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La politique étrangère des Etats Unis d'Amérique vis-à -vis de la République Démocratique du Congo: de 1990 à  2006

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par Mahatma Julien Tazi K. Tien-a-be
Université de Kinshasa - Diplome d'Etudes Supérieures en Relations Internationales 2009
  

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5. Les sociétés multinationales

Les sociétés multinationales américaines et les hommes d'affaires sont des intervenants non négligeables dans les relations bilatérales. Les grandes sociétés américaines ont dans le passé joué un rôle important de lobbying auprès de l'Administration américaine, comme ce fut le cas lors du vote de l'amendement Byrd ; ou encore pour que les États-Unis usent de leur droit de veto à l'ONU contre l'imposition de sanctions contre l'Afrique du Sud blanche. Adepte de la realpolitik, une compagnie comme Gulf Oil continua à exploiter les gisements de pétrole de Cabinda, enclave angolaise située entre la RDC et le Congo- Brazzaville, en étant protégée par les troupes cubaines venues soutenir le MPLA pro marxiste. Souvent accusées d'impérialisme par leurs détracteurs, les multinationales américaines qui maximisaient leurs profits dans des pays recelant, des matières premières, conduisirent indirectement à l'adoption de mesures favorables aux Noirs d'Afrique du Sud. Ce fut le cas des « principes Sullivan », du nom du révérend noir américain qui les codifia. Ceux-ci avaient pour but d'imposer aux firmes américaines présentes en République sud- africaine une égalité de traitement entre les employés blancs et les autres (62(*)).

Une fois la règle de la majorité adoptée sur tout le continent africain, les hommes d'affaires américains menèrent des actions plus traditionnelles, comme la création en 1992 du Corporate Council on Africa. Cette organisation est supposée développer les liens entre les hommes d'affaires des deux côtés de l'Atlantique et conduire des missions commerciales américaines en Afrique, en collaboration, entre autres, avec le Congrès. Toutefois, l'idéal de la « bonne gouvernance » habite toujours la communauté américaine des affaires, notamment dans des pays comme le Nigeria, le Soudan ou le Zimbabwe.

Derniers intervenants de poids dans la politique étrangère de l'Amérique vis-à-vis de l'Afrique, les think tanks et autres cabinets de relations publiques. Les premiers servent de viviers aux partis politiques américains : Heritage Foundation créée en 1973, spécialisée dans les questions économiques, de politique africaine et de défense, est traditionnellement proche des Républicains. Le Centre international d'études stratégiques, est quant à lui, plus proche des Démocrates. Les groupes de pression et les cabinets de relations publiques ont quant à eux connu leur heure de gloire pendant la guerre froide. Les lobbies katangais, biafrais, portugais, rhodésiens, sud-africains, de l'UNITA, du FNLA ont figuré parmi les plus actifs. De nombreux pays africains indépendants ont, quant à eux, dépensé des sommes colossales pour améliorer leur image de marque aux États-Unis. Mais leur impact véritable sur les autorités américaines et sur l'opinion publique s'est révélé décevant. À telle enseigne que le nombre de lobbies est en constante diminution. De 2 079 en 1991, leur nombre est passé à 857 en 1997 (63(*)).

Formant une nébuleuse aux contours assez flous, les intervenants non gouvernementaux interviennent dans des domaines assez diversifiés, et leur efficacité a évolué en fonction des périodes et des conflits. Toutefois, ce sont quasiment les mêmes qui depuis des décennies interviennent en Afrique ou au sujet de l'Afrique. Les intérêts qui motivent l'implication de l'Amérique sur le continent noir, s'ils sont toujours ceux d'une grande puissance soucieuse de son approvisionnement en matières premières et de sa sécurité, ceux-ci ont évolué notablement depuis la chute du rideau de fer et la compétition directe ou frontale avec l'Union soviétique. Certes, la tentation communiste n'est plus d'actualité en Afrique, mais à l'heure actuelle les menaces sont diffuses et multiples. Elles peuvent émaner de pays très peuplés et en pleine montée en puissance, comme la Chine (64(*)) et l'Inde ou peuvent être le fait d'États en collapsus, qui empêcheraient l'exploitation et l'acheminement des matières premières vers ce qui demeure la plus grande puissance planétaire.

* 62AICARDI de Saint-Paul, M., op.cit , pp. 97-98.

* 63 BUNDUKU-LATHA, op. cit., p.61.

* 64 AICARDI De SAINT-PAUL, M., « La Chine et l'Afrique : entre désengagement et intérêt », in Géopolitique Africaine, avril 2007, pp. 51-65

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