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Elaboration d'une table de mortalité spécifique au régime d'assurance vieillesse de la CNPS

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par Zié Silué
Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d'Economie Appliquée d'Abidjan - Ingénieur des Travaux Statistiques 2007
  

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CHAPITRE 3: ETUDES EMPIRIQUES SUR LES METHODES DE LISSAGE DES TABLES DE MORTALITE

Les estimations par âge des quotients annuels ou quinquennaux de décès forment une courbe de mortalité qui se révèle en général assez irrégulière. Ces aspérités sont dues aux fluctuations d'échantillonnage et ne sont pas représentatives de la réalité. Entre 0 et 10 ans, à cause la forte mortalité infantile dans les pays en voie de développement, on assiste à une décroissance des quotients de mortalité. Les taux de décès sont si élevés dans la première année de la vie que l'on atteint parfois dans certains pays d'Afrique le ratio d'un décès pour dix enfants. Dans la logique à partir de 10 ans, les quotients évoluent graduellement avec l'âge. Au niveau des pays développés, nous avons la fameuse « bosse accidentelle » entre 19 et 35 ans à cause des accidents de la route et du taux élevé de suicide. De nombreuses méthodes existent pour estimer les quotients de mortalité. Les estimations corrigées qu' elles produisent progressent régulièrement avec l' âge et pour cette raison, sont appelées estimations lissées des taux de décès. Les méthodes de lissage permettent un ajustement assez fidèle aux données d' expérience.

Nous présentons quelques catégories de méthodes permettant d' obtenir des estimations lissées des taux de décès et ainsi, de construire une table de mortalité :

· Les modèles paramétriques

· Les modèles relationnels

Avant d'aborder les différents modèles, certaines notations et définitions sont utiles pour la

suite de notre travail.

Encadré n°3 : Notations et définitions

Les probabilités de survie et de décès

Pour tout individu d'âge x, nous notons Tx la variable aléatoire représentant sa durée de vie restante.

En toute généralité, on définit alors les probabiités de survie apx et de décès aqx pour l'un de ces individus d'âge x pendant une durée a.

On a :

apx = Pr [Tx >a] et aqx = Pr [Tx ~a]

apx représente la proportion d'individus qui survivront jusqu'à l'âge x+a et aqx représente la proportion d'individus qui mourront entre l'âge x et x+a. Nous avons également la relation

apx + aqx =1.

Le taux brut de mortalité

C'est le rapport du nombre annuel de décès observés dans une population à l'effectif moyen de cette population au cours de la période d'observation.

Le taux instantané de décès

Appelé également force de mortalité (traduction littérale de l'anglais), il représente le taux de décès par unité de temps au voisinage de l'âge x

ux = -S'x/Sx avec Sx le nombre de survivants à l'âge x.

En adoptant l'hypothèse de constance par morceaux des taux instantanés de mortalité pour la répartition des décès sur l'année (l'individu ni ne vieillit ni ne rajeunit sur l'intervalle d'âge [x, x+1]), nous obtenons un lien direct entre ces deux taux par :

ux = -ln (1-qx)

Nous avons également : qx =1-exp(-ux).

L'espérance de vie

Un concept fondamental est la durée de vie moyenne restante à l'âge x, notée ex. Il s'agit de l'une des caractéristiques les plus couramment utilisées pour rendre compte du phénomène de la mortalité. L'espérance de vie à l'âge x ou durée de vie moyenne au-delà de l'âge x, pour les survivants à l'âge x est définie par :

ex =E (Tx) =

Sx+ådu

1 ~+8

Sx å=0

L'intégrale figurant dans cette formule donne le nombre moyen d'années vécues au-delà de l'âge x par les individus ayant atteint cet âge, et la division par Sx donne donc le nombre moyen d'années restant à vivre pour chacun des individus ayant atteint l'âge x. La vie médiane

La vie médiane ou vie probable, est l'âge probable qu'une personne a autant de chance d'atteindre que de ne pas atteindre.

Cette notion peut également être interprétée comme l'âge où la moitié des individus présents à la naissance (racine de la table) sont décédés.

3.1- La modélisation paramétrique

La modélisation paramétrique repose sur l'hypothèse que la courbe de mortalité peut être représentée par une fonction mathématique de quelques paramètres. Le choix du modèle est déterminant. Démographes et actuaires, ont étudié de nombreux modèles potentiels et identifié ceux qui arrivent le mieux à retracer les caractéristiques fondamentales et permanentes des courbes de mortalité.

Un avantage certain des modèles paramétriques est qu'ils permettent, de par leur construction, d'étendre l'estimation de quotients de mortalité aux âges situés en dehors de la plage d'observation à condition toutefois que la fonction ait été correctement choisie, c'est à dire si des études statistiques ont démontré son adaptabilité à la plage cible.

Nous présenterons dans ce chapitre quelques modèles paramétriques, en commençant par la très ancienne et classique loi de Gompertz. Viennent ensuite les lois de Weibull, de Makeham, de Heligman-Pollard et finalement la fonction logistique de Kannisto.

+ Loi de Gompertz (2 paramètres)

Sur de nombreuses populations, il a été observé que le taux instantané de mortalité augmente d'une manière quasi-exponentielle avec l'âge. Gompertz (1825) a proposé un modèle paramétrique simple qui traduit cette tendance :

ux= BCx , avec B>0, C>1

· B varie en fonction du niveau de mortalité,

· C mesure l' augmentation du risque de décès avec l'âge.

Cette fonction peut permettre de modéliser la courbe de mortalité au-delà de 30 ans environ. Il faut cependant savoir qu' elle tend à sous-estimer la mortalité avant 40 ans et à la surestimer au-delà de 80 ans.

