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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE JULIUS NYERERE DE KANKAN/GUINEE

 

Master Pluridisciplinaire

Domaine : Sciences Sociales

MEMOIRE POUR L'OBTENTION DU MASTER II Recherche

Spécialité: Sociologie

Titre

THEME

Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la Préfecture de Kankan

Présenté par

Mamadou Sounoussy DIALLO

Sous la direction de :

Dr Aboubacar SOUARE /Membre de l'ONG `'Wfd'' (service mondial de la paix)

Dr Adrien Koffa KAMANO/Université de Kankan

Kankan Décembre 2011

TABLE DES MATIERES

TABLE DES MATIERES 1

LISTE DES TABLEAUX ET SCHEMAS 3

SIGLES ET ACRONYMES 4

REMERCIEMENTS 6

INTRODUCTION 9

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESE 11

SECTION 1 : PROBLEMATIQUE 11

SECTION II- OBJECTIFS ET HYPOTHESES 18

2.1. Objectif général 18

2.2. Objectifs spécifiques 18

2.3. Hypothèses 18

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE 19

SECTION I : CADRE CONCEPTUEL 19

1.1. Notion d'Organisation non Gouvernementale 19

ONG reconnues à l'ONU 20

Les différentes ONG et leurs domaines d'intervention 20

Professionnalisation des ONG 22

Relations entre ONG et autres institutions 22

1.2. Notion de développement local 23

1.3. Notion de développement durable 26

Crise écologique et sociale 28

1.4. Notion de pérennisation 31

1.5. Notion d'acquis 32

SECTION II. CADRE THEORIQUE 33

2.1. Théorie du développement local 33

2.2. Théorie des organisations 37

Paradigmes de la théorie des organisations : Influence des courants de la théorie des organisations 42

2.3. Théorie de la régulation et développement durable 43

Développement durable et théorie de la régulation : des apports mutuels 44

Le rapport à l'environnement 45

Le rapport au temps et l'analyse des ruptures 47

Le cadre spatial privilégié 48

Capitalisme et développement durable : une lecture régulationniste 49

2.4. Théorie de l'économie du développement participatif 49

2.5. Théorie de la modernisation et de la diffusion 50

CHAPITRE III. PRESENTATION DU SITE D'ETUDE 52

SECTION 1 : PRESENTATION DE LA PREFECTURE DE KANKAN 52

Cadre géo historique et économique 52

Cadre géographique de la préfecture de Kankan 52

Cadre historique 53

Cadre économique 57

SECTION II. PRESENTATION DES ONG SUR LESQUELLES A PORTER L'ETUDE 58

2.1. Présentation de l'ONG APROFIG 58

DEIXIEUME CAS ETUDIE : l'ONG BATE SABATI 68

2.2. Présentation de l'ONG BATE SABATI 68

SECTION I. APPROCHE CHOISIE 76

SECTION II.  IDENTIFICATION DES GROUPES STRATEGIQUES ET ECHANTILLONNAGE 77

2.1. Identification des groupes stratégiques 77

SECTION III. TECHNIQUE DE COLLECTE DES DONNEES 81

4.2.1- L'ANALYSE DOCUMENTAIRE 81

3.1. L'ANALYSE DOCUMENTAIRE 81

3.2. 1.  Entretien individuel semi-dirigé 83

SECTION 4 : ANALYSE ET TRAITEMENT DES DONNEES 85

CHAPITRE V. PRESENTATION DES RESULTATS 88

SECTION 1. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES POPULATIONS SOUMISES A L'ETUDE 88

1.1. Leur répartition suivant le sexe et l'âge 88

1.2. Répartition des enquêtés suivant le niveau d'instruction 88

1.3. Répartition des enquêtés suivant la profession 89

1.4. Répartition des enquêtés suivant le statut matrimonial 90

SECTION 2 : L'ETUDE DE CAS 90

2 .1. CAS 1 : APROFIG COMME ONG AYANT PERENNISEE CES ACQUIS 90

2.1.1. LES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG 90

2.2. DIFFICULTES RENCONTREES PAR L'ONG DANS L'EXECUTION DES ACTIVITES 97

2 .2. CAS 2 :L'ONG BATE SABATI COMME ONG N'AYANT PAS PERENNISEE CES ACQUIS ENREGISTRES PAR L'ONG BATE SABATI 101

CHAPITRE V : INTERPRETATION DES RESULTATS 114

SECTION 1. ANALYSE DES CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUE DE LA POPULATION A L'ETUDE 114

SECTION VI. ANALYSE DES SUGGESTIONS POUR LA PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG 126

REFERENCES BIBIOLOGRAPHIQUES 133

ANNEXES 137

LISTE DES TABLEAUX ET SCHEMAS

Tableau 2.1 : Manques respectifs et complémentarités des DD et TR 

Tableau 3.1 : Répartition de la population de la Préfecture de Kankan par CR

Tableau 3.2 : Situation des filles encadrées de 2003 à 2011

Tableau 3.3 : Situation des effectifs l'école primaire des jeunes filles de l'ONG APROFIG

Tableau 3.4. Appui au renforcement des capacités des structures locales dans le cadre du

partenariat au niveau du développement local de l'ONG APROFIG

Tableau 3.5. Les activités que l'ONG `'APROFIG'' a exécuté en partenariat avec le Projet Faisons Ensemble sous USAID

Tableau 5.1. Répartition des populations soumises à l'étude suivant le sexe et l'âge

Tableau 5.2 : Répartition des enquêtés suivant le niveau d'instruction

Tableau 5.3 : Répartition des enquêtés suivant la profession

Tableau 5.4 : Répartition des enquêtés suivant la situation matrimoniale

Tableau 5.5. Description du niveau de maturité d'une organisation

Tableau 5. Des structures formées et encadrées par l'ONG BATE SABATI

Schéma 2.1 : Schéma du développement durable : une approche géonomique globale à la confluence de trois préoccupations, dites « les trois piliers du développement durable ».

Schéma 5.1. Mode de financement des actions des ONG locales de développement à partir d'un bailleur de fond externe

Schéma 5.2. Mode de financement idéal des ONG

SIGLES ET ACRONYMES

APROFIG : Association pour la Promotion des Filles en Guinée

APEAE : Association des Parents d'Elèves et Amis de l'Ecole

AGSP : Ambassador Girls Schlarship Programme

ADEN : Appui au Désenclavement Numérique

ABS : Association Batè Sabiti

ASI : Association de Solidarité Internationale 

AGBEF : Association Guinéenne de Bien Etre Familiale

AGACFEM: Association Guinéenne pour l'Allégement des Charges Féminines

ATS : Agent Technique de Santé

ADC : Agent de Développement Communautaire

BAD : Banque Africaine de Développent

BM : Banque Mondiale

CAPEAE : Coordination des Association des Parents d'Elèves et Amis de l'Ecole

CAOPA : Confédération Nationale des Organisations Paysannes

CLEE: Combating child Labor and Exploitation Throuh Education

CR: Communauté Rurale

COGEF : Comité de Gestion des Eaux et Forets

COGES : Comité de Gestion des Structures Sanitaires

CCCD : Communication pour un Changement de Comportement Durable

CNOSCG : Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne

CICR : Comité International de la Croix Rouge

CENAFOD : Centre National pour la Formation et le Développement

CMED : Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement

DD : Développement Durable

DPC : Diagnostic participatif Communautaire

DSRP : Document de la Stratégie de la Réduction de la Pauvreté

DE : Directeur d'Ecole

DSEE : Délégué Scolaire de l'Enseignement Elémentaire

EIBEP : Enquête Intégrée de Base

GIE : Groupement d'Intérêt Economique

FAO : Fond de Nation pour le Développement Agricole

FIDA : Fonds International de Développement Agricole

FMI : Fonds Montataire International

IEC : Information, Education et Communication

INADER : Institut National d'Appui au Développement Rural

IDH : Indice de Développement Humain

IPEA : Initiatives Présidentielles pour l'éducation en Afrique

IST : Infection Sexuellement Transmissible

MARP : Méthode Accélérée de Recherche Participative

NTIC : Nouvelle Technologie de l'Information et de la Communication

ONG : Organisation Non Gouvernementale

OBC : Organisations à Base Communautaire

OSC : Organisations de la Société Civile

OCDE : Organisation de coopération et de développement économique

ONU : Organisation des Nations Unies

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

OSIM : Organisation Solidarité Internationale des Migrants

PACV : Programme d'Appui aux Communautés Villageoises

PDLG : Programme de Développement Local en Guinée

PDHMG : Programme de Développement Haute et Moyenne Guinée

PRISME : Pour Renforcer les Interventions en Matière des IST/SIDA

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PACEEQ : Participation Communautaire à l'Education de base pour l'Equité et la Qualité

PAO : Plan d'Action Opérationnel

PAI : Plan d'Action d'Investissement

PNB : Produit National Brut

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SIDA : Syndrome Immuno Déficience Acquise

SERACO : Service Région d'Appui aux Coopérations et organisations

SACCO : Service d'Appui de Coordination des coopérations et organisations

TS : Travailleuse de Sexe

TR : Théorie de Régulation

UE : Union Européenne

UNICEF : Fond des Nations Unies pour les Enfants

UNESCO : Organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture

USAID : Agence Américaine pour le Développement International

REMERCIEMENTS

Au seuil de ce travail qui couronne notre cycle de formation en master Sciences Sociales, option Sociologie ne nous tenons tout d'abord à remercier le tout puissant ALLAH qui nous a donné la force nécessaire pour réaliser ce travail.

Ce travail n'aurait pu être sans la perspicacité, la volonté, le soutien et la contribution des nombreuses personnes.

Mes premiers remerciements vont tout d'abord à mes formateurs depuis l'élémentaire jusqu'à l'université sans oublier mes enseignant du secondaire. A tous les professeurs qui, au prix d'énormes efforts ont participé à notre formation durant ce Master je veux parler de Dr Mamadou Saliou DIALLO, Dr Alpha Amadou Bano BARRY, Dr Adrien Koffa KAMANO, Dr Abdoulaye Wontem, SOMPARE, Dr Ester BOTTA et M. Mohamed DIABY.

Nos sincères remerciements vont à nos consultants Dr Aboubacar SOUARE et Dr Adrien Koffa KAMANO pour la disponibilité et la rigueur dont ils ont fait preuve pour la réalisation de ce mémoire.

Nous remercions l'ensemble des Professeurs de l'Université de Kankan, de la Faculté des Sciences Sociales et particulièrement ceux du Département de Sociologie, pour la qualité de leurs conseils utiles. Je ne saurais oublier M. Mamoudou DIOUBATE pour ses conseils utiles.

Nous voudrions remercier tous les parents qui de près ou de loin ont concouru à notre réussite scolaire : notre tante Thierno Raby DIALLO à Labé Koura dans la commune urbaine de Kankan qui depuis septembre 1998 n'a cessé de nous apporter son soutien inlassable malgré les contraintes de la vie. Tante permet de te remercier une fois encore de tes efforts tant louables.

A El hadj Hassane DIALLO, administrateur de la cité universitaire de Kankan, sans lequel nous ne serions ce que nous sommes aujourd'hui, nous lui rendons un vibrant hommage. Merci El hadj car n'a ton pas dit si tu vois un handicapé à l'autre rive ce qu'on la fait traversé ; vous avez été pour moi ce moins de passer cette marre de difficultés.

A ma tante Mariama DIALLO et époux, loin d'être des simples parents ordinaires vous avez été une référence, un creuset de conseil et de soutien.

A nos oncles Dr DIALLO Mamadou Saidou, c`est arbre dont tu as forgé la monture a pu se tenir au prix de tant de sacrifices consentis.

Ibrahima Touppé DIALLO, éducateur inlassable tu l'as été et ton franc parler te caractérise ainsi cela fait que tu es ma personne élue et chérie.

Abdourahamane Diogo DIALLO, El hadj Souleymane je pense à vous et je reste reconnaissance lorsque vous m'avez reçu à Conakry fraichement admis au BACC ;

A nos frères et soeurs Alpha Mamadou, Raby, Adama, Oumou, Fatoumata Sandarankè DIALLO bref toute la famille de mon Dogomet natal,

Permettez-nous de témoigner notre profonde reconnaissance à : Ramatoulaye Madina DIALLO, Mariama Bobo DIALLO, toutes étudiantes diplômées de l'Université de Kankan respectivement en Sociologie et Histoire des Relations Internationales. A Messieurs BARRY Amadou ingénier architecte en bâtiment à Kankan, à Souleymane Aissatou BAH diplômé en démographie, Alpha Mamoudou SOW, Mamadou Bobo BARRY pour leur soutien matériel et technique

A mes amis, la plus belle fleur au monde perdra sa beauté un jour mais des amis fidèles durent pour l'éternité et on les garde toujours au fond de nous. Si l'oiseau ouvre ses ailes pour voler moi je vous ouvre mon coeur, pour vous accueillir.

Monsieur Mamadou Yaya SOW directeur de programme Licence lettres à l'Université de Sonfonia de Conakry. Monsieur Mamadou Bhoye SOW, Moussa Fanta DIALLO, Boubacar BARRY, Souleymane Aissatou BAH, Thierno Amadou Oury SOW, Mamadous Siré DIALLO journaliste reporteur au groupe le Lynx/Lance pour ton apport inestimable.

Que ceux qui ne trouvent pas leurs noms ici, sachent que cela ne constitue pas de l'ingratitude. Que les communautés rurales, l'administration préfectorale, les responsables des ONG d'étude trouvent ici notre profonde reconnaissance pour leur collaboration, hospitalité et disponibilité. Que nos maitres de l'école primaire, du secondaire, amis d'école, Oncles, Tantes, Nièces, Tuteurs et autres reçoivent notre profonde reconnaissance,

DEDICACE

Le présent mémoire de Master de Sociologie est dédié à notre maman : Néné Aissatou KEITA, pour toute les souffrances que tu endurés avec moi depuis que j'étais encore un foetus dans ton ventre, sans oublier cette étape la plus difficile qui est ma tendre enfance. Je te demande pardon de toutes les offenses que je te faites de façon ouverte ou non. Néné sache qu'un enfant n'a rien de cher que sa mère, rien ne vaut à une mère et elle vaut tout.

A notre père Alpha Boubacar, tu sais que tu es le baobab de la famille, tu as accepté de laisser ta prestigieuse fonction où tu brillais à un feu aux milles couleurs pour venir nous éviter, nous tes enfants de vivre dans le cercle vicieux de l'ignorance, alors à chaque fois que nous brillions, nous te rendons un hommage. Crois nous, nous t'honorerons partout où nous serons sous ce ciel. Notre grand-mère Thierno Aissatou DIALLO dite Néné Madina pour les efforts consentis pour notre réussite scolaire. Je souhaiterais que vive encore plus longtemps que possible pour que je te montre ce que vaut une grand-mère pour un petit fils devenu sociologue.

A notre épouse Kadiatou SOW, derrière un grand homme il ya toujours une grande dame dont tu es. Si j'ai pu réussir c'est parce que tu as pu prendre soin de notre petite famille que sont mes frères et mon neveu nous t'exprimons toute notre affection. Alors avec toi je voudrais construire et parcourir le reste du chemin de ma vie. A mon fils Abdourahamane Ben Sounoussy, tu es le premier que Dieu m'a donnée je fais que commencé, le reste de la construction de l'avenir et le devenir de la famille Dialloyankbè de Gongoret te revient. Le chemin est balisé pour toi.

A nos regrettés tante Maria Christina, personne n'est irremplaçable dans la vie d'un peuple ou d'une société mais il ya des hommes et des femmes difficiles à remplacer dont tu es l'une tant chez ton cher époux que dans toute la famille DIALLO de Conakry à Gongorè, de Kambaya à Madina. C'est vrai ça été difficile mais dore tranquille sous la terre de Guinée que tu as tant aimée et servie car ta mission sur terre a réussi

A notre grand père Thierno Mamadou Bhoye, tu m'as quitté pour le royaume du silence pendant que je préparais mon certificat élémentaire primaire. Tu aimais dire ce ci travail seul le travail paye et il se trouve au bout de l'effort. Repose en paix pour le bonheur eternel cher Mama Sorro. A nos amis disparus Fodé Mamoudou SOMPARE, Alsény CISSE, Boubacar Sidy DIALLO, Aissatou NAISSA vous étés tombés dans le champ de combat pour la recherche du savoir. Vous auraient bien voulus lire ce mémoire, mais Dieu en a décidé autrement je ne saurais vous oubliés surtout dans mes prières quotidiennes que vos âmes reposent en paix. Amen

INTRODUCTION

La forme d'organisation sociale que l'on désigne sous le vocable Organisation non gouvernementale, est au carrefour de deux courants de pensée, `'associationniste'' et `'missionnaire''. Les ONG ont construit leur crédibilité, auprès des opinions publiques et des donateurs, sur leur distance, leur hostilité, aux logiques et aux symboles de la puissance étatique.

Que ce soit dans le climat idéologique de la fin des années 1960 ou le mouvement anti-totalitaire dans les années 1970 et 1980, elles entretinrent longtemps une certaine défiance à l'égard des logiques de puissance de la « Realpolitik » qui caractérisaient le comportement des Etats. De leur côté, nombreux d'Etats les considéraient avec suspicion compte tenu de leur pouvoir de nuisance médiatique, dont l'indépendance semble être leur maître mot.

Les ONG ont plus ou moins su répondre à des besoins réels, en particulier dans des situations difficiles pour lesquelles l'acheminement des appuis, des moyens matériels et humains nécessitaient : connaissance du terrain et capacité à identifier de façon précise ceux qui devaient recevoir l'aide en priorité. Les actions des ONG dans leur dimension concrète, envoi d'argent et/ou de personnels, étaient d'abord matérielles. Il s'agissait de creuser des puits, de construire des écoles, des dispensaires, de tracer des routes, de réaliser des petits systèmes d'irrigation...

Certaines microréalisations laissaient des traces visibles sur le terrain et on pouvait alors envoyer aux donateurs des photos de ce qui avait été fait avec leur argent par contre d'autres non. En second lieu, l'État étant considéré, dans ces dernières décennies, comme l'acteur majeur du développement, ce n'est que par substitution à son rôle réel ou supposé que les ONG agissent. Autrement dit, elles agissaient dans les `'rôles'' de l'action publique : les fonctions traditionnellement dévolues à l'État en matière d'éducation, de santé publique ou d'encadrement d'agriculteur ont été alors assurées par les ONG, à la place de la puissance publique.

Les Organisations Non Gouvernementales sont tributaires de leur capacité à trouver des fonds nécessaires à leur fonctionnement, et à les gérer efficacement. Dons privés et subventions publiques constituent les deux principales sources de leur financement. La générosité privée est donc une ressource convoitée : cet état de fait entraîne une vive concurrence entre les ONG, en termes de stratégies de communication et de fidélisation des donateurs. En outre, les scandales financiers des années passées (détournements d'argent et cessations brutales d'activité) ont poussé de plus en plus d'organisations à publier de façon transparente leurs comptes et à adopter des chartes de bonne gestion.

Une grande partie de leurs interventions est cohérente et convergente avec l'action des pouvoirs publics, que ce soit dans les opérations de terrain (aide d'urgence et projets de développement) ou dans le domaine de l'éducation au développement. L'échec relatif d'un certain nombre de programmes de développement importants mis en place après les indépendances en Afrique (barrages, planification de l'industrialisation, aménagement des terres agricoles...) et le doute quant à l'efficacité des projets officiels, accusés de gigantisme et soupçonnés d'être des lieux de corruption, ont provoqué un vaste mouvement de changement.

Désormais, tout ce qui était mis au passif des États `'inefficacité de l'aide publique, visées géopolitiques/stratégiques, lourdeur des procédures d'attribution et de réalisation des projets, faible transparence des choix de moyens et de partenaires...'' a été versé, sans autre forme de procès, au crédit des ONG, devenues, au niveau de l'opinion publique, l'incarnation de l'efficacité, du désintéressement, de la proximité et du dialogue transparent. Dans le domaine de l'action non lucrative, elles semblent plus que jamais nécessaires : elles sont porteuses de sens dans un monde largement dominé par le secteur privé. Ensuite, les ONG ouvrent et expérimentent de nouveaux espaces de gouvernance. Ce qui signifie que les choix collectifs en matière de développement peuvent être le fruit d'un dialogue entre les différentes composantes de la société.

Ces opportunités qui sont offertes par la mise en place des ONG tournées vers le développement régional ou local en vue de l'amélioration des conditions de vie des communautés à la base constituent pour nous un motif d'intérêt pour le choix de ce thème : les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs actions dans la Préfecture de Kankan.

CHAPITRE I : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESE

SECTION 1 : PROBLEMATIQUE

Dans les pays développés d'Europe, du Japon et des Etats Unis d'Amérique, le secteur privé joue un rôle important dans le processus de développement et fournit les principaux moyens pour assurer une croissance équilibrée des différents secteurs de l'économie nationale. Ces nations ont réussi à initier et développer des mécanismes de suivi/évaluation et des stratégies pour pérenniser les acquis des ONG locales de développement (PNUD, 1999).

Ainsi les années 70 sont marquées par la bipolarisation du monde Est-Ouest. Après la victoire du Vietnam en 1975, le conflit en Angola, en Palestine et autres, voient certaines ONG européennes jouer un rôle de diplomatie informelle et de médiation, intervenant souvent parallèlement à des mouvements de solidarité et à des gouvernements. Aux Philippines, au Chili et en Afrique du Sud, par leur soutien à des acteurs locaux, elles ont jouées un rôle non négligeable dans le soutient aux populations. Durant les années 80 connaissent, on voit une croissance spectaculaire du poids des ONG et de leur reconnaissance. Elles représentent pour les agences gouvernementales de coopération européennes des agents privilégiés de sensibilisation du public, en particulier des écoles, à la problématique Nord-Sud.

Au milieu des années 80, en parallèle à la remise en question des modèles nationaux de développement, la Banque Mondiale découvre que les ONG sont des institutions plus proches des pauvres, moins chères, moins corrompues et plus efficaces que les canaux gouvernementaux traditionnels. Les ONG du Nord canalisent ainsi leurs moyens financiers vers les institutions locales dans le Sud qui connaissent à leur tour une multiplication impressionnante mais restent très dépendante de cette aide extérieure (BM, 2000).

Depuis les indépendances, le développement socio-économique de la plupart des pays de l'Afrique a été considéré comme prioritaire, parce que la mise en oeuvre des programmes centralisés a montré ses limites. En outre, la crise économique des années 1980 qui a augmenté la paupérisation des populations a montré qu'en plus des efforts de l'Etat pour assurer un développement socio-économique équilibré et durable, d'autres acteurs locaux tels que les organisations non gouvernementales, peuvent aussi agir dans la définition et la mise en oeuvre de l'action économique. Au-delà de leur implication dans le processus de développement, ces organisations contribuent à la promotion du dialogue entre le Nord et le Sud (OCDE, 1999)

L'émergence des ONG locales de développement en tant que nouvelle forme d'action organisée constitue une réalité concrète par rapport aux structures de solidarité clanique, aux coopératives, aux communautés religieuses et aux pouvoirs publics. Du coup, les ONG locales de développement sont devenues en Afrique, un instrument de médiation entre l'Etat et la population à la base; un passage obligé pour que la démocratie et la bonne gouvernance fassent jour et fonctionnent bien. Elles occupent une position stratégique, celle de monopole de médiation entre l'Etat et la population. L'étude du rapport entre l'Etat et les ONG locales de développement peut être un indicateur des tensions, d'une crise de légitimité ou du degré d'autonomie (OCDE, 2000).

Les ONG sont une association dont le but est de favoriser auprès des groupes sociaux les conditions d'accès à un processus de développement. Les ONG sont des institutions totalement privées qui, dans le cadre d'une convention avec le gouvernement, et /ou avec les institutions internationales exécutent des opérations de développement dans une zone restreinte (Diallo, 2010).

Ainsi nous pouvons distinguer plusieurs catégories dont la première est constituée des ONG de bienfaisance, de charité dont le programme sectoriel a peu d'impact sur la croissance globale des économies et le développement. La deuxième catégorie d'ONG se substitue aux sociétés nationales afin de libéraliser l'économie et favoriser l'initiative privée. Ces deux catégories insistent sur la notion de gestion de la fonction du développement. Les ONG peuvent être classées en trois catégories notamment:  

§ Les ONG de base qui sont généralement des groupements de paysans, pêcheurs, éleveurs et artisans. Ceux-ci définissent eux-mêmes leurs objectifs et fonctionnent uniquement sur des ressources locales ;

§ Les ONG de services qui fournissent des services aux communautés locales pour les aider à mobiliser les fonds nécessaires à leurs activités. Elles entretiennent des relations de travail avec l'Etat, les autorités locales, les bailleurs de fonds, les ONG étrangères et disposent généralement de personnel qualifié et restreint ;

§ Les ONG d'appui dont les services sont centrées sur les besoins des groupes de base, bénéficiaires potentiels de leur appui. Dans un pays donné, elles peuvent être des ONG étrangères ou des collectifs d'ONG locales de service ou encore des ONG spécialisées. Elles disposent d'un personnel qualifié suffisant, d'agents sur le terrain dans plusieurs pays et des budgets conséquents (Diouf, 1998).   

