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Evolution du comportement du consommateur français dans l'e-commerce B2C


par Guillaume Challouatte
Universités de Lille I et de Swinburne, Melbourne (Australie) - Master en marketing 2004
  

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3.2 Réducteurs de risque

Le réducteur de risque est associé au risque sur lequel il agit. Il est défini comme

« toute action, à l'initiative de l'acheteur ou du vendeur, utilisée en tant que stratégie de résolution de risque »14(*) (Roselius 1971). Le réducteur de risque est une conséquence de l'existence du risque (Stem, Lamb, Mc Crokle 1990).

La réduction du risque par le consommateur s'explique par le principe d'Homéostasie. Il existe un niveau optimal de risque que les individus sont prêts à tolérer pour poursuivre ou non l'achat (Shanteau 1992), au delà de ce niveau de risque acceptable (Dowling et Staelin 1994), propre à chaque individu, l'équilibre homéostasique est rompu, un déséquilibre cognitif se crée, ce déséquilibre doit être restreint par la réduction du risque.

Des méthodes existent pour réduire ce risque ; elles sont justifiées par Cases (2003) « parce qu'un risque est perçu dans la plus part des décisions d'achat, les consommateurs doivent alors le gérer et disposer de méthodes pour prendre leurs décisions en toute confiance »15(*). Ces méthodes, Olshavsky (1985) les a divisées en 3 catégories : le processus cognitif interne avec la recherche d'informations et comparaisons, le processus basé sur autrui avec les conseils, et enfin le processus affectif avec l'expérience positive qui lie le consommateur à la marque. Ces 3 processus seront alors, plus ou moins étudiés selon leur disponibilité (qualité, quantité), le risque encouru et l'incertitude.

3.3 Stratégies de réduction du risque

Selon Roselius (1971), le consommateur peut réduire le risque pré-décisionnel selon 4 stratégies : diminuer la probabilité d'échec de l'achat, réduire la sévérité de la perte en cas d'échec, modifier le type de perte par un autre pour lequel il a une tolérance plus élevée et renoncer à l'achat ou choisir d'acheter et ainsi absorber le risque non résolu.

Ces stratégies se traduisent par différentes techniques, pour le consommateur et le vendeur, afin de rendre acceptable le risque perçu et simplifier la prise de décision.

Bauer a été le premier à identifier le couple qualité/prix (produits à prix élevé ou bon marché), l'influence du groupe et la fidélité à la marque comme méthodes réductrices du risque. Puis de nombreuses méthodes sont apparues :

- La recherche d'information (Cox, 1967b)

Une perception du risque plus élevée engendre une recherche d'information plus importante (Sheth et Venkatesan, 1968) et plus active (Urbany, Dickinson et Wilkie, 1989). Cependant, des auteurs comme Gemunden (1985) remettent en cause la relation risque perçu élevé et recherche d'information plus importante, en estimant que la recherche d'information dépend plutôt de la complexité de la décision d'achat. Simon (2000) réfute également cette relation en affirmant que celle-ci est inexistante dans plusieurs cas, lorsque le degré de perception du risque est inférieur à un seuil minimal, le coût de l'information est trop important, il existe un risque de dissonance engendré par l'information supplémentaire et enfin, lorsqu'un manque de confiance dans les sources d'informations est réel.

Ces 2 auteurs Bauer et Cox caractérisent les informations commerciales (publicité) comme moyennement performantes pour réduire le risque.

- L'achat de marque et les communications interpersonnelles (marketing viral) (Cunningham 1967).

- La garantie de remboursement en cas d'insatisfaction (Derbaix, 1983).

- La garantie après-vente (Van, 1987).

- Proposer des essais ou échantillons afin de développer l'expérience du consommateur avec le produit (Akaah et Korgaonkar, 1988).

- Le choix des points de vente ou modes d'achat (Prasad, 1975 ; Dash, Schiffman et Bergenson, 1976 ; Korgaonkar et Moschis, 1989). En effet, certains sont considérés comme plus risqués que d'autres.

Une limite est à apporter aux demandes de réductions de risques des individus. Plusieurs études (Placer et Delquie, 1997), ont prouvé que la relation entre perception de risque et demande de réduction de risque n'est pas toujours liée. Les consommateurs peuvent prendre en compte lors de leur décision d'autres facteurs que l'existence de risque, pour exprimer leur demande de réduction de risque. Ainsi, ils peuvent par exemple, être intéressés par le succès potentiel du programme de réduction de risque sans accorder une importance au risque lui-même, ou inversement, déceler un risque fort dans quelques chose, mais ne pas croire à la réduction possible de ce risque.

PROCESSUS DE TRAITEMENT DU RISQUE PERCU AVANT ACHAT

(Inspiré de Cases, 2003)

Déterminants du risque perçu

Caractéristiques : Individuelles Situationnelles Produit

Niveau de risque perçu global

Mesure du Risque perçu

Dimensions du risque perçu

gestion du risque perçu

Stratégies de réduction du risque perçu

Niveau de risque perçu global

Décision achat

Dans ce premier chapitre, nous aurons donc insisté sur la difficulté de clarifier la notion de risque et plus précisément de risque perçu.

Nous avons analysé le risque perçu dans un environnement traditionnel d'achat. Rapprochons nous de notre problématique en étudiant ce risque perçu dans un contexte d'achat sur Internet, avec une présentation de son évolution et de ses risques.

Chap.2

Les déterminants du risque perçu dans le cadre du commerce électronique

La confiance dans le commerce électronique continue de progresser, passant de 23% en 2001 à 41% en 2003, cependant plus de la moitié des internautes n'ont donc toujours pas confiance dans l'achat en ligne (Médiamétrie, 2003). Afin de comprendre et de se rendre mieux compte des problèmes du commerce électronique, il est important de présenter son état des lieux en 1998-99 et en 2003-2004, pour ainsi estimer l'évolution. Cette étude du commerce électronique nous permettra d' étudier plus en avant, les types de risque perçus et les moyens de les réduire.

1.Evolution de la demande
de commerce électronique en France

Dans les années 1998, le potentiel de développement de l'e-commerce semble très important, puisque les experts s'accordent à penser qu'il devrait représenter entre 5 et 10% du chiffre d'affaires des ventes de détail dans les années à venir... Finalement, début 1999, il apparaît évident qu'une pleine exploitation de ce secteur ne sera possible que si les sites réussissent à rassurer les consommateurs potentiels et à améliorer les contacts avec eux (ergonomie, rapidité, personnalisation, interactivité...).

Qu'en est-il aujourd'hui, les sites ont-ils su se développer et répondre aux attentes du grand public ?...

* 14 Roselius T. (1971), « Consumer Rankings of Risk Reduction Methods », Journal of Marketing, vol.36, N°1, avril, 1, p.56-61.

* 15 Cases A-S (2003), « Le risque perçu, une variable médiatrice dans le processus de réduction du risque sur Internet », Publication AFM, « Percevoir, identifier et gérer les risques en marketing », p.137-153.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon