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La faillite quasi declaree du systeme bancaire congolais


par Eddie MIHIGO Kaserere
Universite evangelique en afrique - licence en sciences economiques 1998
  

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III.5. LA BANQUE CENTRALE ET LE FINANCEMENT MONÉTAIRE

La Banque Centrale est chargée de l'émission et de la mise en circulation des billets de banque. Pour introduire ces billets dans le public, la banque centrale achète des créances (reconnaissances de dette) à l'ensemble des agents économiques. Ces créances, comptabilisées à l'actif du bilan de cette dernière prennent la forme de titres financiers : bons et obligations émis par l'Etat, effet, escomptes, titres divers. Elles peuvent également provenir de l'extérieur : avoirs bruts de change, or et autres actifs à recevoir des instituts monétaires étrangers (2(*)).

Toutefois, il est bien rares que l'achat de créances soit directement réglé sous forme de billets. En fait, dans un premier stade, toutes les opérations créatrices de monnaie entre banque centrale et trésor ou les établissements de crédits, donnent lieu à des variations des comptes courants créditeurs de ces agents au passif de la banque centrale, c'est-à-dire de la monnaie scripturale détenue par ces agents. Entres ces deux avoirs, billets et comptes à la banque centrale, une circulation incessante se produit. En effet, le trésor et les établissements de crédit sont amenés à utiliser l'essentiel de leur provision pour retirer les billets nécessaires aux besoins de leur clientèle.

Par ses opérations d'actif, la Banque Centrale est donc amenée à émettre de la monnaie, appelée monnaie banque centrale, qui a deux composantes essentielles : d'une part les billets, d'autre part les dépôts gérés par l'Institut d'émission et qui sont détenus par la presque totalité des banques, le trésor et les institutions financières.

Bien que le bilan de la Banque Centrale ressemble d'assez près à celui d'une banque commerciale recevant des dépôts, il existe une différence majeure. Il est impossible que la Banque Centrale fasse faillite. Un billet de 100 Frs est un engagement de l'Institut d'émission. Supposons qu'on le porte à la Banque et qu'on veut le monnayer à concurrence de 100 Francs. La Banque va échanger ce billet contre cinq billets de 20 Frs. La caractéristique des engagements de la Banque d'émission est qu'elle peut les créer en quantité illimitée sans craindre de faire faillite.

La Banque d'émission peut toujours assurer les retraits de ses déposants en imprimant de nouveaux billets.

III.6. Tableau VI. Détermination de la part de financement monétaire du déficit de l'Etat

 

1967

1972

1977

1982

1987

1992

1995

(1) Besoins nets de l'Etat

(2) Financement monétaire

(a) Banque du Zaïre

(b) Banque de dépôts

(c) C.C.P

(d) Plus value de R.

28,6 (100 %)

23,87 (83,4 %)

23,8 (83,2 %)

0,008 (0,02 %)

0,062 (0,2 %)

-

168,2 (100%)

59,82 (35 %)

58,2 (34,7%)

-

1,494 (0,8%)

0,126 (0,07%)

683 (100%)

348,12 (50,9%)

352,70 (51,6%)

-4,58 (-0,7%)

-

-

384,3 (100%)

569,27 (148%)

569,28 (148%)

-0,000017426

-

-

230,5 (100%)

74,41 (32%)

67,83 (29,4%)

6,58 (2,8%)

-

-

9,9

1.061 (10.717%)

1.082,28 (10.932,12%)

-21,22 (-241,3%)

-

-

-

-

-

-

-

-

(3) Autres financements

(1) - (2)

4,73 (16,5 %)

108,38 (64,4%)

334,88 (49%)

-

166,09 (72,05%)

-

-

 

Source : Manipulation personnelle à partir des tableaux 3 et 4 (en annexe).

Pour les périodes 1967, 1972, 1977 et 1987, l'Etat a un déficit non couvert par les autres sources de financement (non monétaire). Le financement non monétaire représente pour ces périodes 16,5 %, 64,4%, 64,4%, 49%, 72,05% du total des besoins nets de l'Etat.

Les ressources régulières de l'Etat (financement non monétaire) ne parvenant pas à couvrir la totalité du déficit, l 'Etat, pour financer la totalité de ce déficit recourt au financement monétaire. Ce financement représente 83,4%, 35%, 50,9%, 148%, 32% et 10.717% des besoins nets de l'Etat respectivement en 1967, 1972, 1977, 1982, 1987 et 1992.

III.7. Tableau VII. Détermination de la part des dettes consolidées de l'Etat dans l'actif ajusté de la Banque Centrale du Congo

 

1967

1972

1977

1982

1987

1992

1995

(1) Créances sur le trésor public

156.593.747,5

282.659.341,74

1.287.213.734,23

1.459.366.348,47

300.594.150,48

1.133.936,75

23.783.092,78

(2) Compte courant du trésor public

15.344.637,76

6.713.463,2

28.481.464,11

208.382.570,53

27.050.076,91

18.873,33

8.973.288,17

(3) Dettes consolidées de l'Etat (1)-(2)

141.249.109,74

295.945.878,54

1.258.732.270,12

1.250.983.777,94

273.544.073,57

1.115.063

14.809.804,61

(4) Actif ajusté de la Banque du Congo

240.442.653,1

502.231.532,94

1.803.698.171,75

2.136.618.683,35

1.503.642.412,32

3.886,626,52

3.255.891.721,12

(5) Part de la dette consolidée dans l'actif ajusté (3).(4) x 100

58,7 %

54,9 %

69,7 %

58,5 %

18,1 %

28,6%

0,45 %

 

Source : Manipulation personnelle à partir du tableau 6 (en annexe).

Les dettes consolidées de l'Etat vis-à-vis de la Banque Centrale évoluent à la hausse de 1967 à 1982, diminuent en 1987 puis une petite hausse en 1992 et enfin une chute brutale en 1995.

Cet accroissement de la part des dettes de l'Etat dans l'actif de la Banque Centrale est dû au financement monétaire excessif du déficit du trésor public. En se référant au tableau VI, nous constatons que la banque du Congo supporte à elle seule 83,2%, 34,7%, 51,6% et 148% des besoins nets de l'Etat sous forme de financement monétaire et, la diminution en 1987 de la part des dettes consolidées dans l'actif est dû à une baisse du financement monétaire du déficit par la Banque du Congo (29% des besoins nets du trésor).

La chute brutale en 1995 de la part des dettes consolidées de l'Etat est la résultante de l'excédant budgétaire réalisé par le trésor public.

Les dettes consolidées du trésor public vis-à-vis de la Banque Centrale traduisent une augmentation nominale de l'actif de cette dernière.

* 2 David BEGG, Stanley Fischer, Macro économie, Ediscience internationales, Paris, 1996, P.155.

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