WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Impact du risque politique sur les investissements directs étrangers en Afrique subsaharienne

( Télécharger le fichier original )
par Didier Jol Kama N'GBESSO
Université d'Auvergne Clermont- Ferrand1, centre d'études et de recherches sur le développement international - Master 2 2010
  

précédent sommaire suivant

Appel aux couturier(e)s volontaires

I.4.2 Approche macro-politique du risque politique

Alon & Martin (1998) ont développé un modèle d'évaluation du risque macro-politique dans une approche qualitative structurée dans la situation des investissements directs étrangers. Selon eux, les risques macro-politiques « représentent la portion systématique de l'analyse qui peut être généralisée à toutes les industries. Nous utilisons donc leur modèle pour appréhender le risque politique dans les pays hôte. Leur modèle contribue à l'évaluation des modèles de risque politique en différentiant entre causes et symptômes du risque politique et en se concentrant sur les facteurs internes et externes du risque politique (ou les causes du risque politique), émanant de l'environnement gouvernemental, social et économique.

Plutôt que d'analyser seulement les actions politiques d'origine locale, le risque politique a aussi bien des sources externes qu'internes (Haner, 1979 in Alon & Herbert, 2009). Pour Alon & Herbert (2009), les facteurs externes naissent à l'extérieur du pays et peuvent inclure les tentatives de conflits ou d'influences, ou les efforts de coopération entre le pays hôte et les autres pays alors que les sources internes prennent naissance dans le pays hôte et peuvent inclure les actions ou politiques du gouvernement, les luttes farouches entre religieux locaux ou factions sociales, ou les conditions économiques et sociales.

(a) La dimension interne du risque macro-politique.

La dimension interne du risque macro-politique comprend : les facteurs internes de risque macro-politique liés au gouvernement, les facteurs internes de risque macro-politique liés à la société , et les facteurs internes de risque macro-politique liés à l'économie. 

Ø Les facteurs internes de risque macro-politique liés au gouvernement :

Le degré de répression de l'élite, le degré d'élite illégitime, et la probabilité d'un changement de régime sont les trois facteurs de risque politique internes liés au gouvernement (Alon et Martin, 1998). Les 2 premiers facteurs ont été définis par Kennedy (1987) in Alon et Martin (1998) qui les enregistra dans l'instabilité politique. Le degré de répression de l'élite est le fait que le gouvernement utilise des sanctions ou des forces contre ses propres citoyens. Le degré d'élite illégitime est défini par rapport à la portion de la population qui ne respecte pas le régime en place. La population accorde peu de crédibilité au pouvoir dans un tel cas.

Ø Les facteurs internes de risque macro-politique liés à la société :

Le degré de fragmentation, le conflit social potentiel, et le sentiment de nationalisme, de xénophobie ou de fondamentalisme sont les trois facteurs internes liés à la société les plus importants (Alon et Martin, 1998). Le degré de fragmentation se réfère à la diversité sociale de la nation. Selon les auteurs, ça peut être la diversité d'ethnie, de langue, de tribus, de territoires, de classe sociale, de religion ou diverses combinaisons. Les auteurs soutiennent que plusieurs Etats souffrent de cette fragmentation, à savoir l'Inde, l'Israël, la République du Congo, l'Afrique du Sud.

Ø Les facteurs internes de risque macro-politique liés à l'économie : 

Le taux de croissance du produit intérieur brut par tête, la distribution du revenu, et la probabilité de réalisation des objectifs économiques sont les trois facteurs de risque politique internes liés à l'économie retenus (Alon et Martin, 1998) . Les facteurs économiques internes incluent une évaluation de l'économie du pays hôte et ils mesurent le niveau de développement (de la Torre & Neckar, 1988). Premièrement, le taux de croissance du PIB par tête explique la croissance économique relative à la taille de la population. C'est la mesure la plus facile du dard de vie dans un pays. Deuxièmement, la distribution du revenu est liée au niveau du développement et à la taille de la classe moyenne dans un pays. Lorsqu'un pays se développe, la classe ouvrière bénéficie de gains de productivité, conduisant à une distribution plus équitable du revenu. Un haut niveau de revenu par tête et une forte croissance économique ont un impact positif sur le classement du risque pays (Cosset & Roy, 1991). Troisièmement, la probabilité que les objectifs économiques soient atteints exprime le lien entre les objectifs économiques attendus et la cohérence de la politique menée pour atteindre ces objectifs là. En effet, un pays peut mener des politiques qui ne soient pas cohérentes avec les objectifs économiques attendus, bien que ces objectifs soient désirables. Les auteurs prennent l'exemple d'un pays dont l'objectif économique est la stabilité des prix, mais les difficultés fiscales l'amène à se rabattre sur la banque centrale pour battre de la monnaie.

