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L'accord de Cotonou et la lutte contre la pauvreté


par Yaya MORA BROUTANI
Institut d'études politiques de Toulouse - Master géopolitique et relations internationales 2006
  

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Partie 1 : Partenariat UE - ACP : une coopération performante ?

L'objectif du partenariat ACP-UE est de réussir à établir des relations stables et privilégiées entre les Etats parties. Pour ce faire, il est impératif que les partenaires ACP parviennent à un état de développement économique qui leur permettrait de faire face à la concurrence mondiale. Le développement de ces Etats consiste en « un ensemble de transformations techniques, sociales et culturelles qui permettent l'apparition et la prolongation de la croissance économique ainsi que l'élévation des niveaux de vie »40(*).

Si cet enjeu est central dans le partenariat ACP-UE depuis sa création, il n'en reste pas moins que la présentation de la convention de Cotonou sous forme de « stratégie de coopération » est novatrice. En effet, ce nouvel accord refond le cadre de la coopération et concilie le développement des Etats ACP avec la mise en place d'une coopération commerciale avec la Communauté européenne. Ainsi, l'article 18 dispose : « les stratégies de coopération se fondent sur les stratégies de développement et la coopération économique et commerciale, qui sont interdépendants et complémentaires. Les parties veillent à ce que les efforts entrepris dans les deux domaines mentionnés ci-dessus se renforcent mutuellement ».

Dans cette perspective, nous verrons dans le chapitre 1 comment les parties se sont entendue pour recentrer le partenariat autour d'objectifs et d'enjeux, aussi précis qu'ambitieux, fondamentaux pour la réussite de la Coopération UE-ACP.

Parallèlement, face à la « philosophie » de Lomé qui consistait en une approche détaillée par secteur, la convention de Cotonou a opté pour une valorisation des moyens mis à la disposition des ACP par le biais d'une stratégie globale et intégrée. La volonté d'une coopération efficace a nécessité un renforcement des moyens mis en service de tels objectifs. Le chapitre 2 sera consacré à ce volet.

Chapitre 1 : La coopération au développement : quels objectifs ?

La diversification des objectifs du partenariat a été une des principales critiques des conventions de Lomé41(*). La convention de Cotonou a donc entendu pallier ces effets négatifs en redéfinissant et en recentrant les objectifs de la coopération. Ainsi, le nouveau partenariat est basé sur deux axes essentiels. L'article 1, relatif aux « objectifs du partenariat », dispose dans son alinéa 2 : « le partenariat est centré sur l'objectif de réduction et, à terme, d'éradication de la pauvreté, en cohérence avec les objectifs du développement durable et d'une intégration progressive des pays ACP dans l'économie mondiale »

Ces deux aspects, bien que déjà présents dans les conventions de Lomé, ont, dans le cadre de Cotonou, été renforcés. L'interdépendance, la complémentarité de ces objectifs sont d'autant d'avantages mais également d'inconvénients pour la réussite du partenariat et plus largement pour le développement des pays ACP. Force est de constater qu la tâche n'est pas aisée, les enjeux étant importants et difficiles à atteindre. Néanmoins, réaliser ces deux objectifs est impératif au développement effectif de ces Etats.

Il convient, dans un premier temps, d'étudier comment la Convention de Cotonou entend éradiquer la pauvreté, pour dans un second temps, envisager l'objectif d'intégration dans l'économie mondiale des Etats ACP

* 40 Jean-Yves Capul et Olivier Garnier, « l'économie et les sciences sociales de A à Z », Hatier, p.84

* 41 En effet, l'article 1 de la Convention de Lomé IV dispose : « La Communauté et ses Etats membres, d'une part, et les Etats ACP, d'autre part, [...] concluent la présente convention de coopération en vue de promouvoir et d'accélérer le développement économique, culturel et social et d'approfondir et de diversifier leurs relations dans un esprit de solidarité et d'intérêt mutuel. Les parties contractantes affirment ainsi leur engagement à poursuivre, renforcer et rendre plus efficace le système de coopération instauré par les première, deuxième et troisième convention ACP-CEE et confirment le caractère privilégié de leurs relations, fondé sur leurs intérêts réciproques et la spécificité de leur coopération. Les parties contractantes expriment leur volonté d'intensifier leurs efforts en vue de créer dans la perspective d'un ordre international plus juste et plus équilibré un modèle de relations entre Etats développés et Etats en développement et d'oeuvrer ensemble pour affirmer au plan international les principes qui fondent leur coopération. » - Convention de Lomé IV du 15 décembre 1989, JOCE L 229 du 17 août 1991, p.3

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