Dans le domaine de la mise en place et de la réhabilitation des infrastructures socioéconomiques de base telles que les écoles, les dispensaires, les routes et ponts, etc., les activités exécutées par les ONG permettent d'assurer la conservation du patrimoine et de faciliter l'accès des populations aux services sociaux de base. Grâce à ces structures, l'amélioration des conditions de travail et de vie se renforce. Toutes ces infrastructures permettent de désenclaver des localités, d'aider et favoriser la circulation des biens et des personnes, ainsi que d'établir une meilleure communication entre des populations voisines (BM, 1999). 

L'évaluation tente de traduire le plus ou moins grand degré de réussite de la politique publique à partir d'un certain nombre de critères : Un critère de cohérence qui permet de juger de l'adéquation des différents niveaux d'objectifs du programme entre eux et de l'adéquation des moyens mis en oeuvre ; Un critère de pertinence  qui vérifie l'adéquation des objectifs aux enjeux du programme ; Une analyse de l'efficacité revient à se poser la question de la conformité des `'effets propres'' de la politique au regard des objectifs fixés.

La question qui reste une source de préoccupations constantes demeure celle de la pérennité au niveau de ces ONG qui sont devenues des éléments incontournables du développement local. Parmi les questions qui ont été posées dans les discussions figurent celle de savoir dans quelle mesure la coopération technique et financière renforce les capacités existantes ou les dissipe ? L'adaptation ou l'adaptabilité de l'assistance technique à l'environnement auquel elle est appliquée, les raisons qui font que les actions exécutés par ces ONG avec succès l'appui des expatriés et puissent survivre après leur départ. De nombreuses initiatives créatives ont été mises en oeuvre dans le domaine du développement en Afrique, mais ont rarement pu être intégrées avec succès dans des programmes nationaux visant la continuité (Diallo, 2010).

En effet, la plupart de ces expériences n'ont pas survécu à l'enthousiasme des débuts, au tarissement du financement initial qui a été souvent fourni par l'extérieur ou au départ de leurs initiateurs. L'absence de politique nationale spécifique et de ligne budgétaire propre pour la généralisation des réformes conduit à une incohérence des actions menées par les diverses institutions (PNUD, 1999).

Malgré les progrès réalisés grâce aux diverses réformes entreprises, il est important de constater des faiblesses dans les pratiques nationales à assurer la pérennisation de ces réformes et innovations. Ces défis et contraintes constituent des facteurs qui abaissent la qualité des actions des projets de développement (Guylaine, 2000, cité par Diallo, 2010).

Ces faiblesses se retrouvent aux niveaux plus hauts comme aux niveaux plus bas des systèmes de gestion. Elles résulteraient en outre d'une vision stratégique, d'une répartition inefficace des ressources, de la médiocrité des processus de gestion financière et de la fragilité des systèmes de collecte et d'analyse des données sur les résultats du système et les pratiques en cours au niveau des ONG locales de développement (Ibid.).

En effet, dans la plupart des cas, la conception des ONG locales de développement et les politiques reliées à leur implantation sont souvent excessivement centralisées, donc ne sont pas en mesure de répondre correctement aux besoins locaux ; le fait que les informations ne soient pas systématiquement collectées et analysées gêne le processus de conception et de programmation effective des réformes et des innovations (BAD 2006).

Au Burkina Faso, par exemple la participation active des paysans a été le gage de la pérennisation des espaces aménagés. Constitués en groupements fonciers, les paysans proposent un périmètre aménager et déposent une caution symbolique d'engagement auprès de l'Etat. Ce travail commence, avec les paysans, par la construction de diguettes en terre, en suivant les courbes de niveau (Unicef, 1999).

Les organisations non gouvernementales ont connu, en l'espace d'une génération, une croissance rapide en nombre, avec peu de ressources. Elles interviennent dans de très nombreux secteurs soit à leur initiative, soit à la demande d'organisations internationales ou de coopération bilatérales (SNRP, 2007).

Pour combattre la pauvreté et la misère en développant une très grande variété d'actions (financement de programmes de développement, d'éducation, constructions...). Cependant la reconnaissance qui est accordée aux ONG ne saurait masquer qu'après la période faste qu'elles viennent de connaître, elles ont à consolider, voire redéfinir leur identité (Ibid.).

Après le 3 Avril 1984, l'Etat s'est désengagé en créant un environnement juridique et économique favorable à l'éclosion des initiatives privées. Une place de choix fut accordée au secteur privé, aux ONG et à la société civile dans le processus de développement. En reconnaissance du rôle crucial que les ONG ont prie dans le secteur informel de l'économie guinéenne et l'importance de disposer d'une politique d'intervention claire pour garantir un environnement institutionnel sûr et sain, que le Gouvernement de la République de Guinée a déclenchée sa stratégie nationale d'agrément des ONG en 1990 (Doumbouya, 2001).

L'histoire du milieu associatif Guinéen est marquée par la montée en puissance d'associations de base, qui ont évolué vers des structures coopératives, associatives ou des groupements d'intérêt économique et de structures d'appui ou de services, dites ONG, agissant dans l'intérêt de ces associations de base. Le désengagement progressif de l'Etat, et les conséquences en matière de baisse du recrutement des fonctionnaires, ont été, dans les années 90, un autre facteur d'extension et d'évolution des ONG (CNOSCG, 2002).

D'un côté, des services entiers de développement, jusque là assurés par l'Etat, devenaient des domaines possibles d'action non gouvernementale; d'un autre côté, un certain nombre d'élites, ne pouvant plus progresser via la fonction publique, voyaient dans les ONG une façon d'agir pour le développement, voire dans certains cas un tremplin pour une carrière publique ou professionnelle. Toute cette évolution a été regardée par les pouvoirs publics guinéens avec attention, mais aussi avec méfiance. Cette méfiance tenait au fait que la mouvance non gouvernementale était considérée a priori comme une opposition au pouvoir. Toute son action visant à mobiliser les ruraux et plus récemment les populations des quartiers urbains, apparaissait comme une entreprise d'attraction de l'opinion vers une opposition politique, dangereuse pour le pouvoir en place.

Dès lors, les ONG guinéennes ont tardé à être reconnues, et à être dotées d'un statut facilitant leurs interventions, à l'instar des ONG de la sous région et internationales qui avaient bien plus de facilités pour se faire délivrer toutes autorisations nécessaires, et accessoirement la détaxation systématique de leurs achats et importations. Les différentes mutations socioéconomiques intervenues en Guinée, ont placé ces ONG au centre des questions liées au développement socioéconomique participatif. Le pays, connaît des déficits vivriers importants, les produits de subsistance ne répondant pas aux besoins de consommation d'une population croissante (FAO, 1997).

Les disponibilités alimentaires varient selon les périodes de l'année. Les populations ne sont pas toujours en mesure d'acheter des biens alimentaires du fait de la faiblesse de leurs revenus et de l'expansion de la pauvreté chez la majorité. Les ressources disponibles sont mal utilisées en raison du recours à des technologies de production archaïques. L'avènement des ONG, des projets de développement au niveau national et local, obéit à une logique de partenariat entre l'État et les communautés, est une initiative qui participe à la mise en place d'une certaine dynamique (EIBEP 2002-2003).

Les disponibilités alimentaires varient selon les périodes de l'année. Les populations ne sont pas toujours en mesure d'acheter des biens alimentaires du fait de la faiblesse de leurs revenus et de l'expansion de la pauvreté chez la majorité. Les ressources disponibles sont mal utilisées en raison du recours à des technologies de production archaïques. Leurs résultats actuels pourraient être renforcés si, d'une part, certaines mentalités sont surmontées et, d'autre part, si les communautés, premiers bénéficiaires, sont effectivement associées à la conception, à la mise en oeuvre et au suivi des activités. La réussite de la pérennisation en dépend. Mieux, le recours ou la dépendance exclusive en vers les partenaires peut entraîner une faible appropriation du projet par l'administration dans le cadre de la pérennisation de nombreux acquis (Ibid. 2).

La grande majorité des ONG ont été crées à partir de 1990. Le taux d'augmentation des groupes associatifs depuis 1990 à nos jours est important. Toutes les associations de développement local partagent les mêmes objectifs principaux à savoir : la promotion du développement de la localité d'implantation.

Dans la préfecture de Kankan, les ONG jouent un rôle considérable dans le développement comme les petits métiers artisanaux, l'éducation, la santé, l'alphabétisation, la protection de l'environnement, la protection des enfants et des femmes et la réalisation d'infrastructures. Mais leurs acquis sont souvent sous-estimés, ou tout simplement méconnus. Les données montrent que la proportion des ONG existantes par rapport à la population totale de la préfecture est minime. Les données indiquent que les ONG constituent un peu moins de 5% de proportion couvrant la préfecture. (SERACO, 1995).

Les moyens dont disposent les Organisations non gouvernementales locales de Kankan proviennent de deux sources : Les moyens propres de l'association constituée du potentiel humain et de la mobilisation des ressources à la base et, les efforts déployés par le gouvernement Guinéen, les ONG locales de développement de la place mènent des activités dans des localités, ou elles sont peu ou pas connues en tant qu'acteur au développement. C'est dans ce cadre que cette étude vise à comprendre les problèmes auxquels les ONG locales de développement sont confrontées dans la pérennisation de leurs actions dans la Préfecture de Kankan. Pour saisir cette situation, quelques questions émergent, comme entre autres :

· Quelles sont les opportunités dont disposent les ONG dans le cadre du développement local ?

· Quels sont leurs moyens et méthodes de mise en oeuvre permettant aux communautés bénéficiaires de rendre pérennes les acquis?

· Comment ces communautés apprécient-elles ces acquis et se positionnent-elles dans le circuit du développement local?

De ce qui précède, il est opportun d'étudier la façon dont les populations utilisent/gèrent pour les générations futures les acquis mis à leurs disposition à travers les interventions des ONG dans le cadre du développement local à travers le renforcement de leurs capacités à la gestion, l'équité et la bonne gouvernance locale. La pérennisation des acquis constitue un réel problème. Nombreuses sont les réalisations des ONG locales de développement qui disparaissent dès après le départ ou le retrait du bailleur de fonds. Les acquis des ONG et projets de développement sont loin d'être pérennisés ce qui plonge la majorité de la population dans une situation critique des conditions de vie. Cela malgré les efforts d'assistance, de sensibilisation, de formation menée dans ces dernières années au niveau de la zone abritant les ONG locales (MARP réalisée en Décembre 2002).

Toute fois, les ONG évoluant dans notre zone d'étude ont du mal à assurer un maintien durable des objectifs du projet après le retrait de la coopération ou des bailleurs. En dépit des difficultés qu'elles connaissent dans la perpétuation des acquis. Elles ne contribuent pas, de manière positive, à la réalisation d'objectifs de développement de la base par manque de stratégies. Il est intéressant de comprendre les mécanismes, les facteurs internes et externes qui déterminent le non pérennisation des acquis des ONG locales en Guinée. Nous avons choisis le cas de Kankan, où d'après des observations faites sur le terrain ; on s'aperçoit que certaines ONG ont arrêté leurs activités ou ont connu un ralentissement de leurs activités avec l'arrêt du financement extérieur ou après le retrait des bailleurs de fonds (SERACCO 2008).

Les cas les plus frappants dans la Préfecture de Kankan sont entre autres les ONG AGAFEM, INADER, CENAFODE, l'Association BATE SABATI... qui ont exécuté des nombreuses actions qui ne sont presque plus visibles ou moins visibles sur le terrain. Il apparaît que le retrait du bailleur de fonds ou la réduction de son intervention pose le problème crucial des mécanismes de pérennisation des acquis des organisations de développement à la base (Archives OSC, 2010).

De là, une question de recherche émerge `' Quelles sont les logiques sociales qui déterminent la non pérennisation des acquis des ONG locales de développement dans la Préfecture de Kankan ?''

SECTION II- OBJECTIFS ET HYPOTHESES

2.1. Objectif général

Cette étude vise à produire des connaissances pour une meilleure compréhension des déterminants sociaux qui président le non pérennisation des acquis locales de développement après le retrait des bailleurs de fond.

2.2. Objectifs spécifiques

De façon spécifique cette étude poursuit les éléments suivants:

· décrire et analyser le fonctionnement de ONG locales de développement actives dans la Préfecture de Kankan ;

· décrire et analyser les mécanismes mis en place pour pérenniser leurs actions de ses ONG locales;

· décrire et expliquer les activités réalisées, les moyens de mise en oeuvre et les difficultés rencontrées ;

· analyser les facteurs qui empêchent la pérennisation de leurs acquis ;

2.3. Hypothèses

· Les difficultés de pérennisation des acquis des ONG locales de développement

dans la Préfecture de Kankan résulteraient des stratégies de mise en oeuvre ou aux mentalités locales.

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE

SECTION I : CADRE CONCEPTUEL

1.1. Notion d'Organisation non Gouvernementale

Une organisation non gouvernementale est une organisation d'intérêt public qui ne relève ni de l' État ni d'une institution internationale. Les ONG n'ont pas le statut de sujet de droit international. L'habitude est de réserver le terme aux personnes morales à but non lucratif financées sur des montants importants par des fonds privés. Grâce à l'apport de la sociologie des organisations, les principaux critères définissant une ONG sont: l'origine privée de sa constitution ; le but non lucratif de son action ; l'indépendance financière ; l'indépendance politique ; la notion d'intérêt public.

Une ONG est une personne morale qui, bien que n'étant pas un Gouvernement, intervient dans le champ local, national et international. Les relations juridiques internationales sont en effet traditionnellement des relations uniquement entre États (entre Gouvernements). Dans le cas d'organisations ayant une envergure internationale importante, on parle d'Associations de Solidarité Internationale ou d' organisations non gouvernementales internationales

Les organisations internationales non gouvernementales ont une histoire qui remonte au moins à 1839. L' Institut de droit international ( prix Nobel de la paix en 1904) est créé en 1873, à Gand ; l' Union interparlementaire est créée en 1889 ; le Bureau international de la paix ( prix Nobel de la paix en 1910) est créé à Berne en 1892. Rotary, futur Rotary International, est fondé en 1904. Il a été estimé qu'en 1914 il y avait 1083 ONG. Les ONG internationales ont été importantes dans le mouvement antiesclavagiste et le mouvement pour le vote des femmes, et ont atteint leur apogée au moment de la Conférence mondiale pour le désarmement.

Cependant, l'expression organisation non gouvernementale n'est entrée dans le langage courant qu'avec la création de l' Organisation des Nations unies en 1945 avec les dispositions de l'article 71 du chapitre 10 de la Charte des Nations unies qui donne un rôle consultatif à des organisations qui ne sont ni les gouvernements ni les États membres.

La définition de "l'ONG internationale" (OING) est d'abord donnée dans la résolution 288 (X) de l'ECOSOC le 27 février 1950 : elle est définie comme «toute organisation internationale qui n'est pas fondée par un traité international". Le rôle vital des ONG et d'autres "grands groupes" dans le développement durable a été reconnu, conduisant à l'intensification des relations consultatives entre l' ONU et les ONG

ONG reconnues à l'ONU

En l'absence de critères objectifs de la nature d'une ONG, la plupart des organisations intergouvernementales internationales ( ONU, Union européenne, etc.) ont dressé une liste des ONG qu'elles reconnaissent comme des interlocuteurs valables. L'entrée, et éventuellement la sortie, d'une organisation de ces listes est soumise à un processus complexe. Le Conseil économique et social à l'ONU possède un comité permanent, le comité chargé des ONG qui est chargé de valider le statut des ONG en vue de leur collaboration avec cette instance. Le statut consultatif est divisé en plusieurs catégories : générale (Centre de Recherches et de Promotion pour la Sauvegarde des Sites et Monuments Historiques en Afrique),

Actuellement, 2 727 ONG ont le statut consultatif du conseil économique social des Nations Unies dit ECOSOC et 400 sont accréditées auprès de la Commission du développement durable. Suivant les contextes du terrain, d'autres organes des Nations unies peuvent aussi coordonner les différentes actions : Office de Coordination des actions humanitaires, Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et accréditer des ONG : OMS, FAO...

Les différentes ONG et leurs domaines d'intervention

Ces associations concernent les Droits de l'Homme ( Amnesty International, Quart Monde ou Human Rights Watch), la lutte contre la faim ( Action Contre la Faim), la lutte contre les maladies ( Flying Doctors), la protection des enfants ( World Vision), la scolarité ( Aide et Action), l'économie mondiale ( Mouvements altermondialistes comme), l'écologie ( Les Amis de la Terre) ou alors la protection de la nature ( Sea Shepherd Conservation Society ou ).

Ces organisations sont en si grand nombre qu'elles couvrent tout le spectre politique, social et philosophique et anthropologique, y compris parfois pour la défense d'intérêts très restreints, voire parfois très peu altruistes. Les ONG ont différents modes d'actions, ce qui conduit à les classer dans au moins deux types :

· certaines sont avant tout des groupes de plaidoyer, comme RENAF ou Human Rights Watch. Parmi celles-ci, un groupe non négligeable d'ONG n'a pas de but humanitaire mais des ambitions idéologiques ou commerciales. On y trouve des lobbys de toute nature, en particulier des lobbys économiques et patronaux.

· d'autres, souvent dénommées ONG humanitaires, mettent en place des programmes d'aides, éducatives ou caritatives par exemple. Les ONG de ce dernier type se regroupent parfois en collectifs, en plateformes ou en réseaux suivant leur domaine d'intervention ou particularités ( Coordination Sud, etc.).

Il convient toutefois de distinguer les ONG caritatives ( Médecins sans frontières, le CICR), souvent spécialisées dans l'aide d'urgence, des ONG de développement (arc-en-ciel, Horizons Partagés,...) engagées sur des programmes à long terme. En général ces dernières sont plus discrètes, les ONG d'urgence étant souvent plus médiatisées. Certaines ONG internationales ont une approche dite "globale", intervenant à la fois sur des urgences humanitaires, des programmes de développement et des activités de plaidoyer ( Oxfam international, CARE...).

De même, la distinction entre les Organisations de Solidarité Internationale et les Organisations de Solidarité Internationale des Migrants (OSIM) a permis de rendre visible les actions initiées par les organisations créées ou animées par des personnes vivant hors des pays d'origine, mais qui agissent pour promouvoir des initiatives de développement en lien avec leurs pays d'origine.

Les modes d'action des ONG

Les ONG ont différents modes d'actions : certaines sont avant tout des groupes de pression politique. Parmi celles-ci, un groupe non négligeable d'ONG n'a pas de but humanitaire mais des ambitions idéologiques ou commerciales. On y trouve des lobbys de toute nature, en particulier des lobbys économiques et patronaux ; d'autres, souvent dénommées ONG humanitaires, mettent en place des programmes d'aides, éducatives ou caritatives par exemple. Les ONG de ce dernier type se regroupent parfois en collectif humanitaire suivant leur domaine d'intervention.

Depuis la fin des années 1990, on a assisté à une montée en puissance des ONG : médiatisation des besoins, recours à l'humanitaire après des opérations armées ou de catastrophes naturelles... Les ONG disposent de plus en plus de compétences techniques, qui les rendent crédibles et leur permettent d'être consultées et écoutées lors des grandes réunions internationales.

Professionnalisation des ONG

Depuis la fin des années 1990, on a assisté à une montée en puissance des ONG : médiatisation des besoins, recours à l' humanitaire après des opérations armées...Les ONG disposent de plus en plus de compétences techniques, qui les rendent crédibles et leur permettent d'être consultées et écoutées lors des grandes réunions internationales.

Depuis les années 2000, de grandes entreprises privées signent en partenariats avec des ONG locales de développement de façon à acquérir une vision plus globale de l'environnement mondialisé, et afin de disposer de compétences les aidant à mieux percevoir les attentes des consommateurs et des marchés. Ceci est plus perceptible dans le monde britannique et japonais.

Relations entre ONG et autres institutions

La Banque mondiale constate non seulement que « les ONG prennent de plus en plus part aux processus de développement économique et social, et que les lois et règlements des États concernant les ONG sont très divers et parfois susceptibles d'étouffer leurs activités et leur croissance ». Afin d'encourager le développement des ONG et de leurs « activités de coopération, facteurs d'amélioration et d'élargissement de l'aide au développement ». La Banque mondiale propose « une série de recommandations générales aux États en matière juridique, destinées à garantir aux ONG une existence et un fonctionnement sans entrave, indépendamment de l'État et de manière transparente et responsable »

Les ONG doivent répondre encore plus professionnellement que par le passé. Certaines organisations françaises se sont un peu rapprochées du système anglais (emploi salarié alors qu'avant le volontariat était la règle), et se tournent vers des candidats qui présentent des connaissances professionnelles dans différents secteurs. Il est devenu impératif, au moins pour des ONG de taille moyenne et grande, de présenter une expérience professionnelle avant de postuler. Parmi les profils recherchés, se trouvent des médecins et autres professionnels de la santé, des agronomes, des ingénieurs et techniciens en traitement de l'eau (ingénieurs Watsan), des professionnels des travaux publics (routes, constructions), des logisticiens, des administrateurs et comptables...

Afin de répondre à ce besoin de professionnalisation des ONG, de plus en plus d'universités et écoles mettent en place des formations spécifiques aux ONG, en plus des formations existantes (cursus d'une ou plusieurs années dans des écoles dédiées, telles que Bioforce à Lyon ou encore l'Institut de Formation et d'Appui aux Initiatives de Développement, à Bordeaux, ou encore la Licence professionnelle mention conduite de projets internationaux de co-développement à Besançon).

Cependant, compte tenu des évolutions en cours et de certaines remises en question concernant les liens officiels et/ou officieux entre ONG, Banque Mondiale et FMI (voir François Charles : L'Afrique des ONG) apparaissent également des formations spécialisées dans l'observation des ONG, telle celle proposée à l'école des hautes études des sciences économiques et sociales de Montpellier (ONG : Audit et contrôle de gestion).

1.2. Notion de développement local

Dans le parler populaire, on mêle souvent croissance et développement. Or, ce ne sont pas des synonymes. Le développement implique accroissement de bien-être et changement dans la structure économique et sociale. Il engage une société sous tous ses aspects. La croissance est une notion plus simple. Elle se réfère à un accroissement des activités de production de biens et services mais n'implique pas nécessairement des changements dans la structure, ni n'engage une société sous tous ses aspects. Le concept de développement contiendrait donc l'idée de croissance Ainsi, la notion de développement englobe une multitude de composantes économiques, sociales et politiques et doit tenir compte des valeurs et attitudes d'une population.

Pour les fins de ce document, disons que, dans une perspective de développement, le niveau local, plus près de la réalité et des gens, serait ainsi le lieu de définition des besoins et de réalisation des actions. Alors que le niveau régional serait plutôt le lieu de concertation des stratégies de développement local, de partage de programmes et services supérieurs (ex. commissariat à l'exportation, université) et de concertation des politiques gouvernementales à effet régional (ex. application régionale de politiques des ministères à vocation sectorielle).

Bien que le niveau provincial ait souvent pris en charge dans le passé une grande variété de besoins de la population, il semble, pour sa part, plutôt vouloir se définir aujourd'hui comme le lieu réservé à la conception de politiques et programmes cadres de développement. Il devient partenaire et accompagnateur d'initiative de développement.

L'OCDE définit le niveau local en ces termes:

«  Le niveau local est l'environnement immédiat dans lequel la plupart des entreprises et en particulier les petites - se créent et se développent, trouvent des services et des ressources, dont dépend leur dynamisme et dans lequel elles se raccordent à des réseaux d'échange d'information et de relations techniques ou commerciales... Le niveau local, c'est-à-dire une communauté d'acteurs publics et privés offre un potentiel de ressources humaines, financières et physiques, d'infrastructures éducatives et institutionnelles dont la mobilisation et la valorisation engendrent des idées et des projets de développement. »

Le développement local est aussi appelé " développement à la base" est prôné dans les pays en voie de développement en complément des mesures macroéconomiques et des grands projets. Dans ces pays, le développement local repose sur des actions mobilisant les initiatives locales au niveau des petites collectivités et des habitants eux-mêmes.

Eventuellement avec une aide technique ou financière extérieure, comme : mini infrastructures : creusement d'un puits, installation de cellules solaires pour alimenter un village, création d'une école) ; mise en place de micro coopératives ou d'associations de micro crédit ; initiative de certains habitants à titre personnel ou familial au niveau d'exploitations agricoles, commerciales, artisanales, tirant partie des ressources et du marché locaux et utilisant des méthodes performantes. Le concept est apparu au milieu des années 1960 en France, en réaction aux pratiques dirigistes de l' aménagement du territoire fondées sur des logiques sectorielles. Pour l'État, l'aménagement du territoire peut être considéré comme le volet spatial de la planification.

Quand l'État, au début des années soixante, veut mener une "ardente" politique d'aménagement du territoire, il développe d'abord une critique vigoureuse du maillage territorial hérité, celui des départements : mal découpés, trop étriqués, trop dominés par ce que le général De Gaulle appelait "les petits notables de sous-préfectures", inadéquats pour une grande action nationale. Il est à peu près certain que la fortune récente du mot " territoire" est liée simultanément à une réflexion de type planiste, c'est-à-dire à la recherche de l'espace optimal pour mener une action publique "descendante", volontariste, et à une réflexion de type autogestionnaire, donc la recherche de l'espace optimal pour conduire un projet "ascendant" de développement, lié à une mobilisation sociale (Gontcharoff, in revue Territoires).

La vision « descendante de l'État » (les décisions sont prises en haut lieu sans concertation avec les populations concernées) est contestée au début des années 1970 par de nombreux acteurs locaux qui considèrent que le développement d'un territoire doit prendre en compte les besoins et les aspirations de ses habitants. Le développement part en bas prôné par le « mouvement des Pays », dont le slogan « vivre, travailler et décider au Pays » résume bien la logique d'autonomie vis-à-vis des centres décisionnels, qu'ils soient politiques ou économiques. C'est pourquoi, les acteurs locaux engagés dans des démarches de développement local ont été apparentés dans les années 1970 comme des « militants d'un autre développement » (on parlerait aujourd'hui des alternatifs.)

Pour mieux cerner la notion de développement local, on peut citer une définition qui a fait date : "Le développement local n'est pas la croissance, c'est un mouvement culturel, économique, social qui tend à augmenter le bien-être d'une société. Il doit commencer au niveau local et se propager au niveau supérieur. Il doit valoriser les ressources d'un territoire par et pour les groupes qui occupent ce territoire. Il doit être global et multidimensionnel, recomposant ainsi les logiques sectorielles".

Les lois Defferre de 1982-1983 de décentralisation, donnent plus de responsabilités aux collectivités territoriales pour mener des actions locales et une politique d'aménagement plus pertinente car adaptée à chaque territoire. La loi des libertés et responsabilités locales (2004), appelée le deuxième acte de la décentralisation, poursuit cette volonté de l'État d'accorder plus de responsabilités et d'autonomie aux pouvoirs locaux. La fin des années 1990 a été marquée par une série de réformes importantes dans le domaine de l'aménagement du territoire. Elles correspondent à des logiques nouvelles reposant sur la prise en compte des territoires vécus par les habitants qui, du fait de leur mobilité, rendent caducs les découpages institutionnels du passé.

Cette période marque aussi la consolidation des acteurs apparus au cours des années 1980 : l'Europe, à travers la politique régionale de l'UE, les collectivités locales, les Régions. Enfin, cette période voit apparaître de nouveaux enjeux tels que le développement durable. Il convient donc de bien saisir les mécanismes des politiques d'aménagement du territoire en France. La décentralisation de ces vingt dernières années a permis aux collectivités locales et territoriales de devenir des acteurs essentiels du développement territorial. L'émergence de nouveaux territoires de projets le montre pleinement lorsque l'on connaît le rôle porteur des collectivités locales.

Aujourd'hui, après la période des pionniers, après celle des contrats de Pays, après celle des chartes intercommunales d'aménagement et de développement, on peut identifier environ 500 territoires de projet, dont 180 agglomérations ( communautés urbaines et communautés d'agglomérations), à travers la France. Conséquence de cette décentralisation, de nouvelles dynamiques territoriales se sont créées pour mettre en place des ONG locales de développant des stratégies intercommunales voire métropolitaines. En définitive, le développement local est plus qu'un concept, c'est un mandat politique.

Il serait facile de conclure que le développement local est celui qui s'exprime sur un territoire donné, en l'occurrence ici, le niveau local. Le phénomène est toutefois plus complexe. Le développement local est un concept relativement nouveau dans le vocabulaire des développeurs québécois. Pour bien en comprendre toutes les dimensions et saisir l'intérêt qu'il suscite, il faut introduire quelques notions nouvelles telles, communauté locale, autorités locales et dimension humaine. Il faut réaliser aussi que c'est d'abord un phénomène émergent, endogène.

1.3. Notion de développement durable

Le développement durable est une nouvelle conception de l' intérêt public, appliquée à la croissance économique et reconsidérée à l'échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects environnementaux généraux d'une planète globalisée. Selon la définition proposée en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement dans le rapport Brundtland 1, le développement durable est : « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

· le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité.

· l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

Face à la crise écologique et sociale qui se manifeste désormais de manière mondialisée ( changement climatique, raréfaction des ressources naturelles avec en particulier le rapprochement du pic pétrolier, écarts entre pays développés et pays en développement, sécurité alimentaire, déforestation et perte drastique de biodiversité, croissance de la population mondiale, catastrophes naturelles et industrielles), le développement durable est une réponse de tous les acteurs ( États, acteurs économiques, société civile), culturels et sociaux du développement.

Il s'agit aussi, en s'appuyant sur de nouvelles valeurs universelles ( responsabilité, participation et partage, principe de précaution, débat ...) d'affirmer une approche double :

· Dans le temps : nous avons le droit d'utiliser les ressources de la Terre, mais le devoir d'en assurer la pérennité pour les générations futures ;

· Dans l' espace : chaque humain a le même droit aux ressources de la Terre ( principe de destination universelle des biens).

Tous les secteurs d'activité sont concernés par le développement durable : l' agriculture, l' industrie, l' habitation, l'organisation familiale, mais aussi les services ( finance, tourisme,...) qui, contrairement à une opinion quelquefois répandue, ne sont pas qu' immatériels. Un rapport sur Les limites à la croissance, connu sous le titre Halte à la croissance ?, rédigé par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology. Ce premier rapport donne les résultats de simulations informatiques sur l'évolution de la population humaine en fonction de l'exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu'en 2100.

Il en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de l'appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des énergies fossiles. Le modèle n'est cependant pas encore à ce stade sectorisé par régions comme il le sera ensuite. Selon certains, nombre de ses prévisions se sont révélées fausses. Au contraire, les auteurs eux-mêmes, dans leur mise à jour de 2004 démontrent que la réalité est relativement conforme à leurs prévisions de 1972.

Du 5 au 16 juin 1972 s'est tenue une conférence des Nations Unies sur l'environnement humain à Stockholm expose notamment l'éco-développement, les interactions entre écologie et économie, le développement des pays du Sud et du Nord. Il sera rétrospectivement qualifié de premier Sommet de la Terre. C'est un échec relatif, avec aucun compromis clair, mais la problématique semble dès lors posée : l' environnement apparaît comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux générations futures.

L'adoption de la convention de Rio et naissance de l' Agenda 21. La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale, et la préservation de l'environnement. Deux ans après est née la charte d'Aalborg sur les villes durables, au niveau européen est publiée.

La déclaration universelle de l' UNESCO en 2001 sur la diversité culturelle affirme pour la première fois que la diversité culturelle est « gage d'un développement humain durable ». Entre (26 août au 4 septembre) 2002 se tient le sommet de Johannesburg : des chefs d'État, représentants gouvernementaux et d'ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité.

2005 : la conférence générale de l' UNESCO adopte la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles où la diversité culturelle est réaffirmée comme « un ressort fondamental du développement durable des communautés, des peuples et des nations ».

Enjeux et objectifs du développement durable

Crise écologique et sociale

La Révolution industrielle du XIXe siècle introduit des critères de croissance essentiellement économiques, principal critère aisément mesurable : ainsi le PNB dont l'origine remonte aux années 30 est souvent vu comme l'indicateur de la richesse d'un pays. Des corrections ont été apportées dans la deuxième moitié du XIXe siècle sur le plan social, avec d'importantes avancées sociales. L'expression « économique et sociale » fait depuis partie du vocabulaire courant.

Mais les pays développés ont pris conscience depuis les chocs pétroliers de 1973 et 1979 que leur prospérité matérielle était basée sur l'utilisation intensive de ressources naturelles finies, et que par conséquent, outre l'économique et le social, un troisième aspect avait été négligé : l' environnement. Pour certains analystes, le modèle de développement industriel n'est pas viable ou soutenable sur le plan environnemental, car il ne permet pas un "développement" qui puisse durer.

Les points cruciaux en faveur de cette affirmation sont l'épuisement des ressources naturelles ( matières premières, énergies fossiles pour les humains), la destruction et la fragmentation des écosystèmes, notamment la déforestation qui se manifeste par la destruction des forêts tropicales ( forêt amazonienne, forêt du bassin du Congo, forêt indonésienne), ainsi que la diminution de la biodiversité qui diminuent la résilience de la planète ou encore le changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre et de manière générale la pollution due aux activités humaines.

Les catastrophes industrielles de ces trente dernières années ont interpellé l'opinion publique et les organisations telles que, les Amis de la Terre ou encore Greenpeace. Le développement actuel étant consommateur de ressources non renouvelables et considéré par ces critiques comme inéquitable, une réflexion a été menée autour d'un nouveau mode de développement, appelé « développement durable » ( Exxon Valdez 1989,).

Une nouvelle démarche : agir local, penser global

La Terre vue de la Lune : une des premières visions de la Terre comme un ensemble fini et fragile. Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les inégalités d'accès aux ressources posent des questions philosophiques et éthiques.

Jean Bastaire voit l'origine de la crise écologique chez Descartes selon qui l'homme devait se « rendre comme maître et possesseur de la nature ». Au contraire, la géographe Sylvie Brunel critique le développement durable, car elle y voit une conception de l'homme comme un parasite, et la nature comme un idéal. Or, pour elle, l'homme est souvent celui qui protège la biodiversité, là où la nature est le règne de la loi du plus fort, dans lequel « tout milieu naturel livré à lui-même est colonisé par des espèces invasives ».

Sans en aborder tous les aspects philosophiques, le développement durable comporte également des enjeux très importants en matière d' éthique des affaires. André Comte-Sponville entre autres, aborde les questions d' éthique dans Le capitalisme est-il moral ? La formule « agir local, penser global », employée par René Dubos au sommet sur l'environnement de 1972, est souvent invoquée dans les problématiques de développement durable. Elle montre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux nécessite de nouvelles heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement durable.

Les trois piliers

L'objectif du développement durable est de définir des schémas viables qui concilient les trois aspects économique, social, et écologique des activités humaines : « trois piliers » à prendre en compte par les collectivités comme par les entreprises et les individus. La finalité du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces trois enjeux.

À ces trois piliers s'ajoute un enjeu transversal, indispensable à la définition et à la mise en oeuvre de politiques et d'actions relatives au développement durable : la gouvernance. La gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs (citoyens, entreprises, associations, élus...) au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie participative. Le développement durable n'est pas un état statique d'harmonie, mais un processus de transformation dans lequel l'exploitation des ressources naturelles, le choix des investissements, l'orientation des changements techniques et institutionnels sont rendus cohérents avec l'avenir comme avec les besoins du présent. On peut considérer que les objectifs du développement durable se partagent entre trois grandes catégories:

· Ceux qui sont à traiter à l'échelle de la planète : rapports entre nations, individus, générations ;

· Ceux qui relèvent des autorités publiques dans chaque grande zone économique (Union européenne, Amérique du Nord, Amérique latine, Asie...), à travers les réseaux territoriaux par exemple ;

· Ceux qui relèvent de la responsabilité des entreprises. ( Schneider Electric et le programme Bipbop accès à l'énergie - Business, Innovation & People at the Base of the Pyramid)

Le développement répondre aux besoins des générations actuelles et à venir

« Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Rapport Brundtland CMED. Ce rapport rappelant le propos prêté à Antoine de Saint-Exupéry : « Nous n'héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants », insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment, par des mesures de protection de la qualité de l' environnement, par la restauration, l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins essentiels en ce qui concerne l' emploi, l' alimentation, l' énergie, l' eau, la salubrité ». Cela étant, on se heurte à une difficulté, qui est de définir ce que sont les besoins des générations présentes, et ce que seront les besoins des générations futures. On pourrait retenir par exemple les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer.

Dans ce contexte, le développement durable a été inséré parmi les Objectifs du millénaire pour le développement fixés par l'ensemble des États membres de l'ONU. Afin de subvenir aux besoins actuels sans pour autant se reposer sur l'utilisation non durable de ressources non renouvelables, un scénario en trois points a été proposé :

· efficacité (techniques plus performantes),

· sobriété (techniques utilisées avec parcimonie),

· utilisation de ressources renouvelables (par exemple : l'énergie solaire ou les éoliennes, au travers de projets d' électrification rurale).

Le patrimoine culturel ne doit pas être oublié : transmis de génération en génération et faisant preuve d'une grande diversité, l'UNESCO en souhaite la préservation. La culture au sens large (ou l'environnement culturel) s'impose d'ailleurs peu à peu comme un quatrième pilier du développement durable.

Schéma 2.1. Le développement durable  une approche géonomique globale à la confluence de trois préoccupations, dites « les trois piliers du développement durable ».

1.4. Notion de pérennisation

La notion de pérennisation est un empreint du Latin pérennitas : c'est ce qui est continuel qui peut durer une année ou des années entières. La pérennisation est une mesure dans laquelle les méthodes, les techniques, les organisations, les mécanismes qui ont conduit aux effets positifs d'une activité menée par un acteur qui peut être un gouvernemental ou non et sont appropriés par les bénéficiaires de manière à assurer la reproductibilité des résultats après l'arrêt des intervenants.

La notion de pérennisation vu sous l`angle des perspectives de changements qu'ils entrevoient après la mise en place des projets en termes : d'organisation du travail et de répartition des tâches, d'organisation des structures et de relations de travail. Et enfin, leur perception du rôle actif attendu de chaque partenaire au projet (stagiaires, chefs de section ou de volet, superviseur, animateur ou tout autre acteur engagé dans le processus) dans la diffusion des résultats et leur inscription dans la pérennité.

Les résultats de l`évaluation dénotent un grand effort pour: un plus grand rapprochement entre encadreurs et stagiaires, grâce à la volonté affichée des stagiaires, devenus plus actifs, coopératifs et exprimant mieux leurs attentes, à celle des encadreurs (relayés par de nombreux responsables régionaux et villageois) saisissant mieux les besoins d'une ONG ou organisation en pleine mutation.

Un programme plus riche en nouveautés techniques et organisationnelles et leur application sur le terrain mettant en situation pour amener à proposer des solutions aux problèmes de gestion. En plus des nouvelles pratiques et techniques de gestion, celles-ci recouvrent aussi de nouveaux comportements emprunts d'esprit d`initiative, de solidarité autour d`un intérêt commun, de partage pour la pérennisation des moyens à l`intérieur de l'ONG, de complémentarité avec d'autres organisations, de recherche de la qualité...

Cependant, les premiers contacts avec des homologues de certains ONG exposés à des problèmes professionnels similaires mais réagissant autrement pour les résoudre avaient suscité la curiosité des stagiaires et leur intérêt pour la suite du processus de pérennisation. Même si certains partenaires ont tardé à en comprendre les objectifs, faute de préparation suffisante et de sensibilisation sur les objectifs de, l`identification des véritables problèmes de gestion exprimés par les vrais acteurs, ont manqué.

1.5. Notion d'acquis

Est, l'ensemble des savoirs et savoir-faire dont une personne manifeste la maîtrise dans une activité professionnelle, sociale ou de formation. Les acquis exigés pour suivre une formation constituent les prés requis. L'acquis paraît particulièrement important en ce qui concerne les structures et modes d'organisation favorisant autonomie, initiative et réactivité. Trois domaines d'action y sont pris en compte: les actions d'intégration destinées à équilibrer la décentralisation ; un changement de rôle de l'encadrement ; la mise en place d'un système de récompense adapté (Larousse, Robert 1993).

Le siège, les équipements mobiliers et immobiliers, le personnel (clés ou permanant, temporaire et stagiaires) constituent d'une part les acquis d'une ONG, d'autre part les compétences acquises dans l'exécution des projets et programmes, les structures et les personnes formées sont des acquis. Ces domaines font l'objet d'une vision générale largement partagée, mais les modalités de mise en oeuvre et les degrés d'avancement sont diversifiés, en fonction du métier, de l'histoire de l'entreprise ou des conceptions des dirigeants. La notion s'enrichit: - "confier des responsabilités" connote pouvoir officiel, définition de mission, de fonction, d'objectifs ; - "prendre des responsabilités" connote engagement personnel, liberté d'être et de faire, droit à l'erreur, ...

La problématique de la responsabilité réside dans cette double définition (confier - prendre) qui génère deux logiques différentes: - subir les conséquences, qui implique l'idée de sanction, de pénalité ou de récompense ; - assumer les conséquences, qui implique l'idée d'anticipation, d'autocontrôle, d'initiative ou de motivation (Larousse, Robert 1993).

SECTION II. CADRE THEORIQUE

2.1. Théorie du développement local

Le développement local est un processus de diversification et d'enrichissement des activités économiques et sociales sur un territoire d'échelle locale à partir de la mobilisation et de la coordination de ses ressources matérielles et immatérielles. Cette notion désigne à la fois une posture vis-à-vis de la question du développement, une méthode pour le développement des territoires locaux ainsi qu'un cadre d'analyse de ses ressorts.

Ainsi, la notion de développement local apparaît en France au moment où, dans les années 1970, certains acteurs prennent conscience que leurs n'ont pas bénéficié des grands courants du développement économique de l'après-guerre. Pour eux, il s'agit alors de s'extraire de lois macro-économiques et d'orienter leur destin selon des décisions prises localement avec pour objectif de mobiliser les potentialités et les ressources de groupes sociaux et de communautés locales, afin d'en tirer un bénéfice social et économique, en premier lieu pour les groupes en question. Dans ce sens, le développement local correspond à une critique du fonctionnement économique en faisant le constat que toutes les collectivités humaines, tous les territoires, ne pourront pas remplir les conditions d'une intégration à un fonctionnement économique national et, à plus forte raison, mondial.

C'est ainsi que l'approche en termes de développement local conduit à considérer que le développement ne découle pas seulement de la valeur économique des activités et qu'il ne relève pas seulement des systèmes organisés de production et des institutions centralisées mais est aussi lié à de petites initiatives localisées, à la mobilisation de la population locale autour de projets utilisant des ressources locales. Pour certains, cette approche s'inscrit dans une perspective humaniste qui considère que l'Homme doit être replacé au centre du fonctionnement économique. Partant les tenants de cette approche considèrent que le développement ne correspond pas seulement à la progression exponentielle des biens et des services produits mais doit aussi permettre la prise en compte des besoins immatériels, sociaux, culturels et psychologiques des personnes considérées à l'échelle de leur lieu de vie.

D'un point de vue opérationnel, le développement local s'appuie sur des méthodes qui mobilisent généralement trois principaux éléments :
  l'élaboration d'outils de production d'informations et de connaissances afin d'identifier les ressources du territoire ; (ex : diagnostic de territoire)
  la mise en place d'outils de concertation, de mobilisation et de coopération entre acteurs visant à valoriser les ressources en question et, si nécessaire, à en développer de nouvelles ; (ex : forums, groupes de travail, etc.)
  l'élaboration et la mise en oeuvre de projets grâce à un système plus ou moins formalisé de gestion et de prise de décisions.

Cependant, alors que le développement local relève d'une posture de nature politique dont découlent méthodes et actions, certains travaux scientifiques, en économie et en géographie, permettent de justifier cette approche d'un point de vue théorique.

En économie, le concept de district industriel forgé par l'économiste britannique MARSHALL à la fin du XIX siècle peut être considéré comme une base théorique pour le développement local. En effet, ce concept qualifie la présence, au sein d'un territoire de petite taille, d'une gamme de petites et moyennes entreprises organisées autour d'un métier industriel, voire de plusieurs métiers, dont le développement dépend des fortes relations qu'elles entretiennent entre elles et avec les communautés locales.

L'intensité de ces relations s'explique par le partage d'une culture commune des relations économiques et sociales considérée comme une ressource propre au territoire. Dans les années 1970, ce concept a été utilisé par des économistes italiens (ex : G.Becattini) pour décrire l'organisation industrielle de la Troisième Italie (Italie du Centre et du Nord-Est). En France, cette analyse a suscité l'intérêt de certains économistes qui ont proposé la notion de « systèmes industriels localisés » pour décrire l'organisation économique de territoires comme le Choletais (textile). Afin d'élargir le champ de l'analyse aux autres secteurs économiques, ils ont ultérieurement proposé la notion de « système productif localisé ».

En géographie, c'est la notion de « milieu innovateur » qui peut constituer une base théorique pour le développement local. Il existerait des « milieux » plus ou moins propices au développement selon la nature des relations que les entreprises entretiennent avec leur territoire d'insertion. Un « milieu innovateur » est celui où les entreprises développent des réseaux d'échanges et de coopérations et mobilisent les ressources humaines et matérielles de leur territoire. Ainsi, la notion de « milieu innovateur » permet d'analyser les facteurs de développement économique d'un territoire AYDALOT.

Ces deux approches ont en commun de considérer l'espace non pas comme un simple morceau de sol mais comme un ensemble de rapports techniques, économiques ou sociaux, plus ou moins riches en interactions et donnant inégalement lieu à des processus d'apprentissages collectifs. Par conséquent, elles s'intéressent aux territoires dans leur dimension géographique (localisation, topographie, paysage, climat, densités et répartitions de la population, présence et qualité des ressources du milieu...), culturelle (comportements, savoirs, coutumes qui modèlent une société et sur lesquels se fonde un sentiment d'appartenance) et sociale (constitution d'un réseau de relations territoriales support des initiatives locales). L'analyse de ses dimensions permet de fournir des explications quant aux différences de développement des territoires.

En France, ces dernières années, l'approche en termes de développement local a été mobilisée par l'État dans le cadre d'actions menées au titre de l'aménagement du territoire. À titre d'exemple, on peut citer les financements mobilisés à partir de 1998 par la DIACT (ex-DATAR) pour soutenir l'émergence et le développement de territoires. De manière plus générale, l'élaboration des projets de territoires locaux s'inscrivant dans les cadres législatifs (Loi d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire, 1999) et réglementaires de la politique d'aménagement du territoire (ex. : politique des pays) mobilisent également les méthodes du développement local.

Cette évolution correspond à une certaine institutionnalisation de la démarche du développement local alors même que ses justifications théoriques s'appuient sur des exemples de territoires souvent correctement insérés dans le jeu de l'économie mondiale. Aujourd'hui, la posture militante initiale ne semble donc plus suffire pour caractériser les différents avatars du développement local.

Les théories du développement face aux histoires du développement réel en cette fin du XXème siècle abordent seulement les politiques de développement et sont assez éloignées des pratiques liées au développement à l'échelle mondiale. En réalité, la pensée concernant le développement dans son contexte historique, ne peut comprendre le processus de formation de la pensée sur le développement ni la diversité de ses orientations, que si on la resitue dans une périodisation qui correspond aux inflexions du contexte historique dans laquelle elle s'est déployée, et aux conflits d'acteurs qui ont marqué ces différentes périodes".

"Il s'agit de situer les discours sur le développement et leurs avatars pratiques par rapport aux vicissitudes du `' développement réel'", à travers "une opposition entre l'ordre des choses et l'ordre des peuples et des gens". L'insertion des théories dans l'histoire qui les a produites se fait au niveau de la macroéconomie et non au niveau de ses effets sur les populations qui leur sont prétexte autant qu'elles en sont victimes, autant aussi, qu'elles en sont, à la marge, acteurs.

La micro-économie locale de ce que l'auteur appelle "la farce humanitaire" des Grands Lacs montrerait, en effet, des acteurs locaux, voire même nationaux, menant leur politique propre dans le contexte évoqué. A ce niveau de base, manque l'approche des processus de développement réel au sein desquels, pour rester dans cette note, les appropriations locales du mondial humanitaire rejoignent parfois le libéralisme le plus sauvage.

Colin Leys analyse les théories du développement à la lumière des circonstances de leur production. En limitant son ouvrage à l'Afrique, l'auteur opte, pour une confrontation plus étroite des théories à des réalités qui, sans être homogènes, présentent des similarités quant à l'héritage colonial, au rôle de l'état ou aux modes de production et d'accumulation. Il montre aussi la marginalisation croissante de l'Afrique dans le contexte mondial. Ici, les théories, depuis celle de la modernisation jusqu'à celle du choix rationnel en passant par la théorie de la dépendance, sont confrontées aux réalités africaines. Pour C. Leys, l'étude de la formation d'une bourgeoisie africaine et de ses stratégies est au coeur de l'étude du développement africain.

Mais la "tragédie africaine montre aussi clairement et de façon fort concrète que les théories du développement ne peuvent se limiter au Tiers Monde ou traiter le monde développé et ses options comme un "donné". Cette perspective le démarque de l'ouvrage de J.-Ph. Peemans dont l'érudition éloigne le lecteur des populations cibles qu'il ne parvient pas à percevoir comme des sociétés, des peuples possédant une autonomie et des modes de fonctionnement propres.

Les pays sous-développés, sont dans un cercle vicieux de pauvreté, en raison de la faiblesse de la demande interne liée aux faibles revenus, et sont dans l'incapacité de lancer des projets d'investissement rentables et capables de déclencher le processus de développement. Du côté de l'offre, la faible capacité d'épargne résulte du bas niveau de revenu réel qui lui-même reflète la faible productivité qui résulte, à son tour, du manque de capital, un manque de capital qui lui-même est le résultat de la faible capacité d'épargne ; ainsi, le cercle est fermé. (Nurkse, 2006). 