(b) La dimension externe du risque macro-politique.

Parallèlement à la dimension interne, la dimension externe du risque macro-politique comprend des facteurs externes de risque macro-politique liés au gouvernement, des facteurs externes de risque macro-politique liés à la société , et des facteurs externes de risque macro-politique liés à l'économie. 

Ø Les facteurs externes de risque politique externes liés au gouvernement :

Le risque politique est souvent d'origine externe (de la Torre & Neckar, 1988). La probabilité de violence politique, le degré d'implication du pays dans les organisations internationales, et la possibilité de régulation restrictives sur les investissements, le capital et les flux commerciaux sont les facteurs de risque politique externes liés au gouvernement (Alon et Martin, 1998). Tout d'abord, la probabilité de violence politique nécessite une évaluation des conflits potentiels futures comprenant entre autres la guerre, les conflits frontaliers, les conflits régionaux et le terrorisme. Des conflits dans un pays peuvent s'étendre à d'autres nations voisines qui accueillent les réfugiés ou qui sont compatissantes avec le régime évincé. Alon & Martin (1998) illustrent leur assertion par l'exemple suivant : le régime évincé du pays Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo) continue de se battre contre le Congo, en ayant pour base arrière la RDC. Ce qui génère des tensions entre les 2 pays. Ensuite, selon le FMI et la Banque Mondiale, le degré d'implication d'un pays dans les organisations internationales est une indication de l'aide potentielle que ce pays pourrait recevoir en cas de crise. Enfin, l'attitude envers les affaires des étrangers peut être un signal de risque politique et c'est le résultat du climat idéologique, nationaliste, et la propension du gouvernement à intervenir dans les marchés (Toyne & Walters, 1993 in Argawal & Feils 2007).

Ø Les facteurs externes de risque politique liés à la société :

L'opinion publique mondiale, les pressions de désinvestissement, et la diversité régionale et les intérêts divergents sont les trois facteurs de risque politique externes liés à la société (Alon et Martin, 1998). L'exemple de pressions de désinvestissement pris par Alon & Martin est le retrait des sociétés de l'Afrique du Sud au moment de l'Apartheid, non pas à cause du danger dans ce pays mais plutôt à cause des ordres donnés par les maisons mères des multinationales. Les intérêts divergents et la diversité régionale peuvent conduire au déclenchement d'une guerre ou d'une instabilité politique générale. Les auteurs précisent que les causes de risque politique externe à la société sont souvent hors contrôle des gouvernements parce qu'ils transcendent les limites nationales et même régionales.

Ø Les facteurs externes de risque politique liés à l'économie :

La politique économique future sur les IDE, la probabilité de difficultés de balance de paiement, et la probabilité d'inconvertibilité et d'instabilité de la monnaie sont les trois sources de risque politique externes liées à l'économie (Alon et Martin, 1998). L'analyse du risque politique doit être aussi dirigée dans une position économique externe (de la Torre & Neckar, 1988). Les politiques économiques d'une nation sur les IDE peuvent inclure les restrictions ou limites à la propriété des étrangers, les difficultés de faire du business dans le pays étranger, la discrimination et les changements dans les obligations des droits de propriété. Les changements dans la politique sur les IDE sont souvent motivés par des raisons économiques plutôt que des raisons politiques (Robock 1971; Juhl 1985). Les difficultés de la balance des paiements peuvent être un signal annonçant que les changements de la politique future pourraient affecter les paiements internationaux. Les difficultés de la balance des paiements incluent le compte courant, le compte de capital, les fluctuations des réserves. Alon & Martin (1998) argumentent leur thèse en soutenant que les déficits commerciaux peuvent conduire à la restriction sur les rapatriements de fonds ou à des taxes car les pays cherchent à avoir une monnaie forte.

précédent sommaire suivant






Aidez l'hopital de Montfermeil