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Impacts socio- économiques du projet Riz Centre sur les conditions de vie des paysans. Le cas des périmètres irrigués de Yamoussoukro

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par Danielle KOUADIO
Institut de formation à  la haute expertise de recherche (IFHER ) - Master 2 en économie de l'aménagement du territoire et du développement local 2010
  

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I-2) Le niveau moyen de revenu par paysan au prix d'achat de 200 F.CFA/kg

Tableau 11 : Répartition du niveau de revenu net moyen par paysan

Effectif

%

Revenu brut

Charges

Revenu net

12

13,33

416.000

182.474

233.526

25

27,77

1.096.000

522.552

573.448

16

17,77

1.612.000

597.366

1.014.634

18

20

2.280.000

1.037.306

1.242.694

9

10

4.808.000

1.019.532

3.788.468

6

6,66

5.860.000

1.338.672

4.521.328

4

4,44

6.420.000

1.381.252

5.038.748

90

100

22.492.000

6.079.154

16.412.846

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête indiquent qu'au prix d'achat du riz de 200 f.CFA, le revenu brut total de 90 paysans interrogés est de 22.492.000 f.CFA. Les charges se chiffrent à 6.079.154 f.CFA. Le revenu net est de 16.412.846 f.CFA. Cependant, en analysant le revenu net par groupes de paysans, nous remarquons une différence notable qui va, pour le revenu brut de 416.000 f.CFA à 6.420.000 f.CFA et pour le revenu net de 233.526 f.CFA à 5.038.748 f.CFA La répartition moyenne des charges par groupe de paysans va de 182.474 f.CFA à 1.381.252 f.CFA (Tableau 11).

L'une des innovations notables que le projet apporte dans la vie des paysans est le passage d'une structure annuelle de revenus à une structure quasiment journalière de revenus. La masse monétaire réelle que brassent les paysans au cours d'une année est loin d'être parfaitement connue, compte tenu des ventes parallèles qui échappent au contrôle des données statistiques.

Les charges des paysans se répartissent en dépenses d'achat d'outil ou de matériel de travail, de main d'oeuvre, de produits d'entretien des parcelles et même de crédits.

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I-3) Comparaison du niveau de revenu avant et après projet

Aucune statistique du niveau de revenu des paysans avant l'adoption de la riziculture irriguée n'est fiable, en raison de l'agriculture d'autoconsommation qui a prédominé avant la mise en place du projet. Les principales cultures portaient sur l'igname, la banane plantain, le manioc et les agrumes. Par conséquent, il est difficile d'établir une comparaison scientifique entre le niveau de production de ces cultures et celui du riz. Néanmoins, selon les paysans eux-mêmes les revenus tirés de la culture du riz irrigué sont nettement supérieurs à ceux issus des autres cultures telles que l'igname. Par ailleurs, le `'Projet riz centre» se justifie davantage par rapport à la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Depuis la pratique de la riziculture irriguée les paysans perçoivent des revenus assez significatifs qui permettent de subvenir à d'autres types de besoins.

I-4) L'affectation des revenus nets tirés de la vente du riz

Tableau 12 : Répartition des postes de dépenses

Poste de dépenses

Eff avant projet

%

Eff avant projet

%

Achat de produits consommables

90

100

87

96,66

Achat d'appareils électroménagers

4

4,44

25

35,55

Outils de travail

2

2,22

6

6,66

Nombre d'enfants scolarisés

60

66,66

82

91,11

Payement de dettes contractées

50

55,55

90

100

Frais de mariage

2

2,22

10

11,11

Frais de décès

3

3,33

20

22,22

Cotisation pour le développement du village

6

6,66

50

55,55

Achat d'un vélo

23

25,55

40

44,44

Achat de moto

9

10

9

10

Achat d'un véhicule

1

1,11

2

2,22

Source : Enquête, 2011

Les résultats de l'enquête montrent que les principaux postes de dépenses des paysans portent sur les achats divers de produits d'entretien,

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les appareils électroménagers, les moyens de déplacement, les frais de scolarisation, le social et le payement des dettes.

