formulation de questions, des hypothèses et des objectifs, utilisés par les auteurs. Tout ceci a aidé à mieux concevoir les variables et indicateurs, ainsi que d'autres éléments de la problématique, et de façon globale, à se construire une méthodologie propre à nous. Grace à ces sources, les outils de collecte ont été complétés par des informations qui nous seront renseignées par les enquêtés.

2.3.3. Enseignements pratiques

De façon pratique, les solutions proposées pour l'amélioration des conditions d'accès à l'eau potable figurant dans les documents consultés sont des premières pistes de solutions qui permettront d'édifier des actions concrètes pour la résolution du problème étudié. Que ce soit dans l'approvisionnement, dans le transport, dans le stockage ou dans la consommation de l'eau, des tâches pratiques ont été découvertes et restent importantes et, servent d'intérêt pratique pour l'action, car nous en ferons usage dans la démarche participative de recherche de solutions. Ainsi, la recherche documentaire nous a servi de base pour mieux orienter les actions efficaces et durables que nous éveillerons auprès de la population cible.

CHAPITRE 2 : CADRE PRATIQUE

Titre 1 : Site de recherche

Figure 2 : Carte du Togo, DRPDAT RM, juillet 2016

Figure 1 : Carte de
l'Afrique, DRPDAT-

RM, Juillet 2016

Figure 3 : Carte de la Préfecture du Zio, DGSCN

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Figure 4 : Carte de la ville de Tsévié, source INSEED-RM

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1.1. Présentation du site 1.1.1. Situation géographique

La ville de Tsévié est située dans la partie méridionale du Togo. Localisée entre 6°23 et 6°27 de latitude Nord et 1°11 et 1°14 degré de longitude Est. Tsévié est l'une des cinq Communes de plein exercice de la Région Maritime. Elle occupe une superficie d'environ 25 km2 et est située à environ 35 km de la côte et de Lomé, la capitale du Togo. Chef-lieu de la Préfecture du Zio et de la Région Maritime, la Commune de Tsévié est au carrefour de plusieurs axes routiers dont la Nationale N°1 (route internationale Lomé-Burkina Faso), la nationale no4 (route Tsévié-Tabligbo), la route Tsévié-Kévé-Djolo-Ghana, la route Tsévié-Dalavé et la route Tsévié-Gapé-Centre.

Huit (08) cantons entourent cette ville. Il s'agit des Cantons de Davié-Assome et Dalavé au Sud, du canton de Gbatopé à l'est, du canton d'Agbelouvé au Nord et des cantons de Wli, de Bolou Kpéta, de Gblainvié et de Gapé-Centre à l'Ouest.

1.1.2. Géologie et relief ? Géologie

La Commune de Tsévié s'étend sur le bassin sédimentaire côtier du sud Togo. Elle présente au sommet une série de couches sablo-argileuses d'origine continentale. La commune se trouve sur le biseau sec du bassin, ce qui rend difficile l'installation des forages d'exploitation en eau du fait de la grande profondeur des nappes phréatiques. Ce bassin offre des matériaux de construction comme le sable et des graviers alluvionnaires.

? Relief

La ville se développe sur un bas plateau continental d'altitudes variant entre 10 et 15 m et légèrement incliné vers le Sud donnant ainsi son nom audit plateau :

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le plateau de Tsévié, situé entre les cours d'eau Zio à l'Ouest et Lili à l'Est. Cette topographie, peu contrastée, est généralement favorable aux aménagements. Néanmoins, les faibles dénivellations ne facilitent pas l'écoulement des eaux de ruissellement exposant les riverains à de récurrentes inondations.

1.1.3. Sols et climat ? Sols

Ils sont de type ferralitique oxydé et de couleur rougeâtre : c'est la terre de barre. De nature sableuse à sablo-argileuse en surface devenant argilo-sableuse en profondeur. Structure particulaire en surface à massive en profondeur, ces sols sont plus ou moins riches en concrétions ferrugineuses. Ce sont des sols propices aux cultures vivrières (maïs, manioc), aux plantations (palmeraie, teckeraie, etc.). Malheureusement, ils sont soumis à la surexploitation, au déboisement, à la suppression de la jachère, etc.

? Climat

Comme toute la partie méridionale du Togo, la ville de Tsévié est caractérisée par un climat tropical guinéen à quatre saisons. Ce climat est soumis à une particularité connue sous le nom d'anomalie climatique du Sud Togo. Le régime pluviométrique est marqué par deux saisons de pluies favorables à deux campagnes agricoles : une grande saison de pluies (mars à juin) et une petite saison de pluies (septembre à novembre). Ces deux saisons de pluies sont entrecoupées par une grande saison sèche (novembre à février) et une petite saison sèche (juillet à août).

Les moyennes annuelles de pluies varient entre 1000mm et 1200 mm d'eau par an. Le mois de juin est le mois le plus pluvieux de l'année. Cette pluviométrie est marquée par des anomalies caractérisées par une inégale répartition des

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pluies dans le temps et dans l'espace et par un début tardif ou précoce de la saison pluvieuse.

Ces anomalies pluviométriques sont si marquées au point de compromettre sérieusement les rendements agricoles car il est souvent difficile de déterminer avec précision la période favorable pour les semis. De plus, la mauvaise répartition des pluies dans le temps occasionne des inondations à cause de fortes averses qui peuvent se concentrer sur une courte durée.

La température moyenne annuelle est de 27,6°c. Les périodes de basses températures dans la région sont les mois de décembre-janvier (harmattan) et juillet-août (mousson). Les périodes les plus chaudes couvrent les mois de février-mars. On note une tendance générale à la hausse de la température ces dernières années.

Les principaux vents qui soufflent sont le harmattan et la mousson. Le harmattan est un vent frais et sec qui souffle du Nord-Est au Sud-Ouest de Décembre à Février tandis que la mousson, vent humide, souffle du Sud-Ouest vers le Nord-Est de juillet à août.

Des vents violents accompagnés d'averses annoncent le recul du Front Inter-Tropical (FIT) et le début de la saison pluvieuse. Les dégâts causés sur les infrastructures et les habitations par ces vents sont d'autant plus importants surtout avec le manque dans la région de végétation dense pouvant jouer le rôle de brise-vent.

1.1.4. Ressources en eau

Les ressources en eau sont reparties entre les eaux de surface et les eaux souterraines. La ville de Tsévié n'est drainée par aucun cours d'eau. Néanmoins, deux sous-bassins partagent ces principales eaux. Il s'agit du sous-bassin du

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Haho et de celui du Zio drainés respectivement par les cours d'eau Haho, Zio et leurs affluents.

Le Haho, long de 140 km prend sa source à Méliendoto avec des affluents tels que le Lili et le Yoto. Il draine le centre de la région. Long de 175 km, le Zio prend sa source entre Sodo et Elé au Mont Tibadia et draine l'ouest de la région avec un bassin versant de 2800 km2. Ces deux cours d'eau se jettent dans le Lac Togo.

Des activités agricoles et d'extraction de sable et de gravier sont menées le long des cours d'eau. La pression démographique a conduit à la destruction du couvert végétal de leurs rives (forêt-galerie).

En dehors de ces cours d'eau, le plateau de Tsévié dispose des nappes phréatiques qui font l'objet d'exploitation industrielle sous forme d'eau minérale. C'est aussi une de ces nappes phréatiques qui alimente la préfecture du Zio et une partie de Lomé en eau potable. Les eaux souterraines appartiennent aux nappes du bassin sédimentaire côtier.

1.1.5. Végétation et faune

Le couvert végétal le plus répandu est de type tropical fortement dégradé à cause de la pression démographique. On y rencontre de la savane arbustive. La faune est relativement rare.

1.2. Populations et cultures

La population de la commune de Tsévié est estimée à 54 474 habitants (INSEED_RGPH4, 2010). La population masculine est élevée à 25 637 et celle féminine à 28 837. Le nombre des ménages est de 14 453 (avec 14.433 de ménages ordinaires et 20 ménages collectifs). Les maisons ordinaires à plusieurs logements sont les plus nombreuses soit 71,7% des maisons de la commune,

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47,1% de chefs ménage sont des locataires, 4,6% seulement des ménages ont l'eau de robinet à la maison, plus de 40% des ménages n'ont pas d'électricité à domicile. Moins de 30% des ménages évacuent les ordures ménagères sur des dépotoirs reconnus ou à travers des structures de collectes. 6,7% des ménages font leur besoins dans la nature et la plupart de ces ménages évacuent les eaux usées dans les rues, dans les cours de maisons ou dans la nature. Ces données révèlent les problèmes de logement et d'insalubrité auxquels fait face la ville

D'une manière générale, sur le plan du peuplement, la ville de Tsévié se caractérise par les grands groupes ethniques reconnus comme autochtones dans la Région Maritime. Il s'agit des Ewé, des Mina, des Guins, des Ouatchi et des Adja, etc. A ce groupe, s'ajoutent presque tous les groupes ethniques des autres régions et des autres pays. Les allogènes sont constitués essentiellement des agriculteurs, des commerçants et des fonctionnaires ou des gens en quête du mieux-être dont certains ont pu s'établir définitivement. Parmi ceux-ci, on peut citer les Tem, Kabyè, Moba, Tchokossi, Losso, Bassar, Fon, Ana, Agnanga, Gourma, Yorouba, Zerma, Haoussa, etc.

Parlant des principales caractéristiques de l'habitat, le PDC (2015-2019) mentionne que le milieu urbain de Tsévié est caractérisé par un habitat groupé et très concentré du centre-ville vers les zones périphériques. La ville est marquée par une cohabitation du fait urbain avec des réalités vivantes typiques des zones rurales. Le cadre de développement de la ville n'est souvent pas bien respecté. Des occupations et des constructions anarchiques sont notées un peu partout dans la ville. Il est à signaler ici que, l'importance du permis de construire et du permis d'habiter est presque méconnue par la population. Le noyau ancien du coeur de la ville constitué des quartiers comme : Kpali, Agbalipe, Kpatefi, Wagba, Tsiapé, Weme, Hetsiavi, Didome, Assiama, N'Danyi, Adiakpo, etc. se distinguent par la vétusté des bâtiments et parfois par le manque ou l'étroitesse

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des voies d'accès. Par contre, les quartiers moins anciens sont plus aérés avec des constructions semi-modernes parsemées de résidences modernes, c'est le cas des quartiers comme : Daviémondji (Démé, Atitoé,) Dalavémodji (Apégnigbé), Boloumondji (Bléve), Mivakpo (CEG Ville I), N'Tifafa (Ville II), Djidjolé, Centrale, etc.

1.3. Histoire du peuplement

La version officielle connue de tout citoyen commun situe la création de Tsévié au 18ème siècle par les Ewé venus de Notsè, fuyant les sévices du roi AGOKOLI, jugé "sanguinaire" par ses sujets qu'il aurait enfermés dans une cité fortifiée par une muraille dénommée `'AGBOGBOME».

Ayant réussi à s'évader de la muraille, ce peuple observe une première escale à Gamé au Nord de Tsévié d'où certains se seraient dirigés vers l'ouest et d'autres vers le sud. Le groupe du sud conduit par SRI et son oncle maternel WENYA quittant Gamé se seraient arrêtés en un 1er lieu pour se reposer. Ce lieu sera appelé plus tard »AGBALIPE», un village devenu un quartier de Tsévié (ce qui veut dire littéralement « l'endroit où on a enraciné les bagages de voyage »). Arrivé sur le lieu qui donne aujourd'hui le nom `'TSEVIE» à la ville, les Ewé ont semé du haricot. Une partie de la délégation est resté sur les lieux. Les autres membres de la délégation conduite par Togbui WENYA ont continué le voyage sur le Ghana. Depuis le Ghana, Togbui WENYA qui conduisait la délégation a envoyé un émissaire en la personne de son neveu SRI vers le vieux KPA pour s'enquérir de ses nouvelles et lui demander de les rejoindre. La première fois, il a répondu qu'il a semé du haricot qui arrive à la floraison et il attend qu'il produise un peu : « AYIA NE TSE VIE ». D'où l'origine du nom Tsévié donné à l'ensemble de ces agglomérations dans le temps.

Le milieu cantonal de Tsévié est devenu une commune de plein exercice depuis le 04 Février 1960.

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1.4. Organisation économique

La vie économique de la commune de Tsévié est marquée par la coexistence des trois secteurs d'activités. Cependant, il est fort remarquable que la majorité des habitants de Tsévié s'adonnent au commerce et au travail de la terre. Les principales cultures sont le maïs, le haricot, l'igname, le manioc. Les palmiers et quelques fruitiers sont en abondance aussi dans le milieu. Les éleveurs de la commune de Tsévié consacrent essentiellement leur énergie à l'élevage des bovins, des caprins, des ovins, des porcins, des poulets de chair et des pondeuses. Le monde artisanal de la commune est animé par plusieurs corps de métiers (ce qui justifie la présence de la Chambre Régionale des Métiers dans cette commune) à savoir la menuiserie, la couture, la coiffure, la mécanique et bien d'autres et constitue le deuxième pourvoyeur d'emplois dans la commune après l'agriculture. On compte aussi des fonctionnaires d'Etat et des agents de services privés dans la ville.

Des unités d'industrie locale sont aussi présentes dans la ville et sont spécialisées dans la fabrication du savon local et de l'huile de palme.

La ville dispose d'un grand marché moderne qui véhicule les denrées alimentaires, les vêtements et autres produits manufacturés. Ce marché constitue un vrai poumon économique pour la ville et un grand carrefour des échanges commerciaux, de par sa proximité de Lomé, la capitale togolaise, des autres localités et des préfectures voisines. Il permet ainsi l'amélioration des conditions de vie des ménages.

On y rencontre aussi des institutions financières telles les banques et les micro-finances. Au titre des banques, on peut citer Ecobank, Orabank, la Banque Togolaise pour le Commerce et l'Industrie (BTCI), l'Union Togolaise des Banques (UTB). Les micro-finances présentes dans la commune sont autres la Faîtière des Unités Coopératives d'Epargne de Crédit du Togo (FUCEC Togo),

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Mutuelle Akwaba, la Coopérative d'Epargne et de Crédit des Assemblés de Dieu (COOPEC AD), la Faîtière des Entités des Caisses d'Epargne de Crédit des Associations Villageoises (FECECAV).

1.5. Organisation socio-politique et pouvoirs locaux

Dans la commune de Tsévié, on trouve un chef canton et des chefs de quartier qui coiffent tous les quartiers composant la ville. Ces chefs sont assistés par des notables. Dans les quartiers, on rencontre des CDQ (Comités de Développement du Quartier) qui ont pour mission de faire la promotion du développement local. On compte au total près de 28 quartiers dans la ville, donc 28 CDQ. Ceux-ci se sont regroupés dans une faitière appelée « Comité de Développement de la Ville de Tsévié (CDVT) ».

Les chefs (de quartiers et celui du canton) sont localement appelés « Togbui ». L'actuel chef canton (appelé encore chef de la ville) est Togbui Komlan Agbessi PASSAH FOLLY VIII.

On distingue aussi des « Dzumegan » et « Kumegan » qui sont des pouvoirs locaux dans le milieu. Leur influence dans les quartiers agit souvent sur certaines prises de décisions.

La vie politique de la localité est animée par différents partis politiques. Les populations restent mobilisées et ont un intérêt pour la politique surtout en période électorale. De nos jours, les partis politiques comme UNIR (Union pour la République), UFC (Union des Forces pour le Changement), ANC (Alliance Nationale pour le Changement), PNP (Parti National Panafricain) CAR (Comité d'Action pour le Renouveau) et le CRAD (Cercle de Réflexion d'Action pour le Développement) sont les plus visibles et disposent chacun de leur siège dans le milieu.

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Sur le plan administratif on note la présence des services déconcentrés de l'Etat notamment les directions régionales et préfectorales (santé, actions sociales, environnement, agriculture, éducation à différents niveaux, hygiène et assainissement...) et des inspections de l'enseignement, des sports et loisirs. La commune de Tsévié étant chef-lieu de la région maritime, elle renferme presque tous les services déconcentrés de la région.

La commune de Tsévié à l'instar de toutes les collectivités locales au Togo, n'exerce pas encore toutes ses compétences faute de transfert effectif. Elle dispose bien d'une mairie.

La gestion administrative de cette mairie est assumée par le président de la délégation spéciale, son adjoint, le secrétaire général et cinq (5) services techniques. La plus haute instance décisionnelle de la mairie est le conseil municipal. Selon le schéma organisationnel actuel de la mairie, mis à part le Conseil Municipal, le Président de la Délégation Spéciale, son Adjoint, le Secrétariat Particulier du Maire, le Secrétariat Général et le pool dactylographie, les activités opérationnelles sont organisées en cinq services à savoir : le service topographie ; la voirie (agents temporaires, gardiens, etc.) ; la comptabilité (gère également les chauffeurs) ; la cellule de communication et l'état civil. Ce dispositif est organisé par le Secrétariat Général sous la direction du Président de la Délégation Spéciale qui joue le rôle de l'Exécutif en collaboration avec les autres conseillers municipaux. Ces services sont sous la coordination directe du Secrétaire Général (SG) et l'ensemble est dirigé par le président de la délégation spéciale et son adjoint.

Le milieu cantonal de Tsévié étant devenu une commune de plein exercice depuis le 04 Février 1960, il compte à ce jour 28 quartiers. En effet, le 13 Février 1952, la Mairie de Tsévié était une commune mixte sous la gouvernance de l'administrateur des colonies, cercle de Tsévié, M. Michel PAILLERE. Ainsi,

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de 1952 à 1959, sept (07) administrateurs français ont géré la municipalité de Tsévié. Le 09 Mai 1959, M. Joachin HOULEDE, ancien ministre, devenait le premier togolais administrateur de la mairie de Tsévié, circonscription de Tsévié jusqu'au 04 Février 1960 avant que M. Seth PASSAH devienne le Maire de la commune de plein exercice de Tsévié.

En somme, de Michel PAILLERE premier administrateur à M. Bruno LOGLO, actuel Président de la Délégation Spéciale(PDS), 23 éminentes personnes ont conduit la destinée de la mairie de Tsévié. L'actuel Conseil est la 3ème Délégation Spéciale nommée pour la commune de Tsévié.

1.6. Organisation religieuse

La ville de Tsévié est un milieu de prédilection pour toutes sortes de croyances. On y rencontre la religion traditionnelle africaine et les religions importées comme le Christianisme, l'islam, le bouddhisme, etc.

Il y a une multitude d'autres dénominations chrétiennes dont la plupart sont qualifiées d'églises spirituelles ou révélées.

1.7. Histoire et champ du développement : acteurs, politiques et

programmes

La commune de Tsévié s'est développée ces dernières années sur plusieurs plans, ceci grâce à la concertation d'un certain nombre d'acteurs et la présence de divers projets et programmes de développement.

D'abord l'existence de plusieurs structures ont permis d'amorcer au niveau local, une croissance économique et d'améliorer les conditions de vie des individus.

Dans le domaine de l'éducation, la commune dispose d'un nombre considérable d'établissements scolaires, allant du préscolaire au lycée. On comptait en 2014,

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42 écoles primaires .Ces établissements sont d'ordres publics, privés laïques ou confessionnels. Tsévié dispose aussi de 5 CEG et de 3 lycées d'enseignement général et technique. Ces écoles ne disposent pas pour la plupart, des ouvrages d'eau potable et d'assainissement.

Dans le secteur de la santé, les infrastructures sanitaires qui existent dans la commune sont insuffisamment équipées. On y retrouve un CHR, une polyclinique et des cliniques privées et un Centre d'Accueil, d'Ecoute et de Documentation des Jeunes et Adolescents qui est un centre de dépistage et de prise en charge psycho-sociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA. On retrouve également deux centres médicaux sociaux et deux cabinets médicaux. Pour les pharmacies, on a une pharmacie d'état incorporée au CHR, un dépôt de pharmacie et deux pharmacies privées et une pharmacie chinoise.

En ce qui concerne le secteur Eau et assainissement, il faut noter que d'importantes actions restent à faire. L'eau potable est fournie par la TdE. Les populations s'approvisionnent aussi auprès des forages. L'assainissement est pris en compte par le service Hygiène et Assainissement de la Polyclinique.

Le domaine des Sports, Culture et Loisirs concourt aussi au développement de la commune. Le football est le principal sport pratiqué par les jeunes dans la commune de Tsévié. En dehors de « Espoir FC » qui est l'équipe préfectorale, on compte au moins une équipe dans chaque quartier. Même une équipe féminine a été formée dans la ville. Il s'agit de l'équipe « Ange ». La commune est dotée d'un stade nommé « stade Dr KAOLO » mais il existe également des terrains de jeux dans certains établissements scolaires. On note aussi la pratique des sports comme la basket, le volley-ball. Bien que le sport, principalement le football, soit largement pratiqué dans la commune, on note l'état vétuste du stade, l'inexistence de terrain dans les quartiers et l'insuffisance des équipements...

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Le tourisme et les loisirs sont peu développés, mais la commune dispose de plusieurs atouts pour développer ce secteur. On note l'existence de certains sites historiques comme des forêts sacrées qui pourront être réaménagées pour attirer des visiteurs. On note également la présence des hôtels, auberges et maquis pour l'accueil des touristes et pour les loisirs. Plusieurs groupes folkloriques font leur prestation dans la ville ainsi que des clubs de théâtre pour les jeunes, des associations de théâtre et de Ballet pour femmes dans leurs quartiers. Une fête traditionnelle dénommée AYIZAN est également célébrée chaque année dans le mois d'Août.

Sur le plan de l'électricité, le principal fournisseur d'énergie dans la ville est la CEET. Des lignes électriques sont installées sur les divers axes principaux, surtout sur la Nationale N°1, sur la route Tsévié-Tabligbo et sur certaines rues à l'intérieur de la ville. Cependant, la fourniture en énergie électrique reste très insuffisante. Le problème de baisse de tensions et celui de délestages sont très récurrents. L'insuffisance d'éclairage public est très sensible dans la ville. Le phénomène de `'toiles d'araignées» (branchement illicite) prend de l'ampleur à cause du coût élevé des raccordements, surtout si les poteaux sont distants des concessions. Les forages d'eau fonctionnant avec l'énergie électrique, lorsque les délestages ont lieu souvent, ce sont en même temps des coupures d'eau qu'on observe constamment un peu partout dans la commune.

Sur le plan environnemental, la commune de Tsévié dispose d'un certain nombre d'atouts comme de l'existence de trois (3) forêts sacrées : Vové, Kpondjévé et Vouyokpo, seulement ces forêts sont en phase de dégradation. Ces sites pourraient être réaménagés comme parcs d'attractions pour une plus meilleure valorisation. La commune dispose également d'un jardin public, la place Maman N'Danida et de quelques jardins privés. On note aussi la présence de plantations privées, publiques et confessionnelles. Deux pépinières

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forestières sont également identifiées, une privée et l'autre publique. Outre ces atouts, la commune est confrontée à un réel problème de déforestation qui prend de l'ampleur au profit de nouvelles habitations et de bois de chauffe et de charbon à usage domestique. Certaines espèces d'arbres sont en voie de disparition, les rues des quartiers et même les places publiques sont dépourvues d'arbres à ombrage.

Les structures telles que AGAIB (qui a pour but de renforcer la capacité d'action des communautés locales), AIDES-Afrique (spécialisée dans les domaines sociaux tels que la protection sociale/assurance maladie et environnementaux), Plan international Togo (qui oeuvre dans le domaine de l'éducation, de la santé de la reproduction et dans le renforcement des capacités des populations),et le Programme d'Appuis et de Soutien aux Enfants Orphelins de la Région Maritime, sont quelques-unes qui oeuvrent dans la commune en tant qu'organisations de la société civile.

Les programmes et projets tels que FAIEJ, le PRODEB, le FNFI sont ceux de l'Etat qui permettent aux jeunes et aux femmes de bénéficier des appuis de l'Etat et de se doter des moyens à mettre en place leurs propres activités entrepreneuriales. Le Projet PEAT 2, qui consiste à faire la promotion du branchement au réseau de la TdE et à consolider l'assainissement est aussi en cours dans le milieu.

La commune dispose elle-même d'un plan quinquennal de développement (2015-2019) dans lequel les acteurs communaux ont consacré une place à l'accès à l'eau (PDC-Tsévié 2015-2019, Axe3.2 : Amélioration de l'accès à l'eau potable, à l'hygiène et à l'assainissement).

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Titre 2 : Enquête de terrain

Dans son travail, le chercheur doit avoir connaissance de la population visée par son étude, des informateurs adéquats, et devra disposer de techniques de collecte appropriées. Ainsi dans ce titre, nous ferons la lumière sur la population cible, le paysage des enquêtés et l'échantillonnage, les outils de collecte et leurs supports, le déroulement de l'enquête et les difficultés rencontrées.

2.1. Population cible

D'après Giroux et Tremblay (2002), la population cible est l'ensemble des éléments auxquels le chercheur veut appliquer les conclusions de son étude. Elle est l'ensemble des individus sur lesquels porte notre recherche. Dans le cadre de cette étude, les ménages résidant dans la ville de Tsévié constituent notre cible. Ils sont les plus concernés par les difficultés d'accès à l'eau potable et ressentent plus les effets d'un tel phénomène.

Ces ménages nous ont renseigné sur les différentes questions que nous leur avions posées et se sont arrangés à nous répondre comme ils le peuvent. Rappelons cependant que ce n'est pas l'ensemble des ménages qu'il a fallu enquêter. Une taille représentative a été choisie à cet effet.

2.2. Paysage des enquêtés et échantillonnage

Sur le site de recherche, nous nous sommes renseignés chez des enquêtés dont le paysage est présenté ci-dessous.

2.2.1. Paysage des enquêtés

Les personnes qui nous ont renseignés se répartissent en deux catégories principales :

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-la cible : elle désigne les chefs de ménage (hommes ou femmes), ou leurs représentants, âgés de 20 ans et plus, et qui ont su répondre aux interrogations du questionnaire. Les chefs de ménages ont été privilégiés pour prendre en compte la maturité dans les réponses aux questions (degré de précision, de cohérence, et de justesse).

-les personnes ressources : il s'agit des informateurs qui nous ont renseignés sur les aspects du sujet de recherche et qui ont non seulement une influence dans la zone d'étude, mais aussi une parfaite connaissance de notre objet de recherche. Il s'agit du chef canton de Tsévié, trois(03) personnes travaillant à la polyclinique de Tsévié, et le président du Comité de Développement de la ville de Tsévié.

2.2.2. Echantillonnage

Pour Mugenda (2003), « la population de la recherche doit être réduite à l'échantillon qui représente le reste ». Dans cette optique, nous avions réduit la population d'étude à un certain nombre de personnes selon une technique appropriée.

L'effectif de la population cible de notre recherche est 14 453 ménages pour l'ensemble de la commune (RGPH4, 2010). Le taux de sondage (t) choisi est de 5 %o. La taille de l'échantillon (n) a donc été calculée selon la formule suivante : n=Nt.

n= 14 453 x 5 %o

n= 72,265 soit 72 personnes à enquêter.

Les quartiers s'élevant au nombre de 28 dans la commune, ils ont été regroupés en de "gros quartiers" pour prendre en compte la réalité de chaque milieu. Les

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quartiers pères dans lesquels nous avons associés les autres quartiers sont ceux de Hétsiavi, Dalavémondji, Daviémondji, Assiama et Boloumondji.

Les 72 enquêtés se répartissent selon les quartiers suivants :

- Daviémondji: 22 (dans lequel nous avons regroupé 6 autres quartiers) -Boloumondji : 10 (dans lequel nous avons regroupé 4 autres quartiers) -Dalavémondji : 19 (dans lequel nous avons regroupé 5 autres quartiers) -Assiama : 11 (dans lequel nous avons regroupé 4 autres quartiers) -Hétsiavi : 10 (dans lequel nous avons regroupé 4 autres quartiers) 2.3. Outils de collecte et leurs supports

Mugenda (2003), affirme que « le chercheur doit préparer les instruments à utiliser dans la collecte des données et les techniques d'analyse de ces données ». Pour répondre à cette recommandation, nous avions eu recours à des outils(ou techniques) qualitatifs et quantitatifs pour collecter les informations dont nous avons besoin pour réaliser nos objectifs. La recherche documentaire a également été une technique qui nous a permis de collecter les informations.

2.3.1. Les techniques qualitatives

Il s'agit des entretiens et des observations.

-les entretiens: ce sont des techniques qui nous ont permis de façon précise à avoir des informations chez les enquêtés selon qu'ils soient en groupe ou pris individuellement. Ils sont de deux types : les entretiens individuels et les focus group (entretiens de groupe). Les premiers ont été programmés pour être réalisés avec les personnes ressources. Les seconds ont été réalisés avec un groupe de 5 hommes et un groupe de 7 femmes.

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Les entretiens individuels ont comme support le guide d'entretien et les entretiens de groupes ont eu comme support le canevas de focus group.

-les observations : elles ont consisté à porter notre attention sur des faits, des espaces ou des phénomènes ayant un lien avec notre objet de recherche. Ainsi, à l'aide d'une grille d'observation comme support, nous avons pu observer 10 ouvrages d'eau et leurs états, les comportements autours des points d'eau, et les distances et temps effectués par certains ménages pour s'approvisionner en eau.

2.3.2. Les techniques quantitatives.

Pour avoir les informations transformables en données mesurables ou statistiques auprès de la population cible, nous avions procédé par une administration du questionnaire aux ménages de ladite population. Le questionnaire, en tant que support de cette technique, nous a permis de nous renseigner sur le profil des enquêtés, les difficultés rencontrées dans l'accès à l'eau potable, les effets de ces difficultés dans leurs vies, et les propositions de solutions durables.

2.3.3. La recherche documentaire

K. A. AMOUZOU(1996) affirmait : « une recherche n'est jamais tout à fait nouvelle. L'affirmer revient à afficher son ignorance. En examinant la littérature, il ne s'agit pas d'étaler tout son savoir en la matière, mais seulement de choisir celles des études qui fournissent une base de travail pour la recherche ». En analysant cette affirmation, on remarque que la recherche des documents peut contribuer largement à bien asseoir son sujet de recherche. Dans cette visée, des sources documentaires ont été consultées pour mieux renseigner ce travail de mémoire.

Pour rédiger ce travail de recherche qui est à la fois d'un caractère descriptif et analytique, une importante documentation nous a servi d'appui. La recherche

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documentaire est une approche qui a permis de faire une synthèse et un recoupement des différents documents qui s'insèrent dans notre étude. Cette documentation s'est faite sur la base d'ouvrages généraux, de rapports, de mémoires, d'articles, et par la consultation de sites internet, cette dernière étant de nos jours un puissant élément incontournable de recherche. La bibliothèque de l'Université de Lomé, les documents de planification de la mairie de Tsévié et du Togo, les rapports d'études nationales et internationales, et Internet ont été les constituants de cette technique de collecte de données.

2.4. Déroulement de l'enquête

L'enquête de terrain est cette partie importante de notre recherche qui a entraîné notre présence effective sur le site de recherche. Elle s'est déroulée en deux temps : la pré-enquête ou l'enquête exploratoire et l'enquête principale.

2.4.1. La pré-enquête

Du 08 au 22 février 2019, la pré-enquête a été effectuée dans le but de cerner de façon globale les contours du phénomène étudié et d'explorer l'espace géographique et social que touche notre sujet. Cette exploration a conduit à observer des espaces et faits constituant ainsi des données empiriques utiles à la formulation de l'énoncé du problème. Elle a permis de mieux préparer les outils de collecte et d'émettre des hypothèses de recherche. Elle a occasionné la recherche de nouveaux documents et sites internet pour enrichir et renseigner suffisamment notre travail, et de cibler déjà, les structures que nous aurons à visiter.

2.4.2. L'enquête principale

L'enquête principale s'est déroulée du 8 au 26 juillet 2019 et a consisté à effectuer une panoplie de tâches. Ces tâches sont entre autres le rituel d'insertion sociale et culturelle avec la chefferie traditionnelle de Tsévié, la présentation aux

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services déconcentrés ciblés par notre recherche et enfin, la réalisation des entretiens et l'administration des questionnaires.

Au cours de l'enquête, les objectifs que nous nous sommes fixés ont été les éléments qui nous ont guidés depuis les préalables jusqu'à la finitude de l'enquête.

Ainsi, du 8 au 13 juillet 2019, les quartiers pères Hétsiavi et Assiama ont été ceux dans lesquels les administrations de questionnaire se sont déroulées. Dans la semaine du 15 au 20 juillet, nous nous sommes tournés vers les quartiers Boloumondji et une partie de celui de Daviémondji. Dans la semaine du 22 au 26 juillet, nous avons achevé les enquêtes dans le quartier de Daviémondji et avions poursuivi avec le quartier de Dalavémondji. En ce qui concerne les entretiens, des rendez-vous étaient pris en commun accord avec les concernés et nous ont conduits à être en écoute attentive des enquêtés.

2.5. Difficultés rencontrées et leur résolution

Tout travail scientifique se trouve souvent heurté à des difficultés. Comme l'a bien mentionné Bachelard (1934) dans « le nouvel esprit scientifique », la recherche scientifique est une course à obstacles. Les difficultés rencontrées dans la réalisation de ce travail sont liées à au déroulement de l'enquête et à la maîtrise théorique du thème de recherche. Des résolutions ont été néanmoins trouvées pour surmonter ces difficultés et avancer dans le travail.

Par rapport au déroulement de l'enquête, on note la réticence de certains enquêtés à nous renseigner sur leur profil (identification des enquêtés). D'autres ont eu du mal à nous donner les informations sous prétexte que des enquêtes précédentes se sont réalisées sans qu'aucune action ne soit faite en retour pour résoudre le problème d'eau qu'ils vivent chaque jour. D'autres encore, nous ont confondus à des réalisateurs de projets d'ouvrage hydraulique ou même des

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agents envoyés par la TdE. Par ailleurs, l'enquête s'est déroulée dans la semaine qui a suivi les élections locales dans l'ensemble du pays. Cela a conduit à une méfiance de la part de la population à nous accueillir pour la collecte des données. En ce qui concerne l'entretien individuel à mener avec le chef agence de la TdE de Tsévié, il faut dire que les difficultés ont été importantes car il a fallu écrire un courrier d'autorisation de recueil d'informations adressées au Directeur Général de la TdE (à Lomé) qui n'a pas été répondu dans des temps appropriés. Malgré l'exigence du Directeur Général de fournir un questionnaire afférant aux informations recherchées, ce qui a été fait, l'autorisation de passer à l'Agence de la TdE n'a pas été reçue.

Pour contourner ces contraintes qui se sont posées en chemin, il a fallu d'une part, expliquer aux populations, l'objectif de l'enquête qui s'inscrit dans le cadre de rédaction d'un mémoire et donc à des fins académiques, et en les rassurant que leurs identités individuelles ne seront pas révélées dans les résultats de la présente recherche. Pour les informations recherchées auprès de la TdE, le recours à la polyclinique de Tsévié et à la mairie a été d'une grande aide, car c'est à ces niveaux que nous avons pu nous informer des actions entreprises précédemment pour la résolution du problème d'eau. Pour ce qui est de la maitrise théorique du sujet de mémoire, l'absence des documents ayant parlé en profondeur des effets ou conséquences des difficultés d'accès à l'eau potable a été un sérieux obstacle pour nous dès le début de ce travail. Aussi, la non-disponibilité des rapports de la Polyclinique de Tsévié due à une panne logistique pendant la période de l'enquête, a rendu difficile la recherche des maladies hydriques de la localité. Pour y faire face, nous avions fait recours à certains enseignants de l'Université de Lomé et au Directeur de mémoire pour nous indiquer des moyens alternatifs pour pallier une telle difficulté.

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DEUXIEME PARTIE :

RESULTATS DE RECHERCHE-ACTION

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CHAPITRE 1 : PRESENTATION ET ANALYSES DES DONNEES DE

TERRAIN

Dans ce chapitre, les données collectées lors de l'enquête sont exposées dans une optique descriptive et mathématique, puis expliquées de façon analytique et interprétative. Il comprend ainsi deux titres : la description de cas et présentation statistique des données (Titre 1) et l'analyse et l'interprétation des résultats (Titre 2).

Titre 1 : Description de cas et présentation statistiques données

La présentation des données collectées suivant la méthode qualitative et la quantitative fait l'objet de ce titre.

1.1. Description de cas (données qualitatives)

Les extraits d'entretiens (individuels et focus groupe) sont présentés ici suivant les thèmes abordés avec les enquêtés.

1.1.1. Les difficultés rencontrées par la population de Tsévié dans l'accès à l'eau

Les problèmes d'eau dans la ville de Tsévié sont abordés par plusieurs personnes ressources et s'accordent pratiquement sur un même avis. Parlant de ces problèmes, l'actuel président du Comité de Développement de la Ville de Tsévié affirme :

« les châteaux sont au nombre de deux et il y a un qui est en panne. Mais le problème est que la population de Tsévié s'agrandit chaque jour et le nombre de bornes fontaines demeure insuffisant...Au sein du Comité de développement de la ville, nous rencontrons des difficultés de partenariats et de financements pour les mini-projets d'adduction d'eau que nous rédigeons. Aussi, certains CDQ et les commissions spécialisées Eau-Hygiène-Assainissement sont démotivés dans cette affaire. Ces commissions spécialisées sont dysfonctionnelles dans certains quartiers ».

Extrait d'entretien individuel du 26 juillet 2019.

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Le chef canton quant à lui, affirme :

« le phénomène du manque d'eau se fait sentir plus en saison sèche. Vous allez voir, l'eau devient rougeâtre et cela conduit bon nombre de personnes à ne pas la consommer, quand bien même les agents de la TdE nous ont dit que cette eau est sans problème. Il y a aussi les longues coupures d'eau et cette année, la coupure a duré deux à trois semaines. Les gens peinent à se trouver de l'eau proche de leur maison ou dans leur maison».

Extrait d'entretien individuel du 26 juillet 2019

Selon les propos du surveillant général de la Section Hygiène et Assainissement de Base (SHAB) de la Polyclinique de Tsévié,

« la première contrainte dans l'accès à l'eau potable reste le fait que le réseau de la TdE ne soit pas élargi à tous les quartiers. La seconde difficulté est le coût très élevé des factures d'eau, obligeant certains ménages à faire usage des eaux de pluie ou des forages dont la qualité physico-chimique présente des doutes. La troisième contrainte est la nature colorée de l'eau faisant observer dans un récipient des particules lorsque l'eau est au repos. Cela conduit bon nombre de personnes à ne plus la boire. Enfin, il faut noter que le sol de Tsévié est rocailleux et ne permet donc pas, le creusage des puits à grands diamètres, capable de fournir une eau potable ».

Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019

Une femme âgée de 58 ans, affirme lors d'un entretien de groupe à Daviémondji avec d'autres femmes, ce qui suit :

« imaginez que nous payons l'eau à 100F le bidon de 25 litres, alors qu'on a besoin de plus que cela dans une journée. Nous les femmes, on a assez besoin d'eau pour nos travaux et notre douche. On n'a pas l'argent pour se connecter au réseau de la TdE, et les forages aussi coutent chers. Des fois on va jusqu'au quartier CENTRAL si les forages aussi ne marchent pas, et chaque année c'est le même problème ».

Extrait de focus group du 24 juillet 2019.

Pour recevoir l'avis de quelques hommes sur la situation qui prévaut, un groupe de chef de ménages, dans le quartier Dalavémondji a aussi été interviewé sur les difficultés rencontrées dans l'accès à l'eau. Un d'entre eux, qui est enseignant à la retraite s'est exprimé en ces termes :

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« Je ne sais pas pourquoi la couleur de l'eau reste toujours sale, et nos femmes ne pouvant pas l'utiliser vont chercher celle qui est propre pour la cuisson, le linge et la douche, dans des quartiers éloignés. C'est du "Pure Water" que nous utilisons pour la boisson et la cuisine en cas de pénurie ».

Extrait de focus group du 24 juillet 2019.

1.1.2. Les effets de l'accès difficile à l'eau potable dans la ville de Tsévié

Lors des entretiens individuels et focus groups, nous avons remarqué que le problème d'accès à l'eau engendre des effets sur la vie des habitants de Tsévié, surtout sur le plan sanitaire, économique et social. Les propos recueillis en témoignent fortement.

? Effets sociaux induits par l'accès difficile à l'eau potable

Une femme de 49 ans nous dit qu'elle et sa famille souffrent bel et bien du problème d'eau potable. Elle s'explique :

« quand l'eau devient rare, je ne peux rien faire. Avec quoi vous allez préparer la nourriture ? Boire, se laver, faire la vaisselle et s'occuper du linge sale deviennent impossibles. Or ces choses sont les besoins premiers de l'homme. » Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019.

Interrogée sur les conséquences qu'engendre le manque d'eau dans la ville, une revendeuse d'eau de forage, âgée de 21 ans, nous éclaire sur les comportements qui se présentent auprès du forage dont elle assure la gestion :

« lorsque l'eau de la TdE est coupée, les gens viennent s'approvisionner en nombre ici, et chaque soir, on assistait à des conflits liés au problème du premier venu. Un jeune lycéen a même tenu les cols d'un acheteur d'eau entre temps, car ce dernier voulait prendre sa place dans la file d'attente alors que le jeune lycéen devait se rendre à l'école. Si l'eau n'était pas coupée dans leurs maisons, ils ne se rencontreraient pas sous mon forage pour nous déranger » Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019.

Une jeune dame, âgée de 22 ans et pharmacienne dans la localité explique ce qui suit :

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« lorsque l'eau devient rare dans les robinets, les gens vont la chercher à des kilomètres, surtout dans les cantons qui font limites avec la commune. Ils reviennent fatigués et désespérés. L'année surpassée, un de mes collègues a fait un accident de route un jour quand il revenait de Lomé avec deux bidons d'eau sur la moto. C'est triste de voir qu'on met notre vie en jeu à cause de l'eau ». Extrait d'entretien individuel du 27 juillet 2019.

Le président du CDVT explique ces types d'effets en ces termes :

« les difficultés d'accès à une eau potable ont conduit à la prolifération des forages dont les eaux ne sont pas analysées et auxquels les populations s'adonnent en cas de manque».

Extrait d'entretien individuel du 26 juillet 2019.

Un homme de 30 ans en situation de handicap moteur, affirme :

« je dispose d'un bidon de 20 litres pour puiser l'eau au forage. Dès que j'y vais, je ne repars jamais vite et difficilement certains m'acceptent dans la file d'attente. Les gens m'oublient des fois même, et ceux qui viennent après moi, trouvent l'eau rapidement, et je reste toujours dans ma chaise roulante. Tout ceci parce que je n'ai pas mes deux jambes pour me mettre dans la file d'attente. Je quitte des fois les lieux sans puiser l'eau ».

Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019.

