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La faillite quasi declaree du systeme bancaire congolais


par Eddie MIHIGO Kaserere
Universite evangelique en afrique - licence en sciences economiques 1998
  

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0. INTRODUCTION

0.1 PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESE

La prolifération des activités bancaires informelles, le recours au processus de micro-crédit encouragé par des organisations dites non gouvernementales, la multiplication des tontines, etc. , sont autant d'éléments révélateurs d'un malaise sans cesse croissant au sein du système bancaire traditionnel congolais. Ce malaise observé au sein du système bancaire formel n'est pas sans effet sur l'ensemble de l'économie nationale et mérite à plus d'un titre qu'on s'y penche sérieusement.

Nous disons qu'on s'y penche sérieusement, du fait de la quasi faillite, si pas de la faillite non déclarée du secteur bancaire en république démocratique du Congo.

La faillite non déclarée du système bancaire congolais, est-ce une affaire de mauvaise gestion du crédit par les banques, ou une conséquence du recours excessif au financement monétaire par l'Etat ?

Le système bancaire regroupe l'ensemble de banques de dépôt et d'affaires du droit commercial. Il fonctionne pour l'essentiel de la collecte d'épargne des tiers dont il cherche à assurer une rentabilité. L'idéal, c'est d'attirer le maximum des capitaux dans le but de les utiliser en opérations de crédit, seules, susceptibles de rémunérer tant les capitaux propres qu'étrangers.

Mais qu'en est-il du système bancaire congolais ?

Les banques commerciales congolaises traversent aujourd'hui un chemin tortueux, caractérisé par une insuffisance de niveau de dépôt, de chutes de taux de marge sur le crédits accordés; mais aussi de l'érosion continue de la valeur de la monnaie nationale. Toutes ces embûches, peut-on dire, trouvent-il leur origine dans des causes extérieures aux banques ? Loin de là !

Elles ont aussi des liens avec des causes internes, en occurrence la compétence même de ceux qui participent à la gestion de la chose bancaire.

Une bonne gestion des opérations impose au banquier, un développement de son activité de crédit par l'effort à consentir des prêts les plus rémunérateurs, à risques minimum de façon à limiter les fuites hors de la zone monétaire sous son contrôle. Cette manière de faire peut s'illustrer par une politique d'implantation de guichets pour accroître la collecte de l'épargne et, aussi suivre la politique de crédit édictée par les autorités monétaires.

Les banques congolaises sont-elles enclin d'obéir à ses impératifs ?

Le système bancaire congolais est caractérisé par des activités de prêt excessives par rapport à celles de collecte des fonds et, par une insuffisance de liquidité pour faire face aux retraits éventuels des déposants. Ces contraintes font que s'exprime pour l'ensemble des banques congolaises, un besoin de refinancement, lequel augmente les charges de ses dernières à chaque occasion qu'elles recourent à la banque centrale pour satisfaire se besoin de refinancement.

Le banquier est un commerçant, il poursuit un but lucratif en mettant en contact, d'une part, les détenteurs de fonds et d'autre part, le commerçant (particulier) demandeur de crédit. Le gain qu'il tire de cette double intervention réside en la différence entre les intérêts perçus et payés. Les bénéfices doivent permettre aux banquier de payer des intérêts aux déposants et de couvrir leurs frais généraux en tout premier lieu; le bénéfice net éventuel restant servira à augmenter les fonds propres et à rémunérer administrateurs, commissaires, actionnaires et membre du personnel.1(*)

Le différentiel entre les intérêts payés et reçus observé par les banques congolaises permet-il de couvrir l'ensemble des charges supportées par ces dernières ?

Un problème de rentabilité se pose pour les banques congolaises ; des faibles taux débiteurs combinés avec des coûts croissants et des frais de refinancement sans cesse en augmentation conduisent à une chute de la rentabilité dont le taux de profit décline sur l'ensemble du système. Cette hypothèse sera vérifiée tout au long de ce travail.

La banque centrale est une institution faisant partie du système bancaire d'un pays. Mais, la banque centrale exerce une tutelle sur les autres banques, que nous appelons de second rang. Ce qui fait la spécificité de la banque centrale, c'est d'être la banque des banques, et d'adopter à leur égard un comportement qui n'est pas celui de la recherche du profit commercial. Dans le système bancaire, la banque centrale assume une mission d'intérêt général et prend en compte les conséquences macroéconomique de l'émission monétaire. 2(*) Le financement monétaire du déficit du trésor occasionne t-il un déséquilibre dans les comptes de la banque centrale du Congo ?

La banque centrale monétise le financement excessif des dépenses de l'Etat au passif de ses comptes en ouvrant un compte de créance sur le trésor à l'actif.

En finançant les déficit cumulés de l'Etat, une augmentation nominale s'observe dans le compte_ bilan _ de la banque centrale du Congo, l'équilibre étant toujours assuré.

0.2 CHOIX ET INTERET DU SUJET

La principale mission des banques est de prévoir et de faciliter l'évolution, la transformation des données de l'activité économique, de préparer l'adaptation des entreprises à ces nouvelles conditions et, plus généralement, dans leur intérêt comme dans celui de leur clientèle, de participer à la défense et au développement de l'économie nationale.

Les banques assurent la sécurité des encaisses, favorisent et gèrent les transactions commerciales et permettent le financement des besoins de l'économie, notamment l'investissement des entreprises et des collectivités publiques. Elles occupent une large place dans l'organisation de l'activité économique d'une nation; leur disparition ou faillite entraîne la désorganisation de l'économie.

Les dirigeants des banques, aussi les autorités publiques s'intéressent à l'analyse de la situation de la banque pour guider leurs décisions.

En analysant l'activité des banques congolaises, faute d'une assez grande littérature sur le système bancaire congolais, notre préoccupation est d'acquérir des dispositions intellectuelles et scientifiques mais aussi, d'éclairer tant soit peu tout ceux qui veulent savoir plus sur ce sujet.

0.3 DELIMITATION DU SUJET

Cette analyse porte sur la détermination des causes principales de la faillite non déclarée du système bancaire congolais. Pour ce, un examen de la gestion des crédits accordés par les banques_ opérations avec la clientèle _ et de l'impact du financement monétaire du déficit de l'Etat sur l'équilibre du bilan de la banque centrale, nous permettra de comprendre la cause principale de la quasi-faillite des banques congolaises.

L'année 1967, laquelle a coïncidé avec la deuxième reforme monétaire du Congo indépendant, nous a servi de base pour notre analyse, laquelle s'étend de 1967 à 1995. A compter de 1967, l'analyse est effectué sur une période de 5 ans sauf pour le dernier quinquennat, faute des données de l'année 1997.

0.4 METHODOLOGIE

a. Quant à la méthode

Nous nous sommes appuyés sur :

- La méthode historique, qui a permis d'examiner le processus évolutif du système bancaire congolais en occurrence au chapitre II;

- La statique comparative, qui a permis de comparer plusieurs positions d'équilibre sans tenir compte des périodes de transitions et du processus qui entraîne l'ajustement;

- L'analyse déductive, qui nous a facilité partant de la théorie à faire des interprétations des données quantitatives telle que manipuler aux chapitres II, III et IV;

- Enfin, l'analyse inductive, par laquelle, partant des cas, nous avions pu porter un jugement global sur l'ensemble des périodes sous étude.

b. Quant aux techniques

Nous avons recouru à :

- La technique de mathématique financière, qui nous a permis de calculer les différents taux pratiqués par les banques, en l'occurrence le taux débiteur effectif ;

- La technique documentaire, qui nous a facilité dans la collecte des données et même de la théorie sous-tendant cette recherche à travers les rapports annuels de la banque du Zaïre, bulletins statistiques de la Banque du Zaïre et ouvrages sur la Banque.

0.5. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Notre travail s'articule autour de quatre chapitres :

- Le premier porte sur les généralités de la Banque ;

- Le second est orienté vers l'organisation du crédit par les banques congolaises ;

- Le troisième aborde la question du financement des dépenses du trésor par la Banque Centrale du Congo ;

- Enfin, un quatrième chapitre donne quelques mesures de redressement.

0.6. DIFFICULTES RENCONTREES

Beaucoup d'embûches ont rendu notre tâche difficile à savoir :

· Une documentation, pas trop suffisante sur les banques et en particulier sur le système bancaire congolais ;

· L'impossibilité de disposer de certaines données sur le système bancaire congolais, notamment ; le taux débiteurs et créditeurs pour l'année 1967 et, la densité bancaire pour l'année 1995 ;

· Le manque d'encadrement pendant un temps assez long ; à ce propos, nous remercions encore Monsieur le Professeur MUTABAZI grâce à qui, ce travail a pu se faire à la dernière minute.

* 1 Georges COLLARD, Technique, contrôle et organisation bancaire, édition commerciale, comptable et financière,

Bruxelles, 1947, P.7

* 2 VINVIEN LEVY-GARBOUA, BRUNO WEYMULLER, Macro économie contemporaine, 2è Edition,

économica, Paris, 198, P.163

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