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Privatisation et bien-être social: le cas de l'électricité au Cameroun

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par Maxime Kamdem Kamdem
université de Yaoundé II - DEA Sciences économiques 2004
  

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1.1: Les 18 entreprises déjà privatisées au Cameroun..........................23

Tableau 1.2 : Grille tarifaire Basse tension, abonnés domestiques......................29

Tableau 1.3 : Grille tarifaire Basse tension, abonnés professionnels...................30

Tableau 1.4 : Grille tarifaire Basse tension, éclairage public.............................30

Tableau 1.5 : Grille tarifaire Moyenne tension, régime général..........................31

Tableau 1.6 : Grille tarifaire Moyenne tension, régime des zones et points francs industriels........................................................................31

Tableau 2.1 : Evolution du nombre total des abonnés.........................................41

Tableau 2.2 : Evolution des taux de disponibilité par centrale et des taux

moyens de disponibilité après la privatisation..............................46

Tableau 4.1 : Estimation des paramètres de la fonction de coût total ([4.2])...........79

Tableau 4.2 : Estimation des paramètres de la fonction de demande de saison humide...........................................................................79

Tableau 4.3 : Estimation des paramètres de la fonction de demande de saison

sèche.............................................................................80

INTRODUCTION GENERALE

I- CONTEXTE ET PROBLEMATIQUE

La réforme intervenue au Cameroun à partir des années quatre vingt dix trouve son origine dans l'insuccès des expériences ayant conduit à faire des entreprises publiques la clé de voûte

du système économique (TAMBA, 1996). Dans le cadre de cette réforme, le gouvernement a entrepris de rationaliser la gestion des entreprises du secteur public et parapublic à travers la restructuration de certaines, la liquidation et la privatisation d'autres (MINEFI, 1995).

La privatisation est considérée comme un processus selon lequel les prérogatives autrefois attribuées à l'Etat sont désormais déléguées au secteur privé (STIGLITZ, 2000). Au sens strict, elle désigne le transfert à titre définitif des entreprises du secteur public au secteur privé, sous la forme d'actifs ou de titres ou d'une cession de contrôle ; dans un sens large, elle peut s'entendre comme toute action qui vise le transfert temporaire au secteur privé d'activités

qui étaient auparavant exercées par une entité publique (TAMBA, BANYANKA et NKOUIKANI, 2001). La privatisation poursuit en général trois objectifs qui sont : promouvoir l'efficacité économique au niveau des firmes (maximiser les profits et minimiser

les coûts) ; encourager l'efficacité économique au niveau de l'industrie et servir des objectifs sociaux ou politiques (WORLD BANK, 1995).

Le recours au secteur privé, à partir de la privatisation des entreprises publiques se justifie dans un sens, par le lien introduit par LEIBENSTEIN (1978) entre l'inefficience-X et l'entreprise publique ; et dans un autre, par le transfert des droits de propriété qui confère une supériorité de gestion de l'entreprise privée (ALCHIAN, 1965 et DEMSETZ, 1967). Le message qui est véhiculé par ces auteurs est qu'un individu contrôle l'intégralité de ses droits dans une structure privée, contrairement à une structure publique. Cette idée est reprise par SCHMIDT (1991) qui établit le lien entre la nature d'une entreprise et son niveau d'investissement. Il aboutit à la conclusion selon laquelle l'incitation à investir est plus grande dans le secteur privé que dans le secteur public, du fait que l'opérateur contrôle l'entreprise

dans son intégralité ; ce qui va accroître la production.

Jusqu'en 1996, dans toute l'Afrique, la privatisation avait été lente, sans beaucoup de résultats

visibles (CAMPBELL et BATHIA, 1998). A partir de 1997, la privatisation a été répandue

sur le continent et les trois quarts des entreprises privatisées entre 1980 et 1997 évoluaient dans les secteurs de la finance, de l'eau, de l'électricité, des télécommunications et de l'énergie1.

Dans cette étude, nous allons nous appesantir sur le secteur de l'électricité pour la simple raison que l'électricité est indispensable aux industries en tant que bien de consommation intermédiaire et à la population, en tant que bien de consommation finale (éclairage, ou pour tout autre usage domestique). L'électricité est donc un bien d'utilité publique qui doit être accessible à chaque individu ou prestataire de services, moyennant un prix raisonnable, objectif, transparent et non discriminatoire (PERCEBOIS, 1997).

Au Cameroun, la fourniture de l'électricité était assurée jusqu'en 2001 par la Société Nationale d'Electricité du Cameroun (SONEL), qui a été créée en 1974 par la fusion des sociétés Energie Electrique du Cameroun (ENELCAM) et Electricité du Cameroun (EDC). Sa mission était de produire, transporter et distribuer l'énergie électrique. Ces trois segments ont connu une nette évolution depuis la création de la société.