Les mêmes effets se sont fait remarquer dans les affirmations d'une femme de 61 ans, qui se faisait aider par des jeunes du quartier dans la recherche de l'eau. Elle dit :

« l'eau à Tsévié est un véritable problème. C'est rarement j'en trouve pour boire. Je ne me lave plus correctement, et je suis devenue sèche. Pour cela, je mets une serviette dans le peu d'eau dont je dispose pour essuyer ma peau, une fois par jour ou une fois tous les deux jours. Quand je vais à la pompe en cas de pénurie, je reviens tardivement car je n'ai pas de force pour bousculer la file d'attente comme les autres. C'est difficilement je marche avec l'eau sur la tête. »

Extrait d'entretien du 25 juillet 2019

Dans la recherche des effets sociaux, une musulmane âgée de 35 ans affirme que les difficultés d'accès à l'eau ont occasionné dans son milieu, il y a de cela trois ans, une mésentente entre certains musulmans et les non-musulmans :

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« à côté de la mosquée d'en face, il y avait un ouvrage d'eau que la Turquie a offert à la communauté musulmane. Avec le temps, les non-musulmans ont commencé par l'utiliser jusqu'au moment où ils voulaient s'accaparer de la gestion de l'eau, car ils s'estiment autochtones. Il y a eu de vraies disputes à tel point qu'on a réduit l'accès à cette eau seulement aux musulmans. Les bagarres entre musulmans et non musulmans pendant ces temps ont été sérieuses. » Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019

? Les effets sanitaires induits par les difficultés d'accès à l'eau potable

Les difficultés d'accès à l'eau potable augmentent les risques sanitaires chez les populations. Lorsque l'eau potable devient rare, les populations cherchent des moyens alternatifs pour s'approvisionner, ce qui n'arrange pas souvent leur santé.

Ainsi, pour le surveillant Général de la SHAB de la Polyclinique :

« les habitants de la ville sont obligés de faire des impluviums dans leur maison pour recueillir l'eau de pluie. Cette eau non traitée, entraine la survenue des maladies liées à l'eau. D'abord l'eau de pluie n'est pas bonne à boire, ensuite les insectes et poussière qui restent dans ces impluviums contribuent largement à la dégradation de la santé chez les populations ». Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019.

Le Surveillant Général de la Polyclinique de Tsévié, assistant médical, renchérit en disant :

« les maladies liées à l'eau sont souvent enregistrées ici. Elles ont fait partie l'année dernière des dix premières causes de consultations. Dernièrement, celles reçues sont la dysenterie amibienne, la gastroentérite et l'amibiase ». Extrait d'entretien individuel du 25 juillet 2019.

Pour le président du CDVT, quand l'accès à l'eau devient difficile,

« les populations de Tsévié font recours à l'utilisation de l'eau de pluie, ou à des forages qui n'ont pas leur eau analysée. Cela peut entrainer les maladies liées à l'eau, et rendre encore plus difficile la vie à la population »

Extrait d'entretien individuel du 26 juillet 2019

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? Les effets économiques induits par l'accès difficile à l'eau potable

Les personnes ressources ont révélé que l'accès difficile à l'eau pèse économiquement sur les ménages. Que ce soit le chef de la ville, le président du CDVT, ou encore l'ingénieur d'hygiène de la polyclinique de Tsévié, chacun a eu à relever dans ses propos un aspect économique des effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable.

Pour le chef de la ville, les effets économiques sont d'une vraie réalité :

« ....Evidemment qu'il y a des effets sur la population au plan économique. Lorsque la coupure ou la couleur de l'eau deviennent des problèmes, les gens mettent la main dans leur poche pour chercher un moyen de déplacement pour aller trouver de l'eau ailleurs. L'eau devient aussi chère pendant ces temps et ça conduit les gens à faire des dépenses élevées juste à cause de l'eau. ». Extrait d'entretien individuel du 26 juillet 2019.

Aussi, un agent de santé travaillant à la Polyclinique de Tsévié, s'exprime en ces termes :

« Les coûts inhérents au traitement des maladies liées à l'eau font partie des effets économiques que l'accès difficile à l'eau propre peut entraîner. Les gens dépensent pour trouver de l'eau à boire, et cette eau les conduit à dépenser de nouveau pour lutter contre les maladies qu'elle a causées ».

Extrait d'entretien du 25 juillet 2019.

Une revendeuse de denrées alimentaires estime lors d'un focus group que c'est parce que l'eau a tant manqué qu'elle n'arrivait plus à joindre les deux bouts. Elle dit :

« je vends du riz à manger au bord de la route. S'il n'y a pas d'eau potable, je ne peux pas préparer et vendre. Lorsque l'eau est coupée ou est sale, je ne sais plus avec quoi faire mon commerce. La vente de mon riz est basée sur l'eau et son absence m'a beaucoup fait perdre de l'argent et des clients. Si l'eau était là permanemment, je suis sûre que j'aurai plein de bénéfices que ce que je perçois actuellement »

Extrait de focus group du 26 juillet 2019.

65

1.2. Présentation statistique des données (données qualitatives)

Dans ce sous-titre, les données collectées à base du questionnaire sont présentées sous forme statistique, avec des tableaux et graphiques en l'occurrence.

1.2.1. Profil des enquêtés

? Tableau 3: Répartition des enquêtés selon le sexe

SEXE

Effectif

Pourcentage (%)

Masculin

29

40

Féminin

43

60

TOTAL

72

100

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

D'après ce tableau, il ressort que la majorité de nos enquêtés est constituée de femmes. Elles font un effectif de 60% contre 40% des hommes.

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 5: Répartition des enquêtés par tranche d'âge

66

La figure 5 montre que la plupart des personnes enquêtées sont âgées de 40 ans et plus, représentant 40,3% de la taille de l'échantillon. 24 autres personnes (soit 33,3%) ont leur âge compris entre 30 et 40, et les 19 restants ont leur âge appartenant à la jeune tranche d'âge de 20 à 30ans.

? Tableau 4: Répartition des enquêtés selon la profession exercée

Profession

Effectif

Pourcentage (%)

Agriculteur

5

6,9

Commerçant/Artisan

31

43,1

Enseignant

4

5,6

Etudiant/Elève

10

13,9

Personnel de santé

1

1,4

Autres

21

29,2

TOTAL

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Dans ce tableau, on remarque que la profession la plus représentée est celle des commerçant/artisan, rassemblant 31 enquêtés. Les étudiants/élèves, agriculteurs, enseignants et personnel de santé font respectivement des effectifs de 10 ; 5 ; 4 et 1. 21 enquêtés exercent des professions non mentionnées sur le questionnaire.

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 6 : Répartition des enquêtés selon le statut matrimonial

67

La figure ci-dessus montre que sur les 72 enquêtés, 52 personnes sont mariées, soit un pourcentage de 72,2%. Les célibataires en nombre de 18, font un pourcentage de 25%. On compte aussi une veuve et un divorcé, faisant chacun 1,4% des enquêtés.

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 7 : Répartition des enquêtés selon la taille de la famille d'appartenance

D'après cette figure, on constate que 47,2% des enquêtés (soit 34) appartiennent à des familles dont la taille est comprise entre 1et 5membres ; 43,1% des enquêtés (soit 31) appartiennent à des familles dont la taille est comprise entre 6 et 10. Et, 9,7% des enquêtés (donc 7) sont membres des familles composées de plus de 10 personnes.

68

? Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon le niveau d'instruction

Niveau d'instruction

Effectif

Pourcentage (%)

Primaire

11

15,3

Collège

14

19,4

Lycée

15

20,8

Supérieur

12

16,7

Alphabétisé

3

4,2

Analphabète

17

23,6

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Le tableau 5 montre la distribution des enquêtés selon le niveau d'instruction. Selon ses données, 11 personnes ont le niveau primaire (15,3%), 14 ont fait le collège(19,4), 15 le lycée (20,8%), 12 qui ont un niveau supérieur (16,7%), 3 qui ont été alphabétisés (4,2%), et 17 qui sont analphabètes (23,6%).

1.2.2. Les difficultés rencontrées dans l'accès à l'eau potable

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 8 : Répartition des enquêtés selon les sources d'approvisionnement en eau utilisées.

69

Selon cette figure, on constate que les sources d'eau fréquemment utilisées par les ménages sont le forage (26 enquêtés soit 36,1%), l'eau de la TdE (20 enquêtés soit 27,8%) ou la combinaison des deux (24 enquêtés soit 33,3%). Un autre enquêté (1,4%) mentionne la borne fontaine comme source d'approvisionnement. Puits et rivières n'ont été mentionnés par les enquêtés. Seule une personne (1,4%) estime avoir comme seule source d'approvisionnement en eau de boisson, de l'eau dite « minérale » pour la boisson, communément appelée « Pure Water ».

? Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon qu'ils stockent ou non l'eau de pluie pour les usages domestiques et sanitaires

Stockage de l'eau de pluie

Effectif

Pourcentage (%)

Oui

68

94,4

Non

4

5,6

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Le tableau 6 montre que 5,6% des enquêtés ont leurs ménages qui ne stockent pas de l'eau de pluie pour les usages sanitaires et domestiques. Les 94,4% le font régulièrement.

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

15,3%

4,2%

80,6%

Oui

Non

Ne sait pas

70

Figure 9 : Répartition des enquêtés selon qu'ils rencontrent ou non des difficultés d'accès à l'eau potable

D'après cette figure, on constate que 80,6% des enquêtés soit 58 ont affirmé qu'ils rencontrent des difficultés dans l'accès à l'eau. 15,3% (soit 11) estiment qu'ils n'en rencontrent pas et 3 ne savent pas (4,2%).

? Tableau 7 : Répartition des enquêtés selon la distance à laquelle ils s'approvisionnent en eau de boisson

Distance

Effectif

Pourcentage (%)

A la maison

13

18,1

A moins 200 m

32

44,4

Entre 200m et 1km

24

33,3

Plus de 1km

3

4,2

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

D'après le tableau 7, on constate que 18,1 % des enquêtés(13) s'approvisionnent à la maison, 44,4% des personnes enquêtées (soit 32) s'approvisionnent à une distance n'atteignant pas 200 mètres. 33,3% des enquêtés soit 24, s'approvisionnent en eau sur une distance comprise entre 200 et 1000 mètres. Les trois autres enquêtés s'approvisionnent sur une distance de plus d'un

71

kilomètre. En d'autres termes, 37,5% des enquêtés soit 27 ménages sur les 72 abordés s'approvisionnent sur une distance dépassant les 200mètres.

Très cher Cher Moins cher Ne sait pas

37,5

23,6

1,4

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

37,5

Figure 10 : Répartition des enquêtés selon la perception du prix de l'eau D'après ce graphique, il ressort de l'enquête que 27 personnes soit 37,5% des enquêtés ont trouvé l'eau de boisson cher et 27 autres (37,5%) la trouvent très cher. 17 des enquêtés (23,6%) pensent que l'eau est accessible à un cout moins cher. Un enquêté n'a pas d'avis sur le prix de l'eau.

72

? Tableau 8 : Répartition des enquêtés selon la perception de la qualité de l'eau par source d'approvisionnement

Sources Qualité

Borne Fontaine

Forages

TdE

TdE et Forage

Autres

Total général

Pourcentage (%)

Bonne

0

17

5

4

0

26

36,1

Mauvaise

1

7

11

18

1

38

52,8

Très Mauvaise

0

2

4

1

0

7

9,7

Ne sait pas

0

0

0

1

0

1

1,4

Total général

1

26

20

24

1

72

100,0

Pourcentage(%)

1,4

36,1

27,8

33,3

1,4

100,0

 

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Le tableau 8 expose la distribution des enquêtés selon qu'ils perçoivent la qualité de l'eau de la source d'approvisionnement comme étant bonne, mauvaise, ou très mauvaise. Sur les 26 qui s'approvisionnent seulement aux forages, 17 trouvent que l'eau est bonne, 7 la trouvent mauvaise et 2 très mauvaise. Parmi les 20 qui utilisent uniquement l'eau de la TdE, 5 estiment que la qualité de l'eau est bonne, 11 affirment qu'elle est mauvaise et 4 pensent qu'elle est très mauvaise. Pour les 24 qui combinent l'eau de la TdE et celle des forages, 4 estiment que leur qualité est bonne, 18 répondent qu'elle est mauvaise, et 1 pense que la qualité est très mauvaise. Un enquêté qui utilise une autre source d'eau estime que sa qualité est mauvaise.

On remarque que près de 53% des enquêtés (38) qualifient leur eau d'approvisionnement de mauvaise qualité, et environ 10% la trouve très

73

mauvaise(7). 36% d'entre eux, soit 26, trouvent que l'eau a une bonne qualité. Un enquêté n'a pas d'opinion sur la qualité de l'eau.

N'est pas pertubée

Autres

Arrêt brusque et baisse de pression

Baisse de pression régulière

Arrêt brusque de la sortie de l'eau pendant plusieurs

jours

4,2

1,4

19,4

15,3

59,7

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 11 : Répartition des enquêtés selon la manière dont la fourniture de l'eau est perturbée ou non.

D'après l'enquête, 95,8% des enquêtés ont estimé que la fourniture de l'eau est perturbée dans la ville de Tsévié. Selon la figure 11, on constate que parmi ceux-ci, 43 ont estimé que la fourniture de l'eau est perturbée par des arrêts brusques de sa sortie qui durent plusieurs jours (59,7% des enquêtés). 11 autres ont répondu que la perturbation de la fourniture de l'eau se manifeste par la baisse de pression régulière (15,3%). 19,4% des enquêtés(14) trouvent que la fourniture de l'eau est perturbée à la fois par des arrêts brusques de la sortie de l'eau et des baisses de pression. Une personne sur les 72 enquêtés a trouvé que l'eau est perturbée dans sa fourniture par un autre facteur : la panne des ouvrages. La figure montre aussi que 4,2% des enquêtés (soit 03) ont répondu que la fourniture de l'eau n'est pas perturbée.

74

1.2.3. Les effets sanitaires, sociaux et économiques liés aux difficultés d'accès à l'eau potable

? Tableau 9 : Répartition des enquêtés selon que les difficultés d'accès à l'eau potable ont sur eux des effets ou non

Effets de l'accès difficile à l'eau potable

Effectif

Pourcentage (%)

Oui

53

73,6

Non

6

8,3

Ne sait pas

13

18,1

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Selon le tableau 9; 53 enquêtés affirment que les difficultés d'accès à l'eau potable ont des effets sur leur vie et celle des autres membres de leurs ménages. Ceux-ci représentent 73,6% des personnes enquêtés. 6 enquêtés estiment que ces difficultés n'ont pas d'effet sur leur vie (8,3%). D'autres en nombre de 13, ne savent pas si ces difficultés d'accès à l'eau potable ont sur eux un effet ou non.

1.2.3.1. Effets sanitaires

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 12: Répartition des enquêtés selon que la distance parcourue pour le ravitaillement les épuise ou non.

75

D'après cette présentation de la figure 12, 41 enquêtés (56,9%) ont leurs ménages qui se fatiguent après approvisionnement en eau. 9 autres (12,5%) ne ressentent pas dans leurs ménages un tel épuisement physiologique après ravitaillement en eau. 22 enquêtés (30,6%) ne savent pas si la fatigue apparait ou non après que les gens de leurs ménages soient ravitaillés en eau.

? Tableau 10 : Répartition des enquêtés selon que l'eau consommée entraine ou non des maladies liées à l'eau dans leurs ménages

Maladies hydriques dues à l'eau consommée

Effectif

Pourcentage(%)

Oui

41

56,9

Non

16

22,2

Ne sait pas

15

20,8

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Ce tableau rend compte des avis des chefs de ménages ou de leurs représentants, sur le fait que l'eau de boisson soit pour eux, une source de maladies ou non. Ainsi, 41 enquêtés ont affirmé que l'eau de boisson constitue pour eux une source de maladies hydriques. 16 ont répondu que l'eau consommée n'affecte pas leur santé et 15 autres n'ont pas de réponses pour cette question.

76

1.2.3.2. Les effets sociaux

Soif et
difficultés de
faire la
cuisine

4

Soins de

toitelles et

lessives

impossibles

6

Les deux

premières

propositions

60

Autres

0 0

Ne sait pas

Pas d'effets

2

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 13 : Répartition des enquêtés selon les effets posés par l'accès difficile à l'eau sur la satisfaction des besoins vitaux

Suivant la figure 13, 70 enquêtés, soit 97,2%, ont estimé que l'accès difficile à l'eau empêche à satisfaire certains des besoins vitaux dans leurs ménages. 4 enquêtés mentionnent la soif et les difficultés de préparer les aliments (5,6%), 6 parlent des soins de toilettes et des lessives impossibles à faire(8,3%), et 60 répondent que la soif et les difficultés de faire la cuisine, ajoutées aux soins de toilettes et lessives impossibles, sont les conséquences qu'engendre l'accès difficile à l'eau potable sur la satisfaction des besoins vitaux dans leurs

SourceFigure: 14quête: e Réprtitionterrain-Juille 019des enquêtés selon les

conséquences de l'accès difficile à l'eau potable sur la vie scolaire des élèves

77

ménages(83,3%). 02 enquêtés (2,4%) répondent qu'ils ne ressentent pas d'effets sur la satisfaction de leurs besoins vitaux.

? Tableau 11 : Répartition des enquêtés selon le fait qu'ils constatent des enfants qui vont à la recherche de l'eau avant d'aller à l'école.

Recherche de l'eau par les élèves avant d'aller à l'école

Effectif

Pourcentage(%)

Oui

38

52,8

Non

22

30,6

Ne sait pas

12

16,7

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

 
 
 
 
 

27,8

 
 

Ne sait pas

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Non concentration

lors des cours

 
 

12,5

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Abandon scolaire

 
 

1,4

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

18,1

 
 

Absence au cours

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

40,3

Retard à l'école

 
 
 

Source : Enquête de terrain-Juillet

D'après ce tableau, on perçoit que près de 53% des enquêtés rencontrent des enfants qui vont souvent à la recherche de l'eau avant de se rendre à l'école. Environ 30% n'ont pas fait ce constat et presque 17% des enquêtés n'ont pas d'avis

78

De la figure 14, il ressort que le retard à l'école ait été la conséquence la plus choisie par les enquêtés avec un pourcentage de 40,3%, soit par 29 enquêtés. Pour 18,1% des enquêtés (13), l'absence au cours constitue la conséquence de l'accès difficile à l'eau sur la vie scolaire des enfants et 1,4% pense à l'abandon scolaire(1). 12,5% des enquêtés(9) ont proposé la non concentration lors des cours. Les 20 autres enquêtés (27,8%), ne savent pas les conséquences de l'accès difficile à l'eau sur la vie scolaire des enfants.

? Tableau 12 : Répartition des enquêtés selon que les conflits sociaux soient engendrés par les moments d'accès difficile d'eau dans la ville de Tsévié

Conflits sociaux engendrés par les difficultés d'accès à l'eau potable

Effectif

Pourcentage (%)

Conflits au bord des points d'eau

34

47,2

Quartiers et groupes en Mésententes

13

18,1

Autres

3

4,2

Ne sait pas

12

16,7

Pas de conflit

10

13,9

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

D'après ce tableau, on remarque que 13,9% des enquêtés(10) estiment qu'il n'y a aucun conflit social résultant de l'accès difficile à l'eau à Tsévié. 69,4% des enquêtés(50) ont répondu que des conflits naissent souvent lorsque l'accès à l'eau devient difficile. Ainsi, les conflits au bord des points d'eau, des groupes et quartiers en mésententes et d'autres raisons ont été mentionnés par respectivement 47,2% ; 18,1% et 4,2% des enquêtés (34 ; 13 et 3). Pour la même question, 16,7 % des enquêtés(12) n'ont pas d'opinion.

79

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

Figure 15 : Répartition des enquêtés selon les disparités sociales occasionnées par l'accès difficile à l'eau

A la question de savoir si l'accès difficile à l'eau a déjà occasionné des disparités sociales dans la commune de Tsévié, 2,8% des personnes enquêtés répondent « Non » et 30,6% ne savent pas. Les 66,7% restant affirment que « Oui ». Ainsi, sur ces 72 enquêtés, 34,7%(25) ont estimé que l'accès devient plus difficile aux personnes handicapées, âgées et enfants. 23,6%(soit 17) pensent qu'il y a inconsidération de la part de ceux qui ont un accès facile à l'eau. 8,3%(soit 6) ont donné d'autres éléments de réponses.

80

1.2.3.3. Effets économiques

? Tableau 13 : Répartition des enquêtés selon la manière dont les difficultés d'accès à l'eau potable diminuent leurs économies ou non

Diminution des économies liées aux difficultés imposées par l'eau

Effectif

Pourcentage(%)

Prix d'achat de l'eau et/ou son transport trop élevés

49

68,1

Factures élevées

15

20,8

Coûts liés au traitement des maladies liées à l'eau

3

4,2

Autres

0

0,0

Ne sait pas

1

1,4

Pas de diminution

4

5,6

Total

72

100,0

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

D'après le tableau 13, on constate que 4 enquêtés soit 5,6% pensent que l'accès difficile à l'eau ne diminue pas les économies dans leurs ménages. Une personne enquêtée n'a pas de réponses sur cette question et 67 personnes (93,1%) ont répondu que les difficultés d'accès à l'eau potable diminuent considérablement leurs économies. Le prix d'achat de l'eau et/ou son transport trop élevés, les factures élevées et enfin les coûts induits au traitement des maladies liées à l'eau ont été des réponses données respectivement par 49 ; 15 et 3 enquêtés.

81

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

25

1

Recherche de Cessation des Autres Ne sait pas Pas de

l'eau AGR car basée ralentissement

interrompant le sur l'utilisation

déroulement de l'eau

des AGR

Source : Enquête de terrain-Juillet 2019

12

9

Figure 16 : Répartition des enquêtés selon la manière dont les difficultés d'accès à l'eau potable ralentissent ou non les activités économiques

Selon cette figure, il est remarqué que 9 enquêtés, soit 12,5%, ne voient pas les activités économiques de leurs ménages ralenties en cas d'accès difficile à l'eau potable. Cependant 51 enquêtés pensent que les difficultés d'accès à l'eau potable ralentissent l'exercice de leurs activités génératrices de revenus. Ainsi, 25 ont mentionné le fait que la recherche de l'eau interrompt le déroulement de leurs AGR (34,7%), 25 autres ont estimé que l'AGR est complètement cessée car essentiellement basée sur l'utilisation de l'eau (34,7%). Une personne (1,4%) a donné un autre facteur ralentissant le déroulement des activités économiques (l'enquêté répond par les deux propositions premières).

82

Titre 2 : Analyse des données et interprétation des résultats

Les données présentées dans le titre précédent sont analysées et interprétées dans ce deuxième. Celui-ci s'articule autour des points suivants : le profil des enquêtés, les difficultés d'accès à l'eau potable dans la commune de Tsévié et les effets de celles-ci sur les conditions de vie des populations.

2.1. Profil des enquêtés

Le profil des enquêtés concerne le sexe, l'âge, la profession, le statut matrimonial, la taille de la famille d'appartenance et le niveau d'instruction.

D'après les résultats de l'enquête, on remarque que la majorité des répondants au questionnaire sont les femmes. Elles représentent 60% des enquêtés (Tableau 3). Cela se comprend par le fait que les femmes soient beaucoup plus présentes et disponibles à la maison, et ouvertes à répondre aux questions dans les ménages car aussi utilisant plus d'eau pour leurs besoins divers, contrairement aux hommes qui ne restent pas souvent à la maison et qui utilisent moins d'eau que celles-ci. Cela se comprend aussi par le fait que ce sont les femmes qui s'occupent souvent de l'organisation des tâches domestiques dans le milieu d'étude.

En rapport avec l'âge, nous l'avons choisi partir de 20 ans pour prendre en compte un certain niveau de discernement auprès des enquêtés. En effet, si dans un ménage le chef de ménage (père, mère ou autres) n'est pas présent, le questionnaire est administré à une personne âgée de 20 ans et plus et qui peut le représenter valablement. On remarque d'ailleurs que 73,6% des enquêtés ont plus de 30ans et la tranche d'âge de 20 à 30 ans a été faiblement représentée dans la distribution des âges (Figure 5). Cette prise en compte de l'âge semble aussi trouver son sens dans la répartition des enquêtés par statut matrimonial (figure 6). Selon cette figure, 52 enquêtés sont mariés, 18 sont célibataires, une

83

est veuve et un est divorcé. On peut aussi dire que les personnes qui ont une fois été en contact avec le mariage sont au nombre de 54(mariés, veuve, divorcé).

La plupart des enquêtés sont des commerçants car ils représentent à eux seuls 43,1% de l'échantillon. Cela veut dire que les personnes constituant notre échantillon s'adonnent plus au commerce que les autres activités. Cela paraît logique du moment où l'organisation économique de la population de Tsévié dans son ensemble est fortement basée le commerce.

En rapport avec la taille du ménage d'appartenance (figure 7), on peut déduire que 52,8% des enquêtés ont leurs ménages qui dépassent 6 personnes (avec 43,1% qui sont dans les ménages d'entre 6 et 10 membres, et 9,7% qui sont plus de 10 dans les ménages). Cela démontre le fait que la population de Tsévié s'agrandit considérablement et que les ménages se gonflent de membres.

Par rapport au niveau d'instruction (Tableau 5), on se rend compte que c'est seulement 17 personnes sur les 72 enquêtés qui sont analphabètes et font 23,6%. Les 76,4% restant sont instruits et ont été soit au primaire (15,3%), soit au collège(19,4%), soit au lycée(20,8%), soit atteints un niveau supérieur(16,7%) ou soit ont suivi des cours d'alphabétisation(4,2%). La proportion des enquêtés qui ont au moins un niveau d'instruction acceptable renforce la capacité à comprendre et à bien répondre les questions que nous les avions posées.

2.2. Difficultés rencontrées par la population dans l'accès à l'eau potable.

En analysant tout d'abord les sources d'approvisionnement en eau auxquelles la population s'adonne (figure 8), l'on remarque que les eaux de forages et celles de la TdE sont les plus utilisées. On peut dire que les enquêtés qui ont mentionné l'usage des eaux de forages pour la boisson(26) n'ont forcément pas (ou plus) leurs maisons connectées au réseau de la TdE. Cela peut s'expliquer par le fait que les frais de branchement pour les populations semblent être

84

élevés, les obligeant à se désabonner, ou à ne pas se connecter, ou bien ne pas pouvoir se l'acheter à la borne fontaine, comme le justifie la Figure 10, figure qui souligne que 27 enquêtés(37, 5%) trouvent le prix de l'eau très cher, et 27 autres le trouvent cher. Dans l'ensemble, près de 75% des enquêtés ne trouvent pas abordable le prix de l'eau. C'est ce que Dos Santos(2005) n'a pas manqué de souligner en ces termes : « la faible proportion des ménages raccordés au réseau met en évidence que la difficulté d'accès ne résulte pas du manque d'infrastructure dans certain quartier mais aussi le faible niveau de vie des citadins ».

Encore, le fait que le réseau de la TdE ne couvre pas leur zone d'habitations est aussi un facteur à prendre en compte. Les enquêtés, en cas de manque extrême d'eau font souvent des centaines de mètres pour trouver de quoi boire. Si 37,5% des enquêtés soit 27 ménages sur les 72 abordés s'approvisionnent sur une distance dépassant les 200mètres, c'est qu'ils n'ont pas géographiquement accès à l'eau comme le veut l'OMS pour une zone urbaine. L'Organisation précise en effet qu'un citadin a accès à l'eau potable s'il est desservi par un réseau ou une pompe à moins de 200 mètres de son habitation. Ceci confirme que les habitants de la ville de Tsévié ont un accès difficile aux ouvrages d'eau potable.

Cette difficulté d'accès aux ouvrages d'eau, due à la distance ou au prix de l'eau, a conduit 94,4% des ménages abordés dans la ville de Tsévié par notre enquête, à stocker l'eau de pluie pour les usages domestiques et sanitaires, comme l'indique le tableau 6.

En considérant les autres difficultés qui se présentent aux ménages telles que la perturbation de la fourniture d'eau(la coupure d'eau) qui se manifestent selon 43 enquêtés par un arrêt brusque de la sortie de l'eau et qui dure plusieurs jours, par la baisse de pression régulière selon 11 enquêtés ou par l'alternance des deux selon 14 enquêtés ou encore par des pannes des ouvrages selon un autre

85

enquêtés(Figure 11), on rejoint Ousseni(2010) qui mentionne également la coupure d'eau comme contrainte principale d'accès à l'eau potable (cas du secteur 23 de Ouagadougou). Le chef de la ville de Tsévié a lui-même confirmé ce problème de perturbation de la fourniture de l'eau en ces termes : « Il y a aussi les longues coupures d'eau et cette année, la coupure a duré deux à trois semaines ».

Les entretiens avec le président du CDVT montre par ailleurs que les CDQ et commissions spécialisées en charge de l'eau dans les quartiers ne fonctionnent pas tout à fait : « Ces commissions spécialisées sont dysfonctionnelles dans certains quartiers», dit-il. En d'autres termes, les problèmes organisationnels au niveau local ne permettent pas de prendre en charge véritablement les difficultés qui se posent dans le domaine de l'eau, engendrant une persistance du phénomène chaque année, surtout en période sèche.

2.3. Effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable.

Les différentes difficultés rencontrées par la population de Tsévié dans l'accès à l'eau, qu'elles soit économiques, géographiques, organisationnelles ou autres, ont bien évidemment des effets sur les individus habitant la commune. Ainsi, d'après les résultats du tableau 9 ; 73,6% des enquêtés ont estimé que ces difficultés ont un effet sur eux. Parmi les restants, il y a 13 qui ne savent pas si un effet survient ou non et 6 disent qu'ils n'y a pas d'effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable. Tout compte fait, les réponses données aux questions qui ont suivi sur le questionnaire ont permis de comprendre qu'en réalité, ces difficultés entrainent des effets sur la population de Tsévié.

2.3.1. Conséquences de l'accès difficile à l'eau sur la santé

Etant donné que certains dans la ville parcourent de longues distances pour trouver la source d'approvisionnement, des sentiments de fatigue ou

86

d'épuisement sont ressentis par les individus au sein des ménages (56,9%) comme le montre la figure 12. Ces fatigues impactent déjà sur le bien-être physique, et donc la santé, sans être d'ailleurs rassuré de la qualité de l'eau. Aussi les difficultés d'accès à l'eau potable ont favorisé en 2017, l'enregistrement des maladies liées à l'eau à la polyclinique de Tsévié. C'est ce que le surveillant Général de cette structure de santé a précisé en citant des

maladies telles que « la dysenterie amibienne, la gastroentérite et l'amibiase »,

comme fréquentes maladies reçues. Faisant partie des 10 premières causes de consultations à la polyclinique de Tsévié en 2017, les maladies liées à l'eau n'ont pas été négligées dans le déroulement de cette enquête. En effet, d'après le tableau 10; 56,9% des personnes enquêtées ont estimé que l'eau qu'elles consomment entraine souvent des maladies liées à l'eau pour leur ménages, ce qui confirme d'ailleurs que les sources d'approvisionnement ne sont pas potables.

Mis à part ces effets sur la santé, il ressort aussi que l'accès difficile à l'eau potable influe le bien-être social des ménages et celui de la commune de Tsévié toute entière.

2.3.2. Conséquences sociales

En effet, selon l'enquête, les ménages peinent à satisfaire leur envie de boire et de faire la cuisine, et de répondre aux soins de toilettes et lessives en cas de difficultés d'accès à l'eau. Selon la figure 13, on constate que parmi les 72 enquêtés par ménage, 70 ont estimé qu'ils n'arrivent pas à boire et à préparer, et à satisfaire les besoins de toilettes et lessives. Dans ces 70 enquêtés, 4 ont uniquement mentionnés la soif et les difficultés de faire la cuisine, c'est-à-dire la préparation des aliments (5,6%) ; 6 ont répondu que les soins de toilettes et la lessive deviennent impossibles (8,3%). Les 60 autres restants (83,3%) ont exprimé l'effet des difficultés d'accès à l'eau potable par le choix combiné de la

87

soif et difficultés de faire la cuisine et des toilettes et lessive impossibles. Ainsi, les besoins fondamentaux humains ne sont souvent pas satisfaits dans les moments où l'accès à l'eau est vraiment difficile. Cette incapacité de satisfaire les besoins fondamentaux, est en effet, en contrario avec la conception du deuxième Forum Mondial de l'eau (à La Haye), qui définit l'eau comme « droit fondamental de l'homme ». En d'autres termes, ces difficultés d'accès à l'eau potable ne font pas jouir les habitants de Tsévié de leur droit fondamental.

Aussi, d'après 52,8% des enquêtés, les élèves de la ville vont à la recherche de l'eau en période scolaire avant d'aller à l'école (Tableau 11), ce qui ne sera pas sans conséquences sur leur vie scolaire. Certains enquêtés ont trouvé qu'en cas d'accès difficile en eau, le retard à l'école(29), l'absence au cours(13) et l'abandon scolaire(1) peuvent être des influences de la recherche d'eau par les élèves sur la vie scolaire des enfants. Ces réponses données par les enquêtés coïncident avec les statistiques du PNUD qui estiment à « 443 millions de jours d'école par an », les effets induits par les difficultés d'accès à l'eau potable sur la vie des élèves dans le monde.

Au plan social, les difficultés d'accès à l'eau potable ont aussi engendré dans le milieu urbain sur lequel porte notre enquête, des conflits sociaux. La démonstration de ces conflits est contenue dans le tableau 12 qui rapporte que 50 enquêtés ont estimé qu'il y a des conflits sociaux engendrés par les difficultés d'accès à l'eau potable. Parmi ces 50 répondants, 34 ont affirmé qu'il s'agit des conflits au bord des points d'eau de la ville, 13 ont mentionné qu'il s'agit des quartiers et groupes en conflit, et 3 ont donné d'autres raisons. Ainsi, à cause de l'eau en manque ou en accès difficile, des individus et groupes sociaux se mettent en mésententes, autour d'une denrée cherchée par tous.

La dernière conséquence sociale, ressortie de cette enquête est celle des disparités sociales dans la ville en cas d'accès difficile à l'eau. Si d'après la

88

figure 15 ; 34,7% des enquêtés ont répondu que les personnes vulnérables, à l'exemple des personnes handicapées, âgées et enfants ont un accès plus difficile à l'eau lorsque l'approvisionnement devient difficile pour tous, c'est qu'en d'autres termes, les difficultés d'accès à une eau potable au sein d'une communauté urbaine comme celle de Tsévié peuvent être source d'inégalités, car ces personnes ne disposent pas de toutes les capacités pour pouvoir se servir en temps en eau dont elles ont besoin pour leurs usages personnels et spécifiques. Les extraits de propos11 de l'homme de 30 ans en situation de handicap moteur, et de cette femme âgée de 61 ans, présentés plus haut dans la description de cas en donnent la confirmation. En prenant aussi en compte les inconsidérations de la part de ceux qui ont un accès facile à l'eau potable, énumérées par 17 enquêtés, on déduit que la conception de l'eau en tant que « bien commun », telle que donnée à la première conférence sur l'Environnement à Stockholm, n'est pas encore encrée dans les esprits des habitants de la ville de Tsévié.

2.3.3. Conséquences économiques

Ces conséquences sont la diminution des économies des ménages ciblés par notre enquête et le ralentissement des activités économiques.

Le constat est que les difficultés imposées par l'accès à l'eau dans la population d'étude ont entrainés chez les ménages une diminution de leurs économies (Tableau 13) expliquées par le prix d'achat et/ou du transport de l'eau élevés (68,1%), les factures élevées(20,8%) et les coûts liés au traitement des maladies causées par l'eau de boisson(4,2%). L'un des effets liés à l'accès difficile à l'eau est donc la réduction des économies des ménages car augmentant leurs charges financières.

11 Page 62

89

Les activités économiques sont aussi ralenties par la recherche d'eau dans la population étudiée. Les gens exerçant des activités génératrices de revenus ou autre profession nécessitant l'usage de l'eau telle que les commerçantes d'aliments ou les coiffeuses par exemple, ne pourront pas continuer par l'exercer lorsque l'eau n'existe pas. Pour les commerçantes d'aliments, LASSERE(2002) parle d'une « production alimentaire qui se stagne ».

D'autres personnes enquêtées laissent leurs activités économiques pour aller chercher de l'eau potable, vu que la fourniture de l'eau est souvent perturbée ou que les sources d'eau sont pour certains éloignées. Par conséquent, cela entraîne le ralentissement d'activités comme mentionné à la figure 16.

90

CHAPITRE 2 : APPORTS DE LA RECHECHE A L'ACTION

Dans ce deuxième chapitre de la seconde partie du mémoire, nous faisons la lumière sur l'intérêt de la recherche à l'action. Deux titres meublent le présent chapitre : le premier titre concerne les solutions proposées (Titre 1) et le second insiste sur les perspectives (Titre 2)

Titre 1 : Solutions proposées

Le présent travail s'est effectué dans une dynamique participative, avec l'implication notoire des acteurs locaux dans la recherche des solutions. Les solutions que nous exposons dans ce titre sont celles suggérées par les enquêtés ou suscitées auprès d'eux pour diminuer les difficultés d'accès à l'eau potable et les effets que celles-ci peuvent engendrer. Les personnes ressources et les enquêtés de la population cible ont fait des propositions que nous avons analysées et reformulées pour leur donner une certaine pertinence. Nous mentionnons d'abord les solutions précédemment proposées puis celles nouvellement recueillies par notre enquête.

1.1. Quelques solutions antérieures et en cours de réalisations

Bien avant d'aborder les propositions nouvelles, il est utile de mentionner que des solutions antérieures et d'autres en cours ont été mises en oeuvre pour diminuer les difficultés d'accès à l'eau potable et donc, éviter les effets de celles-ci. Les difficultés organisationnelles relevant des CDQ et commissions spécialisées Eau-Hygiène-Assainissement sont surmontées. Ils entreprennent des actions de remobilisation et de redynamisation. C'est à ce effet que le président

du CDVT affirme : « pour ce problème, nous avions fait récemment une tournée

dans tous les CDQ pour les motiver et les rendre beaucoup plus responsables ainsi que ces commissions spécialisées qui relâchent. Nous espérons que cela va

les faire mieux fonctionner ». Par la suite, il nous informe en ces termes :

91

« actuellement, il y a un projet dans la ville qui a commencé en 2018 et qui se poursuit. Ce projet consiste à faire 900 branchements du réseau à prix promotionnel de 50.000F CFA, pour tout ménage qui a le tuyau de la TdE devant son habitation ». Il s'agit en effet du Projet PEAT 2.

Des enquêtés ont mentionné aussi qu'en 2019, lorsque la pénurie était vraiment accentuée, le chef a « fait venir de Lomé, des camions citernes pour venir alimenter les quartiers en eau ». Mais cela n'a pas duré et n'a résorbé le problème. Quant au chef lui-même, il s'exprime ainsi :

« Nous avons contacté la TdE d'ici et celle de Lomé, pour qu'on puisse comprendre pourquoi l'eau a cette couleur. Ils nous ont dit que c'est l'installation qui est vieille. Ils ont dit qu'il y a un projet qui va bientôt arriver pour permettre un accès facile à l'eau. Et l'eau serait conduite de la ville de Tabligbo pour nous arriver. Mais en attendant, nous pouvons nous mêmes multiplier des forages ».

A la question de savoir quelles actions le service de la santé a déjà menées pour que l'eau potable ne soit plus source de maladies, le surveillant Général du SHAB dit :

« La polyclinique par le biais de notre section, a proposé l'utilisation du comprimé du chlore pour pouvoir désinfecter les eaux de pluie. Nous faisons des sensibilisations pour motiver les populations sur l'hygiène de l'eau et les pratiques à adopter pour avoir une eau saine ».

Nous présentons à présent les solutions suggérées par les enquêtés.

1.2. Les solutions novatrices proposées par les chefs de ménages(ou leurs représentants)

? Pour les ouvrages d'eau

- La multiplication des forages publics à eau analysée dans chaque quartier (3 à 4 au moins)

- La réparation des forages et autres ouvrages d'eau en panne

- La réparation du château d'eau en pannes depuis plusieurs années déjà

- Doter les forages actuels qui fonctionnent avec l'électricité de groupes électrogènes, pour pouvoir avoir accès à l'eau même en cas de délestage

- Diminuer le prix de vente de l'eau de la TdE, V' Par rapport à la TdE

Les enquêtés font les propositions suivantes :

-procéder à une analyse chimique de l'eau avant de la fournir à l'ensemble de la population ;

-faire le remplacement des tuyaux de branchement car ils contribuent à la saleté de l'eau ;

-diminuer les temps de coupure de l'eau ;

-de préférence, faire la coupure de l'eau tard dans la nuit ;

-faire rabaisser le prix de l'eau, factures et prix de branchement y compris ;

-la promotion du branchement au réseau doit être élargie à tous sans distinction de quartier ;

-communiquer aux habitants de la ville de Tsévié, les jours et heures auxquels la coupure d'eau interviendra ;

V' Pour les autres difficultés

92

Les enquêtés ont énuméré d'autres propositions que nous classons ici :

93

- rendre accessibles les routes car elles ne permettent pas de vite atteindre les points d'eau, surtout en période pluvieuse. Cela évitera la perte de temps dans la collecte de l'eau.

-faire doter chaque ouvrage d'eau d'un technicien chargé de sa réparation en cas de panne

-procéder à long terme, à une électrification générale de la ville afin de prévenir les perturbations de fourniture d'eau pour les ouvrages qui fonctionnent avec l'énergie électrique

- être sensibilisé sur les techniques de traitement d'eau. Cela devrait permettre le recul des maladies liées à la consommation de l'eau souillée.

-amener les individus de la ville de Tsévié à plus de civisme en les sensibilisant sur les conflits qui naissent au bord des points d'eau

-former chaque leader de quartier pour former à leur tour les populations, sur les approches inclusives, pour accepter toute personne dans la société, quel que soit sa couche sociale, en vue de faire disparaitre des clivages qui surviennent en cas de difficultés d'accès à l'eau potable dans la ville.

1.3. Solutions novatrices proposées par les personnes ressources (chef, président CDVT, personnel de santé)

Ces personnes ont proposé des solutions qui sont classées à court, à moyen et long terme.

? A long terme

- mettre en place un système de contrôle d'implantation des forages pour éviter leur creusage en désordre, et dont leurs eaux donnent des maladies aux populations.

94

- doter chaque école d'un ouvrage d'eau et d'assainissement pour permettre aux élèves de s'en servir

V' A moyen terme

- inscrire dans le prochain plan de développement de la commune, le secteur de l'eau comme domaine transversal

- mettre en fonctionnement le château d'eau en panne

- faire des canalisations dans les quartiers, coins et ruelles de la ville pour permettre à tous de s'approvisionner en eau et à moindre coût

- faire régulièrement la promotion du branchement au réseau de la TdE pour permettre à un grand nombre d'avoir accès, y compris les plus vulnérables.

V' A court terme

- Prendre en charge les forages qui sont en pannes et creuser des forages publics analysés

- Diriger l'esprit des populations vers une optique de développement inclusif, pour supprimer les inégalités sociales induites par les difficultés d'accès à l'eau potable.

- Apprendre aux ménages le traitement de l'eau, suivant des produits de normes et en rapport avec un volume raisonné.

- Procéder à la fermeture des forages qui prolifèrent dans la ville

- réduire les temps de coupure d'eau pour permettre aux ménages de satisfaire leur soif, de pouvoir faire la cuisine et les soins de toilettes. Cela éviterait aux élèves de subir les effets de l'accès difficile à l'eau dans leur vie scolaire.

95

Titre 2 : Perspectives

La présente recherche qui s'est déroulée sur le site de Tsévié, a sûrement certaines limites qu'il importe de repousser. Des perspectives sont donc envisageables.

L'étude a abordé les difficultés d'accès à l'eau potable et ensuite les effets qu'elles induisent sur la population de Tsévié. Mais, nous sommes conscients que tous les contours du sujet n'auraient pas été épuisés. En l'occurrence, les risques sanitaires liés à chaque source d'approvisionnement en eau méritent d'être approfondis par des études ultérieures. Plus précisément, une analyse bactériologique des eaux de consommation dans la ville peut permettre de juger la qualité physico-chimique des eaux disponibles. Aussi, faut-il reconnaitre que l'absence de données sur les effectifs par quartiers dans la ville de Tsévié n'a pas permis de bien représenter significativement la taille de l'échantillon.

L'étude des facteurs explicatifs des pannes réguliers d'ouvrages dans la zone de Tsévié et les raisons explicatives de la non-réparation du château d'eau surtout doivent aussi faire l'objet de sérieuses réflexions.

Pour l'avenir, il serait souhaitable de faire une étude comparative entre plusieurs quartiers sur le problème d'eau à Tsévié ou dans une autre localité, pour en ressortir les similitudes et les divergences, en vue de savoir quoi proposer pour quel quartier.

Des programmes ou projets nouveaux d'adduction d'eau peuvent venir à point mais il va falloir étudier les quartiers dans lesquels ils seraient implantés pour ne pas occasionner de nouveaux conflits. Ces programmes doivent surtout être accueillis par les bénéficiaires pour garantir la durabilité de la gestion car pour qu'un programme de gestion de la qualité de l'eau de boisson alimentant une communauté soit efficace et durable, il faut qu'il bénéficie de l'implication et du

96

soutien actifs des communautés locales. Il convient que ces communautés soient impliquées à tous les stades d'un tel programme, et notamment dans les enquêtes initiales ; les décisions d'implantation des puits, l'implantation des points de captage ou l'établissement de zones de protection ; la surveillance des approvisionnements en eau de boisson ; le signalement des anomalies, la réalisation des travaux de maintenance et la prise de mesures correctives et de soutien, notamment des opérations d'assainissement et d'hygiène (Directives de qualité pour l'eau de boisson, OMS 2017 :14).

Les Projets en cours tels que le PEAT 2 doivent s'étendre aux quartiers défavorisés.

Il serait également utile, de renforcer les actions de Communication pour accroitre le nombre des personnes ayant connaissance de l'hygiène de l'eau et des maladies liées à l'eau. Ces actions doivent également s'orienter vers la vulgarisation des techniques de traitement des eaux à qualité mauvaise. Cela contribuera à la diminution des risques de contamination des maladies liées à l'eau.

Tout compte fait, tout ce qui doit être entrepris devra assurer la permanence de l'eau potable en quantité suffisante dans les ménages, en vue d'éviter ses effets identifiés par notre modeste recherche.

97

CONCLUSION

L'eau reste un bien de grande importance dans la vie de l'homme et une ressource irremplaçable. Elle lui permet de faire une pluralité d'activités et le maintient en vie. Toute société, pour qu'elle soit développée, est soumise à la disponibilité de l'eau, surtout saine. La recherche actuelle a permis de retracer les difficultés rencontrées dans l'accès d'une telle ressource dans un milieu urbain et les effets qui y sont liés.

Ainsi, au terme de ce travail de mémoire, il importe de donner des réponses définitives aux questions posées en début de cette recherche, de vérifier la validation des hypothèses et l'atteinte des objectifs assignés plus haut.

La question principale qui sous-tend la recherche est de savoir « quelles sont les difficultés d'accès à l'eau potable et leurs effets sur les conditions de vie à Tsévié et quelles sont les actions à mettre en oeuvre pour résoudre durablement ce problème ?». Cela nous a conduit à émettre l'hypothèse générale selon laquelle les difficultés d'accès à l'eau ont des effets sur les conditions de vie des individus, ménages et communautés de la ville de Tsévié et nécessitent des actions participatives à caractère durable pour leur résolution. Pour vérifier cela ; nous nous sommes fixés comme objectif général d'analyser les difficultés d'accès à l'eau potable dans la commune de Tsévié et leurs effets sur les conditions de vie afin de susciter des approches de solutions durables. A l'appui, une variable dépendante et trois variables indépendantes accompagnées d'indicateurs ont servi de modèle d'analyse. Ce modèle s'est basé sur l'usage de deux méthodes : la méthode qualitative et la méthode quantitative. Ces méthodes ont conduit à élaborer un questionnaire, d'un guide d'entretien individuel et d'un canevas de focus group.

Le questionnaire a été administré à 72 enquêtés constituant la taille de l'échantillon et représentant chacun un ménage dans la zone d'étude. Le guide

98

d'entretien a été fait à l'endroit des personnes ressources et le canevas de focus group pour un groupe d'hommes et un groupe de femmes, tous chefs de ménages. Ces outils nous ont permis de collecter dans la zone d'étude des données en rapport l'objectif général.

De cette recherche, les conclusions auxquelles nous parvenons s'inscrivent dans la ligne droite de la vérification des hypothèses et de l'atteinte des objectifs. Les difficultés rencontrées par les ménages de Tsévié dans l'accès à l'eau potable sont le poids monétaire de l'eau, la distance des sources d'eau des maisons, la qualité de l'eau, la perturbation de sa fourniture notamment par un arrêt brusque de l'eau pendant plusieurs jours et par baisse de pression régulière, la géologie du sol, la vétusté ou le manque des infrastructures d'hydraulique proches des citadins, et les dysfonctionnements des organisations communautaires à la base.

Il ressort des travaux de terrain que les difficultés d'accès à l'eau potable dans la ville de Tsévié entrainent des effets sanitaires, sociaux et économiques sur la vie des populations. Ainsi, les effets sanitaires induits par ces difficultés sont l'épuisement physiologique après ravitaillement sur une distance « disproportionnée » et les maladies liées à l'eau. Les effets sociaux liés aux difficultés d'accès à l'eau potable dans la ville de Tsévié sont d'abord la non-satisfaction des besoins humains fondamentaux, expliqué par les besoins de soif, les difficultés de faire la cuisine, les soins de toilettes et lessives impossibles, ensuite l'influence de la vie scolaire des élèves se faisant remarquer surtout par les retards et absences à l'école en cas de manque d'eau, ensuite la survenue des conflits sociaux à l'exemple des conflits au bord des points d'eau ou des quartiers et groupes sociaux en mésententes dans la ville, et enfin, les disparités sociales, se manifestant par un accès à l'eau plus difficile aux personnes handicapées, âgées et enfants et les inconsidérations de la part de ceux qui ont un accès à l'eau. Les effets économiques que ces difficultés imposent, sont la

99

diminution des économies des ménages et le ralentissement de leurs activités économiques. L'économie des ménages urbains de Tsévié diminuent à cause du poids du prix d'achat de l'eau et de son transport, des factures d'eau élevées et des coûts liés au traitement des maladies hydriques. D'autres effets économiques occasionnés par les difficultés d'accès à une eau potable sont le ralentissement des activités économiques urbaines, car d'une part, la recherche d'eau interrompt l'exercice d'activités génératrices de revenu et d'autres parts, l'absence d'eau potable fait cesser le déroulement de certaines activités basées sur l'utilisation de l'eau.

Tous ces effets qui ont été montrés par les résultats de l'enquête constituent de sérieux problèmes de développement pour la population de Tsévié. En touchant la santé, en affectant l'équilibre social, en impactant l'éducation et l'économie, les difficultés d'accès à une eau potable sont des charges lourdes à plusieurs dimensions qui minent la ville de Tsévié. Ainsi, pour résoudre ces effets, les personnes enquêtées ont fait des propositions qu'il faille prendre en compte pour une résolution de ce phénomène en vue de l'amélioration des conditions de vie la population urbaine étudiée. Cependant, les autres solutions qui permettront l'accès à l'eau potable aux populations actuelles de Tsévié, doivent être étudiées de façon à ce qu'elles n'occasionnent pas une pénurie aux générations futures.

100

BIBLIOGRAPHIE

1. Bohbot Reine(2008), L'accès à l'eau dans les bidonvilles des villes africaines : Enjeux et défis de l'universalisation de l'accès (Cas d'Ouagadougou), Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en études internationales pour l'obtention du grade de Maître ès arts (M.A.)

2. CREPA(2003), Étude sur les perceptions et les comportements des populations vis-à-vis de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement.

3. OMS (2017), Directives de qualité pour l'eau de boisson : quatrième édition intégrant le premier additif, de l'Organisation mondiale de la Santé.

4. Doguido Goumpoukini(2004), «Problématique d'approvisionnement en eau potable dans les quartiers périphériques de Lomé », Mémoire pour l'Obtention du diplôme de Maitrise en Sciences Humaines, Université de Lomé.

5. Dos Santos, (2005) : Enjeux socio-sanitaires de la quête de l'eau à Ouagadougou (Burkina Faso), Thèse de doctorat de démographie, Université de Montréal (Canada).

6. Dos Santos, S., 2006. Accès à l'eau et enjeu socio-sanitaire à Ouagadougou, Espace, population.

7. Etat des lieux des collectifs, plateformes et réseaux d'organisations de la société civile du secteur eau et assainissement dans sept pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Rapport Togo, Juin 2011.

8. Jade Tobbi(2018), Accès à l'eau potable et impact sur la santé d'une communauté, l'éducation et la ressource eau : analyse à partir d'un

101

projet au Togo, Institut d'aménagement, de tourisme et d'urbanisme, Université Bordeaux Montaigne, France.

9. Lasserre, F. et Descroix, L., 2002, « Eaux et territoires: tensions, coopérations et géopolitique de l'eau. », Sainte-Foy, Presses de l'Université du Québec.

10. Laurent Baechler(2017), L'accès à l'eau : Enjeu majeur du
développement durable
, Bibliothèque nationale, Paris : janvier 2017.

11. Nyongombe, 2012 : Milieu et hygiène alimentaire, Cours inédit, Faculté de Médecine/UNIKIS

12. Ousseini (2010), L'accès à l'eau potable dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou : cas des secteurs 23 et 24 ; Mémoire pour l'obtention du diplôme en master d'ingénierie de l'eau et de l'environnement, option : environnement, Institut International d'Ingénierie de l'Eau et de l'Environnement

13. Plan de Développement Communal(PDC) de la commune de Tsévié, 2015-2019.

14. Plan National de Développement(PND) 2018-2022, Togo.

15. Politique Nationale de l'Eau, 2010-2025, Togo.

16. Prince Loïque Maba Ngouloubi(2017), les problèmes d'accès à l'eau potable de la population de l'arrondissement 4 Moungali à Brazzaville (République du Congo). Thèse de doctorat à la faculté des lettres et des sciences humaines, Département de géographie, Université Marien Ngouabi.

17.

102

Rapport d'enquête QUIBB 2015, Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques

18. Rafiou Bah-Agba(2014), Gouvernance locale et approvisionnement en eau potable dans les milieux ruraux au Benin: cas de la commune de Tchaourou, Mémoire présenté dans le cadre du programme de maîtrise en développement régional en vue de l'obtention du grade de maître ès arts, Université du Québec à Rimouski

19. Rapport mondial sur le développement humain 2006, « Au-delà de la pénurie : pouvoir, pauvreté et la crise mondiale de l'eau » du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

20. www.icilome.com, consulté le 18 avril 2019.

21. www.kezakeau.fr, consulté le 14 juillet 2019.

22. www.solidarites.org/fr/eau-potable, consulté le 29 juillet 2019.

23. Yélognissè Coffi Laurel Hector Houeha (2007), L'amélioration des conditions d'accès à une eau potable pour l'eau de boisson dans les milieux ruraux du Bénin: étude des pratiques locales, Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en sciences de l'environnement

24. Yves Grafmeyer et Jean-Yves Authier, Sociologie urbaine, Arman Colin, Coll. « 128 », 2008.

25. Zipikinè Kossi Mensa(2012), Approvisionnement en eau potable et risque sanitaires à Anié (Préfecture de l'Anié), Mémoire pour l'obtention du diplôme de Maitrise ès-Lettres et Sciences Humaines (Option Géographie

Rurale et Aménagement), Université de Lomé.

ANNEXE

103

104

1. Questionnaire adressé aux chefs de ménages (ou à leurs représentants)

No d'ordre

Questions et filtres

Modalités et codes

(Encerclez le(s) numéros correspondants)

Passer à

I-PROFIL DE L'ENQUETE

Q101

Sexe de l'enquêté

1. Masculin

 
 
 

2. Féminin

 
 

Q102

Quel est votre âge ?

1. [20- 30[

 
 
 

2. [30- 40[

 
 
 

3. 40 et plus

 
 

Q104

Quelle profession

1. Agriculteur

 
 

exercez-vous ?

2. Commerçant/Artisan

 
 
 

3. Enseignant

 
 
 

4. Etudiant/Elève

 
 
 

5. Personnel de santé

 
 
 

6. Autres (à préciser) .

 
 

Q105

Quel est votre statut

1. Marié(e)

 
 

matrimonial ?

2. Célibataire

 
 
 

3. Divorcé (e)

 
 
 

4. Veuf (ve)

 
 

Q106

Quelle est la taille de

1. Entre 1 et 5 membres

 
 

votre famille

2. Entre 6 et 10 membres

 
 

d'appartenance ?

3. Plus de 10 membres

 
 

Q107

Quel est votre niveau

1. Primaire

 
 

d'instruction ?

2. Collège

 
 
 

3. Lycée

 
 
 

4. Supérieur

 
 
 

5. Alphabétisé

 
 
 

6. Analphabète

 
 

105

II-DIFFICULTES RENCONTREES DANS L'ACCES A L'EAU

 

Q201

Quelle est votre source régulière d'approvisionnement en eau de boisson ?

1. Puits

2. Borne fontaine

3. Rivière

4. Forage

 
 
 

5. TdE

 
 
 

6. TdE et Forage

 
 
 

7. Autres (à préciser).....

 
 

Q202

Stockez-vous l'eau de pluie pour vos usages domestiques et sanitaires ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 

Q203

Rencontrez-vous des difficultés dans l'accès à l'eau potable ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 

Q204

A quelle distance moyenne vous vous approvisionnez en eau de boisson ?

1. A la maison

2. A moins 200 m

3. Entre 200m et 1km

4. Plus de 1km

 
 
 

5. Ne sait pas

 
 

Q205

Comment trouvez-vous le prix auquel vous payez

1. Très cher

2. Cher

 
 

l'eau ?

3. Moins cher

 
 

Q206

A quelle distance est situé votre point d'approvisionnement en eau ?

1. A la maison

2. A moins 200 m

3. Entre 200m et 1km

4. Plus de 1km

 

Q207

Comment trouvez-vous le prix de l'eau ?

1. Très cher

2. Cher

 
 
 

3. Moins cher

 
 
 

4. Ne sait pas

 
 

Q208

Quelle est votre perception sur la qualité de l'eau que vous disposez ?

1. Bonne

2. Mauvaise

3. Très mauvaise

4. Ne sait pas

 

Q209

La fourniture de l'eau est-

1. Oui

Si non, passez à

 

elle perturbée ?

2. Non

Q301

 
 

3. Ne sait pas

 
 

106

Q210

 
 

Si oui, comment ?

1. Arrêt brusque de la sortie de l'eau pendant plusieurs jours

2. Baisse de pression régulière

3. Arrêt brusque et baisse de pression

4. Autres

 
 

III-EFFETS LIES DES DIFFICULTES D'ACCES A L'EAU

Q301

 

Les difficultés rencontrées dans l'accès à l'eau ont- elles un effet négatif sur vous ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 
 

III.1. Effets sur le plan de la santé

Q302

 

La distance Aller- Puisage-Retour pour le ravitaillement vous fatigue-t-elle?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 

Q303

 

L'eau que vous consommez dans le ménage, est-t-elle pour vous une source de maladies liées à l'eau ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 
 

III.2. Effets sur le plan social

Q304

 

Comment les difficultés d'accès à l'eau potable empêchent-elle la satisfaction de vos besoins fondamentaux ?

1. Soif et difficultés de faire la
cuisine (le mangé)

2. Soins de toilettes et lessives
impossibles

3. Les deux premières
propositions

4. Autres

5. Ne sait pas

6. N'empêchent pas (Pas d'effets)

 

107

Q305

 

Les enfants du milieu vont-ils souvent à la recherche d'eau avant d'aller à l'école ? (y compris ceux de votre ménage)

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

 

Q306

Selon vous comment, la recherche d'eau, peut-elle influer sur la vie scolaire des enfants, pendant les moments où l'accès est difficile?

1. Retard à l'école

2. Absence au cours

3. Abandon scolaire

4. Non concentration lors des cours

5. Autres (à préciser)

 

Q307

L'accès difficile à l'eau

1. Oui

Si non, passez à

 

potable a-t-il déjà créé des conflits entre les communautés et à l'intérieur des communautés de la ville?

2. Non

3. Ne sait pas

Q309

Q308

Si oui, lesquels ?

1. Conflits au bord des points d'eau

 
 
 

2. Quartiers et groupes en

 
 
 

Mésententes

 
 
 

3. Autres (à préciser)

 
 
 

4. Ne sait pas

 
 

Q309

Selon vous l'accès

 

Si non, passez à

 

difficile à l'eau occasionne-t-il des disparités sociales dans la ville ?

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Q311

Q310

Si oui, lesquelles ?

1. Accès plus difficile aux

 
 
 

Personnes handicapées,

Personnes Agées et enfants

 
 
 

2. Inconsidération de la part de ceux qui ont un accès facile à l'eau

 
 
 

3. Autres

 
 
 

4. Ne sait pas

 
 

108

III.3. Effet sur le plan économique

 

Q311

Les difficultés d'accès à

1. Oui

Si non, passez à

 

l'eau potable diminuent- elles considérablement vos économies ?

2. Non

3. Ne sait pas

Q313

Q312

Si oui, comment ?

1. Prix d'achat de l'eau et/ou son transport trop élevés

 
 
 

2. Factures élevées

 
 
 

3. Couts liés au traitement des maladies liées à l'eau

 
 
 

4. Autres

 
 

Q313

L'accès difficile à l'eau

1. Oui

Si non, passez à

 

de boisson, ralentit-il l'exercice vos activités économiques ?

2. Non

3. Ne sait pas

401

Q314

Si oui, comment

1. Recherche de l'eau interrompant le déroulement des AGR

 
 
 

2. Cessation d'AGR car basée sur l'utilisation de l'eau

 
 
 

3. Autres

 
 

IV-PROPOSITIONS DE SOLUTIONS DURABLES

Q401

Y-a-t-il eu des solutions

 

Si non, passez à

 

entreprises antérieurement pour résoudre les difficultés d'accès à l'eau potable (CDQ, CDVT, mairie, autres, etc.)??

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Q405

Q402

Si oui, lesquelles ?

A préciser

 

Q403

Ces solutions ont-elles

 

Si oui, passez à

 

réussi à satisfaire les populations ?

1. Oui

2. Non

Q405

 
 

3. Ne sait pas

 
 

Q404

Si non, pourquoi

A préciser

 

Q405

Quelles solutions

novatrices proposez-vous pour résoudre cette situation difficile d'accès à l'eau ?

A préciser .

 

109

Q406

 

Classez-les par ordre de priorité s'il vous plait.

1-

2-

 
 
 

3-

 
 
 

4-

 
 
 

5-

 
 
 

6-

 

2. Canevas de focus group utilisé à l'endroit des groupes d'hommes et de femmes chefs de ménages

Sujet d'entretien

Objectifs à atteindre

Problèmes d'accès à l'eau rencontrée dans la localité

Identifier les différentes difficultés liées à l'accès à l'eau potable

Effets de l'accès difficile à l'eau dans la communauté

Relever les conséquences économiques et sociales que les difficultés d'accès à l'eau potable ont sur la communauté

Solutions locales antérieurement proposées

Examiner les solutions mises en oeuvre pour résoudre les difficultés d'accès à l'eau potable

Propositions de solutions nouvelles

Relever des approches de solutions nouvelles émanant de la chefferie traditionnelle

 

3. Guide d'entretien individuel utilisé à l'endroit du président du CDVT

Sujet d'entretien

Objectifs à atteindre

Existence de la commission Spécialisée-Eau dans le CDQ

Relever l'existence de la commission

spécialisée-Eau au sein du CDVT et CDQ de la ville

Actions menées par le CDQ pour promouvoir l'accès facile à l'eau

Identifier les actions communautaires entreprises par le CDVT en matière d'approvisionnement en eau

4. 110

Guide d'entretien individuel utilisé à l'endroit des professionnels de la santé (Polyclinique de Tsévié)

Sujet d'entretien

Objectifs à atteindre

Les difficultés d'accès à l'eau potable

Répertorier les difficultés

Maladies hydriques

Recueillir les types de maladies hydriques enregistrées dans la ville

Solutions proposées

Faire proposer des solutions

 

5. Guide d'entretien utilisé à l'endroit des autres personnes ressources (services déconcentrés de l'Hydraulique Villageoise, et mairie)

Sujet d'entretien

Objectifs à atteindre

Difficultés rencontrées par les populations dans l'accès à l'eau potable

Relever les difficultés d'accès à l'eau potable connues par les services techniques

Conséquences des difficultés d'accès à l'eau potable

Relever les conséquences de ces difficultés sur les conditions de vie socioéconomiques des populations

Priorité du secteur de l'eau dans les politiques et programmes de la ville

Identifier l'importance du secteur de l'eau dans les grandes lignes de développement et les perspectives

Existence des ouvrages d'eau et leurs états

Discuter sur le nombre des ouvrages d'eau réalisés et ceux qui existent

Solutions proposées

Susciter des approches de solutions pour contribuer à réduire les effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable

 

6. Grille d'observation

Faits à observer

Objectifs à atteindre

Ouvrages d'eau et leurs états

Constater l'existence des ouvrages d'eau et examiner leurs états

Distance des points d'approvisionnement en eau par rapport aux maisons

Evaluer la distance qui sépare les points d'approvisionnements en eau des maisons

Temps mis pour le trajet Aller-Retour-Aller

Déterminer la durée mise pour le trajet Aller-Puisage-Retour

111

LISTE DES TABLEAUX

Tableaux

Pages

 

Tableau1: Tableau des variables et indicateurs

 

10

 

Tableau 2 : Tableau récapitulatif des questions,

 

12

hypothèses et objectifs

Tableau 3: Répartition des enquêtés selon le sexe

 

65

 

Tableau 4: Répartition des enquêtés selon la

 

66

profession exercée

Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon le

 

68

niveau d'instruction

Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon qu'ils

 

69

stockent ou non l'eau de pluie pour les usages domestiques et sanitaires

Tableau 7 : Répartition des enquêtés selon la

 

70

distance à laquelle ils s'approvisionnent en eau de boisson

Tableau 8 : Répartition des enquêtés selon la

 

72

perception de la qualité de l'eau par source d'approvisionnement.

Tableau 9 : Répartition des enquêtés selon que les

 

74

difficultés d'accès à l'eau potable ont sur eux des effets ou non

Tableau 10 : Répartition des enquêtés selon que

 

75

l'eau consommée entraine ou non des maladies liées à l'eau dans leurs ménages

Tableau 11 : Répartition des enquêtés selon le fait

 

77

qu'ils constatent des enfants qui vont à la recherche de l'eau avant d'aller à l'école.

Tableau 12 : Répartition des enquêtés selon que

 

78

les conflits sociaux soient engendrés par les moments d'accès difficile d'eau dans ville de Tsévié

Tableau 13 : Répartition des enquêtés selon la

 

80

manière dont les difficultés d'accès à l'eau potable diminuent leurs économies ou non

112

LISTE DES FIGURES

Figures

Pages

Figure 1 : Carte de l'Afrique, DRPDAT-RM,

36

Juillet 2016

Figure 2 : Carte du Togo, DRPDAT RM, juillet

36

2016

Figure 3 : Carte de la Préfecture du Zio,

36

DGSCN

Figure 4 : Carte de la ville de Tsévié, INSEED-

37

RM 2019

Figure 5: Répartition des enquêtés par tranche

65

d'âge

Figure 6 : Répartition des enquêtés selon le

66

statut matrimonial

Figure 7 : Répartition des enquêtés selon la

67

taille de la famille

Figure 8 : Répartition des enquêtés selon les

68

sources d'approvisionnement en eau utilisées

Figure 9 : Répartition des enquêtés selon qu'ils

70

rencontrent ou non des difficultés d'accès à l'eau potable

Figure 10 : Répartition des enquêtés selon la

71

perception du prix de l'eau

Figure 11: Répartition des enquêtés selon la

73

manière dont la fourniture de l'eau est perturbée ou non d'appartenance

Figure 12: Répartition des enquêtés selon que

74

la distance parcourue pour le ravitaillement les épuise ou non

Figure 13 : Répartition des enquêtés selon les

76

effets posés par l'accès difficile à l'eau sur la satisfaction des besoins vitaux.

Figure 14 : Répartition des enquêtés selon les

77

conséquences de l'accès difficile à l'eau potable sur la vie scolaire des élèves

Figure 15 : Répartition des enquêtés selon les

79

disparités sociales occasionnées par l'accès difficile à l'eau

Figure 16 : Répartition des enquêtés selon la

81

manière dont les difficultés d'accès à l'eau potable ralentissent ou non les activités économiques

113

TABLES DES MATIERES

SOMMAIRE i

SIGLES ET ABBREVIATIONS ii

Dédicace iv

REMERCIEMENTS v

INTRODUCTION 1

PREMIERE PARTIE : APPROCHE METHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE-

ACTION 5

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE ET CADRE CONCEPTUEL 6

Titre 1 : Problématique 6

1.1. Enoncé du problème 6

1.2. Hypothèses 8

1.3. Variables et indicateurs 9

1.4. Objectifs 11

1.5. Justification du choix du thème et du sujet 13

Titre 2 : Revue de littérature 16

2.1. Revue thématique 16

2.2. Revue conceptuelle 29

2.3. Enseignements tirés 33

CHAPITRE 2 : CADRE PRATIQUE 36

Titre 1 : Site de recherche 36

1.1. Présentation du site 38

1.2. Populations et cultures 41

1.3. Histoire du peuplement 43

1.4. Organisation économique 44

1.5. Organisation socio-politique et pouvoirs locaux 45

1.6. Organisation religieuse 47

1.7. Histoire et champ du développement : acteurs, politiques et programmes 47

Titre 2 : Enquête de terrain 51

2.1. Population cible 51

2.2. Paysage des enquêtés et échantillonnage 51

2.3. Outils de collecte et leurs supports 53

2.4. Déroulement de l'enquête 55

114

2.5. Difficultés rencontrées et leur résolution 56

DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE RECHERCHE-ACTION 58

CHAPITRE 1 : PRESENTATION ET ANALYSES DES DONNEES DE TERRAIN 59

Titre 1 : Description de cas et présentation statistiques données 59

1.1. Description de cas (données qualitatives) 59

1.2. Présentation statistique des données (données qualitatives) 65

Titre 2 : Analyse des données et interprétation des résultats 82

2.1. Profil des enquêtés 82

2.2. Difficultés rencontrées par la population dans l'accès à l'eau potable. 83

2.3. Effets liés aux difficultés d'accès à l'eau potable. 85

CHAPITRE 2 : APPORTS DE LA RECHECHE A L'ACTION 90

Titre 1 : Solutions proposées 90

1.1. Quelques solutions antérieures et en cours de réalisations 90

1.2. Les solutions novatrices proposées par les chefs de ménages(ou leurs représentants) 91

Titre 2 : Perspectives 95

CONCLUSION 97

BIBLIOGRAPHIE 100

ANNEXE 103

LISTE DES TABLEAUX 111

LISTE DES FIGURES 112

TABLES DES

MATIERES .113






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"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein