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Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

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3.1.2 Une législation sévère mais contournable

Les ordonnances de 1944 relatives aux médias sont draconiennes. L'audiovisuel, via un monopole public des chaînes, est la chasse gardée de l'Etat. Pour la presse quotidienne, c'est le principe de « un homme un titre » qui prévaut, assorti d'une obligation de transparence économique. Seule la presse périodique jouit de plus de liberté et permettra la constitution de grands groupes. A la fin des années 1970, on assiste à une dénonciation du viol des ordonnances de 1944 que cristallisent quelques affaires, comme la reprise de France Soir et du Figaro par le groupe de Robert Hersant, et l'arrivée de la gauche au pouvoir change la donne. Le monopole public dans l'audiovisuel disparaît, même si les initiatives privées sont très encadrées, le principe de « un homme un titre » laisse la place à la notion de seuil à ne pas dépasser et une autorité de régulation, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), est créée. Avec le retour de la droite en 1986, on assiste à une vague de privatisations dans l'audiovisuel et les seuils en vigueur dans la presse écrite sont augmentés. L'objectif de François Léotard, ministre de la culture et de la communication, est de mettre en place une politique de champions nationaux pour que des groupes de communication français émergent sur la scène européenne et mondiale. L'article 41.1 introduit la règle des « deux situations sur quatre ». Une même entreprise ne peut cumuler une présence dans plus de deux médias (radio, télévision hertzienne, télévision par câble et PQN). Pour la PQN, la règle s'applique si une entreprise rassemble plus de 20 % de la diffusion globale, ce qui est relativement élevé. Dès lors, de commissions en débats parlementaires, il n'y aura plus de modifications significatives du dispositif anti-concentration, simplement des volontés isolées. Et de fait, depuis 1986, le débat politique sur la concentration des médias est au point mort. Le pluralisme médiatique est une valeur difficile à garantir par le biais de la loi en raison de sa subjectivité ; les enjeux financiers sont énormes et les pressions qui pèsent sur les acteurs politiques dans un sens comme dans l'autre paralysent l'action.

3.1.3 Hersant, ou la concentration comme principe stratégique

Malgré la législation anti concentration dont une loi qui le visait sans le nommer, Robert Hersant va se lancer dans l'édification d'un empire de presse en France et à l'étranger. Parti d'un formidable succès en presse magazine avec L'Auto Journal, il reprend de petits titres et signe son premier coup d'éclat en s'emparant du quotidien régional Paris Normandie. Sa réussite va crescendo avec la prise de contrôle du Figaro en 1975 et de France Soir en 1976, puis la reprise de L'Aurore en 1979. Robert Hersant fait construire un centre d'impression près de Roissy (Paris Print), avec un système de fac-similé couplé avec des imprimeries délocalisées qui servent à imprimer les titres locaux. Sur sa lancée, Hersant prend le contrôle du Progrès de Lyon, entre au capital de L'Union de Reims et rachète le quotidien spécialisé Paris Turf. La logique industrielle s'exprime dans l'exemple Hersant de trois manières. Tout d'abord le magnat de la presse avait créé des structures transversales pour rationaliser l'exploitation technique et commerciale des journaux, à la manière des grands consortiums de presse américains ; il s'agit de Paris Print qui imprimait des quotidiens du matin Le Figaro, Paris Turf, et un quotidien du soir France Soir, trois régies publicitaires et une agence d'information. Ensuite, Hersant avait internationalisé son groupe en se lançant à l'assaut des marchés belge francophone, espagnol et d'Europe de l'Est après l'effondrement du communisme. Enfin le groupe avait acquis une dimension multimédia bien que celle-ci ne fut pas concluante, avec une expérience en radio avec Fun et une autre en télévision avec La Cinq.

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