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Dynamique entrepreneuriale en territoire de Lubero

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par January KASEREKA KOMBI
Université catholique du Graben - Licence 2008
  

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2. PROBLEMATIQUE

2.1 Contexte

Le rôle de l'entreprenariat et de la culture entrepreneuriale dans le développement économique et social est sous estimé. Cependant, au fil des ans, il devient de plus en plus évident que l'entrepreneuriat participe réellement au développement économique.

Paraphrasant le professeur Gaspard BAGALWA MUHEME1(*depuis les années 1980, en tout cas, eu égard à toute la littérature sur les économies informelles dans le monde, l'entrepreneur est devenu un sujet digne d'intérêt pour les économistes. Pour SCHUMPETER cité par le même professeur, « l'entrepreneur devient un joueur qui sait exploiter les possibilités que lui offre l'économie du marché ».

L'entrepreneur est l'acteur central du développement socio-économique. G. Henault et R. M'Robert2(*) estiment que « sans entreprenariat, point de salut ». L'entreprenariat est donc le socle, le soubassement de tout développement. L'entrepreneur est ainsi le moteur de la croissance économique et du progrès technologique.

L'histoire montre que le progrès économique est surtout le fait des personnes pragmatiques animées par l'esprit d'entreprise et d'innovation qui arrivant à tirer partie des occasions qui se présentent et sont prêtes à prendre de risques. Elles sont persuadées comme l'énonce la devise du centre de recherche en développement Endogène : « on ne développe pas, on se développe ».

« L'avenir de l'Afrique, c'est le combat acharné des africains qui le construira »3(*)

L'homme a toujours imaginé, formulé et définit la réalité future. Il cherche des moyens nécessaires pour la concrétiser. Ainsi, naît un projet qui procure des revenus ou autres avantages monétaires ou non monétaires pour l'individu ou la collectivité entière4(*).

En effet, l'entrepreneuriat ou l'entreprenariat est caractérisé par l'esprit d'entreprise que Werner Sombart5(*) définit comme « l'ensemble des qualités psychiques qu'exige l'heureuse réalisation d'une entreprise. La passion de l'argent, l'amour des aventures l'esprit d'invention, etc. constituant les traits de l'esprit d'entreprise ».

Pour CAMILERI6(*, « les entrepreneuriaux ne sont pas en mesure d'exploiter les opportunités économiques par manque de moyens financiers : ces pauvres ont l'esprit d'entreprise c'est-à-dire des capacités de courage, de ténacité, de flexibilité et de créativité ».

Donc un pauvre doit chercher des voies et moyens pour survivre et cela en faisant de l'entreprenariat.

De tout temps, de nombreuses activités de taille très réduite (qualifiées habituellement de micro-entreprises) se sont développées dans les pays du Sud pour permettre aux populations pauvres de subsister. Celles-ci regroupent des activités diverses qui font intervenir des marchands ambulants, petits artisans, taximen, vendeurs de rue, etc.

Dans ces pays du sud, la période coloniale a vu l'implantation d'entreprises, commerciales d'abord, puis de production agricole ou minière et enfin industrielles et de services, axées sur le modèle des pays colonisateurs. L'Etat en est le seul entrepreneur économique.

Cependant, le secteur public, après avoir assuré tant soit peu la croissance dans la plupart des économies nationales au cours de la décennie 60, semble aujourd'hui, avouer son échec. L'Etat a failli à sa mission. Dans son rapport de 1994, la Banque mondiale4(*) déclarait : « L'économie formelle du pays (Ex-zaïre et actuellement la RDC), s'est presque effondrée, l'infrastructure et les équipements physiques ont subi de graves dommages, l'intermédiation financière a cessé presque d'exister. Le secteur public est en état de cessation de paiement et dans l'incapacité d'assurer jusqu'aux plus essentiels des services publics... La très grande majorité de la population vit dans la pauvreté ». D'où l'économie privée devrait désormais prendre le relais.

C'est ainsi que KAMBALE MIREMBE 5(*)affirme « qu'à la suite de la défaillance des Etats africains en matière de développement, de nouveaux acteurs non étatiques prennent le relais. Parmi eux, on retrouve les commerçants et leurs associations. Ce sont des acteurs de développement qui s'impliquent dans les initiatives locales de développement. Et ces initiatives sont surtout informelles mais permettent à ses acteurs de faire face au sous-développement et à la pauvreté ».

Le retour de l'entrepreneur serait d'une part lié à l'échec de la grande entreprise jugée trop lourde pour exploiter les nouvelles possibilités technologiques : microinformatique, micro électronique, nouveaux matériaux, biotechnologie, etc. Ce retour de l'entrepreneur s'explique également par le fait de vouloir être maître de son travail, pouvoir le penser, l'organiser, ne pas être le jouet d'une organisation dont on ignore les rouages6(*).

Plusieurs auteurs comme, GAUTHIER Bernard7(*), notent que « à la suite des échecs des politiques de substitutions sur les marchés qui ont freiné le développement des entreprises en Afrique et des déséquilibres des finances publiques, c'est sur l'initiative privée et l'entrepreneurship8(*) individuel que reposent maintenant les espoirs de croissance dans les régions en développement ».

Le territoire de Lubero et donc la RDC en général n'est pas du reste de cette réalité. D'ailleurs, actuellement le gouvernement congolais cherche à formaliser l'informel, le reglémenter, établir une fiscalité propre. Il faut donc appuyer le secteur informel. C'est qui est logique car en RDC (en territoire de Lubero plus particulièrement), on observe une multiplication des initiatives permettant aux populations de faire face aux problèmes de pauvreté, de chômage, de maigre revenu, de famine, etc. Bref, subvenir aux besoins urgents et élémentaires.

Pour accélérer la lutte contre la pauvreté, la population mise donc en priorité sur le dynamisme de micro et petites entreprises et sur leur potentiel entrepreneurial. CAMILLERI9(*) (2007) indique « qu'en effet, c'est par la dynamisation de micro et petites entreprises à fort potentiel que l'on aura les résultats les plus rapides et les impacts les plus élevés sur le milieu ambiant et, par conséquent, sur le développement économique, la croissance et, in fine, la lutte contre la pauvreté ». La priorité est donc accordée à l'entrepreneuship pour lutter contre la pauvreté.

Cependant dans le territoire de Lubero, l'entrepreneuriat est l'oeuvre de plusieurs acteurs et les initiatives sont de plusieurs formes. De ce fait MUSONGORA SYASAKA10(*) stigmatise qu'en territoire de Lubero, « les initiatives revêtent plusieurs formes ; il peut s'agir d'organisations non gouvernementales, de PME, de coopératives, des sectes, des églises, d'institutions de formation et d'éducation, organisation d'épargne et de prêt formel et informel, des fédérations associatives, de réseaux d'associations, d'associations caritatives, d'associations confessionnelles ; ... Cette situation montre une véritable diversité qui stimule la création des groupes spécifiques s'organisant autour de leurs propres activités ou financées par des bailleurs locaux ou étrangers ».

On constate donc que le dynamisme entrepreneurial de l'emploi indépendant et la création d'entreprises en territoire de Lubero est l'oeuvre des particuliers et certaines organisations qui ne peuvent rien attendre du fait que le pouvoir central a presque tout abandonné.

Ce sont les initiatives entreprises en milieu rural dans le territoire de Lubero qui nous intéressent dans cette recherche.

* 1BAGALWA MUHEME G. (1998), Economie et politique de l'entreprise: stratégies des affaires, cours inédit, U.C.G.-Butembo, p 3

* 2 HENAULT G., et M'ROBERT R., (1990), l'entrepreneuriat en Afrique francophone : culture, financement et développement, AUPELF-UREF. John Libbey Eurotext, Paris, p 1.

* 3 Gaston NKOUIKA-DINGHANI-NKITA (2005), Economie populaire et lutte contre la pauvreté au Congo Brazzaville : Prôner pour un développement communautaire durable du bas vers le haut, (en ligne), disponible sur http://www.codesria.org consulté le 27 avril 2009.

* 4 cfr MAFIKIRI TSONGO A. (2008-2009), Préparation et évaluation des projets, cours inédit, Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, L2 Gestion Financière, UCG-Butembo, p 1

* 5 werner Sombart cité par HENAULT G. et M'ROBERT, op.cit, p 8-9.

* 6 CAMILLERI.J-L, (2007), La micro entreprise rurale en Afrique : de la survie à la croissance de cas Rwandais, l'Harmattan, Paris, p 139.

* 4 Banque Mondiale (1994), « Zaïre : orientations stratégiques pour la reconstruction économique », Washington DC, p. 53.

* 5 KAMBALE MIREMBE Omer (juin 2005), Echanges transnationaux, Réseaux informels et développement local. Une étude au Nord-est de la République Démocratique du Congo, Thèse, Louvain-la-Neuve, Faculté des Sciences économiques, sociales et politiques, UCL, PUL, p . 200.

* 6 BAGALWA MUHEME G. Op. Cit, p. 37.

* 7 GAUTHIER B., Une enquête de la Banque Mondiale sur le développement de l'entreprise en Afrique. Le cas du Cameroun, Ecole des HEC, Montréal in BODSON P., et PAUL-Martel Roy (2003), survivre dans les pays en développement. Approches du secteur informel, L'harmattan, Paris, p 144.

* 8 Entrepreneuriat en français.

* 9 CAMILLERI J.L., Op. Cit, P. 141.

* 10 MUSONGORA SYASAKA E. [2007-2008], Mouvement associatif et dynamique de développement au Nord-Kivu. Cas des associations de tendance religieuse en territoires de Beni et Lubero, mémoire présenté en vue de l'obtention du diplôme de Master complémentaire en développement, environnement et société, UCL, p. 3.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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