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La faillite quasi declaree du systeme bancaire congolais


par Eddie MIHIGO Kaserere
Universite evangelique en afrique - licence en sciences economiques 1998
  

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IV.2. TAUX DEBITEUR

Les coûts moyens des dépôts et de refinancement sont supérieurs au rendement moyen des crédits octroyés par les banques congolaises (Cfr Tableau III et IV). Cette situation fait que les banques congolaises subissent des marges inférieures sur les opérations effectuées avec leur clientèle. Le taux débiteur rémunérant les crédits octroyés par les banques commerciales est fixé par la Banque Centrale et par conséquent ne tient pas compte des différentes charges supportées par les banques.

Le taux débiteur, vu du côté de banques est à comprendre comme étant le reflet des conditions générales d'exploitation des banques. Son niveau est lié à l'exercice par les banques de leurs différentes et multiples fonction et, au coût de celles-ci : octroi de crédits bien sûr, mais aussi collecte des dépôts, c'est-à-dire la fonction d'intermédiation proprement dite, mais aussi la gestion des moyens de paiement (3(*)).

Le taux tel que fixé par les banques à un moment donné, est une résultante. Il est fixé au niveau permettant, compte tenu de la marge qui y sera ajoutée, de couvrir - outre le coût des ressources - l'ensemble des frais d'exploitation et des charges des banques.

Les banques fixent un taux d'intérêt débiteur qui tient compte du coût de leurs ressources et des liquidités qu'elles obtiennent. Compte tenu de leur part de collecte et de l'obligation qui leur est faites de détenir des réserves obligatoires, un besoin de refinancement en découle, qui est satisfait par recours à la banque centrale (1(*)).

C'est en se référant à toutes ces données que les banques parviennent à fixer ou à déterminer un taux d'intérêt réel ou effectif.

Le taux d'intérêt réel est obtenu par la formule :

Source : Vivien Levy-Garboua, Brono W. op.cit. p. 239.

k = le taux d'intérêt débiteur réel

id = Le taux d'intérêt créditeur

if = Le taux de refinancement

g = Coefficient de réserves obligatoires

B = Dépôts à vue

b = Dépôts à terme.

IV.2.1. Tableau X : Calcul du taux d'intérêt débiteur effectif

 

1972

1977

1982

1987

1992

1995

(1) Taux créditeur

12 %

10 %

15 %

37 %

70%

70 %

(2) Taux de refinancement

08 %

12 %

17 %

37 %

45 %

127,5 %

(3) Coeff. de réserves

15 %

25 %

25 %

5 %

55 %

2 %

(4) Dépôts à terme

55,2

165,05

95,26

44.650,89

24,73

9.357,43

(5) Dépôts à vue

248

624,47

658,74

292.336,99

687,44

116.928,48

(6) gB = (3)x(5)

37,2

156,12

164,69

146.168,5

378,09

2.388,57

(7) = B-gB =(5)-(6)

210,8

468,35

494,04

146.168,5

309,35

114.589,91

(8) = 1-(7)

-209,8

-467,35

-493,04

-146.167,5

-308,35

-114.588,91

(9) = 1:(8)

-0,00477

-0,00214

-0,00202

-0,00001

-0,00324

-0,00001

(10) = (2):(9)

-16,77

-56,07

-84,16

-37.000

-138,89

-127.500

(11) = (1)x(4)

6,624

16,505

14,289

16.520,83

17,311

6.550,2

Taux d'intérêt réel (12) = (11)+(10)

-10,14

-39,56

-69,87

-20.479,17

-121,57

-120.949,8

Source : Manipulation personnelle à partir du tableau I, II et 5 (en annexe).

Le taux d'intérêt débiteur effectif des banques Congolaises est négatif sur l'ensemble des périodes sous étude. Son évolution sur l'ensemble de la période montre qu'il y a une baisse d'une année à l'autre.

Pour expliquer le signe négatif du taux débiteur effectif, nous examinerons le point mort des banques congolaises.

IV.2.2. Le Point mort des banques

Le point mort est appelé encore seuil de rentabilité ou chiffre d'affaires critique. Le seuil de rentabilité d'une entreprise ou d'une section est le niveau de vente ou d'activité pour lequel l'entreprise ou la section couvre la totalité de ses charges sans bénéfice ni perte (1(*)).

Le point mort des banques est défini comme étant le rendement minimal que celles-ci doivent obtenir, en moyenne, de leur opérations de crédit pour rémunérer leurs ressources empruntées et couvrir le coût d'intermédiation (frais généraux, amortissement, ...) (1(*)). Ne tenant pas compte de la rémunération du capital, le point mort est exprimé hors bénéfice. Il correspond donc aux taux minimum qu'il importe aux banques de pratiquer pour équilibre leurs coûts, avec un bénéfice égal à zéro (2(*)).

Le point mort à prendre en considération est, le point mort réel, c'est-à-dire le point mort nominal, déduction faite du taux d'inflation.

Le point mort nominal s'obtient par la formule r (crédits octroyés) = (charges payées sur les dépôts + charges de refinancement).

r' = r - taux d'inflation où r = Point mort nominal

r' = Point mort réel.

V.2.2.1. Tableau XI. Détermination du point mort

 

1972

1977

1982

1987

1992

1995

(1) Crédits octroyés

525,26

971,87

503,74

479,44

255,18

166.707,43

(2) Charges totales

44,256

113,323

83,73

16.520,829

121,013

207.171,85

(3) Taux d'inflation

11,13

68,18

37,27

77.06

8.827,8

6.029,7

(4) Point mort nominal (2):(1)x100

8,42

11,66

16,62

3.445,85

47,42

124,27

(5) Point mort réel (4)-(3)

-2,71

-56,52

-20,65

3.368,79

-8.780,38

-5.925,43

Source : Manipulation personnelle à partir du tableau II et du tableau 7 (en annexe).

Pour couvrir le coût de ses ressources et, sans gagner un centime, les banques devaient en moyenne prêter au taux nominal de 8,42% en 1972, 11,66% en 1977, 16,62% en 1982, 3.445,85% en 1987, 47,42% en 1992 et 124,27% en 1995 afin de couvrir le point mort réel de -2,71% en 1972, -56,52% en 1977, -20,65% en 1982, 3.368,79% en 1987, -8.780,38% en 1992 et -5.905,43% en 1995.

Le point mort réel des banques congolaises diminue sur l'ensemble des périodes et, est inférieur à zéro sauf en 1987. C'est, ce niveau inférieur à zéro qui explique le taux d'intérêt réel négatif des banques pendant la période.

En appliquant des taux d'intérêts débiteurs élevés par rapport au taux d'intérêt effectif des banques, la Banque Centrale du Congo a voulu à la fois renforcer sa politique restrictive en matière de crédit et reconnaître le niveau élevé du taux d'inflation.

Les banques congolaises doivent donc, chercher à rattraper du côté des autres opérations qu'elles effectuent (commissions, location coffre-fort, opération de change, ...). Ce qu'elles perdent du côté de leurs opérations de crédits.

* 3 MICHEL VASSEUR, Op. Cit., p. 1013

* 1 VIVIEN LEVY-GARBOUA, BRUNO W, Op. Cit. p. 197

* 1 A. RAPIN et J. POLY, Comptabilité analytique d'exploitation, Ed. DUNOD, Paris, 1976, p. 80

* 1 MICHEL VASSEUR, Op. Cit., p. 1024.

* 2 Michel VASSEUR, p. 1024.

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