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Le traite d'amitié et de coopération entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso et le renforcement de l'intégration économique sous-régionale


par Ceba Timothée KELY
EENI Global Business School - Doctorat 2020
  

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2.2 . Les recherches empiriques sur l'intégration régionale et le commerce international

Les chercheurs pensent que l'une des principales limites des tentatives passées en matière d'intégration économique se justifie par la primauté excessive accordée à l'approche instrumentale des questions communautaires (Bourenane, 1996). Cette approche est à la base d'un Etatisme excessif dans le choix et la mise en oeuvre des projets. Elle est également caractérisée par un volontarisme incontrôlé eu égard les contraintes du terrain. Elle est enfin caractérisée par l'attitude mimétique vis-à-vis de ce qui a débuté ailleurs (Europe communautaire) (Bach, 1996). Dans ce contexte, l'intégration est souvent réduite à une simple définition des modalités technico-bureaucratiques d'une coopération économique renforcée entre les pays voisins, qui accorde la priorité aux différentes formes institutionnelles. On occulte alors les questions essentielles des objectifs socio-économiques à négocier par les partenaires impliqués par les actions qui leur sont liées. Cependant, après les travaux du Club du Sahel (CILSS) ou de la Conférence des ministres de l'agriculture autour des problèmes de sécurité alimentaire, de nouvelles perspectives plus réalistes se présentent (Brah, Pradelle et d'Agostino, 1993)2(*). L'analyse globale et multidimensionnelle de l'intégration et de la coopération régionale adoptée par la Conférence de Dakar permet de faire le point de l'évolution des réflexions sur ce sujet, et surtout en attestant que des intellectuels africains attachent du prix à l'idéal régional (Diop et Lavergne, 1994)3(*). Ainsi, les africains pensent que Mytelka (1996) propose un modèle d'intégration régionale basé sur l'innovation en s'opposant alors aux approches antérieures sur les échanges ou sur la spécialisation économique. Selon l'auteur, les modèles d'intégration « fondés sur les échanges » et ceux « fondés sur la spécification » ont connu des échecs parce qu'ils représentaient un caractère de jeu à somme nulle et ne bénéficiaient pas de soutien efficace au niveau des entreprises. Pourtant, les économistes s'accordent sur le fait que les mécanismes d'échanges préférentiels instaurés pour doper les échanges régionaux n'ont pas bien fonctionné. Ils ne pourront fonctionner que si l'on trouve de nouvelles formules moins chères et faciles à appliquer (Robson, 1987 ; Foroutan, 1993). Selon Badiane (1996), les économistes du développement ne s'opposent pas forcement à tout point de vue au protectionnisme, mais au protectionnisme excessif et au taux de change surévalués qui fragilise les exportations et ralenti la croissance économique. Pour lui, il faudrait que la protection s'accompagne d'un certain nombre de critères de performance, comme ce fut le cas en Asie du Sud-Est (Banque mondiale, 1993). Badiane (1996) intervient sur le commerce et le transport selon le modèle de l'UEMOA, en insistant sur l'importance des bonnes pratiques des politiques commerciales et de transport pour doper le commerce régional.

2.2.1. L'impact de l'intégration sur les échanges bilatéraux

Les recherches empiriques ont permis d'évaluer et d'analyser l'impact de l'intégration régionale sur le commerce international. Cependant, il y a des divergences sur la significativité, l'ampleur et le signe de l'effet. On remarque par ailleurs dans certains travaux des insuffisances au niveau de la méthodologie. Carrère (2004) a évalué l'impact des accords régionaux sur les échanges des pays membres en Afrique subsaharienne et compare les effets des accords commerciaux préférentiels et des unions monétaires sur la période de 1962 à 1996. Après avoir estimé un modèle de gravité en panel avec effet spécifique, par la méthode d'Hausman-Taylor, les résultats ont révélé que les unions monétaires africaines et les Communautés économiques régionales ont connu une croissance significative du commerce intra-africain. Quant à Agbodji (2007), il étudie le cas spécifique de l'UEMOA à travers le commerce frontalier informel. Dans son étude, Il considère le commerce comme étant un processus dynamique. Ainsi après avoir estimé un modèle de gravité, augmenté par la méthode généralisée des moments (GMM), les résultats des estimations révèlent que l'appartenance à la zone monétaire commune (UEMOA) et la mise en oeuvre des reformes économiques ont eu des effets significatifs en termes de détournement des importations et des exportations. Mais l'auteur ne précise pas comment les problèmes liés au traitement du commerce nul dans l'échantillon sont pris en charge. Même si la méthode GMM permet de résoudre les problèmes d'endogénéité entre les variables, un mauvais traitement du commerce nul peut entrainer des biais dans l'estimation de l'effet (Baldwin, 2005). Les travaux d'Avom et Ggetnkom (2005) ont traité les problèmes liés au commerce nul dans l'UEMOA. Pour cela ils utilisent la méthode Tobit, une méthode non linéaire qui permet de reconnaitre l'existence des valeurs nulles de la variable dépendante. En considérant deux périodes (1990-1994 et 1996-2000), ils montrent à travers les estimations que la variable captant l'intégration est significative sur la période 1996-2000. Ils attribuent donc ces résultats aux reformes économiques des années 1980-1990. Cependant, leurs résultats seront critiqués à cause de certaines variables importantes omises dans le modèle de gravité à savoir : la contiguïté, le taux de change réel bilatéral, la volatilité de change bilatéral et la qualité des infrastructures. Les travaux de Diop (2007) sont parvenus à des résultats proches de ceux de Rose (2000). Il trouve un coefficient multiplicateur de l'ordre de trois sur un échantillon de treize pays appartenant à la CEDEAO. Pour cela, Diop utilise la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) en coupe transversale, les variables étant transformées en moyenne des valeurs observées sur la période d'étude (1997-2004). Mais ces travaux souffrent de la négligence des biais relatifs au commerce nul non pris en charge dans la méthodologie d'estimation. Entre outre, d'autres déterminants importants ont été omis dans le modèle économétrique à savoir : le taux de change réel bilatéral, la volatilité de change bilatéral et la qualité des infrastructures.

Bangake et Eggoh (2009) ont été aussi soumis à ces mêmes critiques en utilisant des techniques de panel (effets fixes et effets aléatoires) pour trouver un impact positif et significatif du franc CFA sur les échanges commerciaux intra-africains de l'UEMOA. Ils ont traité les flux de commerce nul en ajoutant une constante arbitraire à la variable dépendante. Wumi et Oluyomi (2013) montrent la contribution de l'intégration régionale et la facilitation du commerce sur les performances des exportations agricoles de la CEDEAO. Les analyses économétriques (estimateur within et méthode GMM en panel) révèlent que l'intégration économique (c'est-à-dire la part des exportations agricoles dans le commerce intra-régional) contribue de manière significative à la facilitation du commerce (c'est-à-dire le nombre de jour nécessaires pour exporter) dans la CEDEAO. En retour, l'intégration économique et la facilitation du commerce ont un impact sur les exportations agricoles. Cela signifie que le niveau du commerce agricole est lié à la production agricole. On relève toutefois que ces résultats obtenus sont fragiles à cause de la courte période d'étude (2003-2008).

* 2 Limites de l'approche instrumentaliste et les éléments d'une approche renouvelée (Brah, Pradelle et d'Agostino, 1993).

* 3 Les visions stratégiques et perspectives de la coopération et de l'intégration économique (Diop et Lavergne, 1994).

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