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Entre convention alpine, directive territoriale d'aménagement des Alpes du nord et initiatives locales, quelles perspectives pour les politiques foncières volontaristes dans les Alpes ?


par Nathalie MOYON
Université Joseph Fourier (Grenoble1), Institut de Géographie Alpine - Master 2 Recherche Villes, Territoires et Durabilité 2009
  

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1.3. « Personne n'a intérêt à scier la branche sur laquelle il s'assoit »

La définition du développement durable (« sustainable development ») communément admise est celle du rapport Brundtland de 1987 : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d'accorder la plus grande priorité, et l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir »360(*).

Les acteurs locaux rencontrés dans le cadre de l'étude sont concernés par les questions foncières sur le territoire des Alpes du Nord : à l'unanimité, ils constatent que, globalement, les mentalités ont évolué vers une prise de conscience progressive de la nécessité de considérer dorénavant le foncier comme une ressource rare et non renouvelable qu'il faut donc économiser. Suivant des injonctions diverses, crise alimentaire ou financière, destruction des paysages et de la biodiversité et même lutte contre le changement climatique, la notion de développement durable rend audible la multitude des enjeux fonciers. Ainsi, elle a sans doute permis une prise de conscience plus large et plus rapide des enjeux qui pèsent aujourd'hui sur la ressource foncière.

L'extrait suivant permet d'illustrer cette prise de conscience en faveur d'une meilleure gestion foncière, à travers le regard d'un maire du Trièves (38)361(*) :

« Les temps changent, et c'est tant mieux. Il y a de cela dix ou quinze ans, si une entreprise projetait de venir s'installer chez nous, nous étions prêts à lui offrir le plus beau terrain de la commune. Le spectre de l'exode n'était encore pas si loin et le développement économique, sous n'importe quelle forme, semblait être la première des richesses pour un territoire comme le nôtre.

Aujourd'hui, on n'a pas complètement changé d'avis, mais on a radicalement changé de raisonnement. On est capable d'expliquer à un entrepreneur qu'il est de son intérêt, comme de l'intérêt collectif, de respecter la qualité de l'endroit où il s'installe. Personne n'a intérêt à scier la branche sur laquelle il s'assoit.

Avant, on disait : "ce n'est pas la place qui manque !" Aujourd'hui, on affirme qu'en matière de paysage, c'est le "vide" qui révèle le "plein" et vice-versa ; et la zone d'équilibre entre les deux est plutôt mince...[...] Ce n'est pas toujours facile de déclasser des terrains qui avaient été déclarés constructibles "avant"...

Il faut pouvoir s'appuyer sur des arguments solides pour négocier... et le sens de l'intérêt commun, la philosophie supra-communale qui justifie ces contraintes nouvelles, ne font pas recette à tous les coups...

C'est comme pour tout : il vaut mieux être très nombreux à jouer le jeu pour venir à bout des individualismes. »

* 360 Définition Wikipedia [En ligne]. Disponible sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable (consulté le 02/09/10)

* 361 DAVID-CAVAZ Bernard, Paroles..., Brochure du CAUE de l'Isère, page sur le Trièves, le pays des âmes fortes - Paroles de maires, s.l.n.d.

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