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La "zinneke parade " :objectifs, moyens, difficultés et résultats


par Amandine Dooms
Université libre de Bruxelles - Licénciée en information et communication, médiation socio- culturelle 2003
  

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INTRODUCTION 4

INTÉRÊT DE L'ÉVÉNEMENT 4

SUJET D'ÉTUDE ET MÉTHODE DE TRAVAIL 4

CONTEXTE URBAIN 6

DÉVELOPPEMENT CULTUREL URBAIN À BRUXELLES 7

1. INFORMATIONS GÉNÉRALES 9

1.1. HISTORIQUE 9

1.1.1. Le carnaval de Mirko Popovitch 9

1.1.2. Bruxelles 2000 11

1.1.3. Inscription dans la continuité 12

1.2. ORGANISATION 14

1.2.1. L'asbl 14

L'Assemblée Générale 14

Le Conseil d'Administration 15

L'équipe 15

Le groupe pilote 16

Le réseau artistique 16

Le réseau de coordination des agents Z 17

1.2.2. Les zinnopôles 17

Répartition géographique 17

Organisation 18

Coordination artistique 19

1.2.3. Les zinnodes 20

1.2.4. Les associations 25

1.2.5. Les participants 28

2. LES OBJECTIFS 30

2.1. AU NIVEAU DE L'ASBL 30

2.1.1. Les objectifs politiques 30

2.1.2. Les objectifs concrets 31

2.2. AU NIVEAU DES ZINNOPÔLES 32

2.2.1. Objectifs des équipes de coordination 32

2.2.2. Différences entre les zinnopôles 33

2.2.3. Objectifs des associations porteuses de zinnopôle 34

2.3. AU NIVEAU DES ASSOCIATIONS 35

2.4. AU NIVEAU DES PARTICIPANTS 35

3. LES MOYENS 37

3.1. AU NIVEAU DE L'ASBL 37

3.1.1. Subventions 37

3.1.2. Le réseau 40

3.1.3. Réunions et résolution des conflits 41

3.1.4. Bara 42

3.1.5. Les coordinateurs artistiques 43

3.2. AU NIVEAU DES ZINNOPÔLES 44

3.2.1. Méthodes et moyens globaux 44

Coordinateurs associatifs 45

Producteurs 46

3.2.2. Différences entre les zinnopôles 48

3.2.2.1. Différences d'organisation entre les zinnopôles 48

3.2.2.2. Différences dans le travail de pôle des coordinateurs artistiques 53

3.3. AU NIVEAU DES ASSOCIATIONS 63

3.4. AU NIVEAU DES PARTICIPANTS 65

3.5. LES RELATIONS INTERNATIONALES 65

3.6. LE JOUR Z 68

4. LES DIFFICULTÉS 70

4.1. SUBVENTIONS 70

4.2. PARTICIPATION 73

4.3. ARTISTIQUE 75

4.4. COLLABORATION 81

4.5. COMMUNICATION 87

4.6. LE RÉSEAU 88

5. LES RÉSULTATS 93

CONCLUSION 96

BIBLIOGRAPHIE 101

SITES INTERNETS 102

LISTE DES INTERVIEWS (PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE) 103

ANNEXES 105

INTRODUCTION

Intérêt de l'événement

« La Zinneke fait partie des choses qu'on doit avoir faites en tant que bruxellois ». Voilà ce qu'on peut désormais entendre dans les rues de la capitale. La Zinneke Parade est en quelques années devenue un événement bruxellois important et reconnu. En effet, elle rassemble plus de 250 associations de Bruxelles et au-delà et regroupe plus de 3500 participants qui travaillent pendant au moins 6 mois à la préparation du jour Z. La Parade regardée par plus de 200.000 spectateurs et bien plus encore de téléspectateurs. L'événement prend donc de l'importance par son ampleur, mais aussi par sa qualité : une trentaine d'artistes tentent d'en faire une oeuvre d'art qui prend une importance symbolique par la prise de possession de la ville littéralement envahie en son centre par ce large événement socio-artistique. L'occupation de l'espace urbain d'habitude réservé au monde des machines réhumanise la ville l'espace de quelques heures. Plus qu'une simple fête, on assiste alors à une réelle affirmation politique (Cf. : 2.1.1.).

Sujet d'étude et méthode de travail

Le 25 mai 2002, je me trouvais sur le boulevard Anspach, malgré le début de la session d'examen, pour ne pas rater une deuxième fois la fameuse Zinneke Parade. Le temps m'était compté, j'ai donc remonter le cortège afin d'en voir une majorité. Cette urgence n'a pas suffi à dissiper les sentiments d'admiration et d'émerveillement que j'ai pu ressentir face à ce spectacle. De quoi motiver une étude du sujet...

Au début de mon étude, je pensais me concentrer sur la parade de 2002. Il me semblait en effet difficile d'étudier pour le 15 mai (date de remise de la première session) une parade ayant lieu une semaine plus tôt. Mais au cours de mes observations, je me suis rendu compte que les informations récoltées au sein de l'action étaient primordiales pour une bonne compréhension du processus. J'ai donc réorienté mon étude sur un fonctionnement général de la Zinneke, reprenant des informations concernant la Zinneke de 2002 sur laquelle a porté une partie

importante de mes interviews et sur celle de 2004 que j'ai pu vivre en direct pendant plus de 4 mois.

Mon étude est donc basée d'une part sur des interviews individuelles d'organisateurs, d'artistes et de participants et d'autre part sur mon observation participante du 18 janvier au 20 mai au sein de l'équipe de coordination du zinnopôle sud-ouest d'Anderlecht. Je me suis également basée sur quelques écrits et sur le web pour trouver des informations supplémentaires mais les documents pertinents ne furent pas nombreux.

Les interviews se sont passées pour la plupart en tête à tête lorsqu'il s'agissait de récolter des informations narratives sur l'histoire de la parade et son déroulement actuel. Ces interviews furent enregistrées sur MD afin que je puisse me concentrer sur la discussion et les points à approfondir. Bien sûr, je n'ai pas échappé au coup classique de l'enregistrement raté et j'ai dû tantôt refaire une interview tantôt me fier à ma mémoire. Certaines interviews ont eu lieu par e-mail ou téléphone faute de temps de la part de mes interlocuteurs.

Il est évident que l'interprétation des faits par mes interlocuteurs est subjective et qu'ils ont parfois pu vouloir faire bonne figure ou avoir un discours plus en corrélation avec les idéaux à atteindre que la réalité des faits. Il me semble particulièrement difficile de toujours déceler ces biais. J'ai essayé d'approcher une certaine objectivité par le recoupement d'interviews et la confrontation des déclarations à la réalité que j'aie pu moi-même observer. Cependant, mon observation ne fut intense qu'au sein du zinnopôle sud-ouest. Les informations concernant les autres zinnopôles sont donc principalement basées sur le contenu des interviews sans que j'ai pu faire cette vérification sur le terrain. Cependant, ces informations n'ont été utilisées dans l'étude qui suit que lorsqu'elles me semblaient suffisamment pertinentes et, de préférence, répétées par plusieurs sources.

J'ai également fait des interviews collectives de participants au cours des ateliers, des répétitions et le jour Z afin de récolter leurs impressions et leurs envies.

Au cours de mon stage, j'ai participé aux diverses réunions : celles de l'asbl regroupant tantôt uniquement les agents Z, tantôt seulement les artistes des zinnopôles, tantôt les deux ainsi que les directeurs d'association porteuse de zinnopôle ; celles ayant lieu au sein zinnopôle sud-ouest soit avec juste le staff de coordination, soit tous les porteurs de zinnodes, soit encore les représentants de la zinnode E-volution@bru.be. (Cf. : 1.2.2.). J'ai également assisté aux différents

ateliers du zinnopôle ainsi qu'aux répétitions générales. Toutes ces heures d'observation m'ont permis de bien comprendre le fonctionnement de l'organisation et d'y déceler quelques dysfonctionnements et contresens que j'ai alors pu aborder dans mes interviews.

Dans le texte qui suit, les références aux personnes interviewées sont présentes lorsque l'information est un avis original ou se rapporte à un événement précis que je n'ai pu observer personnellement. Cependant, j'ai évité de nommer la source lorsque l'information ou la critique donnée pouvait causer du tort à l'interviewé dans ses relations de travail ou lorsque l'anonymat a été clairement demandé1.

J'ai tenté au cours de cette étude de cerner les objectifs des différents niveaux d'organisation de la Zinneke Parade, de comprendre par quels moyens ils tentaient de les atteindre et avec quelles difficultés et enfin de confronter ces objectifs avec les résultats.

Contexte urbain

La Zinneke Parade s'inscrit dès l'origine dans la ville de Bruxelles. Elle se base sur sa mixité et sur sa géographie. En effet, Bruxelles 2000, cadre dans lequel se développe la parade, met un accent particulier sur la ville, sa structuration sociale et urbanistique.

Bruxelles correspond d'ailleurs bien à la Zinneke. Son histoire de centre de commerce et d'administration ne lui a que peu permis de développer une culture populaire propre ce qui n'encouragea pas les immigrants à se détacher de leurs racines ethniques. La population de Bruxelles est en effet fort diversifiée et l'immigration s'est faite en plusieurs vagues avec les rotations de main-d'oeuvre étrangère et le développement de la ville comme centre de l'UE.2 On a donc maintenant une population bruxelloise d'environ 990000 habitants dont 28,4 % sont d'origine étrangère, la majorité d'entre eux étant marocains (69000) suivi des français (38200), des italiens (28300), des espagnols (20700) et des turcs (19600) 3 ,.... Les habitants originaires des pays du bassin méditerranéen se

1 On ne m'a que très rarement demandé l'anonymat et seulement sur quelques réponses données pendant l'entretien, jamais sur l'entièreté de l'interview.

2 Delforge F. La zinneke parade 2002, P.30

3 http://www.eurobru.com/populext.htm «les bruxellois venus d'ailleurs » INS 2003

concentrent plus dans le centre alors que les eurocrates, les américains et les japonais, plus nantis, sont plus répandus avec une préférence pour le sud-est de la ville. 40 % des ménages bruxellois habitent des quartiers défavorisés alors même que la Région Bruxelles-Capitale est une des plus riches de l'UE4.

Face à cette diversité, il serait intéressant de construire une politique multiculturelle commune permettant le respect de chacun et les interactions collectives. Malheureusement, Bruxelles est soumise à une configuration politique des plus complexes entre la Région Bruxelles-Capitale et les Commissions Communautaires francophone et néerlandophone, sans parler de la division en 19 communes érigées comme « autant de baronnies locales perpétuant les scissions spatiales de l'inégalité sociale >> 5 . La présence d'un nombre impressionnant d'associations socioculturelles sur le territoire bruxellois ne simplifie pas non plus la situation tant les acteurs sont diversifiés et nombreux.

Développement culturel urbain à Bruxelles

Dans les années 60, Bruxelles a connu, selon Marcel Rijdams, une période triste de démolition et d'expulsion, avec un développement immobilier de bureau qui tuait progressivement la vie culturelle bruxelloise. La gestion urbanistique de Bruxelles proche de celle qu'on trouve dans « les républiques bananières, menée par des escrocs se remplissant les poches >>6 a stimulé un mouvement de révolte qui a mené au développement d'initiatives locales de défense du quartier. Ces associations se sont développées donnant petit à petit naissance à une réelle action sociale mais qui fut jusqu'aux années 90 sans résultats probants. A ce moment, s'est en effet développé un certain réveil politique qui a mené à des décisions de changements vers 1995.

Depuis, de nombreuses initiatives culturelles prennent de l'ampleur et redonnent à la ville de Bruxelles la notion de fête qu'elle mérite7.

Ainsi, il suffit de regarder l'agenda culturel de cet été pour réaliser à quel point
l'espace urbain est réinvesti par le culturel : l'Euroferia Andaluza, qui en est à sa

4 Delforge F. op.cit. 2002, P.30-31

5 Delforge F. op.cit. 2002, P.32

6 Interview de Marcel Rijdams du 27/04/04

7 Idem

douzième édition, investit le parc de la basilique de Koelkelberg avec des spectacles et des concerts folkloriques andalous dans des bonnes odeurs typiquement espagnoles. La Lesbian and Gay Pride investit les mêmes boulevards que la Zinneke Parade avec ses 15000 participants plus ou moins revendicatifs ou jouant le jeu de la provocation. Bruxelles-les-bains propose depuis l'année passée une plage sur les bords du canal avec des nombreux et divers concerts et des activités balnéaires. Le Jazz Marathon (9 éditions) propose un week-end de concerts intérieurs et extérieurs dans tout Bruxelles. Eur'ritmix fait de même sur les places du centre pendant quatre jours. Le Cambre Music festival propose de la musique classique et jazz quatre dimanche de suite au milieu du bois de la Cambre. Le cinéma Nova organise projections et concerts au cours de son plein open air dans la cité administrative. Le concept de nuit blanche fait son chemin en voulant réconcilier les citadins avec le monde de la nuit et réduire la crainte de l'insécurité nocturne en animant les rues8. Carl de Moncharline lance des opérations destinées à favoriser les relations entre bruxellois avec sa Roller Parade qui permet à tous les patineurs de se retrouver les vendredis soirs d'été pour parcourir ensemble les boulevards sur 20 km, et avec « les immeubles en fête » qui encouragent les voisins de rue à boire un verre en discutant sur leur trottoir l'espace d'une soirée. On retrouve aussi les appels et propositions des Espaces Speculoos pour développer les arts de la rue dans le centre pendant l'été. A cela s'ajoutent tous les festivals particulièrement florissants, ainsi que les initiatives toujours plus nombreuses des établissements culturels tels que le Beursschowburg, le palais des Beaux Arts, le Théâtre National,... Difficile de tout citer, tant les exemples sont nombreux. Evidemment, dans ce melting-pot d'événements culturels, certains sont plus reconnus, plus sociaux ou plus efficaces à long terme que d'autres. Certains ne visent que le divertissement, d'autres pensent aux enjeux socioculturels qu'ils véhiculent. Mais tous animent la capitale et la rendent plus festive que jamais.

8 La nuit blanche qui a eu lieu en 2002 et 2003 a malheureusement essuyé un déficit dont elle semble ne pas encore se relever, par contre, le concept a été repris notamment à Woluwe-Saint-Lambert.

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