En ce qui concerne la production, elle est passée de 1312GWh en 1975 à 2417GWh en 1988, puis à 3536GWh en 2001. Ceci grâce à l'augmentation de la puissance installée qui est passée

de 316MW à 757MW, puis à 843,5MW, respectivement sur ces trois périodes. Sur le segment

du transport, la SONEL exploitait jusqu'en 1994, 480km de lignes 225kV, 100km de lignes

110kV, 1064km de lignes 90kV. En 2001, la longueur des lignes 110kV est passée à 337km, les autres sont restées inchangées. Le segment de la distribution quant à lui comprenait en 1988,

7928km de lignes répartis de la manière suivante : 3864km de lignes moyenne tension à 33,

30, 15, 10, et 5,5kV ; 4064km de lignes de basse tension et 3299 postes de transformation. Les aménagements effectués dans ce segment ont conduit à l'augmentation des lignes et des

postes de transformation. On recenserait en 2001, 19033km de lignes et 6444 postes.

1 Cette étude portait sur la libéralisation, la gouvernance et la performance des entreprises nouvellement privatisées dans les pays en développement. Elle a été menée par l'institut William Davidson de l'Université du

Michigan en décembre 2001.

Bien que ces équipements permettent d'assurer un service minimum, deux problèmes majeurs

ont cependant été observés. Le premier est lié à la structure financière de l'entreprise qui s'est dégradée à partir de 1994, si bien qu'au cours de l'exercice 1996/1997, les impayés de l'Etat

et des communes s'élevaient à 13534 millions de FCFA. Les impayés auprès des bailleurs de fonds étaient de 26587 millions de FCFA au 30 juin 1997, et la dette vis-à-vis des fournisseurs était de 11095 millions de FCFA à la même date. La trésorerie qui était de 1546 millions de FCFA au 30 juin 1996 est passée à 205 millions de FCFA au 30 juin 1997.

Le deuxième problème est lié aux tarifs appliqués aux différents consommateurs et à l'insuffisance d'investissement. L'on a constaté d'une part que les clients des catégories basse tension et moyenne tension subventionnaient ceux de la catégorie haute tension et principalement le client ALUCAM, qui consomme près de 52% de la production totale d'électricité. D'autre part, l'on a remarqué que le taux de croissance de la demande est supérieur au taux de croissance de la puissance installée, et donc de la production. Ce qui est à l'origine des délestages. Ceci traduit un problème d'efficacité dans l'activité de l'entreprise

qui peut être dû au sous investissement. Dans le secteur de l'électricité au Cameroun, l'inefficacité est révélée lorsque les pertes d'énergies dans le réseau et les énergies non fournies (intensités des délestages) augmentent avec le temps.

Ces problèmes ont fortement affecté l'entreprise et la solution choisie par le gouvernement a

été de la privatiser. Cette décision est intervenue en octobre 1999 et a été effective le 18 juillet

2001, l'Etat ayant permis qu'un partenaire prenne une participation majoritaire dans le capital

de la société. Elle est donc devenue AES-SONEL et est toujours chargée de produire, transporter et distribuer l'électricité sur le territoire national.

Les principaux objectifs de cette privatisation sont axés sur l'amélioration de l'efficacité dans

la production, le transport et la distribution de l'énergie électrique, ainsi qu'à la qualité du service fourni. La privatisation de la SONEL doit permettre de lever les financements indispensables pour la réalisation des investissements nécessaires au développement du secteur de l'électricité (plus de 900 milliards de FCFA sur 20 ans), afin de bénéficier de l'expertise professionnelle d'opérateurs de réputation mondiale. Elle devra ensuite permettre

de fournir l'électricité à un prix compétitif aux industries et à la population camerounaise pour

soutenir la croissance et améliorer la compétitivité globale de l'économie.

Le passage de la SONEL à l'AES-SONEL traduit le passage d'un monopole public à un

monopole privé. Cette situation est l'une des sources d'inefficience, car la rente recherchée

par l'entreprise ne la conduira pas à fixer son prix au niveau du coût marginal comme cela est

le cas en situation de concurrence. Ce qui pourrait automatiquement avoir un impact sur le bien-être des consommateurs et pourrait justifier l'importance de la réglementation des entreprises en situation de monopole (CARLTON et PERLOFF, 1998). La réglementation peut être définie comme le pouvoir de l'Etat à contrôler l'activité économique, notamment lorsqu'il y a la présence de monopoles, d'externalités, d'asymétries d'information ou lorsqu'un bien est public (LEVEQUE, 1998).

Les études menées par certains auteurs sur la privatisation font ressortir son lien avec la réglementation (VICKERS et YARROW, 1988 ; DONAHUE, 1989 et TRINH, 1997). VICKERS et YARROW (1988) étudient la privatisation en Grande Bretagne, et remarquent qu'elle peut difficilement être envisagée sans la réglementation. Ils concluent entre autres que

la privatisation est optimale quand les entreprises évoluent dans des marchés concurrentiels. Cependant, si une entreprise détient un pouvoir de monopole, la privatisation devrait s'accompagner de la réglementation afin que le bien-être social soit garantit. Il serait donc important d'étudier les conséquences de la réglementation sur le bien-être social lorsqu'une entreprise privatisée est réglementée (TRINH, 1997).

La réglementation du secteur de l'électricité au Cameroun est assurée par l'Agence de Régulation (ARSEL) qui a été créée suivant la loi N° 98-022 du 24 décembre 1998. Le but principal de la mise en place de cette agence est de favoriser l'accroissement des investissements, afin d'améliorer l'efficacité du secteur et de garantir le bien-être social.

Il s'avère donc important d'aborder dans cette étude, le problème de l'efficacité du secteur de l'électricité au Cameroun, comme une étape préalable à l'évaluation du bien-être social. Deux raisons justifient cette démarche : la première est liée aux pertes d'énergies et aux énergies non fournies (intensité des délestages) qui se sont accentuées après la privatisation, et la deuxième est liée à l'augmentation des tarifs de l'électricité. Ces deux aspects se sont directement répercutés sur les consommateurs et poussent à nous poser la question de savoir

quel est l'impact de la privatisation de la SONEL sur le bien-être social au Cameroun ?

II- OBJECTIFS

L'objectif principal de l'étude est de mesurer la variation de bien-être social consécutive à l'efficacité du secteur de l'électricité au Cameroun. Spécifiquement, il s'agira:

- D'apprécier l'effet de la privatisation sur l'efficacité du secteur de l'électricité.

- D'évaluer l'impact de la réglementation du secteur de l'électricité sur le bien-être social au Cameroun.

III- HYPOTHESES

Cette étude repose sur les deux hypothèses suivantes :

H1 : La privatisation améliore l'efficacité de la production d'électricité. Plusieurs études menées sur la privatisation ont en effet montré qu'elle se justifie par des arguments d'efficacité.

H2 : La réglementation du secteur de l'électricité au Cameroun améliore le bien-être social.

Celle-ci peut en effet s'avérer nécessaire pour garantir le bien-être social lorsqu'une entreprise a été privatisée.

IV- MÉTHODOLOGIE

L'évaluation du bien-être sera faite sur la base de la nouvelle grille tarifaire mise en place par l'AES-SONEL qui a distingué deux périodes : une période dite de saison sèche (janvier-juin)

et une période dite de saison humide (juillet-décembre). Sur cette base, nous allons considérer l'électricité selon qu'elle est fournie en ces saisons. La demande d'électricité en saison sèche (Qs) et la demande en saison humide (Qh) s'expriment respectivement comme fonction de Ps

et Ph, qui désignent respectivement les prix en saison sèche et en saison humide. Les

fonctions de demandes inverses sont définies par :

as, bs, ah et bh, sont tous positifs.

Ps =as -bsQs

et Ph =ah -bhQh

Les paramètres

· En premier lieu, l'étude sera axée sur une analyse statistique faite à partir du logiciel

Excel 2000. Cette approche permettra de savoir s'il y a eu amélioration de l'efficacité

de la production ou pas après la privatisation. Cette analyse se fera à partir des deux principaux critères d'efficacité qui sont : les pertes d'énergies et les énergies non fournies.

· En second lieu, l'objectif sera de mesurer la variation de bien-être social. Pour ce faire, nous allons considérer que la fonction de coût total de production est définie par :

d

CT ( Q s ,Q h ,Q M ) = aQ s + bQ h + cQ M +

Q M - Q h

. Dans cette expression, QM représente

la capacité installée. L'estimation des coefficients a, b, c, d, as, bs, ah et bh, se fera à

partir du logiciel E-views 3.1. Ces paramètres nous permettront de déterminer les quantités et les prix à l'optimum de premier rang : Q*s, Q*h, P*s, et P*h ; et à

l'optimum de second rang: Qsr , Qsr , Psr

et Psr

(prix de Ramsey-Boiteux). Sur la

s h s h

base de ces derniers, des prix et des quantités en vigueur, nous évaluerons en unités monétaires la variation de bien-être social au Cameroun.

Source des données

Les données pour notre étude proviendront de l'Agence de Régulation du Secteur de l'Electricité (ARSEL) sur la période allant de 1991 à 2004. Ces données concernent la production d'électricité (énergies produites) par type de saison et par sources ; les énergies non fournies; les pertes d'énergies ; les prix pratiqués par type de saison ; les coûts de production et la consommation par type de tension et par saisons.

V- PLAN DE TRAVAIL

Première partie : Privatisation et efficacité du secteur de l'électricité au Cameroun

Chapitre 1 : Processus de privatisation et privatisation de la SONEL Chapitre 2 : Privatisation de la SONEL et efficacité de la production

Deuxième partie : Réglementation publique et bien-être social

Chapitre 3 : Objectif et modes de régulation

Chapitre 4 : Le bien-être et la réglementation

P R E M I E R E P A R T I E

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand