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Evolution du comportement du consommateur français dans l'e-commerce B2C


par Guillaume Challouatte
Universités de Lille I et de Swinburne, Melbourne (Australie) - Master en marketing 2004
  

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* non développés précédemment 2.2 Les dimensions dans la littérature

2.2.1 Approche dimensionnelle

Le risque perçu est un concept multidimensionnel complexe. Il est défini par le risque global qui regroupe l'ensemble des risques perçus par l'individu.

Comme présenté dans la première partie du premier paragraphe, Cox (1967) a été le premier à déceler différents aspects du risque : « Le risque n'est pas perçu uniquement par rapport aux aspects purement économiques ou fonctionnels de l'achat, mais également par rapport aux satisfactions psychosociales qui en découlent »12(*).

A ces premiers risques, des auteurs vont en ajouter comme Roselius (1971) avec la perte de temps ou comme Jacoby et Kaplan (1972) qui définissent 5 dimensions du risque perçu : économique ou financier, fonctionnel ou performance (dimension principale pour ces auteurs), physique, puis dissocient psychologique et social. Enfin, Zikmund et Scott (1973) ajoutent le risque d'opportunité.

Ainsi, le risque de perte de temps reprend le temps passé pour l'achat et pour la réparation en cas de problèmes. Le risque économique ou financier représente le risque que l'argent dépensé, pour le produit, est excessif par rapport aux attentes du consommateur, que le même produit peut-être moins cher ailleurs ou que, lorsque le produit ne répond pas à nos attentes, l'entreprise le change ou le rembourse. Le risque de performance ou fonctionnel évoque la qualité du produit : est-elle mauvaise ? Répond t'elle aux attentes ? Quelles seront les pertes en cas de réparation ? Le risque physique symbolise les dangers du produit pour la santé, l'environnement... Le risque psychologique reprend la déception de la personne par rapport au produit et la modification de son image dans son environnement. Le risque social représente l'impact de la décision d'achat d'un produit sur l'opinion et le jugement que les autres ont de nous et de notre achat. Quelle sera l'image projetée ? Le risque d'opportunité est le risque de perte associée à un achat dont le rapport qualité/prix évolue rapidement.

Stone et Grönhaug (1993) ont mesuré l'importance des différents risques financiers, sociaux, de perte de temps, de performance, physiques et psychologiques. Malgré leur variation selon les situations d'achats, les dimensions financières et psychologiques dominent ces 6 risques. Ces mêmes 6 risques, expliquent 88% du risque perçu (tests pour l'intention d'achat de micro ordinateurs).

2.2.2 Approche multi-attributs

L'approche des dimensions du risque perçu repose sur l'idée que le risque perçu par le consommateur peut être expliqué par un nombre limité et prédéterminé de pertes ; cependant, des auteurs comme Cases (2001) suggèrent que le nombre et le type de dimensions du risque peuvent être associés au contexte d'achat, soulignant la possibilité de dimensions du risque qui n'avaient pas encore été identifiées par la littérature. Mais surtout, les 6 pertes présentaient par Stone et Grönhaug (1993) ne capturent pas toute la variance du risque perçu global.

Dans la recherche des dimensions du risque perçu, l'approche multi-attributs est donc venue s'interférer en proposant le postulat qu'il existe autant de dimensions que d'attributs déterminants pour un produit donné, dans une situation d'achat donnée, pour un segment d'individus donné. Ainsi, le consommateur perçoit le risque au niveau de chaque attribut déterminant du produit et à ses caractéristiques associées.

Pour Volle (1995), l'approche multi-attributs est « certainement plus pertinente que l'approche à partir des grandes dimensions ... aucune décomposition du risque global ne s'impose arbitrairement »13(*). De plus, selon Halvena et De Sarbo (1991), il est toujours possible de réduire le nombre élevé d'attributs à quelques axes pertinents.

Cependant cette approche est difficile à mettre en oeuvre. En effet, il s'agit, pour le consommateur, d'associer le nombre d'attributs à un nombre de facteurs et de percevoir le risque au niveau de chaque attribut déterminant. Cela est irréaliste dans certaines situations comme celle du choix en temps limité (Yates et Stone 1992). La représentation du risque est donc plus simple lorsqu'elle est rattachée à chaque alternative d'une façon globale.

3. Attitudes envers le risque perçu

Les comportements des individus sont différents face au risque. Afin d'observer plus en profondeur le comportement du consommateur face à ces dangers, nous allons vous proposer des outils de mesure du risque chez l'individu et les outils qu'il utilise afin de réduire ces menaces.

3.1 Mesures du risque selon les individus

Face au risque, différents traits de personnalité co-existent. Nous avons les preneurs de risque (risk seeker) ou éviteurs de risque (risk avoider). L'échelle de mesure la plus connue est l'échelle de « tolérance psychologique au risque » (Kogan et Wallaach 1964). Chaque individu évalue le niveau de risque d'un ensemble de situations. Les individus qui ont évalué une situation risquée comme pas très risquée sont jugés preneurs de risque et inversement pour les individus ayant évalué comme très risquée une situation pas très risquée.

Woodside (1972) a proposé une échelle « prise de risque ». Chaque individu doit choisir entre 2 scénarios différents, dont l'un est plus risqué que l'autre, mais procure d'avantage de satisfaction en fonction de son niveau de risque.

* 12 Cox D.F. (1967), « Risk Handling in Consumer Behavior : An Intensive Study of Two Cases », Risk Handling in Consumer Behavior, Cox éd., Boston, Harvard University Press, p.34-81.

* 13 Volle P. (1995), « Le concept de risqué perçu en psychologie du consommateur : antécédents et statut théorique » Recherche et Applications en Marketing, vol.10, n° 1, p.40-56.

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