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Technique et esthétique des photographies de la 7ème édition du festival de la photographie contemporaine de Bamako

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par Mélanie BEREHOUC
Université Paris III Sorbonne nouvelle - Master 1 conception et direction de projets culturels 2009
  

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Conclusion du dernier chapitre

La création du festival de la photographie contemporaine de Bamako a permis de révéler de nouveaux talents, dont les images plurielles nous projettent dans un autre monde. Grâce à lui, nous avons un autre regard sur le continent et sur plusieurs photographes Africains qui ont intégré l'Histoire de la Photographie internationale.

Cependant, la biennale et ses partenaires doivent accentuer leur effort pour faire de Bamako un centre de ressources dans le domaine de la photographie en Afrique. La construction d'archives photographiques des Rencontres devient une des urgences des politiques culturelles qui souhaitent créer une mémoire permanente.

Aujourd'hui, les Rencontres ont atteint une certaine maturité mais il faut repenser la place du festival dans la ville et intégrer les productions artistes dans les différents quartiers. C'est en repensant l'espace scénique et la médiation culturelle de l'événement que les individus évolueront dans leur vision minimaliste du photographe et le rôle qu'il doit jouer dans une société.

Dans ce contexte, on comprend mieux la phrase de Mariétou Sissoko « Etre photographe, c'est être solide et courageux, mais aussi avoir un objectif bien précis » car elle reflète parfaitement ce problème d'identification sociale que connaît chaque photographe qui s'est libéré du mode « ancien » de représentation. Pour devenir un photographe reconnu en Afrique, il faut travailler dur et persévérer dans le domaine pour qu'un jour il puisse être exposé.

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Conclusion générale

Cette étude a eu pour but essentiel de découvrir une nouvelle génération d'artistes, d'en réaliser le profil professionnel et d'étudier leurs productions artistiques. Grâce à notre analyse, réalisée au préalable sur le mode de représentation proposé par les studios photos, nous avons pu constater que les photographes, du festival de Bamako, ont évolué vers un professionnalisme et un esthétisme contemporain.

En effet, nous avons prouvé que les oeuvres présentées peuvent être qualifiées de « contemporaines » grâce aux techniques utilisées et un esthétisme résolument moderne. Ainsi, l'apparition de ce festival a permis de faire connaître cette production artistique au monde entier, contrant la vision ethnocentrisme véhiculée depuis le colonialisme.

Aujourd'hui, ces artistes ont pris conscience de leur liberté individuelle et souhaitent se battre afin d'être reconnus comme « photographes professionnels ». Malgré le développement des structures et des politiques culturelles qui souhaitent faire évoluer ce métier, le chemin reste long puisque le problème vient de la vision des populations, encore tournée vers les images du passé.

C'est dans ce contexte que la phrase de Boubacar prend tout son sens : « J'ai fait un rêve, c'est que le métier de la photo se développe et Bamako se professionnalise et devienne vraiment la capitale de la photographie Africaine ». Les sociétés Africaines ne sont pas encore prêtes à accepter et comprendre un art qui bouleverse les traditions de l'image véhiculée pendant plusieurs siècles. Le jour où l'Afrique aura trouvé sa stabilité économique, politique et sociale, les populations comprendront l'importance de ce métier car c'est grâce à l'image que les sociétés se construisent, se transforment et évoluent.

L'autre objectif de ce mémoire était de voir si il existait une nature intrinsèque des photographies africaines. Après cette étude, il s'avère que cette question est sans fondement. Car que voudrait-on appeler photographies africaines, si ce n'est la photographie produite en Afrique ? En effet, faire parti d'un même continent est-il un fait suffisant pour établir cette familiarité de coutumes, de cultures et d'histoire qui constituent les fondements de tout

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langage partagé ? Il existe certainement ce que nous pourrions appeler une humanité africaine, qui correspondrait aux expériences communes à l'ensemble du continent. Mais une fois cette ligne tracée, l'on s'aperçoit qu'elle est finalement un outil on ne peut faire grand chose, parce que la réalité sociale de l'Afrique empêche ces approximations. En considérant les travaux de Mohamed Camara (Mali) et de Pierrot men (Madagascar), on est forcé de constater que la seule manière d'aborder cette production est une approche individuelle.

La conclusion de ce mémoire est d'affirmer qu'il n'existe pas une mais des photographies africaines. Notre volonté était de travailler sur un secteur méconnu afin de sensibiliser le lecteur à l'importance et à la diversité des pratiques photographiques du continent africain. Ces professionnels détiennent un patrimoine visuel qui constitue une mémoire unique, dans laquelle nous devons puiser afin d'être au plus proche de la réalité sociale.

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