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La faillite quasi declaree du systeme bancaire congolais


par Eddie MIHIGO Kaserere
Universite evangelique en afrique - licence en sciences economiques 1998
  

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III.3. L'APPORT DE CAPITAUX EXTERIEURS

L'apport de capitaux fournis par les pays industrialisés complète les ressources financières de l'Etat dans la mesure où ces capitaux s'ajoutent aux recettes budgétaires.

L'aide financière de l'étranger, dont peut bénéficier, directement ou indirectement le budget national, est mise à la disposition du gouvernement sous diverses formes, dont les prêts de développements et les fonds de contre parties sont les principales. Deux éléments importants affectent la valeur de cette source de financement extérieur : d'abord, les incertitudes au sujet de son volume et de ses conditions génèrent les prévisions budgétaires ; ensuite, et surtout le service de la dette extérieure impose de lourdes charges financières au budget et à la dette extérieures des pays en voie de développement risque en effet d'absorber l'afflux net des capitaux frais et son allègement suppose que l'aide étrangère soit accordée dans des conditions plus avantageuses de taux d'intérêt et de délai.

III.4. LE FINANCEMENT MONETAIRE

Lorsque les ressources régulières de l'Etat ne suffisent pas à couvrir les dépenses, le déficit sera financé par la création de monnaie.

Tout pays, qui dispose d'une banque centrale placée sous le contrôle du gouvernement pourra toujours trouver chez elle ou par son entremise les ressources qui lui permettront d'accroître sa demande de biens et de services, ou de combler le déficit de son budget. Cet attribut de la souveraineté, dans les pays économiquement indépendants, les rend aussi beaucoup plus vulnérables à l'inflation. Le financement du budget par émission monétaire, à partir du moment où le volume de la circulation monétaire dépasse le volume de la circulation des biens, provoque en effet une hausse de prix et une dégradation de la monnaie.

Le déclenchement ou l'accentuation d'une inflation née du financement d'un déficit budgétaire par la banque d'émission ont des conséquences extrêmement nuisible à l'économie.

D'abord, la création de monnaie tend à faire monter les prix et à augmenter le coût de la vie hors de proportion avec les revenus nominaux. Elle se traduit donc par une détérioration du pouvoir d'achat réel et constitue en fait une méthode arbitraire d'imposition dissimulé derrière des prix plus élevés. L'inflation frappe surtout les revenus fixe, en particulier les salaires et les ajustements des salaires aux mouvements des prix ne font qu'en accélérer les rythmes. Vouloir retarder cet ajustement et diminuer les prix à la consommation est toujours une opération aléatoire et explosive.

Le trésor peut recourir aux avances de la Banque Centrale. Les avances de trésorerie qui financent le déficit courant de l'Etat sont une composante de sa dette flottante, lorsque celle-ci s'est accrue pendant plusieurs exercices et que son remboursement est ajourné, elle se transforme en une dette consolidée ou perpétuelle.

Le recours du trésor à la banque centrale sous forme d'avance en compte courant ou exceptionnellement d'émission directe de billets donnent des facilités de paiement à l'Etat ; il équivaut donc à une création de monnaie au profit du trésor (1(*)).

Outre des emprunts à très cours terme que le trésor public peut obtenir de la banque centrale pour faciliter sa trésorerie, c'est pour financer une partie du déficit budgétaire que le gouvernement peut être amené à faire fonctionner "la planche à billets", comme l'on dit familièrement. En effet, les dépenses publiques qui excèdent les recettes fiscales doivent être financées par l'emprunt.

L'Etat peut donc offrir des titres supplémentaires sur le marché financier en promettant un intérêt aux épargnants ou aux banques qui les achètent, ou bien s'endetter directement auprès de la banque centrale. Dans le premier cas, il n'y a pas de création de la base monétaire nouvelle, mais substitution entre les impôts présents et les impôts futurs. Cependant, si les banques prêtent ainsi à l'Etat, cela peut les inciter à accroître leur demande de refinancement.

Cet effet indirect, qui peut amener un accroissement de la demande de réserves en réponse à une émission d'emprunts publics est déjà mis en compte dans le calcul du multiplicateur monétaire. Par conséquent, c'est la seconde solution que peut choisir le gouvernement pour financer un déficit qui concerne directement son influence sur la base monétaire. En effet, dans ce cas, de la monnaie de la banque centrale est créée en contre-partie d'une dette publique dont la date de remboursement n'est pas spécifiée et dont la plus grande partie ne paie pas d'intérêts.

Ainsi, pour monétiser une partie de la dette publique, la Banque centrale augmente simultanément son actif et son passif de la somme correspondante. Ceci permet au gouvernement d'influencer la croissance de la base monétaire en décidant d'emprunter plus ou moins à la banque centrale, pour un déficit budgétaire donné (1(*)).

Les besoins nets de l'Etat résultent de la différence entre les recettes et les dépenses du trésor.

L'Etat pour financer une partie de ses besoins recourt à un appel au concours de la banque centrale dont nous allons voir son poids dans le financement monétaire du déficit de l'Etat et, aussi la part des dettes consolidées de l'Etat dans l'actif ajusté de la Banque Centrale du Congo.

* 1 Paul de Bruyne, Op. Cit, pp. 156 et ss.

* 1 J.P. AZAM, Théorie macro économique et monétaire, ED NATHAN PARIS 1986, P.122.

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