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Mise en Ĺ“uvre des systèmes de vulgarisation:formation,visite et conseil à  l'exploitation agricole familiale au bénin : analyse comparée et perspectives d'intégration.

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par Youssef Yannick SARE
Université de Parakou ( Bénin ) - Ingénieur agroéconomiste 2008
  

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5.7. Technique de labour  « le corô »

Le corô est une technique de labour pratiquée dans toute la zone d'étude. C'est une technique qui à elle seule combine les avantages de deux autres techniques que sont :

· le semis en ligne qui facilite l'utilisation de la traction animale pour la réalisation de la fumure minérale et organique, des traitements phytosanitaires, du sarclobuttage et du respect des densités. Le semis en ligne pour être exécuté nécessite un labour à plat. Ce type de semis dont les avantages sont bien connus des producteurs est contraignant. En effet il nécessiterait une très forte main-d'oeuvre et serait trop harassant surtout dans les champs de riz ;

· et le labour à plat qui favorise l'ameublissement du sol, réduit l'entretien notamment le nombre de sarclages, permet un meilleur enracinement et donc une mise à disposition optimale des nutriments issus des différentes fumures pour les racines des plantes. Une fois encore tous les producteurs reconnaissent les avantages d'une telle technique mais tous rappellent que pour la réalisation de ladite technique il faut disposer de boeufs de trait bien nourris. La deuxième contrainte est que cette technique peut prendre trois jours pour le labour d'un hectare, ensuite il faut penser à faire un semis en ligne qui prendrait cinq jours et enfin faire face à une poche de sécheresse. Il faut aussi disposer d'un enfant pour la conduite des bêtes. Il en résulte donc que pour éviter de prendre des risques d'être en retard par rapport aux pluies (parce que ne possédant pas les moyens d'avoir une paire de bêtes ou ne disposant pas d'actifs pouvant les entretenir, ne pouvant plus compter que très rarement sur la minorité qui en possède parce qu'elle aussi est soumise aux mêmes contraintes de temps), la grande majorité des producteurs a trouvé une alternative qui selon eux aurait un certain nombre d'atouts.

Le côrô selon les producteurs permettrait de réaliser les équivalents de surfaces en labour à plat avec des gains de temps triplés. Il permettrait aussi une durée de rétention de l'eau de pluie qui serait selon eux égale16(*) à la moitié ; c'est dire qu'après une pluie par exemple, le labour à plat permettait de garder le sol humide durant deux semaines et le côrô une semaine. En plus il apparait que la technique serait nettement plus efficace que le traditionnel billonnage direct effectué par les producteurs du Borgou et de la Donga quand bien même elle ne permettrait pas d'atteindre les performances d'un labour à plat suivi d'un semis en ligne.

Ce sont donc là les raisons qui poussent les producteurs à adopter cette technique dont eux-mêmes ne maîtrisent pas les origines mais sont certains que la technique aurait au moins quinze années d'existence dans l'Alibori.

Pourquoi nous intéressons-nous à cette technique ? Simplement parce qu'elle permet de voir à quel point les structures de vulgarisation sont indifférentes aux pratiques des producteurs. Aucune expérimentation jusqu'à ce jour n'a jamais été mise en place pour voir les capacités et atouts réels de cette technique. Il a fallu notre intervention pour convaincre deux encadreurs de la zone à mettre sur pied une démonstration/ expérimentation qui pourrait comparer le labour à plat, le côrô et le billonnage direct sur une ou différentes spéculations afin de pouvoir tester les connaissances empiriques des producteurs. Un peu plus tard peut être, on pensera à inclure cette technique dans les conseils techniques en fonction des résultats obtenus après les expérimentations. Une autre raison de notre intérêt concernant cette technique est qu'elle est à la fois une technique à économie de main-d'oeuvre et de temps contrairement au labour à plat et au semis en ligne qui nécessitent une bonne main-d'oeuvre et assez de temps. On se demande alors pourquoi proposer à des producteurs des techniques qui ne leur permettent d'économiser relativement ni le temps, ni la main d'oeuvre sachant pertinemment qu'ils sont soumis aux incertitudes climatiques donc aux contraintes de temps et ne disposent pas de moyens pour l'entretien de leurs exploitations. On comprend alors aisément pourquoi lorsqu'un producteur arrive à emprunter une paire de boeufs, il ne peut que faire le côrô.

* 16 En nombre de jours pendant lesquels la couche superficielle du sol conserverait son humidité après une pluie.

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"Le don sans la technique n'est qu'une maladie"