2.2. Théorie des organisations

La théorie des organisations est une discipline située à la limite entre l' Économie des organisations, la Sociologie des organisations, la gestion et la science politique.
Elle s'intéresse aux organisations, aussi bien marchandes que non-marchandes, dans toutes leurs diversité (entreprise, hôpital, syndicat, association, administration, conventions, ...)

Elle a pour but d'analyser leur fonctionnement, leur structure et leur développement et de proposer des améliorations. Elle est constituée d'un ensemble de concepts, de méthodes et d'outils disparates, issu de diverses disciplines (économie, sociologie, la psychologie, l'histoire ou les sciences de la gestion). Pour illustrer cette réalité organisationnelle, il va s'appuyer sur quelques grandes expériences comme les usines Ford, le cas Volvo, le toyotisme...

Les grands thèmes de cette discipline sont le pouvoir, les relations et rapports sociaux, l'analyse des configurations et la communication dans les groupes. Son développement a suivi les évolutions politico-sociales du XXe siècle, s'articulant selon les auteurs autour d'études empiriques ou de travaux largement théoriques. En économie, on étudie l'ensemble des arrangements institutionnels permettant la mise en oeuvre de la production et l'échange de biens et de services. Dans un sens plus restreint, l' économie des organisations consiste dans l'étude de l' organisation comme entité économique spécifique, l' entreprise étant l'organisation analysée de manière privilégiée.

La théorie des d'organisations postule l'existence des règles visant à rendre favorablement possible la coordination d'un ensemble de moyens divers (humains, financiers, matériels), en vue de la production d'un bien matériel ou d'un service, objectif d'organisation. Une telle définition générale inclut comme objet d'étude les entreprises industrielles, mais aussi les établissements et services sociaux et médicaux sociaux (par exemple les instituts médicaux éducatifs, les structures hospitalières, etc....). Les écoles et les universités, les collectivités territoriales (par exemple les conseils régionaux et généraux, etc.), les partis politiques, les syndicats (Foudriat, 2005, P1).

Toute organisation comprend des individus et des groupes. Mais une organisation ne se résume pas à une somme d'individus et de groupes. Ceux-ci sont en effet liés les uns aux autres par des interdépendances multiples, qui ont pour but de faciliter la réalisation d'un objectif officiellement commun : produire un bien ou service. Pour atteindre cet objectif, des principes généraux sont mobilisés.

Les apports de l'école classique de l'organisation (le taylorisme, Ford et le fordisme, Fayol et l'administration industrielle, Weber et la rationalisation de l'organisation). Première vague de réflexion dominant la pensée scientifique et managériale des années 1900 et 1930, la théorie classique des organisations se définit comme la volonté de mettre de l'ordre dans les organisations par l'établissement de règles strictes. L'organisation étant conçue comme un mécanisme destiné à produire des biens ou services dans lequel chaque individu est un rouage.

Le taylorisme est avant tout une réponse aux contradictions soulevées par le mode de production artisanal. Le modèle industriel occidental mis en oeuvre dans les grandes entreprises combine ainsi plusieurs apports théoriques complémentaires : le taylorisme qui fait référence à des concepts organisationnels de base, le fordisme désignant le travail sur les lignes d'assemblage et de standardisation de produits, la contribution de Fayol vers une unité de commandement, de direction, de prévoyance et de coordination dans les organisations.

La théorie de l'action rationnelle de Weber vient renforcer l'idée dominante selon laquelle il est important de dépersonnaliser les relations de travail en vue de renforcer l'équité dans les organisations. Bien qu'ayant largement contribué activement à la création de richesses, les apports classiques ont été critiqués à partir des années 30 par le mouvement des relations humaines. Le mouvement des relations humaines s'intéresse aux dimensions affectives, émotionnelles et relationnelles des situations de travail ainsi qu'à la complexité des motivations humaines. Il va se prolonger progressivement de l'analyse des groupes restreints et des formes de pourvoir en leur sein en particulier à partir des travaux élaborés sur le leadership.

De nombreux auteurs ont donc cherché à donner à l'organisation une dimension humaine. Ce sont les précurseurs de ce qu'on appellera tardivement la gestion des ressources humaines (E. Mayo; K. Lewin; R. Likert, H. Maslow, D. Mc Gregor, F. Herzberg et C. Argyris). Malgré un courant riche en apports, il sera particulièrement critiqué aux USA et en France à partir des années 60. Pour l'essentiel, on lui reproche son manque d'adaptation au contexte de la crise économique mais aussi d'être trop « psychologisant » en matière d'analyse des organisations. Les travaux de recherche s'orienteront alors vers les analyses de la structuration interne des organisations d'où le troisième chapitre.

Ainsi les théories managériales des organisations (les théories de la contingence structurelle, l'approche sociotechnique des organisations, la théorie de la décision, les nouvelles théories économiques de l'entreprise, H. Mintzberg et la structuration des organisations) constatent que les organisations sont influencées par leur environnement socio-économique. Certaines recherches ont essayé de créer une véritable science des organisations, établissant des lois complexes reliant un état de l'environnement donné avec les structures de l'organisation.

Le facteur de l'environnement considéré comme le plus influent est la contingence. Elle se définit comme une situation spécifique et évolutive qui conduit à rejeter des prescriptions uniques et standardisées. Cette contingence est structurelle car les modifications dans les changements dans les variables externes (technologies, marché, ...) provoquent des évolutions dans la structure des organisations. D'autres recherches établissent un parallèle biologique et considèrent que les organisations, comme les espèces, croissent et disparaissent selon certaines lois.

Elles mesurent l'influence de variables d'environnement sur les caractéristiques des organisations. Au total, les théoriciens ont mis en évidence que le concept de différenciation des activités (conception plus ou moins rationnelle de l'organisation) et la notion d'intégration des personnes (soit la manière dont leur coordination et leur implication seront réalisées) ont un des rôles les plus fondamentaux de la structuration des organisations et du management des hommes.

Les approches sociologiques et socio-économiques des organisations (on y trouve également leurs prolongements comme les nouvelles théories sociologique de l'entreprise). A la fin des années 70, ce courant de pensée de l'organisation s'intéresse au rôle des acteurs à leurs systèmes de relations et aux jeux de pouvoir au sein de l'organisation. Ces différents aspects sont placés au centre des réflexions sur l'efficacité et la performance des entreprises. Les sociologues et les socio-économistes mettent en évidence les stratégies d'acteurs et les jeux de pouvoirs dans le fonctionnement de l'entreprise dépassant en cela la seule référence à la satisfaction des besoins individuels chère à l'école des relations humaines ou à la dynamique de groupes des sociotechniques.

Un des grands avantages de l'école sociologie et socio-économique est d'avoir pour la première fois dans l'histoire du management permis de quantifier les facteurs qualitatifs de la productivité que représente le comportement de l'homme au travail. La recherche sociologique, longtemps dominée par deux courants relativement autonomes (sociologie du travail et sociologie des organisations) s'oriente désormais vers une réflexion sur la place de l'entreprise dans la société.

L'étude scientifique des organisations a commencé avec les travaux de Taylor et s'est développée tout au long du XXème siècle. On retiendra entre autres les trois grands courants suivants : les théories rationalistes avec les travaux de Taylor au début du XXème siècle qui a développé une conception de l'organisation autour du postulat de l'optimisation des solutions organisationnelles aux problèmes de la protection et de la coordination des activités ;

les théories des relations humaines avec Elton Mayo et les chercheurs de son équipe qui ont proposé dans les années 30, une explication à la `récalcitrante' au travail prescrit; et les théories de la rationalité limitée et de l'acteur stratège qui se sont développées à partir des années 60 en France autour de Michel Crozier , selon ce modèle, les comportements des membres d'une organisation ne sont pas totalement déterminés par les règles formelles.

Les membres de l'organisation ont des intérêts et ceux-ci ne coïncident pas nécessairement avec les objectifs de leur mission. Ainsi, les comportements des individus au travail sont toujours stratégiques. Les membres d'une organisation sont considérés comme « acteurs ». Pour Crozier ce sont les relations de pouvoir qui structurent les contextes d'action.

Le fonctionnement réel d'une organisation est la résultante des jeux stratégiques qui se tissent entre les acteurs autour des multiples problèmes que ceux-ci rencontrent pour accomplir leur travail. Le XXème siècle est marqué par l'essor sans précédant dans les sociétés occidentales du phénomène organisationnel lié aux bouleversements, aux évolutions économiques et sociales qui ont caractérisé cette période.

Nous pouvons citer entre autres : reconstruction industrielle après la seconde guerre mondiale, la croissance démographique, la construction européenne et la multiplication des échanges, la modernisation des entreprises dans les dernières décennies du siècle, le développement de la consommation de masse. Ce contexte de croissance économique à partir de 1945 s'est caractérisé par un accroissement important des activités industrielles, commerciales et administratives et par un développement rapide des organisations de tout genre (Dubost, 2002).

L'augmentation constante, surtout durant la moitié du XXème siècle du monde d'emplois salariés dans des organisations de plus en plus grandes est un indicateur objectif de cet essor. La concentration industrielle et le développement des grandes organisations constituent malgré les critiques sur l'effet pervers lié à la taille des entreprises, une des caractéristiques majeures de la fin du XX siècle. Les organisations de petites tailles ont été d'ailleurs longtemps considérées comme un frein au développement et comme un résidu des sociétés traditionnelles. Certains acteurs ont considéré le phénomène organisationnel comme propriété spécifique des sociétés modernes par opposition aux sociétés traditionnelles (Ibid p 40,).

Le rapport des individus aux organisations a également changé durant cette période, il est devenu plus dominant. Dans ces sociétés occidentales, les appartenances multiples successives et concomitantes à de nombreuses organisations définissent la vie des individus (maternité, école, lycée, entreprise, administrations diverses, hôpitaux, etc.) `'Notre société est une société de l'organisation ; nous sommes nés dans des organisations, nous avons été éduqués par des organisations et la plupart d'entre nous consacrent une grande partie de leur existence à travailler pour des organisations. Beaucoup de nos loisirs se passent à dépenser de l'argent, à jouer au sein des organisations. La plupart d'entre nous mourront dans des organisations'' (Foudriat, 2005, P1, 2).

Dans le cadre de notre étude, nous considérons l'ONG comme étant une organisation privée apolitique, à but non lucratif qui fonde sa philosophie sur la participation des populations bénéficiaires de ses actions, et elle met en oeuvre des projets et programmes de développement en faveur des populations à la base. Elle se caractérise principalement par son autonomie par rapport au pouvoir étatique, la liberté d'action et l'utilité sociale communautaire. Les ONG disposent généralement de moyens non négligeables et interviennent dans presque tous les aspects du développement (santé, éducation/construction, agriculture,....).

Paradigmes de la théorie des organisations : Influence des courants de la théorie des organisations

Plusieurs paradigmes ont influencé cette discipline :

· l' utilitarisme ;

· les modèles d' organisation scientifique du travail, de taylorisme ;

· le structuro-fonctionnalisme ;

· l' analyse stratégique ;

· le paradigme culturel ...

L'économie des organisations a particulièrement pour objectif d'améliorer la prise de décision au sein de l'organisation. La sociologie des organisations a particulièrement pour objectif d'améliorer la connaissance du comportement d'un groupe d'individus formant l'organisation. Pour atteindre ces objectifs différents, ces domaines peuvent utiliser les postulats suivant qui réalisent les simplifications nécessaires aux analyses :

Postulats des courants en économie des organisations

· Approche classique : individualisme méthodologique et macroéconomique, étalon de mesure : valeur travail, rationalité des agents : homo economicus (recherche intérêt personnel) et suivent une main invisible, autorégulation par le marché, concurrence pure et parfaite.

· Théorie des coûts de transaction : individualisme méthodologique et paradigme institutionnaliste (microéconomique), étalon de mesure : contrats, rationalité limitée des agents...

· Théorie de l'agence : Approche ressource, Théorie des compétences ( Coeur de compétence):

· Approches évolutionnistes : individualisme méthodologique et paradigme biologique, étalon de mesure : routines, rationalité limitée des agents, les routines sont considérées comme des gènes transmissibles, les motivations des individus n'impliquent pas le succès ou la survie de l'organisation. Du fait de l'incertitude, il n'est pas possible de maximiser les prises de décisions qui forment l'organisation de l'entreprise.

2.3. Théorie de la régulation et développement durable

L'auteur tente de montrer l'intérêt d'un rapprochement entre la Théorie de la Régulation et le référentiel, analytique et normatif, du développement durable. Si ce rapprochement ne se conçoit pas sans précautions, les deux constructions ne se situant pas sur le même plan épistémologique, chacune aide cependant à éclairer les zones d'ombre laissées par l'autre. La mise en rapport est notamment féconde pour les entrées suivantes : conceptualisation du système économique, rapport aux institutions, prise en compte de l'environnement, rapport au temps, analyse des ruptures, et cadre spatial.

À titre de première illustration, il mobilise les catégories régulationnistes pour questionner les dynamiques fordistes et postfordistes au crible de la durabilité. La mise en évidence d'antagonismes forts entre ces modes de développement particuliers et les enjeux de durabilité invite à se demander si, plus fondamentalement, certaines caractéristiques essentielles du capitalisme ne seraient pas en cause (Sandrine Rousseau et Bertrand Zuindeau 2001)

On relie généralement l'apparition de la notion de développement durable (ou soutenable) à la parution, en 1987, du rapport élaboré par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, Our common future, plus connu sous le nom de sa présidente, Gro Harlem Brundtland Il est clair, cependant, que la notion dispose d'antécédents intellectuels, parfois anciens, s'inscrivant dans la pensée écologique et dans l'économie politique (CMED, 1987).

La définition la plus célèbre du DD résulte également du rapport Brundtland. Elle voit ce mode de développement comme « répondant aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cependant, sans que cela soit contradictoire avec la définition qui précède, le DD est très souvent appréhendé comme l'articulation des trois composantes suivantes : équité sociale, efficacité économique et préservation durable des acquis, voire une quatrième, la gouvernance (CMED, 1987, p. 51).

La problématique du DD a suscité une importante littérature, provenant de milieux d'acteurs divers et marquée de différences parfois très contrastées, notamment avec, d'un côté, des approches plutôt « modérées » (ayant pour source les entreprises et leurs représentants ou certaines institutions internationales telles que la Banque mondiale ou l'OCDE) et de l'autre, des approches davantage « radicales » (généralement issues de certaines ONG), considérant le DD comme un mode de développement alternatif au mode de développement économique actuel.

Sur un plan heuristique, divers corpus théoriques tels que l'institutionnalisme ou le courant néo-classique ont cherché à intégrer, avec plus ou moins de réussite, cette référence nouvelle. Des approches plus originales telles que l'économie écologique se sont, par ailleurs, constituées pour tenter d'apporter d'autres lectures (Costanza, 1991 ; Krishnan et al.1995).

Face à ce foisonnement théorique, il est possible d'opérer une partition entre les approches dites de la « durabilité faible » (issues en particulier du courant néoclassique) et celles relevant de la « durabilité forte » (économie écologique, approche institutionnaliste, notamment). Les premières retiennent généralement l'hypothèse d'une possible substituabilité entre les différents facteurs de production (capital naturel, capital physique, travail), voire entre les différents types de biens (l'environnement étant alors envisagé comme un bien économique parmi d'autres).

À l'inverse, les tenants de la durabilité forte, se montrent critiques d'une telle hypothèse et appréhendent l'environnement comme une variable tout à fait spécifique. De tels fondements théoriques différents, il résulte des analyses et des préconisations politiques elles-mêmes très différenciées. Ici on ne cherche pas à se positionner vis-à-vis de ces différentes contributions, qu'elles soient empiriques ou théoriques, mais aimerait apprécier la pertinence d'un autre courant théorique qui, jusqu'à présent, n'a pas paru s'intéresser au DD : la Théorie de la Régulation.

Le rapprochement entre DD et TR n'est pas artificiel. Il nous semble que l'un et l'autre sont à même de dépasser leurs « zones d'ombre » respectives. Surtout, la TR est susceptible d'offrir une caractérisation du capitalisme et de ses différents modes de développement à même d'éprouver la compatibilité entre la logique de ce système économique et social particulier et la logique inhérente au DD.

Développement durable et théorie de la régulation : des apports mutuels

Certes, le DD et la TR ne se comparent pas sans précaution, étant entendu qu'ils ne se situent pas sur le même plan épistémologique. La TR est une théorie cherchant à expliquer les dynamiques d'accumulation, leurs caractéristiques, leur entrée en crise, leur enchaînement. Le DD, à l'évidence, n'est pas une théorie. Il constitue, en premier lieu, un référentiel analytique mettant l'accent sur un triple registre d'interdépendances : de domaines (économique, social, écologique, institutionnel), de temps, et d'espaces (Boltanski, Chiapello, 1999).

Mais le DD est aussi un référentiel normatif d'action publique et privée, avec pour dessein le plus fondamental, une conjonction entre équité intergénérationnelle et équité intra générationnelle. En cela, il s'apparente à un « projet ». A l'origine une charge critique et alternative importante, mais un projet de plus en plus approprié par les entreprises et les décideurs politiques et faisant alors office de principe général de développement (Rumpala, 2003).

La différence de positionnements épistémologiques n'empêche nullement le rapprochement. Au contraire, la TR est susceptible d'apporter ses schèmes explicatifs pour ordonner les éléments de problématique offerts par le DD et d'appuyer des projets orientés vers la durabilité. Cette première remarque étant faite, il apparaît que les deux ensembles en présence se situent diversement à l'aune d'un même registre de critères. Les différences sont sensibles. Ce que l'un des ensembles met en exergue est, pour une large part, laissé dans l'ombre par l'autre. Dès lors, les deux registres semblent utilement complémentaires et leur conjonction permet de couvrir un champ bien plus large que ne le fait leur seul regard exclusif.

Le tableau suivant résume la situation différenciée du DD et de la TR face à plusieurs critères, estimés pertinents pour l'exercice de comparaison. La suite de la section en détaillera le contenu.

Tableau 2.1 : DD et TR : manques respectifs et complémentarités

Concepts

Problématique du DD

Théorie de la régulation

Conceptualisation du système économique

Globale et mettant l'accent sur la dimension productiviste

Détaillée : régimes d'accumulation et modes

de régulations variables

Rapport aux institutions

Vague ou ad hoc

Précis : 5 formes institutionnelles

Prise en compte de l'environnement

Essentielle dans l'approche

Non explicitée

Rapport au temps

Long terme a-historique

Dimension historique

Analyse des ruptures

Irréversibilités, incertitude, etc.

Grandes et petites crises

Cadre spatial privilégié

Global

Principalement national

Source : Copyright 2011

Le rapport à l'environnement

Il est vrai, pour y parvenir, il conviendrait que la TR se penche davantage sur le rôle de l'environnement naturel dans la dynamique économique. Au milieu des années 90, Alain on faisait le constat que la TR avait durablement ignoré la question écologique. Cette apparente indifférence était d'autant plus surprenante que les auteurs régulationnistes sont fréquemment engagés comme militants de la cause écologiste (Lipietz 1995).

Pour expliquer ce paradoxe, on invoquait deux raisons. D'une part, ces auteurs sont justement des « écologistes politiques » et non des environnementalistes. Pour eux, dans une tradition althussérienne, l'environnement n'est qu'une production artificielle dans laquelle se matérialisent les rapports sociaux. De là, résulte un intérêt plus marqué pour l'urbain et le cadre bâti que pour l'environnement naturel, au sens strict. D'autre part, l'approche régulationniste est traditionnellement axée sur le fordisme et sa remise en cause et, de ce point de vue, « il est difficile de prétendre que le fordisme soit entré en crise par le côté du rapport société-environnement » (Lipietz, 1995, p. 351).

Par contre, d'autres concernent plus particulièrement l'évolution récente de l'entreprise face à l'environnement. Se situant à un niveau plus général, plusieurs travaux sont partis de l'idée que les caractéristiques du rapport économique à l'environnement étaient influencées par l'état et l'évolution de la conjonction « régime d'accumulation / mode de régulation », et ont même, pour certains, discuté l'hypothèse que le rapport social à l'environnement pouvait constituer une « forme institutionnelle » (Becker, Raza, 2000 ; Rousseau, 2002, 2003).

Quel que soit l'intérêt de ces différents apports, il est clair, cependant, qu'ils sont trop peu nombreux et insuffisamment coordonnés pour former une véritable théorie régulationniste de l'environnement. De fait, l'intégration de l'environnement dans le corpus régulationniste demeure un exercice encore largement inachevé. Les travaux sur le DD, insistent, pour leur part, sur la question environnementale, pourraient utilement contribuer à cette possible orientation nouvelle. En effet, s'il est une composante qui parcourt l'ensemble de la littérature sur le DD, qu'il s'agisse d'apports théoriques ou des documents d'origine institutionnelle, c'est bien la question environnementale Côté économie standard, la théorie de la croissance soutenable se fonde sur la théorie des externalités environnementales, issue de l'économie des ressources naturelles (Hotelling, 1931 ; Solow, 1974a, 1974b ; Hartwick, 1977, 1978).

Pour leur part, les partisans de la durabilité forte, en particulier les tenants de l'économie écologique, mettent la spécificité de la logique écologique au coeur de leur analyse et adoptent une position critique vis-à-vis de l'hypothèse de substituabilité des facteurs généralement avancée par le courant standard. Ils reconnaissent ainsi le concept de « capital naturel critique » (Ekins et al. 2003)

Selon lequel un certain nombre de phénomènes naturels sont proprement irremplaçables (régulations climatiques, protection par l'ozone stratosphérique, biodiversité, etc.) et leur dégradation, au-delà d'un certain niveau, est porteuse d'irréversibilités ruineuses pour la nature comme pour l'Homme. Finalement, dans l'ensemble de la littérature non théorique sur le DD, émanant des diverses organisations s'estimant concernées par cette problématique (institutions internationales, administrations d'État, collectivités territoriales, entreprises et leurs représentants, associations...), l'environnement naturel occupe une place centrale, voire exclusive (Ibid.).

Dans ce registre particulier, les contributions portent alors sur les impacts environnementaux des activités économiques, sur les moyens possibles permettant de limiter ces impacts en privilégiant en l'occurrence l'intervention préventive, ainsi que sur la possible conciliation entre efficacité économique et préservation de l'environnement. Sans doute de telles contributions manquent-elles à dégager une véritable « historicisation » du rapport entre activités économiques et environnement. Tout comme pour le DD en général, il n'est pas recherché une périodisation de ce rapport en lien avec les modes de développement prévalant. Pour le moins cependant, les travaux existants pourraient apporter un matériau de choix pour alimenter une telle problématique à laquelle s'attellerait la TR, munie quant à elle de son appareillage conceptuel.

Le rapport au temps et l'analyse des ruptures

Bien que TR et DD paraissent se rapprocher en privilégiant ensemble le long terme, ce qui précède permet de noter une différence majeure quant au rapport au temps. Alors que la problématique du DD promeut un temps sans réel ancrage historique, la TR constitue, pour sa part, un véritable « institutionnalisme historique ». Elle s'attache à un temps « historicisé » où les diverses formes sociales se répondent les unes les autres selon des configurations particulières et que certains auteurs régulationnistes, ont analysé avec le concept de complémentarité institutionnelle, emprunté à Aoki 1994.  

Autre différence : le regard de la TR est plutôt rétrospectif ; le DD est bien davantage tourné vers le futur. Pendant de longues années, le programme régulationniste a été essentiellement axé sur le fordisme, son émergence, sa dynamique, et sa remise en cause. Il faudra attendre le début des années 90 pour que s'engagent des réflexions sur le ou les post fordismes (e. g. Taddei, Coriat, 1993).

Les approches en termes de DD, pour leur part, s'intéressent certes au caractère « non durable » des tendances passées, mais leur inclination à la normativité les conduit surtout à dessiner les contours d'un avenir possible et souhaitable. L'approche néoclassique cherche à identifier les conditions d'un chemin de croissance où l'optimalité irait de pair avec la durabilité (Hartwick, 1977).

Dans cette perspective, des variables telles que le taux de rendement de l'investissement, le taux d'actualisation, ou la formation d'une rente de rareté à faire fructifier dans l'intérêt des générations futures, exercent un rôle majeur. Les conceptions plus fortes de la durabilité insistent plutôt, quant à elles, sur la conservation des ressources naturelles et confèrent une place première au principe de précaution (Godard, 1997).

Cependant, la prégnance des effets d'incertitude invite les auteurs à proposer de nouveaux schémas démocratiques de prise de décision, que l'on a tendance à qualifier, non sans ambiguïté ni controverses, de nouvelles gouvernances. À nouveau, en précisant des cheminements articulant régimes d'accumulation et conditionnements institutionnels, la TR pourrait contribuer à affiner certains scénarios en termes de DD. De leur côté, les contributions relevant du DD pourraient aider au renouvellement de l'analyse régulationniste des ruptures. On sait que la TR considère en général deux types de crises : les « petites » et les « grandes » (Lordon, 1995).