En comparant les postes de dépenses d'avant projet et ceux d'après projet, nous remarquons une nette évolution de la condition paysanne (Tableau 12).

Le pourcentage d'individus qui achètent les appareils électroménagers a connu une hausse de 31,11%. Les moyens financiers étant désormais présents, les populations pensent à satisfaire leurs besoins en électroménagers. Les outils de travail sont constitués de faucheuse, de bâches pour sécher le riz, de vanneuse etc. Les dépenses pour les frais de scolarisation ont augmenté de 24,45%. Cela est dû au fait de l'augmentation du nombre d'enfants.

Dans l'ensemble des paysans enquêtés arrivent à rembourser les dettes contractées. Les riziculteurs vivent pour la plus grande majorité, en concubinage. Le pourcentage de mariage légal est passé de 2,22% à 11,11%. Le mariage civil n'est pas encore encré dans les coutumes en Afrique. Le taux de riziculteurs dépensant dans les décès a connu une hausse de 18,89%. Une hausse significative de 48,89% a été notée au niveau de la participation au développement. L'ensemble des moyens de déplacement a connu une évolution de 22,22% signifiant ainsi le désir des paysans à faciliter l'accès à leurs parcelles. Cette évolution positive des postes de dépenses est incontestablement due aux revenus substantiels issus de la culture du riz. Le niveau de revenu a une incidence sur la participation des paysans au développement local.

Tableau 13 : Répartition des paysans en fonction de leur participation ou non au développement local

Réponse

Eff avant
projet

%

Eff après
projet

%

Oui

6

6,66

50

55,55

Non

84

93,33

40

44,44

Total

90

100

90

100

Source : Enquête, 2011

Avant la mise en place du projet, seulement 6 personnes, soit 6,66% des paysans enquêtés levaient des cotisations pour le développement local contre 84 (93,33%). Après le projet, le nombre de participants est passé à 50

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(55,55%) contre 40, soit 44,44% (Tableau 13). L'augmentation du pouvoir d'achats du plus grand nombre de paysans modifie la répartition et l'organisation du pouvoir politique local (Tableau 13).

En effet, l'économie marchande introduite par le projet riz centre modifie les relations au sein des groupes sociaux et l'ordre social traditionnel et coutumier. Le projet riz centre a donné la possibilité au plus grand nombre de paysans, quelque soit le rang social de sortir de l'anonymat par le travail. Cette situation a fait naître une nouvelle hiérarchie sociale fondée non plus sur le droit d'aînesse, les attributs sociaux, mais plutôt sur le pouvoir financier.

Dans l'ensemble, l'influence des `'nouveaux riches» sape, le plus souvent l'autorité des chefs traditionnels. Il joue un rôle de premier plan à tous les niveaux de la vie sociale. C'est à eux qu'on demande, généralement des crédits, des avances pour le financement de certains projets communautaires, l'organisation des réceptions d'officiels, le transfert d'un malade ou la mise en route d'élèves et écoliers pendant l'ouverture des classes.

Il convient de signaler que dans la nouvelle vie socio-économique, les paysans font de nombreuses dépenses somptuaires et occasionnelles. En effet en Afrique, la solidarité sociale voudrait que toute personne en deuil, par exemple trouve assistance auprès des autres membres de la communauté. Ainsi, tout individu, exception faite aux enfants doit participer financièrement aux obsèques. Cette contribution concerne l'organisation des funérailles. Le principe est le même quand il s'agit du mariage d'un membre de la communauté, surtout quand c'est l'individu lui-même qui se donne l'occasion de se marier pour la première fois ou de se prendre une deuxième, voire troisième épouse.

En outre, chaque fin de cycle de production constitue une traite pour les paysans qui coïncide avec des moments festifs qui sont des occasions pour eux de se réjouir. La fête de paques, par exemple constitue un événement important dans la vie des Baoulé (KOUASSI, 2001).Toutes ces cérémonies occasionnent dans la vie des paysans des dépenses somptueuses.

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