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Effets du contexte pédoclimatique sur les teneurs en réserves glucidiques chez le peuplier en taillis à  très courtes rotations


par Chloé Morin-Payé
Université d'Orléans - Master 1 2020
  

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IV. Discussion

A Saint Cyr-en-Val, il y a beaucoup d'eau stagnante en hiver et une sécheresse édaphique en été. Ceci s'explique par la composition du sol. En effet, les 40 premiers centimètres sont composés de sable qui est un matériau très drainant. Cependant, en-dessous de cette couche de sable, il y a une épaisse strate d'argile, ce qui fait que de l'eau a plus tendance à être retenue dès lors qu'il y a de fortes précipitations ou bien en hiver lorsque le sol est saturé. De plus, un étang se trouve non loin de la parcelle provoquant des remontées capillaires d'eau et formant une nappe affleurante. Les peupliers sont inféodés aux zones humides mais ne supportent pas l'eau stagnante, ils ont besoin qu'elle soit continuellement renouvelée. En été, les sols sont asséchés dû à l'horizon superficiel très perméable. L'eau qui est retenue dans la glaise en profondeur n'est pas du tout disponible pour les plantes. Les sols argileux ont beau avoir une forte capacité de rétention de l'eau, leurs réserves mobilisables ne constituent que la moitié de ce qu'ils peuvent retenir. L'eau est le paramètre le plus limitant pour la production de biomasse végétale ce qui fait que les arbres qui sont exposés à des épisodes de sécheresse et qui ne peuvent les éviter modifient leur stratégie d'utilisation du carbone. Au contraire, à Echigey, le sol est bien équilibré avec un pourcentage limoneux plus élevé. La couche d'argile se trouve également plus profondément, n'empêchant pas l'eau de circuler.

1. Variabilité génétique et plasticité phénotypique des réserves glucidiques

À la suite des dosages glucidiques réalisés sur les arbres des deux sites, nous avons observé qu'il existait de la variabilité entre les génotypes sur les deux sites quelle que soit la variable (sucres solubles, amidon et NSC).

Les résultats obtenus pour les NSC étaient à chaque fois sensiblement ressemblant à ceux des sucres solubles sur les deux sites. Cela peut s'expliquer par le fait que ces derniers représentent la part la plus importante dans les NSC totaux en comparaison de l'amidon. Cependant, ces résultats sont en contradiction avec ceux trouvés chez d'autres espèces ligneuses en 2012 (Sala et al.). En effet, cette étude a mesuré la composition des NSC sur diverses espèces d'arbres sur une période d'un an et révèle une quantité plus importante d'amidon par rapport aux sucres solubles. Elle n'a cependant pas été réalisée chez le peuplier.

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Les peupliers cultivés en TTCR à ECH avaient en moyenne une plus faible quantité de sucres solubles stockés que ceux à SCV alors qu'on retrouvait le schéma inverse pour ce qui est de l'amidon. On peut alors supposer que les conditions hydriques défavorables font augmenter les réserves en sucres solubles et baisser les réserves d'amidon. Ceci pourrait s'expliquer par le fait que lorsqu'il y a un manque de nutriments, l'arbre vient puiser dans ses réserves pour pouvoir continuer à alimenter ses tissus. L'amidon est une macromolécule de réserve, pour la déstocker, la plante a besoin de l'hydrolyser, obtenant ainsi du D-Glucose et faisant augmenter son stock de sucres solubles. Les variations des teneurs en amidon et en sucres solubles en fonction de la disponibilité en eau dans notre étude étaient conformes à celles déjà observées chez le peuplier dans une étude précédente (Bouyer, 2019). Elle montrait qu'en condition de sécheresse modérée, les teneurs en amidon diminuaient mais les NSC persistaient principalement grâce à un pool réfractaire de sucres solubles. Ceci confirme la première hypothèse suggérant que les conditions pédoclimatiques contrastantes des deux sites provoqueraient une mobilisation différente des glucides.

En plus de cela, bien qu'il y ait un sens de variation moyen entre site, tous les génotypes ne répondaient pas nécessairement dans le même sens. Plus précisément, certains génotypes voyaient leurs stocks d'amidon baisser à SCV par rapport à ECH alors que d'autres suivaient le schéma inverse. Cette interaction génotype x environnement n'est pas significative pour les sucres solubles et les NSC bien que le diagramme d'interaction semble nous montrer le contraire puisque plusieurs droites se croisent. Cette non-significativité pourrait s'expliquer par une amplitude de concentrations trop faible. Il existe donc de la variation génétique pour la plasticité phénotypique. La question sera de savoir dans quelle mesure cette plasticité peut être reliée aux performances et les génotypes présentant des sens de réponse très différents constitueront à ce titre des candidats intéressants à étudier davantage.

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