Le cadre spatial privilégié

Finalement le cadre spatial privilégié dans les deux corps de travaux diffère également dans une certaine mesure, en tout cas dans leurs phases d'émergence respectives. Axée sur le régime d'accumulation fordiste d'après-guerre, la TR a logiquement situé son analyse dans le cadre national - américain et français pour faire référence ici aux premiers textes et ne s'est que plus tardivement intéressée aux autres échelons : niveau international à une première extrémité (Vidal, 1995), local et régional, de l'autre (Benko, Lipietz, 1995 ; Gilly, Pecqueur, 1995).

L'approche du DD s'est, elle, d'emblée située à l'échelon mondial, à la fois fidèle à la vision du courant de l'écologie globale et attentive à l'influence de problèmes transfrontières, notamment les pollutions dites globales (réchauffement climatique, diminution de l'ozone stratosphérique, etc.). Cependant, en s'appuyant sur d'autres sources d'inspiration, en particulier l'écodéveloppement, elle a suscité aussi de nombreuses contributions aux niveaux local et régional (Vivien, Zuindeau, 2001).

Depuis plusieurs années, la TR est confrontée à l'enjeu du renouvellement des formes variables de régulation dans un contexte de mondialisation. À cet égard, il est indubitable que quantité de questions pointées par les travaux sur le DD (pollutions transfrontières, développement économique au Sud, inégalités internationales, entre autres) sont de nature à influer sur cette redéfinition. Les éléments d'analyse offerts par les différentes approches du DD pourraient ainsi enrichir les réflexions régulationnistes en la matière (Callon et al. 2001).

Capitalisme et développement durable : une lecture régulationniste

La partie qui précède indique un certain nombre de raisons qui conduisent à rapprocher une approche analytique en termes régulationnistes et une problématique en termes de DD. Nous poursuivons ici en proposant une illustration particulière d'un tel exercice, mais une illustration de taille : compte tenu de l'analyse particulière qu'effectue la TR du capitalisme, nous nous demandons dans quelle mesure ce système économique et social particulier est de nature à être compatible avec la logique sous-jacente au DD.

Nous progressons en deux temps. Étant donné l'importance conférée par la TR aux catégories fordiste et postfordiste, nous envisageons la possible compatibilité entre ces formes particulières du capitalisme et le DD. Puis, gagnant en généralité, on interrogera les caractéristiques les plus fondamentales, propres au capitalisme, indépendamment des formes prises, tant du point de vue du régime d'accumulation que du point de vue du mode de régulation.

L'enjeu est essentiel : si certaines formes du capitalisme, notamment s'inscrivant dans ce qu'il est convenu d'appeler le post-fordisme, paraissent s'inscrire dans une logique, sinon conforme, en tout cas non antagonique avec le DD, alors le rôle des pouvoirs publics, et plus généralement de l'ensemble des acteurs, serait d'appuyer ce type d'évolution en cours. Si, à l'inverse, c'est le coeur du système capitaliste qui entretient des contradictions avec la logique de durabilité, alors la recherche d'un développement plus durable imposerait de s'affranchir du capitalisme Pigou (1920).

2.4. Théorie de l'économie du développement participatif

En effet, dans les théories de l'économie de développement, les ONG sont l'évolution des politiques d'aide au développement, à travers l'histoire de la coopération internationale entre le Nord et le Sud et la reformulation des théories des besoins fondamentaux par les organisations multilatérales. Les ONG se référent au développement comme modèle connoté dans l'histoire de l'aide au développement à des modèles de pensés basés aussi sur les théories de changement social en sociologie.

Dans son ouvrage, intitulé `'Introduction à la critique de la sociologie du développement'', G Bagoit, présente une vision ethnocentriste, normative et linéaire du développement, à travers cinq modèles qui peuvent constituer le fondement théorique des ONG. C'est après la deuxième guerre mondiale que toutes les théories de la modernisation, de la révolution, de la compétition, celle de conflit et de l'identité ont émergés (Guy Bagoit, 1990).

Selon le modèle de compétition fondé sur le contrat social entre des acteurs libres et rationnels ; les ONG font parti des acteurs privilégiés de ce modèle du développement `'les élites innovatrices privées'', mais dans le modèle du conflit ou `'des mouvements sociaux'' que les ONG vont devenir des acteurs à part entier comme mouvement de base abrite tous les composants de la société est porteur de projet de changement social.

Cependant, Bagoit, finira par le modèle de `'l'identitaire'' qui va se poser à d'autres modèles basés sur des acteurs sociaux pour prendre le changement de la société. Ce modèle avancera le peuple comme acteur de son propre destin et le centre de tout changement social. Les ONG veulent alors « inconsciemment ou ouvertement » à une évolution sur le modèle occidental (Bagoit G., 1990).

Latouche S, (1987) et Verhelste T (1987), font partie des auteurs qui ont proposé une lecture sur la grille d'analyse tiers-mondiste et populaire, les `'expériences volontaristes'', le sous-développement est une `'déculturation'' de périphérique, les organisations humanitaires ne trouvent pas son origine dans l'économie. Le sous-développement apparaît alors, jusque dans ses signes les plus économiques, comme une forme et une conséquence d'un processus de déculturation.

Un autre auteur va les rejoindre à travers la même analyse et dans le cadre d'un procès de certaines idées reçues sur le développement, et l'aide multilatérale et bilatérale. B.Richard, (1992), dégage une réflexion qui s'avère choquante pour les pros développement, des jugements qui attaquant les ONG et même le principe de leur fondement `'le développement'', dans son ouvrage (Anti- développement).

Richard, s'interroge sur le fonctionnement et l'intervention des ONG de développement `'les ONG constituent une panoplie confuse de tous les pseudos approches développementales imaginables... des boites à gogo, qui crève les yeux au Tiers-monde''. Les ONG selon l'auteur, fonctionnent à travers des préjugés liés au développement et à la supériorité de la civilisation technicienne occidentale qui se veut tutelle des peuples `'attardés'' (B.Richard, 1992).

2.5. Théorie de la modernisation et de la diffusion 

Dans les années 1950 et suite à la décolonisation, beaucoup de grands organismes de développement comme l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), la FAO, le PNUD ou encore l'Agence américaine pour le développement international (USAID), ont lancé de grands projets reposant sur l'utilisation des médias de masse en vue de faciliter le développement des pays du sud.

Alors que la guerre froide s'annonçait, Etats-Unis et Union Soviétique projetaient de faciliter le développement de ces pays pour accentuer leur influence et imposer leur modèle de société à ces Etats ayant récemment acquis leur indépendance. C'est dans ce contexte que les travaux de Lerner se sont effectués.

Pour lui, seules les attitudes modernes (modèle occidental) sont capables de sortir un pays du sous développement et les moyens de diffusion de l'information de masse sont les plus appropriés pour faciliter ce développement. Cette approche qui constitue le paradigme de la modernisation (Lerner, The Passing of Traditional Society, 1958), est basé sur un transfert de technologie des pays industrialisés vers les pays pauvres, l'acquisition de ces nouvelles techniques se faisant par l'intermédiaire des médias de masse (Lerner, 1958).

Dans ce modèle, on considère que le processus de communication se fonde sur des messages allant d'un émetteur vers un récepteur. On se limite à informer la population sur les projets, à illustrer les avantages de ces projets et on incite à les soutenir. Il s'agit d'un schéma classique de communication verticale, allant de l'émetteur vers le récepteur.

En 1962, Everett Rogers introduit la théorie de la diffusion dans le contexte de développement. Il considère la modernisation comme un processus de diffusion qui permet aux individus de passer d'un mode de vie traditionnel à un mode de vie différent, plus développé sur le plan technologique et plus adapté aux changements rapides. Cette théorie prenait en compte trois éléments principaux : le public cible de l'innovation, l'innovation même à transmettre et les sources et canaux de communication. Ses travaux étaient principalement axés sur la transmission de techniques agricoles vers les pays en développement par l'intermédiaire d'une personne ressource. Rogers a insisté sur le processus d'adoption et de diffusion des innovations culturelles (Everett Rogers, 1962).

Dans cette théorie, les médias de masse jouent un rôle important pour sensibiliser le public sur les nouvelles possibilités et pratiques, mais c'est la communication interpersonnelle qui est considérée comme la plus efficace. Ce modèle a vite été critiqué car trop simpliste, ne prenant pas en compte les types de public cible. Il ignorait également le pouvoir de l'influence des structures politiques et économiques, de la culture, bref du contexte sur l'adoption d'une innovation. Parallèlement à cette prise de conscience des lacunes du modèle diffusionniste, sont apparus deux paradigmes de développement dont ont découlé de nouveaux modèles de communication.

CHAPITRE III. PRESENTATION DU SITE D'ETUDE

SECTION 1 : PRESENTATION DE LA PREFECTURE DE KANKAN

Cadre géo historique et économique

Cadre géographique de la préfecture de Kankan

La préfecture de Kankan est située dans la partie Nord Est de la Guinée. Elle est limitée au Nord par les préfectures de Siguiri et Mandiana, au Sud par Kérouané et Kissidougou, à l'Est par la préfecture de Mandiana et la république de la Côte d'Ivoire à l'Ouest par la préfecture de Kouroussa.

Établie sur le Milo, à l'endroit où cet affluent du Niger devient navigable, Kankan (de Ba-Kankan, « fortin sur la rivière ») est un centre marchand traditionnel en Guinée soudanaise. Terminus de la ligne de chemin de fer construite par les colonisateurs français et destinée alors à relier Conakry au Niger.

La préfecture de Kankan couvre une superficie de 11.564km2 pour une population de 262.350 habitants dont 129.929 hommes et 13.421 femmes. Elle comprend 12 sous préfectures : Boula, Sabadou-baranama, Missamana, Balandou, Batè Nafadji, Gbérédou baranama, Koumban, Moribaya, Tintioulen, Tokounou, Karifamoriah et Mamouroudou.

Relief

La zone de Kankan forme du point de vue relief un immense plateau peu accidenté sauf quelques collines disposées l'une après l'autre, les principales élévations sont : Kourou koungbè, Koumban Kourou et la chaîne de Tèdèkoun.

Elle a un climat tropical sec appelé climat sub-soudanien. Deux saisons d'inégale durée se partagent l'année : la saison sèche la plus longue varie de 6 à 8 mois dominée par l'harmattan et la saison des pluies qui varie de 4 à 6 mois. Les températures sont également élevées. La préfecture de Kankan jouit d'un climat de type tropical Sub-soudanien caractérisé par l'alternance de deux saisons : une saison sèche qui va de novembre à avril et une saison pluvieuse qui va de mai à octobre.

Le vent

Le vent dominant est l'harmattan qui souffle de l'Est en Ouest. La température est surtout très élevée aux mois de Mars, Avril et Mai. Les cours d'eau importants sont le Milo, le Niandan, Sankarani et quelques grands marigots. Les sols sont généralement pauvres et fragiles (ferralitiques et ferrugineux). Les plaines sont relativement riches. La température moyenne annuelle est de 26°C, 7.

Précipitation

Les précipitations sont irrégulières, ce qui entraîne des conséquences négatives : sécheresse prolongée, cultures tardives et risques d'inondation. Le réseau hydrographique comprend : le Milo, le Niandan et le Sankarani. La préfecture de Kankan présente divers types de sols notamment les sols cuirassés, les sols rouges ferralitiques, les sols argileux de collines difficiles à travailler, les sols gravillonnaires de plateaux, des sols sableux et enfin des sols des bas-fonds hydro morphes.

Végétation

La végétation est constituée de savane arborée ou arbustive. Cette végétation est caractérisée par des arbres à feuilles caduques et tronc rugueux. Les galeries forestières s'étendent le long des cours d'eau. La faune est riche et variée ; elle se compose de gros gibiers (lions, panthères, buffles, hyènes, phacochères...), petits gibiers (lièvres, antilopes, rats, singes....).

La formation végétale la plus répandue est celle de la savane arborée. Les arbres caractéristiques sont le Karité, le Néré, le Caïlcédrat ... La faune s'est beaucoup appauvrie. L'habitat rural est de type concentré.

Cadre historique

Peuplement

Les premiers habitants de la préfecture de Kankan furent successivement les Korogba et les Bamanan. Autrefois la localité de Kankan demeura longtemps animiste. Elle était occupée par les Condé de Gbérédougou et de Kouroulaminin. Egalement les Condé de Toron, les Kourouma de Sabadou et les peulh des Wassoulou y étaient installés. Le mouvement général des populations de l'empire du Mali aux XV siècle a conduit à l'occupation du Dioma.

Selon la tradition, les Condé ont fondé une vaste province englobant le Gbérédou et le Kouroulaminin. Le territoire des Condé est limité au Nord-Ouest par le Hamana, à l'Ouest par le Sankaran et au Sud par le Kouranko. Ils sont les premiers occupants de Kankan (Gbérédougou). Il semblerait qu'ils soient venus au même moment que les Keïta de Hamana au XIV siècle. Ils occupaient la région comprise entre le Milo et le Niger, jusqu'au delà de Kankan.

Les Kourouma sont venus de Fourtoumoumba dans le Bafoulé. Ils longèrent le fleuve et fondèrent Norossaba. De Norassoba, ils se mêlent aux vagues de migration des Keïta, ils progressèrent vers le Sud et s'installèrent dans la région de Kankan. Il faut également signaler que les Keïta, dans leur déplacement ont entraîné aussi d'autres tribus alliées : Les Camara et Traoré. La tradition nous rapporte que les Camara disséminés au milieu des groupements Kourouma et Condé seraient originaires de Beyla.

L'arrivée des Maninka-mori dans la région sera un peu tardive. Selon la tradition, ils seraient originaires de Ghana (les Kaba résidaient à Tambakara dans le Djafounou, république du Mali, une des provinces de l'empire de Ghana). Ce serait le point de départ de leur mouvement vers le Sud. La province de Djafounou était placée sous la tutelle des Doukouré.

Quant aux Cissé, Dramé, Tounkara et Chérif, ils s'étaient installés à Ouagadougou c'est l'invasion almoravide jugulant l'empire des Cissé qui va occasionner la fuite des sarakollé d'Ouagadougou pour aller s'installer dans le Djafounou, berceau primitif des maninka. Les maninkamori ne sont à proprement parler des maninka, ce sont des sarakollé du moyen Niger, très anciennement islamisés. Ils sont commerçants depuis une période assez reculée.

Ainsi, fuyant les almoravides, ils s'installèrent dans le territoire compris entre Milo et Niger. Cette bande de terre désormais occupée prendra l'appellation de Batè qui se compose comme suit : Ba = Fleuve et Tè = Entre, donc le mot Batè signifie entre deux fleuve (Camara, 1975).

La première vague des musulmans venus dans le Batè était conduite par Moribinè Kaba. Il serait venu du Mali demander l'hospitalité aux Traoré Djankana. Après une dizaine d'années, Moribinè et ses alliées seront suivis par un autre groupe ayant à sa tête Ansoumane Djankakoro. Ils furent reçus par Moribinè. Après qu'ils firent souche, et surtout devenus nombreux et puissant, les musulmans se hégémonie politique et économique pouvant continuer de subir les abus de leurs voisins turbulents. Les Traoré se dirigèrent vers le Sud et fondèrent l'actuel village de Gbéléma près de Makono. La deuxième vague importante qui vient dans le Batè est celle qui fut conduite par Maramani Kaba et Lamine Chérif (Condé, 1983, 1984).

Quant à la date d'installation de Kankan, Souleymane Kanté nous enseigne que c'est dans les environs de 1545. Cependant nous ignorons les sources d'inspiration de notre informateur. Toute fois cette date se recoupe à peu près avec celle fournie par Mamadi qui retient le XV siècle.

A la mort de Mouramani, son fils Fodémoudou Kaba fonda le village de Kabala. Fodémoudou Kaba eut 4 fils qui sont : Mori Aliou, Djakaria, Fodémoudou et Daouda. Qui fondèrent respectivement Batè Nafadji, Soumankoï, Bankala. Quant aux descendants de Moriamagbè, ils fondèrent les villages d'Aliamoudou, Karifamoriah, Madina. Le processus de migration des maninkamori du Sud vers le Batè va continuer, fuyant toujours les menaces des Bamanan pour rejoindre leurs coreligionnaires dans le Batè (Keïta 1989).

Il semble que c'est Daouda, petit fils de Mouramani qui fonda Kankan, l'ancêtre des Kaba de Kankan, Daouda n'est pas directement partit de Bankalan pour fonder Kankan. De Bankalan, il alla entretenir un champ de cultures destinées à son aîné Fodémoudouba installé à Bankalan. Mais face aux difficultés de rencontrer toujours le fleuve, il jugera opportun de chercher de bonne terre en amont. C'est ainsi qu'il obtient avec l'accord de Fodémoudou Condé (homologue et ami de son frère) l'actuel place de l'hôtel de la ville de Kankan (ex villa syli). Il fonda un village qu'il nomma village de Djafounou, jadis habité par les Kaba appelé auparavant Foudou ou Fadou (terre où l'on mange à sa faim). Plus tard, le nom de Fadou cédera le pas à Kaouroy, nom d'un village Djafounou. Le nom Kabala sera ensuite d'usage qui veut dire chez les Kaba (Ibid).

Cependant tous ces noms s'effaceront et le nom de Kankan sera retenu. Les quatre premiers quartiers de Kankan sont : Timboda, Salamanida, Kabada et Banankoroda. Une possibilité commerciale et culturelle. Ainsi, des personnes d'origines diverses arrivent à tout moment contribuant ainsi à l'accroissement de la population urbaine. La population de Kankan est en majorité urbaine. En plus nous avons les artisans, les commerçants les fonctionnaires, les transporteurs...

Au XVIIIe siècle, époque à laquelle elle a sans doute été fondée, la cité s'inscrit dans un axe commercial reliant la côte guinéenne, le Fouta-Djalon et la Sierra Leone. Les marchands malinké islamisés (Dioula) dominent alors les circuits commerciaux, échangeant l'or, le sel, les noix de cola puis les esclaves contre des produits européens (parmi lesquels des fusils). À partir de 1870, Samory Touré, né près de Kankan et issu de ce milieu, crée un empire englobant l'actuelle Guinée orientale. Sa capitale, Bissandougou, est située au sud de Kankan, qui s'impose alors comme la grande métropole musulmane du Haut Niger. En 1891, Kankan est prise par les forces françaises conduites par le colonel Archinard, et l'empire de Samory Touré se reconstitue plus à l'est.

Tableau 3.1. Répartition de la population de la Préfecture de Kankan par CR

Sous-préfectures/ Commune

Population

1

Balandou

16 488

2

Baté nafadji

28 454

3

Boula

10 405

4

Gberedou Baranama

10 373

5

Karifamoriah

9 631

6

Koumban

12 762

7

Mamouroudou

8 289

8

Missamana

8 970

9

Moribaya

8 296

10

Saba Dou Baranama

13 234

11

Tinti-oulèn

9 003

12

Tokounou

7 341

13

Commune urbaine

130 080

Total

 

273 326

Source : RGPH 1996 Préfecture de Kankan

Ces populations, dans leur majorité, appartiennent à des provinces traditionnelles telles le Sabadou, le Toren, le Gbérédou, le Kouralamini, le Batè ... Ces différents provinces n'ont pas été occupées à la même période et par les mêmes groupements humains. Avant l'arrivée des Maninka et des Maninka-Mory, la zone était, selon les traditions orales occupée par les Krogba. Ils constitueraient le fond primitif humain de la préfecture de Kankan.

Cette population se serait bien installée avant le Xème siècle en petites familles ayant connu la métallurgie du fer. Selon les traditions, cette population serait assimilée ou refoulée par les Bamanan. La deuxième vague de migration qui prend souche dans la zone fut les Bamanan. Ce terme signifierait `' refus du commandement'' ou `'rebelle''. Ils se seraient installés aux environs des Xème et XIIIème siècles en provenance du Nord. Les Bamana furent suivis dans le processus d'occupation de la zone par les Maninka : les Kourouma occupèrent le Sabadou, les Konaté, le Toron, les Condé, le Gbérédou...

Selon les traditions, les Maninkamori étaient à l'origine des Maraka qu'on appela plus tard des Maninkamori. Ils seraient venus des Djafounou. Leur présence dans la région du Haut Niger est très récente comparativement à celle des Keita dans le Djema, celle des Traoré et des Konaté dans le Toron.

On pourrait situer au XVIème siècle l'installation du 1er groupe de Maninkamori dans la Batè et celle du deuxième groupe au XVIIème siècle. De nos jours, la préfecture compte des Maninka, des Maninkamori, des peulhs du Fouta, des peulhs du wassolon et quelques soussous et forestiers pour l'essentiel appartenant à des familles de fonctionnaires ou à la famille des commerçants.

Cadre économique

Kankan demeure un centre commercial actif, exportant les diamants produits dans la région. Le riz, cultivé aux alentours, est décortiqué dans la ville, qui abrite un institut national de recherche sur la riziculture, ainsi qu'une université depuis 1963.

Dans la préfecture, l'activité économique dominante est l'agriculture. Une frange importante de la population active pratique les activités agro-pastorales. L'agriculture garde encore un caractère extensif, c'est l'agriculture itinérante. Les cultures intensives ont lieu dans les potagers où l'action maraîchère domine l'agriculture urbaine.

Dans la zone, on y cultive le riz, du manioc, du fonio, du maïs, mil, sorgho et des tubercules (patate et manioc). De nos jours, l'élevage des boeufs prend de la proportion. La multiplication de fermes avicoles dans la ville de Kankan favorise le ravitaillement des populations en oeufs qui entrent désormais dans les habitudes alimentaires. Quant à la chasse, elle est de moins en moins pratiquée en raison de la dégradation des ressources animales. Les pressions anthropiques sur la faune ont entraîné la destruction des habitats naturels et le recul de la faune.

Les métiers de l'artisanat perdent de leur importance, telle la cordonnerie, le tissage, la poterie. Les petits métiers qui structurent le secteur informel sont : la coiffure, la couture, la mécanique, la menuiserie,... Le commerce et les échanges occupent une place centrale dans l'économie de la préfecture. Et ce n'est pas sans raison qu'on appelle Kankan, `'ville de négoce''. La position carrefour de la zone prédispose la ville à jouer un rôle clé dans le développement de la région.

Aujourd'hui des ONG et des projets de développement sont très opérants dans la préfecture, PRISM, SAVE THE CHILDREN, AGBEF, APROFIG et les Centres de Santé jouent un rôle essentiel dans le domaine de la santé de la reproduction. Le PACV, le FIDA, le CAOPA, le PDLG, PDHMG jouent un rôle de premier plan dans le développement socio-économique de la préfecture. Les organisations paysannes telles les GIE, les groupements maraîchers, sont très actives dans le domaine du développement communautaire.

SECTION II. PRESENTATION DES ONG SUR LESQUELLES A PORTER L'ETUDE

PREMER CAS D'ETUDE

2.1. Présentation de l'ONG APROFIG

L'ONG APROFIG est une association à but non lucratif et apolitique créée en Mars 1998 à Kankan sous l'initiative d'un groupe d'enseignants et des médecins. Elle a pour mission de mobiliser les ressources nécessaires pour développer des actions en faveur de l'éducation et de la promotion de la jeune fille. Elle vise à lutter contre toutes les formes de discrimination, et à éliminer les disparités en matière d'éducation entre les sexes.

L'ONG vise une société prospère et équilibré dans laquelle les filles et les femmes bien éduquées et en bonne santé, jouissent de la plénitude de leurs droits humains et participent efficacement, avec les hommes à un processus de développement durable. Elle a pour devise: Equité- Efficacité- Solidarité.

Ses valeurs et croyances sont :

La réussite de la fille, la transparence et la probité morale. Les principes directeurs de l'ONG : le volontariat, la compétence, le respect du genre.

L'APROFIG a pour objectif fondamental de promouvoir l'éducation des filles pour leur permettre de mieux contribuer au développement national. L'association vise plus spécifiquement d'une part, à relever le taux de la scolarisation, du maintien et de réussite des filles à l'école, et d'autre part à faire acquérir aux filles (scolarisées et non scolarisées) des aptitudes leur permettant de se prendre en charge.

Les cibles de l'ONG

Les groupes cibles de l'association sont: Les filles du Primaire, du Collège, du Lycée et Autres. Elle collabore avec les parents, les enseignants (tes), les autorités de l'école, et les filles déscolarisées et non scolarisées. Pour l'exécution de ses activités, APROFIG dispose des Ressources Humaines constituées des professeurs encadreurs pédagogiques, de sages femmes, médecins, infirmières et des personnes ressources âgées voir toute autre personne dont l'apport est jugé utile.

Ces Ressources Humaines s'investissent dans la promotion et le développement de l'ONG à travers des actions telles que les cours de rattrapages pour les filles, les séances de sensibilisation d'information, éducation, communication, le sport, la culture et les loisirs.

LES SOURCES DES RESSOURCES DE L'ONG APROFIG

Les ressources financières de l'ONG APROFIG : elles proviennent essentiellement : des fonds propres générés par les activités génératrices des revenus ; des frais d'adhésion et la cotisation des membres de l'ONG, des institutions financières ou bailleurs de fonds sous formes des projets bancables ; des dons des personnes physique et morale. Rarement la subvention que l'Etat accorde aux OSC.

