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Régimes de change et croissance économique: Une étude comparative entre Haà¯ti et la république dominicaine (1970-2004)

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par Richard Casimir
Université de Quisquéya - Maitrise 2006
  

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CONCLUSION

A travers cette étude, nous avons étudié la relation existant entre la nature du régime de taux de change adopté en Haïti et en République Dominicaine et la croissance économique. Nous avons, tout d'abord, commencé par étudier l'évolution du système monétaire international et abouti à la conclusion que celui-ci se révèle très dynamique. Du système d'étalon-or, passant par le système de Bretton-Woods (Régime de change fixe), on est parvenu à un système de change flottant. Dans la littérature économique, la relation existant entre le régime de change fixe et le régime de change flottant ouvre à débat. Partisans et adversaires de chacun des arrangements de change ont tenté de faire valoir les vertus de l'un et de faire ressortir les limites de l'autre. Les partisans du change fixe mettent en avant la crédibilité de celui-ci et accusent le régime de change flottant de générer plus d'inflation. Tandis que, pour les défenseurs du régime de change flexible, il protège l'économie contre les chocs venant de l'extérieur.

Cette étude s'est proposée d'investiguer l'influence des régimes de change fixe et flexible sur la croissance économique en Haïti et en République Dominicaine au cours de la période 1970 - 2004. Cet objectif nous a amené à formuler deux hypothèses :

o Le régime de change a influencé le niveau de la croissance économique en Haïti et en République Dominicaine au cours de la période sous étude.

o le régime de change fixe a davantage favorisé la croissance que le régime de change flottant.

Pour vérifier ces hypothèses, nous nous inspirons d'un modèle économétrique que Rizzo (1998) a utilisé dans le cadre d'une étude similaire réalisée pour l'Amérique Latine, l'Asie du Sud-Est et la Méditerranée. Ce modèle met en relation les différents arrangements de taux de change adoptés par ces pays, les différentes variables considérées comme les canaux de transmission de la croissance économique, et le logarithme du PIB.

Nous avons réalisé diverses régressions dont les résultats ont été présentés et analysés pour chacun des pays séparément. Les résultats montrent que le régime de change a bien une incidence sur la croissance du PIB. Cependant, s'agissant du sens et de la signification statistique de cette incidence, tout dépend des fondamentaux macroéconomiques du pays considéré et des politiques accompagnant le régime de change choisi. Par exemple, les régressions 5.1 et 5.2 indiquent que, dans le cas d'Haïti, le régime de taux de change fixe est associé à une croissance économique forte. L'augmentation du PIB assimilée au régime de change fixe oscille autour 7% contre une baisse symétrique pour le régime de change flexible. Néanmoins, un changement de régime de change s'accompagne généralement d'une réduction de la croissance économique. De plus amples recherches seraient nécessaires pour déterminer si ces résultats sont sensibles à une endogénéité possible des variables explicatives. Il serait tout à fait utile, également, que d'autres chercheurs intègrent dans ce genre de recherche une dummie pour tenir compte des périodes d'instabilité politique. Les troubles politiques, coïncidant avec l'adoption du régime de change flexible, peuvent bien fausser la tendance. Ainsi, les résultats trouvés dans le cas d'Haïti doivent être interprétés avec prudence.

Les résultats pour la République Dominicaine montrent que c'est l'inverse qui se produit. Selon les modèles 10.1 et 10.2, l'accroissement du PIB dû au régime de change flexible avoisine 14%, contre une baisse du même ordre pour le régime de change fixe. Ce résultat implique que la République Dominicaine a su profiter davantage du flottant de sa monnaie qu'Haïti. Cela s'explique par le fait que les autorités dominicaines ont appliqué des politiques susceptibles d'attirer des capitaux étrangers et être plus compétitif par rapport à Haïti dans certains domaines.

Bailliu (2002) a trouvé qu'il existe une relation positive entre le degré d'ouverture et le régime de change flexible. Nos résultats prouvent le contraire dans le cas d'Haïti. Il faudrait certainement ajouter la question de capacité de production et d'exportation, bref la compétitivité du pays par rapport au reste du monde. Néanmoins, les résultats que nous avons enregistrés dans le cas de la République Dominicaine sont conformes à ceux de Bailliu (op.cit.) et de Rizzo (1998).

En terme d'implication pour la politique de change notre propos se fonde sur deux considérations différentes :

· D'un point de vue purement théorique nous pensons qu'il serait difficile pour les deux pays de retourner au système de taux de change fixe pour au moins deux raisons. Premièrement, soutenir la parité exige beaucoup de réserves, ce dont les pays ne disposent pas. Deuxièmement, l'architecture du système monétaire international actuel n'est pas propice à une telle politique dans l'Ile. D'autant plus que Obstfeld et Rogoff (1995), est d'avis que les régimes de change fixe ont peu de chances de subsister étant donné l'intégration de plus en plus grande des marchés financiers. Ce type de régime de change représente une forme de garantie implicite et peut donc constituer une source d'aléa moral. Il peut conduire à des emprunts en devises non couverts et porter les engagements en devises des intermédiaires financiers et des sociétés non financières du pays concerné à des niveaux dangereusement élevés (Bailliu, 2002).

En conséquence, selon cette théorie, la politique de change flexible devrait se poursuivre. Cependant, pour tirer avantages d'un tel régime de change, certaines dispositions doivent être prises : Premièrement, les autorités doivent fixer les objectifs de politique économique. Deuxièmement, elles doivent doter les deux pays d'un marché financier bien développé (Bailliu, 2OO2). Troisièmement, ainsi que Laidler (1999) l'a souligné, elles doivent assortir le régime de change flottant d'un point d'ancrage nominal crédible afin d'assurer la «cohérence » du régime monétaire du pays. Quatrièmement, les deux pays devraient prendre des dispositions pour favoriser une meilleure coordination de l'action gouvernementale par la mise en place de structures qui répondent plus promptement et plus efficacement aux sollicitations des différents secteurs d'activités.

· Du point de vue pratique, les deux pays devraient trouver le moyen d'adopter un système de change fixe par rapport au dollar en vue de permettre aux agents économiques de conservant la valeur de leur richesse. Pour y parvenir, une démarche en trois étapes est suggérée aux autorités compétentes :

- Utiliser les dispositifs prévus dans les accords du CARICOM53(*)

- Négocier avec les Etats-Unis d'Amérique.

- Adopter une parité ajustable

Dans le cadre des accords du CARICOM, des fonds sont disponibles pour aider les pays membres à faire face au problème de réserves internationales. Se référant à ce principe Haïti pourrait faire face éventuellement aux problèmes de réserves en adoptant un système de change fixe par rapport au dollar. Bien entendu, ces fonds finiraient un jour par s'épuiser. Pour remédier à ce problème, les gouvernements des deux pays ont intérêt, comme par le passé, à négocier un accord de soutien avec les Etats-Unis d'Amérique. Cet accord devrait leur permettre de bénéficier, sur une période d'au moins cinquante ans, des prêts et des dons substantiels en vue de mettre en place toutes les structures possibles et imaginables pour une relance économique soutenue. De telles structures devraient normalement favoriser les investissements internes et externes, attirer les touristes, augmenter les exportations et les réserves internationales. Suite à cette phase de stabilisation, les autorités devraient adopter un régime de change fixe ajustable. Cette démarche est très importante dans la mesure où les monnaies locales pourraient être sous-évaluées par l'ancienne parité. Ainsi, il faudrait ajuster la parité de temps en temps pour tenir de la nouvelle réalité.

* 53 Cette option concerne seulement Haïti car la République Dominicaine n'est pas membre du CARICOM

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore