WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le traite d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso et le renforcement de l'intégration économique sous-régionale


par Ceba Timothée KELY
EENI Global Business School - Doctorat 2020
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION DU CHAPITRE 1

Le chapitre1 a apporté les raisons du choix du sujet et sa pertinence. Nous avons ensuite énoncé le problème et les objectifs de la recherche. Enfin, nous avons décliné les hypothèses de recherche.

CHAPITRE 2 : REVUE DE LA LITTÉRATURE

INTRODUCTION

L'introduction nous a permis de montrer l'objet, la portée et les raisons du choix du sujet de l'étude. Après avoir dégagé le problème et les objectifs de la recherche, nous avons énuméré les hypothèses de recherche. Le chapitre 2, présente revue de la littérature autour de deux grands axes:

-les fondements théoriques de l'intégration régionale ;

-les recherches empiriques

2.1 . Les fondements théoriques de l'intégration régionale

Les écrits montrent que trois écoles ont dominé la pensée économique des années 1960 et constituent les fondements théoriques des modèles classiques de l'intégration régionale. Il s'agit entre autres de l'école néoclassique, l'école marxiste et de l'école développementaliste (Bourenane, 1996). Les premiers discours scientifiques relatifs à la question d'intégration régionale se situaient dans le cadre du prolongement de la théorie des avantages comparatifs et du commerce international. Et les économistes libéraux ont fait des recommandations dans le sens de la libre circulation des facteurs de production et de la levée des barrières tarifaires et non tarifaires. Dès lors, la préoccupation soulevée par les auteurs portait sur les modalités de mise en oeuvre des choix et l'efficacité de l'intégration régionale comme étant un mécanisme de libéralisation du commerce. Selon Viner (1950), la théorie économique faisait mention de deux possibilités : « la création du trafic » d'une part et de « détournement » d'autre part. Cette théorie montrait que la réduction des barrières commerciales entre les pays voisins, la mise en place d'une zone de libre-échange peut constituer un mécanisme de rationalisation des activités économiques des pays tout en renforçant progressivement les échanges internationaux. Mais comme le démontre Viner, cette entité économique peut constituer un facteur de « détournement » du commerce et devenir par conséquent une source de gabegie économique si en effet certains producteurs plus compétitifs d'un produit et originaires d'un pays tiers, se retrouvaient privés du marché à cause de l'union douanière.

D'inspirations marxistes-léninistes, Inotai (1982) et Benallègue (1987) montrent qu'une lecture différente s'oppose à l'école néoclassique. Cette approche montre que l'intégration est la conséquence d'une évolution naturelle de l'économie capitaliste dominée par la loi de l'internationalisation du capital. Cette école démontre que dans les pays en développement, qui aspirent profondément à poursuivre leur développement sous l'impulsion de l'Etat, l'intégration ne doit pas se faire selon le libre-jeu des forces du marché. L'intégration devrait au contraire concerner premièrement la production en utilisant une démarche respectueuse de l'utilisation rationnelle des ressources disponibles. Enfin l'intégration doit adopter une approche planifiée et centralisée de gestion des besoins et des moyens.

L'analyse de Marchal (1965) et Perroux (1966) marque un tournant déterminant dans les travaux sur l'intégration. Ils préconisent une approche basée sur la prise en compte de la dimension historique des phénomènes économiques et sociaux. Selon Marchal, il faut distinguer deux choses : l'intégration comme étant le résultat du développement et l'intégration comme étant le moyen et la condition du développement. En tant que produit de l'histoire des sociétés, Marchal montre que l'intégration est d'abord le résultat d'une transformation sociale. Cela voudrait signifier que l'intégration ne peut pas se produire n'importe où, ni dans n'importe quelle condition. Perroux (1966) aborde la même approche, qu'il résume par trois interrogations : Qui intègre ? Comment ? Et au profit de qui ?

Notons toutefois que sur le plan opérationnel, Marchal et Perroux ne s'écartent pas considérablement des approches volontaristes de leurs prédécesseurs ou encore de certaines approches théoriques du développement des années 1960. Marchal (1950) estime que le processus d'intégration doit se baser sur l'industrialisation comme premier vecteur intégrateur, et sur des forces sociales pouvant la supporter et l'animer. Abordant dans le même sens, Perroux (1965) emprunte également aux théories du développement et de l'industrialisation trois catégories conceptuelles à savoir : les pôles de développement, les unités motrices et l'industrialisation. Ici, Perroux présente l'industrialisation comme un mécanisme de développement, dans un contexte de protection douanière, qui profite aux pays concernés. Sur cette base, Perroux distingue trois modalités d'intégration qui sont l'industrialisation par le marché, par les investissements ou par les institutions1(*).

2.1.1. Les instruments et les voies de l'intégration économique

L'effet de l'orientation volontariste des modèles d'intégration économique régionale a été par le passé la concentration des réflexions stratégiques autour du choix des instruments de l'intégration. Et ce, aux dépends d'un débat sur des questions de construction communautaire. Plutôt que de se demander avec qui, dans quel contexte et sous quelles conditions l'intégration peut-elle être possible, l'on préfère poser de questions sur le type d'institutions et les mesures à promouvoir. Notons que cette démarche instrumentaliste des stratégies d'intégration régionale présente deux formes à savoir : une approche institutionnelle, axée sur la création des institutions ayant pour mission la promotion et le suivi du processus. Et une autre approche centrée sur le choix des modalités d'intervention. En général, la seconde orientation reste celle qui a prévalu en Afrique en général et en Afrique de l'Ouest en particulier (Ntumba, 1996). Par exemple, les résultats des objectifs escomptés (unification de l'espace économique, tarif commun douanier) montrent que la création de la CEAO n'a pu modifier considérablement la structure du commerce officiel des pays qui la composent. Bourenane (1996) traite de volontariste et d'instrumentaliste la problématique traditionnelle de l'intégration économique. Et les caractéristiques sont plus visibles à travers l'absence d'une théorie socio-politique de l'intégration et la fixation des efforts sur la création d'institution ou le choix des modalités d'intégration. Bach (1996) quant à lui, signale plutôt l'absence avérée de réalisme de la démarche dans le choix des objectifs ainsi que des orientations stratégiques. C'est pourquoi, Bourenane (1996) suggère une approche différente basée sur le concept de la construction communautaire. Car cette approche prend en compte les contraintes socio-politiques qui pèsent sur tout processus d'intégration régionale. Enfin, cette démarche proposée privilégie des actions stratégiques et intègre fondamentalement la prise en compte des problèmes sociaux des acteurs économiques. Sous cet angle, l'on ne perçoit plus l'Etat comme étant l'unique vecteur et moteur de l'intégration régionale. Mais il devient l'animateur de la construction communautaire à long terme. Abordant les modalités d'intégration, Bourenane (1996) explique que l'inexistence de théories explicatives de l'intégration économique pouvant servir de référence et de base aux travaux empiriques et appliquées a poussé les chercheurs à axer la recherche sur la définition des modalités de l'intégration, sur leur planification temporelle, et sur la recherche de mesures efficaces à appliquer dans ce cadre et surtout indépendamment de l'évaluation de l'impact global ou des incidences sociales. Balassa (1961) a alors défini deux orientations à ce sujet : l'approche par « projet » et l'approche par « paquet ». Selon lui, l'approche par paquet est préférable car elle est fondée sur l'existence de plusieurs projets liés et organisés. Elle produit des bénéfices aux différents partenaires engagés dans le processus d'intégration. En s'inscrivant dans une approche similaire à celle de Balassa, les experts de la CEA (1990) se sont focalisés sur trois approches à savoir : l'approche globale, l'approche sectorielle et l'approche par projet. La première approche dite globale consiste à situer l'ensemble des secteurs d'activités dans le champ de l'intégration. A ce titre, la planification rigoureuse de l'action à conduire s'impose et elle implique obligatoirement une harmonisation des politiques économiques ainsi que des plans de développement. Enfin, elle implique nécessairement la mise en place effective d'organes multilatéraux et supranationaux de gestion et qui sont dotés suffisamment de pouvoirs dans le domaine économique. En dépit de l'intérêt de cette approche, c'est-à-dire la compensation intersectorielle qu'elle favorise pour les partenaires engagés, sa mise en pratique reste complexe, lourde et coûteuse. Dans l'approche sectorielle, l'on procède par étapes successives, en concentrant les actions sur un secteur à la fois, et ce grâce à une harmonisation des politiques et des mesures de développement sectorielles. Cette approche paraît efficace car elle est plus aisée à mettre en oeuvre. Par contre, elle est difficile à suivre car elle néglige totalement le problème des compensations à assurer aux partenaires. La troisième démarche consiste à identifier et à mettre en oeuvre des projets spécifiques. Cette approche est la plus aisée et la moins contraignante pour les différents partenaires engagés. Mais elle est très limitée car ne permettant pas l'engagement significative des pays dans l'harmonisation des politiques économiques globales et sectorielles. Par ailleurs, elle laisse entièrement le problème de la répartition des coûts indirects et des avantages des projets engagés. Quant aux institutions internationales relevant du système des nations unies, la Banque mondiale et celles liées à l'Union européenne (UE), ils préconisent une approche différente basée sur l'intégration par la coopération. Ainsi donc pour aboutir à l'intégration économique, l'UE a défini deux étapes préliminaires dans le processus à savoir : l'étape de la coopération thématique ou fonctionnelle et l'étape de la coopération des politiques concertées au niveau régional dans un cadre sectoriel (CEE, 1988). Dans la première étape, il faut faire le choix de projets d'exploitation collective des ressources communes aux Etats frontaliers. On peut également à travers cette étape engager la prise en charge d'un problème commun (la lutte contre le terrorisme). Dans la deuxième étape qui privilégie l'harmonisation des politiques sectorielles, l'objectif est d'éviter aux pays partenaires les contrecoups liés aux politiques nationales et aux mesures non concertées (dans le domaine du textile par exemple). La Banque mondiale (1989) de son côté semble plutôt privilégier le renforcement de la coopération à travers trois principes fondamentaux à savoir : une libéralisation économique allant dans le sens de la déréglementation et du renforcement de l'ouverture sur les marchés mondiaux ; une large coordination régionale des politiques monétaires et des aspects macro-économiques des programmes d'ajustement structurel ; et enfin un maximum de pragmatisme dans le choix des pays et des domaines de coopération. Cependant, force est de signifier que cette perspective n'a pas encore eu un impact significatif sur la pratique courante de la Banque mondiale et dans les pays africains, et ce, en ce qui concerne la conception des programmes d'ajustement structurel. L'orientation reste encore plus nationale que régionale.

En somme, trois écoles nous permettent de souligner le caractère volontariste des différentes approches des théories de l'intégration. Elles reposent en effet sur l'inexistence ou du moins la neutralité, des facteurs extra-économiques liés aux choix ainsi qu'aux comportements des acteurs, et enfin sur l'absence de dynamiques sociales et politiques capable d'infléchir les choix et les actions purement économiques. Ces trois écoles présentent ainsi des démarches peut-être utiles dans le processus de construction théorique, mais elles sont aussi limitées lorsqu'il s'agit de définir des politiques économiques.

* 1 Naceur BOURENANE apporte une contribution en analysant les fondements théoriques des modèles classiques de l'intégration. Sous la Direction de Réal Lavergne « Intégration et coopération régionale en Afrique de l'Ouest ». Editions KARTHALA 22-24, Boulevard Arago 75013 paris, CRDI, Boîte postale 8500 Ottawa KIG 3H9.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net