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Contrôle de qualité des moustiquaires impregnées commercialisées ou distribuées au Bénin

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par G. Roseric AZONDEKON
Université d'Abomey Calavi - Diplôme d'Ingénieur des Travaux 2007
  

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Résumé

Une étude récente réalisée au Centre de Recherche Entomologique de Cotonou a montré que des Moustiquaires Imprégnées (MI) enlevées de leur emballage et immédiatement testées avec des souches sensibles d'Anopheles gambiae n'ont induit qu'un faible taux de mortalité contrairement au taux attendu de 100%. Il est donc possible que toutes les moustiquaires distribuées ou commercialisées au Bénin ne respectent pas les normes de l'OMS. Cette hypothèse a canalisée cette recherche dont le but était d'évaluer la qualité et la durabilité des moustiquaires utilisées au Bénin dans le cadre de la lutte contre les maladies tropicales.

Au cours de cette étude, quatre vingt échantillons de moustiquaires imprégnées neuves provenant de diverses localités du Bénin ont subi différents tests entomologiques (test en cône et test en tunnel) et physiques de durabilité (résistance au déchirement et à l'éclatement, rétrécissement), ceci dans l'ultime but de contrôler leur qualité. Parallèlement à cette évaluation, 84 moustiquaires Olyset® neuves ont été soumises à des pratiques de lavage communautaires puis testées entomologiquement et physiquement pour leur efficacité et leur durabilité suite aux pressions de lavages communautaires.

Les résultats des tests de contrôle de qualité montrent que la majorité des moustiquaires échantillonnées ne respectent pas les normes d'efficacité et de durabilité fixées par l'OMS. Pour ce qui est des moustiquaires Olyset®, les résultats obtenus révèlent une baisse d'efficacité après une série de cinq lavages. Concernant la durabilité des Olyset®, il importe de mentionner qu'aucune pratique de lavage communautaire n'a pu avoir un effet prononcé sur l'altération des fibres. Toutefois, la grande taille des mailles des moustiquaires Olyset® semble limiter leur efficacité en zone de résistance.

Mots clés : Contrôle de qualité - Olyset® - Efficacité - Durabilité - Pratiques communautaires

Abstract

A recent study conducted in the Centre for Research on Entomology of Cotonou (CREC) showed that Insecticide Impregnated Nets (IINs) newly removed from packets and submitted to entomological tests of efficacy with susceptible strain of Anopheles (Anopheles gambiae Kisumu) yielded very low mortality rates, rather that the expected 100% mortality. It is therefore possible that all the IINs sold in Benin do not meet the WHO standards of efficacy and durability. This hypothesis guided this study which focussed on the quality assessment of the efficacy and the durability and the IINs used in Benin against vector borne diseases.

During this study, 80 new IINs collected in the various localities of Benin were subjected to different entomological tests of efficacy (cone test, tunnel test) and durability (tearing test, bursting tests, and shrinking tests). In addition to this quality control analysis, a set of 84 new Olyset® were subjected to the different washing practices observed in the various communities of Benin and tested for their efficacy and their durability following series of washing practices.

Results generated from this study showed that most tested IINs do not meet quality standards established by WHO. As for the assessment of the efficacy and the durability of the Olyset® when subjected to field washing practices, data revealed a significant drop (Pv<0,05) in the efficacy of this net after a series of 5 washes. As for its durability/ longevity, it is worth mentioning that no washing practice was able to produce a visible alteration of this net. However, the large mesh size of Olyset® seems to limit its efficacy in areas of insecticide resistance since mosquitoes could easily get into the net.

Key words: Quality Control - Olyset® - Efficacy - Durability - Community washing

Sommaire

 

Pages

Introduction

..1

Première partie : Généralités

6

Deuxième partie : Zone, cadre, matériels et méthodes d'étude

..35

Troisième partie : Résultats et commentaires

.45

Discussion

65

Conclusion et suggestions

..68

Bibliographie

..71

INTRODUCTION

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

QYIItr%1MOti%II

Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique. Deux milliards d'individus, soit 40% de la population mondiale sont exposés à cette maladie et on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année [11, 25, 26]. 1,5 à 2,7 millions de personnes en succombent chaque année dont 90% sont des enfants vivant en Afrique où le paludisme est l'une des principales causes de mortalité infantile [11, 31]. Le paludisme est la plus importante affection parasitaire dans le monde et constitue un véritable frein au développement socio-économique et à la réduction de la pauvreté en Afrique. Au Bénin, le paludisme représente 30% des motifs de consultation dans les formations sanitaires et son incidence a atteint 41,8% en 2004 [25].

Malgré les progrès enregistrés dans le cadre de la lutte contre le paludisme, son incidence au Bénin demeure toujours élevée. Le 30 Octobre 1998, l'OMS, le PNUD, l'UNICEF et la Banque Mondiale ont lancé le Programme « Faire Reculer le Paludisme » (FRP) qui s'est fixé comme but de lutter contre le paludisme en Afrique. L'objectif de ce programme est de réduire la mortalité liée au paludisme de 50% en 2010, de 30% en 2015 et de 20% en 2025. Ainsi, en l'an 2030, le paludisme devra cesser d'être une cause majeure de morbidité, de mortalité et de pertes socio-économiques [26, 34].

Le Bénin, comme plusieurs autres pays africains, a adhéré à ce programme. En Avril 2000, le sommet des chefs d'Etat africains réunis à Abuja, au Nigeria, a renforcé l'engagement et la volonté politique des chefs d'Etat et a fixé les objectifs suivants :

- l'accès aux mesures préventives pour au moins 60% des enfants de

moins de 5 ans et les femmes enceintes ;

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- l'accès à un traitement approprié dans les 24 heures pour au moins

60% des enfants atteints [36].

Afin d'atteindre ces différents objectifs, des stratégies de lutte contre le paludisme ont été élaborées. Ces stratégies sont basées, entre autres, sur des mesures préventives axées sur la chimioprophylaxie, la lutte antivectorielle et les mesures curatives reposant sur la prise en charge rapide et correcte des cas cliniques. Concernant les mesures préventives, l'OMS accorde une place importante à la lutte antivectorielle et particulièrement aux méthodes de protection individuelles et collectives notamment l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticides [8].

Autrefois, la lutte antivectorielle était plus axée sur les pulvérisations intradomiciliaires, cette stratégie semblait lourde et très coûteuse aux programmes nationaux. Les moustiquaires imprégnées se sont donc rapidement imposées comme une solution pour réduire l'incidence du paludisme [8, 23]. Leur efficacité a été démontrée dans plusieurs travaux [42]. Au Bénin, pour faciliter l'accessibilité de cet outil à toutes les communautés, plusieurs stratégies de distribution et de cession ont été élaborées :

- la distribution ciblée des moustiquaires imprégnées ;

- l'installation des tontines moustiquaires dans les maternités ;

- l'imprégnation gratuite ;

- l'initiative intégrée pour accroître l'utilisation des moustiquaires

imprégnées ;

- la gestion à base communautaire des Moustiquaires Imprégnées (MI).

Malgré l'efficacité de cette méthode de lutte, deux handicaps majeurs se présentent aujourd'hui : l'apparition de la résistance des vecteurs aux insecticides [20] et le faible taux de réimprégnation.

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En plus de ces deux facteurs, un problème non moins important se pose. En effet, certains utilisateurs se plaignent de la qualité physique des MI et de leur faible létalité sur certaines populations de moustiques. Il est donc possible que toutes les MI ne respectent pas les normes fixées par l'OMS [41].

C'est pour ces raisons que la présente étude a ciblé l'évaluation de la qualité des MI distribuées et commercialisées au Bénin. De plus, cette étude a mis un accent particulier sur les MI en utilisation dans les communautés, ceci dans l'ultime but de suivre leur efficacité et leur durabilité quand elles sont soumises à différentes pratiques communautaires de lavage.

Une telle étude est nécessaire car le développement de la résistance aux insecticides, associée à une mauvaise qualité des MI constituera inéluctablement un frein au contrôle du paludisme au Bénin.

OBJECTIFS

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Objectif général :

Etudier l'efficacité et la durabilité des Moustiquaires Imprégnées (MI) utilisées au Bénin.

Objectifs spécifiques :

1- Evaluer la qualité (efficacité et durabilité) des Moustiquaires Imprégnées en instance de distribution ou de vente au Bénin et qui n'ont jamais été utilisées.

2- Suivre l'efficacité des Moustiquaires Imprégnées en utilisation (efficacité et durabilité en fonction du lavage).

GÉNÉRALITÉS

Première Partie :

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cJénéralités

1. Epidémiologie

1.1. Définition du paludisme

Le paludisme est une maladie parasitaire endémo-épidémique à manifestation infectieuse transmise à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle du genre Anopheles, elle-même infectée après avoir piqué un homme impaludé. En effet, la femelle, en prenant son repas de sang, ingère un hématozoaire du genre Plasmodium qui est responsable de la maladie.

La transmission du paludisme se fait la plupart du temps d'un individu à un autre par la piqûre des moustiques femelles du genre Anopheles. La transmission se fait aussi par transfusion sanguine d'une personne infectée vers une personne saine. Le paludisme peut être également congénital par la transmission verticale ou transmission mère - enfant [22, 32].

1.2. Répartition géographique de l'agent pathogène

Quatre espèces de Plasmodium sont susceptibles d'infester l'homme :

- Plasmodium falciparum ; le plus redoutable, responsable de la fièvre tierce maligne est répandu en zone tropicale et surtout en Afrique intertropicale. Il est responsable de 80 à 100% des accès pernicieux. Au Bénin, il est l'espèce la plus rencontrée.

- Plasmodium malariae est l'agent de la fièvre quarte. Il est présent

aussi bien en zone tempérée qu'en zone tropicale. Il est rare au Bénin mais présent en Afrique du Nord et du Sud.

- Plasmodium vivax est responsable de la fièvre tierce bénigne ; il se

rencontre un peu partout. Il est par contre rare en Afrique de l'Ouest et centrale où sa transmission est limitée par une résistance génétiquement déterminée chez les africains du groupe Duffy.

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- Plasmodium ovale, très proche de Plasmodium vivax, est responsable

de la fièvre tierce bénigne. Il est fréquent en Afrique intertropicale [4, 17, 22].

1.3. Cycle évolutif des Plasmodia

Au cours de leur cycle biologique, les Plasmodia changent constamment de taille et de morphologie ainsi que d'habitat.

- Chez l'homme, s'effectuent des multiplications asexuées ou

schizogonies, dans les hépatocytes, d'abord (schizogonie exoérythrocytaire ou stade tissulaire du parasite), puis à l'intérieur des globules rouges (schizogonie endo-érythrocytaire).

- Chez le moustique (Anophèle), un cycle sexué aboutit à la formation

de sporozoïtes infectants inoculés à l'homme par la piqûre de l'insecte [22].

1.3.1. La schizogonie

L'homme s'infecte par la piqûre d'une femelle d'anophèle qui lui injecte les parasites sous forme d'éléments unicellulaires fusiformes : les sporozoïtes. Après une demi-heure de passage dans le sang oü ils ne subissent aucune transformation, les sporozoïtes gagnent les hépatocytes dans lesquels ils pénètrent et se multiplient. Dans les hépatocytes, ils entament la schizogonie pré-érythrocytaire : le parasite, après des multiplications, donne un corps bleu ou schizonte mûr. Le schizonte mûr s'individualise, s'éclate et donne plusieurs milliers de mérozoïtes. La cellule hépatique se rompt et le corps bleu déverse la plupart des mérozoïtes dans le sang oü ils vont amorcer le stade endoérythrocytaire. Chaque mérozoïte parasitera une hématie. La formation des gamétocytes aura lieu dans la rate et la moelle osseuse. Leur expulsion dans le sang du porteur permettra l'infestation de l'anophèle femelle lors de son repas sanguin [22, 23].

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1.3.2- La sporogonie

Une femelle d'anophèle en quête de son repas de sang peut piquer un paludéen dont le sang contient des formes asexuées et des gamétocytes. Dans l'estomac du moustique, les formes asexuées sont digérées. Le milieu par contre est favorable aux gamétocytes qui se développent en mâles et femelles. Les mâles fécondent les femelles et de cette union, naissent les ookinètes ou oeufs mobiles. Ces derniers migrent jusqu'à l'épithélium digestif du moustique où ils se transforment en oocyste. Dans les oocystes, s'individualisent le sporozoïtes. L'oocyste mûr s'éclate et libère les sporozoïtes qui vont s'accumuler dans les glandes salivaires de l'insecte attendant de passer chez l'homme lors du prochain repas de sang du moustique [22, 23].

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Figure 1 : Cycle du Plasmodium [41]

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2. Caractères distinctifs des Anophélinés et des Culicinés

Les moustiques ont une constitution morphologique propre à tous les genres. Il existe cependant des différences entre les deux sous-familles Anophelinae et Culicinae (Culex et Aedes). Ces différences portent sur les oeufs, les larves, les nymphes, les palpes maxillaires, les ailes et leurs positions au repos.

OEufs (Figure 2.a)

Les oeufs de Culicinés sont pondus en masse, collant les uns aux autres, en radeau (Culex). Ceux des Aédinés sont pondus isolément (Aedes); les oeufs d'Anophélinés flottent séparément, chaque oeuf possédant des flotteurs [11].

Larves (Figure 2.b)

La larve de Culiciné présente un tube respiratoire (siphon) qu'elle utilise aussi pour rester suspendue à quelque distance de la surface de l'eau, tandis que la larve d'Anophéliné n'a pas de siphon et flotte parallèlement juste sous la surface de l'eau [41].

Nymphes (Figure 2.c)

Les nymphes d'Anophélinés et de Culicinés, qui ont une forme de virgule, sont suspendues juste sous la surface de l'eau et nagent activement lorsqu'elles sont dérangées. Il est assez difficile de reconnaître les pupes de Culicinés de celles des Anophélinés sur le terrain ; cependant, la trompette respiratoire de la pupe des Anophélinés est courte avec une large ouverture, tandis que chez les Culicidés, la trompette est plus longue et fine et son ouverture plus étroite [41].

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Adultes (Figure 2.d)

Sur des moustiques vivants, on peut reconnaître les Culicinés des Anophélinés en observant leur position au repos par rapport au support : les Anophélinés forment un angle de 50° à 90° tandis que les Culicinés adoptent une position parallèle.

Les Anophélinés peuvent aussi être distingués des Culicinés par la longueur et la forme des palpes.

Ces différences sont les suivantes :

- Chez les femelles d'Anophélinés, les palpes sont aussi longs que le

proboscis, chez les femelles de Culicinés, les palpes sont beaucoup plus courts que le proboscis ;

- Chez les mâles d'Anophélinés, les palpes sont aussi longs que le

proboscis et renflés au sommet, chez les mâles de Culicinés, les palpes sont plus longs que le proboscis, avec un sommet effilé [41].

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Figure 2.a

Figure 2.b

Figure 2.d

Figure 2.c

Figure 2 : Caractères distinctifs des Anophélinés et des Culicinés [41]

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3. Le complexe Anopheles gambiae :

Les Anophèles sont les seuls moustiques capables d'assurer le cycle sporogonique des Plasmodia humains

Sur les 400 espèces d'anophèles répandues dans le monde, une soixantaine sont des vecteurs du paludisme [12].

En 1963, Mayer [11] définissait les espèces comme « les groupes de populations naturelles capables d'intercroisement et de reproductibilité isolés d'autres groupes semblables ». Les différentes espèces du complexe Anopheles gambiae ont en commun une morphologie très semblable, voire identique. La diagnose de certitude à l'intérieur du complexe se fait souvent sur des critères cytogénétiques utilisant la séquence des bandes de chromosomes particuliers : les chromosomes géants ou polythènes provenant des glandes salivaires des larves ou des cellules nourricières des ovaires de la femelle semi-gravide.

En Afrique, Anopheles gambiae a donné naissance à six espèces [5, 6, 7, 9, 10, 11].

Anopheles gambiae sensu stricto, Gilles, 1902

Anopheles merus, Donitz, 1902

Anopheles melas, Theobald, 1903

Anopheles arabiensis, Patton, 1905

Anopheles quadriannulatus, Theobald, 1911

Anopheles bwanbae, White, 1985

En République du Bénin, cinq espèces interviennent dans la transmission du paludisme dont quatre vecteurs majeurs et un vecteur d'importance locale. Il s'agit de :

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- Anopheles gambiae s.s : il est le plus abondant sur tout le territoire et est constitué de trois cytotypes chromosomiques qui sont Anopheles gambiae cytotype forêt (dans la zone méridionale), Anopheles gambiae cytotype savane (dans le Zou, le Borgou et l'Atacora) et Anopheles gambiae mopti (dans les zones d'inondation et de riziculture du fleuve Niger).

- Anopheles arabiensis : il vit en sympatrie avec Anopheles gambiae s.s dans les quatre départements du nord.

- Anopheles melas : il prédomine dans les zones lagunaires et le long du littoral de l'Océan Atlantique.

- Anopheles funestus : il est présent sur tout le territoire.

-Anopheles nili : il est présent dans certaines régions du nord et joue un rôle plus modeste dans la transmission [18, 22, 40].

3.1. Cycle biologique des anophèles

Dans le cycle biologique des moustiques, il y a quatre stades: l'oeuf, la larve, la nymphe et l'adulte. Le temps pris par chaque stade pour se développer dépend de la température de l'eau et d'autres facteurs, mais plus la température est élevée, plus ce temps est court [41].

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Figure 3 : Cycle biologique de l'anophèle [33]

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L'oeuf

Un moustique femelle ne copule qu'une fois dans sa vie. Habituellement, après la copulation, elle a besoin d'un repas de sang pour faire mûrir le premier lot d'oeufs. Un repas sanguin est généralement pris tous les deux jours, conduisant à la maturation du lot d'oeufs suivant.

Chaque lot comporte 100 à 150 oeufs qui sont déposés sur la surface de l'eau lors de la ponte. Les sites d'oviposition sont très variables : petites quantités d'eau dans des empreintes de pas, des flaques d'eau de pluie ou collections plus grandes comme des rivières, canaux, marécages, lacs, rizières. Chaque espèce de moustique préfère une variété bien déterminée de surface aquatique pour déposer ses oeufs. Un moustique femelle continue à pondre pendant toute son existence. La plupart des femelles pondent 1 à 3 fois, mais certaines peuvent pondre jusqu'à 5 à 7 fois. Dans les meilleures conditions tropicales, la durée de vie des moustiques est de 3 à 4 semaines [41].

La larve

Une larve sort de l'oeuf après un ou deux jours et flotte parallèlement juste sous la surface de l'eau car elle a besoin de respirer de l'air. Elle se nourrit de particules présentes dans l'eau. Si on la dérange, elle plonge rapidement vers le fond mais elle reviendra sans tarder à la surface pour respirer.

Il y a quatre stades larvaires ou instars. La larve qui sort de l'oeuf est appelée le premier instar. Après un jour ou deux, elle mue, abandonnant son enveloppe et devient ainsi le second instar, suivi par le troisième et le quatrième instar, à des intervalles d'environ deux jours chacun. La larve reste au stade de quatrième instar pendant trois ou quatre jours ou plus, avant de se changer en nymphe. Le temps total passé au stade larvaire est généralement de huit à dix jours à la température normale de l'eau en milieu tropical. Si la température est plus basse, les stades aquatiques prendront plus de temps pour se développer [41].

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La nymphe

La nymphe est le stade au cours duquel se déroulent de nombreuses transformations majeures. C'est au cours de ce stade qu'a lieu le passage de la vie aquatique à la vie aérienne de l'adulte. La nymphe a la forme d'une virgule. Elle reste sous la surface, ne se nourrit pas et plonge au fond de l'eau si elle est dérangée. Le stade nymphal dure 2 à 3 jours après quoi la carapace de la pupe se fend, le moustique adulte émerge et se repose temporairement à la surface de l'eau jusqu'à ce qu'il soit capable de s'envoler [41].

L'adulte

La copulation a lieu aussitôt après que le moustique adulte soit sorti de la pupe. La femelle ne copule généralement qu'une seule fois, parce qu'elle reçoit à cette occasion assez de sperme pour féconder tous les lots d'oeufs successifs. Normalement, elle ne prend son premier repas sanguin qu'après la copulation, mais parfois le premier repas sanguin peut être pris par une femelle encore vierge. Le premier lot d'oeufs se développe après un ou deux repas sanguins (suivant les espèces), tandis que les lots suivants ne demandent qu'un seul repas de sang.

Les habitudes de nourriture et de repos des moustiques sont d'une grande importance dans les programmes de contrôle et pour cette raison, elles doivent être bien comprises. La plupart des espèces d'anophèles piquent la nuit. Certaines piquent juste après le coucher du soleil, d'autres piquent plus tard, aux environs de minuit ou même aux petites heures matinales. Certaines espèces entrent dans les maisons pour piquer (endophages), d'autres préfèrent piquer à l'extérieur (exophages).

Après que le moustique ait pris son repas de sang, il se repose pendant une courte période. Les moustiques qui sont entrés pour piquer se reposent habituellement sur un mur, sous le mobilier ou sur des vêtements pendus dans la maison. Ils sont dits endophiles.

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Ceux qui piquent à l'extérieur se reposent habituellement sur des plantes, dans des trous, sur des arbres, sur le sol ou d'autres endroits frais et sombres et sont dits exophiles.

Les préférences trophiques varient suivant les différentes espèces de moustiques. Certains préfèrent prendre du sang chez l'homme plutôt que chez les animaux, ils sont appelés anthropophiles, tandis que d'autres, qui préfèrent le sang des animaux sont appelées zoophiles. Bien entendu, ceux qui préfèrent l'homme sont les plus dangereux, car ils sont susceptibles de transmettre la maladie d'homme à homme [41].

3.2. Distinction des moustiques mâles et femelles de Anopheles gambiae

Il est important de pouvoir reconnaître les moustiques mâles des femelles de Anopheles gambiae puisque seules les moustiques femelles prennent des repas de sang et transmettent le paludisme. Le mâle a des antennes garnies de longs poils qui leur donnent une apparence touffue comme une moustache. Sur les antennes de la femelle, les poils sont peu nombreux et courts [41].

3.3. Biologie des anophèles

Oeufs

Les oeufs de Anopheles gambiae sont de forme incurvée et mesurent 0,5 mm de long. Ils sont munis de deux flotteurs latéraux remplis d'air et entourés de deux membranes chorioniques : l'exochorion et l'endochorion. Les oeufs de Anopheles gambiae contrairement à ceux d'autres espèces de moustiques ne résistent pas à la dessiccation [3, 41].

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Larves

On distingue quatre stades de développement larvaire (de L1 à L4). Les larves de Anopheles gambiae mesurent environ 1mm de long au premier stade (L1) et 5mm au quatrième (L4). Le corps de la larve est divisé en tête, thorax et abdomen :

- La tête est constituée de deux gros yeux, une paire d'antennes (une de

chaque côté), une paire de brosses buccales située au devant de la tête. Le dessus de la tête présente un certain nombre de soies dont la position et la forme est importante pour l'identification.

- Le thorax est composé de trois parties: le prothorax, le mésothorax et

le métathorax. Les soies sur ces parties du thorax sont appelées soies prothoraciques, mésothoraciques et métathoraciques. Les surfaces inférieure et supérieure portent des soies. Sur la face inférieure du thorax, il y a 3 groupes de soies de chaque côté, chaque groupe comptant 4 soies (groupe pleural prothoracique, groupe pleural mésothoracique et le groupe pleural métathoracique). Ces groupes sont importants pour l'identification des espèces.

- L'abdomen est constitué de huit segments similaires et de deux

segments modifiés. Le huitième est modifié par la présence de l'orifice respiratoire. L'orifice respiratoire est constitué de deux stigmates qui s'ouvrent directement au niveau du tégument. Le neuvième segment a une paire de stigmate et le dixième est l'anus. L'absence de siphon respiratoire est caractéristique des Anophelinae, la larve reste alors parallèle à la surface de l'eau, face dorsale vers le haut [3, 41].

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Nymphes

Elle est composée de deux parties : le céphalothorax et l'abdomen :

- Le céphalothorax comprend la tête, étroitement plaquée contre un

thorax globuleux, qui porte une paire de trompettes respiratoires courtes et largement ouvertes. Les trompettes respiratoires assurent la respiration aérienne de la nymphe.

- L'abdomen est formé de huit segments distincts dont le huitième

porte une paire de palettes natatoires permettant des mouvements brusques et saccadés. Le neuvième et le dixième segment sont très réduits [24, 41].

Adultes

L'adulte comporte trois parties distinctes : la tête, le thorax et l'abdomen.

- La tête possède une paire d'yeux composés, une paire d'antennes fixées sur la tête entre les yeux, une paire de palpes composés de 5 parties et fixée sous les antennes. Les palpes sont recouverts d'écailles qui peuvent être de différentes couleurs et utilisées dans l'identification d'espèce. Un proboscis se détache de la partie ventrale de la tête et est dirigé vers l'avant.

- Le thorax est composé de trois segments fusionnés de développement très

inégal : le prothorax, le mésothorax et le métathorax. Chaque segment présente une partie dorsale ou tergum, une partie ventrale ou sternum, deux parties latérales ou pleures et porte une paire de pattes. Le prothorax est très réduit et dorsalement peu ou pas visible. Le mésothorax est très développé, car il porte une paire d'ailes et contient les muscles volumineux qui les meuvent. Le métathorax est, comme le prothorax, très réduit et porte une paire d'haltères. Deux stigmates, l'un mésothoracique et l'autre métathoracique, sont visibles latéralement.

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Les parois du thorax sont formées par la juxtaposition de plaques sclérifiées, de teinte jaunâtre à brunâtre, plus ou moins foncée. Ces différentes plaques, reliées par des membranes souples, sont ornées de soies et d'écailles dont l'absence ou la présence, la disposition et la coloration, variables d'une espèce à l'autre, sont souvent utilisées dans les clefs de détermination. Chez les anophèles, la partie postérieure du mésothorax, le scutellum n'est pas trilobé.

- L'abdomen est constitué de dix segments. Les sept premiers sont distincts

et constitués d'une plaque dorsale ou tergum et d'une plaque ventrale ou sternum reliées latéralement par une membrane pleurale souple au niveau de laquelle débouchent les stigmates abdominaux. Les trois derniers segments abdominaux sont plus ou moins modifiés ou peu distincts. Ils portent l'orifice anal et l'orifice génital [24, 41].

3.4. Description des gîtes d'anophèles

Un gîte est une collection d'eau naturelle ou artificielle. Il existe plusieurs types de gîtes:

- les gîtes temporaires : ce sont des gîtes pouvant tarir juste après quelques jours de saison sèche.

- les gîtes semi-permanents : ils peuvent aussi demeurer sans tarir pendant une bonne période de la saison sèche.

- les gîtes permanents : ce sont des gîtes qui peuvent demeurer pendant toute la saison sèche tels que les puits et les cours d'eau.

Les gîtes larvaires d'Anopheles gambiae et d'Anopheles arabiensis sont habituellement des collections d'eau peu profondes, ensoleillées sans ou à faible végétation souvent temporaires. Les trous de terre contenant de l'eau constituent les gîtes larvaires potentiels. Les rizières peu après l'irrigation, constituent d'excellents gîtes larvaires surtout pendant les trois ou quatre semaines qui précèdent et suivent le repiquage du riz.

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Lorsque le gîte vieillit, les larves de ces deux espèces disparaissent progressivement. Les gîtes à Anopheles funestus sont des collections d'eau claire plus ou moins permanentes caractérisées par la présence d'une végétation dressée. Les gîtes à Anopheles nili et Anopheles moucheti sont des cours d'eau permanents ou semi-permanents [1].

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4. Contrôle du paludisme

La lutte contre le paludisme passe par deux stratégies principales : La lutte antivectorielle et l'utilisation des antipaludiques.

4.1. La lutte antivectorielle

La lutte antivectorielle est historiquement la première méthode de prévention du paludisme. Elle repose sur la réduction de la mortalité et la morbidité paludéenne par l'abaissement des taux de transmission et s'appuie sur trois approches fondamentales [29, 35] :

- la réduction des populations larvaires : elle consiste en l'utilisation

des larvicides (poissons larvivores et produits chimiques à effet larvicide) ;

- la réduction de l'anthropophilie de la population des adultes : elle

repose sur l'utilisation des insecticides et du matériel imprégné d'insecticide [29, 35].

Mais pour réduire la transmission du paludisme, différentes méthodes de lutte existent :

- la lutte mécanique et écologique ;

- la lutte biologique et la lutte génétique ;

- l'utilisation des insecticides chimiques.

4.1.1. La lutte mécanique et écologique

La lutte mécanique

Elle constitue un moyen de lutte individuelle et est basée sur l'utilisation des moustiquaires de lit, des grillages aux portes et aux fenêtres, l'emploi des tortillons (fumigènes) et des diffuseurs électriques à base de pyréthrinoïdes de synthèse. L'imprégnation des moustiquaires avec les pyréthrinoïdes élimine les inconvénients liés à leur entretien défectueux et leur mauvaise utilisation.

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L'utilisation généralisée des moustiquaires imprégnées de deltamétrine s'est révélé un moyen de lutte de masse plus efficace que le traitements intra domiciliaires contre les espèces relativement exophiles.

La lutte écologique

C'est l'ensemble des mesures environnementales qui font obstacle à la reproduction des moustiques ou qui conduisent à l'élimination des gîtes larvaires.

Elle vise la destruction des gîtes et la modification de l'environnement de façon à le rendre défavorable à la survie de l'arthropode. L'ensemble de ces moyens se résume par :

- le drainage : assèchement des zones marécageuses à des fins

agricoles, comme les plantations d'arbres ou des plantes destinées à produire d'ombre et à gêner la multiplication des larves de moustiques ;

- la suppression des récipients abandonnés ;

- l'obturation des creux d'arbre par des ciments ;

- le ramassage et le traitement des ordures ménagères ;

- la régulation des berges, des fleuves et des étangs évitant la formation

des mares résiduelles [38].

4.1.2. La lutte biologique et la lutte génétique

La lutte biologique

La lutte biologique contre les moustiques consiste à introduire dans leurs biotopes des espèces qui sont leurs ennemis naturels, par exemple des parasites, des microorganismes pathogènes ou des prédateurs. Il peut s'agir d'insectes, de virus, de bactéries, de protozoaires, de champignons, de végétaux divers, de nématodes ou de poissons.

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Pour pouvoir utiliser ces agents biologiques de manière efficace, il faut une bonne connaissance de la biologie et du comportement des insectes à combattre ainsi que des conditions locales [33]. Un certain nombre d'organismes se sont révélés efficaces contre les larves de moustiques. Les plus importants sont :

- les poissons larvivores (Cyclidea, gambusia)

- les moustiques prédateurs du genre Toxorhynchites dont les

larves se nourrissent de larves d'autres moustiques ;

- les libellules dont les larves se nourrissent de larves de

moustiques ;

- les copépodes cyclopoïdes : petits crustacés qui s'attaquent aux

larves de moustiques du premier et du deuxième stade ;

- les nématodes qui parasitent les larves des moustiques ;

- les champignons qui se développent dans l'organisme des

larves de moustiques ;

- les larvicides bactériens, qui sont des toxines produites par

Bacillus thurigiensis H-14 et par Bacillus sphaericus ;

De tous ces agents, seuls deux sont utilisés : les poissons larvivores et les larvicides bactériens [33].

La lutte génétique

La lutte génétique emprunte parfois des moyens qui affectent les insectes nuisibles au sein même de leur patrimoine génétique. Cette méthode de lutte a pour but d'introduire au milieu des populations naturelles un nombre important d'individus génétiquement modifiés.

Il existe de nombreux procédés de modification du patrimoine génétique des moustiques tel celui élaboré par l'Américain E. KIMPLING en 1937 qui consiste à utiliser des mâles stérilisés au moyen d'irradiations ou de substances chimiques.

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Ces mâles stériles vont s'accoupler avec des femelles sauvages qui en définitive pondront des oeufs non viables et n'engendreront pas de descendance [27]. D'autres méthodes reposent sur l'utilisation de l'incompatibilité cytoplasmique. Celle-ci consiste à sélectionner dans des élevages, des mâles hybrides nés cette fois, de la multiplication des souches dont les origines sont géographiquement éloignées. Le lâcher de ces mâles hybrides dans des populations indigènes aboutit, comme pour le cas précédent, à des croisements qui engendrent des oeufs non viables. La translocation des chromosomes permet d'introduire de graves aberrations chromosomiques au niveau des adultes. Ces translocations encore en expérimentation sont transmissibles de façon héréditaire et devraient si elles sont soutenues sur de petites échelles, provoquer la disparition des populations naturelles [43]. Les effets des translocations sont multiples. Elles se manifestent généralement par une baisse de fertilité et de la longévité des moustiques, une production élevée de mâles et une baisse notable de leur capacité vectorielle [14]. Bien que la lutte génétique ait montré la faisabilité sur des aires restreintes, elle n'en demeure pas moins une méthode onéreuse, qui demande du personnel qualifié et du matériel de haute technologie.

4.1.3. La lutte chimique

Les moyens de lutte chimique reposent sur l'emploi des produits chimiques à effet larvicide, répulsif ou insecticide. Les produits peuvent être d'origine naturelle ou synthétique. Les larvicides tuent par contact, par ingestion ou par suffocation [Djouaka et al. 2007]. Quant aux adulticides, ils tuent par contact ; et peuvent avoir également un effet excito-répulsif sur les insectes [30].

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5. Les insecticides

Les insecticides sont parmi les molécules de synthèse les plus utilisées par l'homme contre les insectes. Ils exercent un effet excito-répulsif sur les insectes. Leur homologation dépend de l'efficacité et du maintien de ces molécules dans les milieux naturels. Les insecticides utilisés en santé publique sont bien d'origine naturelle que synthétique.

5.1. Les insecticides d'origine naturelle

Les molécules d'origine végétale dotées d'un effet insecticide sont connues depuis très longtemps. La nicotine, la roténone, les pyréthrines et les produits pétroliers ont été les premiers insecticides naturels à être utilisés contre les insectes ravageurs des cultures mais aussi les insectes nuisants et vecteurs de maladies.

- La roténone, extrait de la plante Derris elliptia, a une action << knock

down >> sur les moustiques.

- Les pyréthrines extraites du pyrèthre ont toujours servi de << tête de série >>

à la fabrication de composés de synthèse dont les propriétés physicochimiques, l'activité et la stabilité dépassent largement les pouvoirs du produit naturel. Ils immobilisent très rapidement les arthropodes par leur effet << knock down >> et provoquent une modification de la perméabilité de la gaine nerveuse aux ions potassium (K+) et sodium (Na+), perturbant ainsi l'équilibre entre ces ions.

- Les nicotinoïdes de synthèse, dérivés de la nicotine ont une action

inhibitrice sur l'acétylcholinestérase et pourraient dans les années à venir servir comme insecticides précieux pour lutter contre les insectes qui ont développé des résistances aux groupes des organophosphorés et des carbamates [2].

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- La molécule d'azadirachtine contenue dans les fruits et les feuilles du

neem provoque chez les insectes qui l'absorbent ou subissent son contact, des troubles de la nutrition et une inhibition du développement qui aboutissent généralement à la mort [21].

- Les avermectines aussi produites par Streptomyces avermectilis sont des

insecticides chers mais remarquablement efficaces. A fortes doses, les avermectines paralysent les insectes et perturbent les échanges hydriques alors qu'à des doses sublétales ces produits provoquent une inhibition de la prise alimentaire, de la fécondation et de l'oviposition [19].

Le règne animal fournit également des substances insecticides naturelles. Le ver marin Lumbriconereis heteropoda élabore une molécule appelée néréistoxine qui s'avère un puissant neurotoxique vis-à-vis des insectes. Son mode d'action est principalement centré sur l'inhibition de l'acétylcholinestérase et bloque la transmission synaptique au niveau du système nerveux. [13]

5.2. Les insecticides d'origine synthétique

5.2.1. Les organochlorés

Le dichloro-diphényl-trichloro-éthane (DDT), la dieldrine et

l'hexachlorocyclohexane (HCH) sont les organochlorés les plus utilisés. Sous forme de concentré émulsionnable, ils agissent en milieu aquatique, en particulier contre les larves. En poudre mouillable, ils ont une bonne rémanence spécialement sur les murs.

- Le DDT fut le premier insecticide ayant provoqué une révolution dans la

lutte antivectorielle à cause de sa remarquable stabilité et son coût bas [13].

- La dieldrine est un insecticide très efficace mais plus coûteux que le DDT,

et son emploi dans les programmes de santé publique a été rendu impossible à cause de sa forte toxicité pour l'homme.

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- Le HCH, deux fois plus toxique et deux fois moins rémanent que le DDT,

n'avait guère de résultats satisfaisants.

Les organochlorés agissent sur le système nerveux aussi bien chez les vertébrés que chez les invertébrés. Ils interviennent dans la répartition des ions potassium (K+) à l'intérieur du nerf et empêchent le départ de ces ions chargés de rééquilibrer la différence de potentiel existant au repos entre l'extérieur et l'intérieur de l'axone. Ils provoquent chez l'insecte, l'apparition de tremblement de corps et des appendices. Ensuite, dans un délai plus ou moins long suivant les espèces, il se produit une paralysie totale [2].

5.2.2. Les organophosphorés

L'apparition d'une résistance des vecteurs aux organochlorés a conduit à leur remplacement par les organophosphorés et des carbamates. Ces produits sont plus coûteux, généralement toxiques à l'homme, et ils ont fréquemment un effet rémanent plus court que celui des organochlorés utilisés en santé publique. Ces trois facteurs contribuent à l'élévation des coûts d'exploitation, à la multiplication des cycles d'épandage, à l'augmentation des masses à transporter et ils obligent à mettre en oeuvre des mesures et un équipement de sécurité plus onéreux.

Parmi quelques centaines de composés organophosphorés, le malathion est l'insecticide le plus utilisé dans les programmes de lutte antipaludique. Les organophosphorés provoquent chez le moustique une excitabilité suivie de tremblement des extrémités et une paralysie entraînant la mort. Ils agissent en inhibant la cholinestérase. Il s'ensuit une accumulation de l'acétylcholine au niveau de la fente synaptique. L'insecte meurt d'hyperactivité et de convulsions [2].

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5.2.3. Les carbamates

Ce groupe important est composé d'un grand nombre de molécules parmi lesquelles les plus connues et les plus utilisées en santé publique sont le propoxur, le carbonyl, le bendiocarb et tout dernièrement le carbosulfan.

Le propoxur est un carbamate très efficace contre les insectes domestiques et remplace quelquefois le DDT dans la lutte antipaludique. C'est un bon insecticide en traitement spatial extérieur contre les anophèles. Il est très peu toxique pour l'homme et disponible sous forme de poudre mouillable et de concentré pour émulsion. Tout comme les organophosphorés, les carbamates sont des inhibiteurs des cholinestérases [2].

5.2.4. Les pyréthrinoïdes

Derniers nés de la chimie organique et pourtant conçus à partir des « ancestrales » pyréthrines naturelles, les pyréthrinoïdes ou pyréthrines de synthèse prennent depuis une vingtaine d'années une place de plus en plus importante sur le marché des insecticides. Les pyréthrines naturelles et les premiers pyréthrinoïdes n'étaient pas stables à la lumière, ce qui limitait leur emploi à l'hygiène domestique. Or, avec l'avènement des molécules photostables, cette famille regroupe maintenant des insecticides très actifs qui ne présentent aucun effet cumulatif sur l'environnement, et pratiquement aucune action toxique sur les vertébrés supérieurs. La plupart de ces molécules montrent toutefois une toxicité assez élevée pour les animaux à sang froid, notamment les poissons et les batraciens. Les plus connus et les plus puissants de ces composés sont: la perméthrine, la deltaméthrine, la cyperméthrine, l'alphaméthrine, la lambda-cyhalothrine.

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Les pyréthrinoïdes immobilisent très rapidement les arthropodes par leur effet << knock down >> ; ils provoquent une modification de la perméabilité de la gaine nerveuse aux ions potassium (K+) et sodium (Na+) et perturbent l'équilibre entre ces deux ions. Outre cet effet << knock down >>, la perméthrine possède un bon effet répulsif sur les moustiques. Cet effet de répulsion s'ajoute à une action létale, ce qui renforce l'efficacité de la moustiquaire imprégnée de perméthrine pour la prévention du paludisme [2].

5.2.5. Les répulsifs

La nuisance des insectes a motivé les chimistes à synthétiser de nouveaux répulsifs chimiques. Les principaux répulsifs de synthèse contre les insectes sont : le diéthyltoluamide (DEET), le diméthylphalate (DMP), l'indolone (IND), le 2-éthyl-1,3 hexanediol (EHD) et le diéthylphénylacétamide (DEPA).

Présentés sous forme de crèmes ou bombes, ces répulsifs sont considérés comme une mesure de protection individuelle. Les répulsifs développent leur action en se comportant comme des molécules d'eau. Ils provoquent une élévation du taux d'humidité qui fait éloigner les moustiques. Ils sont très efficaces contre les arthropodes piqueurs mais la durée de protection ne dure que quelques heures [14].

6. Les moustiquaires imprégnées comme méthode de lutte antivectorielle Les insecticides sont les plus utilisés dans le cadre de la lutte antivectorielle. Outre la pulvérisation intradomiciliaire, la pulvérisation des gîtes larvaires, les insecticides peuvent être uniformément répartis sur des supports tels les tulles de moustiquaires ou les rideaux.

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6.1. Des moustiquaires imprégnées localement aux Moustiquaires Imprégnées d'Insecticide à Longue Durée d'action (MIILD)

Le premier réflexe de l'homme contre la piqûre des moustiques est de se mettre à l'abri de ces insectes. Les moustiquaires assument ainsi pleinement ce rôle. Elles l'assumeront mieux si elles sont imprégnées d'insecticide à effet nocif ou répulsif sur les moustiques. Le concept de moustiquaires imprégnées localement vient ainsi de naître. Pour maintenir leur efficacité, elles doivent être réimprégnées régulièrement [26]. La réimprégnation demeure un véritable obstacle. Pour certains, la réimprégnation régulière altère les fibres et comme tout produit chimique, l'insecticide « tue la moustiquaire » ; pour d'autres, l'opération est « encombrante » car les moustiquaires doivent être emmenées dans les centres de réimprégnation et pour beaucoup, le coût de la réimprégnation et la disponibilité des insecticides sont des obstacles majeurs [15]. De tous ces obstacles, découlent un constat dans plusieurs pays africains : moins de 10% des utilisateurs des moustiquaires imprégnées localement, réimprègnent leurs moustiquaires [37]. Il devient alors nécessaire sinon pressant de développer un nouveau concept : la Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide à Longue Durée d'action (MIILD).

6.2. Le concept MIILD

Les MIILD sont obtenues par un processus industriel au cours duquel l'insecticide d'imprégnation est incorporé dans les fibres des moustiquaire soit à haute température lors du tissage des fibres polyéthylène (cas des OlysetNet®) ou par enrobage à température relativement basse pendant la confection des fibres polyester (cas des PermaNet®) [42]. On obtient ainsi des moustiquaires dont les fibres contiennent des molécules d'insecticide qui remontent progressivement à la surface des fibres et qui seront graduellement relarguées afin de lutter contre les moustiques adultes [39]. Les MIILD ont été expérimenté avec succès au Sénégal et en Côte d'Ivoire [16].

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Leur efficacité est comparable à celle des moustiquaires imprégnées localement [16] mais leur durée d'efficacité serait de 3 à 4 ans [26]. Au niveau communautaire, les MIILD semblent répondre véritablement aux préoccupations des Programmes Nationaux de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Seulement il existe un scepticisme sur les normes d'efficacité et de durabilité des MIILD et des Moustiquaires Imprégnées d'Insecticide en circulation au Bénin.

ZONE, CADRE, MATÉRIELS ET

MÉTHODES D'ÉTUDE

Deuxième Partie :

1.

Zone d'étude

L'étude a été menée au Bénin, un pays de l'Afrique de l'Ouest, situé dans la zone intertropicale entre les parallèles 6°-30' et 12°-30' de latitude Nord et les méridiens 1° et 3°40' de longitude Est. Il est limité au nord par le fleuve Niger qui le sépare du Niger, au Nord-ouest par le Burkina-Faso, à l'Ouest par le Togo, à l'Est par le Nigeria et au Sud par l'Océan Atlantique. Le Bénin a une longueur de 700km et une largeur variant entre 125km (le long de la côte) et 325km (à la latitude de Tanguiéta, Ségbana).

2. Cadre d'étude

Le Centre de Recherche Entomologique de Cotonou (CREC) est le cadre dans lequel se sont déroulés nos travaux. Ce centre est situé dans la zone industrielle de la commune de Cotonou et fait corps avec le Service National des Laboratoires de Santé Publique.

Le CREC travaille dans un réseau dont le but est de concevoir et d'évaluer l'efficacité et l'acceptabilité des outils de lutte contre les vecteurs du paludisme en Afrique de l'Ouest. Ce réseau comprend :

- le Centre de Recherche Entomologique de Cotonou, au Bénin ;

- le Centre Muraz de Bobo Dioulasso au Burkina-Faso ;

- le Centre Pierre Richet de Bouaké en Côte d'Ivoire ;

- l'Institut National pour l'Hygiène de la Population (INHP) d'Abidjan

en Côte d'Ivoire ;

- le Laboratoire de Lutte contre les Insectes Nuisibles (LIN) de

l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Montpellier en France ;

- Malaria Research Training Center de Bamako au Mali (MRTC) ;

- l'Organisation de Coordination pour les Endémies en Afrique

Centrale, Yaoundé au Cameroun (OCEAC) ;

- le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme de

Ouagadougou, au Burkina-Faso (CNRFP).

Le CREC comporte six laboratoires, tous équipés pour des travaux de recherche sur le paludisme :

· un laboratoire de cytogénétique ;

· un laboratoire d'identification des vecteurs ;

· un laboratoire de parasitologie ;

· un laboratoire de biologie moléculaire ;

· un laboratoire de contrôle de qualité des outils de lutte antivectorielle ;

· un laboratoire de chimio-sensibilité du Plasmodium falciparum aux antimalariques.

Le CREC dispose aussi d'un insectarium et d'une animalerie.

3. Matériels et méthodes de travail

3.1. Echantillonnage de moustiquaires

Les échantillons de moustiquaires imprégnées analysées au cours de cette étude proviennent de plusieurs localités. Certaines moustiquaires ont été récupérées dans les Directions Départementales de la Santé de l'Ouémé/Plateau, de l'Atlantique/Littoral, du Zou/Collines et du Borgou/Alibori ; d'autres proviennent du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), des ONG et des Officines privées. Au total, 80 moustiquaires imprégnées ont été testées.

Tableau 1 : Répartition des 80 moustiquaires imprégnées par provenance

Provenance Nombre de moustiquaires

CS Dassa 2

CS Glazoué 2

DDS Atlantique 20

DDS Borgou-Alibori 12

DDS Ouémé 21

DDS Zou-Collines 2

PNLP 18

Pharmacie Camp Ghézo 3

TOTAL 80

A ces échantillons, il a été ajouté un échantillon de 84 Moustiquaires Imprégnées d'Insecticide à Longue Durée d'action de type Olyset®.

Il s'agissait ici d'apprécier la vitesse de dégradation de l'insecticide quand les Olyset® sont soumises à différentes pratiques de lavage et de séchage.

3.2. Les pratiques de lavage communautaires

Plusieurs pratiques de lavage ayant fait l'objet d'étude ultérieure au CREC (Akogbeto et al. 2006) ont été prises en compte dans cette étude à savoir : la fréquence de lavage, le trempage ou non avant lavage, le savon de trempage, le savon de lavage, le lieu de séchage et la position de séchage. Au cours de nos travaux, 84 moustiquaires Olyset® ont été soumises à ces différentes pratiques de lavage. Les impacts de ces pratiques de lavage sur l'efficacité et la durabilité des moustiquaires imprégnées d'insecticide on été enregistrés suivant une série de tests entomologiques et physiques.

Six grappes ont été constituées pour identifier les diverses pratiques de lavage, chaque grappe prenant en compte un aspect spécifique de l'étude.

Les six grappes se résument comme suit :

Tableau 2 : Grappes regroupant les pratiques de lavage communautaires

Grappe Paramètre à étudier

Grappe 1 Fréquence de lavage

Grappe 2 Trempage

Grappe 3 Savon de trempage

Grappe 4 Savon de lavage

Grappe 5 Lieu de séchage

Grappe 6 Position

Dans chaque grappe, les pratiques de lavage sont strictement identiques, le seul paramètre distinctif est le paramètre à étudier.

3.3. Evaluation de l'efficacité entomologique des moustiquaires

échantillonnées

Toutes les moustiquaires collectées dans le cadre de cette étude ont été soumises à deux tests entomologiques d'efficacité à savoir les tests en cône et les tests en tunnel.

Deux souches d'Anopheles gambiae ont été utilisées pour les divers tests :

- Anopheles gambiae souche Kisumu est une souche sensible aux insecticides conventionnels. Elle provient de la localité de Kisumu au Kenya, en Afrique de l'Est. Anopheles gambiae Kisumu est de nos jours précieusement préservé dans plusieurs laboratoires d'entomologie médicale où il est fortement sollicité comme une souche sensible de référence ;

- Anopheles gambiae souche Ladji : Anopheles gambiae Ladji est une

souche résistante aux pyréthrinoïdes. Elle a été sélectionnée dans la localité de Ladji à la périphérie de Cotonou. C'est la souche résistante locale de référence du CREC.

3.3.1. Test en cône

Les tests en cône sont conduits suivant le protocole adapté de l'OMS (OMS, 1998). 5 cônes sont placés sur les diverses faces de chaque moustiquaire à tester. 5 à 8 jeunes femelles (2-5 jours) d'Anopheles gambiae sont introduites dans chaque cône. Les moustiques sont mis en contact des moustiquaires pendant 3 minutes puis ils sont retirés des cônes et transférés dans des gobelets stériles voilés sur lesquels sont posés des tampons de coton imbibés de jus sucré (solution de sucre à 10%). Après 24 heures de mise en observation, les taux de mortalité sont déterminés pour chaque souche de moustique.

Figure 4 : Récupération des moustiques après 3 min de contact avec la moustiquaire

3.3.2. Test en tunnel

Figure 5 : Mise en place du dispositif pour le test en tunnel

Ce test permet d'évaluer la présence de l'insecticide dans les supports imprégnés. Dans le cadre de cette étude, le test en tunnel est utilisé en complément du test en cône afin d'avoir des informations additionnelles sur l'efficacité des moustiquaires imprégnées. Cent femelles d'Anopheles gambiae âgées de 5 à 8 jours sont transférées dans un tunnel au bout duquel se trouve un appât (cobaye) sur lequel elles doivent se nourrir. Avant d'atteindre le cobaye, les moustiques doivent traverser des fragments de moustiquaires imprégnées perforées. Les moustiquaires imprégnées sont découpées en fragments de 20 cm de côté qui sont utilisés pour ce test. Les taux de mortalité liée au contact libre des moustiques avec les moustiquaires imprégnées sont déterminés après une nuit (15 heures) d'observation des femelles d'anophèles dans le tunnel.

3.4. Evaluation de la durabilité des moustiquaires imprégnées

Trois tests physiques de durabilité ont été conduits sur les moustiquaires imprégnées : le test de résistance au déchirement, le test de rétrécissement des mailles et le test d'inflammabilité.

3.4.1. Test de résistance au déchirement

Des fragments de 20cm de côté sont découpés sur les moustiquaires imprégnées. Ces fragments sont fixés sur des cadres et sont soumis à une force de rupture. A l'aide d'un dynamomètre, l'intensité de la force capable de rompre les fibres est déterminée pour chaque fragment.

Figure 6 : Mesure de la force de déchirement

3.4.2. Test de rétrécissement des mailles

Le rétrécissement des mailles des moustiquaires imprégnées a été évalué à travers le décompte des mailles des moustiquaires imprégnées sur une surface carrée fixe de 1cm de côté.

Figure 7 : Décompte du nombre de mailles

3.4.3. Test d'inflammabilité

Un morceau de 10 x 10cm est prélevé sur chacune des 5 faces de la moustiquaire imprégnée et soumis à la flamme d'une bougie jusqu'à consumation totale. Le temps moyen de consumation des 5 fragments de tulles est déterminé.

Figure 8 : Inflammabilité d'un fragment de moustiquaire

3.4.4. Test d'éclatement

Le dispositif du test d'éclatement est constitué d'une pompe et d'un cylindre métallique au bout duquel est adapté un caoutchouc. Des fragments de 20 cm x 20 cm sont découpés sur les moustiquaires et un de ces fragments est ensuite adapté au caoutchouc du cylindre. L'éclatement du fragment de la moustiquaire est obtenu en gonflant le caoutchouc à l'aide de la pompe. La pression d'éclatement en Kilopascal (KPa) est lue sur le cadran de la pompe.

Figure 9 : Dispositif du test d'éclatement

Troisième partie :

RÉSULTATS ET COMMENTAIRES

1. Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

1.1. Analyse par provenance des moustiquaires échantillonnées

1.1.1. Distribution par provenance des moustiquaires échantillonnées D'après la distribution par provenance des moustiquaires utilisées au cours de cette étude, il convient d'indiquer que le plus grand nombre (21 moustiquaires) des échantillons testés, soit 25% proviennent de la DDS Ouémé suivi de la DDS Atlantique 24%, du PNLP 23% et de la DDS Borgou - Alibori avec 15%. Dans les autres localités, seulement quelques moustiquaires ont été échantillonnées. De cette analyse, il ressort que les moustiquaires utilisées au cours de cette étude ont des provenances diverses.

4% 3% 3%

23%

24%

3%

15%

25%

CS Dassa (n=2)

CS Glazoué (n=2)

DDS Atlantique (n=20) DDS Borgou-Alibori (n=12) DDS Ouémé (n=21)

DDS Zou-Collines (n=2) PNLP (n=18)

Ph. Camp Guézo (n=3)

Figure 10 : Distribution des Moustiquaires Imprégnées selon la provenance

1.1.2. Tests d'efficacité

Test en cône :

Les moustiquaires collectées dans diverses localités du Bénin ont été soumises à quelques tests d'efficacité : les tests en cône et les tests en tunnel. Les résultats obtenus avec la souche sensible (Anopheles gambiae Kisumu) montrent une faible efficacité des moustiquaires testées. Les mortalités enregistrées varient de 11% à 66%. Avec la souche résistante (Anopheles gambiae Ladji), le phénomène a été plus remarquable avec des mortalités comprises entre 1% et 56% (figure 11).

Il ressort de ce contrôle de qualité qu'aucune de ces moustiquaires n'a fait preuve d'efficacité du point de vue entomologique, la norme de mortalité fixée par l'OMS devant être dans l'intervalle [95%-100%].

Test en tunnel :

Les taux de mortalité enregistrés avec la souche sensible Kisumu au cours de cette étude indiquent une faible efficacité de la plupart des moustiquaires échantillonnées. Seules les moustiquaires provenant de la DDS Borgou - Alibori et de la DDS Zou - Collines présentent des mortalités acceptables (95% et 100% respectivement) (figure 11). Les résultats obtenus avec les tests en tunnel corroborent globalement ceux enregistrés avec les tests en cône. Les tests en tunnel révèlent également que 6 des 8 lots de moustiquaires contrôlés ne respectent pas les normes entomologiques d'efficacité.

seuil sensibilité = 95%

100

40

80

60

20

0

CS Dassa
(n=2)

28

93

22

18 18

CS Glazoué
(n=2)

94

1

DDS
Atlantique
(n=20)

81

9

DDS BorgouAlibori (n=12)

60

PROVENANCE

95

40

DDS Ouémé
(n=21)

25

80

9

DDS Zou-
Collines
(n=2)

66

100

56

PNLP (n=18)

11

38

7

Cône sensible Cône résistant Tunnel sensible

Ph. Camp
Guézo
(n=3)

43

35

44

40

20

80

60

0

100

Figure 11 : Pourcentages de mortalité observés après exposition de 3 minutes (tests en cône) et
de 15 heures (test en tunnel) des femelles sensibles et résistantes d'Anopheles gambiae à divers
échantillons de Moustiquaires Imprégnées

1.1.3. Tests de durabilité

Après l'évaluation entomologique des divers lots de moustiquaires échantillonnées, celles-ci ont été soumises à une série de tests physiques de durabilité : le maillage, l'inflammabilité, le déchirement et le test d'éclatement. L'évaluation du nombre de mailles/cm2 réalisée sur les moustiquaires échantillonnées révèle un respect des normes pour la plupart des moustiquaires (=25 mailles/cm2). Toutefois, dans le Borgou - Alibori et dans l'Ouémé, certaines moustiquaires testées ont eu des maillages légèrement inférieurs aux normes soit 19 et 22 mailles/cm2 (figure 12).

Pour ce qui est du test d'inflammabilité, les résultats obtenus indiquent que pratiquement toutes les moustiquaires contrôlées sont restées dans la norme (= 26 sec/100cm2) exceptées quelques moustiquaires provenant du CS Glazoué et de la Pharmacie Camp Ghézo (figure 12).

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Les tests de déchirement effectués sur tous les échantillons montrent que les forces de déchirement de presque toutes les moustiquaires sont normales (30N#177;5) exceptées les moustiquaires provenant de la DDS Atlantique avec 23,7N (figure 12).

40

20

50

30

10

0

CS Dassa
(n=2)

2,6

27

30

3,6

CS Glazoué
(n=2)

26

25

23

2,6

3,0 2,8

2,7

DDS
Atlantique
(n=20)

2,6

2,4 2,3

29 29

28 2,2 27 28

2,5

DDS BorgouAlibori (n=12)

PROVENANCE

19

46

2,7

DDS Ouémé
(n=21)

22

39 3,0

2,7 2,8

DDS Zou-
Collines
(n=2)

25

2,8

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

PNLP
(n=18)

Ph. Camp
Guézo (n=3)

23

3,8

2,8

0,8

-0,3

1,8

Figure 12 : Tests physiques de durabilité par provenance des moustiquaires échantillonnées

1.2. Analyse par fabricant des moustiquaires échantillonnées

1.2.1. Distribution par fabricant des moustiquaires échantillonnées

Les moustiquaires collectées au cours de cette étude ont été regroupées suivant leur origine de fabrication et les contrôles de qualité ont été réalisés et les résultats interprétés par rapport aux divers fabricants de moustiquaire.

Sur un total de 80 moustiquaires échantillonnées dans diverses localités du Bénin, les fabricants de 62 moustiquaires n'ont pas été indiqués sur les emballages des moustiquaires soit un pourcentage de 77%. 13% et 19% des moustiquaires testées proviennent respectivement des fabricants Sumitomo et Siamdutch. Une seule moustiquaire provient du fabricant Vestergaard (figure 13).

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

L'absence des étiquettes d'identification du fabricant sur 77% des moustiquaires soumises au contrôle de qualité, confirme le fait que la filière moustiquaires imprégnées doit être véritablement organisée au Bénin.

9%

13%

1%

77%

Non indiqué (n=62) Siamdutch (n=7) Sumitomo (n=10) Vestergaard (n=1)

Figure 13 : Distribution des Moustiquaires Imprégnées selon le fabricant

1.2.2. Tests d'efficacité

Les résultats obtenus avec la souche sensible Kisumu montrent une baisse de l'efficacité des moustiquaires dont le fabricant est << Non indiqué » et aussi des moustiquaires Siamdutch. Pour ce qui est du fabricant Sumitomo, les résultats obtenus avec la souche sensible révèlent une légère baisse d'efficacité (93%). Avec la moustiquaire Vestergaard, on a enregistré des mortalités élevées atteignant très souvent les valeurs 100%. Les tests effectués avec la souche résistante Ladji ont montré une baisse d'efficacité pour la plupart des moustiquaires échantillonnées.

Pour ce qui est des tests en tunnel, les taux de mortalité enregistrés avec la souche sensible indiquent une baisse d'efficacité des moustiquaires << Non indiqué » et Siamdutch (respectivement 67% et 75%).

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Pour les moustiquaires Sumitomo et Vestergaard, les taux de mortalité respectifs de 99% et 100% corroborent ainsi les tendances obtenues avec les tests en cône (figure 14).

100

60

40

20

80

0

Seuil sensibilité = 95%

Non indiqué (n=62) Siamdutch (n=7) Sumitomo (n=10) Vestergaard (n=1)

FABRICANT

18 18

67

9

Cône sensible Cône résistant Tunnel sensible

75

15

93

99

47

100

100

89

40

80

60

20

0

100

Figure 14 : Pourcentages de mortalité observés après exposition de 3 minutes (tests en cône) et
de 15 heures (test en tunnel) des femelles sensibles et résistantes d'Anopheles gambiae à divers
moustiquaires

1.2.3. Tests de durabilité

L'analyse des tests de durabilité sur les moustiquaires regroupées par fabricant montre une fois de plus que les moustiquaires de type « Non indiqué » se déchirent plus facilement (force de déchirement de 20N) que les moustiquaires de type Siamdutch, Vestergaard et Sumitomo).

Les normes de maillage ont été respectées dans la plupart des cas sauf avec les moustiquaires Sumitomo où on a enregistré 9 mailles/cm2.

Pour ce qui est des tests d'inflammabilité, les moustiquaires produites par
Sumitomo semblent brûler plus logiquement que les autres moustiquaires.

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

40

60

50

30

20

70

10

0

Non indiqué (n=62) Siamdutch (n=7) Sumitomo (n=10) Vestergaard (n=1)

FABRICANT

27

2,5

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

2

29

25 25 25

2,7

3

9

2,6

4

61

3,2

3

32

4

2

5

3

0

1

Figure 15 : Tests physiques de durabilité par fabricant des moustiquaires échantillonnées

2. Efficacité et durabilité des moustiquaires de type Olyset®

2.1. Impact de la fréquence de lavage sur les moustiquaires Olyset® 2.1.1. Tests d'efficacité

Les pratiques de lavage communautaire ont été reconstituées au laboratoire et des échantillons de moustiquaires de type Olyset® ont été soumises à chacune de ces pratiques. Les résultats enregistrés avec la souche sensible Kisumu indiquent une baisse de l'efficacité des Olyset® qui passe de 100% de mortalité à zéro lavage jusqu'à 66% de mortalité à cinq lavages. Avec la souche résistante Ladji, cette baisse d'efficacité est plus accentuée variant entre 75% et 8% de mortalité. Toutefois, on note une remontée du taux de mortalité au 4ème lavage ce qui fait penser au phénomène de re-largage de l'insecticide de l'intérieur vers l'extérieur des fibres des moustiquaires.

Libérés pendant 15 heures de temps dans les tunnels contenant des fragments de moustiquaires Olyset®, les anophèles sensibles Kisumu ont présenté des taux de mortalité variant entre 100% et 81%.

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Une légère remontée du taux de mortalité a également été observée au 4ème lavage (phénomène de re-largage). Avec la souche résistante Ladji, la baisse d'efficacité est plus remarquable avec des taux de mortalité situés entre 89% et 5% pour des moustiquaires Olyset® lavées zéro et cinq fois.

Cette évaluation entomologique post lavage semble révéler que la fréquence de lavage a un impact sur l'efficacité des moustiquaire Olyset®.

100

40

80

60

20

0

100

lav0 lav1 lav2 lav3 lav4 lav5

100 98

75

89

95 93

93 90

16

71

Fréquence de lavage

81

37

8

71 72

5

11

23

5

Cone sensible Cone résistant Tunnel sensible Tunnel résistant

66

80

81

16

40

20

80

60

0

100

Figure 16 : Impact de la fréquence de lavage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.1.2. Tests de durabilité

Après avoir soumis les moustiquaires Olyset® à une pression de 5 lavages dans les conditions de terrain, celles-ci ont maintenu pratiquement stable le nombre de mailles par cm2.

Par contre, la résistance au déchirement de même que la pression d'éclatement semblent être affectées par la pression de lavage communautaire. En effet, après 5 lavages, la force requise pour déchirer la moustiquaire Olyset® est passée de 60N à 32N.

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Cette baisse de la force de déchirement montre que les fibres des moustiquaires Olyset® ont certainement été détériorées et fragilisées après 5 lavages. Il est possible que cette fragilisation des fibres d'Olyset® après le lavage puisse également expliquer la baisse de la pression requise au cours des tests d'éclatement. (figure17).

120,0

100,0

60,0

40,0

20,0

80,0

0,0

2,6

9,0

lav0 lav1 lav2 lav3 lav4 lav5

83,4

6,0

4,1

2,6

9,4

98,9

94,9

Fréquence de lavage

2,3 2,4

3,7

7,5

3,4

9,4

106,3

3,3

2,2

8,9

91,1

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

3,2

9,0

2,3

79,8

4,0

6,0

2,0

0,0

Figure 17 : Impact de la fréquence de lavage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

2.2. Impact du trempage sur les moustiquaires Olyset®

2.2.1. Tests d'efficacité

Après cinq séries de lavage des moustiquaires Olyset®, les résultats obtenus aux tests en cône affichent la même tendance avec des taux de mortalité de 51% et 47% pour la souche sensible Kisumu et 35% et 12% pour la souche résistante Ladji respectivement pour « Trempage Oui » et « Trempage Non ».

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

La tendance observée avec les tests en cône se retrouve inversée avec les tests en tunnel chez la souche sensible Kisumu (78% pour « Trempage Oui >> et 91% pour « Trempage Non >>) ; par contre, elle est confirmée chez la souche résistante Ladji (90% pour « Trempage Oui >> et 63% pour « Trempage Non >>).

En résumé, le trempage a un impact sur l'efficacité des moustiquaires Olyset®.

100

40

80

60

20

0

51

78

90

Oui Non

35

Trempage

47

63

91

12

Cône sensible Cône résistant Tunnel sensible Tunnel résistant

40

20

80

60

0

100

Figure 18 : Impact du trempage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.2.2. Tests de durabilité

Les tests de durabilité réalisés sur les moustiquaires Olyset® trempées et non trempées montrent globalement une constance voir une stabilité du maillage, de l'inflammabilité, du déchirement et de la pression d'éclatement. La durée du trempage dans la communauté est globalement de 2 heures et se fait avec des savons en poudre tel que « Klin >>. Il est possible que cette durée de 2 heures soit insuffisante pour produire un effet observable et appréciable sur les moustiquaires Olyset®.

120

100

40

20

80

60

0

9

4,2

2,3

Oui Non

107,5

Trempage

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

9

4,1

2,5

95,1

6,0

4,0

2,0

0,0

Figure 19 : Impact du trempage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

2.3. Impact du savon de trempage sur les moustiquaires Olyset® 2.3.1. Tests d'efficacité

A cinq lavages avec le savon Klin, l'efficacité des moustiquaires Olyset® se trouve plus diminuée que si elles étaient lavées avec le savon Palmida. Les résultats des tests en cône de même que ceux des tests en tunnel avec la souche sensible Kisumu (Pv=0,037897) et la souche résistante Ladji (Pv=0,001463) confirment cette affirmation.

En résumé, le savon de trempage réduit l'efficacité des Olyset®.

100

40

20

80

60

0

Cone sensible Cone résistant Tunnel sensible Tunnel résistant

46

Palmida Klin

94

89

21

Savon de trempage

41

71

85

13

60

40

20

80

0

100

Figure 20 : Impact du savon de trempage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.3.2. Tests de durabilité

Les Olyset®, qu'elles soient trempées avec le savon Palmida ou le savon Klin, ne présentent pas une grande différence en ce qui concerne le nombre de mailles/cm2, l'inflammabilité ou l'éclatement. Mais, on note par contre que les Olyset trempées avec le savon Palmida, résisteraient plus au déchirement (37N) que celles trempées avec Klin (34N).

120,0

100,0

40,0

80,0

60,0

20,0

0,0

8,5 8,6

3,7

Palmida Klin

2,2

2,2

105,3

Savon de trempage

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

3,4

105,2

4,0

2,0

6,0

0,0

Figure 21 : Impact du savon de trempage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

2.4. Impact du savon de lavage sur les moustiquaires Olyset®

2.4.1. Tests d'efficacité

D'après les résultats des tests en cône réalisés sur les moustiquaires Olyset® lavées avec les savons Klin, Palmida et Kogui, l'on peut constater aisément que c'est le savon Kogui qui entraîne le plus de baisse d'efficacité avec 4% de mortalité au cône résistant (Pv=0,003195). Le savon Palmida par contre, conserve plus l'efficacité des Olyset® après cinq séries de lavages (61% et 17% respectivement au cône sensible et au cône résistant).

La Tendance est globalement confirmée avec les tests en tunnel. En effet, le savon Palmida se retrouve encore à la tête avec 80% et 79% de mortalité respectivement avec les souches d'Anopheles gambiae sensible et résistante. Quant au savon Kogui, il se retrouve avec une baisse remarquable de la mortalité au test en tunnel avec la souche résistante Ladji (45% de mortalité).

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Le savon de lavage influence l'efficacité des Olyset. Le savon Palmida est le plus indiqué quant au lavage des Olyset®.

100

40

80

60

20

0

57

Klin Palmida Kogui

Savon de lavage

81 80

74

9

61

79

17

49

Cône sensible Cône résistant Tunnel sensible Tunnel résistant

85

45

4

40

20

80

60

0

100

Figure 22 : Impact du savon de lavage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.4.2. Tests de durabilité

Avec différents savons de lavage, l'inflammabilité des Olyset® n'est pas influencée car les valeurs obtenues pour l'inflammabilité se trouvent au-dessus de la norme (=26 sec/cm2).

Le savon Palmida est relativement celui qui protège le plus les moustiquaires Olyset® du déchirement (39N contre 35N et 33N respectivement pour Kogui et Klin). Mais à l'éclatement, c'est les moustiquaires Olyset® lavées avec le Klin qui résistent le plus avec 270KPa.

Le savon de lavage a donc un impact sur la durabilité des moustiquaires Olyset®.

100,0

40,0

20,0

80,0

60,0

0,0

9,0 9,1

3,3

2,7

Klin Palmida Kogui

Savon de lavage

84,1

3,9

2,1

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

77,0

9,3

3,5

2,2

90,5

6,0

4,0

2,0

0,0

Figure 23 : Impact du savon de lavage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

2.5. Impact du lieu de séchage sur les moustiquaires Olyset®

2.5.1. Tests d'efficacité

Concernant le lieu de séchage, les résultats avec la souche sensible Kisumu montrent que c'est avec les Olyset® séchées au soleil (54% et 96% de mortalité respectivement au test en cône et au test en tunnel) que l'on a relativement le plus d'efficacité. Ceci confirme les indications du fabricant. (Figure 24).

100

40

80

60

20

0

54

Soleil Ombre

96

Lieu de séchage

51

Tunnel sensible

Cône sensible

92

Figure 24 : Impact du lieu de séchage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.5.2. Tests de durabilité

Séchées à l'ombre après lavage, les moustiquaires Olyset® se déchirent moins (37N) que lorsqu'elles sont séchées au soleil (35N). Par contre, elles résistent plus à l'éclatement quand elles sont séchées au soleil (260KPa au soleil contre 240KPa à l'ombre).

L'impact du lieu de séchage sur la durabilité des Olyset® n'est pas très avéré.

40,0

80,0

60,0

20,0

0,0

9,1

2,6

3,5

Soleil Ombre

74,0 74,4

Lieu de séchage

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

9,1

2,4

3,7

5,0

3,0

-1,0

1,0

Figure 25 : Impact du lieu de séchage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

2.6. Impact de la position de séchage sur les moustiquaires Olyset® 2.6.1. Tests d'efficacité

Séchées horizontalement après chaque lavage, les moustiquaires Olyset® présentent au bout de cinq séries de lavage une efficacité quantifiée au cône sensible par 51% de mortalité et au tunnel sensible par 99% de mortalité ; or quand elles sont séchées verticalement, l'efficacité est de l'ordre de 49% au cône sensible et 74% au tunnel sensible (Pv=0) (Figure 26). Ce qui prouve que la position de séchage Horizontale offre plus de garantie quant à l'efficacité des Olyset®.

Avec les souches résistantes, les résultats obtenus au test en cône (Pv=1) et au test en tunnel (Pv=0,089429) ne sont pas très significatifs.

Globalement, la position de séchage Horizontale serait la meilleure pour garantir l'efficacité des moustiquaires Olyset®.

100

40

80

60

20

0

Cône sensible Cône résistant Tunnel sensible Tunnel résistant

51 49

Horizontale Verticale

99

42

6 6

Position de séchage

74

54

40

20

80

60

0

100

Figure 26 : Impact de la position de séchage sur l'efficacité des Olyset® après 5 lavages

2.6.2. Tests de durabilité

Quand elles sont séchées horizontalement, les moustiquaires Olyset® se rétrécissent plus que quand elles le sont verticalement (9,9mailles/cm2 contre 9,4 mailles/cm2 pour la position verticale). Mieux, elles résistent relativement plus au déchirement (34N contre 32N pour la position verticale). Seul le test d'éclatement montre que les Olyset® séchées verticalement résistent plus à l'éclatement (240KPa contre 220KPa pour la position horizontale).

A l'inflammabilité, toutes les valeurs obtenues sont supérieures à la norme (=26 sec/cm2).

La position de séchage Horizontale est plus avantageuse pour les moustiquaires Olyset® quant à leur efficacité vis-à-vis des moustiques vecteurs du paludisme.

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées

ou distribuées au Bénin et suivi de l'efficacité et de la durabilité des Olyset®

 

40,0

80,0

60,0

20,0

0,0

9,9 9,4

Horizontale Veticale

2,2

3,4

67,0

Position de séchage

Maillage (mailles/cm2) Inflammabilité (sec) Déchirement (x10N) Eclatement (x102KPa)

2,4

3,2

74,1

4,0

2,0

6,0

0,0

Figure 27 : Impact de la position de séchage sur la durabilité des Olyset® après 5 lavages

DISCUSSION

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées

ou distribuées au Bénin et suivi de l'efficacité et de la durabilité des Olyset®

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Discussion

L'efficacité et la durabilité des moustiquaires imprégnées d'insecticides sont deux concepts clés à prendre en compte dans l'utilisation de cet outil de lutte antivectorielle. Les résultats générés dans le cadre du contrôle de qualité des MI destinées à l'utilisation au Bénin ont révélé une faible efficacité et une durabilité négligeables. S'il est vrai que la présence au Bénin des populations de moustiques capables de résister aux doses diagnostiques d'insecticides pourrait partiellement justifier cette baisse d'efficacité des MI, il reste fort probable que la faible durabilité observée avec ces moustiquaires serait par contre liée au processus et à la chaîne industrielle de production. Il est aussi possible que la forte demande des MI sous les tropiques réduise la qualité et la rigueur du contrôle de ces MI avant leur sortie des industries. Les MI commercialisées ou distribuées au Bénin proviennent de plusieurs horizons. Certaines sont bien étiquetées avec le nom du fabricant et de l'insecticide d'imprégnation. La majorité de ces MI ne porte aucune indication sur le fabricant et sont parfois mal emballées. Certains échantillons de moustiquaires séjournent longtemps dans les structures de santé sans être utilisées. Pendant ce long séjour, il est possible que le produit actif contenu dans l'insecticide se dégrade. Cela pourrait expliquer la mauvaise performance enregistrée quand ces MI sont soumises aux différents tests d'efficacité.

Le suivi de l'efficacité et de la durabilité des moustiquaires Olyset® soumises aux pratiques de lavage communautaires a révélé l'impact de certaines pratiques néfastes. Tout comme les moustiquaires PermaNet® (Agossou et al. 2006) les résultats enregistrés avec les Olyset® montrent que le trempage, les savons de lavage et le séchage ont un impact négatif sur l'efficacité des moustiquaires imprégnées d'insecticide. Par contre, la durabilité et la robustesse des fibres Olyset® n'a nullement été affectée par les diverses pressions de lavage communautaire.

Contrôle de qualité des moustiquaires imprégnées commercialisées ou distribuées au Bénin

 

Tout en ressortant l'impact de la forte pression de lavage sur l'efficacité des MII, les résultats de cette étude ramènent sur la table la problématique de définition du concept MIILD, sa contextualisation, et ses limites sur le terrain.

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