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L'impact socio-économique du micro crédit

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par Kayaye ADAM ABAKAR
Université de Ngaoundere (Cameroun) - Licence 2007
  

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CHAPITRE IV - LES FACTEURS DE LA PAUVRETE DANS LA VILLE DE MAO

I - Multiplicité de facteurs

a) Culturel

La population de la ville de Mao, n'a pas encore compris qu' « aucun société ne doit vivre en vase clos » il faut une synergie de force en tuant les mentalités et habitudes rétrograde qui ne favorisent pas le développement social de la ville. La religion et l'analphabétisme ont un impact non négligeable. Une ville où certains parents n'ont pas compris les bienfaits de l'école bien que la première école Française (1911) et l'Islam (VIII siècle) sont passés par cette région. Les enfants sont aussi contraints d'épouser le même statut. Pour la population l'école occidentale est une sorte de perversion, l'école moderne cadre pas avec les principes de la religion. Les portes de l'école coranique sont par conséquent ouvertes à ceux-ci. Or « aucune société ne peut accéder au développement économique si la majorité de ses membres ne véhiculent un ensemble de valeurs propices à la modernités ». S'il y a un fait unanimement reconnu et accepté, c'est la considération de l'éducation comme condition sine quo none et préalable à tout processus de développement pris dans son ses le plus large.

b) La Débrouillardise

Elle est l'un des facteurs, non le moindre qui explique la variable pauvreté et renforce le statut de misérable de certaines populations de la ville de Mao. En effet, depuis plus de 15 ans, on a assisté à une paupérisation plus accentuée de nombreuses personnes. Dans cette ville, la paresse et l'oisiveté gagnent de nombreux individus. Ils ne mesurent pas l'importance du travail. Nous les rencontrons, jeunes, moins jeunes, vieillards, assis à longueur de journée sur du sable, devant leur portail ou en face du bureau du Département, devant les boutiques. Ils passent la plus grande partie de leur temps à faire des commentaires, des critiques, de la médisance, en buvant de « shay » ou jouent à l'Awalé (carhé). Autant d'attitudes qui ne peuvent que compromettre l'évolution de la ville.

Des études l'ont montré, Mao est une ville ou le niveau de scolarisation est bas bien que la première école Française a été créée dans cette localité (1911) ; car très tôt les garçons se lancent dans la recherche des activités génératrices des revenus (petit commerce, colporteur, menuisier, maçon...). Pour ceux-ci l'école est un processus long et lent pour l'enrichissement et l'accumulation des biens. Les jeunes en collaboration avec leurs parents optent pour l'exercice d'un métier facile qui pourra leur conférer prestige, honneur et aisance sur le plan social (Mariage, faire le pèlerinage, fortune...) contrairement à celui qui a fait de longues études et n'arrive pas à se procurer le strict minimum. Dans la ville de Mao, la recherche de gain facile est encouragée. Dans ce contexte on parle de pauvreté mentale.

Sur un autre plan, ceux qui détiennent le pouvoir économique n'aident pas les moins nantis. Ils attendent le mois saint du Ramadan pour faire le Zakat et maintenir cette couche dans leur infernale pauvreté.

Outre cette situation de crise globale, des révélations de quelques sages en fonction dans les services publics nous permettent de dire que l'élite intellectuelle et économique, à quelques exceptions près, manifeste un égoïsme prononcé entaché d'une hypocrisie et d'une méchanceté sans précédent . Pour ce qui est des associations locales, ces dernières ont montré leurs limites, leur impuissance, et leur improductivité en matière d'assistance. Elles sont loin d'être des lieux de concertation pour un développement « auto centré » et « auto entretenu ». C'est-à-dire un développement qui au service de la population, qui vise le bien-être de l'homme et développement pour tous. Elles sont aussi plus des lieux de débats et de contradiction politique entretenue par les membres et les dirigeants pour des intérêts égoïstes. Cela semble expliquer l'échec des associations, au lieu de promouvoir et de nourrir l'esprit de solidarité, de responsabilité et d'entreprise Elles créent plutôt la distanciation entraînant ainsi un climat de tension, d'opposition entre les membres d'une même composante sociologique. Comme le remarque un leader de la localité «  les associations ne sont pas là pour le développement de la ville de Mao, il ne visent que leurs intérêts personnels et mangent sur le dos de la population »9(*).

Dans une atmosphère où le repli sur soi est la règle, et où une atmosphère tendue politiquement et socialement, la solidarité s'en trouve altérée et l'on s'achemine inéluctablement vers la crise du développement. Aujourd'hui l'on tend vers un climat de retrait progressif, de nucléarisation, d'individualisme. Nous avons assisté de plus en plus à un repli sur soi où le mieux nanti parviennent à résoudre leurs problèmes ou à réaliser leurs projets plus aisément alors que les pauvres sont délaissés et abandonné à leur triste sort. Cela ce vérifie sur le plan scolaire et sanitaire. Pourtant la solidarité a toujours été de tout temps un des traits définitionnels des sociétés africaines, reconnues par les sociétés du Nord mais diabolisée par elles l'assimilant ainsi au parasitisme.

IV.2 - ANALYSE DE L'IMPACT DU MICRO

L'objectif de notre travail consistait principalement à évaluer l'impact et la viabilité des activités de l'Agence d'encadrement sur les femmes.

Il y a plusieurs techniques d'évaluer l'impact qui existent dans le secteur de la micro finance.

a) Impacts positifs

Comme nous avons soulevé dans notre travail, l'assistance de ADIS a été pour les femmes du secteur informel un tremplin pour la relance ou la bonne continuation de leurs activités commerciale. C'est grâce à l'ADIS que certaines femmes ont appris à lire, écrire et à compter. Il importe de noter que la plupart de ces femmes sont des chefs de famille soit parce que leurs maris sont partis au sud du pays ou à l'étranger, soit parce que ces derniers sont décédés. Elles ont à leurs charges une cohorte d'enfant qu'elles sont appelées à nourrir, à scolariser, à soigner, etc.... Pour certaines il faut ajouter à cela la charge de l'époux qui a perdu son emploi.

En effet, au regard de tous ces éléments précités que nous affirmons que ADIS est engagé dans la lutte contre la pauvreté dans la ville de Mao et ses environs. Grâce aux différents avantages qu'elles offrent aux femmes du secteur informel se traduisant du crédit. Ce crédit a permis à trois groupements d'acquérir de moulins, à un groupement de faire la viande boucanée pour l'exportation en dehors de la région, à une boulangère de relancer sa boulangerie. Avec les bénéfices elles parviennent à assurer l'éducation du bon nombre des futurs cadres tchadiens. Cela a aussi largement contribué à réduire le nombre des mendiants délinquants, des prostituées, des voleurs, bref, les différents actes de déviance qui sont de nature à compromettre la sécurité sociale. L'existence de cette Association a permis aux femmes non seulement de lutter contre le fléau cité ci haut mais également de faire face aux contraintes d'ordres culturels qui les ont pendant longtemps confiné dans les foyers. C'est ainsi qu'elles peuvent maintenant s'afficher sur la scène publique sans beaucoup de peine.

En définitive, nous disons que ADIS aide les femmes de Mao à s'épanouir tant socialement, culturellement, qu'économiquement. Aussi aide t-elle également d'aider toute la région du Kanem à résoudre une grande partie de ses problèmes sociaux?

b) Impacts Négatifs

Ce n'est pas parce que ADIS est d'un grand apport dans le développement économique de Mao, ou qu'elle aide les femmes à s'affirmer comme agent économique ou à se démarquer de la société qu'on peut dire qu'elle ne comporte pas des impacts négatifs. Bien plus, son existence a encouragé les femmes à fouler au pied certains interdits sociaux qui était autrefois scrupuleusement respectés par ces dernières. Autrement dit elle est la source de la dépravation de moeurs et des pratiques religieuses (Usure) dans la ville de Mao. Bien devenu par la force des choses les chefs de famille, les femmes doivent se rendre compte des rôles qui leur ont assigné par la société, mais le plus souvent ce n'est pas le cas. La femme qui était jadis entièrement soumise à son mari peut déjà de nos jours l'affronter sans se gêner. Le respect qui constituait une des vertus des femmes africaines est plus ou moins bafoué tout simplement parce que ces femmes peuvent elles-mêmes en dehors de leurs maris subvenir à leurs besoins.

La liste pourrait encore s'allonger mais nous préférons nous arrêter à ce niveau pour dire que ces écarts de comportements n'existaient guère dans la société traditionnelle. Pour ce faire il importe de dire que d'une part ADIS donne du tonus à l'économie de la région du Kanem, assure dans une moindre mesure la sécurité sociale et d'autre part elle constitue un véritable frein si nous parlons en termes de conservation ou de la promotion des normes culturelles ancestrales.

IV.3- INFORMATION DES CLIENTES ET UTILISATION DES RESSOURCES

Les femmes interviewées étaient entre les ages de 18 et 50 ans et faisaient partie des ménages qui ont 3 à 16 personnes avec un mélange varié d'adulte (18 ans et plus) et d'enfants (17 ans et plus). La plupart ont été à l'école mais très peu pourraient lire ou écrire. Les activités génératrices de revenu ont été variées, la plupart des femmes étant impliquées dans l'achat et la revente au marché local des produits alimentaires, d'autres font la transformation des produits alimentaires. La plupart des femmes étaient mariées, Quelques uns étaient veuves, divorcées ou célibataires. Aucune de celles qui n'étaient mariées était chef de ménage où avait contrôle de ses ressources- indiquant une norme culturelle plutôt qu'un manque de puissance par les femmes.

Cependant, la plupart des femmes ont indiqué qu'elles étaient responsables de la façon dont leur prêt a été utilisé et de la façon dont le revenu a été dépensé. Elles ont également indiqué qu'elles n'avaient jamais prêté ou n'avaient jamais donné une partie du prêt à leurs maris. La plupart ont reconnu que le revenu les a aidées a apporter des contributions à la dépense de ménage qui n'aurait pas été possible autrement.

a) L'ENSEIGNEMENT

La plupart des femmes ont eu des enfants ou des membres de leur ménage qui vont à l'école. Certains ont jusqu'à 9 enfants qui vont à l'école. Quelques femmes ont dit qu'elles apportaient des contributions de leur revenu pour payer les coûts d'inscription d'école et les coûts associés avec l'école. Certaines femmes craignent qu'elles ne puissent pas payer la scolarité de leur progéniture jusqu'à un certain niveau. Les femmes jouent un rôle important dans l'éducation de leurs enfants au moment où elles arrivent avec le peu de crédit assurer cette charge.

b) L'ALIMENTATION

Beaucoup des femmes ont reconnu qu'elles consacraient une partie de leur revenu de prêt à achat de la nourriture pour leur famille; cependant, il n' y avait pas une indication que la quantité de nourriture a achetée pour la famille a changé considérablement après le prêt. Certaine femmes ont déclaré que les hommes sont responsables des dépenses liées à la nourriture et l'argent des femmes permet d'acheter les condiments.

c) SANTE

La plupart des ménages dépensent d'une manière régulière pour la santé. Les femmes ont dit qu'elles utilisent une partie du prêt pour les coûts liés aux frais médicaux. Les femmes qui avaient pu épargner ou faire le revenu significatif à partir de leur activité commerciale fourniraient des ressources à ceux nécessitant une attention médicale. La vente des objets personnels de ménage a servi de source d'argent pour payer des coûts médicaux.

V - PERSPECTIVE D'AVENIR DU MICRO CREDIT

I - approche critique

La femme de la région du Kanem se donne corps et âme dans les travaux domestiques, champêtres et autres, mais l'ingratitude de l'homme montre qu'elle ne fournit aucun effort et sa participation est presque nulle. Les femmes malgré leur important numérique, leur très grande implication dans les activités productives, elles sont souvent dépossédées du fruit de leur travail. Elles font l'objet de discrimination quand il s'agit de reconnaître les droits les plus élémentaires. Elles sont souvent écartées de centre de décision quand même leur vie se trouve engagée.

Cette dimension féminine est souvent omise dans l'élaboration des programmes de développement. Ce qui fait que le projet de micro crédit n'a pas eu une étude au préalable par rapport aux pesanteurs socio culturels en vogue dans la localité. Quand les politiques pensent au développement, le plus souvent ils font une place marginale aux femmes. Les rôles positifs dévolus aux femmes sont très importants mais ne sont pas valorisés. Au foyer elles sont comme des mères ayant en premier lieu la mission de procréer, de prendre soins des enfants, de s'occuper de tous les travaux domestiques et autres...

1) critique à l'endroit d'ADIS

Le micro crédit instauré par l'ONG/ADIS a un impact indubitable sur la condition des bénéficiaires. Il a permis de financer les projets des femmes sans avoir une formation sur la gestion de ces crédits. Au regard de ce qui précède nous notons un chapelet de doléances de la part des bénéficiaires. Les montants de crédit est insuffisant par rapport à ce qu'elles veulent faire, taux d'intérêt très élevé (15%), affinité dans la distribution du crédit, frais de dossier très cher... Il n'est pas du tout facile de maîtriser la tâche de gestion sans faire une formation de base. L'ADIS ne dispose pas d'un service de comptabilité maîtrisant les techniques actuelles. Le système comptable demeure toujours traditionnel. Cette situation rend difficile la bonne suivie et la meilleure connaissance de la rentabilité des activités. Aussi l'inexistence d'un service chargé de l'analphabétisme ne favorise pas la diffusion des connaissances essentielles sur le concept et principe de crédits. Bref tous les agents de recouvrement n'ont pas une formation de base suffisante pour comprendre les techniques de gestion.

Lors de notre enquête nous avons constaté qu'il y a cumule de fonctions dans l'administration de ADIS. Une personne fait plusieurs travaux à la fois. Ce cumule ne permet pas de faire un bon contrôle, ou un bon suivi des activités. Vu son ancienneté d'existence, sa raison d'être, et pour une institution qui se réclame institution de micro finance, le nombre d'agent est très insuffisant pour le volume des bénéficiaires (176 femmes). A ce propos nous sommes en droit de nous demander si ADIS a pris le soin de bien sensibiliser les concernées c'est-à-dire les femmes.

Enfin ADIS observe des insuffisances et des manques en matière d'infrastructures pour bien mener ses activités.

2) critique à l'endroit de la politique gouvernementale

L'aide efficace aux petits activités économiques, surtout l'aide financière dépend largement de la présence d'un environnement économique et politique relativement stable. Une inflation croissante ou des troubles publiques présentent des menaces pour des transactions. L'indicateur d'instabilités économiques qui influenceront les formes d'intervention est l'inflation.

Il existe des politiques gouvernementales qui réduisent la capacité d'exploitation et d'épanouissement des petites activités économiques.

Aussi ne perdons pas de vu les phénoméne des coupeurs de route qui un maillon qui entrave le développement économique.

VI - SUGGESTIONS

Pour remédier aux constats que nous avons eu à faire nous suggérons ce qui suit :

- les associations intervenant en milieu musulmanes doivent négocier avec les banques afin de proposer aux clients musulmans des produits satisfaisants.

- L'interdiction des transactions illicites, y compris des intérêts, est financièrement et économiquement préjudiciable aux musulmanes, car l'islam est un facteur de force et non de faiblesse ;

- Les intérêts font partie de ces domaines qui ont trait à l'identité de la société, à la philosophie de l'Etat et aux orientations socio-économiques. Or le droit musulman qui s'impose aux musulmanes est restreint à la sphère privée donc établir un programme qui s'adapte aux réalités ;

- De former des agents capable d'assurer le bon fonctionnement des activités du crédit ;

- Que les femmes sachent qu'elles doivent s'épanouir dans la communauté en respectant les normes de la société (soumission, respect, entretien du ménage...). Elles doivent oeuvrer de telle sorte que les hommes ne puissent pas voir ce qu'elles font comme un danger terrible pour les générations futures et s'y opposer

- Que les ONG intervenant dans ce domaine fassent des études de terrain avec le démarrage des activités ;

- Amener les femmes à respecter les échéances de remboursement de leur crédit mais aussi d'en épargner une partie dans la caisse pour donner un exemple aux nouveaux adhérents ;

Il importe de souligner en dernier analyse que l'Etat et les ONG doivent en plus de ce qu'ils font déjà, donner un coup de main assez importante aux groupements féminins. Même si les femmes ont d'abord été motivées par leurs intérêts personnels, leurs actions ont finalement un grand apport dans le développement socio économique de mao. Par conséquent elles méritent l'attention particulière des autorités du pays.


* 9 Source d'enquête

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



Camping du Saucil a(Villeneuve sur Yonne)

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