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Typologie des forêts denses des environs de Kisangani en RDC par une méthode d'analyse phytosociologique multistrate

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par Janvier LISINGO WA LISINGO
Université de Kisangani RDC - Diplôme d'études approfondies (DEA ) en gestion de la biodiversité et aménagement forestier durable 2009
  

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INTRODUCTION

0.1. Cadre scientifique de l'étude

En milieu forestier tropical, la multiplicité des espèces et les curieuses morphologies qu'on y rencontre (contrefort, lianes, regroupement préférentiel des espèces) donnent généralement l'impression d'une certaine anarchie et d'un mélange confus d'espèces. Ce qui a pour conséquence, la difficulté dans la perception des lois qui gouvernent l'organisation de ces forêts et qui nécessite une connaissance approfondie des espèces et une maitrise des paramètres environnementaux qui influencent cette organisation en vue d'amorcer un plan d'aménagement cohérent relevant d'un grand nombre de mesure (Fournier & Sasson, 1983).

Les débats scientifiques au sujet des processus déterminant l'organisation spatiale de la diversité végétale et de l'importance à prendre en compte les facteurs environnementaux dans la typologie des forêts tropicales denses se heurtent à des difficultés d'approche méthodologique qui permettrait, au regard des résultats obtenus une bonne caractérisation des groupements forestiers.

Ainsi, dans le cadre de l'aménagement durable et de gestion rationnelle des écosystèmes forestiers tropicaux en général et des entités mises en réserves en particulier, il nous a paru opportun par une approche typologique et d'analyses multivariées des corrélations entre la composition floristique et les facteurs environnementaux, d'apporter les éléments de base qui contribueront à soutenir la vision d'une gestion rationnelle définie par le projet REAFOR et dans laquelle plusieurs organisations tant nationales (INERA, Université de Kisangani) qu'internationales (CIFOR, FAO, CIRAD) sont impliquées grâce au financement de l'Union Européenne.

Il convient de signaler que dans le cadre du projet REAFOR, l'implantation d'un important dispositif permanent de recherche en écologie forestière, au regard du caractère intact du massif forestier dans le territoire d'Ubundu en RDC, justifie notre choix sur la réserve de Yoko et la forêt de Biaro.

0.2. Généralités sur les forêts tropicales

Les forêts tropicales se repartissent entre le tropique du cancer et le tropique du capricorne, dans une bande de plus ou moins 23,5° autours de l'équateur (Chave, 2000). On les retrouve en Amérique (forêt néotropicale), en Afrique, en Asie et en Océanie (forêt paléotropicale).

Ces forêts sont définies comme des formations végétales fermées où les houppiers des arbres se touchent (Aubreville, 1957 ; Trochain, 1951).

L'existence de ce type de végétation est étroitement liée aux climats humides et chauds, caractérisés par une moyenne de température comprise entre 20 et 27° C (Alexandre, 1980).

Ces formations végétales comportent 2 variantes qui sont dictées par le régime pluviométrique : d'une part, les forêts denses sempervirentes dont la majorité des arbres restent feuillies pendant toute l'année et d'autre part, les forêts denses semi-décidues, où une partie des arbres perdent plus ou moins totalement leurs feuilles durant les périodes les plus sèches de l'année (4-6 mois).

Loin d'être une simple juxtaposition d'arbres, ces forêts sont une combinaison des composantes végétales, animales, édaphiques et climatiques en perpétuelles interactions (Guillaumet & Kahn, 1979).

Ce qui fait leur singularité et qui est l'objet de bien des recherches scientifiques, c'est l'extraordinaire complexité et diversité des moyens par lesquels les plantes accomplissent leurs fonctions vitales. Complexité, non seulement dans leur composition spécifique (Richards 1952), mais aussi par la présence d'une variété de niches écologiques et d'habitats. Ce qui se traduit par une hétérogénéité qui caractérise cet écosystème, expression des multiples interactions entre les espèces et leur environnement (Longman et Jenik, 1987 ; Puig, 2002 ; Fongnzossié & al. 2008 ; Pascal & Pélissier 1996).

En Afrique centrale, les situations forestières, appréciées en termes de surfaces forestières et de l'état sanitaire des forêts sont différentes selon les pays. La République démocratique du Congo comprend la majorité des forêts denses de l'Afrique centrale. Ce qui correspond à environs 108339 hectares de forêts qui abritent de nombreuses espèces végétales et animales avec un taux d'endémisme très élevé, mais avec un taux de déforestation annuel évalué à - 0,26% (le plus élevé dans la région) (CIFOR & al. 2007).

Ces formations forestières dynamiques sont caractérisées à l'état climacique par des essences arborescentes bien typiques dont certaines présentent de valeur économique importante. Elle fait partie d'une poignée des pays dans le monde arborant une biodiversité exceptionnelle, appelée «méga biodiversité» : Plus de 11000 espèces de plantes, 409 espèces de mammifères, 1086 espèces d'oiseaux, 1069 espèces de poissons etc. Les aires protégées couvrent 10% du territoire national et comprennent 5 sites inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO (IUCN, 1989). Mais, Comparativement aux potentialités du pays, l'exploitation forestière est restée jusqu'ici modeste étant donné les conditions socio-économiques que traverse le pays. Il est néanmoins probable que la valorisation des ressources forestières augmente dans les prochaines années d'autant plus le pays doit faire face d'une part aux enjeux de développement et d'autre part résoudre le problème de la population en croissance.

Dans l'optique de la gestion durable de l'environnement, ces forêts contribuent à l'objectif de préservation de la biodiversité, des ressources en eau (70% de grand bassin versant du fleuve Congo), et offrent également d'importantes opportunités des services environnementaux précieux tels que la séquestration de carbone.

Ce rôle planétaire se justifie dans le domaine de l'équilibre écologique du globe car la destruction de forêts tropicales conduit à l'effet de serre dont l'humanité se préoccupe (Lomba 2007).

La richesse écologique et économique des forêts tropicales stimule de nombreuses recherches ayant pour l'objet de mieux comprendre ses origines, les mécanismes de son maintien et de sa gestion dans l'optique d'un développement durable.

Ces recherches se sont très vite imposées face aux menaces économiques et écologiques directement liées à la disparition rapide de la réserve mondiale de forêts tropicales (Dupuy, 1989).

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