B

Après transformation de ux, on obtient px =exp (bCx )= 1-qx , avec b= - (C-1)

lnC

+ Loi de Makeham (3 paramètres)

Pour améliorer l'évaluation de la mortalité des jeunes adultes (avant 40 ans environ), Makeham (1960) a enrichi la formule de Gompertz d'un paramètre :

ux= A+BCx , avec A>0, B>0, C>1

On considère usuellement que le paramètre A rend compte de la mortalité environnementale (parfois appelée mortalité extérieure à l'individu), indépendante de l'âge.

Cette interprétation peut poser question car il arrive d'obtenir des valeurs négatives pour A. Après transformation de ux, on obtient px = exp-[A+(B(C-1)Cx)/lnC] =1-qx.

+ Loi de Weibull (2 paramètres)

Weibull (1951) a proposé un modèle pour décrire les défaillances techniques d' un système. Des analogies pouvant être faites entre les défaillances du corps humain et celles d' un système, ce modèle a été transposé à l' étude de mortalité. On pose alors :

ux= axb , où a >0 ,B>1

ce qui équivaut à ln ux=ln(a) + b ln(x) (la relation entre ln ux et ln(x) est linéaire).

+ Le modèle de Heligman-Pollard (8 paramètres)

Cette loi a été introduite par L.Heligman et J.H. Pollard en 1980. Elle présente l' avantage de comporter un terme spécifique à la modélisation de la mortalité infantile. La formule est :

Où : modélise la mortalité infantile

modélise la mortalité dite accidentelle ou environnementale

modélise la mortalité aux âges adultes, hors mortalité environnementale, c'est-àdire la mortalité due au vieillissement.

On peut montrer dans ce modèle que si la force de mortalité tend asymptotiquement vers une droite, alors elle a une forme exponentielle dans le modèle de Gompertz et une puissance de l'âge dans le modèle de Weibull. Ainsi, aux âges les plus élevés, le modèle de Gompertz donnera usuellement des estimations supérieures à celles du modèle de Weibull qui serontelles mêmes plus élevées que celles du modèle Heligman-Pollard. L'une des grandes insuffisances de modèle réside au niveau du nombre important de paramètres. Cette extension a tendance à jouer défavorablement sur la robustesse de la formule : les paramètres

deviennent difficilement interprétables et le modèle ne donne pas une description générale et stable des courbes de mortalité.

+ Le modèle logistique et l'approximation de Kannisto (4 paramètres)

Les trois premiers modèles présentés précédemment (Gompertz, Makeham et Weibull) impliquent que la probabilité de décès tende asymptotiquement vers 1 quand l'âge augmente. Une autre possibilité est que la probabilité de décès augmente ave l' âge mais tende vers une limite inférieure à 1 : c'est l'hypothèse qui est contenue dans le modèle logistique de Kannisto.

D'après ce modèle, il n'existe pas de limite maximale de durée de vie humaine étant donné qu'à aucun âge, la probabilité de survivre jusqu'à l'âge suivant ne devient négligeable. Le modèle logistique présente donc une approche relativement différente des précédents quant à la mortalité aux âges les plus élevés. Ainsi une divergence entre les modèles est toujours observée aux âges très élevés.

Le modèle logistique repose sur l'hypothèse que le taux instantané de mortalité est une fonction logistique de l'âge. Le modèle le plus général comporte 4 paramètres :

b cx

exp()

ux = a+

1exp()

+dcx

Il inclut le modèle de Makeham, que l'on retrouve quand d = 0.

Le modèle logistique a été initialement utilisé par Perks (1932). Depuis plusieurs justifications théoriques ont été élaborées, ce qui lui donne un intérêt particulier même si ces théories ont chacune leurs limites et son forcement incomplètes :

La première théorie est celle du « fixed frailty model » de Beard (1971), Vaupel et Al. (1979). Elle montre que le modèle logistique découle d'une modélisation simple de la mortalité dans une population hétérogène : la mortalité de chaque individu est supposée suivre une loi de Makeham.

3.2- Les modèles relationnels

Les modèles relationnels sont des modèles dans lesquels le taux de mortalité n' est pas fonction uniquement de l'âge, mais du taux de mortalité donné par la table de référence et /ou de l'âge.

Il s'agit de rapprocher les taux de mortalité bruts à ceux issus d'une table connue, construite à partir d'une population ayant des caractéristiques similaires et de transformer cette table de référence pour aboutir à celle du groupe visé.

+ Le modèle de Brass

Le plus célèbre d' entre eux est celui de Brass (1971) qui utilise les modèles logit. Le recours à ce type de transformation permet d'obtenir une quantité non contrainte (alors que q? [0,1], logit (q) ? R).

Il admet l'existence d'une relation linéaire entre les logits des quotients de mortalité cumulés de deux tables pour un même âge.

Dans ce modèle les probabilités de décès xqa sont liées à un jeu de probabilités de référence

xqa ref par la relation :

logit (xqa) = e1 + e2 logit (xqa ref ), x = a, a+1, ,w,

Où logit (q) = ln (q/ (1-q)).

3.3- Orientations

La partie suivante sera le lieu d' application de toutes les techniques et méthodes exposées précédemment. Elle nous permettra de préciser le type de table que nous utiliserons ainsi que la méthodologie d'analyse pour nos quotients de mortalité.

Cette partie nous a permis de faire un état des lieux sur l'utilisation des tables de mortalité en Afrique et en Europe. Une distinction a été faite entre les tables existantes tout en montrant leur utilisation selon le cas d' espèce. Le second chapitre relatif aux lis sages a été le lieu d'exposer les différentes méthodes de régression possibles.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams