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Incidences des dépenses publiques dans la réduction de la pauvreté: cas du bénin

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par Aboua Gérald HOUNKYDET
Université d'Abomey-calavi - Maîtrise es Sciences Economiques  2009
  

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Section 1: Structure des dépenses publiques

1.1. Répartition des dépenses gouvernementales

Les dépenses publiques constituent un instrument important dont se sert la puissance gouvernementale pour améliorer le bien-être collectif et individuel. L'objectif étant de mettre en place une politique économique favorable à une forte croissance indispensable à la réalisation des politiques de lutte contre la pauvreté. Le graphique suivant illustre l'évolution des dépenses sociales totales de l'Etat béninois au cours de ces dernières années.

Graphe1: Evolution des dépenses totales de 2000 à 2006 (en milliard de F CFA)

500 450 400 350 300 250 200 150 100 50

0

 
 
 
 

Dépenses totales

 
 

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

 
 

Source: Réalisé par les auteurs à partir des informations budgétaires de la DGAE/MEF.

L'examen du graphique montre que les dépenses totales de 2000 à 2006 ont connu une évolution assez relative. Mais on observe une baisse sensible en 2004 qui

se traduit par un creux. L'évolution des dépenses totales de l'Etat béninois s'explique par les politiques de stratégies sociales de l'Etat visant à réduire la pauvreté grâce à des programmes de lutte contre le paludisme, la politique liée à l'accès à l'éducation pour tous; en l'occurrence les filles.

1.2 : Répartition des dépenses gouvernementales sectorielles (en matière d'éducation et de santé)

Les dépenses de santé et d'éducation sont justifiées si elles améliorent le niveau de vie des populations et permettent de prévenir et soigner des maladies. Selon Filmer et al (1998), la structure des dépenses sociales en conditionne l'impact.

-La répartition des crédits alloués au secteur éducatif

Les crédits gouvernementaux accordés à l'éducation ont connu une évolution assez particulière au cours de la période d'étude comme en témoigne le tableau cidessous.

Tableau1 : Parts du budget de l'éducation dans le budget de l'Etat

Années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Éducation/Budget National(%)

10,8

17,2

3,7

4,0

4,7

4,8

23,5

Source: Calculs faits à partir des informations du budget national

Le gouvernent béninois en général affecte à l'éducation moins de 20% du budget national. La dotation de 2006 est celle qui a dépassé le seuil de 20%. Celle de 2002 est la plus faible rapportée au budget national. En d'autres termes, les rapports de crédits affectés à l'éducation indiquent que les ressources allouées au système éducatif ont connu une évolution en dent de scie.

Graphe2: Evolution du budget affecté à l'éducation de 2000 à 2006. (en milliards)

120

100

40

20

80

60

0

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

éducation

Source: Graphique réalisé par les auteurs à partir des informations budgétaires de la DGAE/MEF

L'analyse du graphique montre une évolution en dent de scie du budget alloué à l'éducation. Les ressources affectées à l'éducation représentent en moyenne 9,8% des ressources budgétaires. Les dépenses de fonctionnement absorbent une part plus importante de ces dépenses: près de 20% des dépenses publiques allouées au secteur en 2006.

Les dépenses en investissement bien que relativement faibles sont en majorité utilisées pour les besoins en infrastructures (construction d'écoles primaires, secondaires et d'amphithéâtre) et l'achat d'équipements.

En ce qui concerne les ordres d'enseignement, les affectations des ressources présentent plusieurs disparités. Les variations au niveau de l'enseignement primaire et secondaire sont consignées dans le tableau ci-dessous.

Tableau 2: Variations des crédits affectés à l'enseignement primaire et secondaire

années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

variations

 

1.09

1.14

1.16

1.23

1.05

1.00

Source: Calculs faits à partir des informations budgétaires.

Tableau 3: Variations des crédits affectés à l'enseignement supérieur

Années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

variations

 

1.05

1.10

1.27

1.02

1.01

1.00

Source: Calculs faits à partir des informations budgétaires.

De l'analyse des tableaux, on assiste à une variation quasi identique des crédits affectés aux ordres de l'enseignement. Les ressources mobilisées au niveau de l'enseignement primaire et secondaire puis celui du supérieur ont connu une évolution en dent de scie. Elle est plus forte respectivement en 2004 et en 2003 au niveau de l'enseignement primaire et secondaire puis celle du supérieur. Cependant, elles sont relativement faibles et dû à la volonté des gouvernements à orienter une bonne partie des ressources vers des secteurs plus productifs à court terme.

Tableau4: Dotation des directions départementales de l'éducation de 2000 à 2006(en millier de F CFA)

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Atacora/Donga

2292583

2118091

2051903

2282655

2599707

2260670

2845696

Atlantique/Littoral

7119588

7062487

6565645

12883432

16077096

15856461

19918527

Alibori/Borgou

2866389

3067321

2994369

5341490

6329532

6690685

7607833

Ouémé/Plateau

5876485

5639018

4734924

6763317

7373283

9118243

8822986

Mono/Couffo

3405789

3477623

2992751

3823187

4934020

3972729

5008177

Zou/Collines

4596026

4703518

4582933

4972856

6128434

5879104

7069962

Total

26156860

26068058

23922525

36066937

43442072

43777892

51273181

Source: DRFM/ MENRS/MEPS

Les dotations départementales affectées à l'éducation ont connu une évolution presque en dent de scie de 2000 à 2003. De 26,156 milliards en 2000, on est passé à 23,922 milliards en 2003.

Cette situation se confirme par la baisse constatée au niveau national au cours de la même période. A partir de 2003, on assiste à une augmentation de 36,066 milliards à 43,777 milliards en 2005, puis à 51,273 milliards en 2006.

-La répartition des crédits en santé

Le secteur de la santé contrairement à l'éducation connaît un traitement assez difficile malgré les efforts manifestes des pouvoirs publics. Les parts du budget alloué à ce secteur bien qu'ils aient connu une augmentation en 2000 jusqu'en 2006 restent relativement faibles. Moins de 5 milliards sont accordés aux services de santé durant ces dernières années. Les données sont consignées dans le tableau suivant.

Tableau 5: Parts du budget de la santé dans le budget de l'Etat

Années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Santé/Budget

2,00

7,00

7,70

8,00

8,10

9,00

9,60

National(%)

 
 
 
 
 
 
 

Source: Calculs faits à partir des informations budgétaires.

Contrairement à l'éducation, la part des ressources mobilisées au profit du secteur de la santé reste relativement très faible au Bénin. Malgré l'accroissement peu relatif du rapport de crédit de 2000 à 2006, moins de 10% du budget national est consacré aux soins de santé des populations.

Graphe 3: Evolution du budget affecté à la santé de 2000 à 2006 ( en milliard)

45

40

25

20

50

35

30

15

10

5

0

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Santé

Source: Graphique réalisé par les auteurs à partir des informations budgétaires de la DGAE/MEF

Le graphique ci-dessus présente l'évolution des dépenses publiques à l'endroit du secteur de la santé. On constate une augmentation substantielle des dépenses publiques en santé. Ces ressources mobilisées par l'Etat au profit de la santé de la période de 2000 à 2006 représentent en moyenne 7.8% du budget national dont 5.02% en besoin de fonctionnement et 2.78% pour les besoins en équipement soit la moitié des besoins de fonctionnement. Cependant, les ressources mobilisées par le gouvernement au profit de la santé sont restées relativement faibles.

La faiblesse des ressources au niveau de la santé s'explique par une politique peu développée des pouvoirs publics.

Dans cette étude, notre analyse sur la santé se focalisera spécifiquement sur la santé maternelle et infantile à travers les services de vaccination et des soins de santé à travers la prévention des maladies (lutte contre le paludisme). Ce choix est motivé par la contrainte de disponibilité des données, mais se justifie également du point de vue des effets distributifs des dépenses publiques. En effet, la santé de la mère et de l'enfant est liée, et il est certain que l'état de santé de l'enfant aura un impact sur son état de santé une fois adulte et ses capacités à accumuler du capital humain. Bref,

améliorer la santé maternelle et infantile est bénéfique aux individus, mais aussi à la société en général du fait des externalités positives qui peuvent en résulter plus tard.

Les variations liées aux services de santé, aux soins maternelles et infantiles, puis des services de vaccination sont consignées dans les tableaux.

Tableau6: Variations des crédits affectés aux services de vaccination (11-23 mois)

Années

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Variations

 

1.018

1.021

1.041

1.15

1.20

1.31

Source: Calculs faits à partir des données du ministère de la santé publique

Tableau 7: Variations des crédits affectés à la lutte contre le paludisme

Années

 
 
 
 
 
 
 
 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Variations

 

1,045

1,035

1,056

1,15

1,21

1,19

Source: Calculs faits à partir des données du ministère de la santé publique

Il ressort que les dotations affectées aux services de la santé ici étudiées ont connu une évolution presque identique à celle des ressources affectées à la santé par le budget national. Elle est plus faible en 2000 et plus élevé en 2006. Malgré la faible part réservée par le budget national au secteur de la santé, les services utilisés ont quant à eux connu un accroissement peu relatif à partir de 2004 avec un taux de 15%, 20% et 31% au niveau des services de vaccination d'une part et d'autre part de 15%, 21% au niveau des services de lutte contre le paludisme ; mais avec un recule en 2006 au niveau de ce service avec un taux de 19%. Cela peut être dû à l'importance que porte l'Etat béninois à mobiliser les ressources vers ces services en vue d'améliorer le niveau de besoin substantiel des populations pour un mieux-être.

Tableau 8: Dotation des directions départementales de la santé de 2000 à 2006

 

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

Atacora /Donga

300209000

680755000

639922500

692562000

937515000

1178209000

955302000

Atlatique/Litto-ral

331175000

876689500

966969000

768112000

905370000

1047530000

1076779000

Alibori/Borgou

276012000

647349250

619510600

847971000

1122204000

1094223000

1005433000

Ouémé/Plateau

356107000

766320500

702310800

953370000

1024575000

1073425000

1011908000

Mono/Couffo

281535000

619155000

587143450

680643000

706336000

944716000

867618000

Zou/Collines

353722000

767098250

704497850

938954000

781891000

1122132000

968147000

Total

1898760000

1386253250

220354200

4881618000

5477891000

6460235000

5885187000

Source: DRFM/MSP

Les dotations départementales ont évolué de 1,898 milliards de 2000 à 4,881 milliards en 2003, puis de 5,477 milliards en 2004 à 6,460 milliards en 2005 avant de connaître une baisse en 2006 de 5,885 milliards. Bien que l'évolution soit erratique, il faut noter que depuis 2002, le seuil des 4 milliards est franchi, indiquant ainsi toute l'importance que le gouvernement accorde au niveau intermédiaire et périphérique de la pyramide sanitaire.

Graphe 4 : Part des dépenses d'éducation et de santé dans les dépenses totales de 2000 à 2006 (en milliard)

5E+11
5E+11
4E+11
4E+11
3E+11
3E+11
2E+11
2E+11
1E+11
5E+10
0

 

éducation

santé

dépenses totales

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006

Source: Réalisé à partir des données de la DGAE/MEF, de DNPP, de DSRP, de SCRP

Globalement, les parts affectées aux deux secteurs prioritaires du secteur social dans les dépenses totales ont connu une particularité au niveau de chaque secteur. Un accroissement du budget de l'Etat a favorisé un accroissement des dépenses au niveau des secteurs sociaux. Cela peut être dû à la prépondérance des objectifs fixés par les gouvernements dans le secteur de l'éducation et de la santé malgré la multiplicité des besoins ressentis par les autres secteurs. Ceci témoigne d'une politique sociale volontariste, destinée à i) accroître le niveau d'instruction des populations et en particulier des filles, ii) améliorer la santé de toutes les couches de la population, iii) accroître le revenu par tête d'habitants. Toutefois, des efforts restent encore à faire, car la part des dépenses sociales dans le budget national demeure très faible, surtout en éducation à travers la recherche, la construction d'infrastructure scolaire et la formation des cadres du système éducatif et puis en santé à travers la mise à jour du matériel d'hospitalisation, la construction de nouvelles zones sanitaires, la gratuité de certains services de santé.

-Evolution des indices de pauvreté (FGT)

Comme nous l'avons souligné dans l'introduction, la pauvreté a un caractère multidimensionnel. Elle peut en effet être analysée suivant une approche monétaire, en fonction du revenu ou de la dépense par tête ou suivant une approche non monétaire, fondée sur un indice composite de niveau de vie construit sur la base des conditions de vie et du patrimoine des ménages (in SCRP 2007, page45). Dans le présent document, les indices FGT ont été utilisés comme mesure de bien-être pour des raisons déjà évoquées dans le chapitre antérieur. Le graphique suivant présente l'évolution de ces indices de pauvreté tant au niveau national que départemental au cours des années correspondant à notre étude ont été réalisées des enquêtes ECVR, QUIBB et EMICoV.

Graphe5: Evolution des indices de pauvreté niveau national de 2000-2002-2006

0,35

0,25

0,15

0,05

0,4

0,3

0,2

0,1

0

2000 2002 2006

P0

P1

P2

Source: Réalisé à partir des données ECVR (1999/2000), QUIBB (2002), EMICoV (2006)

Les indicateurs renseignés sont issus de l'exploitation des bases de données des enquêtes réalisées auprès des ménages en utilisant les mêmes seuils de pauvreté

tout en tenant compte de l'inflation entre les périodes. Les sources utilisées concernent l'Enquête sur les conditions de vie des ménages ruraux, (ECVR2, 1999/2000), l'Enquête Légère Auprès des Ménages (ELAM 1999), le Questionnaire des Indicateurs de Base du Bien-être (QUIBB) de 2003 dont les informations sont relatives à l'année 2002 et l'Enquête Modulaire Intégrée sur les Conditions de vie des ménages en République du Bénin (EMICOV) dont les informations sont relatives à l'année 2006.

L'analyse de ce graphique montre qu'au cours des enquêtes effectuées au Bénin, les indices de pauvreté ont connu une évolution assez relative.

Globalement, la pauvreté monétaire s'est aggravée sur la période 1999/2000 à 2006. Au niveau national, l'incidence de la pauvreté monétaire (P0) a connu un léger recul passant de 29,6% en 1999/2000 à 28,4% en 2002. Par contre, on note un relèvement de celui-ci entre la période 2000-2006. Ainsi donc l'incidence de la pauvreté monétaire (P0) passe de 28,4% en 2002 à 37,5% en 2006. Parallèlement, l'indice de profondeur de la pauvreté (P1) a connu une faible augmentation, passant de 0,087 en 1999-2000 à 0,117 en 2006.

L'inégalité parmi les pauvres s'est aggravée au niveau national. Cette situation s'explique notamment par l'augmentation très marquée de l'indice de sévérité au sein des populations.

Graphe6 : Evolution des indices de pauvreté au niveau départemental de 2000- 2002-2006

0,45

0,35

0,25

0,15

0,05

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0

Alibori
Ata ro ra
Atlantique
Borqou
Co!lines
Couffo
Donqa
Littoral
Mono
Ouerne
Plateau
Zou
Alibori
Ata ro ra
Atlantique
Borqou
Collines
Couffo
Donga
Littoral
Mono
Ouerne
Plateau
Zou
Alibori
Ata ro ra
Atlantique
Borqou
Collines
Couffo
Donqa
Littoral
Mono
Ouerne
Plateau
Zou

2000

2002

2006

P0

P1

P2

Source : Réalisé à partir des données ECVR, QUIBB, EMIcOV

L'examen du graphique montre, à travers les enquêtes effectuées au Bénin que les indices de pauvreté ont connu une variabilité au niveau des départements. En 2000, le département du Borgou (45%) et du Couffo (47,20%) sont les départements qui contribuent le plus à l'incidence nationale de la pauvreté. On enregistre le même constat au niveau de la profondeur dans ces mêmes départements.

Cependant, l'inégalité parmi les pauvres est plus accentuée au niveau des départements de l'Atacora (16,05%) et du Littoral (9,15%).

En 2002, ce sont les départements de l'Atacora (43,5%), de la Donga (37,3%) et du Mono(39,8%) qui ont contribué le plus à l'incidence de la pauvreté, à la profondeur et à la sévérité de la pauvreté.

Les départements de l'Alibori (42,5%), du Couffo (40,4%), du Plateau(40,3%), et de l'Atlantique(39,6%) contribuent le plus à l'incidence nationale de la pauvreté en 2006. Le constat est pratiquement le même en ce qui concerne la profondeur et la sévérité de la pauvreté, sauf que le département du Borgou remplace celui de l'Alibori au sein des quatre départements contribuant le plus à la pauvreté nationale.

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