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Analyse et mesure de la creation de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Benin : une approche constructiviste du modele theorique EVA (economic value added) sur donnees de panel

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par Jean de Dieu Elisée KOUDJO
Université d'Abomey-Calavi et Université de Liège (Belgique) - DEA en Sciences de Gestion 2008
  

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INTRODUCTION

L'accession au développement demeure une préoccupation majeure pour les gouvernements des pays en développement. Une panoplie d`alternatives, non mutuellement exclusives, s'est donc offerte pour réfréner le paupérisme de ces zones économiquement déshéritées du monde. Mais, les résultats jusque là ne sont pas concluants. Une des alternatives, qui réside dans le recours à l'aide publique au développement a révélée ses limites dans son orientation, essentiellement vers les secteurs sociaux à potentiel économiquement faible et non productifs de richesses. Une autre a consisté au redressement du système bancaire, après la déconfiture connue par le secteur, dans les années 80. Ainsi le tissu bancaire, après sa reprise au Bénin, est devenu un maillon du financement de l'économie, mais qui a tôt fait de marquer ses limites par son caractère sélectif. L'achoppement à ce niveau, frappe dans l'éviction de la masse populaire1(*) économiquement active, des services bancaires. Ces constats, déjà faits sous d`autres cieux, ont été les faits précurseurs qui ont engendré une nouvelle alternative au développement mise en oeuvre par le professeur Muhammad Yunus au début des années 80 au Bangladesh en Asie : le microcrédit. Mais, cette solution recentrée dans le contexte de la microfinance est appréhendée par son auteur comme un outil de développement adéquat aux secteurs sociaux productifs.

Dans cette même appréhension, le Bénin a fait ses premières expériences en microfinance en 1993. A ces débuts, elle a fait ses preuves ; mais elle semble être en perte de vitesse dans son contexte actuel. Bien évidemment, la microfinance s'est érigée en une industrie dont les préoccupations légitimes fussent - elles, se posent en termes de pérennité, de viabilité, de rentabilité et même de profitabilité...etc. Au fil des ans, ces questions de plus en plus récurrentes dans le secteur, font naître une "myopie" qui fait perdre à la microfinance, son caractère particulier d'outil de développement.

Au delà donc, des réflexions privilégiant les buts de système2(*) à la microfinance, le premier défi dans cette recherche est de comprendre, de mesurer et de caractériser le niveau de création de valeur consécutif à l'obtention de microcrédits par les PME, dans le but d'apporter des informations aux Services Financiers Décentralisés, utiles au recadrage du secteur. Le second défi est de concevoir une méthodologie d`élaboration de la mesure de la création de valeur des PME consommatrices de microcrédits, qui soit appropriable par les acteurs du secteur en l'occurrence l'Etat, les partenaires financiers, les IMF et les bénéficiaires de crédit eux mêmes. Les résultas de cette recherche sont donc le fruit de cette méthodologie.

Ce faisant, il serait permis de juger la microfinance dans son état actuel et futur, comme un véritable outil de développement, à l'aune de la méthodologie de mesure de la création de valeur de la clientèle PME des IMF. Ainsi, la contribution de cette recherche est de présenter un cadre d'analyse théorique axé sur l'Economic Value Added (EVA) et méthodologique avec son application à 36 PME béninoises.

Le mémoire est divisé en deux parties. La première partie traite du concept théorique et méthodologique de la création de valeur, et comprend deux chapitres. Le premier chapitre pose d`abord la problématique, avant de passer en revue l'état de la question sur le concept de la création de valeur dans la littérature, pour aboutir à la présentation des hypothèses de recherche. Le deuxième chapitre expose la méthodologie d'analyse retenue avant de révéler les données utiles à son application.

La seconde partie aborde la mesure empirique de la création de valeur. Deux chapitres composent également cette partie. Ainsi, le troisième chapitre procède d`une part à l'analyse de l'évolution des PME et IMF dans l'environnement économique béninois et d'autre part à une analyse microéconomique des PME, préalable à la modélisation économétrique de la création de valeur. Enfin, le quatrième chapitre analyse les résultats sur la base desquels, une politique de viabilisation du partenariat, entre les IMF, les PME, l'Etat et autres acteurs du secteur au Bénin, a été proposé.

PREMIÈRE PARTIE

CADRE THÉORIQUE ET METHODOLOGIQUE

DE LA CRÉATION DE VALEUR

Chapitre 1 : Problématique et Revue de Littérature

L'objet de ce chapitre est d'exposer la problématique sous jacente à la présente recherche et de mettre en évidence les objectifs et l'intérêt poursuivis (section 1). Une fois la rétrospection des études ayant trait aux différents corpus théoriques du domaine de recherche circonscrit, des hypothèses relatives seront émises (section 2).

Section 1 : Problématique, Objectifs et Intérêt de l'étude

Paragraphe 1 : Le Problème

La déconfiture du système bancaire, accentuée par la crise économique des années 1980 au Bénin, a conduit à y transplanter un type de financement jusqu'alors, nouveau : La Microfinance.

La Microfinance est un système de financement décentralisé qui offre l'opportunité aux agents économiques évincés de l'accès au système financier classique, d'obtenir un minimum d'appui financier. On dénombre essentiellement dans les IMF, les mutuelles et coopératives d'épargne et de crédit, les institutions de crédits directs et les ONG à volet microfinance. L'instauration de la microfinance au Bénin est donc vue comme un levier potentiel de développement et de lutte contre la pauvreté. Bien plus tard, la consécration de l'année 2005 comme "année internationale du microcrédit" par l'Organisation des Nations Unies en est la preuve. Historiquement, l'Etat béninois - soutenu par ses principaux partenaires au développement - a lancé pour la première fois en 1993, le projet de création des Institutions de Microfinance (IMF) pour pallier les insuffisances avérées et latentes du système classique bancaire dans leur offre de microcrédits aux "petits" opérateurs économiques. Depuis lors, une vaste campagne de promotion à l'attention des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et de leur accès aux différents services financiers de la microfinance a été lancée de telle manière qu'actuellement, on assiste à une forte interdépendance entre PME et IMF au Bénin.

Comme tout outil de développement, la microfinance doit être interrogée quant à ses finalités, ses modalités et ses conditions de mise en oeuvre. Mais il semble à première vue qu'une bonne combinaison des ressources mobilisées auprès du secteur financier a un effet multiplicateur sur les activités économiques pour insuffler un accroissement du niveau de richesse. Et pourtant, il est un contraste que la pratique de la microfinance, ayant investi tous les secteurs dans lesquels s'insèrent les PME au Bénin, s'accommode avec une défaillance des activités économiques. Celle-ci s'appréhende d'une part par la baisse significative des taux de recouvrement des créances du système financier décentralisé et d'autre part par une hausse significative du niveau de pauvreté établi à 47,6%3(*). Dans ces conditions, une vue exploratoire de ce constat apparent, nous fait douter de l'atteinte du premier objectif du millénaire pour le développement : « éliminer l'extrême pauvreté et la faim », et par conséquent, nous incite à nous poser la question sur la contribution de la microfinance dans la création de richesse au sein des PME béninoises. Fort de cela, nous focalisons donc cette recherche sur l'effet induit du microcrédit sur la création de valeur dans les PME et PMI bénéficiaires.

Au demeurant, une évaluation d'impact de la microfinance sur la création de valeur dans les PME bénéficiaires est indispensable au recadrage du système financier décentralisé, afin qu'il réponde efficacement et de manière durable au développement de l'économie béninoise. Or jusqu'alors, les recherches menées sur le sujet de la microfinance dans le contexte béninois ne se sont intéressées en général et pour l'essentiel qu'aux conditions de réalisation de la pérennité des institutions de microfinance. Cette préoccupation grandissante quoique légitime laisse tout de même entrevoir, qu'une course effrénée vers la viabilité des IMF, peut dans certains cas empiéter sur le bien être économique des PME bénéficiaires de ces microcrédits. Dès lors, il paraît aussi légitime, de procéder à un recadrage du partenariat entre les PME et les IMF de manière à ce que soit privilégiée la création de valeur bénéfique à toutes les parties prenantes.

C'est donc dans cette perspective que nous situons cette recherche pour se fixer comme objectif générall d'évaluer l'effet induit de la microfinance dans la création de valeur des PME béninoises bénéficiaires de microcrédits et, sur la base des résultats, de recommander des innovations majeures permettant le développement d'un système financier décentralisé efficient et durable au Bénin. Pour ce faire, des objectifs spécifiques vont y concourir ; il s'agira donc :

§ de mesurer le niveau de création de valeur dans les PME bénéficiaires des services financiers décentralisés (SFD) au Bénin ;

§ de déterminer les facteurs qui influencent la création de valeur dans les PME et particulièrement ceux qui sont liés aux services offerts par les IMF ;

§ de mesurer la satisfaction de la clientèle PME dans leur pratique de recours au microcrédit des SFD au Bénin ;

§ d'identifier et de proposer une politique de recadrage et de viabilisation du système partenarial PME et Microfinance.

En conséquence, il nous échoit d'investiguer dans le cadre de la présente recherche sur le thème « Analyse et Mesure de la création de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin : une approche constructiviste du modèle théorique EVA (Economic Value Added) sur données de panel ». Cette recherche qui repose bien évidemment, sur les modèles de la valeur économique ajoutée et de la satisfaction permettra d'aboutir à des résultats qui pourront se décliner en trois composantes à savoir :

§ Etablir si l'offre de services financiers des IMF contribue effectivement à la création de richesse dans les PME bénéficiaires de crédit, chose qui contribue in fine à la réduction de la pauvreté ;

§ Procéder à la mesure de la satisfaction retirée par les dirigeants de ces PME, dans leurs relations de crédit avec les IMF ;

§ Faire ressortir les influences des déterminants retenus, sur la création de richesse de ces PME.

En somme cette recherche aura contribué au débat sur la pertinence de la microfinance en tant qu'instrument financier de résorption de la pauvreté dans un pays en développement, le Bénin. La question sous jacente qui se pose donc est de savoir si le recours à la microfinance pour le financement des activités des PME, contribue à la création de richesse dans le contexte béninois. Il s'agira ainsi, au terme de cette recherche d'approcher le degré d'opérationnalité de la microfinance dans son rôle d'outil de développement.

Paragraphe 2 : Intérêt de la recherche.

La recherche sur la pratique de la microfinance dans la création de richesse des PME présente un triple intérêts : théorique, méthodologique et pratique.

Ainsi, l'intérêt théorique de cette recherche réside dans l'apport de divers modèles d'évaluation de la création de valeur qui proviennent de plusieurs approches théoriques.

L'intérêt méthodologique quant à lui, se situe à trois points de vue :

§ premièrement, il résulte de la recherche d'une méthode, conçue sur les requis du modèle EVA, qui s'adapte le mieux au problème de mesure de la valeur créée dans les PME ayant recours aux services financiers des IMF ;

§ deuxièmement, l'intérêt méthodologique réside dans le caractère comparatif du modèle financier de la création de valeur adapté aux spécificités de la PME avec le modèle de la satisfaction qui relève du domaine du marketing ;

§ troisièmement, l'identification des déterminants de la création de valeur et la mesure de leurs influences sur celle-ci, apporte une richesse capitale à la présente recherche.

Enfin d'un point de vue pratique, cette recherche apporte des méthodes d'analyse directement utilisables aussi bien par les dirigeants des PME que par les acteurs des IMF. Ces méthodes portent sur :

§ l'évaluation de la profitabilité des microcrédits au moyen de la mesure de la création de richesse pour ce qui concerne les PME.

§ la maîtrise des asymétries d'information par les IMF pour gérer au mieux le risque opérationnel des PME.

In fine, cette recherche apportera à l'Etat, aux bailleurs de fonds et aux ONG internationales appuyant financièrement le secteur de la microfinance au Bénin, un éclairage sur la portée de leurs actions et l'atteinte des objectifs qui motivent leurs efforts dans la lutte contre la pauvreté et le sous-développement.

Section2 : De la Revue de Littérature à la formulation des Hypothèses.

Paragraphe 1 : La Revue de Littérature.

L'investigation sur la pratique des institutions de microfinance dans la création de richesse au sein des PME béninoises, fait appel à un ensemble de courants théoriques. Ainsi, il s'agira d'abord, d'appréhender dans la littérature scientifique et les travaux empiriques, les théories d'évaluation et de création de valeur, ensuite le paradigme de la satisfaction lié au service de la microfinance avant de déboucher sur le concept de PME et de son financement. Dès lors en faisant référence à certaines théories de la firme, il revient au besoin, de complexifier ce corpus théorique pour l'adapter à l'intérêt de notre recherche.

1.1 La création de valeur

La valeur est un concept polysémique, omniprésent dans les disciplines des sciences de gestion (Bréchet et Desreumaux, 2001). En effet, la création de la valeur suscite un intérêt croissant tant en management stratégique, en finance d'entreprise, en contrôle de gestion qu'en marketing (Cappelletti et Khouatra, 2006). Selon ces auteurs, on distingue plusieurs paradigmes de la valeur : la valeur partenariale, la valeur actionnariale, la valeur-client, la valeur stratégique, la valeur organisationnelle. Mais on devra également distinguer la valeur économique. Nous allons nous focaliser sur la finance d'entreprise, dans cette partie, pour faire référence au paradigme de la valeur économique. Le terme de valeur étant considéré comme synonyme de richesse.

Ainsi, l'approche financière classique perçoit la valeur créée comme étant, la rente reçue par les créanciers résiduels exclusifs que sont les actionnaires (Albouy, 2006). L'idée fondamentale qui sous-tend les différentes mesures de la création de richesse économique, consiste à dire qu'une entreprise crée de la valeur dès lors que la rentabilité des capitaux investis est supérieure au coût des différentes sources de financement utilisées ou coût du capital (Vernimmen, 2005 ;Albouy, 2006). Il est donc primordial de ne pas assimiler la création de valeur au simple fait qu'une entreprise soit bénéficiaire au sens comptable.

En général, on note une prédominance du paradigme de la valeur économique ou financière tant dans la théorie que dans la pratique. Les méthodes de sa mesure sont nombreuses (Cappelletti et Khouatra, 2006). Ainsi, « le Chartered of Management Accountant (CMA) classe les mesures de la création de la valeur financière en trois catégories :

- Celles qui n'utilisent que les données comptables, éventuellement corrigées, associées à un coût du capital : ce sont les mesures internes à la création de valeur ;

- Celles qui n'utilisent que les données de marché et qui reflètent la création de richesse ;

- Celles qui mélangent données comptables et données du marché, et qui relient création de richesse et création de valeur ».

La présente revue de littérature s'intéresse aux travaux axés sur les flux financiers et comptables associés au coût du capital, étant donné le champ d'investigation de la présente recherche. C'est d'ailleurs dans cette même conception que Rousseau et Tabatoni (1998)4(*) distinguent essentiellement deux approches fondamentales dans la mesure de la création de valeur : l'approche par les free cash flows et l'approche par la création de richesse.

1.1.1 La mesure de la valeur par la méthode des free cash flow

La valeur de l'entreprise est le cumul d'une valeur préstratégique et d'une valeur stratégique. La valeur préstratégique étant obtenue par la capitalisation du résultat d'exploitation au coût du capital. Quant à la valeur totale, elle est calculée par actualisation des cash flows et d'une valeur résiduelle obtenue par capitalisation d'un cash flow stabilisé. Cette approche popularisée par Rappaport (1986), repose donc sur l'actualisation des free cash flows (Albouy, 2006).

Selon d'ailleurs la théorie financière moderne, la valeur de la firme est égale à la somme actualisée des flux de fonds allant aux actionnaires et créanciers financiers. En d'autres termes, la valeur de la firme est mesurée par les cash flows d'exploitation diminués des investissements de la période nécessaire à l'exploitation. Les actifs immobilisés nets ainsi que les besoins en fonds de roulement étant considérés comme investissements. Ainsi, les free cash flows sont obtenus en soustrayant du cash flow d'exploitation la variation du besoin en fonds de roulement et l'investissement brut. Ensuite dans une optique prévisionnelle, on détermine la valeur résiduelle à l'horizon en capitalisant le dernier free cash flow au coût du capital diminué d'un éventuel taux de croissance . .

Dès lors, les free cash flow et la valeur résiduelle de la firme sont actualisés au coût moyen pondéré du capital pour obtenir la valeur actuelle de la firme. .

Ainsi, pour calculer la valeur du capital des actionnaires, il suffit de retrancher de la valeur globale de l'entreprise, la valeur de marché des dettes financières. Il revient en définitif que, la maximisation de la valeur globale de la firme revient, pour une valeur de dette donnée, à maximiser la richesse des actionnaires.

Au demeurant, (Pène, 1997) justifie l'utilisation de cette méthode par trois facteurs mutuellement exclusifs : D'une part, le goût plus en plus prononcé de la finance moderne à privilégier une approche globale, étant donné que l'entreprise elle-même repose sur une approche systémique au point où la distinction entre fonds propres et dette devient plus floue. D'autre part, l'actualisation des free cash-flows est une pratique en parfaite cohérence avec la théorie de l'investissement. Enfin, il est d'une évidence que cette méthode est simple d'application puisqu'elle permet de se concentrer sur les flux d'exploitation et d'investissement.

1.1.2 Le modèle de la valeur économique ajoutée: EVA

La seconde approche, dont la paternité revient en 1991 au cabinet américain « Stern et Stewart & Co » développe deux concepts (Albouy, 2006 ; Denglos, 2003 ; Cappelletti et Khouatra, 2006) : l'EVA (Economic Value Added) et la MVA (Market Value Added). Depuis 1890, Alfred Marshall, appuyé bien plus tard par (Cappelletti et Khouatra, 2006), définissait déjà le profit économique (residual income) comme le bénéfice qui reste disponible pour les actionnaires, après déduction du résultat d'exploitation après impôt théorique, de la rémunération du capital employé. De ce fait, il paraît évident que l'EVA est bâtie sur les cendres du profit économique de Marshall. Elle est présentée sous un concept arithmétique et a fait l'objet de critiques et de nouveaux apports.

1.1.2.1 Présentation du modèle EVA

L'Economic Value Added se propose d'être un indicateur de performance du management. Elle est obtenue en diminuant du résultat opérationnel de l'entreprise après impôt, la rémunération du capital exploité dans son activité. Cela signifie que la valeur créée par une entreprise au cours d'une période donnée doit intégrer non seulement les charges enregistrées en comptabilité mais également le coût d'opportunité des capitaux propres ; puisque les fonds propres ne sont pas une source de financement gratuite et de ce fait les actionnaires exigent une juste rémunération du risque pris (Albouy, 2006). Formellement l'Economic Value Added se calcule comme suit : , avec : = Return On Investment Capital ou rentabilité des capitaux investis ; = Weighted Average Cost of Capital ou coût moyen pondéré des capitaux.

Ainsi, lorsque est positive, il en résulte que la rentabilité de l'exploitation excède le coût des fonds mis à disposition (fonds propres et emprunts). Cela traduit en effet, que la firme présente des performances supérieures à celles du marché : l'entreprise est créatrice de richesse pour ses bailleurs de fonds. A l'opposé, lorsque est négative, l'effet contraire se produit et l'entreprise détruit de la valeur au détriment des choix stratégiques plus rémunérateurs. Dans ce cas, les performances de la firme sont en deçà de celles que le marché attend, compte tenu de la classe de risque à laquelle elle appartient. Mais une troisième occurrence de la valeur de l' est plausible ; il s'agit d'un nul qui traduirait qu'il n'y a ni création ni destruction de la richesse, mais que la piètre rentabilité de la firme ne sert qu'à honorer les engagements auprès des prêteurs de fonds.

La formule de l' intègre alors trois termes, chacun au contenu spécifique : Les capitaux investis, la rentabilité économique et le coût moyen pondéré du capital.

a. Les Capitaux investis

Les capitaux investis peuvent être appréhendés à partir de la somme des fonds propres et des dettes financières ou soit en additionnant les actifs immobilisés nets aux variations du besoin en fonds de roulement. Si la détermination du montant de la dette ne pose pas en soi un problème, celle des fonds propres laisse à désirer et demande qu'on se réfère aux données comptables. Ainsi, suivant l'approche patrimoniale, les capitaux investis correspondent à la somme des apports, des écarts de réévaluation, des bénéfices non distribués, des subventions d'investissement et des provisions réglementées dont la justification est fiscale.

b. La rentabilité économique ou rentabilité des capitaux investis

La détermination de la rentabilité économique doit être cohérente avec la détermination des capitaux investis. Dès lors, elle doit être distinguée de la rentabilité des capitaux propres qui présente quelques inconvénients : Le premier est qu'elle est sensible à la structure financière. Le deuxième est que le bénéfice n'est pas exclusivement le fruit des fonds propres mais également des dettes financières à long terme. Enfin, dans le calcul de la rentabilité financière, le bénéfice net a pour inconvénient d'inclure les produits financiers ; ce qui déforme la rentabilité puisque ceux-ci n'ont qu'un rapport lointain avec le coeur du métier (Denglos, 2003). En effet, la rentabilité économique se calcule comme suit : ou

avec = Earning Before Interest and Taxes ou résultat d'exploitation avant intérêt et impôt, = Net Operating Profit After Taxes ou résultat d'exploitation diminué de l'impôt ajusté. (Mbangala, 1998 ; Denglos, 2003 ; Albouy, 2006). Ainsi, la rentabilité économique est obtenue en rapportant au capital investi, le résultat d'exploitation diminué de l'impôt ajusté, c'est-à-dire l'impôt que devrait payer la firme si elle n'avait pas de dettes financières.

Mais la rentabilité économique ne vient pas ex nihilo. Pour une entreprise soucieuse de créer de la valeur, elle doit oeuvrer sur des variables d'action interne ; ce que (Cappelletti et Khouatra, 2006) désigneront par leviers de la création de valeur. Albouy (2006) vient donc énumérer quelques unes de ces variables. La première est d'améliorer le taux de marge nette opérationnelle en procédant successivement à une réorganisation du travail et des processus de production, à une augmentation de la flexibilité et à la réduction des coûts de production, à la centralisation des fonctions financières et administratives renforcée par l'utilisation des nouvelles technologies. La seconde est d'assurer une croissance à long terme des ventes. Cette variable d'action relève essentiellement du domaine du marketing, car il s'agit à ce niveau de développer de nouveaux produits ou activités, de pénétrer de nouveaux marchés, d'agir sur le marketing mix et de rechercher systématiquement des avantages compétitifs. Quant à la dernière variable, il est question de procéder au contrôle des capitaux investis par activité. Pour agir efficacement sur cette variable, l'entreprise doit s'efforcer de minimiser au mieux les besoins en fonds de roulement en agissant sur la rotation des stocks, les délais de règlement des clients et des fournisseurs. De même, elle doit évaluer la rentabilité des actifs immobilisés, recourir à la location qu'à l'achat pour les investissements non stratégiques. Elle doit aussi procéder au désinvestissement dans certaines activités non essentielles ou en dehors du core business (Albouy, 2006). Comme le montrent (Cappelletti et Khouatra, 2006) en partant de Caby et Hirigoyen (2001)5(*), trois types de leviers d'essence stratégiques sont sources de création de valeur par l'entreprise : des leviers stratégiques au sens strict, les leviers financiers et les leviers de gouvernance d'entreprise.

c. Le coût des investissements ou coût moyen pondéré du capital

Le coût du capital se définit comme le coût moyen pondéré des ressources mises à la disposition de l'entreprise par les actionnaires et les prêteurs (Hoarau et Teller, 2001). Ce coût qui exprime donc les attentes de rentabilité des actionnaires et des créanciers est déterminé de la manière suivante :

avec (Equity) : les fonds propres, (Debt) : les fonds de tiers, et , , , respectivement le coût des fonds propres ou la rentabilité exigée par les actionnaires, le coût de la dette et le taux d'impôt en vigueur. De cette façon, le CMPC apparaît donc comme une variable externe à la création de valeur, qui elle-même intègre plusieurs autres variables telles que le taux d'intérêt totalement exogène à l'action des dirigeants ainsi que le coût des fonds propres qui peut être déterminé par l'équation du MEDAF (Albouy, 2006). En déduction de cette formule, si l'endettement était nul, le coût moyen pondéré du capital revient au coût des fonds propres et on aura dans ce cas : . Bien évidemment, la détermination du coût de la dette et des fonds propres est une étape préalable à celle de l'estimation du coût des investissements.

Le coût des emprunts

La détermination du coût de la dette se focalise d'abord et exclusivement sur des dettes nouvelles d'origine financière, ayant comme taux d'intérêt celui qui est en vigueur sur le marché au moment où l'on évalue les projets d'investissement. Ensuite, il est aisé d'obtenir le véritable coût des emprunts par un calcul actuariel. Il importe de tenir compte outre les intérêts, des différents frais de dossiers, des commissions liées au montage d'un emprunt, mais également de la déductibilité fiscale des intérêts si l'entreprise est bénéficiaire (Albouy, 1997). Le taux nominal de dette est un taux brut alors que le coût réel pour l'entreprise est le taux net d'économie d'impôt . Ce coût est donc calculé après impôt dès lors que les charges d'intérêts, à la différence des dividendes, sont déductibles du résultat imposable. De ce fait, les dettes sont moins chères que les fonds propres (Denglos, 2003). La rémunération de la dette se justifie par trois raisons essentielles (Dayan et al., 1999) : En premier lieu, le prêt de fonds insinue le renoncement du prêteur pendant un certain temps à son utilisation. Il s'en suit logiquement donc que le prêteur reçoive en contrepartie une rémunération désignée comme étant le loyer de l'argent. En second lieu, le prêt d'argent assujetti son prêteur à l'évolution du prix et à la baisse de son pouvoir d'achat ; en compensation il est normal que le prêteur reçoive en contrepartie une somme revalorisée en rapport du cours d'inflation. Enfin, le prêt est empreint du potentiel de risque de non remboursement (insolvabilité ou faillite de l'emprunteur) ; ce risque justifie dès lors une rémunération appelée, prime de risque. Comme corollaire, un taux d'intérêt agrège ces trois composantes :

. En général, les taux d'intérêt sont fixés sur des marchés : le marché monétaire pour les besoins d'argent à court terme ; le marché des obligations pour les besoins d'argent à plus long terme et les marchés interbancaires pour les relations entre les banques. Ces taux sont fixés par une confrontation entre l'offre et la demande d'argent.

Mais de façon empirique et selon la pratique dans les IMF, le taux d'intérêt effectif prend en compte tous les coûts financiers comme les intérêts, les commissions, les frais de dossier au regard du capital restant dû. Il inclut donc toutes les charges financières exprimées en pourcentage du montant de crédit restant pendant chaque période de remboursement (mode de calcul dégressif). Pour être complet, il y est intégré l'effet de l'inflation pour parler de taux d'intérêt réel. Ce qu'il serait plus compréhensible à notre avis, de désigner par coût global de financement du crédit pour l'emprunteur. Ainsi, la formule retenue pour son calcul est la suivante : 6(*) chacune des variables, , , et désignant respectivement les frais généraux, les pertes sur crédits, les coûts des ressources y compris l'inflation, la capitalisation souhaitée et les produits des placements ; chacune d'elles étant exprimée en pourcentage de l'encours moyen de crédits.

Par ailleurs, une autre méthode simple, mais qui ne fait qu'approximer la valeur du coût global de financement ex post consiste à rapporter le total des intérêts versés à l'encours moyen de crédit. Enfin, l'emprunteur supporte in fine, trois types de coûts importants : il s'agit du coût financier, du coût de transaction et du coût d'opportunité. Les deux derniers ne bénéficiant ni à lui-même, ni au prêteur ; son défi sera donc de les minimiser au strict minimum.

Le coût des fonds propres

La détermination du coût des fonds propres, est problématique. On procède en effet, à une estimation et non à son calcul (Cobbaut, 1994). La première difficulté réside dans le fait qu'il n'est pas toujours facile de prévoir avec précision les flux futurs qui seront générés par l'entreprise et par conséquent, la répartition de ces flux sous forme de dividendes n'est pas toujours connue par les actionnaires. Cette situation est source d'une double indétermination : la première liée aux bénéfices futurs et la seconde liée aux dividendes des actionnaires (Cobbaut, 1994 ; Mbangala, 1998). La seconde difficulté majeure est relative à la fixation arbitraire de l'horizon économique de l'évaluation. Pour cette raison, il est procédé à l'actualisation d'un flux infini de dividendes futurs (Cobbaut, 1994). Ainsi, on dénombre dans la littérature financière, plusieurs travaux qui ont tenté d'approcher la valeur du coût des capitaux propres par diverses méthodes. Plusieurs auteurs (Cobbaut, 1994 ; Mbangala, 1998 ; Denglos, 2003 et Albouy, 2006) ont exposé dans leurs différents travaux les spécificités de ces méthodes : le modèle actuariel de Gordon et Shapiro (1956), les méthodes inspirées de la comptabilité basées sur la valeur patrimoniale de même que l'utilisation du Earning Price Ratio (EPR) et du Price Earning Ratio (PER).

Le modèle actuariel de Gordon et Shapiro (1956) est fondé sur l'hypothèse de la constance du taux de croissance annuel du bénéfice et que l'entreprise est entièrement autofinancée. Par conséquent, ce taux est défini comme le produit du taux constant de rétention du bénéfice et du taux de rentabilité de l'entreprise. Il vient donc que, . Ainsi, selon ces deux auteurs, le taux de rendement attendu ou coût des fonds propres est obtenu comme suit : avec le dividende obtenu à la première période et le cours d'achat d'un titre.

Le modèle de capitalisation du Price-Earning Ratio (PER) ou ratio cours-bénéfice tente d'estimer la valeur des capitaux propres sur la base du nombre de bénéfice acheté. Ce modèle révèle que la valeur des capitaux propres d'une entreprise est issue d'un multiple de sa capacité bénéficiaire. Ainsi, le PER est un coefficient de capitalisation des résultats de l'entreprise et peut être aussi vu comme le nombre de période de temps qu'il faudra pour récupérer le capital investi. Il est obtenu en rapportant le cours d'achat au bénéfice par action ; il en vient que :. Son intérêt particulier est qu'il permet de comparer des titres sur le marché des actions. Ainsi, le titre dont le PER est le plus faible est meilleur marché. Sur cette base, on détermine la part du bénéfice affectée aux actionnaires soit le coût des fonds propres, par l'inverse du PER appelé Earning-Price ratio :.

La richesse d'enseignement de ces modèles n'est certainement pas battue en brèche ; mais il ne fait l'ombre d'aucun doute que ces méthodes sont empreintes à des inconvénients qui par ailleurs seraient source d'investigation de la recherche en finance. Ainsi, l'application du modèle actuariel de Gordon et Shapiro conduit à une sous évaluation du coût du capital, car elle ignore les plus values. De même, l'expression du coût du capital par l'EPR repose sur l'hypothèse sine qua non d'une création de valeur sous-tendue par l'existence d'une rentabilité financière (Denglos, 2003).

Ainsi, pour pallier à tous ces inconvénients on a le plus souvent recours au Modèle d'évaluation des actifs financiers (MEDAF). Sur cette base, le coût des fonds propres est égal à la rentabilité tirée d'un actif sans risque, auquel s'adjoint une prime correspondant au risque de l'activité, et se détermine par la formule suivante : avec, et le taux d'intérêt sans risque, le taux de rentabilité espérée d'un portefeuille diversifié de valeurs et le coefficient de risque qui détermine la volatilité de la rentabilité d'une action par rapport à celle du marché. Ainsi, le taux de rendement exigé est une fonction croissante du bêta. On peut tout de même être tenté de relier la fluctuation du taux de rendement exigé à l'évolution du taux sans risque ; ce qui consisterait à dire qu'une baisse du taux sans risque va accroître l'écart pondéré et par conséquent le rendement des actionnaires. Un tel raisonnement est réducteur, car il est certain qu'une baisse du taux sans risque va, dans tous les cas réduire le coût des fonds propres, puisque avec la diminution du taux sans risque, tout investisseur exigera un rendement moindre (Denglos, 2003).

Comme tout outil financier, l'EVA offre inévitablement des avantages certains mais également quelques faiblesses. Le premier atout de cet indicateur de création de richesse est qu'il ne limite pas le coût des capitaux investis au coût de la dette, mais il intègre également le coût des fonds propres en rapport avec le risque que prend l'actionnaire (Hoarau et Teller, 2001). En second lieu, son calcul au niveau opérationnel permet d'éliminer l'incidence des écritures exceptionnelles ou financières sur le bénéfice. En effet, le bénéfice peut s'améliorer et présenter une valeur grossière, grâce à une opération qui n'a que peu de rapport avec le métier de l'entreprise et grâce à un solde qui, au fond, n'a que fort peu de signification, né de la différence entre des produits de placement et charges d'endettement. En étant calculé à partir du résultat d'exploitation, l'EVA donne ainsi une saine image de la création de valeur (Denglos, 2003).

En somme le concept de l'EVA et celui des free cash flow ont un fondement théorique voisin. La méthode des free cash flow est une application directe de la théorie financière moderne tandis que l'EVA est issu de la théorie économique centrée sur le profit économique. De ce fait, il apparaît évident que le concept EVA est en lui-même un concept parfaitement articulé avec la théorie financière qui stipule que la valeur de la firme est égale à la somme actualisée des flux allant aux actionnaires et aux créanciers financiers. Sur la base de cette similitude, une relation formelle peut être établie entre ces deux indicateurs pour montrer qu'ils conduisent à la même valorisation de la firme.

1.1.2.2 Les critiques et Apports

L'intérêt de l'EVA par rapport à l'indicateur classique de mesure de création de valeur qu'est le bénéfice net ne doit pas masquer ses limites (Hoarau et Teller, 2001). Ainsi, pour Albouy (2006), la critique sur les critères de la valeur actionnariale tient essentiellement aux difficultés de la mesure et au risque de court-termisme. Ainsi, l'adoption de l'EVA dans le classement des entreprises devrait tout d'abord répondre à la fiabilité de l'instrument de mesure. Or une telle précaution n'est pas évidente. La détermination du coût du capital par exemple ne demeure pas moins imprécise et sujette à révision en fonction de l'évolution des marchés (Cappelletti et Khouatra, 2006). Cette imprécision vient fondamentalement de la difficulté à évaluer le coût d'opportunité des fonds propres. En conséquence, et comme le montre Parienté (1997) dans ses travaux sur six grands groupes français, la mesure de la création économique de valeur peut varier considérablement selon la méthodologie employée.

Par ailleurs, l'EVA peut s'améliorer parfois alors que les « actifs » stratégiques se détériorent. L'amélioration de l'EVA peut être la résultante d'une politique de sous-investissement, notamment en recherche et développement ou en formation (Denglos, 2003 ; Albouy, 2006). En effet, une réduction sensible des services apportés à la clientèle va impulser une EVA très attrayante sous l'effet d'une réduction des charges d'exploitation, avec toutefois des préjudices inquiétantes pour le futur. A l'opposé, une valeur négative de l'EVA peut être le fait d'un investissement massif qui peut être une stratégie de veille et d'avance sur la concurrence, mais qui obèrent la marge opérationnelle à court terme. Dans une telle situation, il peut être fort à parier que la valeur actuelle de cet indicateur de création de valeur soit positive (Denglos, 2003). C'est pourquoi, (Albouy, 2006) parlera du risque du court-termisme. Là-dessus (Cappelletti et Khouatra, 2006) montrerons que la recherche de la valorisation maximum à court terme du capital financier peut déboucher sur une remise en cause de la compétitivité, et donc de la survie à terme de l'entreprise.

Un autre inconvénient non moins considérable est que l'EVA n'offre pas de façon univoque la distinction entre création de valeur stratégique et création de valeur financière. Cette faille est en réalité liée à l'interdépendance entre la rentabilité économique, le coût moyen pondéré du capital et le capital investi. De même, il est à remarquer que le modèle EVA n'est pas normatif quant à la stratégie à suivre pour accroître la valeur et qu'il n'est pas fondé sur des règles édictées par un plan comptable. Ce modèle n'apporte pas un éclairage satisfaisant sur la qualité du management et du fonctionnement de l'entreprise parce que seuls les coûts cachés financiers sont pris en compte ; par conséquent, les coûts cachés résultant des dysfonctionnements ne sont pas pris en considération (Cappelletti et Khouatra, 2006). Il en ressort que son mode de calcul peut donner plus d'illusion dans les groupes. En effet, la firme peut disposer de capitaux investis importants, mais d'un effet de levier modeste ; comme effet, cette firme peut dégager un niveau de l'EVA très élevé, alors que le taux de création de valeur en soi est peu enviable par unité de capital investi. De ce fait, Denglos (2003) insinue qu'il est plus révélateur de calculer le taux de création de richesse en rapportant l'EVA généré aux capitaux investis sur la même période. Par ailleurs, certains auteurs avancent que cette technique, quoique incluant des termes ayant leurs propres limites, reste plus appropriée aux analyses internes.

Dans la même foulée, d'autres auteurs (Shaked, Michel et Leroy, 1998) ont préconisé une appréciation d'une CVA (Cash Value Added) en complément à l'EVA. En effet, la production stockée accroît le bénéfice opérationnel, alors qu'elle ne constitue qu'une addition de coûts de revient. Ainsi, la firme pourrait dégager un bénéfice opérationnel par le simple fait du gonflement de ses stocks. De même, la non prise en compte des éléments exceptionnels peut poser un problème de liquidité que l'entreprise soit en forte croissance ou sensible au refinancement. Il en résulte que l'EVA est très peu sensible à la trésorerie de l'entreprise. Dès lors, la CVA qui est donnée par l'écart entre la trésorerie d'exploitation et le coût des capitaux employés, rend mieux compte de la position de trésorerie que les grandeurs basées sur les résultats d'exploitation. Cet apport met de la lumière sur la distinction entre la rentabilité et la solvabilité. En réalité, la rentabilité d'exploitation n'a que peu de rapport avec la position de trésorerie qui est en fait au coeur de la richesse de l'actionnaire.

Par ailleurs, la détermination des capitaux investis est sujette à caution. En effet, dans une optique de création de valeur, ils sont obtenus par la sommation des éléments suivants : fonds propres, dettes augmentées des charges passées en immobilisation, charges d'exploitation assimilables à de véritables dettes, provisions pour risques et charges et des amortissements diminués voire d'emplois exceptionnels. Or, cette approche est imprécise du fait qu'elle prend en considération des éléments qui ne relèvent d'aucune norme. De fait, les informations précieuses au calcul de l'EVA s'avèrent difficiles à extraire des comptes de l'entreprise. Pour toutes ces raisons, certains auteurs dont Bacidore, Boquist, Milbourn et Thakor (1970)7(*) préconisent alors de retenir la valeur de marché des capitaux investis, car dans le calcul du coût moyen pondéré du capital, les capitaux investis sont exprimés en valeur de marché tandis que dans l'EVA, ils sont exprimés en valeur comptable. Ainsi, ces auteurs ont défini une EVA ajustée ou valeur ajoutée économique ajustée en rapport au marché :

, avec : Net Operating Profit After Taxes (le bénéfice opérationnel après impôt) et : les fonds propres augmentés de la valeur de marché des dettes exprimées en valeur de marché. Ainsi, selon leurs auteurs cette redéfinition du modèle EVA serait mieux corrélée à la rentabilité boursière.

Par ailleurs, un apport majeur réside dans l'application des nouvelles théories de la firme. En effet, la valeur créée dans l'entreprise ne peut plus s'analyser indépendamment des problèmes d'agence inhérents aux partenariats régnant au coeur de la firme : l'entreprise est vue comme un « noeud de contrats formels et informels ». La théorie de l'agence de Jensen et Meckling (1976) s'est donc intéressée initialement aux relations de délégation entre un principal et un agent ; mais par la suite, elle a étudié de façon élargie les conséquences des relations de coopération entre les différentes parties prenantes à la vie de l'entreprise (Dayan et al., 1999). Dès lors, la relation entre les actionnaires des PME et les IMF ou en général les créanciers, est sujette à des coûts d'agence d'endettement liés à deux sources de conflits d'intérêt. La première est relative à la politique d'investissement : les actionnaires en tant que créanciers résiduels ont tout intérêt à obtenir des financements pour des investissements les plus risqués même si ceux-ci ne sont pas rentables. Cette prise de risque des actionnaires est mue par leur responsabilité limitée par laquelle ils ne supportent les pertes qu'à concurrence de leurs apports. Dans le cas contraire, les actionnaires s'approprient en intégralité les gains résiduels de l'investissement. Une telle situation justifiée par la théorie des contrats incomplets, repose sur le caractère asymétrique de la relation actionnaires/créanciers. La seconde source de conflit est liée au risque de défaillance de l'entreprise. Or, lorsque le risque est avéré, les actionnaires se retirent simplement laissant ainsi les créanciers faces à leurs engagements sans contreparties. Pour se prémunir donc, les créanciers financiers imposent des garanties (clauses contractuelles ou primes de risque) qui se répercutent sur le coût de financement. Dans un cas extrême, lorsque l'entreprise est en faillite, les créanciers financiers deviennent les actionnaires tandis que les anciens actionnaires sont déchus. Ainsi, la mise en oeuvre de ce mécanisme est empreinte de coûts dits "coûts de faillite". De ce fait, la faillite est un mécanisme légal qui permet aux créanciers de prendre la relève dans une entreprise en défaillance (Dayan et al., 1999). Dans ces conditions, lorsque l'entreprise se trouve en difficulté financière, les actionnaires renoncent tacitement à l'objectif de création de valeur et de poursuivre des intérêts plus personnels.

En conclusion, le modèle EVA, avec ses critiques et nouveaux apports, garde une constance ; celle d'approcher la valeur. Mais comme on peut le retenir de (Simon, 2000), la valeur présente des particularités d'être subjective et contingente. En effet, comme l'affirment Kotler et Dubois (1997), c'est lorsque le produit acheté délivre effectivement la valeur attendue, que naît la satisfaction.

1.2 La Satisfaction

Le concept de la satisfaction relève essentiellement du domaine du marketing. Selon (Kotler et Dubois, 1998), le marketing est « le mécanisme économique et social par lequel individu et groupe satisfont leurs besoins et désirs au moyen de la création et de l'échange de produits et autres entités de valeur pour autrui. » La satisfaction de l'acheteur apparaît donc être au coeur de la démarche marketing. Mais de façon intrinsèque, elle repose elle-même sur le concept sous-jacent de la valeur délivrée au client. Cette valeur délivrée se définit comme la différence entre la valeur globale perçue et le coût total. En effet, la valeur globale intègre la valeur du produit, du service, du personnel et d'image. Par contre, le coût total englobe le coût en argent, en temps, en énergie et le coût psychologique (Kotler et Dubois, 1998). Sur cette base, ces auteurs ont présenté un modèle8(*) sur les déterminants de la valeur délivrée au client. Ce modèle qui trouve son essence en marketing est en réalité un archétype du modèle financier de création de valeur (EVA). En effet, il est aisé de faire des comparaisons et similitudes sur la logique sous-jacente à ces deux modèles. Ainsi, la valeur globale dans le modèle des déterminants de la valeur délivrée est le reflet de l'enrichissement global que l'entreprise retire de son activité d'exploitation dans le modèle EVA. De même, le coût total dans le premier modèle (qui intègre le coût en argent, en temps et en effort ainsi que le coût psychologique) rejoint parfaitement le coût du capital (qui combine le coût de la dette et le coût des fonds propres) dans le modèle EVA. Toutefois il est à noter que l'unité micro économique à laquelle s'applique le modèle de la valeur délivrée est le client tandis que le modèle EVA s'applique d'emblée à l'entreprise. In fine, c'est en fonction de la valeur délivrée ou de l'indicateur EVA que vient la satisfaction.

Or, (Kotler et Dubois, 1998) définissent la satisfaction comme le sentiment d'un client résultant d'un jugement comparant les performances d'un produit à ses attentes. L'indicateur de performance du produit étant cette valeur délivrée. De ce fait, la satisfaction est donc fonction d'une différence. Ainsi, trois situations peuvent apparaître : les performances sont en deçà des attentes et impulsent le mécontentement du client, soit elles sont au niveau de ses attentes et font donc naître la satisfaction, soit enfin elles sont au-delà des attentes créant ainsi de l'enthousiasme. Cette évaluation post-achat, est très capitale pour la pérennité de la marque ou du produit, en raison du risque potentiel de perte de la clientèle qui peut en résulter. En effet, la satisfaction peut conduire à un nouvel achat et à la fidélisation. A contrario, l'insatisfaction perçue à travers une évaluation négative conduit au rejet de la marque ou du produit.

Malgré donc ce positionnement de la satisfaction dans les préoccupations du marketing, ce n'est seulement depuis peu que les entreprises s'efforcent de mesurer systématiquement le degré de satisfaction de leurs usagers (Lambin, 1998). Auparavant, les analyses se cantonnaient à des mesures de qualité du type ISO 9000. Ainsi, la mesure de satisfaction la plus évidente semblait être le niveau des ventes ou la part de marché ou encore le nombre de plaintes des clients paraît refléter le niveau éventuel d'insatisfaction. Cette approche de mesure axée sur l'optique vente, occulte bien évidemment, l'importance de la satisfaction et considère celle-ci comme étant secondaire (Ouattara, 2003). Comme corollaire, il en résulte un écart entre la qualité conçue par le fabricant et celle voulue ou perçue par l'acheteur sans que celui-ci exprime nécessairement son insatisfaction. D'où la nécessité d'interroger directement l'acheteur pour mesurer son degré de satisfaction ou d'insatisfaction (Lambin, 1998).

Dès lors, les méthodes de mesure et de suivi de la satisfaction reposent en général et pour l'essentiel sur l'analyse empirique. Ainsi, (Kotler et Dubois, 1998) en dénombrent quatre : les boîtes à suggestions et livres de réclamation, les enquêtes de satisfaction, le client mystère et l'analyse des clients perdus.

D'une part, la première consiste à convier la clientèle à formuler des suggestions et des critiques afin d'en faire un moyen d'amélioration des services offerts et une source d'idées pour de nouveaux produits. D'autre part, les enquêtes de satisfaction montrent que 95% des clients mécontents n'expriment pas spontanément leur opinion. Il se contente de changer de marque ou de produit, sans que l'entreprise n'en comprenne la raison. Elles se réalisent à partir d'un questionnaire auprès d'un échantillon représentatif de la clientèle. Par ce moyen, la satisfaction se mesure soit directement en cochant des cases appropriées aux occurrences de niveau de satisfaction, soit indirectement en relatant les problèmes et autres attentes éventuelles. La mesure de l'intention de réachat s'avère être utile pour mesurer la satisfaction, de même que la volonté de recommander l'entreprise, la marque ou le produit à d'autres. Par ailleurs, la méthode du client mystère, plus adaptée au service et à la distribution consiste à faire appel à un individu pour jouer, incognito, le rôle d'un client en lui demandant de noter toutes ses impressions fussent-elles positives ou négatives. Plus loin encore, ce client peut simuler des situations dramatiques et fastidieuses à l'encontre du personnel pour tester sa capacité de réaction. Enfin, la mesure de la satisfaction peut se faire au moyen d'une analyse des clients perdus. Il s'agit dans ce cas pour l'entreprise de contacter les clients qui ont changé de fournisseur afin d'en connaître les raisons et d'en exploiter à son profit.

Mais il est un constat que, la problématique de la satisfaction dans le secteur de la microfinance n'a pratiquement pas bénéficié de travaux scientifiques, et ce fait, se justifie par la particularité du marketing des services. Néanmoins, en fonction des spécificités que revêtent le produit financier et la relation mise en exergue entre les PME et leurs IMF, il paraît évident que la mesure de la satisfaction la plus adaptée est celle de la méthode des boîtes de suggestions appuyée par un questionnaire statuant sur les trois sentiments pouvant animer le client (mécontentement, satisfaction, enthousiasme) à l'issue d'une consommation.

1.3 La Petite et Moyenne Entreprise et la problématique de son

Financement.

1.3.1 Le concept de la Petite et Moyenne Entreprise (PME)

En dépit du foisonnement des PME et de leur contribution croissante à l'emploi, elles font preuves d'une carence d'un point de vue normatif (Saporta, 1997). En raison de l'extrême diversité des situations qui les caractérisent (Julien et Morel, 1986; Goy et Robert, 2004), les prescriptions typiquement adaptées à leur contexte sont assez rares. Ainsi, il se pose alors le problème de la définition exhaustive de la PME. (Wtterwulghe, 1998) distingue donc les approches de définitions qualitatives et celles quantitatives.

La première étude d'envergure axée sur une approche qualitative conceptualise la PME comme une entité socio-économique et repose sa définition sur trois critères (Wtterwulghe, 1998) :

- Une PME est sous la direction personnalisée de ses propriétaires et non par le biais d'une structure managériale formalisée ;

- En termes économiques, une PME ne possède qu'une part relativement restreinte du marché par le fait d'une forte concurrence ;

- Enfin, une PME est une entité économique entièrement indépendante. En cela elle se distingue de toute société de taille réduite qui fait partie d'un groupe plus important.

Toujours dans une logique qualitative, (Woitrin, 1966)9(*) dans une enquête sur la situation des petites et moyennes entreprises industrielles dans les pays de la CEE, aborde la question de l'identification de la PME par une approche multicritère. Il en vient donc à identifier quelques traits caractéristiques plus descriptifs de la PME :

- l'identification de la PME à son entrepreneur ;

- un personnel de direction peu spécialisé ;

- l'existence des contacts personnalisés entre les différents acteurs internes ou externes de l'entreprise ;

- une faible position de négociation dans les achats et les ventes ;

- une intégration étroite à la collectivité locale et une dépendance plus ou moins grande vis-à-vis des marchés et des sources d'approvisionnement du voisinage ;

- l'impossibilité de se procurer des capitaux sur le marché monétaire et des difficultés d'accès au crédit fut-il même à court terme. De ce fait, les PME ont souvent tendance à recourir à l'autofinancement.

Certains auteurs dont Vynarczyk10(*), s'intéressent à la définition qualitative de la PME en procédant par comparaison avec les spécificités de la grande entreprise. Ainsi, ces auteurs distinguent trois principaux aspects contingents à la PME : l'incertitude, l'innovation et l'évolution.

Ainsi, en partant de l'état des connaissances sur la problématique de la PME, (Wtterwulghe, 1998, p. 22) propose dans une démarche synthétique de définir la PME comme « une entreprise opérant dans le domaine économique dont l'existence est conditionnée pour le meilleur et pour le pire par la gestion d'un entrepreneur jouissant d'une indépendance décisionnelle ».

Mais ces différentes définitions fondées sur des critères qualitatifs sont quelquefois peu opérationnelles lorsqu'il s'agit d'une étude empirique (Wtterwulghe, 1998). Pour cette raison, il est souhaitable de faire référence à des critères qui relèvent d'une approche quantitative. Sur cette base donc, le critère de la taille permet de fixer la frontière entre les petites, les moyennes et les grandes entreprises en privilégiant l'un ou l'autre des aspects tels que : le profit brut, la valeur ajoutée, le profit net unitaire, le capital, le patrimoine net, la capacité de production, le nombre de personnes employées, le chiffre d'affaires, la part de marché, le niveau des investissements, les surfaces occupées, le degré d'association entre propriété et pouvoir, le rayon d'activité géographique, la production annuelle,... (Wtterwulghe, 1998). Mais nombre de ces éléments manquent de pertinence soit parce qu'ils sont peu représentatifs, soit parce qu'ils sont difficiles à évaluer, soit encore parce qu'ils varient en fonction de la conjoncture. Néanmoins, les critères les plus usités sont le chiffre d'affaires et le nombre de travailleurs quoique le premier présente l'inconvénient d'être soumis aux fluctuations monétaires alors que le second pose le problème de la comptabilisation des emplois à temps partiel et des travailleurs de la famille non rémunérés (Wtterwulghe, 1998).

En tout état de cause, quelque soit le moyen d'identification retenu, l'option stratégique de la PME est mue par la maximisation des chances de survie. Pour atteindre donc cet objectif, les PME se doivent de créer un potentiel entrepreneurial de développement à long terme, mais aussi une masse critique c'est-à-dire une capacité de concurrence face aux entreprises de plus grande taille. Or la PME, de façon contingente à sa taille, ne peut recourir aux économies d'échelle, ni à la diminution des coûts de revient en défaut de l'expérience accumulée. Ainsi, il échoit à la PME de ne point se livrer à ce combat, mais plutôt de se transposer sur un terrain propice à elle en opposant l'innovation à l'expérience des grandes entreprises (Saporta, 1997). A cet effet, il revient entre autres, aux PME de nouer des partenariats financiers de l'innovation à travers des services financiers décentralisés par exemple.

Mais l'option stratégique d'innovation de la PME devra être renforcée en diminuant voire en supprimant durablement les facteurs de vulnérabilité. Cette manoeuvre implique donc la mise en place d'une stratégie de spécialisation et de gestion de dépendance. En effet par la spécialisation, la PME pourra définir sa vocation de manière tellement précise que l'ensemble de services offerts, ne puisse l'être par des groupes puissants et diversifiés (Saporta, 1997), avant la mise en place de sa gestion de la dépendance. Cependant, la PME est sujette à affronter de nouveaux facteurs de vulnérabilité au cours de ses activités. Elle devra donc, procéder à une action de redéploiement pour échapper à ses facteurs. Pour ce faire, la PME peut recourir à un choix mutuellement exclusif entre la diversification et l'internationalisation.

Par ailleurs, toutes ces options stratégiques offertes à la PME devraient impliquer une démarche planificatrice à divers niveaux (Goy et Robert, 2004). Or les résultats de plusieurs travaux convergent et stipulent que chez les dirigeants des PME, la planification semble constituer l'exception plutôt que la règle (Saporta, 1997). Mais ce fait s'explique aisément à la lumière des difficultés rencontrées par les PME. (Saporta, 1997) énonce d'ailleurs quelques arguments tels que les ressources limitées, l'étroitesse du portefeuille d'activité, l'importance des considérations personnelles chez le dirigeant-stratège et enfin les problèmes d'ordre managérial. Ainsi, la limitation des ressources dans les PME s'illustre fort malheureusement par le défaut de fiabilité de l'information, de disponibilité en temps et de personnel qualifié. L'étroitesse du portefeuille d'activité s'explique quant à elle, par le facteur de contingence « taille de la PME ». De ce fait, la PME dispose d'un nombre restreint de domaines ; ce qui crée une démarche dubitative et un pessimisme de certains dirigeants de PME à opter à une planification stratégique. Pour ce qui est de l'importance des considérations personnelles chez le dirigeant-stratège, on relève l'influence déterminante du profil psychologique du dirigeant comme facteur d'originalité en lien avec les motivations sous jacentes à la création de son affaire (Saporta, 1997). Par contre, les problèmes managériaux subsistent quant à l'application des choix stratégiques et de collaboration du personnel. Mais la configuration organisationnelle de type entrepreneurial au sens de (Mintzberg, 1998) que peut être la PME, devrait pallier à ce type de problème. En réalité, dans la configuration entrepreneuriale, la conception de la stratégie relève exclusivement de l'autorité du dirigeant, parfois avec le concours de quelques analystes externes ou de proches collaborateurs. Ainsi, les décisions prises par le dirigeant sont empreintes d'effets de surprise pour le personnel, sans le moindre souci d'associer ce dernier à sa formulation. Cette démarche de centralisation du processus décisionnel a pour rançon, une incompréhension du personnel source de fréquentes tensions dans la PME.

1.3.2 Le financement de la PME

1.3.2.1 L'identification de la PME par son financement

La diversité de la PME pose la problématique de l'applicabilité de la théorie financière et des conséquences pour son financement. En effet, le modèle économique néoclassique conduit l'entreprise à maximiser son profit et à minimiser ses coûts dans un objectif de croissance (Wtterwulghe, 1998). Or, dans la gestion de la PME, le dirigeant privilégie la satisfaction de sa propre utilité qui ne coïncide pas toujours avec la maximisation du profit et l'objectif de croissance. De plus, il se trouve que la PME n'est pas propice à l'application de la théorie de l'endettement optimal, étant donné qu'elle est évincée du champ des crédits à moyen et long terme (Ali Omri, Akremi et Belloma, 2005). Pour Charreaux (1985)11(*), « le dirigeant est conduit à pratiquer différents arbitrages entre sa consommation, son patrimoine personnel et le patrimoine social en sorte que ses choix ne sont pas le plus souvent conformes à ceux qui auraient été opérés, si l'objectif était de maximiser la valeur économique de l'entreprise. Il doit arbitrer en particulier entre l'accroissement du patrimoine social en dégageant un résultat substantiel et ses prélèvements personnels, qui se présentent sous forme de rémunérations ou d'avantages non pécuniaires ».

Ainsi, la croissance n'étant pas l'objectif de la plupart des PME, le recours aux fonds extérieurs devient l'exception au détriment de l'autofinancement, la règle. En effet, une entreprise à faible croissance a peu de besoins de financement à long terme (Wtterwulghe, 1998). Mais il se trouve que la PME est un champ d'application par excellence de la théorie du financement hiérarchique avancée par Myers et Majluf (1984). Dès lors que l'autofinancement et en général les sources de financement internes (Calmé et al., 2003) telles que les dépôts en compte courant (court terme), apport en capital et autofinancement (long terme) peuvent s'avérer insuffisantes, le dirigeant de la PME peut donc recourir aux sources de financement externes. En cela, (Ali Omri, Akremi et Belloma, 2005) trouvent en cette pratique, une identité aux entreprises à forte rentabilité.

L'autofinancement d'une PME intègre dans une large mesure, le bénéfice non distribué, la rémunération ou les avantages de l'exploitant laissés dans l'entreprise (Wtterwulghe, 1998). Cette pratique est beaucoup plus mue par des critères subjectifs qu'objectifs. En effet, le souci du maintien de la propriété et du contrôle de l'entreprise (Ali Omri, Akremi et Belloma, 2005) de même que l'identification du patrimoine familial à l'entreprise (Wtterwulghe, 1998) sont bien des variables explicatives de cette source de financement de la PME. Mais d'autres variables plus objectives résident dans la souplesse de l'autofinancement et l'absence de coût explicite de ce type de financement, quoiqu'une telle logique relève d'un mépris de la réalité économique. Au demeurant, il s'établit que cette source de financement présente quelques inconvénients au regard de la théorie financière. D'une part, en raison de la déductibilité fiscale de la dette, on retient des travaux de Modigliani et Miller (1963), qu'une entreprise autofinancée ne bénéficie pas de l'économie d'impôt dont bénéficie une entreprise du même secteur et de même performance économique, financée par endettement. D'autre part, la fiscalité a un impact sur les possibilités de croissance des PME, en réduisant leur potentiel d'autofinancement, alors qu'il représente leur source de financement privilégiée par rapport à l'endettement et l'ouverture du capital (Wtterwulghe, 1998).

La première source de financement externe des PME est l'endettement bancaire (Wtterwulghe, 1998). Ce type de financement pour les PME est moins empreint à des coûts de transaction fixes et variables supplémentaires (commissions de courtage, diverses taxes, publicité, impression des titres, contraintes légales d'information) qui constituent une barrière à leur entrée sur les marchés financiers. En outre, en référence à Modigliani et Miller (1963), l'emprunt est plus avantageux d'un point de vue fiscal. Mais l'avantage du recours des PME au système bancaire demeure théorique. En effet, comme le montre (Bomba, 1998), les faibles taux d'intérêts sur les crédits forcent les banques à offrir de faibles taux d'intérêt sur l'épargne. De ce fait, elles ne sont plus motivées pour la mobilisation de l'épargne ; en conséquence, leur capacité de prêt en terme de volume diminue, empêchant ainsi l'efficacité et la réalisation des économies d'échelle. Dès lors, les banques réduisent leurs actions sur un petit segment de la clientèle, évinçant ainsi la plupart des PME à taille réduite du système de financement bancaire formel. Face à cette situation, les gouvernements des pays en voie de développement et nombreux bailleurs de fonds ont opté pour la mise en place de lignes de crédit à taux d'intérêt subventionné auprès des institutions bancaires. Or cette source de fonds étant moins chère, n'a toujours pas stimulé les banques à mobiliser l'épargne, et conduit en fin de compte à la sélection adverse (Bomba, 1998). Cette forme de répression financière conduit à un système financier en sous emploi, inefficace et fragile (McKinnon, 1973 ; Shaw, 1973 et Fry, 1995) ; elle réduit par conséquent l'accès des populations défavorisées aux services financiers. Pour pallier ces insuffisances, un système alternatif de financement fût-il performant, a vu le jour ; mais lui aussi avec ses spécificités : la microfinance.

1.3.2.2 Le concept de la microfinance

Le microcrédit a posé ses premiers jalons depuis 1974 avec l'expérience d'un professeur d'économie M. Muhammad Yunus de l'université de Chittagong au Bangladesh en Asie. Le succès de ses coups d'essai l'a incité à fonder en 1983 une banque spécialisée dans l'octroi de micros prêts aux paysans pauvres : "la Grameen Bank" (du mot gram qui signifie village). Mais très tôt, compte tenu de ses succès, l'expérience a été répliquée un peu partout dans le monde ; outre les pays sous développés mais également les pays développés tels que les USA dans les Ghetto de Chicago et les réserves indiennes de l'Ouest, le Canada, la France, l'Allemagne, le Luxembourg,...etc. En effet, le microcrédit est généralement défini comme un crédit de faible montant offert à ceux qui ne peuvent accéder au crédit bancaire, faute de garanties nécessaires ou parfois même, d'idéologie culturelle et sociologique, d'éloignement, d'analphabétisme,...etc. Mais pour mieux comprendre ce concept du microcrédit, Amoussouga, (2003) suggère de le placer dans le concept global de la microfinance. Il l'a définit donc comme «étant l'ensemble des services financiers (services d'épargne et de crédit) offerts à des petits opérateurs économiques des zones rurales et du secteur informel des milieux urbains et périurbains. » Ainsi, pour réaliser ces services financiers de type nouveau, on distingue plusieurs types d'institutions appelées "Institutions de MicroFinance (IMF) ou Système Financiers Décentralisés (SFD)" : les Organisations Non Gouvernementales (ONG) à volet microfinance - les caisses d'épargne - les coopératives d'épargne et de crédit (Coopec) - les projets à volet crédit - certaines banques commerciales qui commencent à s'intéresser à la microfinance compte tenu de l'intérêt qu'elle suscite (Amoussouga, 2003). Toutefois il n'est pas évident d'établir, à l'instar du développement actuel très dynamique du secteur de la microfinance, des statistiques fiables et harmonisées.

Mais l'intérêt in fine de la microfinance en tant que système de financement alternatif au système financier classique réside dans son rôle. Elle apporte aux défavorisés deux types de services : les services financiers et les services non financiers (Amoussouga, 2003).

En effet, les services financiers intègrent les services d'épargne et de microcrédit, alors que les services non financiers regroupent les programmes de formations ainsi que les services sociaux offerts en appui aux crédits octroyés.

Ainsi, l'épargne auprès des IMF est essentiellement financière (Bomba, 1998). Ce service fait partie des activités importantes des IMF, qui parfois les octroient au grand public. Il permet la mobilisation des ressources locales au financement ultérieure de la croissance des activités locales via les opérations de microcrédits. C'est le cas des coopératives et mutuels d'épargne et de crédit qui offrent ce service au grand public alors que seuls les bénéficiaires de crédit ont obligatoirement accès à l'épargne dans les ONG, les structures de crédit solidaire et Projet à volet crédit (Amoussouga, 2003). La publication de Webster et Filder (1995)12(*) révèle la distinction de plusieurs formes d'épargne :

- En Afrique, les dépôts restent les formes les plus populaires dans la plupart des IMF ;

- Le dépôt à vue sur livret avec intérêt modéré ;

- Les dépôts à terme produisant des intérêts et portant sur une période déterminée. Le taux d'intérêt varie selon les institutions. Cette forme d'épargne est la source principale de fonds qui alimente les prêts dans la plupart des institutions de crédits. Toutefois, la part des dépôts à terme reste encore faible ; les épargnants préférant généralement les comptes à vue pour y accéder à tout moment.

D'un autre côté, l'octroi de microcrédits est le service financier fondamental qui confère plus aux bénéficiaires l'utilité d'une institution de microfinance. En effet, les services de microcrédit permettent de mettre des revenus anticipés à la disposition des petits agents économiques de la localité en vue de financer leurs besoins d'investissement (Amoussouga, 2003). Pour Christien13(*), ces services peuvent être classés suivant trois approches en matière de prêts : les prêts individuels - les prêts aux groupes de solidarité - les prêts aux banques villageoises.

D'une part, les prêts individuels sont destinés aux individus recommandés par les groupes et qui ont présenté les garanties exigées ; celles-ci sont moins contraignantes que celles exigées dans les banques commerciales. Ce type de prêt représente en général une faible proportion des prêts octroyés.

D'autre part, les prêts aux groupes de solidarité sont accordés à un petit groupe de quatre à dix emprunteurs. L'engagement collectif de cette approche la plus répandue, tient lieu de garantie ou de caution solidaire. Cela étant un moyen pour les IMF de se prémunir plus ou moins du risque de non remboursement en raison de la forte pression sociale qui s'exerce sur les membres et les incite à honorer leur engagement.

Enfin, les prêts aux banques villageoises s'apparentent à un système de relais par lequel un groupe d'au moins une trentaine d'emprunteurs s'octroie un crédit collectif auprès d'une IMF et se charge de son administration interne au sein du groupe sous forme cette fois-ci, de prêts individuels.

Par ailleurs, comme le montre (Amoussouga, 2003), les services non financiers offerts par les IMF sont essentiellement de deux ordres. D'une part, les programmes de formation initiale ou en continue à l'endroit du personnel de l'institution et de sa clientèle. D'autre part, les services sociaux et d'appui qui s'occupent de l'encadrement et du suivi des activités financées par les crédits accordés. Cette offre de service est souvent l'apanage des ONG et des projets à volet crédit. Mais en définitif, nous pensons que les mauvaises performances enregistrées par la plupart des IMF seraient liées d'une grande part à la déficience de leurs services non financiers, posant ainsi le problème de qualité.

Paragraphe 2 : Hypothèses de recherche

En partant de l'état des connaissances issues de la littérature et des objectifs ci -avant énumérés, nous procédons à la combinaison de variables en vue d'une formulation des hypothèses. Ainsi, la seule variable endogène retenue est la création de valeur. Quant aux variables exogènes, nous en identifions quatre dont deux quantitatives (Coût de financement des IMF et Structure financière) et deux qualitatives (Asymétrie d'information et Qualité des services non financiers offerts par les IMF). En effet, nous émettons 4 conjectures :

1.1 Première Hypothèse

Le coût global de financement en vigueur dans les IMF influence la création de valeur dans les PME au Bénin.

En effet, le coût global de financement dont il s'agit est celui qui intègre le taux d'intérêt et le coût de tous les services qui concourent à la mise à disposition du crédit. Un coût qui ne tient donc pas compte de la capacité des bénéficiaires à générer des revenus suffisants peut annihiler l'effort de création de richesse.

1.2 Deuxième Hypothèse

La structure financière des PME explique leur niveau de richesse.

Les différentes sources de financement permettent une lecture de la structure financière d'une PME et d'une entreprise en général. Dans cette hypothèse nous nous intéresserons à la part des dettes d'origines IMF dans la part restante du capital financier de la PME (fonds propres et autres fonds de dettes exceptées celles octroyées par les IMF).

1.3 Troisième Hypothèse

L'asymétrie d'information entre PME et IMF a un impact défavorable sur la création de richesse.

Les PME en sollicitant les crédits lors de la constitution des dossiers de crédits ne livrent pas en toute exactitude les informations indispensables à une analyse efficience de crédit par les acteurs des IMF. Celles-ci étant conscientes de cette évidence, procèdent à une certaine compensation en créant des taxes pour s'en prémunir. Par la même occasion, les bénéficiaires de crédit ignorent l'existence d'une surtaxe de précaution de l'institution de microfinance, étant donné que ces derniers n'ont que pour objectif d'entrer en possession des fonds sollicités. Ainsi, nous posons comme conjecture que les effets liés au risque moral (du côté de la PME) et de sélection adverse (du côté des IMF) sont un facteur gênant la création de richesse dans la PME bénéficiaire du crédit.

1.4 Quatrième Hypothèse

La qualité des services non financiers offerts par les IMF affecte favorablement la création de richesse.

La recherche du lucre parfois effrénée des IMF leur fait perdre de vue quelque fois le rôle d'outil de développement qui leur est dévolu. De ce fait, on dénote une carence en mesure d'accompagnement aux bénéficiaires de crédit qui ne sont pas toutefois à même, de faire une bonne gestion des fonds alloués. Dès lors, nous estimons que la garantie de la création de la richesse des PME est liée à l'état des services non financiers des IMF.

En synthèse, le graphe n°1 permet de faire une vue globale sur la façon dont il sera envisagé d'expliquer la création de la valeur des PME béninoises dans le présent mémoire. En effet, les facteurs explicatifs retenus sont : le coût global de financement des crédits, la structure financière des PME, l'asymétrie d'information et la défaillance des services non financiers.

Graphe n°1 : Vue d'ensemble du positionnement des variables

Coût Global de Financement des crédits

Asymétrie

D'Information

Qualité

Des Services non Financiers

Structure Financière des PME

Création de Valeur

Source : réalisé par nos soins

Chapitre 2 : Méthodologie de Recherche et Présentation des données

Après avoir révélé la méthodologie de travail retenue pour la mesure de la création de valeur des PME bénéficiaires des services financiers des IMF (section 1), des données indispensables à la réalisation de la présente étude seront présentées (section 2).

Section1 : Méthodologie d'analyse

La démarche scientifique qui nous paraît la plus adéquate pour traiter à bon escient le sujet de la présente recherche, nous conduit vers une combinaison de choix méthodologiques quantitatifs et qualitatifs. Ce choix se justifie par la nature des données, des variables ou indicateurs qui interviennent dans la formulation des hypothèses. En effet, le concept de la création de valeur est une variable calculée à partir de données quantitatives telles que le taux d'intérêt, le levier financier, les fonds propres, l'emprunt et l'investissement. Mais pour complexifier le même concept, il nous a paru pertinent de retenir deux autres variables qualitatives déterminantes dans le processus de création de valeur : l'asymétrie d'information et la qualité des services non financiers des IMF. Celles-ci devront être quantifiées pour les besoins de l'analyse et de l'objectif à atteindre. En définitive, nous aboutissons à un modèle globalement quantitatif dont les résultats seront rapprochés d'une variable exogène de comparaison non intégrée dans le modèle : l'analyse de la satisfaction. Mais avant, il nous faudra circonscrire le cadre opératoire de la recherche et définir les méthodes d'analyse.

Paragraphe 1 : Cadre Opératoire de la recherche

1.1. Enquêtes auprès des IMF et des PME

Les enquêtes ont été effectuées d'une part auprès des institutions de Microfinance et d'autre part auprès des PME. En effet, on distingue en 2005 76214(*) IMF exerçant régulièrement leurs activités au Bénin, dans un environnement économique où on dénombre une multitude de PME réparties dans tous les secteurs d'activités (primaire, secondaire, tertiaire et même quaternaire). L'objet de l'enquête vise à cerner les contours et à délimiter au mieux la problématique de la présente recherche. C'est la démarche indispensable à travers laquelle seront mises à l'épreuve les hypothèses et procédées à leurs quantifications. Le mode de recueil de l'information est le contact direct par enquêteur. C'est le mode de collecte qui est potentiellement le plus intéressant pour la qualité et la quantité des informations recueillies (Jolibert, 1997).

Outre les moyens financiers, humains et matériels, qu'exige ce type de recherche dans un souci majeur de rigueur scientifique, cette enquête a nécessité cinq mois (au courant des mois de juin à octobre 2006). L'outil privilégié est un questionnaire, que nous avons révisé à la suite d'une enquête préliminaire effectuée au courant du mois de mai 2006. Lors de ces enquêtes, un personnel de niveau supérieur a été constitué et formé pour nous aider à la collecte des données primaires. Ainsi, la probabilité de réponse erronée pourrait être considérablement réduite. Il s'agit précisément d'une enquête par sondage dont la mise en oeuvre pose le problème du choix de l'échantillon.

1.2. Echantillon

Compte tenu de la nature dichotomique du terrain de recherche (PME et IMF) que nous investiguons, il sera procédé en amont, à la constitution de l'échantillon des IMF en fonction desquelles sera retenu en aval, l'échantillon des PME. En effet, il s'est agit d'un choix raisonné basé sur la méthode des quotas, permettant de constituer globalement un échantillon non aléatoire à 2 degrés.

Primo, un panel de trois IMF ayant au moins 5 ans d'âge au Bénin a été constitué sur le critère du montant moyen le plus élevé de crédit accordé au cours de la période 2001 - 2005.

Secundo, en fonction des ressources aussi bien financières que temporaires, la taille de l'échantillon des PME intégrées dans ce même panel est fixée à 36 dans le cadre de cette recherche. Ainsi, ces 36 PME sont constituées à partir d'une clé de répartition définie pour chacune des trois IMF. Cette clé est obtenue respectivement par le rapport de l'encours moyen de crédit de chaque IMF à l'encours moyen de crédit global de ces trois IMF sur la période 2003 - 2005. Ainsi, 17 PME ont été sélectionnées dans la première IMF, 16 dans la seconde et 3 dans la dernière de l'échantillon des IMF. Le secteur économique d'appartenance de ces PME se répartit suivant le secteur primaire, secondaire, et tertiaire comme le montre si bien le tableau 1. En effet, 12 PME du secteur primaire sont spécialisées dans les activités de l'agriculture et de la sylviculture ; 6 PME du secteur secondaire interviennent dans la transformation, la petite industrie et la construction ; et enfin 18 PME s'occupent des prestations de services, du commerce, de la distribution dans le secteur tertiaire. Sur cette base, le tableau donne la description du processus ayant permis la constitution de l'échantillon de travail.

Tableau 1:Répartition des PME interviewées par IMF et par secteur

IMF

Secteur

économique

Nombre

De PME

Nombre de personnes interviewées

questionnaire

Entretien

PME*

IMF*

PME

IMF

Autres?

1

Primaire

5

5

1

2

3

4

Secondaire

3

3

1

Tertiaire

9

9

3

 

Sous-total 1

17

17

1

6

3

2

Primaire

6

6

1

2

2

Secondaire

2

2

2

Tertiaire

8

8

4

Sous-total 2

16

16

1

8

2

3

Primaire

1

1

1

0

2

Secondaire

1

1

0

Tertiaire

1

1

1

Sous-total 3

3

3

1

1

2

Total

36

36

3

15

7

4

* Une personne par PME

* Une personne par IMF

? Interviews réalisées à la Cellule de microfinance, à la Direction de la promotion des PME et à l'INSAE

Source: Réalisé par nos soins à la phase d'enquête

Paragraphe 2 : Approches et Méthodes d'analyse retenues

L'élément central qui fonde cette recherche se révèle être la création de valeur ; le fil d'Ariane qui nous guide à son explication passe par l'appréhension de la structure du taux d'intérêt sur microcrédit, de la structure de financement, des asymétries d'information dans la relation entre IMF et PME et d'une étude sur la qualité des services non financiers dans les cas échéants. D'un autre côté, le degré de satisfaction prononcé par les dirigeants des PME sera vu dans cette démarche comme une variable de comparaison par rapport aux résultats de l'indicateur financier EVA.

2.1. La mesure des variables et indicateurs du modèle.

2.1.1. Structure des taux d'intérêt sur microcrédit et coût de financement.

Dans une logique empirique, nous reproduirons le calcul du taux d'intérêt tel que appliqué par les IMF aux PME, tout en spécifiant les paramètres qui y concourent. Nous choisirons la formule par approximation étant donnée que nous nous appuyons sur des informations ex post telles que les intérêts versés et les encours de crédit. Elle est la suivante :

15(*)

L'encours moyen du crédit se détermine suivant la méthode de calcul de l'intérêt. Selon la méthode du taux constant on a : alors que par la méthode dégressive, il se calcule comme suit :

Cette formule a la prétention d'avoir intégré tous les paramètres nécessaires pour la fixation des intérêts. Ces paramètres sont : les frais généraux, les pertes sur crédits, les coûts des ressources y compris l'inflation, le taux de capitalisation souhaité et les produits des placements.

Mais pour quantifier le coût financier du microcrédit, il semble plus judicieux de prendre en supplément d'autres paramètres rendant compte du vécu empirique des bénéficiaires. Il s'agit des frais de dossier et d'ouverture de compte, le fonds de garantie et les coûts de transactions. Ainsi, nous retiendrons dans la méthodologie la formule suivante :

Toutefois, il est indéniable qu'une "odieuse" estimation de ces paramètres va influer sur le coût de financement et aura en définitive une répercussion sur la création de valeur.

2.1.2. Structure financière

Pour appréhender la structure financière, il sera question d'éclater le montant des dettes des entreprises en deux classes de Financement : le financement issu des IMF et celui issu de tous les autres créanciers financiers de l'entreprise. Sur cette base, nous émettons un postulat selon lequel, "tout autre financement par fonds de tiers est rangé dans la catégorie des fonds propres de l'entreprise". Il échoit ainsi donc que, pour des raisons de pertinence de mesure de la création de valeur imputable aux SFD, nous retenons ceterus paribus deux sources de financement pour les PME de l'échantillon : LA 1ere intègre les fonds propres et les financements de tiers autres que ceux venant des IMF, que nous choisissons d'appeler pour la circonstance "Super Fonds Propre" et la 2ème isole uniquement les microcrédits financés par les IMF. Ainsi, nous appréhendons le levier financier IMF, comme l'incidence de la structure financière nouvellement définie sur la rentabilité financière de ces PME bénéficiaires. Par ce moyen, nous mettons en évidence la part de la rentabilité des «supers capitaux propres» imputable à l'activité économique des PME et celle qui provient spécifiquement du recours au micro financement (effet de levier financier IMF). Ce levier est défini comme le rapport entre la dette d'origine IMF et le "Super Fonds Propres".

Il s'ensuit donc que l'indicateur de mesure de création de valeur sera estimé dans cette logique.

2.1.3. Asymétrie d'information

Le risque est mesuré par le différentiel entre le cash-flow et son minimum enregistré sur une période donnée, rapporté au total des fonds propres de l'entreprise pendant l'année de référence. Ce ratio rend compte du risque d'insolvabilité et l'incapacité de l'entreprise à honorer ses engagements. Sur cette base, l'asymétrie informationnelle provient essentiellement du risque opérationnel de l'entreprise (OMRI et BELLOUMA, 2004). Ce même risque opérationnel met en exergue l'incertitude liée aux rendements futurs des actifs fixes de l'entreprise (MBANGALA, 2002). Ainsi, pour quantifier l'asymétrie d'information inhérente à la relation des IMF avec leurs clients PME, nous nous positionnons dans la logique du risque opérationnel. De façon empirique nous retenons la formule de l'effet de levier opérationnel (MBANGALA, 2002) qui est une fonction croissante du risque opérationnel.

Ce ratio peut être un indicateur des rendements futurs des PME bénéficiaires de crédit des SFD. Il peut être révélateur de l'utilisation à bonne fin des fonds perçus, indispensable à la création de la richesse en leur sein, et s'apparente à un outil de gestion efficace de recouvrement de crédit pour les IMF. En effet, plus élevé est l'effet de levier opérationnel, plus grand est le risque opérationnel, et par conséquent cet état de fait insinue le règne des asymétries d'information qui, en général peut être préjudiciable à la création de valeur des PME dans leurs relation avec les IMF. La nécessité pour celles - ci de maîtriser entre autre l'information engendre des coûts non financiers.

2.1.4. Services non financiers

La qualité des services non financiers des IMF est retenue dans le modèle en construction comme une variable déterminante dans la création de valeur des PME bénéficiaires de microcrédit. Pour les besoins d'intégration de cette variable qualitative, nous allons procéder par un modèle compensatoire pour quantifier cette variable (Ouattara, 2003). Ceci passe par une démarche qui se décline en trois étapes :

Dans un premier temps, à travers la littérature et l'observation empirique, nous recensons les principaux paramètres qui rendent compte du fonctionnement des services non financiers. Cela a aboutit aux cinq paramètres suivants : l'existence d'une ligne de budget affectée aux services non financiers, l'encadrement et le suivi des activités financées, les rencontres d'échanges d'expériences, la formation de base à l'endroit des PME au démarrage d'un programme de microcrédit et le renforcement de capacité de conception et de gestion des services de microcrédit à l'endroit du personnel des IMF (Amoussouga, 2003) ;

Dans un second temps, des notes moyennes d'importance seront attribuées à ces paramètres sur la base d'un questionnaire élaboré à cet effet.

Enfin, des notes de performance sur chacun des paramètres cités seront attribuées à chaque IMF de l'échantillon retenu. Ces notes seront obtenues par la moyenne arithmétique des notes données par les PME bénéficiaires des services financiers d'une IMF donnée. Enfin, nous utiliserons le modèle linéaire additif pour obtenir les performances globales des IMF en matière d'offre de services non financiers.

Dès lors, la qualité des services non financiers, en tant que variable qualitative par essence, pourra être appréhendée comme une variable quantitative dans le modèle de création de richesse en construction.

2.1.5. Création de la Valeur

La variable endogène du modèle en construction est la création de valeur. Sa mesure nécessite une étude clinique pour chacune des PME de l'échantillon et la prise en compte d'un certain nombre de paramètres financiers. L'indicateur de création de valeur retenu est l'EVA, Economic Value Added (Stern et Stewart, 1991), et se calcule dans son appréhension originale comme suit :

Mais compte tenu du champ d'application de ce concept dans la présente recherche, la valeur économique créée se calculera à travers la formule suivante au regard du postulat précédemment émis :

Ainsi l'évaluation de la création de valeur pose le problème de l'estimation du coût des fonds propres qui se fera sur la base du levier financier IMF dans la logique du "Super Fonds Propre". Or, aucune PME n'étant cotée sur la bourse des valeurs mobilières, il nous revient de nous fier aux valeurs comptables pour mesurer l'impact que peut avoir la structure du capital telle que retenue dans l'analyse, sur la rentabilité des fonds propres supposés ("super Fonds propres"). Sur cette base donc, le coût des fonds sera déterminé comme suit :

En définitive, l'appréhension ou la maîtrise de cinq indicateurs s'avère indispensable pour construire le modèle de la création de richesse dans les PME bénéficiaires des services des IMF au Bénin. Le tableau 2 résume les variables du modèle.

Tableau 2: Présentation et mesure du modèle

Variable

Symboles

Indicateurs de mesure

Création de valeur

 
 

Coût global de financement

 

16(*)

Levier financier IMF

 
 

Asymétrie d'information

 
 

Qualité service non financier

 
 

Source: Réalisé par nos soins

Tous ces indicateurs constituent des séries chronologiques relatives aux mêmes PME et aux mêmes IMF du panel sur la période 2003 - 2005. De ce fait, une fois l'évaluation empirique de la création de la richesse faite, il sera question de rapprocher les résultats obtenus à ce niveau, du niveau de satisfaction perçue par les acteurs principaux des PME du fait de leur recours au microcrédit.

2.2. La variable de comparaison : la satisfaction et sa mesure

La satisfaction pour un client résulte d'un sentiment de jugement comparant les performances d'un produit à ses attentes. La satisfaction est donc fonction d'une différence tirée de trois situations possibles: les performances sont en deçà des attentes entraînant de ce fait le mécontentement ; les performances sont au niveau des attentes faisant naître la satisfaction et enfin les performances sont au-delà des attentes rendant ainsi le consommateur enthousiaste (Kotler et Dubois, 1997).

Ainsi donc, en nous alignant sur la logique de ces auteurs, la mesure de la satisfaction perçue par les dirigeants des PME bénéficiaires des crédits des SFD, se fera sur la base d'une étude qualitative retenant les trois situations liées à la satisfaction : le mécontentement, la satisfaction proprement dite et l'enthousiasme. Les résultats à cette étape de la recherche devront être en adéquation avec les critiques et suggestions, que nous aurions recueilles par la méthode de mesure et de suivi de la satisfaction basée sur l'utilisation d'une "boîte" à suggestions (Kotler et Dubois, 1997). A cet effet, nous avons constitué une grille de satisfaction (annexe n°3b). Enfin, le résultat global sera mis en comparaison avec l'évaluation de la création de valeur pour procéder à un premier niveau de validation.

2.3. Spécification du modèle

La validité des hypothèses de recherche est testée moyennant un modèle de régression multiple en données de panel (OMRI et BELLOUMA, 2004 ; ZIANE, 2004). Empiriquement, il s'agit de régresser la mesure de la création de valeur (EVA) sur l'ensemble des variables exogènes énumérées, de façon à montrer leurs importances relatives sur le panel. La variable à expliquer et les variables explicatives s'écrivent en fonction de deux indices i et t, où i est l'indice désignant une PME et t celui désignant la période. La formulation de ladite régression donne le modèle économétrique suivant :

Les coefficients, a1, a2, a3, a4 sont des coefficients à estimer, a0 étant l'effet spécifique à la PME i, supposé constant et f le terme aléatoire ou stochastique. Ce dernier peut regrouper trois types d'erreur : la première peut être une erreur de spécification due au fait, que les seules variables explicatives retenues dans les hypothèses de recherche ne sont pas à elles seules exhaustives pour rendre compte en totalité, du niveau de création de valeur ; la deuxième peut être une erreur de mesure des données utilisées dans le modèle et enfin la troisième peut être une erreur de fluctuation de l'échantillonnage. Par ailleurs, tous les coefficients doivent être significatifs si tous les facteurs explicatifs sont pertinents.

En fonction de la valeur issue de la régression pour chacun des coefficients, on pourra infirmer ou confirmer les 4 conjectures de recherche émises.

Section2 : Présentation des données, des variables et indicateurs

Les données collectées sont de deux types : les données primaires et les données secondaires. Le choix de ces données se réfère au résultat de l'échantillonnage et se révèle utile à l'évaluation de la création de valeur des PME bénéficiaires des services financiers de la microfinance au Bénin.

Paragraphe 1 : Source et collecte de données secondaires.

Les données secondaires proviennent essentiellement de la recherche documentaire. Elle s'est réalisée à travers la consultation de la littérature consacrée aux différents sujets de la présente recherche, l'utilisation des statistiques officielles de la Cellule de la Microfinance du Ministère du Développement de l'Economie et des Finances (MDEF) du Bénin, des interviews non structurées d'experts et d'acteurs privilégiés et enfin, une exploitation des états financiers des PME de l'échantillon. Ces données sont globalement externes, vu l'irréfutabilité des obstacles au recueil des données dans les entreprises des pays en développement (Ouattara, 1992).

En premier lieu, le recours aux statistiques officielles nous a permis d'obtenir, le nombre des SFD opérant dans le secteur de l'offre de microcrédits, leurs clientèles, le montant des dépôts et de procéder sur la base du critère du montant des encours de crédits, au choix des trois premières IMF au Bénin. Toujours par ce biais, il a été possible d'avoir le montant agrégé du financement de l'ensemble des IMF sur la période 2003 - 2005, ainsi que les éléments entrant dans le coût global de financement des crédits et le niveau de risque de non recouvrement des créances des IMF.

En second lieu, nous avons procédé pour chacune des PME de l'échantillon, à l'exploitation des états financiers, essentiellement le bilan comptable et les comptes de résultat. Sur cette base, il a été question d'effectuer au prime abord, des retraitements avant de procéder au diagnostic financier focalisé spécifiquement sur la mesure de la valeur économique.

Par ailleurs, l'absence de données sur certains aspects non moins indispensables, dans les statistiques officielles, nous a incité à confectionner deux guides d'entretien (annexe n°2a et n°2b). Sur la base de ces guides, nous avons pu nous entretenir avec certains promoteurs ou représentants de PME et quelques personnes ressources dont le directeur technique chargé des études statistiques à l'INSAE avec qui, il a été révélé la carence sur les statistiques économiques liées à l'inexistence de recensement économique sur les entreprises béninoises. De plus, d'autres entretiens avec des responsables de la Cellule de la microfinance du (MDEF) et de la direction chargée de la promotion des PME (DPME), a permis d'éclaircir un temps soit peu, le champ d'horizon de la recherche, avant de procéder au complément d'informations primaires.

Paragraphe 2 : Source et collecte de données primaires.

Les données primaires sont issues des enquêtes menées auprès des IMF et de leurs clientèles PME. Le recueil s'est fait sur la base de deux questionnaires : le premier relatif aux IMF et le second afférent aux PME (annexes n°3a et 3b).

Ainsi, les enquêtes auprès des IMF avaient pour but de collecter les données sur le budget alloué au fonctionnement des services non financiers, à l'identification et à l'importance de ces derniers. Le choix des personnes s'est opéré dans chacune des trois IMF retenues sur la base de leur fonction ou responsabilité.

Quant aux enquêtes auprès des PME, il revenait à leurs propriétaires ou représentants, de se prononcer sur l'importance et l'évaluation des services non financiers de leur IMF, à travers un système de notation. Par ailleurs, les PME en tant que consommateurs des services financiers sont amenés au travers de l'enquête à révéler leur satisfaction perçue dans l'offre de service des IMF.

En fin de compte, toutes les données sont caractérisées par une définition, une unité de mesure et une source. Le tableau 3 présente à cet effet, toutes les données intervenant dans la réalisation complète de l'objectif de la présente recherche.

Tableau 3: Récapitulatif de toutes les données

Type

Données

Définition

Unité

Source

S

E

C

O

N

D

A

I

R

E

S

Montant de crédits drainés vers les branches d'activités

Répartition du financement global de l'ensemble des IMF dans les différents secteurs économiques

-

MDEF

Créances en souffrances

Encours de crédits échus non recouvrés

CFA

CMF

Encours de crédits

Cumul des flux de crédits à une date donnée

CFA

CMF

Dépôts

Montant de l'épargne collectée par les IMF

CFA

CMF

Types d'institution

On distingue les IMF suivant leurs formes juridiques et/ou leurs modalités de fonctionnement

-

CMF

Volume de la Clientèle

Nombre de clients ou membres des IMF

 

CMF

Nombre des IMF

Total des IMF opérant dans l'environnement économique du Bénin

unité

CMF

Financement des IMF

Montant agrégé du financement accordé par les IMF sur la période 2001 - 2005

CFA

MDEF

Coût de financement global

Coût financier qui tient compte de l'intérêt et de tous les frais afférents à la mise à disposition du crédit

%

Support de formation en IMF

Microcrédit

Montant du crédit obtenu par une PME sur la période considérée

CFA

Dossier de crédit

Capitaux propres

 

CFA

Bilan de la PME

Autres dettes

Toute dette contractée ailleurs autre que l'IMF considérée

CFA

Bilan de la PME

EBIT

 

CFA

Compte de résultat de la PME

Capitaux investis

Total de l'actif en début de l'exercice considéré

CFA

Bilan de la PME

Résultat net

 

CFA

Compte de résultat de la PME

Taux d'impôt

Taux d'imposition sur le Bénéfice industriel et commercial

%

 

P

R

I

M

A

I

R

E

S

Capital des PME

Capital social des PME de l'échantillon

FCFA

PME

Effectif des employés des PME de l'échantillon

Nombres de personnes travaillant de façon permanente à la PME

-

PME

Critiques des PME

Critiques formulées par les acteurs des PME dans leurs relations avec leur IMF (Analyse de la satisfaction).

-

Propriétaire ou représentant de la PME

Performances du recours au crédit

Performances permettant aux PME de juger si leurs attentes sont atteintes ou pas (Analyse de la satisfaction).

-

Propriétaire ou représentant de la PME

Suggestions des PME

En fonction de leurs expériences les PME formules des suggestions (Analyse de la satisfaction).

-

Propriétaire ou représentant de la PME

Existence d'une ligne de budget affectée au SNF

Variable booléenne (oui ou non) sur l'existence de ressources pour les SNF

-

Enquête auprès des IMF

Montant affecté aux SNF

Montant prévu par le budget de l'IMF pour assurer le fonctionnement des SNF.

CFA

Enquête auprès des IMF

Note de degré d'importance de l'existence de ressources pour les SNF

Note de classement suivant la priorité perçue tant par les IMF que par les PME ou PMI pour "existence d'une ligne du budget allouée aux SNF"

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note de degré d'importance pour le suivi et l'encadrement

Note de classement suivant la priorité perçue tant par les IMF que par les PME ou PMI pour "suivi et encadrement"

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note de degré d'importance pour l'existence de rencontre d'échanges

Note de classement suivant la priorité perçue tant par les IMF que par les PME ou PMI pour "existence des rencontres d'échanges"

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note de degré d'importance pour la formation de base

Note de classement suivant la priorité perçue tant par les IMF que par les PME ou PMI pour "formation de base"

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note degré d'importance pour le renforcement de capacité

Note de classement suivant la priorité perçue tant par les IMF que par les PME ou PMI pour "renforcement de capacité"

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note d'évaluation du budget affecté aux SNF

Note d'évaluation suivant le mérite perçu par les PME ou PMI pour "existence d'une ligne du budget alloué aux SNF"

Unité/10

Enquête auprès des PME

Note d'évaluation du suivi et d'encadrement bénéficié

Note d'évaluation suivant le mérite perçu par les PME ou PMI pour " suivi et encadrement "

Unité/10

Enquête auprès des IMF et des PME

Note d'évaluation des rencontres d'échanges effectués

Note d'évaluation suivant le mérite perçu par les PME ou PMI pour " existence des rencontres d'échanges "

Unité/10

Enquête auprès des PME

Note d'évaluation sur la formation de base obtenue

Note d'évaluation suivant le mérite perçu par les PME ou PMI pour " formation de base "

Unité/10

Enquête auprès des PME

Note d'évaluation sur le renforcement de capacité

Note d'évaluation suivant le mérite perçu par les PME ou PMI pour " renforcement de capacité "

Unité/10

Enquête auprès des PME

Source: Réalisé par nos soins

DEUXIÈME PARTIE

ANALYSE ET MESURE EMPIRIQUE

DE LA CRÉATION DE RICHESSE DES PME BÉNÉFICIAIRES DE MICROCRÉDIT

Chapitre 3 : Mesure de la création de richesse des PME dans l'environnement économique béninois

Le but de ce chapitre est d'analyser d'abord, l'évolution de l'environnement économique des PME et IMF au Bénin (section 1), avant de procéder à leur étude microéconomique, préalable à la modélisation économétrique (section 2).

Section1 : L'environnement économique des PME et IMF au Bénin

Paragraphe1 : Evolution de la PME dans l'environnement économique béninois

1.1. Le concept de Petite et Moyenne Entreprise au Bénin

La notion de PME est une notion contingente. En effet, les critères d'identification des PME évoluent suivant le niveau de développement des pays, leur environnement économique et leur contexte sociologique. Ainsi, le concept de PME répond selon la charte nationale des PME et PMI, conçue par le ministère chargé de la microfinance et de la promotion des PME et PMI au Bénin, à la satisfaction de cinq conditions17(*) :

- toute entreprise légalement constituée tenant une comptabilité régulière conforme au système national en vigueur et compatible avec les dispositions de l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) ;

- elle ne doit pas être une filiale d'une multinationale ;

- elle doit satisfaire aux critères d'un effectif de cinq (05) à quatre vingt dix neuf (99) employés permanents ;

- et enfin, ayant un capital social compris entre un million (1.000.000) et cinquante millions (50.000.000) de francs CFA ou des investissements d'un montant compris entre cinq millions (5.000.000) et cinq cent millions (500.000.000) de francs CFA.

Dans cette logique, la présente recherche s'est investie sur 156 entreprises qui répondent à la charte nationale. Sur cette base des critères plus opérationnels, à savoir celui de l'emploi et du capital social ont permis de répartir les PME de l'échantillon.

Tableau 4: Répartition des 156 PME de l'échantillon suivant leur nombre d'employés

Effectif des employés

PME

Proportion (%)

Compris entre 5 et 10

113

72.22

10 à 20

35

22,22

20 à 25

8

5,56

Total

156

100,00

Source: Etabli par nos soins

Le tableau 4 donne une répartition des 156 PME de l'échantillon de recherche suivant le personnel permanent. Ce tableau fait ressortir la problématique de la création d'emplois dévolue en majeure partie aux PME. En effet, 72,22% des PME emploient moins de 10 employés, 22,22% entre 10 et 20 employés et seulement 5,56% environ des PME offrent, mais de façon très dispersée, entre 20 et 25 emplois. Il s'en déduit que, pour résorber le problème de chômage, les instances décisionnelles devraient intensifier des actions en faveur de la densification des PME dans l'économie béninoise. Dès lors, l'incapacité individuelle des PME à consommer en masse les offreurs de travail pourra être largement compensée par la possibilité d'orienter la surcapacité d'offre de travail vers une multitude de PME promue dorénavant dans la société. Cette faiblesse d'offre d'emplois des PME liée à leur petite taille trouve son explication dans la théorie de la contingence. Celle-ci paraît aussi bien se justifier par leur capital social qui d'ailleurs s'identifie comme un autre critère de stratification des PME.

Tableau 5: Répartition des 156 PME de l'échantillon suivant leur capital social

Capital social (millier de FCFA)

PME

Proportion (%)

1.000 à 2.000

124

79,35

2.000 à 3.000

21

13,55

3.000 à 5.000

11

7,10

Total

156

100,00

Source: Etabli par nos soins sur la base des recherches

En effet, cette stratification révèle la faiblesse de taille des PME béninoises. Ainsi, il ressort que, seulement 7% des PME ont un capital social compris entre 3.000.000 et 5.000.000 de FCFA, tandis que 93% environ ont un capital social inférieur à 3.000.000 de FCFA.

Par ailleurs, pour rester dans la limite de la définition des PME au Bénin, les 156 entreprises tiennent une comptabilité régulière et se distinguent des filiales de multinationales. En fin de compte, le concept de PME retenu au Bénin est essentiellement axé sur une approche quantitative, qui semble-t-il, est plus opérationnelle qu'une approche qualitative, qui non plus n'est pas moins indispensable pour caractériser une PME.

1.2. Caractéristiques des Petites et Moyennes Entreprises béninoises

D'un point de vue qualitatif, la PME béninoise présente des traits caractéristiques. Ainsi, la majorité des PME est sous la direction personnalisée de leur propriétaire, auquel elles s'identifient. De ce fait, le personnel autour du chef d'entreprise est peu spécialisé, et cela est fortement favorisé par l'existence des contrats personnalisés. En conséquence, les PME béninoises sont cloîtrées dans une faible position de négociation à trois égards. Primo, dans leurs activités d'achat et vente, elles sont dépendantes des marchés et des sources d'approvisionnement. Secundo, elles se heurtent à des barrières très sélectives, dans leurs tentatives de se procurer des capitaux sur le marché monétaire et même, pour l'accès au crédit des IMF. Tertio, les PME évoluent dans un environnement économique hostile, les installant irrésistiblement dans une lutte concurrentielle pour se frayer une part de marché avérée. En conséquence, la nature de la PME béninoise répond fortement à la définition de la PME au sens de (Woitrin, 1966) et de (Wtterwulghe, 1998).

Par ailleurs, la théorie des organisations appliquée à la PME béninoise permet d'appréhender la nature des paramètres de conception au sens de Mintzberg. Ainsi, dans la majorité des cas, les propriétaires des PME sont investis de la responsabilité du travail de leurs employés, caractérisant ainsi le mécanisme de coordination de la supervision directe. Cette réalité rime bien évidemment, avec la concentration du pouvoir au sommet stratégique qu'incarne le propriétaire dirigeant de la PME. En effet, la prépondérance du rôle des propriétaires dans le fonctionnement de leur PME est déterminée par le caractère hostile du marché, qui contraint la PME à avoir comme point de myrrhe la survie.

Au demeurant, les paramètres de conception et les facteurs de contingence identifient la PME béninoise comme une organisation présentant une configuration de type entrepreneurial au sens de Mintzberg.

Paragraphe 2 : Le secteur de la microfinance au Bénin

2.1. Identification des IMF au Bénin

2.1.1 Classification et Spécificités des IMF au Bénin

Au Bénin, les IMF aussi multiples que variées peuvent être appréhendées aussi bien par leur forme juridique, leurs activités que par leur approche de fonctionnement. Ainsi, le critère juridique18(*) de classification des IMF permet leurs regroupements en deux catégories :

- Les mutuelles et coopératives d'épargne et de crédit, à qui la loi confère une personnalité juridique en contrepartie de l'obtention d'un agrément ;

- Les structures non constituées sous forme de mutuelles, ni de coopératives pour qui l'acquisition d'une personnalité juridique propre à elles, est subordonnée à la signature d'une convention avec le ministre en charge des finances.

Quant au critère fondé sur la nature des activités, les IMF sont généralement distinguées en trois classes à savoir :

- Les institutions d'épargne et de crédit qui regroupent aussi bien les mutuelles, les coopératives que les groupements d'épargne et de crédit ;

- les institutions de crédit direct qui ont pour pratique d'octroyer des crédits, soit à partir de ressources propres à elles, soit à partir des lignes de crédits qu'elles peuvent bénéficier des partenaires financiers nationaux qu'étrangers ;

- Les projets à volet microfinance qui regroupent les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et les Initiatives gouvernementales ayant réservé un volet microfinance dans leurs portefeuilles d'activités.

Enfin, les IMF offrent généralement, leurs services aux bénéficiaires potentiels suivant deux approches : l'approche mutualiste et l'approche solidaire.

Ainsi, l'approche mutualiste repose essentiellement sur le principe de "l'épargne préalable avant le crédit" et du sociétariat, puis insiste sur le couple "épargne/crédit". Le crédit est donc octroyé aux sociétaires interdépendants, et partageant de ce fait, la responsabilité des actes posés par l'un quelconque d'entre eux. Cette approche est mue, non seulement par le financement des crédits en aval engendrés par l'épargne en amont, mais essentiellement aussi, par le souci de la pérennité et de l'autonomie financière de l'institution vis-à-vis des bailleurs de fonds.

L'approche solidaire quant à elle, se révèle par le principe du "crédit sans épargne". L'épargne se constitue a posteriori et progressivement en fonction du développement de l'activité du bénéficiaire. Cette approche dite de crédit direct est adoptée par les ONG et projets à volet microfinance qui pour la plupart, orientent leurs services financiers vers les couches de population les plus défavorisées. La philosophie qui guide cette approche est l'incapacité des populations vulnérables à mobiliser l'épargne préalable au démarrage des opérations de crédit indispensable à endiguer l'extrême pauvreté. Au Bénin, les institutions qui fonctionnent suivant cette approche exigent une contribution modique de l'ordre de 1/4 à 1/3 du montant sollicité, à l'occasion de la demande de crédit. Mais en fin de compte, le problème que cette approche feint de résoudre reste posé. En effet, la possibilité d'octroyer du crédit sans épargne préalable a pour contrepartie, l'acquittement des conditions drastiques de gage imposées aux demandeurs de crédit.

2.1.2 Configuration organisationnelle des IMF au Bénin.

Dans cette partie, nous allons nous appesantir sur des paramètres de conception de la théorie des organisations, pour caractériser les IMF et sur cette base, en déduire leur configuration au sens de Mintzberg. Pour cela, il sera question d'analyser les mécanismes de coordination du travail, la concentration du pouvoir, les buts prioritaires et le marché des IMF.

Ainsi, le fonctionnement des IMF est fortement irrigué par une variété de mécanismes de coordination du travail entre les acteurs. En effet, dans les situations de travail les plus complexes, on observe une tendance à l'ajustement mutuel entre les cadres au sommet stratégique des IMF. C'est le cas par exemple de la levée importante de fonds sollicités par certains clients à des modalités particulières. Mais en descendant vers les pôles décentralisés du pouvoir décisionnel, la ligne hiérarchique est dominée par une forte tendance à la supervision directe. Par conséquent, les responsables de section (crédit, recouvrement, contentieux,...etc) ressentent un besoin de commandement pour donner des instructions, contrôler et coordonner le travail des opérateurs à charge. Dans le même temps, on assiste à une standardisation des résultats, puisque la pratique d'octroi et de recouvrement des crédits est une des plus complexes dans les IMF. Dès lors, l'opérateur possède une marge de manoeuvre pour choisir la méthode qui lui paraît la plus adéquate afin d'atteindre les résultats prédéterminés. Cette possibilité est accompagnée d'un système de motivation dans l'atteinte des résultats. C'est le cas par exemple, des opérateurs qui bénéficient d'une prime calculée sur les rentrées de fonds, lorsqu'ils réalisent un score affichant sur leur portefeuille un faible taux de créances non recouvrées, suivi d'un nombre considérable de nouveaux clients. De même, on repère, mais en faible dose, une forme de standardisation des procédés essentiellement dans l'activité d'octroi de crédits.

D'un autre côté, la technostructure19(*) des IMF est constituée des analystes internes et externes. Etant donné, le dynamisme du secteur de la microfinance en plein développement au Bénin, les IMF ressentent un besoin de professionnalisme. Ainsi, il est de pratique courante qu'elles fassent recours à des consultants qui interviennent dans l'organisation pour des travaux de conception, de planification et de formation des opérateurs. Leurs interventions s'inscrivent dans le cadre de l'efficacité du travail des acteurs internes de l'institution. Dès lors, il échoit aux dirigeants du sommet stratégique de céder une parcelle de pouvoir à la technostructure.

Par ailleurs, le but de mission mis en avant par les IMF est la réduction de la pauvreté ; mais en réalité, pour atteindre ce but, elles sont préoccupées par la réalisation de leur propre survie qui passe inévitablement par leur rentabilité. De ce fait, elles finissent par perdre de vue leur mission pour se tourner inexorablement vers la poursuite d'un but de système en l'occurrence, la profitabilité et la pérennité. C'est précisément à ce niveau que l'effet induit dans la création de richesse de la clientèle dont les PME, semble être hypothéqué, étant donnée une forme de bancarisation progressive du secteur de la microfinance au Bénin.

Enfin, le degré de concurrence du secteur s'est accru ces dernières années, au point où, on dénombre jusqu'à 762 structures de microfinance au Bénin en 2005. En effet, dans les pays en développement où une place de choix est conférée à la lutte contre la pauvreté, on assiste à une prolifération d'institutions de microfinance, qui fonctionnent même parfois dans la clandestinité.

En somme, dans les IMF béninoises, les mécanismes de coordination les plus identifiables sont la supervision directe et la standardisation des résultats. Quant au pouvoir, il est concentré au sommet stratégique et dans les mains des analystes. Les buts officiels dans les IMF s'accommodent avec la mission de la réduction de la pauvreté, alors que les buts opérants s'allient bien évidemment avec les buts de système qui repose essentiellement sur la rentabilité et la pérennité. Par ailleurs, le marché des IMF se caractérise par une relative hostilité, une stabilité et une simplicité.

En conséquence, les différentes occurrences prises par les paramètres de conceptions inspirées de la théorie des organisations indiquent une forte tendance des IMF béninoises à une configuration entrepreneuriale, mais aussi à une configuration mécaniste ou bureaucratique. La configuration entrepreneuriale s'explique par l'émergence du nouveau système de financement que sont les services financiers décentralisés (SFD) mais qui demande un besoin crucial de professionnalisation. C'est d'ailleurs cette tentative de professionnaliser le secteur de la microfinance qui explique l'identification, par ailleurs de la configuration mécaniste. Toutefois, il serait hâtif de conclure à une pureté de configuration des IMF au Bénin où on assiste en réalité, dans la plupart des cas, à une configuration hybride qui chevauche entre la configuration entrepreneuriale et la configuration mécaniste au sein d'une même institution.

2.2. Les Instituions de MicroFinance dans le système financier béninois

2.2.1 Evolution des Instituions de MicroFinance au Bénin

L'étude sur l'évolution des IMF peut revêtir deux approches. La première qui appréhende la dynamique des IMF par leur croissance en nombre et la seconde qui analyse leur fonctionnement à partir d'un certain nombre d'indicateurs.

En premier lieu, l'avènement de la finance de proximité au Bénin depuis 1993, s'est accompagné d'une forte intégration des institutions de microfinance dans le tissu social, au point où, elles deviennent des partenaires incontournables dans la lutte contre la pauvreté et pour le développement. Ainsi, le secteur de la microfinance au Bénin est devenu très dynamique avec un nombre grandissant d'institutions, comme en témoigne particulièrement les institutions de crédits directs, avec un taux de croissance de 51,82% sur cinq ans. Le tableau 6 en donne la mesure pour chaque type d'institutions.

Tableau 6: Evolution des SFD intervenants dans le secteur de la microfinance au Bénin de 2001 à 2005

Types d'institutions

2001

2002

2003

2004

2005

Taux de croissance moyen

Mutuelles et coopératives d'épargne

et de crédit

230

145

149

154

155

-1,93

Crédits directs

16

56

58

96

85

51,82

Autres

2

3

3

3

4

18,92

Total des institutions

248

204

210

253

244

-0,40

Source : Etabli sur la base des données collectées à la Cellule de la microfinance

L'analyse du tableau 6 montre à première vue, que globalement les IMF sont confrontées à des situations qui contraignent irrésistiblement certaines d'entre elles à laisser échoir leurs activités : C'est le cas du plus vaste réseau mutualiste du Bénin. Mais ces données quoique officielles et collectées même dans l'institution chargée du suivi des IMF au Bénin, ne sont pas révélatrices de la réalité sur le terrain. En effet, la Cellule de Microfinance, n'étant évidemment pas dotée de ressources suffisantes, concède aux IMF un régime déclaratif. De ce fait, la Cellule ne comptabilise que les IMF ayant fait une déclaration officielle de leur existence et ayant procédé au dépôt de leurs états financiers annuels.

Cette situation soulève par conséquent, le problème de la clandestinité d'une multitude d'institutions intervenant dans la microfinance et qui sont activement opérationnelles sur le territoire national. En effet, le recensement national des différentes IMF lancé en 2004 et finalisé en 2005 a "exhumé au grand jour" 762 IMF réparties comme suit : 293 Mutuelles et coopératives d'épargne et de crédit, 131 Associations et ONG, 6 Sociétés, 25 Projets gouvernementaux à volet microfinance et 307 Groupements d'épargne et de crédit. Dès lors, il s'en déduit que 518 IMF soit 68% de l'effectif réel des IMF évoluent en marge des normes officiant le fonctionnement règlementaire en vigueur. Ainsi, il ne fait l'ombre d'aucun doute, que les bénéficiaires des services financiers de ces dernières ne peuvent pleinement s'en servir pour oeuvrer dans le sens d'une création de valeur, fut-elle piètre ou optimale.

Par ailleurs, ce constat empirique témoigne à la fois du dynamisme du secteur de la microfinance au Bénin et de la banalisation de l'accès de tous aux services financiers décentralisés ; mais il présente néanmoins des exigences d'un recadrage.

En second lieu, un état des lieux du fonctionnement des IMF renseigne sur l'évolution des IMF au Bénin, à partir d'indicateurs significatifs dont l'épargne (dépôts), le stock de crédit en circulation (encours de crédits) et le volume de la clientèle (Clients bénéficiaires). Ainsi, la performance des IMF sur ces indicateurs est inscrite dans le tableau 7 sur la période 2001 - 2005.

Tableau 7: Evolution des IMF en terme d'épargne, d'encours de crédit et de clientèle

Types d'institutions

2001

2002

2003

2004

2005

Croissance annuelle moyenne (%)

Mutuelles et Coopératives d'épargne et de crédit

 
 
 
 
 
 
 

Dépôts (million de FCFA)

23 588

29 341

30 164

30 248

29487

5,70

 

Encours de crédits (million de FCFA)

8 718

21 339

25 472

24 589

25653

30,97

 

Volume de la clientèle (nombre de clients)

354 285

417 543

449 820

473 906

550797

11,66

Institutions de crédits directs

 
 
 
 
 
 
 

Dépôts (million de FCFA)

3 300

6 456

8 555

10 287

7491

22,74

 

Encours de crédits (million de FCFA)

16 226

27 279

39 866

52 360

57179

37,01

 

Volume de la clientèle (nombre de clients)

49 566

86 921

113 928

130 860

129235

27,07

Projets et ONG à volet microfinance

 
 
 
 
 
 
 

Dépôts (million de FCFA)

68

90

96

57

75

2,48

 

Encours de crédits (million de FCFA)

122

173

325

97

157

6,50

 

Volume de la clientèle (nombre de clients)

2 719

1 836

2 949

1 653

3602

7,28

Source: Etabli sur la base des données collectées à la cellule de microfinance

Pour des raisons de pertinence, il a paru indispensable de procéder à l'analyse de l'évolution des indicateurs par type d'institution de microfinance. La comparaison n'étant pas aisée entre institutions n'ayant pas la même approche de marché, et n'exploitant pas non plus, les mêmes segments du marché. Ainsi, l'analyse du tableau 7 révèle que tous les indicateurs (dépôts, encours de crédits et clientèle) sont en progression respectivement pour chaque type d'institution.

D'une part, la collecte des dépôts en terme absolu est prépondérante dans les Mutuelles et Coopératives d'épargne et de crédit qui totalisent à elles seules 29 487 millions de FCFA soit 79,58% du niveau de collecte de toutes les institutions en 2005. Cette performance s'explique par la présence d'une institution appelée "FECECAM" qui est un vaste réseau de microfinance ayant investi tout le territoire national. De ce fait, elle s'ouvre à une clientèle massive, constituée des couches sociales les plus défavorisées. Cependant, une analyse des dépôts en terme relatif montre que cette performance est supplantée par celle des institutions directes qui affichent annuellement un taux de croissance moyen de 22,74% de loin supérieur à celui des mutuelles, qui se fixe à 5,7%. Enfin, les projets et ONG à volet microfinance présentent un taux de croissance des dépôts de 2,48%. Il va de soi, que ceux-ci qui s'intéressent à la microfinance en marge de leurs activités principales ne puissent pas rivaliser avec celles dont le coeur de métier est la microfinance.

D'autre part, l'encours de crédit qui indique le cumul des financements octroyés non encore recouvrés à une date donnée, apparaît comme la variable la plus pertinente pour renseigner sur l'opérationnalisation des IMF. Dans cette logique, les institutions de crédits directs présentent la meilleure performance avec 68,9% des encours de crédits de l'ensemble des institutions au Bénin en 2005. Cette performance est maintenue sur la période quinquennale à un taux de croissance moyen de 37% par an. Il en est pratiquement de même pour les mutuelles qui détiennent 30,91% des encours de crédit en 2005 et progressent annuellement de 30,97% en moyenne pendant que dans les autres institutions l'encours de crédit varie annuellement de 6,5% à la hausse sur la période 2001 - 2005.

Enfin, une analyse de l'évolution des IMF sur la base de la clientèle en 2005, place les mutuelles en première position avec 550 797 clients, viennent ensuite les institutions de crédits directs détenant 129 235 clients et les autres institutions avec 3602 clients. Loin de vexer dans une comparaison, il est tout de même remarquable, que le calcul d'un "ratio de l'encours de crédit par client" semble révéler l'approche de fonctionnement des différentes institutions. En effet, ce ratio donne respectivement sur la base des données de 2005, pour les mutuelles, les institutions de crédits directs et les ONG à volet microfinance un montant de 46 575 FCFA, 442 445 FCFA et 43 586 FCFA. Il s'en déduit que, les mutuelles de même que les projets et ONG à volet microfinance ont comme objectif d'atteindre la masse populaire de l'économie sociale, ayant besoin de petits montants pour mener des activités génératrices de revenus. Par contre, les institutions de crédits directs ont une optique de marché qui cible essentiellement les PME et les PMI dont les conditions économiques sont moins paupérisées que celles des couches de l'économie sociale.

2.2.2 Contribution des IMF au financement intérieur de l'économie béninoise

A l'instar des banques classiques, les IMF sont devenues, depuis leur avènement au Bénin, des partenaires financiers incontournables avec qui, l'Etat compte désormais pour financer l'économie dans ses perspectives de développement. A cet effet, les IMF participent au flux de financement intérieur orienté principalement vers les couches sociales évincées du circuit de financement bancaire. Le tableau 8 permet d'appréhender la contribution des IMF dans le financement de l'économie béninoise au côté du secteur public et des banques primaires.

Tableau 8: Contribution de la microfinance au financement intérieur comparativement à celle du secteur public et des banques (en milliards de FCFA)

Sources

2001

2002

2003

2004

2005*

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Montant

%

Secteur public

36,3

37,41

47,1

56,93

65,9

49,56

61,81

39,00

60,03

39,44

Banques primaires

54,7

56,36

15,6

18,85

42,3

31,86

43,98

27,80

47,06

30,92

Institutions de Micro - finance

6,0

6,23

20,0

24,22

24,7

18,57

52,50

33,20

45,10

29,64

Total financement intérieur

97,0

100

82,7

100

132,9

100

158,3

100

152,19

100

Source : DCRE/MDEF

Ainsi, les IMF ont participé annuellement sur la période 2001 - 2005 en moyenne à 29,66 milliards de francs CFA dans le financement intérieur du Bénin, soit un financement global de 148,3 milliards. Leur financement est devenu plus accru en 2002, avec un taux de participation de 24,22%, qui passe à un niveau plus substantiel de 33,20% en 2004 puis à 29,64% en 2005. Cette performance du secteur de la microfinance vient ainsi supplanter le financement bancaire qui s'établit à 18,85% en 2002 puis à 27,8% en 2004. Un duel semble s'établir en 2005, où les deux secteurs financiers ont participé à concurrence de 30% environ dans le financement intérieur de l'économie béninoise.

Le graphique 1 affiche la part des secteurs public, bancaire et microfinance dans le financement intérieur du Bénin sur la période 2001 - 2005.

Graphique 1 : Contribution des IMF au financement de l'économie

Source: Réalisé par nos soins

L'observation de ce graphique révèle le déferlement de la microfinance à défier le secteur bancaire dans le financement intérieur du Bénin. De ce fait, la microfinance semble être un levier de développement permettant de satisfaire au besoin de financement des secteurs non couverts par le secteur public et bancaire. Sur cette appréhension, une analyse de la répartition du crédit des IMF par secteur d'activité permettra de mieux appréhender la stratégie de financement adoptée par les IMF, pour concurrencer les banques dans leur contribution au financement intérieur. Le tableau 9 est le résultat de cette répartition.

Tableau 9: Répartition du financement des IMF par branche d'activités comparativement à celles des banques primaires

Branches d'activités

Banques primaires

IMF

Financement total de l'économie*

2003

2004

2005

2003

2004

2005

2003

2004

2005?

Agriculture, Foresterie, Pêcherie

-

-

0,71

23,90

19,46

15,61

25,70

21,29

18,36

Energie

12,15

17,09

21,74

-

-

-

13,40

24,86

30,52

Industrie

4,85

4,00

1,63

-

1,64

-

5,36

6,95

2,43

Transport

0,43

0,35

0,81

-

-

-

13,32

11,81

12,29

Commerce international de biens et services

2,60

0,10

0,90

-

-

-

2,85

0,28

1,13

Commerce intérieur de biens et services

6,52

11,65

7,11

0,69

-

-

8,45

13,56

8,33

Communication

11,29

2,08

6,44

-

-

-

 

3,45

9,33

Santé

0,04

0,00

0,20

-

-

-

7,69

6,04

5,46

Développement Social

4,46

8,72

7,51

0,09

31,41

29,49

15,83

49,50

43,16

Total

42,34

43,99

47,05

24,68

52,51

45,10

92,60

137,74

131,01

Source 1: DCRE/MDEF

D'une part, il est à remarquer que, le secteur de l'agriculture, foresterie et pêcherie n'a reçu aucun financement sur les années 2003 et 2004 de la part des banques primaires. Ce n'est qu'en 2005 que ce secteur a pu bénéficier d'un financement très modique de 0,71 milliards de F CFA. A contrario, les IMF ont octroyé sur la même période, un concours financier substantiel de 23,9 milliards de F CFA; de 19,46 milliards de F CFA puis de 15,61 milliards de F CFA à ce même secteur. Il en ressort que, sur ces trois années seules, les IMF ont apporté au secteur de l'agriculture, foresterie et pêcherie respectivement 93%, 91,4% et 85% du financement global de l'économie dédié à ce secteur.

Ce même constat, quoique moindre, se fait dans le secteur du développement social. En effet, les banques s'intéressent moins au financement de ce secteur qui est plutôt considérablement pris en charge par les IMF. Ainsi, pendant que la part contributive des IMF s'est hissée à 63,45% et 68,32% du financement global alloué au développement social en 2004 et 2005, les banques n'ont contribué qu'à hauteur de 17,61% et 17,4%.

D'autre part, on note une absence quasi-totale des IMF dans le financement de certaines branches d'activités de l'économie béninoise, qui d'ailleurs ont une accessibilité aux services financiers bancaires. En conséquence, banques et IMF procèdent à une stratégie de segmentation pour vendre leurs services financiers. Les banques offrent en effet, leurs financements aux secteurs dotés d'une masse critique favorable à la réalisation d'économies d'échelles tels que l'énergie, le commerce, la communication...etc. Par contre, du fait que certaines branches d'activités présentent des coûts de transaction élevés, une incertitude de rendement, une non maîtrise de l'information et un manque de garantie, la banque se trouve dans l'impossibilité d'y allouer des ressources financières ; du coup, une "niche" de secteurs à besoin de financement dans l'économie est évincée du marché monétaire et relativement prise en charge depuis 1993 au Bénin par les IMF. C'est bien évidemment, la preuve que les services financiers décentralisés viennent suppléer l'incapacité du système financier classique à drainer efficacement du financement vers le secteur social.

En somme, il nous a été ainsi opportun, d'appréhender jusque là le secteur de la microfinance, d'un point de vue macroscopique dans l'économie nationale béninoise. Il revient dès lors, pour l'atteinte des objectifs de recherche, de sélectionner trois IMF les plus représentatives, intervenant de façon significative dans le financement des PME au Bénin, sur la base du critère de l'encours de crédit. Ce critère nous paraît le plus justifié d'autant que, c'est l'effet de la rétention du crédit par les bénéficiaires dans leurs activités qui est le noeud gordien à partir duquel, nous tentons de trancher sur la question de la création de valeur.

Section 2 : Analyse microéconomique et Modélisation économétrique de la création de la valeur.

Paragraphe 1 : Analyse microéconomique

1.1 Création empirique de valeur dans le micro financement des PME

Nous procéderons à la quantification de toutes les variables intervenant dans le modèle de création de valeur pour chacune des PME retenues.

1.1.1 La mesure de la création de valeur des PME bénéficiaires de crédit

La valeur créée dans les PME bénéficiaires de crédit des services financiers décentralisés a été appréhendée sur les fondements du modèle théorique EVA. Ainsi, il a été nécessaire de disposer d'un certain nombre de données contenues précisément dans les comptes de résultats, les bilans, les dossiers de crédit, mais aussi des données révélées au cours des enquêtes.

En effet, le compte de résultat a permis d'exploiter le résultat avant impôt et charges financières (l'EBIT) et la rentabilité financière obtenue à partir du résultat net et du "Super Fonds Propres" du bilan grâce à qui, il a été possible de cerner la structure financière des PME, et d'en isoler le financement des SFD à partir des dossiers de crédit. De plus, une bonne approche de la création de valeur exige une quantification réelle du coût financier de l'emprunt. A cet effet, une enquête a permis d'identifier les charges inhérentes à l'acquisition du crédit, car il serait réducteur d'assimiler le coût de l'emprunt au seul montant d'intérêts versés. Ainsi donc, au total des intérêts versés s'ajoutent les frais de dossier, les frais d'ouverture de compte, les fonds de garantie, mais aussi et surtout, les coûts de transaction. Dans le modèle, les coûts de transaction obtenus relèvent d'une minutieuse enquête de terrain. Ils intègrent tous les coûts encourus dans le processus d'octroi de crédit. Par ailleurs, au delà des coûts à caractère financier, la mise à disposition du crédit engendre des coûts d'opportunité du temps consacré aux transactions.

Au demeurant, sur les 156 PME de l'échantillon de départ, seulement 36 ont pu effectivement créer de la richesse sur trois années consécutives correspondant à la période d'étude 2003 - 2005, soit 23% d'entre elles ont su ne pas détruire les actifs de l'entreprise. Celles-ci présentent un taux de création de valeur qui oscille entre 0,0871% et 1,9599%. Ainsi, en considérant tous les paramètres de fonctionnement des PME, il ressort que celles qui arrivent à créer de la valeur produisent une richesse dans l'ordre de 0,0871% et 1,9599% des actifs investis en amont. Au total, les données sur panel de trois ans ont engendré 108 (363) scénarios d'observations dont 51 ont affiché une création de valeur en dessous de 1% et 57 entre 1% et 1,9599%. Le tableau 10 présente les résultats empiriques de la création de valeur en pourcentage des capitaux investis.

In fine, la perceptibilité de la création de valeur des PME induit par leur recours au financement des SFD est assez faible avec une performance mal en poing de 77% des 156 PME qui ne réalisent même pas a priori une rentabilité financière. Le palmarès réside au niveau des 23% dont presque la moitié d'ailleurs n'atteint pas 1% de nouvelles richesses proportionnellement aux actifs investis. Dès lors, une pareille situation qui n'incrimine pas tout de go les IMF peut raisonnablement s'expliquer par un certain nombre de facteurs directs ou indirects qui détermineraient le niveau de richesse créée.

1.1.2 Les déterminants empiriques de la création de Valeur dans le modèle

1.1.2.1 Le coût global de financement dans les IMF

La logique sous jacente à l'évaluation d'un coût global de financement comme paramètre d'influence de la création de richesse repose sur la conviction que, seuls les intérêts versés sur emprunt ne pourraient rendre compte de la charge financière supportée par le bénéficiaire à l'occasion du recours au financement des IMF. Ainsi, le coût financier retenu dans le modèle pour le calcul de l'EVA est la somme algébrique des intérêts sur emprunt de la microfinance, des frais de dossier, des frais d'ouverture de compte, des fonds de garantie et des coûts de transaction.

En effet, les IMF appliquent en général un taux d'intérêt de l'ordre de 13,47% l'an. Les frais de dossier sont pour l'essentiel estimés à 1% de l'emprunt alors que les frais d'ouverture de compte sont fixés à 15 000 francs CFA. Quant au fonds de garantie fixé au dixième du montant du crédit, il constitue une retenue à la source remboursable en fin de contrat entre l'IMF et son client. Il n'est tout de même d'aucun doute que ces fonds font partie intégrante du coût financier, d'autant plus que leur rétention pose un problème de coût d'opportunité à l'emprunteur. Enfin, se pose l'estimation des coûts de transaction inhérente aux activités d'obtention ou de renouvellement de prêts. Ainsi, sont incorporés dans cette rubrique du coût financier de l'emprunt, les frais de déplacement, d'information, de mise en conformité aux exigences de l'IMF...etc. Les données de l'enquête primaire ont donc permis de quantifier les coûts de transaction qui se situent pour les 108 scénarios, dans la fourchette de 0,55% et 7% des encours moyen de crédit. En somme, le coût global de financement se révèle pour le meilleur des cas à 44,86% et dans le pire des cas à 57,21%. Pour l'essentiel, un tel résultat indique qu'environ la moitié du crédit moyen détenu par la PME est dissipée avant la mise à disposition du crédit et pendant la consommation du crédit. Il est évident que, cette lourde charge de la PME qui ne constitue pas en totalité un gain pour l'IMF, serait une source d'inefficacité et de facto, le coût moyen pondéré du microcrédit est cher, voire exorbitant et annihile toute possibilité de production de richesse. En définitive, le coût du capital devient excessif et l'option stratégique de création de richesse en prend un coup lorsque la rentabilité économique de la PME n'est pas assez suffisante.

1.1.2.2 La structure financière des PME

Une analyse menée sur l'endettement des PME béninoises permet de trancher sur l'opérationnalisation de deux théories : celle de l'endettement optimal et celle du financement hiérarchique. En effet, la théorie de l'endettement optimal stipule dans un raisonnement marginaliste, l'existence d'un ratio d'endettement optimal satisfaisant à l'atteinte de la meilleure création de valeur possible. Ce ratio peut être atteint par un arbitrage entre les avantages perçus de l'endettement et les coûts d'agence relatifs aux relations avec les créanciers. Or, le fait évident dans la PME béninoise est qu'elle est peu formalisée et manque de ressources techniques pour opérer un tel arbitrage. Dans ces conditions, le dirigeant propriétaire qui redoute une perte éventuelle du contrôle de son entreprise, préfère opérer par gradation dans la recherche de son financement. Ainsi, la PME béninoise explore et épuise toutes les possibilités de financement interne avant de procéder le cas obligeant, aux autres sources de financement externe dont essentiellement le recours au micro financement des SFD. Ces concours financiers, généralement de court terme, sont destinés à soutenir le cycle d'exploitation de la PME qui se retrouve la plupart du temps dans un besoin crucial de fonds de roulement. Cette option de financement est en parfaite harmonie avec le souci majeur de l'indépendance de la PME, puisque ces crédits d'appoint pour le court terme, exclu toute chose étant égale par ailleurs, des clauses d'engagements restrictifs.

Dès lors, la préoccupation majeure de la présente recherche étant focalisée sur l'effet induit du microcrédit, il nous a paru indispensable de scinder le passif des PME en deux rubriques à savoir le crédit des IMF et "les supers capitaux propres" qui rassemblent les capitaux propres et les dettes d'origine autre que IMF et de les appréhender comme étant des capitaux propres à la PME pour les raisons de l'analyse. Sur ce postulat, un ratio dénommé "levier financier IMF" indispensable à la mesure de la création de valeur a été calculé en rapportant le microcrédit au "Super Fonds Propre". Comme résultat, le "levier financier IMF" très flottant au sein d'une même PME et variable d'une PME à l'autre, se situe dans une proportion de 0,56% et 15,38% confirmant ainsi, le rejet de la théorie de l'endettement optimal dans les PME béninoises. Le tableau 10 en donne cette justification et montre l'incidence de la structure financière des PME telle que définie sur la rentabilité des "supers capitaux propres". En formalisant ainsi le problème, nous mettrons en évidence dans une étude économétrique ultérieure, le degré d'influence sur la création de valeur imputable au mode de financement sous postulat.

En définitive, la pratique de financement des PME liée aux circonstances contingentes qui sont les siennes, répond à une démarche prudentielle dans un environnement économique dominé par l'existence des asymétries informationnelles a fortiori dans la phase de financement.

1.1.2.3 L'asymétrie d'information dans les PME béninoises

L'opération de crédit est empreinte d'une distorsion de l'information réelle. En effet, seul le bénéficiaire de crédit sélectionne les activités à mener avec les fonds de l'institution de microfinance. Celle-ci dans sa position de créancier, ne peut observer de façon parfaite l'utilisation faite des ressources financières octroyées à la PME de sorte que, l'activité de crédit est soumise à des phénomènes d'aléa moral. L'évolution des taux de créances en souffrance dans les IMF en donne une preuve. Du coup, les IMF fixent a priori un niveau de risque élevé pour toute opération de crédit sollicité. Or, les IMF se voulant une institution sociale et se réclamant être un outil de lutte contre la pauvreté, feignent de ne pas afficher l'incidence de ce niveau de risque dans la fixation du taux d'intérêt. Par conséquent, l'effet de soupçon du risque élevé des crédits sollicités est dissipé dans les différentes dispositions préalables à l'octroi de crédit tels que les frais de dossier et d'ouverture de compte de même que les fonds de garantie...etc. Il apparaît ainsi que la distorsion de l'information est à double sens. Primo, le phénomène d'aléa moral dans lequel la PME peut faire preuve d'une rétention d'information ne permettant pas la perceptibilité de l'IMF sur ces réelles intentions. Secundo, l'IMF consciente de ne pas toujours détenir la vraie motivation des PME sollicitant du financement, fixe tout de go le risque à un niveau élevé. Par la suite, les IMF s'adonnent aussi à un jeu de hasard moral en dissipant le niveau de risque perçu sous forme de coûts cachés pour compenser la réalisation éventuelle de ce risque.

Dans ces conditions, il est probable que deux situations aux conséquences fâcheuses se posent aussi bien aux IMF qu'aux PME. Ainsi, pour les IMF la première situation est celle dans laquelle elles risquent de ne garder dans leur portefeuille que des PME à risque comme étant le résultat d'une sélection adverse. Celles-ci, contre tout niveau de charge financière, sont prêtes à rentrer en possession du crédit quitte à entrevoir plus tard les possibilités de remboursement. Dès lors, il n'est plus d'aucun doute que la pérennité des IMF est hypothéquée d'autant plus que dans ces conditions, elles afficheraient une mauvaise performance dans le recouvrement des crédits alloués. C'est à ce même résultat que conduirait la seconde situation dans laquelle, certaines PME n'ayant pas la visibilité des coûts cachés de crédit liés à l'aléa moral des IMF, risquent de les découvrir bien plus tard lors de la consommation du crédit.

Du côté des PME, la rétention d'information de nature à faire perdre les chances d'obtention de crédit explique le plus souvent un rendement substantiel lorsqu'il se réalise, mais aussi une probabilité d'échec aux conséquences perverses. Dans ce dernier cas, l'objectif de création de richesse cède place à une destruction cuisante du capital de l'entreprise ; une telle conséquence rejaillit en dernier ressort sur l'IMF étant donné le plus souvent, la notion de responsabilité limitée de la PME.

En effet, "la moindre chose contenant un peu d'inconnu : trouvons-le" ; c'est en nous appropriant cette philosophie de Guy de Maupassant que nous avons tenté d'approcher la mesure de l'asymétrie d'information en faisant recours aux travaux antérieurs. Il nous a paru à cet effet, pertinent de retenir le levier opérationnel. En effet, ce ratio permet de quantifier la sensibilité du résultat d'exploitation aux variations du chiffre d'affaires. Le tableau 10 en donne les résultats empiriques à partir desquels sera menée l'étude économétrique de leur influence sur le taux de création de valeur. Ainsi, les leviers opérationnels obtenus pour les 108 scénarios présentent un minimum de 1,4305 et un maximum de 20,9755. Sur cette base, une croissance du levier opérationnel sur les trois années de l'étude (2003 - 2005) pour une même PME est le reflet d'un risque potentiel d'exploitation et qui serait d'après notre conjecture, une mesure de l'asymétrie d'information influençant la création de richesse.

Par conséquent, la déficience dans la maîtrise de l'information devient de plus en plus cruciale lorsque le créancier ne s'investit pas dans le suivi des activités financées, faute d'une ligne budgétaire conséquente à l'opérationnalisation des services non financiers.

1.1.2.4 Les services non financiers dans les IMF au Bénin

Le niveau d'opérationnalisation des services non financiers a été évalué dans les IMF retenues dans le cadre de la présente recherche. Pour ce faire, nous avons procédé au moyen du modèle compensatoire, ayant nécessité une enquête auprès des PME bénéficiaires de crédits se retrouvant dans l'échantillon de recherche. Ainsi, la performance globale obtenue pour chacune des IMF est le résultat consolidé de la notation des PME ayant recours à la même institution de microfinance. En effet, la logique à la base de l'évaluation des services non financiers dans les IMF est que ces derniers peuvent constituer un outil de soutien efficace pour se prémunir contre un certain nombre de situation préjudiciable à la création de richesse dans les PME et par ricocher à la pérennité et à la profitabilité des IMF. Il reviendrait aux IMF d'évaluer le coût d'opportunité de l'existence d'une ligne budgétaire fonctionnelle consacrée aux services non financiers par rapport aux coûts exorbitants engendrés par les créances en souffrances. L'idée galvaudée dans les IMF est que ces services tels que l'encadrement, le suivi, les échanges d'expériences, les formations en capacités managériales des bénéficiaires et même les actions de renforcement de capacité du personnel chargé des crédits sont porteurs de coûts inhibant l'atteinte des objectifs de rentabilité des IMF. Or la source même d'insuffisance des différents acteurs dans ce partenariat IMF et PME, provient d'un manque cruel de professionnalisation de part et d'autre. Il y aurait donc fallu un tout petit peu de sacrifice des IMF dans l'investissement des services non financiers, pour observer l'effet multiplicateur tant sur la profitabilité des IMF en étroite corrélation avec la création de valeur des PME. Mais malheureusement les notes d'appréciation des PME sur le fonctionnement des services non financiers du tableau 10 dénotent la fausse prétention des IMF affichant un attachement à cette rubrique dont le rendement, très peu perceptible, est voilé par la myopie de la rentabilité financière. A preuve, l'appréciation sur l'allocation de ressources financières au fonctionnement des services non financiers donne en moyenne une note de 3 sur 10, tandis que l'encadrement et le suivi des financements obtiennent 4,11 sur 10, note voisine de celle des rencontres d'échanges d'expériences, qui est de 4 sur 10. Enfin viennent les meilleurs scores obtenus sur les volets formation de base aux PME et renforcement du personnel chargé de crédit qui enregistre respectivement 4,33 sur 10 et 5,33 sur 10 en moyenne pour les IMF de l'échantillon. En définitive, l'exploitation de ces notes d'évaluation et d'importance obtenus sur les cinq services non financiers retenus a permis d'obtenir au moyen du modèle compensatoire, une note de performance globale pour chacune des IMF révélant leur niveau qualitatif sur l'opérationnalisation des services non financiers.

Tableau 10: Résultat empirique des variables observées

 

Variables endogènes

Variables explicatives

PME

Année

T.EVA (%)

Cgfimf (%)

Lfimf

Asimf

Qsnfimf

1

2003

0,8902

50,4000

0,0649

4,3125

4,0571

2004

0,9495

54,0923

0,0954

3,0006

3,4571

2005

1,0685

54,0923

0,1086

2,1105

2,1429

2

2003

0,3423

48,5538

0,0213

3,2789

4,0571

2004

0,6115

46,7077

0,0346

7,4808

3,4571

2005

0,6962

46,2462

0,0214

4,6703

2,1429

3

2003

1,4689

45,4154

0,0498

3,2759

4,0571

2004

0,4409

45,9692

0,0237

5,2821

3,4571

2005

0,1037

49,1219

0,0066

10,1967

2,1429

4

2003

0,1114

47,9385

0,0066

2,4377

5,2857

2004

0,1030

46,5923

0,0056

3,7727

4,3143

2005

0,2443

45,8505

0,0129

2,5960

3,7429

5

2003

0,9323

49,4769

0,0639

13,4355

5,2857

2004

0,3235

48,8176

0,0204

9,1383

4,3143

2005

1,0399

45,9692

0,0578

5,0495

3,7429

6

2003

1,2837

45,8505

0,0719

5,4632

5,2857

2004

1,7565

45,4154

0,0985

3,2362

4,3143

2005

0,5328

46,7077

0,0300

6,0605

3,7429

7

2003

0,2860

47,9385

0,0170

7,6100

5,2857

2004

0,0871

50,4000

0,0060

20,9755

4,3143

2005

0,1329

49,4769

0,0086

14,5918

3,7429

8

2003

0,2142

49,4769

0,0140

14,5343

5,2857

2004

0,3357

48,5538

0,0208

8,2831

4,3143

2005

0,2354

48,5538

0,0145

5,8962

3,7429

9

2003

1,2368

47,1692

0,0745

3,2296

5,2857

2004

1,6707

46,4000

0,0987

2,7160

4,3143

2005

0,2942

47,9385

0,0175

5,9774

3,7429

10

2003

0,9556

45,9266

0,0527

3,1057

5,2857

2004

0,4869

48,3231

0,0301

10,8129

4,3143

2005

0,9364

46,9917

0,0549

4,4846

3,7429

11

2003

0,5858

46,5923

0,0329

1,8937

5,2857

2004

0,8880

45,5538

0,0478

1,6876

4,3143

2005

0,2388

44,8615

0,0120

1,4940

3,7429

12

2003

0,3924

47,7765

0,0233

6,7797

5,2857

2004

0,4165

47,6308

0,0246

4,7500

4,3143

2005

0,2959

47,1692

0,0169

4,3252

3,7429

13

2003

0,5397

46,2462

0,0296

2,7051

5,2857

2004

1,1985

45,6527

0,0660

2,6710

4,3143

2005

1,2379

45,6527

0,0684

2,1864

3,7429

14

2003

1,7484

45,1385

0,0965

2,9994

5,2857

2004

1,1086

45,3231

0,0597

3,3731

4,3143

2005

0,5497

45,7269

0,0294

3,2382

3,7429

15

2003

1,6907

49,6615

0,1239

2,0096

5,2857

2004

1,5291

48,6462

0,1031

1,7034

4,3143

2005

1,7665

44,8615

0,0962

1,4305

3,7429

16

2003

0,1626

50,4000

0,0113

7,9268

5,2857

2004

0,2500

44,8615

0,0126

8,2437

4,3143

2005

0,3133

44,8615

0,0158

6,1021

3,7429

17

2003

0,3029

47,1692

0,0173

9,6307

5,2857

2004

0,4258

44,8615

0,0216

9,5474

4,3143

2005

1,0755

44,8615

0,0564

6,3449

3,7429

18

2003

0,6391

45,7846

0,0344

4,3619

5,2857

2004

0,6698

44,8615

0,0344

4,1713

4,3143

2005

0,7844

44,8615

0,0405

3,6918

3,7429

19

2003

0,7277

48,5538

0,0463

4,4050

5,2857

2004

1,2618

44,8615

0,0668

2,1646

4,3143

2005

1,2587

44,8615

0,0667

2,9947

3,7429

20

2003

1,2109

45,3231

0,0656

3,3682

5,5714

2004

1,0655

44,8615

0,0559

3,3903

4,8000

2005

1,0886

44,8615

0,0571

3,8262

3,7714

21

2003

1,9350

48,2769

0,1308

1,8228

5,5714

2004

1,9541

44,8615

0,1075

1,9373

4,8000

2005

1,6735

44,8615

0,0906

2,2889

3,7714

22

2003

1,6500

45,4154

0,0920

1,6396

5,5714

2004

1,8306

45,9692

0,1064

1,5428

4,8000

2005

0,1519

44,8615

0,0076

2,7929

3,7714

23

2003

1,8270

48,8176

0,1273

2,7342

5,5714

2004

1,3338

46,7077

0,0787

3,1167

4,8000

2005

1,0827

44,8615

0,0568

3,3972

3,7714

24

2003

1,3484

48,3231

0,0880

4,3974

5,5714

2004

1,8743

46,0800

0,1100

2,8229

4,8000

2005

1,6528

47,8154

0,1064

2,9114

3,7714

25

2003

1,4710

45,2077

0,0803

2,0421

5,5714

2004

1,9225

44,8615

0,1055

1,6808

4,8000

2005

1,9599

44,8615

0,1078

1,6546

3,7714

26

2003

1,1332

47,9385

0,0711

3,1823

5,5714

2004

1,4917

44,8615

0,0800

2,5757

4,8000

2005

1,4917

44,8615

0,0800

2,3886

3,7714

27

2003

1,2472

46,7077

0,0732

6,7665

5,5714

2004

1,8102

44,8615

0,0988

5,1259

4,8000

2005

1,8308

44,8615

0,1000

4,8714

3,7714

28

2003

0,9010

50,5846

0,0667

3,5762

5,5714

2004

0,9614

47,8154

0,0593

3,0034

4,8000

2005

1,0740

47,8154

0,0667

2,3092

3,7714

29

2003

1,2430

51,7714

0,1037

2,8677

5,5714

2004

0,6199

57,2123

0,0865

3,6683

4,8000

2005

1,7836

47,9815

0,1171

2,6257

3,7714

30

2003

1,4834

50,2892

0,1121

2,5562

5,5714

2004

1,4493

49,6615

0,1043

2,6658

4,8000

2005

1,8085

48,0000

0,1190

2,1572

3,7714

31

2003

1,5077

46,4308

0,0884

2,5937

5,5714

2004

1,6583

47,8154

0,1068

1,8559

4,8000

2005

1,6001

48,2123

0,1054

1,7196

3,7714

32

2003

1,2200

52,5969

0,1091

2,2068

5,5714

2004

1,6806

50,3552

0,1296

2,4115

4,8000

2005

1,4439

50,3552

0,1094

2,6000

3,7714

33

2003

0,9958

51,0585

0,0769

3,0088

5,5714

2004

0,7220

47,9815

0,0443

3,4711

4,8000

2005

1,0867

50,0585

0,0784

2,8873

3,7714

34

2003

0,2195

53,5200

0,0195

5,3413

5,5714

2004

0,2362

50,7508

0,0169

4,8561

4,8000

2005

0,4886

49,3662

0,0323

4,7805

3,7714

35

2003

0,8831

53,5200

0,0833

5,2010

5,5714

2004

0,9782

51,3046

0,0769

4,3072

4,8000

2005

1,0050

50,3552

0,0737

4,4272

3,7714

36

2003

1,7185

52,1112

0,1538

3,1400

5,5714

2004

1,2013

51,3046

0,0962

2,9667

4,8000

2005

1,6807

49,0892

0,1181

1,4763

3,7714

T.EVA: Taux de création de valeur, Cgfimf: Coût global de financement des IMF, Limf: Levier financier

Asimf : Asymétrie d'information Qsnfimf: Qualité des services non financiers, PME: Petite et Moyenne Entreprise

Source : Réalisé par nos soins

1.2 Analyse de la satisfaction perçue par les PME

L'analyse de la satisfaction perçue par les PME, liée à leurs expériences de consommation des crédits des IMF, tient à être le moyen de disposer d'une variable de comparaison directement tirée du champ empirique auquel s'intéresse cette recherche. Ainsi, les résultats obtenus à ce niveau pourront confronter les résultats issus du champ purement théorique du modèle de création de valeur tel que conduit jusque là. La stratégie adoptée à été de mener une enquête de terrain et de procéder à l'administration d'une grille d'analyse de satisfaction à l'endroit des 156 PME de l'échantillon de départ (Annexe n°3b). Elles offrent à ces dernières de porter des critiques, des suggestions et d'estimer la performance du recours au crédit.

D'une part, le recueil des critiques des PME à l'encontre de leur IMF s'énonce en des subjectivités relatives aux expériences personnelles des promoteurs de PME, mais qui en fin de compte, révèle une objectivité puisqu'en général, les propos des uns et des autres d'emblée se rejoignent. En synthèse, il ressort que le délai de la mise en place du crédit est relativement long alors que le besoin de financement de la PME se fait de plus en plus pressant pour le fonctionnement de l'exploitation. En sus, les PME estiment que le coût du crédit déjà trop élevé est accompagné d'une kyrielle de commissions et de conditions drastiques préalables à la mise en place d'un programme de crédit. Malgré ces conditions, il est de la pratique des IMF de ne point accorder le montant effectivement sollicité. En conséquence, les crédits alloués étant la plupart en deçà, n'arrivent pas à couvrir le besoin de financement indispensable à la réussite du projet en amont duquel, le prêt a été sollicité. Ce qui inévitablement porte une influence négative sur les rendements escomptés. De plus, bien que destiné au financement de court terme pour l'exploitation, une des clauses du contrat de microcrédit qui fixe généralement, la première échéance de remboursement à un mois, à décompter de la date d'octroi du crédit, est fortement décriée par les PME bénéficiaires de crédits. Cette pratique s'apparente à un pré-comptage d'intérêt puisque, en fin de compte les PME pour se prémunir du risque de non remboursement à la 1ère échéance défalque la 1ère mensualité pour la thésauriser, le temps d'honorer dans le délai le tout premier engagement. En fin de compte le fonds de crédit engrangé dans le financement s'en trouve une fois encore amputé et la PME redevable s'en trouve fortement désavantagée.

D'autre part, une analyse de la satisfaction des attentes a permis de se faire une idée globale sur les performances du recours au crédit, prenant en compte tout le processus du crédit allant de la première demande de crédit aboutissant à son obtention jusqu'à la phase de remboursement définitif. Les résultats se dispersent en trois catégories : 61% des dirigeants ou représentants de PME estime que les résultats sont en deçà de leurs attentes ; c'est d'ailleurs dans cette catégorie que fusent les critiques les plus sévères. 39% des PME ont avoué être satisfaites à la mesure de leurs attentes. Il se révèle enfin, un score minable pour les IMF pour qui aucune des 156 PME n'a jugé être satisfaite au-delà de leurs attentes.

Des suggestions faites par les propriétaires ou représentants de PME, il est notable, les plaidoyers faits en faveur de l'allègement des conditions d'octroi et du coût de crédit, du renforcement de la ligne budgétaire dédiée aux SNF, afin d'en faire un levier efficace pour l'assistance aux promoteurs et la professionnalisation du secteur de la microfinance.

En tout état de cause, les résultats du modèle théorique EVA et du modèle empirique de la satisfaction s'orientent dans une certaine mesure dans la même direction. En effet, les résultats recueillis dans le modèle de satisfaction, révèlent un malaise dans l'utilisation des crédits pour insuffler une rentabilité à leurs activités. Cette situation peut se prouver par le fait que seulement 36 PME sur 156 ont présenté un résultat positif, soit 23% des PME créant de la richesse. Mais en réalité les résultats du modèle de comparaison de la satisfaction semblent plus optimistes puisque 39% des promoteurs de PME estiment être satisfait, au moins au niveau de leurs attentes. Ce décalage entre les résultats de deux modèles l'un quantitatif et l'autre qualitatif s'explique aisément. En réalité, on se retrouve en parfaite situation de rationalité limitée. Mais, elle est plus prononcée dans le modèle de la satisfaction où les promoteurs de PME ne disposent ni de technique, ni de compétence avérée en matière de gestion pour mieux apprécier la valeur créée par leur entreprise à l'issu d'un exercice. Comme quoi, il ne suffit pas d'aboutir à un résultat bénéficiaire au terme d'un exercice pour prétendre créer de la valeur.

En fin de compte, les PME bénéficiant des SFD n'arrivent pas dans leur globalité à créer de la valeur par le truchement de leur recours à la microfinance. Il va s'en dire qu'un besoin de recadrage s'impose aux SFD face au résultat mitigé, pour qu'ils jouent effectivement le rôle pivot de développement et de levier de création de richesse auprès des PME. Toutefois, il est aussi indéniable de réfuter l'importance de la microfinance qui participe à la viabilité de certaines entreprises qui, si même elles sont légions ont pu néanmoins créer de la richesse. Le score de 23% de cas de création de valeur reste un défi pour la microfinance béninoise. Sur ce résultat, il paraît d'ores et déjà utile de s'intéresser à l'étude du degré d'influence des déterminants de la création de valeur, afin d'identifier les leviers d'actions indispensables à l'amélioration de la performance des IMF dans la création de valeur de la clientèle PME.

Paragraphe 2 : Modélisation économétrique de la création de la valeur.

2.1 L'étude de la description statistique des variables du modèle

Les variables du modèle présentent des valeurs dont la compréhension passe par une analyse au moyen de la statistique descriptive. Ainsi, un intervalle de confiance a été déterminé pour la moyenne des variables à un niveau de confiance de 95% avec une signification de 5%. Par ailleurs, la nécessité d'une visibilité de la dispersion des différentes occurrences prises par ces variables autour de leur moyenne a conduit au calcul du coefficient de variation propice aux comparaisons, en même temps que l'étendue des variables mises en exergue par le maximum et le minimum. Le tableau 11 donne la description statistique des variables suivant les paramètres retenus.

Tableau 11: Statistiques descriptives

Variables

Moyenne

Ecart-type

Intervalle de Confiance

Coef. de variation

Minimum

Maximum

T.EVA (%)

Taux de création de valeur

1,0140

0,5668

[0,90 ; 1,12]

0,5589

0,0871

1,9599

Cgfimf (%)

Coût global de financement des IMF

47,6472

2,5875

[47,15 ; 48,15]

0,0543

44,8615

57,2123

Lfimf (%)

Levier financier des IMF

6,38

3,77

[6,00 ; 7,00]

0,5905

0,56

15,38

Asimf

Asymétrie d'information

4,3223

3,1253

[3,72 ; 4,92]

0,7231

1,4305

20,9755

Qsnfimf

Qualité des services non financiers

4,4712

0,8094

[4,32 ; 4,63]

0,1810

2,1429

5,5714

Source: Réalisé par nos soins

Ainsi, la distribution moyenne de la variable endogène, le taux de création de valeur est de 1,0140%. L'étude de la variabilité met en évidence, que le taux de création de valeur des PME étudiées est considérablement éparpillé autour de la moyenne. En effet, étant insérées dans des secteurs économiques aussi multiples que variés, sans occulter leurs réalités spécifiques en matière de compétence managériale, et de disponibilité de ressources, les PME de l'échantillon ne peuvent à l'évidence aboutir aux mêmes performances dans la création de richesse.

De plus, le coût global moyen de financement de 47,6472% renseigne sur la charge financière à laquelle les PME incluses dans l'échantillon ne sauraient se soustraire, si tant est qu'elles tiennent au financement des IMF. Cette variable enregistre une faible dispersion révélant en conséquence, que toutes les PME retenues sont soumises à un coût de financement élevé.

De même, l'observation du levier financier IMF retenu dans l'analyse, montre que les PME sont fortement consommatrices des concours financiers des IMF. En effet, la modalité moyenne de cette variable se fixe à 6,38%, avec un coefficient de variation de 0,5905. Elle est donc la deuxième du modèle la plus dispersée autour de sa moyenne. Cette constatation implique que l'étendue de l'intervalle de variation de cette variable est importante, c'est-à-dire que certaines PME, relativement à leurs capitaux permanents, contractent des crédits de très petites tailles, alors que d'autres s'endettent fortement auprès des IMF.

En effet, la quantification de l'asymétrie de l'information dans cette relation d'endettement donne un indicateur moyen de 4,3223. Avec le coefficient de variation le plus élevé se fixant à 0,7231, cette variable traduit une intense variabilité de l'opacité informationnelle régnant d'une relation à une autre entre les IMF et leurs PME. En effet, certaines relations de financement PME/IMF sont caractérisées par une forte distorsions de l'information réelle tandis que d'autres sont moins exposées au risque informationnel.

Par contre, la mesure de l'opérationnalisation des services non financiers dans les IMF est très moins variable autour de l'indicateur moyen affichant une valeur de 4,4712. Cela signifie que l'écart de performance en matière de qualité de services non financiers entre les IMF de l'échantillon est très peu perceptible. Enfin, les vraies valeurs prises par chacune des variables du modèle présentent rigoureusement 5 chances sur 100 seulement, pour ne pas être incluses dans leur intervalle de confiance respectif tel que déterminé dans le tableau ci dessus.

Par ailleurs, pour examiner le degré de corrélation possible entre les variables du modèle, il à été procéder à la conception de la matrice de corrélation des variables aussi bien endogène que exogènes qui se présente comme suit dans le tableau 12.

Tableau 12: Matrice des corrélations

Variables

T.EVA

Taux de création de valeur

Cgfimf

Coût global de financement des IMF

Lfimf

Levier financier

des IMF

Asimf

Asymétrie d'information

Qsnfimf

Qualité des services non financiers

T.EVA

1

 

 

 

 

Cgfimf

-0,16

1

 

 

 

Lfimf

0,93

0,17

1

 

 

Asimf

-0,56

0,15

-0,54

1

 

Qsnfimf

0,16

0,16

0,21

-0,04

1

Source: Réalisé par nos soins

Ainsi, la matrice des corrélations présente d'une part, la relation estimée entre les différentes variables explicatives et d'autre part, la relation prévue entre la variable dépendante (le taux de création de valeur) et les variables indépendantes. En effet, le degré de corrélation entre les différentes variables exogènes est largement modéré au point où le modèle en construction s'assure de l'absence du problème de multi colinéarité entre variables. Quant à la relation prévue, elle est d'ores et déjà empreinte d'effet de causalité attesté d'ailleurs, par les degrés de corrélation enregistré à ce niveau. Toutefois, une plus ample perceptibilité de l'influence des facteurs explicatifs sur la création de valeur dans les PME sera appréhendée au travers du test de spécification en données de panel. Le logiciel statistique Eview sera utilisé à cet effet.

2.2 Spécification du test empirique : estimation des paramètres relatif au modèle

L'étude économétrique s'appuie sur les 4 variables à savoir le taux de création de valeur, le coût global de financement, l'asymétrie d'information et la qualité des services non financiers, telles que présentées dans le tableau 10. Ainsi, la démarche consistera à effectuer un test d'existence d'effets individuels avant de déboucher sur le modèle à interpréter.

Test d'existence d'effets individuels

Le test de la présence d'effets individuels est l'une des premières précautions à prendre avant de procéder à une estimation sous la spécification en données de panel. Il est alors intéressant d'identifier l'effet associé à chaque individu, c'est-à-dire un effet qui ne varie pas dans le temps, mais qui varie d'un individu à l'autre. Le résultat du test est fourni par le tableau suivant :

R-sq: within = 0.9402 Obs per group: min = 3

between = 0.9829 avg = 3.0

overall = 0.9711 max = 3

 

Random effects u_i ~ Gaussian Wald chi2(4) = 2922.64

corr(u_i, X) = 0 (assumed) Prob > chi2 = 0.0000

 

teva | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]

cgfimf | -.0745541 .0042713 -17.45 0.000 -.0829257 -.0661825

lfimf | 15.18826 .3428273 44.30 0.000 14.51633 15.86019

asimf | .0055566 .0040208 1.38 0.167 -.0023241 .0134372

qsnfimf | .0074884 .0116302 0.64 0.520 -.0153063 .0302832

_cons | 3.539977 .1924846 18.39 0.000 3.162714 3.91724

La significativité globale de ce modèle permet de conclure en une présence d'effets individuels dans les données. Mais comment modéliser ces effets individuels ?

Modélisation en présence d'effets individuels : effet fixe

La spécification du modèle à effets fixes est fournie par le tableau suivant :

R-sq: within = 0.9408 Obs per group: min = 3

between = 0.9823 avg = 3.0

overall = 0.9706 max = 3

 

F(4,68) = 270.10

corr(u_i, Xb) = -0.4049 Prob > F = 0.0000

 

teva | Coef. Std. Err. t P>|t| [95% Conf. Interval]

cgfimf | -.0760898 .0074827 -10.17 0.000 -.0910213 -.0611582

lfimf | 15.68984 .5545959 28.29 0.000 14.58316 16.79652

asimf | .0020989 .0060306 0.35 0.729 -.0099349 .0141328

qsnfimf | .0149241 .0136916 1.09 0.280 -.012397 .0422452

_cons | 3.56285 .329249 10.82 0.000 2.905844 4.219856

F test that all u_i=0: F(35, 68) = 1.68 Prob > F = 0.0336

Les valeurs des différentes statistiques de test montrent que le modèle est globalement significatif et que la spécification des effets individuels en effet fixe est pertinente au seuil de 5% (la probabilité de la statistique de Fisher (ici 0,0336) est inférieure à 5% donc l'hypothèse nulle d'existence d'aucun effet fixe est rejetée). Dans le modèle à effets fixes, surtout le R2 within ainsi que la probabilité de Fisher (significativité globale du modèle) sont pris en compte pour apprécier le modèle.

Modélisation en présence d'effets individuels : effet aléatoire

La spécification du modèle à effets aléatoires est fournie par le tableau suivant :

R-sq: within = 0.9402 Obs per group: min = 3

between = 0.9829 avg = 3.0

overall = 0.9711 max = 3

 

Random effects u_i ~ Gaussian Wald chi2(4) = 2922.64

corr(u_i, X) = 0 (assumed) Prob > chi2 = 0.0000

 

teva | Coef. Std. Err. z P>|z| [95% Conf. Interval]

cgfimf | -.0745541 .0042713 -17.45 0.000 -.0829257 -.0661825

lfimf | 15.18826 .3428273 44.30 0.000 14.51633 15.86019

asimf | .0055566 .0040208 1.38 0.167 -.0023241 .0134372

qsnfimf | .0074884 .0116302 0.64 0.520 -.0153063 .0302832

_cons | 3.539977 .1924846 18.39 0.000 3.162714 3.91724

La valeur de la statistique de Fisher permet de conclure en la significativité globale du modèle à effets aléatoires. Dans le modèle à effets aléatoires, surtout le R2 between ainsi que la probabilité de Fisher (significativité globale du modèle) sont pris en compte pour apprécier le modèle. Le tableau précédent ne permet pas d'apprécier la pertinence des effets aléatoires. La significativité ou la pertinence de la spécification du modèle avec effets aléatoires est fournie par tableau ci-dessous.

| Var sd = sqrt(Var)

teva | .3212161 .5667593

e | .007823 .0884475

u | .0018713 .0432588

 

Test: Var(u) = 0

chi2(1) = 2.69

Prob > chi2 = 0.1013

La probabilité de la statistique de Breush Pagan est supérieure à 5%, il y a alors assez d'évidence en faveur de l'hypothèse nulle de non pertinence des effets aléatoires au seuil de 5%. Ainsi, la spécification du modèle à effets aléatoires ne conviendrait pas à nos données malgré la significativité globale du modèle à effets aléatoires. En définitive, nous retenons alors le modèle à effet fixe.

Chapitre 4 : Analyse des résultats

Après avoir interprété et vérifié les résultats obtenus (section 1), nous terminerons ce chapitre avec quelques perspectives utiles à la viabilisation du système de financement décentralisé (section 2).

Section1 : Synthèse, Interprétation des résultats et Vérification des Résultats

Paragraphe 1 : Synthèse et interprétation des résultats

1.1 Synthèse des résultats

L'analyse et la mesure de la création de valeur des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin ont été menées à l'aune d'un certain nombre de considérations contextuelles et méthodologiques.

D'une part, le contexte d'étude a d'abord permis d'identifier les PME et de retracer leurs évolutions dans l'environnement économique. Ainsi, il s'est révélé que les PME béninois constituent au sens organisationnel de Mintzberg, une configuration entrepreneuriale qui plus, est confrontée à de grandes adversités affectant leur émergence économique. Ensuite, il a été question d'appréhender une vue globale de la situation du secteur de la microfinance sur la période de 2001 à 2005. Après, une classification des IMF, notre étude s'est portée sur les institutions de crédit direct ayant pour profession habituelle d'apporter des concours financiers aux PME. A ce niveau, l'organisation des IMF porte essentiellement l'empreinte d'une configuration mécaniste. Mais son secteur est gêné par son propre dynamisme recelant des maux tels que la clandestinité de certains promoteurs de microfinance, un déficit de formation et de professionnalisation des acteurs de même que, le manque de spécialisation des institutions ; par exemple des institutions de crédit direct interviennent encore dans le financement des mutuelles et des coopératives alors que les approches de fonctionnement diffère d'un type d'institution à un autre. Tous ces germes de contre performance empêchent la microfinance béninoise d'être véritablement un outil de développement, faute de suivi rigoureux et de contraintes vigoureuses des instances étatiques déléguées en la matière. Toutefois, une source considérable de financement de l'économie béninoise demeure la microfinance. En effet, elle supplée fondamentalement au financement d'un segment de l'économie interdit d'accès au secteur bancaire, en l'occurrence : l'agriculture, la pêcherie, la foresterie et le développement social. En cela, elle participe au financement global interne du pays, à concurrence de 29,66 milliards de francs CFA sur la période quinquennale 2001 - 2005. D'autre part, des contraintes d'ordre méthodologiques se sont imposées dans l'analyse microéconomique. Pour cela, il a fallu constituer un échantillon de PME propice à l'atteinte des objectifs de la présente recherche. En effet, il s'est agit de PME constamment financées par une institution de microfinance sur les années 2003, 2004 et 2005. Trois IMF ont donc été sélectionnées sur le critère de l'encours de crédit. Dès lors, cette recherche a été conduite en trois phases, allant de la réalisation du profit net à la mesure de la richesse créée pour aboutir à l'induction statistique des variables explicatives sur cette dernière.

Primo, la mise en condition des 156 PME de l'échantillon initial de recherche a révélé, à l'étape de l'étude, des états financiers un déficit de résultat pour 120 PME, soit 77% qui affichent une rentabilité financière mal en poing, insalubre à toute poursuite d'analyse orientée vers la création de valeur. Ainsi, il s'en trouve que certaines petites et moyennes entreprises n'ont pu encore franchir les conditions sine qua non, à la mise en place d'un management par la création de valeur.

Secundo, l'étape précédente dégage comme corollaire que, 36 PME soit 23% seulement ont pu générer de nouvelles richesses aussi piètres fussent - elles sur la période d'étude (2003 - 2005). A preuve, en considérant tous les paramètres de fonctionnement des PME, il ressort que celles qui arrivent à créer de la valeur produisent une richesse dans l'ordre de 0,0871% et 1,9599% des actifs investis en amont. Au total, les données sur panel de trois ans ont engendré 108 scénarios d'observations dont 51 ont affiché une création de valeur en dessous de 1% et 57 entre 1% et 1,9599%. A ce niveau déjà, un rapprochement avec l'analyse de la satisfaction conduite purement dans une démarche marketing a permis de se convaincre des résultats théoriques précédemment obtenus dans le modèle EVA. En effet, la satisfaction perçue de la consommation des crédits par les promoteurs de PME est moins reluisante et atteste évidemment dans les cas échéants, une création de richesse très sobre.

Tertio, une étude de l'explication de la création de valeur des PME de l'échantillon, nous a conduit à identifier quatre déterminants à savoir : le coût global de financement, la structure financière des PME, l'asymétrie de l'information et la qualité des services non financiers des IMF. Notons que, le coût global de financement intègre les intérêts sur emprunt, les frais de dossier, les frais d'ouverture de compte, les fonds de garantie et les coûts de transaction. Quant à la structure financière, elle a été appréhendée à travers le levier financier comme étant le rapport entre le microcrédit et le reste du passif de la PME. L'asymétrie d'information étant approchée à partir du risque opérationnel des PME alors que la qualité des services non financiers a pu être cernée au moyen du modèle compensatoire emprunté au marketing. Dès lors, il a été possible de quantifier toutes les variables, de spécifier le modèle construit en données de panel et de procéder à l'économétrie positive afin de prononcer la validité de ce modèle. A cet effet, l'induction statistique dévoile d'une part deux déterminants qui ont une influence irréfutable sur la création de richesse des PME et d'autre part deux autres, qui apparemment sont inélastiques au taux de création de la valeur.

En premier lieu, on distingue le coût global de financement, le levier financier et l'effet spécifique du modèle. En effet, le coefficient affecté au coût de financement dans la spécification statistique s'établit à - 0,076, et signale de ce fait une relation inverse de cause à effet avec le niveau de création de richesse des PME. De même, la valeur prise par le coefficient lié au levier financier 15,689 traduit qu'une augmentation du niveau de création de valeur est consécutive à un accroissement du levier.

En second lieu, l'asymétrie d'information semble à première vue ne pas influencer le niveau de création de valeur des PME, puisque le t de student s'est fixé à 0,729 supérieur à 5% pour un intervalle de confiance à 95%. C'est ce même résultat qui s'enregistre pour la qualité des SNF dans les IMF, avec un t de student de 0,280.

Au total, les résultats statistiques imposent théoriquement de retenir le coût global de financement et la structure financière des PME, comme les déterminants de la création de valeur de ces dernières, dans leur relation de financement avec les IMF de crédit direct.

1.2 Interprétation des résultats

L'étude contextuelle de l'évolution des IMF au Bénin et l'approche méthodologique adoptée ayant conduit aux résultats, il revient à cette étape, de procéder à leurs interprétations. Pour ce faire, elles porteront d'abord sur la prestation clandestine de certaines IMF puis sur la rentabilité financière des PME avant de s'appesantir sur les déterminants de la création de valeur du modèle construit.

En premier lieu, la clandestinité d'une multitude d'institutions activement opérationnelles au Bénin dans le financement décentralisé pose un sérieux problème d'appropriation du concept de la microfinance. Cette situation révèle combien de fois, certains promoteurs du secteur assimilent la microfinance à un réseau mercantiliste assurant rentabilité et richesse. Cette opinion se justifie par la ruée de beaucoup d'institutions dans ce secteur très sensible aux conditions de vie des populations, créant la paupérisation que nous appréhendons comme "les mécanismes favorables à asseoir la pauvreté". En conséquence, ce fait démontre l'utopie d'assimiler d'emblée les IMF, dans leurs conditions actuelles de fonctionnement au Bénin, à de véritables acteurs de développement social. De même, la profusion des IMF est aussi la preuve à la fois, de la simplicité de leur marché qui ne présente pas une véritable barrière d'entrée et de la défaillance des autorités politico - économiques à mieux réguler le secteur. Mais cette défaillance est pour une bonne part, liée aux ressources anémiques dont disposent les structures nationales de tutelles. En effet, la cellule de la microfinance ne dispose, en matière de ressources humaines que de 13 cadres qui s'appuient sur des ressources matérielles et financières très modestes imparables avec l'immensité des tâches inhérentes au suivi et à la bonne régulation du secteur de la microfinance. Dans ces conditions, il va de soi que les promoteurs des IMF profitent des faiblesses de l'autorité pour introduire dans le secteur une forme d'anarchie illustrée par le moindre souci de formation et de professionnalisation des acteurs, la prise à la légère des dispositions légales, la non production et communication à bonne date des rapports annuels et des états financiers. Toutes obligations qui incombent tant aux institutions agréées, conventionnées qu'aux institutions engagées dans la procédure de reconnaissance par l'Etat.

En second lieu, l'étude de la rentabilité financière ayant éliminé 77% des PME soit 120 sur 156 de l'échantillon pose toute la problématique de la viabilité des PME en création dans l'économie béninoise. Cette situation peut trouver son explication dans l'inaptitude de la majorité des candidats à l'entrepreneuriat. En effet, ces derniers n'ayant pas une formation de base en gestion n'arrivent pas à observer la séparabilité entre l'actif de la PME et leur propre patrimoine. Ainsi, malgré la volonté de réussir de certains promoteurs, ceux-ci n'arrivent pas à s'approprier les normes de gestion et faire preuve de justesse des décisions. Mais en réalité cette carence devrait être compensée par le dynamisme des services non financiers des IMF, à savoir les conseils en gestion, le suivi de la consommation du crédit voire même les prestations en redressement. Alors les résultats décevants sur la rentabilité des PME induisent en fin de compte une destruction du capital exploité par les 77% des PME. Même au niveau des 23% restant où le taux de création est marginal voire mitigé se fixant autour de 1%, elles devraient s'interroger sur le noble objectif de la création de richesse durable.

Mais en réalité, une lecture de l'évolution des taux de créance en souffrance dans les IMF permet de confirmer en partie le manque de surplus de valeur pour faire face aux engagements financiers des PME.

Tableau 13: Evolution des créances en souffrances dans les IMF

Types d'institutions

2001

2002

2003

2004

2005

Mutuelles et Coopératives d'épargne et de crédit

 
 
 
 
 

Montant des créances

579

884

2 402

3 160

1543

Taux de croissance (%)

 

52,68

171,72

31,56

-51,17

Institutions de crédits directs

 
 
 
 
 

Montant des créances

86

368

602

1 469

3911

Taux de croissance (%)

 

327,91

63,59

144,02

166,24

Projets et ONG à volet microfinance

 
 
 
 
 

Montant des créances

10

5

72

14

5

Taux de croissance (%)

 

-50,0

1340,0

-80,56

-64,29

Source : Etabli sur la base des données collectées à la Cellule de Mirofinance

Ainsi, le tableau 13 atteste la difficulté des bénéficiaires à honorer leurs remboursements. Tous les types d'institutions sont ainsi confrontés à une accumulation accrue de créances en souffrance ; en l'occurrence les institutions de crédit direct. En effet, après une très mauvaise performance dans le recouvrement des crédits en 2002 avec une augmentation de 327,91% des créances en souffrance, la situation a semblé être maîtrisée en 2003 à un taux de 63,59%. Mais depuis lors, l'effort de recouvrement s'est terni de sorte qu' en 2004 et 2005 l'augmentation des créances en souffrance s'est hissée respectivement à 164% et 166%. En somme, les institutions concernées par la présente recherche que sont les institutions de crédit direct ont des actifs qui se détériorent. Bien qu'une pareille situation peut être tributaire d'une politique de recouvrement défaillante, il n'en demeure pas moins que la consommation des crédits octroyés n'insuffle pas assez de nouvelles richesses pour honorer les engagements financiers des PME vis-à-vis des IMF.

Nonobstant cette tendance croissante des créances en souffrance des IMF, celles-ci se taillent, contrairement aux PME la part du lion dans la réalisation de leur propre rentabilité financière. Or, cette rentabilité prend source dans l'adhésion de ces PME à leurs offres de services financiers. Il n'est pas à postuler que la rentabilité des PME doit être à l'image de celle des institutions de microfinance, compte tenu de leur objectif de pérennité et d'indépendance. Toutefois, la relation de dépendance entre IMF et PME devrait être orientée dans le sens d'inférer une rentabilité certaine à l'une et à l'autre en tant que partenaire. Mais une analyse comparative des résultas financiers des deux partenaires, dévoile en réalité, que les PME en général s'assimilent dans le contexte d'exercice de la microfinance au Bénin, à des "vaches à lait" des IMF d'où celles-ci tirent une richesse faramineuse. Le tableau 14 renseigne à cet effet, sur l'évolution de la rentabilité des fonds propres des trois IMF de l'échantillon de recherche.

Tableau 14: Evolution de la rentabilité des fonds propres des IMF de l'échantillon

Institutions de Microfinance

2000

2001

2002

IMF n°1

21%

35%

25%

IMF n°2

26%

52%

60%

IMF n°3

21%

27%

20%

Source: Cellule de la Microfinance

En tant que tel, l'appréhension de la microfinance comme outil de développement et de lutte contre la pauvreté à l'étape actuelle au Bénin, est problématique et sérieusement discutable, puisque les résultas induits dans la PME sont mitigés. S'il est vrai que l'indisponibilité des données financières récentes des IMF ne permet pas d'appréhender en toute exactitude le niveau de rentabilité actuelle, le recours aux données de 2000 à 2002 sont très significatives à cet effet. Ainsi, les trois IMF ont enregistré en moyenne respectivement 26,38%, 43,28% et 22,46% comme ratio de rentabilité financière. Une lecture de ce même ratio dans les PME n'est pas du tout reluisant puisque 77% d'entre elles ne produisent même pas une rentabilité positive. Pour les 23% qui approchent un niveau donné de création de valeur, on note un niveau maximum de rentabilité financière moyenne fixée à 15,2% avec comme minimum 0,013 franc généré par 100 francs de capitaux propres exploités. En résumé, sur les 36 PME approchant la création de valeur, seulement 6 PME affichent une rentabilité financière moyenne comprise entre 5% et 9%. Le reste des PME soit 29, présentent une rentabilité financière inférieure à 5%. Néanmoins on note, un seul cas marginal de PME ayant une bonne performance financière de 15,2% en moyenne sur la période 2003 - 2005. Enfin, l'influence du comportement de chaque variable permettra d'interpréter successivement le niveau de création de valeur des PME.

D'une part, un accroissement tendanciel du coût global de financement à la hausse se traduisant par une érosion de la création de richesse des PME, s'interprète comme l'effet inhibant d'un certain nombre de facteurs dont essentiellement : les intérêts sur emprunt de la microfinance, les frais de dossier et d'ouverture de compte, les fonds de garantie de même que les coûts de transaction. Ces éléments qui en fait, renchérissent le coût du financement, annihilent l'atteinte d'une création de richesse plus accrue des PME.

D'autre part, une meilleure combinaison du financement des IMF avec les autres ressources des PME peut porter le germe d'une création de valeur. En effet, un niveau élevé du levier financier impulsé par un montant plus substantiel du microcrédit dans le passif des PME favorise une meilleure création de richesse.

Par ailleurs, le règne de l'asymétrie semble apparemment ne pas influencer le niveau de création de valeur des PME. Mais ce résultat s'interprète plutôt comme un meilleur pilotage du risque moral par les IMF. En effet, lors de l'octroi du crédit, elles supposent que tout demandeur de crédit est porteur d'aléa moral. En conséquence, les conditionnalités en vigueur sont de nature à se couvrir au mieux contre le risque de sorte que la perceptibilité de l'influence de l'asymétrie de l'information sur la création de valeur est éliminée. Il s'établit donc que les institutions de microfinance ont une aversion très prononcée du risque et de ce fait ne partage pas le risque avec les PME ; l'objectif de la pérennité et de la viabilité étant le point de mire.

En définitive, la qualité des services non financiers, n'explique pas non plus le niveau de création de valeur des PME. Ce résultat laisse croire théoriquement, que les gérants des PME sont qualifiés pour une bonne gestion de leurs activités et surtout dans la consommation des crédits obtenus. Ainsi, il ne serait plus donc nécessaire de les accompagner par l'opérationnalisation d'un service non financier dans les IMF. En réalité, une telle conclusion serait hâtive dans la mesure où des recherches ultérieures pourront investiguer sur la question, pour révéler une méthodologie plus appropriée dans l'évaluation des services non financiers en rapport avec le paradigme de la création de valeur des PME.

Paragraphe 2 : Vérification des Hypothèses

Après avoir rappelé chacune d'elles, il sera à cette étape question de vérifier si les quatre hypothèses émises sont fondées pour expliquer la création de valeur des PME bénéficiaires de crédit des institutions de microfinance au Bénin.

Hypothèse 1 : Le coût global de financement en vigueur dans les IMF influence la création de valeur dans les PME au Bénin.

La statistique t de student liée à la variable " coût global de financement" confirme que cette dernière est un déterminant de la création de valeur des PME bénéficiaires de microcrédit. L'influence de cette variable est négative sur le taux de création de valeur. Ainsi, un coût global de financement élevé ne favorise pas l'objectif de la création de valeur des PME. Mais ce fait n'est pas d'emblée imputable aux institutions de microfinance. En effet, au-delà du taux d'intérêt en vigueur dans les IMF, il a été retenu dans l'analyse les facteurs porteurs de coût pouvant inhiber la recherche d'un niveau substantiel de valeur nouvellement créée. On en dénombré quatre : les frais de dossier, les frais d'ouverture de compte, les fonds de garantie et surtout les coûts de transactiion. En fin de compte la première variable exogène influence négativement la variable endogène : la première hypothèse s'en trouve ainsi validée.

Hypothèse 2 : La structure financière des PME explique leur niveau de richesse.

Les résultats obtenus à ce niveau démontrent qu'il est plus profitable à la PME d'obtenir des prêts relativement plus consistants pour insuffler une dynamique de création de valeur. En effet, la valeur et le sens pris par la statistique t de student démontrent qu'une part plus consistante du microcrédit dans tout le passif des PME est un moyen de rehausser le niveau de création de valeur. Ainsi la difficulté de la PME à créer de la richesse réside même dans le type de relation qui la lie à son institution de microfinance. Ce fait s'explique bien évidemment par l'approche de financement des IMF qui se focalise vers la mise à disposition de crédit très rationné. In fine, ce trait caractéristique des IMF se répercute sur les PME pour limiter l'atteinte d'un niveau de création de valeur plus satisfaisant. Il s'en déduit donc que la deuxième hypothèse est aussi validée.

Hypothèse 3 : L'asymétrie d'information entre PME et IMF ne favorise pas la Création de richesse.

Cette hypothèse n'est théoriquement pas vérifiée en raison de la valeur prise par le coefficient de student. L'effet de l'asymétrie de l'information sur la création de la valeur n'est pas perceptible en vertu de la couverture du risque à travers les fonds de garantie et l'aval requis. En définitive, la troisième hypothèse est théoriquement invalidée.

Hypothèse 4 : La qualité des services non financiers offerts par les IMF affecte la création de richesse.

Enfin, la dernière conjecture émise sur la qualité des services non financiers comme facteur explicatif de la création de valeur n'est pas vérifiée. En effet, le coefficient associé à cette variable dans l'estimation statistique n'est pas significatif. Bien qu'il semble évident, qu'un bon accompagnement des bénéficiaires de crédit peut être un levier d'accroissement de leur création de valeur, le résultat théorique obtenu à ce niveau ne reflète pas les faits empiriques. Cette situation peut être liée soit à la méthodologie d'appréhension de la qualité des services non financiers des IMF, soit à la subjectivité des notes collectées chez les PME, lors de l'évaluation de cette variable. En conséquence, la dernière hypothèse n'est pas validée.

Section2 : Politique de viabilisation du système de financement décentralisé en faveur des PME au Bénin : Recommandation

A l'étape actuelle, nous avons abouti dans la présente recherche aux items suivants :

- la déficience de création de valeur des PME due au coût prohibitif du financement octroyé par les IMF au Bénin ;

- l'inadéquation entre le crédit et les réalités financières des PME qui par conséquent entraîne un effet de levier financier défavorable à la création de valeur ;

- un déficit de services non financiers des IMF (formation et encadrement des promoteurs, conseil en gestion et suivi des activités financées) mais qui théoriquement ne détermine pas le niveau de création de valeur des PME ;

- la forte aversion des IMF à partager le risque avec les promoteurs des PME ;

- la course effrénée des IMF vers la profitabilité et l'autonomie pour assurer leur objectif de pérennité ;

- l'exercice de la profession de la microfinance par certains promoteurs, en clandestinité.

Sur cette base, il s'impose alors un besoin de recadrage du secteur de la microfinance et de son fonctionnement, mais qui interpelle essentiellement l'Etat, les partenaires au développement du secteur et les institutions elles-mêmes.

Paragraphe1 : Etat et Bailleurs des IMF : un besoin de recadrage

1.1 L'Etat et la régulation institutionnelle du secteur de la microfinance

La nouvelle approche de management proposé pour asseoir un environnement propice à l'émergence des activités de la microfinance, en vue d'une redistribution plus équitable de la richesse générée, tient d'une bonne part à poser les jalons de la bonne gouvernance. Elle passe par une délégation de pouvoir et de responsabilité de l'Etat à des instances officielles spécialisées. En la matière, on pourra distinguer une structure de tutelle des PME, une structure de tutelle des IMF et une structure à caractère économique déléguée à la fiscalité spéciale des PME. Certes, la situation actuelle feint de disposer d'une manière ou d'une autre de pareilles instances, mais la particularité ici repose fort évidemment sur une approche de fonctionnement, nouvelle.

La tutelle administrative des PME

Au delà de l'aspect institutionnel que revêtent certaines structures étatiques telles que le ministère et la direction en charge de la promotion des PME d'une part et le saucissonnage des actions en faveur des PME observé ici et là d'autre part, il devrait être dorénavant question d'une approche pragmatique. Il est donc urgent pour l'Etat de déterminer une place de choix aux PME dans sa politique économique. Pour cela, deux actions s'imposent :

La première consiste à créer un cadre d'échange, de formation, d'encadrement et surtout de conseil en gestion au profit des promoteurs de PME. Mais pour que cette action soit porteuse de succès, il faudra fédérer tous les acteurs du secteur dans un creuset unique en vue de définir un plan d'action stratégique sur une vision consensuelle. L'exécution de ce programme devra être confiée à une agence déléguée spécialisée dans la gestion des PME. L'encadrement des PME éligibles au programme devra insister sur l'aptitude à l'identification des besoins de financement, la gestion des crédits et la rationalisation du processus décisionnel dans l'entreprise de même que la gestion de la dépendance des sources d'approvisionnement, des circuits d'écoulement et des sources de financement en l'occurrence les IMF. Cette agence devra être décentralisée pour permettre à une multitude de PME en déficit de compétence de mener à bien leurs activités. Dès lors, le volet des services non financiers qui incombait aux IMF préoccupées davantage par les services financiers, deviendra essentiellement une prérogative de la structure de tutelle des PME. Ainsi, cette dernière devra s'ériger comme un "couloir de passage" obligé pour toute PME demandeuse potentielle de crédit des IMF.

La seconde action déterminante qui relèvera essentiellement de la politique gouvernementale réside dans la création d'un fonds de garantie des PME. Cette action se justifie par la nécessité de rendre crédibles les PME béninoises dans leurs relations d'affaires. En effet, dans le domaine de financement des activités, l'insuffisance de garantie personnelle des PME empêche celles-ci d'accéder aux services financiers dont ils ont véritablement besoin pour mener des activités génératrices de richesse. De plus le manque de précision dans l'information relative au besoin de financement des PME fait que les IMF redoutent un risque d'aléa moral qui influence l'optimalité des produits financiers offerts aux demandeurs de crédit. En conséquence, l'objectif de création de valeur des PME s'en trouve amputé. Or l'existence d'un fonds de garantie des PME assuré par l'institution la plus crédible qu'est l'Etat, pourrait inciter l'adhésion des investisseurs et des services financiers à soutenir efficacement le secteur de la petite et moyenne entreprise au Bénin.

Ces deux facteurs clés de succès précédemment énumérer, de facto institué par l'Etat pourra recueillir l'adhésion et le soutien des partenaires sociaux. Ainsi, dans un élan de synergie un partenariat entre la tutelle des PME sous l'égide de l'Etat et des partenaires sociaux s'avère indispensable pour soutenir les PME dans l'atteinte de la création de valeur dans l'économie béninoise.

La tutelle administrative des IMF

La régulation du fonctionnement des IMF est la clé de voûte par laquelle l'Etat pourra impulser une dynamique dans le secteur, orientée vers l'objectif de création de valeur. Pour ce faire, trois axes stratégiques pourront y concourir : le renforcement institutionnel - un fonds de soutien et de garantie - le recadrage du concept de microfinance au Bénin.

En premier lieu, autant le dynamisme du secteur de la microfinance incite à une professionnalisation des acteurs, autant il interpelle l'Etat à engager un renforcement institutionnel des structures existantes telles que " la Cellule de la Microfinance" du Ministère du Développement, de l'Economie et des Finances. En effet, l'Etat devra procéder à une délégation de pouvoir à la Cellule, accompagnée de ressources humaines, matérielles et financières adéquates et assortie d'un cahier de charges bien défini. Ainsi, le problème de la clandestinité de certaines IMF pourra être banni par la mise sur pied d'un comité ad hoc d'assainissement du secteur de la microfinance. Il se chargera de procéder à un recensement économique des IMF et de dégager du rang, toute institution exerçant en marge des normes règlementaires en vigueur. De même, il doit être procédé à un toilettage des textes régissant le fonctionnement du système de microfinance ; en l'occurrence l'accord tacite d'exercice de la profession par les IMF ayant sollicité un agrément de l'Etat, mais resté sans suite. Ceci tient au souci du maintien de l'ordre et du caractère officiel de toute exercice de l'activité de microfinance au Bénin. Mais pour inscrire cette action d'assainissement dans le temps, un comité de surveillance devra être créé. Sa mission essentielle est de veiller à la protection du secteur afin de désillusionner tout promoteur d'IMF "marchand d'illusion". Ainsi, il sera mis à leur actif, la mise en place de barrière d'entrée dans le secteur au moyen des exigences d'ordre financier, moral et surtout technique. En outre, partant des faits empiriques dans le domaine, ce comité devra être en mesure de faire des études techniques sur la base desquelles il pourra améliorer de façon heuristique des axes de renforcement institutionnel.

En second lieu, le tutorat doit oeuvrer pour la création de deux fonds pour la microfinance. Le premier sera un fonds de soutien, qui va loger des ressources aussi multiples que variées. En effet, l'Etat doit procéder d'une part à l'assainissement des finances publiques pour renflouer ce fonds à partir des ressources internes générées par les sociétés et régies d'Etat ; d'autre part, l'Etat doit faire l'appoint par la recherche des concours financiers de types dons ou prêts fortement concessionnels des bailleurs étrangers aussi bien bilatéraux que multilatéraux. En dépit de ces efforts, il est évident q'un gap va exister, vu la demande continuelle de financement des PME existantes ou en formation ; d'où l'urgence de la création d'un deuxième fonds. Ce fonds ci sera un fonds de garantie assuré par l'Etat en tant qu'avaliseur de toutes les IMF. Ainsi, ce fonds pourra donner un regain de confiance entre celles-ci et leurs partenaires financiers aussi internes qu'externes en particulier les banques. Dès lors, les IMF pourront accéder à des ressources financières disponibles sur le marché monétaire, mais négociées de façon optimale à insuffler l'atteinte de 3 objectifs concurremment exclusifs :

- permettre à ce que le crédit redistribué aux PME par les IMF soit une source de création de valeur dont dépend la réalisation des 2 objectifs suivants ;

- rembourser le revenu de l'emprunt bancaire à bonne échéance ;

- dégager tout au moins une marge bénéficiaire.

Enfin, s'impose la nécessité du recadrage de la microfinance. Cet axe stratégique devient urgent pour rasseoir la microfinance dans sa conception originelle comme outil stratégique de développement social, oeuvrant pour des buts de mission : la création de valeur et l'émergence économique des PME entre autres. De ce fait la structure de tutelle doit veiller à lutter contre la bancarisation tendancielle des IMF comme il s'en va être le cas dans le contexte économique actuel du Bénin. En claire une barrière étanche doit être de vigueur entre banque, organisme financier motivé par le lucre et IMF outil de développement et levier de lutte contre la pauvreté.

La fiscalité spéciale des PME

Les PME béninoises connaissent une longue phase entrepreneuriale. Elles n'arrivent donc pas toujours à atteindre une masse critique, pour faire face à certaines charges ou prélèvements non directement liés au coeur du métier. Il serait donc impérieux de concéder aux PME une grille spéciale au prélèvement obligatoire, conciliant la notion de contrat et de contrainte. En effet, il sera question d'arbitrage d'une part, entre la finalité de création de valeur indispensable à la relance économique et d'autre part, la finalité de l'Etat en matière fiscale ou financière (ressource de la puissance publique) et de régulation économique. Ainsi, la nouvelle approche de prélèvement obligatoire, appropriée à l'éclosion de la valeur des PME, devra suivre une ligne graduelle en fonction de la croissance des PME. Pour ce faire, il faudra alors institutionnaliser un impôt global progressif spécifique aux PME.

Au demeurant, il revient aux compétences techniques et instances décisionnelles de s'approprier cette nouvelle démarche, afin d'aboutir à son application réelle dans la fiscalisation des PME.

1.2 Les partenaires au développement du secteur de la microfinance

Face à la profondeur du besoin de financement des PME dans l'économie, l'Etat devra outre le financement de souveraineté affecté aux PME et les financements sur fonds propres des IMF, solliciter des concours financiers d'appoint des partenaires au développement. Ceux-ci devront donc conférer de plus en plus une place de choix au secteur de la microfinance ; secteur potentiel de lutte contre la pauvreté et pour le développement. Bien évidemment cette lutte passe, entre autre par la recherche de la création de valeur des pôles d'activités économiques dont les PME. Pour se faire, on devra distinguer deux types de partenaires aux approches de fonctionnement différent.

Les partenaires sociaux

L'aide publique au développement orientée vers le secteur de la microfinance peut être un facteur de croissance économique. La microfinance étant elle-même un levier stratégique de création de richesse nationale. Mais pour y parvenir, un cadre de concertation Etat - Bailleurs - IMF devra définir une vision stratégique focalisée sur l'objectif final, de la création de valeur et de l'émergence économique des PME. Ainsi, pour réfréner la propension des IMF à rechercher une forte profitabilité préjudiciable à la viabilité des PME, des ratios infranchissables (ratios de convergence des IMF au Bénin) devront être définis avec des compétences en la matière. Dorénavant, tout programme d'appui financier des partenaires sociaux en faveur des IMF devra être conduit sous cette bannière. En contrepartie, les partenaires sociaux devront offrir et densifier des concours financiers hautement concessionnels voire des dons et alléger la consommation des ressources. Quant à l'Etat, il devra garantir la saine application de la nouvelle vision par la structure de tutelle des IMF. Dès lors, il devra être procédé à des audits périodiques de l'appropriation du nouveau cadre de fonctionnement des IMF afin d'inscrire la vision dans le temps.

les partenaires financiers

Avec le recadrage de la microfinance tel que envisagé, il paraît évident que le recours au refinancement des IMF par les banques et autres établissements de crédits soit la dernière alternative. En effet, l'objet du fonctionnement des banques ne rime pas toujours avec les activités moins marchandes qui fondent l'engagement des institutions de développement telle la microfinance. De ce fait, les IMF se doivent d'être de plus en plus autonomes vis-à-vis des banques afin que les conditionnalités ne se répercutent, in fine sur le coût des microcrédits. Toutefois si le recours au refinancement bancaire s'avère inévitable, il doit être alors négocié à des conditions plus sociales, pour préserver l'objectif de création de valeur des bénéficiaires en dernier ressort.

Paragraphe 2 : Stratégie de viabilité et de création de valeur du système de financement décentralisé au Bénin

1.1 Stratégie inspirée de la théorie des parties prenantes et des conventions

Après un bref rappel de la théorie des parties prenantes et des conventions, nous identifierons les parties prenantes et rendrons compte de leur fonctionnement respectif avant d'aboutir au modèle sous jacent à la nouvelle stratégie du système de financement décentralisé.

1.1.1 Rappel sur la théorie des parties prenantes et la théorie des conventions

La théorie des parties prenantes met en exergue les relations créées entre parties prenantes pour faire ressortir comment des intérêts singuliers de celles-ci convergent en partie autour d'un projet ou d'une entreprise économique. En cela, sa mise en application est sous tendue par un engagement philosophique de la nouvelle organisation. Mais pour décrire le référentiel commun aux parties prenantes et modéliser le système d'information pour la conduite à tenir, il est fait appel à la théorie des conventions. En effet, elle met l'accent sur le lien entre l'individu et le collectif d'acteurs. Ce lien repose sur quelque chose autour duquel les différentes parties prenantes doivent bien s'accorder ; la convention naît dès lors que l'accord prend forme. Pour y arriver, il faudra que des entités autonomes se transforment en parties prenantes en adhérant à la nouvelle proposition d'affaires. Celle-ci s'érige alors en un registre conventionnel qui se matérialise par un ensemble de mécanismes indispensables à une bonne coordination, voire une coordination non marchande, et au maintien d'un lien social. La convention repose donc sur l'adhésion à des conditions fixées de conformité et de croyanes régies par une base de connaissances communes quant aux comportements des autres.

1.1.2 Fonctionnement des parties prenantes et stratégie d'actions

La nouvelle stratégie d'actions est focalisée sur la création de valeur et l'émergence économique des PME au Bénin. Ainsi, sept entités autonomes ont été identifiées et devront être conviées pour être transformées en parties prenantes. Au niveau de l'Etat, on distingue : la tutelle des PME, la tutelle des IMF et l'entité déléguée à la fiscalité spéciale des PME. Quant aux partenaires on devra les distinguer en partenaires sociaux et financiers puis enfin dans l'environnement économique, les SFD et les PME. Ainsi, les traits distinctifs qui confèrent à chacune des entités la place de partie prenante sont de quatre ordres. Il s'agit des intérêts singuliers, la relation, la responsabilité, le pouvoir.

Tutelle des PME

Cette entité sera en relation d'encadrement et de suivi des PME. Elle devra assurer la formation de leurs promoteurs à une bonne capacité de gestion. Son pouvoir tient essentiellement au budget alloué par l'Etat et les partenaires pour son fonctionnement.

Tutelle des IMF

Le but particulier de cette tutelle sera de rendre sain et de mieux réguler le système de financement décentralisé au Bénin. Elle sera donc en relation autoritaire vis-à-vis des IMF mais aussi de recueillir leurs doléances auprès de l'Etat. A ce titre, elle devra assurer le respect de la réglementation en vigueur et le bon fonctionnement des IMF. Son pouvoir réside dans l'allocation d'un budget autonome assuré par l'Etat.

Entité déléguée à la fiscalité des PME

La responsabilité qu'incombe à cette entité est la réduction du prélèvement obligatoire opéré par le pouvoir public sur les PME. Pour son fonctionnement, elle devra donc être en relation avec la tutelle des PME et les PME elles-mêmes. Son intérêt réside dans la participation de plus en plus nombreuse des PME à l'impôt sur la base de la fiscalisation spéciale et à sa perception effective.

Partenaires sociaux

L'intérêt des partenaires sociaux est la réussite des programmes d'aide administrés et la résorption de la pauvreté consécutive à une émergence des bénéficiaires de crédit. Ces partenaires seront donc liés entre autres aux IMF de leurs programmes par une relation de refinancement. Il leur incombe donc la responsabilité d'assurer aux IMF des ressources propices à la création de valeur.

Partenaires financiers

Dans leur relation de refinancement avec les IMF, elles devront offrir des financements permettant d'assurer le gain des IMF, des PME bénéficiaires et leur propre gain. Mais avant ils devront être rassurés de la rémunération des emprunts accordés aux IMF et à leur remboursement à bonne échéance.

Les services financiers décentralisés

Comptant sur leur pouvoir financier sur les PME, les IMF sont mues en particulier par le souci de la pérennité et de la viabilité. Certes, avec la novelle vision ces intérêts seront maintenus mais la profitabilité n'atteindrait plus des proportions aussi faramineuses qui hypothéquaient la création de valeur des PME. Ainsi, dans leur relation de financement des PME, il leur incombe d'oeuvrer dans le sens favorable à la viabilité de celles-ci.

Les petites et moyennes entreprises

L'intérêt singulier à la PME, mais bénéfique pour toute l'économie béninoise est bel et bien la création de valeur et l'émergence économique. Elles sont en relation de clientèle avec les IMF. A ce titre, leur responsabilité est d'assurer obligatoirement le remboursement des crédits, tout en assurant leur propre viabilité. Mais les PME devront être désormais comptées comme des partenaires à part entière, car leur pouvoir est fondé sur leur indispensabilité à permettre toute activité d'institutions financière et d'assurer la croissance économique.

Le tableau 13 donne une lecture du fonctionnement de la stratégie de viabilité et de création de valeur du système de financement décentralisé.

Tableau 15 : Fonctionnement des parties prenantes dans la stratégie de création de valeur

Entités à transformer en Partie prenante

Intérêt singulier

Relation

Responsabilité

Pouvoir

Tutelle des PME

Accroissement du nombre de PME capable de mieux gérer

Encadrement et suivi des PME

Assurer la formation des promoteurs de PME.

Budget alloué par l'Etat et éventuellement les partenaires sociaux

Tutelle des IMF

Rendre sain le marché des IMF et avoir un SFD mieux régulé

Relation autoritaire pour discipline et doléances des IMF

Assurer le bon fonctionnement des SFD dans le respect des règlements en vigueur.

Budget alloué par l'Etat et éventuellement les partenaires sociaux

Entité déléguée à la fiscalisation des PME

Augmenter la contribution du nombre de PME à l'impôt

Relation avec la tutelle des PME et les PME

Réduire puis procéder à un prélèvement progressif obligatoire des PME.

Puissance publique

Partenaires sociaux

La réussite des programmes d'aide au développement, lutter contre la pauvreté pour assurer l'émergence des PME

Refinancement des IMF

Assurer des ressources hautement concessionnelles propices à la création de valeur.

Financier sur les IMF

Partenaires financiers

Perception d'intérêt et remboursement des emprunts des IMF

Refinancement des IMF

Offrir des financements permettant d'assurer les gains des parties.

Financier sur les IMF

Services Financiers Décentralisés (IMF)

Pérennité et viabilité sur la base d'une profitabilité raisonnable aux parties prenantes

Financement des PME

Assurer la viabilité des PME.

Financier sur les PME

PME

Création de la valeur et émergence économique

Clientèle vis-à-vis des IMF

Assurer le remboursement des crédits et sa propre viabilité.

Indispensabilité à toute activité financière et la croissance économique

Source: Réalisé par nos soins

En fin de compte, le modèle se fonde sur une conception partenariale. Mais il faudra qu'un instigateur parmi les différentes entités identifiées, s'approprie la stratégie et exerce un pouvoir de conviction appuyé sur une forte capacité de négociation pour recueillir l'adhésion des autres. Ainsi pourra naître les parties prenantes. Dès lors, chacune d'elles devra se doter de ressources humaines capables d'interagir à la fois sur toutes les autres parties prenantes. En effet, l'adoption de la stratégie laisse échoir une structure réticulaire, à l'instar des entreprises réseaux de la nouvelle économie. Cela pose bien évidemment le problème de compétence, car si l'un des parties prenantes n'est pas satisfait, la structure "réseau" court le risque d'un dégringolement. C'est donc à ce niveau que se fera appel à la théorie des conventions pour asseoir un registre, une sorte de miroir qui discipline les comportements des parties prenantes afin d'assurer la continuité de la structure réticulaire. A cet effet, le schéma révèle le modèle d'organisation qui s'en déduit pour appréhender le fonctionnement du réseau de financement décentralisé assurant les intérêts particuliers des parties prenantes et l'intérêt général de la création de valeur et de l'émergence économique des PME.

Services Financiers Décentralisés

PME

PME

PME

PME

PME

PME

... ... ...

Partenaires

Partenaires Sociaux

Partenaires Financiers

ETAT

Tutelle PME

Fiscalité

Tutelle des IMF

Schéma: Modèle de pilotage des parties prenantes dans la création de valeur et l'émergence

économique des PME

Source: Modèle proposé par nos soins

Au demeurant, l'adoption d'un tel modèle posera bien évidemment le problème de gouvernance. Il faudra donc s'en prémunir efficacement pour capitaliser tous les gains de la réorganisation du système de financement décentralisé proposé.

1.2 Stratégie inspirée de la "Governance Corporate"

En dépit de la garantie de l'intérêt singulier des parties prenantes, on peut se demander à qui revient le profit suprême étant donné que ce dernier n'est point formé pas l'action isolée du plus grand bénéficiaire. Se pose alors la problématique de la redistribution des richesses créées par l'action combinée d'au moins sept parties prenantes. Toutefois il semble plus adéquat de circonscrire la question plus exactement dans la relation entre toute IMF et l'ensemble du réseau de PME développé autour de son fonctionnement.

Ainsi, les IMF doivent se préparer à voir que des mécanismes économiques les porteront à une option dans laquelle, les PME répondant à des critères dûment définis pourront se constituer dans chaque IMF en un syndicat économique. En réalité, ces syndicats vont s'ériger en association oeuvrant par un système d'arbitrage entre les PME et leur IMF d'appartenance. Le point nodal de l'application de corporate governance, va résider dans la prise de participation de ces syndicats dans le capital de leurs IMF, au nom de toutes les PME de l'institution. Cette stratégie contribuera à fléchir les comportements opportunistes des uns ou des autres vers des comportements bénéfiques à toutes les parties. Ainsi, le sentiment d'appartenance des promoteurs de PME au capital des IMF contribuerait à une réduction substantielle des risques de hasard moral et permettrait en conséquence aux IMF de se hisser à des taux de remboursement très acceptables.

CONCLUSION

Ce mémoire a cherché à mettre à l'épreuve des faits, la microfinance pour laquelle il est fait unanimité sur son rôle d'outil de développement. En tant que telle, elle devrait être interrogée sur des bases scientifiques rigoureuses, qui pourront attester que les finalités qui lui sont dévolues sont maintenues dans le temps. C'est dans cette perspective que s'est inscrite la présente recherche, fondée sur le paradigme de la création de valeur, pour évaluer l'impact du micro financement des PME. Pour ce faire, il a fallu analyser puis mesurer la création de richesses des PME bénéficiaires de microcrédits, en y appliquant le modèle EVA (Economic value Added) de façon contingente. C'est donc, par une approche constructiviste que la méthodologie conçue a permis de dégager, sur les 156 PME de l'échantillon, 36 créant de nouvelles richesses dans un intervalle de 0,0871% à 1,9599% des capitaux investis en amont. Sur cette base, il s'en déduit que, la microfinance dans son contexte actuel au Bénin éprouve un besoin de recadrage, pour son repositionnement dans son rôle d'outil de développement. Les premières pistes dégagées à cet effet, sont les facteurs qui influent sur le renchérissement des coûts de financement ; l'adéquation entre le crédit et le passif des PME et enfin l'amélioration des services non financiers d'accompagnement. Mais pour inscrire dans le temps, la microfinance comme un outil opérationnel de développement, nous avons proposé une stratégie axée sur l'analyse de système dynamique. Dès lors, la réalité socio-économique du secteur sera appréhendée comme un tout intégré, dans lequel on ne saurait isoler arbitrairement certains centres de décisions ou certaines variables. Ainsi, toutes les parties prenantes pourront mieux saisir les opportunités économiques orientées vers la création de richesses bénéfiques au développement national.

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Année

PAPME

PADME

VITAL Finance

2 003

15 134 430 677

14 138 133 012

3 278 071 000

2 004

18 704 489 150

21 545 078 035

4 117 214 653

2 005

22 442 601 167

22 759 820 885

4 517 726 675

Encours moyen

18 760 506 998

19 481 010 644

3 971 004 109

Encours moyen Global

42 212 521 751

Clé de répartition

0,44

0,46

0,09

Echantillon de PME

156

Nombre de PME choisies

69

72

15

ANNEXES

Annexe n°1 : Processus de choix des PME de l'échantillon

Annexe n°2a : Guide d'entretien avec les IMF FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

(FASEG)

Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)

Sciences de Gestion

Thème :

« Analyse et Mesure de la création de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin :

une approche constructiviste du modèle théorique EVA (Economic Value Added) sur données de panel »

GUIDE D'ENTRETIEN AVEC LES IMF

N°............

Personne interviewée : ------------------------------------------------------------------------------------

Dans le cadre de la rédaction d'un mémoire de recherche pour l'obtention du DEA de GESTION en Finance et Contrôle de Gestion portant sur le thème intitulé : « Mesure de la création de la richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin : une approche constructiviste sur le modèle EVA (Economic Value Added) », nous voudrions solliciter votre collaboration pour la collecte d'information. A cet effet, le protocole d'entretien ainsi qu'il suit vous est proposé :

1. Identification de l'Institution de Micro Finance (IMF)

§ Forme juridique

§ Nature des activités

§ Approche de fonctionnement

§ Configuration organisationnelle

2. Création de valeur

§ Quelle est la finalité majeure qui motive l'offre de financement aux PME ?

§ Comment jugez vous, au terme d'un programme de crédit pour une PME qu'elle a crée (ou non) de la valeur ?

§ Qu'en est-il de la Gestion de l'asymétrie information entre vous et vos PME ?

Annexe n°2b : Guide d'entretien avec les PMEFACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

(FASEG)

Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)

Sciences de Gestion

Thème :

« Analyse et Mesure de la création de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin :

une approche constructiviste du modèle théorique EVA (Economic Value Added) sur données de panel »

GUIDE D'ENTRETIEN AVEC LES PME

N°............

Personne interviewée : ------------------------------------------------------------------------------------ Dans le cadre de la rédaction d'un mémoire de recherche pour l'obtention du DEA de GESTION en Finance et Contrôle de Gestion portant sur le thème intitulé : « Mesure de la création de la richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin : une approche constructiviste sur le modèle EVA (Economic Value Added) », nous voudrions solliciter votre collaboration pour la collecte d'information. A cet effet, le protocole d'entretien ainsi qu'il suit vous est proposé :

1. Identification de la PME

§ Raison Sociale

§ Secteur d'activité

§ Statut juridique

§ Système de comptabilité

§ Configuration organisationnelle

2. Facteurs de Contingence

§ Taille de votre PME : Effectif, Capital social

3. Création de valeur

§ Quelle est la finalité majeure qui motive le pilotage de toutes les activités de votre PME ?

§ Quelle compréhension avez-vous de la Création de Valeur ?

§ Comment jugez vous, au terme d'un exercice, que votre PME a crée de la valeur (richesse) ?

4. Recours au financement offert par les IMF

§ Quelle est votre opinion sur le coût de financement de votre IMF ?

§ Vous arrive-t-il de rendre opaque l'information qui caractérise réellement votre PME dans le but d'obtenir nécessairement le crédit de votre IMF ?

Annexe n°3a : Questionnaire d'enquête auprès des IMF

 FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

(FASEG)

Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)

Sciences de Gestion

Thème :

« Analyse et Mesure de la création de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin :

une approche constructiviste du modèle théorique EVA (Economic Value Added) sur données de panel »

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE AUPRES DES IMF

N°............

Personne interviewée : ------------------------------------------------------------------------------------

Dans le cadre de la rédaction d'un mémoire de recherche pour l'obtention du DEA de GESTION en Finance et Contrôle de Gestion portant sur le thème intitulé : « Mesure de la création de la richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin : une approche constructiviste sur le modèle EVA (Economic Value Added) », nous voudrions solliciter votre collaboration pour la collecte d'information. A cet effet, le protocole d'entretien ainsi qu'il suit vous est proposé :

QUALITE DES SERVICES NON FINANCIERS

I. EVALUATION DU MONTANT DU BUDGET AFFECTE AUX SERVICES NON FINANCIERS DES IMF.

1. Existe-il une ligne de budget affecté aux services non financiers pour accompagner vos bénéficiaires de crédit ?

Oui Non

2. Si Oui, Quel est donc le montant que vous affecté à cette ligne budgétairechaque année ? :

2001 ________________

2002 ________________

2003 ________________

2004 ________________

2005 ________________

3. Quel est l'effectif total de votre clientèle ?

2001 ________________

2002 ________________

2003 ________________

2004 ________________

2005 ________________

1. IDENTIFICATION ET IMPORTANCE DES SERVICES FINANCIERS DANS UNE IMF

Nous avons identifié pêle-mêle 5 principales activités ou paramètres dont doit s'occuper un service non financier dans une IMF pour accompagner les bénéficiaires des crédits afin que ceux-ci puissent tirer un profit majeur dans l'utilisation de ces crédits. A cet effet, il vous est demander d'attribuer une note d'importance (c'est-à-dire la note que vous donnerez traduira la priorité que vous accordez à ces activités ou paramètres dans une IMF) à chacune de ces 5 activités ou paramètres. Ces notes varient de 1 à 10. Voici les 5 activités ou paramètres avec la case dans laquelle vous écrierez votre note d'importance :

a. Existence d'une ligne de budget affecté aux

Services non financiers. sur 10

b. Encadrement et suivi des activités financées sur 10

c. Rencontres d'échanges d'expériences sur 10

d. Formation de base à l'endroit des PME/PMI

au démarrage d'un programme de crédit sur 10

e. Renforcement de capacité du

Personnel chargé des crédits sur 10

Annexe n°3b : Questionnaire d'enquête auprès des PME FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

(FASEG)

Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA)

Sciences de Gestion

Thème :

« Analyse et Mesure de la création de richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin :

une approche constructiviste du modèle théorique EVA (Economic Value Added) sur données de panel »

QUESTIONNAIRE D'ENQUETE AUPRES DES PME

N°............

Personne interviewée : ------------------------------------------------------------------------------------

Dans le cadre de la rédaction d'un mémoire de recherche pour l'obtention du DEA de GESTION en Finance et Contrôle de Gestion portant sur le thème intitulé : « Mesure de la création de la richesse des PME bénéficiaires des services financiers décentralisés au Bénin : une approche constructiviste sur le modèle EVA (Economic Value Added) », nous voudrions solliciter votre collaboration pour la collecte d'information. A cet effet, le protocole d'entretien ainsi qu'il suit vous est proposé :

I. ANALYSE DE LA SATISFACTION

1. Compte tenu des expériences vécues avec votre IMF, concernant particulièrement les crédits que vous obtenez, nous vous prions de formuler vos critiques à propos.

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2. En recourant aux services financiers (crédits) des IMF, c'est probablement pour combler des attentes données dans le fonctionnement de votre entreprise. Ainsi trois situations sont possibles : les performances du recours au crédit (depuis la demande du crédit, son obtention jusqu'aux remboursements) sont soit en deçà de vos attentes, soit au niveau de vos attentes, soit encore au-delà de vos attentes.

Selon le cas qui correspond à votre situation vous voudriez cocher une des trois cases suivantes :

Les performances du recours au crédit sont :

a) en deçà de vos attentes 

b) au niveau de vos attentes 

c) en delà de vos attentes 

3. Compte tenu des expériences vécues avec votre IMF, concernant particulièrement les crédits que vous obtenez, nous vous prions de formuler des suggestions à propos.

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II. QUALITE DES SERVICES NON FINANCIERS

1. IDENTIFICATION ET IMPORTANCE DES SERVICES DE FINANCIERS DANS UNE IMF

Nous avons identifié pêle-mêle 5 principales activités ou paramètres dont doit s'occuper un service non financier dans une IMF pour accompagner les bénéficiaires des crédits afin que ceux-ci puissent tirer un profit majeur dans l'utilisation de ces crédits. A cet effet, il vous est demander d'attribuer une note d'importance (c'est-à-dire la note que vous donnerez traduira la priorité que vous accordez à ces activités ou paramètres dans une IMF) à chacune de ces 5 activités ou paramètres. Ces notes varient de 1 à 10. Voici les 5 activités ou paramètres avec la case dans laquelle vous écrierez votre note d'importance :

f. Existence d'une ligne de budget affecté aux

Services non financiers. sur 10

g. Encadrement et suivi des activités financées sur 10

h. Rencontres d'échanges d'expériences sur 10

i. Formation de base à l'endroit des PME/PMI

au démarrage d'un programme de crédit sur 10

j. Renforcement de capacité à l'endroit du

Personnel chargé des crédits sur 10

2. EVALUATION DE VOTRE IMF

A cette étape, vous voudriez bien juger votre IMF en lui attribuant une note de performance sur les 5 activités ou paramètres. Veuillez ne pas confondre cette étape ci à la précédente où il était simplement question de priorité d'existence de ces activités ou paramètres dans toute IMF. Ici il s'agit de noter votre IMF sur ses efforts dans le fonctionnement de ces activités. La note varie également de 1 à 10.

a. Voici le montant annuel par client que votre IMF

affecte au Services non financiers : M. CFA/Client sur 10

b. Encadrement et suivi des activités financées sur 10

c. Rencontres d'échanges d'expériences sur 10

d. Formation de base à l'endroit des PME/PMI

au démarrage d'un programme de crédit sur 10

e. Renforcement de capacité du

personnel chargé des crédits sur 10

Note sur l'importance

des services

non financiers

Services non financiers

Note d'évaluation des Institutions de Micro finance

IMF3

IMF 2

IMF 1

2003

2004

2005

2003

2004

2005

2003

2004

2005

9

Ligne de budget alloué

4

3

2

4

3

3

3

3

2

7

Encadrement et suivi des activités financées

6

5

3

5

5

4

4

3

2

5

Rencontres d'échanges d'expériences

5

4

3

6

5

4

3

3

3

6

Formation de base à l'endroit des PME au démarrage d'un programme de crédit

6

5

5

6

4

4

4

3

2

8

Renforcement de capacité à l'endroit du personnel chargé de crédit

7

7

6

6

5

4

6

5

2

Total = 35

Performance globale

195

168

132

185

151

131

142

121

75

Performance globale moyenne

5,5714

4,8

3,7714

5,2857

4,3143

3,7429

4,06

3,457

2,143

 

PME

70

72

14

PME créant de la valeur

17

16

3

Annexe 4 : Qualité des services non financiers

Annexe 5 : Les déterminants de la valeur délivrée au client

Valeur délivrée au client

Valeur Globale

Valeur du produit

Valeur du service

Valeur du personnel

Valeur d'image

Coût total

Coût en argent

Coût en argent

Coût psychologique

Coût en énergie (effort)

Source : Extrait de Kotler et Dubois

* 1 Les promoteurs et l'ensemble des acteurs de l'économie sociale

* 2 Buts qui se réfèrent aux problèmes internes des IMF : croissance, pérennité, rentabilité,...etc.

* 3 Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP)

* 4 Cité par (Albouy, M. 2006)

* 5 Cité par (Cappelletti et Khouara, 2006)

* 6 Support de formaion aux agents des IMF sur la thématique : Taux d'intérêt permettant la pérennité des IMF.

* 7 Cité par (Denglos, 2003)

* 8 Voir le modèle en annexe 5

* 9 Cité par (Wtterwulghe, 1998, p.18)

* 10 Cité par (Wtterwulghe, 1998, p.18)

* 11 Cité par (Wtterwulghe, 1998, p.18)

* 12 Cités par DID : les oratiques de microcrédit dans les pays en développement, 1996, in Géro Amoussouga (2003)

* 13 Cités par DID : les oratiques de microcrédit dans les pays en développement, 1996, in Géro Amoussouga (2003)

* 14 Cellule de la microfinance du MDEF

* 15 Support de formation aux agents des IMF sur la thématique : Taux d'intérêt permettant la pérennité des IMF

* 16 autres = Frais de dossiers et d'ouverture de compte, fonds de garantie et côuts de transactions

* 17 Charte nationale des PME et PMI en République du Bénin (2005)

* 18 Bilan et perspectives à court et moyen termes de la microfinance au Bénin

* 19 Ensemble des techniciens ou analystes ayant pouvoir de décisions au sein des organisations (IMF)

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