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Quel avenir pour la presse quotidienne nationale française ?


par Marc LEIBA
Ecole Supérieure de commerce de Reims - Master in Management 2006
  

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3.4.2 Et si on écoutait les lecteurs ?

Le 14 septembre 2006, paraissait dans Libération une mise au point émanant de la rédaction du journal pour expliquer comment se passent les choses après le départ de Serge July. Outre les explications données par le journal, certaines réactions des internautes apportent des points de vue d'utilisateurs finaux fort intéressants. Ainsi peut on lire sur le site Internet :

Pour que survivre la presse écrite et le journalisme il est essentiel de comprendre qu'un journal n'appartient pas au journaliste mais au lecteur. Le premier travail rédactionnel du journaliste c'est l'information, pas l'opinion.

Fkn.

Mon cher Libé, vous avez perdu ce lien avec le réel qui décrypte les causes et les effets des événements, mais aussi celui du rêve et de l'utopie qui chaque jour ferait briller un soleil dans nos kiosques : LIBERATION!

Daniel.

Je n'achète pas Libé car c'est un torchon au sens "propre" du mot. La qualité de ses articles n'est pas en cause mais la qualité du papier oui. Je ne supporte plus d'avoir les mains noires d'encre après ma lecture matinale. Même les gratuits ont une qualité de papier 10 fois supérieure. Y a t'il une explication ?

Logico.

Libé, certes un journal historique mais qu'en est-il aujourd'hui, qu'apporte t-il ? Je continue à l'acheter de temps en temps et à chaque fois je suis déçue, je n'y trouve rien de plus que ce que je lis sur le site Internet et aucun dossier réel. Or, c'est ça que je recherche : des dossiers en profondeur qui me permettent d'essayer de comprendre, d'analyser, un journal qui soit original, pas la même chose qu'ailleurs sous un autre nom !!! Et finalement tout ça où le trouve-je : sur le net, sur des sites spécialisés. Alors je me demande : si vous ne nous apportez rien de plus, pourquoi vous acheter en effet ?

Svetie.

J'achetais régulièrement Libé, je le lisais, je l'avoue avec moins de passion qu'à ses débuts, car les articles se vidaient de leur potentiel de réflexion. Depuis le terrible article de Serge July au lendemain du référendum, j'ai dé-"libérément" décidé de couper les ponts. Je passe dessus, comme sur les autres journaux, sur internet. J'y trouve parfois un bon article (comme chez les autres) mais pas cette qualité qu'il avait avant de devenir insipide.

Pierrot.

Mais n'est-il pas déjà trop tard pour vous, la famille Libération ? Au lieu de vous regarder le nombril pendant des années, c'était l'horizon de l'avenir qu'il fallait regarder, et les échos du public qu'il fallait écouter. Et pas seulement le parisien-bien-pensant-boboïsant-bonne-conscience ! Votre survie n'est pas seulement liée à une question d'argent, elle est aussi liée à une question de fond. Le monde selon Libé ne fait sans doute plus rêver.

Stephen.

Ces extraits de réactions sont relativement représentatifs de l'opinion des lecteurs qui se sont exprimés sur le site. Tous soutiennent le pluralisme d'informations et ont historiquement eu de bonnes dispositions voire plus envers Libération. Mais au fil des années, ils ne se sont plus sentis en phase avec leur quotidien. On aurait pu multiplier les extraits mais l'essentiel peut se lire ici entre les lignes : Libération n'est plus cet OVNI dans la PQN française, il ne fait plus la différence, il ne détonne plus. Bref, le journal a perdu son traitement original de l'information qui a fait son succès et serait devenu trop dogmatique aux yeux des lecteurs qui manifestement ne s'y reconnaissent plus. Pour survivre, les quotidiens seraient bien inspirés d'écouter leur coeur de cible, et de concilier les impératifs journalistiques avec la réponse à ses attentes. En clair, ne rien céder sur la recherche de la vérité et la mission sacrée d'information, tout en proposant un traitement (fond et forme) orienté en direction du lectorat stratégique. Les français, on l'a vu en mai 2005 au sujet du référendum sur la constitution européenne, sont capables de ne pas suivre l'avis majoritaire des deux principaux partis politiques et d'aller contre les éditorialistes. Aussi, laissons le mot de la fin à Dominique Lévy112(*), directrice du département médias chez TNS, « Il n'y a pas d'avenir pour une presse quotidienne sans parti pris : elle doit être valorisée pour sa fonction communautaire ». Journaux, écrivez à gauche, écrivez à droite, soyez faits divers, foot et people, mais soyez lus !

* 112 Voir Stratégies du 15/12/02.

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