Les Ressources matérielles et logistiques : elles sont constituées de : mobiliers et matériels de bureau ; matériel informatique ; matériel de reprographie ; matériel technique (groupe électrogène et panneaux solaires).

Les ressources humaines : elles sont composées  des enseignants et médecins volontaires qui s'investissent dans la conception, la planification, la réalisation/exécution et le suivi des activités de l'ONG, un personnel permanant recruté pour assurer les taches opérationnelles quotidiennement, un personnel de projet recruté dans le cadre du partenariat avec d'autres ONG et institutions nationales ou internationales ;un personnel contractuel/temporaire constitué des personnes ressources, de stagiaires, de filles leaders, d'assistant (es) techniques du corps de la de la paix Américain (peace corps).

Domaines d'intervention et activités exécutées

Dans le cadre de son fonctionnement, l'ONG APROFIG intervient dans les domaines ci-après : développement communautaire et diffusion des NTIC, Education et santé, promotion des droits des filles et des enfants, environnement...

Description des activités de l'ONG

Les enquêtes faites auprès de travailleurs de l'ONG, indiquent que la majeure partie des activités menées, se localisent en milieu rural et en milieu urbain :

Activité de développement communautaire et diffusion des NTIC

Si l'ONG APROFIG exécute un certain nombre d'activités, comme un programme de petites subventions, elle met l'accent sur la formation à la participation communautaire. Le projet élabore un ensemble de modules de formation qui sont adaptés aux besoins des différents groupes bénéficiaires.

L'utilisation d'une approche de formation d'équipes de formation, permet de développer les capacités des organisations locales à former les membres des organisations à la base telles que les associations de parents, les alliances et leurs instances de décisions. Le projet offre de petites subventions qui touchent l'achat de mobilier et de matériel, et la construction de latrines pour encourager la scolarisation et la rétention des filles. Les subventions sont toujours subordonnées à des contributions locales.

Les associations de parents à la base sont les principales bénéficiaires de la formation en développement communautaire pour l'éducation de base. Si ces associations n'étaient pas très fonctionnelles aux premiers moments d'interventions. La première priorité de formation pour les associations a été le développement organisationnel. Des comités ruraux de développement ont été constitués par les animateurs d'APROFIG. Les représentants élus de ces zones rurales ont reçu de la formation sur des thèmes comme : le développement institutionnel ; la levée de fonds; la gestion financière ; la décentralisation et la qualité de l'éducation ; le plaidoyer et la négociation.

Le principe de la durabilité va se résumer en des objectifs: Cohérence, autonomie, protection et gestion de la biodiversité, protection des paysages, protection des sols, protection et gestion de l'eau, protection de l'atmosphère, gestion économe des ressources naturelles non renouvelables, bien-être animal, qualité des produits, éthique, développement humain, développement local, qualité de vie, citoyenneté, adaptabilité et emploi.

On constate que le développement communautaire n'est pas seulement une affaire de technique, il faut avant tout que l'intérêt des principaux acteurs soit d'aller dans le sens du développement durable. Les choix politiques et les conflits d'intérêt sont les principaux points de levier pour le changement de comportement. Comment communiquer sur la nécessité d'un changement vers des systèmes plus pérrens ? Comment permettre à des intérêts divergents de se rencontrer ? La réponse à ces questionnements semble être le noeud du développement communautaire.

-Activité Education, Santé, Promotion des droits des filles

Plaidoyer

Elle consiste pour l'ONG à concevoir des messages à destination des cibles. Il a pour objectif d'informer, former, sensibiliser, en organisant des conférences d'information et de sensibilisation de ces cibles. Les différentes séances de sensibilisation se font à travers des séminaires, ateliers, tables rondes et interviews à travers la Radio rurale, les journaux, prises de contact avec les autorités administratives locales, les communautés, les partenaires et autres bailleurs de fonds.

-Tutorat, équité filles garçons en milieux rural et urbain

Le tuteurage consiste à la prise en charge des élèves de niveau primaire, secondaire afin de les appuyer par une aide pédagogique à surmonter leurs difficultés au plan des apprentissages scolaires. Le tutorat débute le 15é jours après l'ouverture des classes jusqu'à l'approche des examens de fin d'année scolaire.

Il faut signaler qu'au cours de l'année scolaire, l'ONG organise à l'intention des filles affiliées à la structure, un régime d'internat en vue de faciliter la formation des ces filles candidates aux différents examens. Pendant la période des vacances, elle organise des cours de vacances dans la période de 10 jours après la fin de l'année scolaire en cours. Certains enquêtés travaillant au sein de l'organisation, ont déclaré que leur structure organise en outres une colonie de vacances, visites touristiques... pour les enfants au compte de l'ONG.

Dans le but de mener à bien cette activité, l'ONG organise des séances d'orientation entre responsables de l'ONG et les élèves eux même, pour définir les termes du tutorat, les attitudes, les comportements à adopter, le chronogramme et le lieu de regroupement. A propos de cette activité, un responsable de l'antenne déclare `'Le tutorat est organisé pour les filles des collèges et lycées de la préfecture d'implantation. Nous faisons des causeries et prodiguons des conseils éducatifs aux élèves durant le tutorat''.

La promotion de l'équité entre filles et garçons, se fait essentiellement par : la création, la formation et l'appui aux alliances pour l'éducation des filles, la mise en oeuvre subséquente de plans d'actions pour accroître les taux d'accès et de rétention des filles ; la formation et l'appui aux associations de parents sur les questions relatives à l'éducation des filles, dont l'inscription et la rétention.

Les alliances pour l'éducation des filles, APROFIG a travaillé avec les alliances créées par le projet PACEEQ. Les principaux critères considérés pour leur création comprennent la sélection de zones avec de faibles taux d'inscription à l'école, particulièrement chez les filles, et l'existence d'organisations communautaires fonctionnelles pouvant être mobilisées pour l'éducation des filles. Les alliances ciblent en général toutes les écoles de leurs sous-préfectures d'intervention respectives et chacune travaille avec une moyenne de 9 écoles.

Le Programme de bourses pour les filles de l'ambassadeur, financé dans le cadre des Initiatives Présidentielles pour l'éducation en Afrique, a été mis en oeuvre pour la première fois en Guinée en 2004 - 2005. Son objectif est d'appuyer la rétention des filles à l'école. Un comité national de pilotage dont la gestion relève du Comité national d'équité, a été établi pour définir les critères de sélection, des comités de gestion locaux et sous-préfectoraux ont été aussi mis sur pied et formés pour assurer que les critères de sélection des filles et des écoles soient respectés. Le tableau suivant présente le récapitulatif de filles encadrées par l'ONG à Kankan pour la période de huit années.

Tableau.3.2. Situation des filles encadrées de 2003 à 2011 à Kankan

Classes

Années

7ème A

8ème A

9ème A

10ème A

11ème A

12ème A

Tle

Total

2003-2004

13

17

7

28

26

11

-

102

2004-2005

15

30

24

24

23

14

-

130

2005-2006

28

41

53

42

18

6

-

188

2006-2007

6

6

9

25

9

15

-

70

2007-2008

4

9

8

56

13

17

10

117

2008-2009

15

12

16

17

10

10

10

90

Total

81

115

117

192

99

73

20

697

Source enquête de terrain 2011

La lecture du tableau 5.5, montre que l'ONG a commencé l'encadrement des filles par le secondaire et les 2 premières classes du lycée à savoir la 11éA et la 12éA. Depuis cette date, les effectifs ont continué à progresser sauf pour les années 2006-2007 et 2008-2009. Depuis 2009 cette activité a cessé. Au dire du coordinateur cela est dû à manque de financement et de volonté manifeste des parents d'élèves d'appuyer cette activité d'aide scolaire ne serait qu'à la hauteur de leur moyen. Longtemps la participation des parents fut soutenue par les volontaires du corps de la paix mais leur retrait, l'activité a cessé. En fin nous pourrons dire l'une des rares activités l'ONG n'a pas pu pérenniser.

Tableau .3. Evolution des effectifs à l'école primaire des jeunes filles de l'ONG

Classes

Années

Matern.

1ère A

2ème A

3ème A

4ème A

5ème A

6ème

A

Total

2002-2003

-

12

5

-

-

-

-

17

2003-2004

9

5

13

5

-

-

-

32

2004-2005

17

10

6

13

8

-

-

54

2005-2006

16

13

6

6

15

5

-

61

2006-2007

18

16

17

13

7

14

10

95

2007-2008

21

20

15

18

14

8

21

117

2008-2009

21

19

20

20

14

10

17

121

2009-2010

30

35

32

33

29

30

34

223

2010-2011

31

31

32

28

28

23

26

199

Total

163

161

146

149

115

90

108

932

Source : enquête de terrain 2011

Si la construction de l'école de l'ONG APROFIG n'a pas vu encore le jour, elle a loué un local qui n'est pas tout à fait approprié pour servir d'école mais qui lui sert aujourd'hui de bâtiment abritant ladite école. Les entretiens faits au près des enseignants donnent les effectifs de l'école par classes de 2002 à 2011. La lecture du tableau laisse entrevoir des variations au niveau des effectifs. Ces variations semblent être dues aux aspects liés au recrutement.

Le premier responsable de l'ONG, indique que ce phénomène est relatif aux objectifs fixés notamment : la qualité, qui semble ainsi limiter les effectifs voir la variation des chiffres. Ensuite, le bâtiment ne dispose que de petites chambres servant de salles de classes. Enfin, il faut signaler d'autres contraintes qui influenceraient l'augmentation des effectifs comme les mouvements internes et externes des parents. L'inexistence du collège entraîne la perte de son produit mais qui s'illustre bien à ailleurs.

-Alphabétisation

Les enquêtes ont montré, que grâce à la collaboration avec les partenaires au développement, l'ONG a mené des activités dans le cadre de la formation des membres des APEAE, CAPEAE et a ouvert des centres dénommées `'Alpha''. Les cibles formées en plaidoyer et technique de négociation, leur permet désormais de participer à l'analyse des résultats scolaires pour une amélioration de la qualité de l'éducation et leur appropriation de la gestion de l'école au sein de leur communauté.

En croisant ces activités réalisées sur l'évaluation de la durabilité des actions, il y a des d'indicateurs et constatations de plus en plus évidente que le développement n'est pas qu'une affaire de techniques, mais aussi et surtout, de gouvernance, c'est-à-dire de gestion des acteurs et des intérêts, voir que la gouvernance passe par des processus de délibération interactifs. L'alphabétisation, loin d'être une fin en soi, ne doit être qu'un moyen de lutte contre la pauvreté.

On ne dissociera pas l'apprentissage instrumental de la lecture de la formation continue de l'adulte dans divers domaines et de l'amélioration de ses conditions de vie. Autrement dit, pour être durable, les activités menées doivent assurer une maîtrise suffisante aux bénéficiaires en leurs intégrants dans la société par un système d'échange équitable et préserver les apprentissages acquis.

Il se trouve que les problèmes qui subsistent généralement, et que les apprenants n'ont pas atteints le niveau requis pour utiliser convenablement et durablement les enseignements reçus. Les candidats à l'alphabétisation de certains villages n'ont pas accès ou ne possèdent pas de centre. Les alphabétisés n'ont aucune opportunité de l'utilisation de leur formation. A l'analyse des causes de cet état de fait, on se rend compte que les populations et les ONG sont dans l'attente d'un nouveau financement pour poursuivre les activités d'alphabétisation.

- Formation/recherche pour le renforcement des capacités

Dans le cadre de la formation pour la qualification de son personnel, APROFIG s'intègre au sein d'un ensemble de structures afin de pouvoir donner à ces agents de terrain les compétences requises dans l'accomplissement des différentes activités de l'ONG. En vue d'atteindre ces objectifs, les agents de l'ONG reçoivent et participent à des ateliers, des séminaires, des stages en vue du renforcement des capacités de ses ressources humaines. Un agent du projet déclare :

« Nous menons des enquêtes en milieu scolaire, avec les encadreurs des écoles, certaines personnes ressources, bailleurs de fonds...dans le but de comprendre les difficultés auxquelles les filles sont confrontées à l'école en vue d'envisager des pistes de solutions, dans le cadre de nos activités de terrain. »

Pour le chargé de formation de l'ONG : 

« La collaboration avec les autres ONG de la place et ceux en dehors de la région, facilite une synergie dans le suivi évaluation, l'AGSP, distribution de bourses, accompagnement, visites d'échanges, clubs scolaires : Suivi évaluation, concerne le personnel, les financements/investissements ; AGSP, s'intéresse à la distribution des bourses en vue du soutient des filles pauvres et leurs mères en vue de leur maintient à l'école »

Il poursuit son analyse dans le domaine du partenariat :

« L'accompagnement se pratique au niveau de ceux qui n'ont pu obtenir la dite bourse dans le sens de l'équité dans le primaire ; les groupes de révision sont initiés pour améliorer le niveau scolaire des filles boursières ou non des écoles partenaires de l'ONG dans les localités/écoles ayant un taux de redoublement ou un taux d'échec élevé ».

Ces activités se réalisent en collaboration avec les APEAE et les enseignants encadreurs ; les visites d'échanges offrent aux filles rurales, l'opportunité de visiter les centres urbains, les services publics et privés et autres organisations où évoluent des femmes en vue de s'inspirer de leur modèle pour la vie future. Les visites se déroulent chaque année au mois de juillet de l'année en cours, en collaboration avec des membres de CAPEAE, des alliances pour une durée de 3 à 4 jours.

Le club scolaire est une activité extrascolaire mise en place pour la promotion des connaissances et compétences des élèves. Son but est de créer une prise de conscience des enfants/filles sur les diverses réalités de leur vie quotidienne à travers le théâtre, les saynètes, le récital, la poésie et le football à la base. Le club scolaire favorise l'esprit de créativité des élèves en général et en particulier chez les filles.

Il crée entre les enfants une émulation et une ouverture d'esprit, elles gagnent la confiance en soi et améliorent leur participation en classe ainsi que leurs résultats scolaires. Des conférences débats sur des thèmes comme : droits des enfants et de femmes, importance de la scolarisation et le maintien des filles à l'école, IEC/CCCD/IST/VIH/SIDA et conséquences, poids de l'analphabétisme sur l'éducation de la fille et la répartition des charges domestiques, lutte contre la pauvreté.

Tableau 3.4. Appui au renforcement des capacités des structures locales

Formation reçue

Projets ou

Partenaires

Périodes

Structures Bénéficiaires

Total pers.

touchée

APEAE

Allian.

Comité

de

Gestion

Adm.

Autres

Struc.

locales

Total des

Struc.

Formées

Genre

et Equité

PACEEQ

2004-2005

6

2

-

-

-

8

140

CLEE

2005-2008

10

-

2

2

2

16

Gestion Financière

PACEEQ

2004-2005

6

2

-

-

-

8

140

CLEE

2005-2008

10

-

-

-

2

12

Qualité

de l'éduc.

PACEEQ

2004-2005

6

2

-

-

-

8

140

CLEE

2005-2008

10

-

-

-

2

12

Gestion

de conflits

PACEEQ

2004-2005

6

2

-

-

-

8

140

CLEE

2005-2008

10

-

-

-

2

12

Tech.

de négo. Plaidoyer

PACEEQ

2004-2005

6

2

-

-

-

8

140

CLEE

2005-2008

10

-

-

-

2

12

Protection

CLEE

2005-2008

10

-

2

2

5

19

137

Total

 

90

10

4

4

15

123

837

Source : Archives APROFIG

La lecture du tableau 5.7 permet de voir les types formations que les cibles de l'APROFIG ont reçus avec ces partenaires à travers des projets montés durant la période 2004-2011. Il ressort que les structures ayant bénéficié assez de formation et ayant plus de personnes formées sont les APEAE, les groupements féminins, les associations de jeunes et les alliances. Les comités de gestion et les structures administratives en ont aussi bénéficié. L'ONG a formé au total 123 structures locales et 837 personnes formées.

Tableau 3.5.Les activités que l'ONG `'APROFIG'' a exécuté en partenariat avec le Projet Faisons Ensemble sous USAID

Périodes

Activités

Cibles/ structures

Nombres touchés

1ère Phase

2008-2010

ET

2ème Phase

2010-2011

Gouvernance scolaire

APEAE ;

Autorité

Scolaire Elève

12

Qualité de l'éducation

150

Citoyenneté à l'école

Les écoles de P/Kankan

Gouvernance interne scolaire

C/APEAE

7

Technique de recherche de fonds

Alliance

2

Promotion paysanne

Fédération paysann.

2

Gestion des conflits et Parti.Citoy.

Structures de jeunes

19

Gestion et protection des R.N

COGEF

8

Alphabétisation

Centre Alpha ouvert

24 centres ouverts

Tech. plaidoyer en Genre et Equité

Sous comité équité

2

Gestion participa. des collectivités

Elus locaux

15 CR et urbaines

Gouvernance interne

Chambre paritaires

8

En Alphabétisation fonctionnelle

Groupements

14

A la participation à la vie scolaire

Asso. Mère d'Elèves

4

Source : Archive Bureau Régional Projet Faisons Ensemble 2011

Ce tableau indique que l'ONG `'APROFIG'' s'investit dans domaine de l'éducation et la formation qui constituent pour elle les moyens d'induire le changement à l'interne. Pour elle, le développement local durable passe nécessairement par ce secteur d'activité.

- La structure administrative et fonctionnement de l'ONG 

Structure de l'ONG

L'ONG APROFIG est structurée comme suit :

- Une assemblée générale ;

-Un conseil d'administration

- Un secrétariat exécutif ;

Les différents organes sont :- Assemblée générale, à pour tâches : Adoption de la politique de l'association ; approbation de la gestion du secrétariat exécutif ; fixation du droit d'adhésion et le taux des cotisations ; délibération sur toutes les questions relatives à la gestion administrative et financière.

Le conseil d'administration, donne son avis sur toutes les questions relatives au budget et au plan d'action de l'association. Autorise toutes les opérations intéressant l'activité de l'association. Elabore les grandes orientations de l'ONG. Veille au respect des valeurs et principes philosophiques et de gestion de l'association....

Le secrétariat exécutif est chargé de : de l'exécution des décisions de l'assemblée générale ; de la gestion des contrats de financement ; De l'élaboration du bilan et des rapports financiers ; Du contrôle et suivi de toutes les activités de l'association ;

La présélection des demandes de financement et de la validation de la décision finale prise par la commission chargée d'évaluer les demandes de financement.

- Zones d'intervention

L'ONG APROFIG couvre huit (8) préfectures du pays dont cinq (5) de la région administrative de Kankan, deux (2) de la région administrative de Faranah (Faranah et Dinguiraye) et une dans la Région Administrative de N'Nzérékoré.

DEIXIEUME CAS ETUDIE : l'ONG BATE SABATI

2.2. Présentation de l'ONG BATE SABATI

BATE SABATI est une ONG nationale créée en 1990 à Kankan par des jeunes étudiants diplômés sans emploi résidents à Kankan et ressortissants de Kankan installé dans la sous région ouest Africaine notamment en Côte d'Ivoire. A sa création l'ABS c'était fixée comme objectif global, promouvoir une participation efficiente des collectivités locales au processus de prise de décisions et de contrôle des affaires locales.

Ainsi l'ABS s'est assignée comme mission soutenir les initiatives de développement humain durable. A travers des programmes/actions d'éducation, de santé, de décentralisation, de bonne gouvernance et de gestion de ressources naturelles et avait pour vision une société Guinéenne capable de prendre son problème d'éducation, de santé et de l'environnement etc. Puisque; les institutions du pays fonctionnaient en distorsion.

- La structure et fonctionnement de l'ONG BATE SABATI

L'ONG ABS est structurée comme suit :

- Une assemblée générale qui tient l'assemblée générale constitutive et celle générale ordinaire ;

-Un conseil d'administration

- Un secrétariat exécutif ;

Les différents organes sont :

- Assemblée générale, convoque les assemblées générales constitutive et ordinaire. Elle adopte la politique de l'association et les décisions prises par elle, font force de loi.

Le conseil d'administration : il est l'organe dirigeant et il donne son avis sur toutes les questions relatives à la vie de l'association : le budget, le plan d'action de l'association, le recrutement du personnel etc.

Le secrétariat exécutif : ces membres sont désignés par le conseil d'administration. Il est chargé de la gestion des ressources humaines, financières et matérielles de l'association et la mise en oeuvre de toutes les activités de terrain. Il recrute et révoque le personnel et fixe leur rémunération.

- Zones d'intervention

L'ONG BATE SABATI comme l'indique les documents juridiques de l'association c'est une ONG nationale qui intervient dans la région naturelle de la Haute Guinée en générale et dans la Région Administrative de Kankan en particulier.

Le constat qui se dégage ce que la plupart des ONG ont la même structure et le même fonctionnement. La différence est très légère.

-DOMAINE D'INTERVENTION ET ACTIVITE DE L'ONG

-DOMAINE D'INTERVENTION DE L'ONG

L'ONG BATE SABATI visait essentiellement la promotion de l'éducation en milieu communautaire où sévissent encore des pesanteurs économiques et socioculturels qui font qu'il ya non seulement un faible taux de scolarisation mais aussi un net déséquilibre dans le genre pendant l'objectif du millénaire est l'éducation pour tous de façon paritaire.

Assurer un environnement par le biais de l'assainissement des lieux publics notamment les marchés ; les structures sanitaires les grands artères de la ville par le ramassage quotidien des ordures. La sensibilisation et la formation des agents paramédicaux en matière d'hygiène publique et des MST/VIH/SIDA pour une meilleure santé publique. L'ONG visait aussi la protection de l'écosystème en luttant contre les actions anthropiques

-ACTIVITE REALISEE PAR L'ONG

En partenariat avec des organismes nationaux, internationaux ou des structures étatiques l'ONG BATE SABATI a contribué à la mise en place, l'encadrement et la formation des associations des parents d'élèves et amis de l'école et appuyé l'obtention des fonds pour la construction des écoles communautaires, recruter des enseignants communautaires et a aussi favorisé le recrutement de la plus part des enfants ayant l'âge d'aller à l'école et qui en souffraient.

Dans l'assainissement et ramassage des ordures des ménages urbains, BATE SABATI fut dans le temps l'ONG championne dans l'assainissement des différents marché de la ville de Kankan (le marché de Dibida, de Sogbè et autre), de l'Hôpital régional, des centres de santé, des maisons de culte etc. Avec la coupe abusive de bois pour la carbonisation et le bois chauffe dans les zones périurbaines qui étaient devenues aussi très inquiétantes et l'ONG s'en était préoccupée, ainsi, elle a sensibilisé et formé les populations riveraines à un changement de comportement.

A côté de l'assainissement dans les marchés de la ville de Kankan, force était de reconnaitre que les denrées comme les condiments (piments, gombo, autres fruits, les huiles), les gâteaux, le pain, la viande étaient à même le sol ou non couvert et sont exposés au bon gré des microbes avec tous ses cortèges des maladies qui menacent dangereusement la santé publique. Ainsi l'ONG s'est investie dans ce domaine pour un changement de comportement.

Avec les TS qui est une activité aussi vieille que l'humanité, l'ONG BATE SABATI est aussi intervenue au près d'elles en vue de les conseiller sur les dangers qu'elles accourent dans cette activité qui sont entre autre le risque d'infection des MST/VIH/SIDA. L'ONG a sensibilisé, formé et encouragé ces travailleuses de sexe à l'utilisation des préservatifs, à l'adoption des comportements plus hygiéniques et a faire un suivi médical.

-SOURCES DE FINANCEMENT DE L'ONG

Comme la première organisation, les ressources financières de l'ONG BATE SABATI proviennent essentiellement des fonds propres générés par les frais d'adhésion et de cotisation des membres de l'ONG. A la différence de l'APROFIG la principale source de financement des activités de l'ONG BATE SABATI provenaient essentiellement des institutions financières ou bailleurs de fonds sous formé des projets bancables ; des dons des personnes physique et morale. Rarement la subvention que l'Etat accorde aux OSC. Donc cet était un financement presque externe.

Les Ressources matérielles et logistiques : elles sont constituées de : mobiliers et matériels de bureau ; matériel informatique ; technique (groupe électrogène), qui sont obtenus après exécutions des activités en partenariat avec des organisations ou des bailleurs des fonds étrangers comme WEG, PASIB/BASSIN VERSANT, Save children, projet santé génésique etc...

Les ressources humaines 

Elles sont composées  des étudiants diplômés, des enseignants et médecins volontaires, des ATS qui s'investissaient dans la conception, la planification, la réalisation/exécution et le suivi des activités. L'ONG BATE SABATI, avait un personnel permanant recruté pour assurer les taches opérationnelles, un personnel de projet recruté dans le cadre du partenariat avec d'autres ONG et institutions nationales ou internationales ; un personnel contractuel/temporaire constitué des personnes ressources, de stagiaires, d'assistant (es) techniques.

-DESCRIPTION DES ACTIVITES

L'assainissement

L'ONG BATE SABATI a dès sa création initié l'assainissement comme axe prioritaire. Ainsi elle a mené des activités d'assainissement par le ramassage des ordures ménagères et celles produites dans les marchés urbains dans sa zone d'intervention. Les marchés de Dibida, de Sogbè furent quotidiennement assainit et les ordures furent stocké dans des dépôts un ancien membre de l'ONG déclare « nous avions des agents de ramassage des ordures dans les ménages qui étaient vraiment au service de ménages, tous les magasins, boutiques et kiosques recevaient la visite des agents d'assainissement et cette activité avait redoré l'environnement urbain ». Il ajoute « dans tous les marchés il avait des poubelles suivit et curé chaque soir ».

Hygiène et santé publique

La réalité des marchés étaient que toutes les denrées directement consommables étaient exposées à même le sol. Aucune règle d'hygiène n'était observée et cela exposait les consommateurs à des risques de santé publique. Des séances de sensibilisation, d'information et d'éducation non seulement des vendeurs/vendeuses et consommateurs des denrées.

Un ancien agent de l'ONG BATE SABATI indique « lorsqu'on débutait ces activités le constat était amère les denrées comme l'huile, les condiments, le pain, la viande et autres étaient étaler à même le sol ou est exposé à la merci des microbes de tout genre ». Cette activité a été exécutée en collaboration avec le service hygiène publique.

Formation et sensibilisation des travailleuses de sexe pour un changement de comportement

Le travail de sexe est un métier aussi vieux que l'humanité. La ville de Kankan n'étant pas en marge de cette réalité, l'ONG BATE SABATI s'en était aussi intéressé. L'ONG a alors procédé à des sensibilisations, à la formation et l'éducation sexuelle de ces TS pour qu'elles adoptent au moins un comportement corporel hygiénique adéquate.

Un conseiller en santé sexuelle et hygiénique de l'ONG souligne :

«  Ces TS courraient des risques graves d'infection des MST/VIH/SIDA, puis qu'elles recevaient les clients des tous les horizons dans les mêmes conditions sans aucune précaution hygiénique et sanitaire ». Il poursuit « Mais avec notre intervention, nous avons pu installer des boites à pharmacie où il y avait des préservatifs et des antibiotiques mais aussi elles ont changé considérablement de comportement ».

L'éducation Communautaire

Le décollage socioéconomique passe avant tout par l'école « la nation vaut ce que vaut l'éducation de ses fils et filles» disait un contemporain. Si depuis un certains temps le milieu urbain connait une hausse du taux de la scolarisation surtout celui de la jeune fille ; en milieu rural ce phénomène était laissé pour contre.

Beaucoup de facteurs expliquent cet état de fait : le manque de l'infrastructure, de l'équipement, d'un personnel qualifié et surtout l'effet des pesanteurs socioculturels faisaient peu d'enfants ayant l'âge d'aller à l'école n'y vont pas. A côté de cette réalité les filles étaient la première victime.

Pour un ancien animateur communautaire de l'ONG « vu cette situation nous avons institué des stratégies communautaires de construction et équipement des écoles, le recrutement des enfants en priorité les filles, recruter des enseignants communautaires et cela a favorisé la multiplication des écoles communautaires, de nombre d'enfants scolarisés etc.... ».

Un autre renchérit en ces termes « l'ONG BATE SABATI a institué des structures de soutien scolaire les APEAE qui ont pu exister et fonctionner et sont devenues des véritable structures parascolaires. Elle a aussi institué des supervisions de toutes ses structures et écoles ».

Protection de l'environnement

Le développement durable passe nécessairement par un environnement protégé contre toutes les actions anthropiques de l'homme. Sa vie et son bien être en dépend. Un simple constat même à l'oeil nu laisse entrevoir à un visiteur que les végétales et animales sont entrain de disparaitre une vitesse inquiétante. Pas d'arbres centenaires, pas d'aires protégées, les cours d'eau sont entrain de disparaitre, les eaux de pluies se raréfiée et conduisent dans une insécurité alimentaires notoires suite à la coupe anarchique et abusive du bois.

La faune est devenue introuvable même le petit gibier, les oiseaux, les reptiles et autres espèces aloétiques sont devenus rares suite à leur mauvaise utilisation. Le chargé des aires protégées de l'ONG BATE SABATI indique :

« Un jour, nous avons effectué, une enquête informelle dans la zone périurbaine de Kankan notamment, à Dalabanin, à Dabadou, à Balandou, nous avons constaté que l'écosystème est menacé et les populations riveraines sont exposées à des dangers qu'elles ignorent. Ainsi nous avons planifié des activités de protection de l'environnement en partenariat avec le projet Bassin versant en faveur de celles-ci pour qu'elles changent de comportement afin qu'elles adoptent un comportement d'exploitation rationnelle des ressources...»

La pratique était que les riverains coupaient les arbres n'importe comment, pour le bois de chauffe à vendre ainsi que le charbon de bois qui en fait n'éloignent celles-ci au cercle vicieux de la pauvreté. Un autre raconte « avant nos actions ces riverains coupaient les arbres jusqu'au niveau du tronc et des racines, brûlaient et tuaient toutes les substances nutritives. Le petit gibier est braqué, les petits oiseaux sont chassés ; les poissons non en maturité sont péchés. Ce qui ne permettait le renouvellement des espèces pour les générations futures »

Renforcement des capacités

Les actions d'une organisation ne pourront être prennes que si ses promoteurs ont une capacité d'intervention efficace et efficiente, « or le véritable problème auquel les organismes d'appui au développement sont confrontés c'est celui du renforcement des capacités tant l'interne qu'à l'externe avec les bénéficiaires qu'avec les partenaires de mise en oeuvre » faisaient remarquer un coordinateur d'un projet de développement de la place.

Dans cet élan l'ONG BATE SABATI en avait inscrit comme l'un de ses préalables avant toute intervention sur le terrain. Le chargé de formation de l'ONG souligne « nous avons formé les agents de l'administration scolaires : les directeurs d'école, les DSEE, les chefs de section de l'enseignement primaires à la gestion administrative des établissements, à la gouvernance scolaire et à la qualité de l'éducation » ; un autre raconte «  le problème de genre n'était pas compris même par les autorités éducatives, de formation en formation avec des leaderships féminins nous avons pu renverser la tendance ».

Dans ce cadre après la mise en place de l'association des parents d'élève  l'ONG a oeuvré « à la formation de ses membres en technique de plaidoyer en faveur de l'école » rappelle un ADC de l'ONG. 

En matière de protection de l'environnement les COGEF sont installés et formés en gestion durable et rationnelle des ressources naturelles. Dans le domaine de la santé des COGES ont installés et formés en gestion des structures sanitaires communautaires.

Bénéficiaires des actions de l'ONG

Les cibles potentielles de l'ONG étaient toutes les structures impliquées ou intervenant de les domaines d'intervention de l'ONG. Ce sont dans le domaine de l'éducation : les autorités éducatives (DE, DSEE,), personnel enseignant, les élèves des écoles élémentaires, les parents d'élèves regroupé en association (APEAE). Dans le domaine de la santé, l'ONG visait les structures sanitaires dans toutes ses composantes : le personnel et les bénéficiaires des soins de santé surtout en rase campagne, regroupés en association le COGES.

En environnement, les riverains des zones et qui sont producteurs de bois de chauffe et de charbons de bois mais aussi les braconniers de petit gibier. Ainsi regroupés en association le COGEF, l'ONG a pu installer une zone en défend donc des forêts classées obtenues grâce aux actions de reboisement.

Période d'exécution des activités de l'ONG BATE SABATI et partenaires

L'ONG a été créée en 1990 et elle a fonctionné activement jusqu'en 2004. En début 2005, elle a commencé à connaitre la période de vache maigre pour s'arrêter définitivement en fin 2005. Les partenaires des organisations locales de développement semblent être standards. Elles ont les mêmes partenaires soit les structures de l'Etat à travers les services centraux et déconcentrés cela selon le domaine d'intervention de l'organisation qui est aujourd'hui trop chevauché. Les grands et principaux partenaires et ou bailleurs de fonds reste et demeure les agences internationales de développement.

LES ONG PARTENAIRES ACTEURS DE DEVELOPPEMENT

Ce débat et ces actions sont aujourd'hui relayés localement par un ensemble d'acteurs du développement qui comprennent principalement des organisations non gouvernementales, l'Etat guinéen et des partenaires internationaux. La majorité des ONG locales s'aligne - en ce qui concerne les dates de leur création - à la période où fut autorisée par l'Etat la mise sur pied d'initiatives privées, y compris les organisations non gouvernementales. Plus précisément, c'est le 07 mars 1986 que l'Etat a autorisé l'établissement des ONG nationales et étrangères après l'adoption de l'ordonnance n° 072/PRG/86. Dans son premier article l'ordonnance stipule :

« les organisations non gouvernementales (ONG) sont des organisations nationales ou étrangères à but non lucratif qui contribuent directement ou indirectement à l'amélioration des conditions de vie des collectivités à la base. Elles sont tenues dans leurs actions, d'opérer sans discrimination de race, de religion ou de sexe et ne s'autorisent aucune activité à caractère politique. A ce titre, les ONG deviennent des partenaires privilégiés des communautés à la base dans la réalisation de leurs objectifs de développement. Il s'agit d'instaurer entre les deux, un véritable partenariat excluant tout paternalisme. » (Condé, 2003 : p.160)

CHAPITRE IV : DEMARCHE DE RECHERCHE

Ce chapitre du mémoire comprend quatre sections La première traite l'approche qui a été choisie pour cette recherche. La deuxième porte sur l'identification des groupes stratégiques et à l'échantillonnage. La troisième a trait aux instruments de collecte de données. Enfin, la quatrième section parle à l'analyse et le traitement des données

SECTION I. APPROCHE CHOISIE

En matière de recherche en sciences sociales deux approches fondamentales sont souvent utilisées à savoir l'approche qualitative et celle quantitative. A ce niveau nous avons utiliserons l'approche qualitative basée sur l'étude de cas.

Dans cette présente étude nous associerons les avantages de l'analyse documentaire, ceux des entretiens semi-structurés mais aussi ceux du focus group et l'analyse de contenu de certains documents, pour la collecte des données qualitatives. L'analyse du phénomène associatif occupe une place centrale dans le cadre de cette étude.

Une pré enquête était nécessaire pour évaluer la pertinence ainsi que la faisabilité de cette recherche ; elle a permis de recueillir des informations relatives aux conditions d'émergence et de création et de fonctionnement des ONG pour un développement durable, aux problèmes rencontrés à la manière dont elle pensent contribuer à la dynamique des politiques de développement du pays et du site d'étude, à leur prise en charge de l'innovation aussi bien technique qu'institutionnelle, à la pérennisation de leurs acquis etc.

Une recherche qualitative paraissait nécessaire pour répondre à nos préoccupations sur la problématique de la pérennisation des acquis des ONG locales de développement .Elle s'est effectuée par le technique d'entretien, d'analyse documentaire ... auprès des ONG, des services techniques déconcentrés, les OSC ; les bénéficiaires. Nous avons fait la rencontre de diverses personnes et bénéficié d'aides au niveau du service préfectoral, régional et national de promotion des ONG et associations. A cela s'est ajoutée la passation d'entretiens préliminaires et la prise de contact avec des personnes - ressources sur le terrain. Nos matériaux reposent sur des supports divers : des rapports, documents administratifs des ONG et des services publics et aussi d'autres institutionnels.

Nous avons ainsi opté pour une triangulation des approches, des techniques, des cibles, de l'espace et du temps afin de cerner toutes les dimensions de la réalité. A l'égard des domaines d'évolution des organismes sur lesquels nous avons travaillé et de leurs activités de développement exécutées dans la préfecture de Kankan, un mois et 20 jours de séjours et d'entretiens avec les responsables, employés temporaires et permanents des ONG, les communautés bénéficiaires, et les autorités locales, des membres des OSC au niveau de la Préfecture de Kankan ont permis de rassembler des données importantes pour l'étude.

SECTION II.  IDENTIFICATION DES GROUPES STRATEGIQUES ET ECHANTILLONNAGE

2.1. Identification des groupes stratégiques

Les groupes stratégiques dans une recherche sont des catégories de personnes soumises à un certain nombre de questions relatives au sujet à étudier, en fonction de leur disponibilité et les caractéristiques qu'ils sont supposés avoir pour satisfaire les besoins de l'enquêteur. Dans ce mémoire nous avons constitué les groupes stratégiques suivants. 

Dans le choix des personnes interviewées, le choix de la diversité des situations et des acteurs a été employé avec la distinction de quatre grands groupes :

Les promoteurs des ONG  locales de développement du site d'étude fut point de départ de cette enquête. En effet, dès les premiers jours de terrain, nous avons été reçus par les patrons et agents des ONG de la place, par les membres du conseil préfectoral et régional de la société civile par les préfectoraux et régionaux chargés de la gestion des ONG et mouvements associatifs. Ce sont deux derniers qui nous orienté vers les ONG qui répondent bien à nos critères d'études puis enfin nous avons aussi été à la direction nationale des ONG à Conakry.

Les responsables, employés temporaires et permanents des ONG sont des personnes capables de parler sur la pérennisation de leurs actions exécutées donc du processus du développement local des communautés. Ce sont eux qui établissent les différents programmes de développement relatifs aux besoins des cibles. Ils font partis des acteurs les mieux indiqués pour donner les informations relatives aux activités programmées, menées et futures;

Les bénéficiaires considérés comme les bases de tout développement dans nos différentes communautés. Le plus souvent, elles participent tout au long des activités de développement. Au regard de ces rôles essentiels, elles ont été choisies comme élément de notre groupe stratégique.

Les autorités locales et les membres des OSC  sont choisies par ce que toute action de développement se passe sur un territoire administré par une autorité qui sert d'arbitre entre les citoyens et les organisations. Véritablement les autorités locales constituent des organes de régulation. Selon les textes, toutes les organisations doivent leur rendre compte de leurs actions sur le terrain.

2.2. L'échantillonnage.

L'échantillonnage par cas multiples des micro-unités sociales

Les recherches qualitatives recourant à l'échantillonnage par cas multiples (ou multi-cas) prennent deux formes types : celle des entrevues avec plusieurs individus et celle des « études collectives de cas » (Stake, 1994 : 237).

Pour faciliter le travail, on fait recours aux recherches par cas multiples en se référant notamment à des recherches qui font appel aux entrevues. Les études collectives de cas font surtout appel à des échantillons par contraste-approfondissement. En ce qui concerne l'échantillonnage par cas multiples, les recherches fondées sur des documents sont apparentées à maints égards aux recherches par entrevues.

Les principes de diversification et de saturation

Nous traiterons les de deux critères clés qui ont été mis de l'avant pour orienter le chercheur dans les recherches qualitatives par cas multiples : le critère de diversification et celui de saturation. Jusqu'à un certain point, ces deux critères sont liés parce qu'il existe deux formes de diversification : externe et interne. La diversification interne relève du processus de saturation.

Le principe de diversification

On présente la diversification - plutôt que la représentativité statistique comme le critère majeur de sélection en ce qui touche les échantillons qualitatifs par cas multiples. En effet, ces recherches sont souvent appelées à donner le panorama le plus complet possible des problèmes ou situations, une vision d'ensemble ou encore un portrait global d'une question de recherche. D'où l'idée de diversifier les cas de manière à inclure la plus grande variété possible, indépendamment de leur fréquence statistique (Glaser et Strauss, 1967 : 50-63 ; Michelat, 1975 : 236).

Ce principe peut prendre deux formes : 1) la diversification externe (intergroupe) ou le contraste ; 2) la diversification interne (intragroupe). La première s'applique lorsque la finalité théorique est de donner un portrait global d'une question ou de contraster un large éventail de cas variés. Les recherches sur les attitudes et les représentations sociales faisant appel aux entrevues s'intéressent souvent à la comparaison entre le point de vue des individus dans différentes sous-cultures, positions de classe, catégories sociales, etc. Elles adoptent alors le principe de diversification externe ou de contraste.

Comme le fait remarquer Michelat : Il est surtout important de choisir des individus les plus divers possibles. L'échantillon est donc constitué à partir des critères de diversification en fonction de variables qui, par hypothèse, sont stratégiques pour obtenir des exemples de la plus grande diversité possible des attitudes supposées à l'égard du thème de l'étude. (Michelat, 1975 : 236.)

La seconde forme, soit la diversification interne ou intragroupe, renvoie à une finalité théorique différente. Disons, d'une façon impropre, que, dans ce cas, on veut donner un « portrait global » mais seulement à l'intérieur d'un groupe restreint et homogène d'individus.

Cette démarche de diversification interne d'un groupe qui est, toutes proportions gardées, plus restreint, fait partie intégrante du processus de saturation empirique. Le chercheur doit choisir ici entre l'intérêt pour la comparaison et l'intérêt pour la description en profondeur. Car s'il privilégie le contraste intergroupe, il ne peut pas diversifier beaucoup à l'intérieur de chaque groupe. Son échantillon deviendrait impossible à traiter qualitativement.

Le principe de saturation

On doit le concept de saturation à Glaser et Strauss (1967 : 61-71). Il sera repris et modifié par la suite. Aujourd'hui, l'usage nous permet de parler de deux types de saturation : la « saturation théorique » et la « saturation empirique ». En fait, on trouve chez Glaser et Strauss (ibid. :)

Des références aux deux aspects (empirique et théorique) du concept, mais ils ne distinguent pas l'un de l'autre et privilégient l'idée de saturation théorique. Par ailleurs, ils ont bien indiqué les fonctions méthodologique et opérationnelle du concept de saturation, qui sont semblables dans les deux types.

Pour Glaser et Strauss (1967), la saturation théorique s'applique à un concept (catégorie) et signifie que celui-ci émerge des données et est confronté par la suite à différents contextes empiriques, le but du chercheur étant de développer les propriétés du concept et de s'assurer de sa pertinence théorique et de son caractère heuristique. Lorsque, après des applications successives, les données n'ajoutent aucune propriété nouvelle au concept, on peut dire que le concept créé est saturé (catégories).

Pour éviter une confusion sémantique, il vaut mieux ne pas parler de saturation pour désigner le fait de couvrir tous les contrastes intergroupes possibles, c'est-à-dire toute la diversité externe. Il est préférable alors de parler d'exhaustivité et non de saturation. Blankevoort, Landreville et Pires (1979 : 184) «Échantillonnage et recherche qualitative : essai théorique et méthodologique» (1997 p67)

La saturation est moins un critère de constitution de l'échantillon qu'un critère d'évaluation méthodologique de celui-ci. Elle remplit deux fonctions capitales : d'un point de vue opérationnel, elle indique à quel moment le chercheur doit arrêter la collecte des données, lui évitant ainsi un gaspillage inutile de preuves, de temps et d'argent ; d'un point de vue Voir la définition du concept de perte sociale par (Glaser et Strauss 1967 : 106-107, 111-112).

Soulignons cependant qu'en règle générale le processus de saturation empirique exige que l'on ait essayé pendant la collecte des données de maximaliser la diversification interne ou intragroupe. La diversification interne est particulièrement importante dans les recherches comportant des entrevues. Par ailleurs, la diversification interne ne s'applique pas nécessairement aux études exclusivement documentaires. Dans ce cas, c'est simplement l'absence de thèmes nouveaux qui produit la saturation (voir Martel, 1994).

L'échantillonnage par contraste de saturation

Au regard des groupes stratégiques envisagés, nous avons utilisé  l'échantillonnage s par contraste avec entrevues est d'ouvrir les voies à la comparaison (externe). On entreprend la construction d'une mosaïque ou d'une maquette par l'entremise d'un nombre diversifié de cas. Il s'agit alors, idéalement, d'assurer la présence dans l'échantillon d'au moins un représentant (de préférence deux) de chaque groupe pertinent au regard de l'objet de l'enquête (Pires 1997).

Il ne s'agit donc pas de viser une représentativité numérique dans l'échantillon, mais tout simplement d'avoir un ou deux exemples par groupe. Car, de toute façon, la représentativité statistique ne sert ici à rien (Michelat, 1975).

Parmi les (45) ONG locales évoluant dans la Préfecture de Kankan nous procéderons à l'échantillon par contraste-saturation et suivant certains critères d'inclusion, tels la diversité des domaines d'intervention, le niveau d'expérience de l'ONG, mais aussi leur caractère actif sur le terrain.

Cette opération de choix a été possible que grâce à la collaboration des agents du PROJEG, du bureau régional et préfectoral de la société civile et de la Direction Préfectorale des Micro Réalisations. Au niveau de chaque ONG nous avons choisi des femmes et des hommes qui sont soumis aux différents entretiens. Ils ont été choisis en fonction de certaines caractéristiques sociales et professionnelles jusqu'à ce qu'on a atteint la saturation.

SECTION III. TECHNIQUE DE COLLECTE DES DONNEES

Cette section porte sur les techniques de recherche utilisées pour recueillir les données sur le terrain. Il s'agit de l'analyse documentaire, et l'entretien individuel semi dirigé.

4.2.1- L'ANALYSE DOCUMENTAIRE

3.1. L'ANALYSE DOCUMENTAIRE

L'exploration documentaire est importante à toutes les étapes du processus de recherche. La recherche, par son essence même, vise à faire avancer une discipline en ébauchant de nouvelles théories ou de nouvelles pratiques. Pour ce faire, il est essentiel que le chercheur prenne connaissance de ceux qui, avant lui ont fait une attention particulière et ont abouti à des conclusions bien établies. C'est pourquoi, une des étapes primordiales de l'exploitation d'un sujet implique une recension de ce qui a été écrit précédemment (Gauthier 2000).

Ainsi l'analyse documentaire a porté sur les documents disponibles sur les ONG. A ce niveau, nous ferons un minutieux examen de ceux-ci. Nous consulterons les rapports d'activités, des articles, des revues, des dictionnaires sociologiques, de mémoires, des archives des projets, de la société civile.

On consultera aussi les archives des services centraux de la préfecture de Kankan (la Direction des Micro-Réalisations, la Direction Préfectorale de Plan et Statistique , le Centre d'Information de Proximité), des notes de cours et des sites web comme Google scholar pour sélectionner les thématiques et approfondir la problématique, de préciser les objectifs de recherche ; de comprendre les études antérieures, les problèmes rencontrés par celles-ci et comment ceux-ci ont été surmontés et les résultats auxquels ces études ont abouti ; de clarifier notre hypothèse.

Dans cette étude, la collecte des données a commencé par une analyse documentaire et la préparation des outils de collecte. Ce travail de chambre a porté sur les documentations disponibles et qui sont afférentes au thème. C'est grâce aux ouvrages généraux, rapports (d'activité), de mémoires, des archives de l'ONG et des notes de cours qu'il a été possible de sélectionner les thématiques.

Ainsi cette activité a permis : d'approfondir la problématique, de préciser les objectifs de recherche ; de comprendre les études antérieures, les problèmes rencontrés par les premiers chercheurs et comment ces difficultés ont été surmontées et les résultats auxquels ils ont abouti ; de clarifier notre hypothèse.

Les documents consultés sont des ouvrages généraux et spécialisés dans le domaine du développement local, des rapports d'étude, des mémoires de maître relative au thème disponibles dans les rayons de la bibliothèque de l'université de Kankan, des rapports de stage et du projet existants. Les ouvrages généraux  sont les dictionnaires et encyclopédie nous ont servi pour définir les concepts qui forment notre mémoire.

3.2. LES ENTRETIENS

Nous avons choisi l'entretien en nous inspirant de la méthode de Kaufmann (1996). La retranscription complète et intégrale des entretiens dont l'auteur nous dit que cette méthode consiste à faire des pauses dans la lecture ordinaire en se reportant aux "entretiens", a été adoptée. D'ailleurs, Kaufmann (1992) ne défend - il pas que cet instrument offre la possibilité d'une lecture transversale dont l'intérêt est d'éviter le défaut inhérent aux citations d'extraits d'interviews, trop souvent manipulatoires et coupés de leur contexte. Les personnages peuvent ainsi prendre vie dans leur complexité, et se construire eux - mêmes peu à peu en véritables objets sociologiques parallèlement à la lecture théorique, permettant d'approfondir cette dernière

«...Je procède par entretiens. Ma méthode est très qualitative et compréhensive. Je procède en deux temps. D'abord la conduite des entretiens, qui est très souple et empathique. Il s'agit d'aller plus loin au fur et à mesure des réponses des gens, de soulever les contradictions, etc. Quand la personne, au bout d'un certain temps, comprend que l'on est entrain de voyager à deux dans son histoire, alors on peut aller très loin. Le second temps, le plus important, est celui de l'analyse. La clé, ici, c'est la fabrication des hypothèses, la construction progressive du modèle d'interprétation. C'est un travail d'artisan : j'écoute et je réécoute les bandes, très lentement. Je flotte entre mon modèle en construction et ce que j'entends. Il y a des éléments précis à repérer, qui permettent de décoder et d'interpréter : par exemple, les contradictions, les phrases récurrentes. (...) Il y a des trésors théoriques dans les paroles et les actes les plus ordinaires. » (Kaufmann in Cabin et Dortier (éd), 2000:p.319)

3.2. 1.  Entretien individuel semi-dirigé

`'Un entretien est un Speech évent dans le quel une personne A extrait une information d'une personne B l'information qui tend continue dans la biographie de B''. Le terme biographie souligne, selon ses auteurs, le caractère vécu de l'information recueillie en directe sur un évènement, et qui serait restituée sans avoir été préalablement assimilée et subjectivée (BLANCHET et GOTMAN 1992 cité par Diallo 2010).

En d'autre terme la technique de l'entretien consiste à provoquer une conversation réglée entre un enquêté et un enquêteur muni de consignes et le plus souvent d'un guide d'entretien. Celui-ci se présente sous la forme d'une liste de question ou de thèmes qui doit obligatoirement être abordé au cours de l'opération, soit spontanément parce que l'enquêté parle de lui-même au cours de la séance, soit à la demande expresse de l'enquêteur. Le plus souvent ce dernier doit relancer l'entretien en s'aidant du guide crée auparavant (DURAND et WEIL, 1977 cité par Diallo 2010).

Des auteurs contemporains distinguent trois types d'entretien selon le degré de liberté laissé à l'enquête : l'entretien non directe au libre, l'entretien directif et l'entretien sémi-directif. Dans l'entretien libre ou non directif, l'enquêteur lance un thème puise tous ses efforts à faire explorer ce thème par l'enquêté. Dans l'entretien directif qui ressemble fort à une enquête par questionnaire avec questions ouvertes c'est à dire sans réponses pré-établies au précédées, l'enquêteur interroge l'enquêté à moyen d'un ordre (Barry 2010).

Ces trois types peuvent aussi se résumer en deux types d'entretien : l'entretien semi-structuré ou semi-directif (accorde une grande liberté d'expression aux répondants tout en canalisant et en structurant le débat) et l'entretien centré ou (l'histoire de vie) (prend le prétexte de la vie de l'individu pour reconstituer un événement ou un phénomène). Donc sur la base du nombre de personnes rencontrées, on a: l'entretien individuel et l'entretien de groupe/focus group (Barry 2010).

L'entretien semi directif utilise quant à lui une grille d'observation, mais m'impose pas une standardisation de la forme et de l'ordre des questions comme dans le cas su questionnaire.

Dans le cadre de ce mémoire, l'entretien utilisé est de type semi directif. Le choix de cette technique part du fait que l'étude se rapporte à une collectivité locale restreinte d'une part et par le fait que la population cible est agricole et nécessite ainsi un appui lors des opérations d'entretien d'autre part. 

Au cours des opérations d'entretien seules quelques difficultés liées à la rencontre de certains citoyens et la méfiance de quelques uns aussi pour la fourniture des réponses ont été observées. Seulement, après leur avoir expliqué qu'ils ne risquent rien et qu'il s'agit d'un simple entretien, pour l'élaboration d'un mémoire et éventuellement pour contribuer à travers cette étude à la compréhension de la faiblesse de la pérennité des projets de développement ont fourni le maximum d'information.

Les entretiens ont été organisés à l'aide du guide d'entretien semi structuré autour des thématiques en relation avec le thème. L'enquête a suivi les procédures suivantes : en premier lieu nous avons procédé à la prise de contact avec les responsables de l'ONG, les personnes ressources, les autorités locales et administratives en leur expliquant clairement nos objectifs. Ce qui consistait à obtenir les informations sans contre partie et dans la plus grande discrédité pour l'élaboration de notre mémoire sur les thématiques suivants :

· les renseignements sur les caractéristiques sociodémographiques des populations soumises à l'étude;

· les, domaines d'intervention, les activités exécutés par les ONG ;

· les comportements, les attitudes, les perceptions et les représentations des communautés sur les projets exécutés;

· les mécanismes de pérennisation des acquis initiés par l'ONG et les communautés bénéficiaires.

· Les déterminants qui ont prévalu à la perte des acquis de l'ONG

· les suggestions pour la pérennisation des acquis de l'ONG

Les entretiens ont été enregistrés sur dictaphone puis transcrits. La réalisation de chaque entretien a duré 30 minutes à 1 heure par enquêté selon leur compétence ou leur habitude à des telles activités ; ceux-ci se déroulaient soit dans les bureaux ; soit dans les domiciles ou tout autres lieux jugés favorables pour les entretiens par les enquêtés et le chercheur.

Dans le cadre de cette recherche, l'entretien utilisé sera de type semi dirigé. Sur la base des personnes rencontrées l'étude procédera à l'entretien individuel et l'entretien de groupe ou le focus group. Les entretiens qu'ils soient individuels ou par groupe ou encore le focus group se déroulerons dans les bureaux, sur les lieux ou tout autre lieu jugé adéquat par le chercheur ou par l'informateur.

SECTION 4 : ANALYSE ET TRAITEMENT DES DONNEES

Le traitement des données est certainement l'une des étapes la plus difficile dans le processus de la recherche. Ainsi, pour en venir ou de notre recherche, nous avons procédé à des sous étapes qui consistent : la classification de l'information et l'analyse proprement dite. Ainsi à ce niveau nous avons procédé, à la description des méthodes qui seront utilisées pour le codage et le traitement des données. Par rapport à la nature des données qui seront collectées, l'étude a privilégié la méthode d'analyse qualitative.

C'est quoi l'analyse qualitative des données ?

L'analyse qualitative est le type d'analyse des données qui pose beaucoup plus de problèmes et qui présente les plus grands dangers sur le plan de l'interprétation. En recourant peu à la quantification ; ce qui soit dit en passant, n'est pas une tare en soi et s'impose souvent par la nature du problème à traiter. On élargit en effet le champ de l'interprétation et accroit par conséquent les risques de biais de toute sorte.

L'analyse qualitative est le procédé de traitement des données qui contraint le chercheur le plus de discipline, le plus de rigueur et de l'attention la plus soutenue. Le cadre opératoire est plus important dans l'analyse qualitative que dans un autre type d'analyse, car aucune opération spécifique concrète ne l'écarte du traitement des données : c'est rigueur qui fait foi de tout.

Il existe en matière de recherche différents précédés d'analyse des données auxquels on peut faire appel pour analyser des données collectées. Mais notre objectif ne s'agit d'effectuer le pont sur chacun d'entre eux, mais plutôt de présenter ceux qu'on a utilisés. Nous n'allons détailler les modes d'utilisation de ces instruments, seulement on fera une brièveté sur ceux utilisés comme l'analyse qualitative : 

« L'analyse qualitative est un exercice structuré de mise en relation logique des variables et par voie de conséquence des catégories des données ce le type d'exercice par lequel ont tente de reproduire logiquement un schéma mental de l'évolution d'un phénomène ou d'une interrelation entre phénomène, en essayant de vérifier, par l'observation le degré de correspondance entre cette construction de l'esprit et la situation réelle. Naturellement cette façon de procéder, parce qu'elle ne fait pas appel à la quantification exige du chercheur une attitude d'extrême prudence étant donné les éléments de subjectivité pouvant intervenir au moment de l'interprétation.»

L'analyse qualitative peut prendre différentes formes, notamment la construction d'explication, l'analyse de contenu, le pattern-machching. Seulement l'idée consiste à construire, sur le plan de langage, une reproduction logique la plus fidèle possible d'un comportement séquentiel et de vérifier le degré de correspondance entre cette construction de l'esprit et de la situation réelle. Ainsi nous avons utilisé dans cette étude la forme d'analyse qualitative appelée le pattern-machching qui :

« Exige donc une étude comparative structurée entre modèle imagé par le chercheur et sa contrepartie sur le plan de la situation empirique. Etant donné que l'on recourt rarement à la quantification dans ce type d'analyse qualitative, il faut accorder beaucoup d'importance à la structuration logique du cadre opératoire dont le lien est encore plus étroit ici avec l'étape du traitement des données. »

La première étape de l'exploration des données recueillies a commencé par leur dépouillement ; la deuxième étape a consisté à leur arrangement et classement par catégorie significative. Cette dernière étape a eu pour avantage de dégager les principaux thèmes de la grille d'analyse. En fin la troisième étape de l'étude a été l'analyse de chacun des thèmes du gille d'analyse.

Classification des données

La classification de l'information nous a permis d'obtenir un corpus structuré «La classification de l'information consiste à classer les faits recueillis à l'intérieur de catégories préalablement déterminées par les référents empirique du cadre opératoire et la ou les technique retenues. »

Le terme « donnée » est réservé pour qualifier l'information traitée et qui est prête à la consommation de tout le public lecteur. Si non il serait commode de les appeler « faits ». Ainsi la classification de l'information consiste à classer les faits recueillis à l'intérieur des catégories préalablement déterminées par les référents...du cadre opératoire et la ou les techniques d'analyse retenues (G. Mace, 1988).

Donc, nous avons fait recourt à des schémas, tableaux et graphiques ou figures pour illustrer nos propos. Ces éléments facilitent la compréhension et aident parfois à annoncer l'analyse des données. La classification de l'information nous permis d'obtenir un corpus structurés des données.

Il existe plusieurs procédés auxquels on peut faire recours pour analyse des données comme l'analyse qualitative, l'analyse de contenu, l'analyse statistique ou probabiliste, la simulation sur ordinateur. Toute fois nous avons aussi procédé à une analyse quantitative qui nous a permis de traiter des données à caractère quantitatif comme les renseignements généraux des populations sur lesquelles à porter l'étude et l'évolution des effectifs des filles encadrées par l'ONG, et les effectifs de l'école des jeunes filles de l'APROFIG. En fin l'analyse interprétative a servi pour la rédaction du rapport final.

CHAPITRE V. PRESENTATION DES RESULTATS 

Ce chapitre du mémoire comprend deux sections : la première présente les caractéristiques générales de la population à l'étude et la seconde présente les deux cas d'ONG étudiées.

SECTION 1. CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DES POPULATIONS SOUMISES A L'ETUDE

1.1. Leur répartition suivant le sexe et l'âge

Les données, ont été collectées au près de 15 personnes dont deux femmes. Leurs tranches âges varient entre 40 ans à 60 ans et plus. La plus forte proportion est représentée par la tranche d'âge de 50 à 54 ans, soit 26,66% des enquêtés. Suivie de la tranche d'âge de 45 à 49 ans, soit 20,02 % ; ensuite viennent les tranches d'âge de 40 à 44 ans et de 55 à 59 ans qui représentent chacune 13,33% et est la plus faible proportion des tranches d'âge (voir tableau ci-dessus).

Ces mêmes données laissent entrevoir une certaine disparité de genre, car le sexe masculin est le plus important, non seulement au sein de l'ONG, mais également chez les autres catégories de représentation.

Tableau 5.1. Répartition des populations soumises à l'étude suivant le sexe et l'âge

Sexe

Age

Homme

Femme

Total

%

40-44

1

1

2

13,33

45-49

2

1

3

20,02

50-54

4

0

4

26,66

55-59

2

0

2

13,33

60 ans et plus

4

0

4

26,66

Total

13

2

15

100

Source : enquête de terrain 2011

1.2. Répartition des enquêtés suivant le niveau d'instruction

Les données issues des entretiens montrent que la majeure partie des populations soumises à l'étude sont des cadres supérieurs soit 53,33 % des personnes rencontrées, 40,00 % ont le niveau professionnel et enfin un seul interviewé a le niveau secondaire (lycien). Signalons notre étude n'a pas touché les autres catégories. Les cadres supérieurs sont le plus souvent des retraités de l'administration publique (Voir tableau ci-dessous).

Tableau 5.2

Répartition des enquêtés suivant le niveau d'instruction

Sexe

Niveau

Homme

Femme

Total

%

Secondaire

1

0

1

6,67

Professionnel

5

1

6

40,00

Supérieur

7

1

8

53,33

Total

13

2

15

100

Source : Enquêtes de terrain, 2011

1.3. Répartition des enquêtés suivant la profession

Il ressort des discours des répondantes, que la majeure partie des personnes rencontrées étaient des enseignants, des médecins, des ATS, des ADC, des étudiants diplômés sans emploi. La catégorie des enseignants est la plus importante avec 33,34 % ensuite les étudiants diplômés sans emploi représentant 26,66 % ; les médecins et agents techniques de santé et ceux qui exercent la profession d'enseignante, 10% ; enfin, viennent les chefs de ménage qui et agents de développement communautaire représentent chacun 20,00 %.

Signalons cependant que la plus part des enquêtés ont déclaré avoir exercé le petit commerce en plus de leur profession d'origine. A ce propos, un enseignant déclare : «  En plus de ma profession d' enseignant, j'étais obligé de me débrouiller en faisant le petit commerce, afin de subvenir aux besoins de ma famille, qui du reste est assez nombreuse et que les mois étaient longs, le marché cher et le salaire insignifiant ».

Tableau 5.3

Répartition des enquêtés suivant la profession

Sexe

Profession

 
 

Total

%

Etudiant sans emploi

4

0

4

26,66

Enseignants

5

0

5

33,34

Médecins/ATS

2

1

3

20,00

ADC

2

1

3

20,00

Total

13

2

15

100

Source : Enquêtes de terrain, 2011

1.4. Répartition des enquêtés suivant le statut matrimonial

Les données recueillies au près de nos enquêtés indiques que les mariés représentent la proportion majoritaire des enquêtés avec 60,00%, suivie des célibataires avec 26,66%  et les veufs 13,34% de l'échantillon des enquêtés.

Tableau 5.4.

Répartition des enquêtés suivant la situation matrimoniale

Sexe

Statut

Matrimonial

Homme

Femme

Total

%

Célibataires

4

0

4

26,66

Mariés

8

1

9

60,00

Veuf (ve)

1

1

2

13, 34

Total

13

2

15

100

Source : Enquêtes de terrain, 2011

SECTION 2 : L'ETUDE DE CAS

2 .1. CAS 1 : APROFIG COMME ONG AYANT PERENNISEE CES ACQUIS

2.1.1. LES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG

Depuis plus de deux décennies, les ONG sont opérationnelles dans la préfecture de Kankan. Elles sont intervenues dans divers domaines du développement local : éducation, santé, protection de l'environnement ; des droits des femmes et des enfants, appui aux OCB par le renforcement des capacités institutionnelles, techniques et financières mais aussi dans la bonne gouvernance locale.

La pérennisation des acquis de l'APROFIG résulte d'un certains nombres de stratégies ou de mécanismes de pérennisation initiés et mis sur pied depuis les premières heures de la naissance de l'ONG. Un responsable de l'ONG indique : 

« Nous avons crée notre association sur des bases bien définis avec une vision et une mission déterminées. C'est celles de l'autopromotion, de contribuer à l'amélioration des conditions socioéconomiques de nos bénéficiaires. Ainsi le principe directeur d'une organisation durable a été observé et respecté c'est celui du volontariat et de l'aspect non lucratif des activités ».

Une organisation, pour être durable doit pourvoir avoir une certaines autonomies tant technique, humaine mais aussi et surtout financière à défaut desquelles une structure ne pourra entreprendre une activité petite soit elle. Une organisation pour exister, demande des préalables ainsi un autre employé permanent souligne :

« une ONG est comme une personne, elle besoin d'un logement, d'un personnel d'entretien, d'un équipement mobilier, d'être en contact avec les autres, de l'argent pour fonctionner c'est ce que l'APROFIG a compris et a plus ou moins réunis avant d'entreprendre toute autre chose ».

LES MECANISMES DE PERENNISATION QUE L'ONG INITIE A L'INTERNE

La pérennisation des acquis de l'APROFIG passe d'abord et avant tout par des mécanismes internes à l'organisation. Un membre fondateur s'exprime en ses termes :

« A la création de notre association, nous nous sommes dit qu'il faut d'abord se fixer des objectifs à court terme et moyen terme mais aussi ses objectifs doivent être spécifiques mesurables et atteignables dans le temps et dans l'espace. D'abord c'est de savoir de quoi nous sommes forts ? La réponse fut immédiatement ce que nous avons la volonté d'aller de l'avant et de loin. Ainsi le premier signe pragmatique ce que chacun a main dans la poche sans pourtant autant se demander ce que sera son gain plus part »

Selon les entretiens de terrain, l'ONG APROFIG développe des mécanismes de pérennisation qui reposent d'une part sur l'appropriation et la capitalisation de tout ce qui est fait, d'autre part par les implications de tous les acteurs et partenaires : bénéficiaires, bailleurs de fonds les parents, les autorités de l'éducation, les structures déconcentrées, les l'APEAE, les autorités locales et les élus locaux et l'organisme de relais qui est l'ONG mais aussi à travers la création des AGR.

Ainsi un enquêté dira « A travers la création des AGR comme notre centre informatique avec connexion internet et la scolarité de l'école des jeunes filles, l'ONG fonctionne à temps plein avec un personnel prit en charge par elle

LES MECANISMES DE PERENNISATION QUE L'ONG INITIE AU NIVEAU DES SES POPULATIONS CIBLES

En milieu bénéficiaire, l'ONG APROFIG définis des axes prioritaires de durabilité sans lesquelles toutes les actions entreprises ressemble « la construction d'un édifice sur une dûmes de sable » ; ainsi un chargé du suivi/évaluation des activités de l'ONG dira aussi:

« Pour la durabilité de nos activités à côté du suivi/évaluation mensuel que nous effectuons, il nous a paru nécessaire de mettre en place des comités locaux de gestion et organismes locaux de suivi/évaluation pour chacune de nos activités réalisées, impliquer aussi les femmes professionnelles ou modèle tout au long de la planification, l'exécution et le contrôle et l'initiation des communautés bénéficiaires à l'autoévaluation ».

L'analphabétisme étant un des facteurs qui freine la durabilité des activités, or la plupart des bénéficiaires relèvent de cette couche défavorisée et vulnérable de la population ainsi le chargé de formation de l'ONG dira :

« Pour la pérennisation nos acquis les bénéficiaires doivent s'approprier de ceux-ci dans leur culture locale c'est-à-dire dans leur langue locale c'est pourquoi nous initions et mettons en oeuvre les activités de formation et d'alphabétisation. D'ailleurs tous nos modules de formation sont soit en N'ko, en M'balikou ou encore en arabe harmonisé, cela a permis aux communautés bénéficiaires de se rendre compte que ce qui est fait n'est pas fait contre elles mais c'est pour elle tout de suite, elles en ont prit et s'approprié ».

Pour le chargé de subvention « les communautés bénéficiaires doivent être initiées à l'esprit d'entreprenariat pour leur autonomie ; créer des volets budgétaires pour leur motivation, promouvoir le transfert des compétences à tous les niveaux des bénéficiaires ».

Les mécanismes de pérennisation que l'ONG initie au niveau des ses populations cibles reposent essentiellement sur le savoir faire qui demande l'implication et la responsabilisation des bénéficiaires à toutes les étapes du processus des opérations ; le suivi et l'évaluation permanant des actions par les bénéficiaires eux même ; le partage de l'information; la sensibilisation et la motivation de tous les acteurs.

La création des activités génératrices des revenus pour avoir un fond d'entretien des acquis et en vue de les rendre durable, le respect et l'application des textes et clauses de contrat entre les bénéficiaires et l'ONG d'une part et d'autre part entre l'ONG et ses partenaires financiers et techniques peuvent assurer la pérennité des acquis. La concertation permanente entre l'ONG et tous les partenaires, développer l'esprit civique et l'analyse situationnelle des activités menées, renforcer les capacités institutionnelles des bénéficiaires et des agents de l'ONG ; ce qui permettra de laisser des traces indélébiles.

COMPORTEMENTS, ATTITUDES, PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES COMMUNAUTES BENEFICIAIRES SUR LES ACTIVITES PAR L'ONG APROFIG

Les comportements et attitudes des bénéficiaires face aux activités de l'ONG sont certes mitigés. Les entretiens menés au près des bénéficiaires de la commune urbaine et de quelques Communes rurales voisines laissent entrevoir des attitudes d'acceptation des activités dans le court terme. Ce qui ne signifie pas l'inexistence d'une résistance au changement ou un attachement aux valeurs traditionnelles, mais cet état de fait relève plutôt d'une décision d'individuelle ou d'un groupuscule.

ACCEPTATION DES CHANGEMENTS INDUITS PAR L'ONG CHEZ LES BENEFICIAIRES

L'ONG aide à améliorer les capacités au niveau des différents acteurs (État, société civile, secteur privé) tout en veillant à une bonne coordination de leurs interventions pour une meilleure efficacité. Elle les implique dans un processus d'analyses des problèmes de développement spécifique au village pour définir des programmes et projets efficients de développement. Aux dires d'un enquêté :

« Le manque de ressources propres ou de système de financement propre à l'ONG semble en être un facteur de blocage. Si le principe d'instituer des mécanismes de ressources propres figure dans la plupart des activités, il existe des nombreuses difficultés pour la mise en place de ce dit mécanisme. »

Les communautés bénéficiaires manifestent une acceptation de la plus part des changements induits par l'APROFIG, le coordinateur des programmes souligne :

 « Quand on démarrait nos activités, nous avons trouvé très peu des OCB qui ont atteint l'échelle UN du niveau de maturité d'une organisation. Il n'y avait pas de traces qu'on pouvait capitaliser. Ainsi nos appuis ont permis d'obtenir la documentation qu'il faut pour leur existence comme structure officielle ».

Tableau 5.5. Description du niveau de maturité d'une organisation

Niveau de

maturité

Description du niveau

0

L'organisation est en gestation, les objectifs ne sont pas encore clairement définis. Les documents juridiques et administratifs ne sont pas complets. Les membres ne se reconnaissent pas et il n'y a pas de financement.

1

L'idée de la mise l'organisation est formalisée. Les AG et les AC se tiennent. Les objectifs et les stratégies sont maintenant définis. Les documents sont disponibles et les membres se reconnaissent conformément aux textes de fondement de l'organisation, plus l'acquis du niveau 0

2

Les ressources humaines, financières et techniques sont disponibles. Les documents sont bien tenus et les réunions sont régulières, plus l'acquis du niveau 1

3

Les activités sont planifiées, exécutées et suivies de façon formelle. Des capacités en gestion et la promotion de l'esprit associatif sont initiés. Les outils de gestion de conflits sont élaborés et sont appliqués, plus l'acquis du niveau 2

4

Elaboration des techniques de négociation, de plaidoyer et de diversification des partenaires locaux, nationaux et internationaux. Elaboration des microprojets et recherches des fonds nécessaires pour sa réalisation, plus l'acquis du niveau 3.

5

Evaluation de sa propre gestion, capitaliser les acquis déjà enregistrés. Capacité de s'autofinancer ou/et de financer d'autres structures locales à la base. Acquisition d'une crédibilité au près des citoyens, de l'Etat et des bailleurs de fonds, plus l'acquis du niveau 4

Source : entretien de terrain 2011

La même personne renchérit en ces termes « la plus part des promoteurs des OCB n'avaient une formation leur permettant de tenir une structure ; mais après notre passage ces structures peuvent tenir tant sur le plan organisationnel que sur celui de la recherche des partenaires ou encore chercher un financement d'une activité sans aucune véritable aide extérieure. »

AMELIORATION DES CONNAISSANCES ET LEUR MODE D'UTILISATION PAR LES BENEFICIAIRES

En effet, si les préoccupations de l'ONG sont la promotion de la fille en milieu rural et urbain, les réalités du terrain laissent apparaître que, la femme occupe une place centrale dans la Société Maninka, non seulement à cause de son rôle dans l'économie domestique mais aussi par celui qu'elle joue dans l'éducation et la santé des enfants. Elle est aussi une actrice économique active dans l'agriculture vivrière et du secteur informel.

Les modules de formation administrés en matière des droit de la femme ou de la jeune fille ont nettement améliorés l'image celles-ci dans leur société où elles étaient reléguées au dernier plan de la sphère socioéconomique et politique, à propos un enquêté indique «  les femmes sont aujourd'hui chef de groupement, d'association. Elle assure des responsabilité qui ne lui étaient dévolues dans les temps »

En dépit de ses nombreux rôles et responsabilités, la femme reste infériorisée, tenue loin des décisions qui la concernent au premier chef : sa santé, son travail, son statut, ses enfants, sa famille...la culture locale freine de ce fait l'équité et ne concours pas à sa promotion. Un autre renchérit en ces termes « la femme n'est plus faite seulement pour faire des enfants et entretenir un foyer mais elle peut participer efficacement à tout le processus de développement. »

Dans les zones rurales Maninka, la polygamie est très répandue. La nuptialité est précoce et intense chez les femmes et les hommes finissent par se marier en moyenne entre 18 et 20 ans dans les milieux ruraux. Les mutations que subit la famille relèvent d'un compromis culturel entre les normes et valeurs antérieures régissant la société et les impératifs économiques imposés par des rapports extérieurs. Au début les prêts, les subventions et les faits aux communautés étaient orientés dans des activités non lucratives un facilitateur en bonne gouvernance économique et sociale indique :

« Avant quand les communautés bénéficient d'un financement, d'un prêt ou d'une subvention directement, elles pensent  l'investir dans le mariage, le remariage, les sacrifices funéraires, la circoncision, les baptêmes ou dans d'autres domaines où elles ne trouvent qu'une satisfaction morale. Nous avons changé cette donne en suivant et accompagnant celles-ci du dossier d'appel d'offre jusqu'à la mise en oeuvre des activités jusqu'à la réutilisation des ressources générées. »

Du fait des perturbations économiques, de l'urbanisation et de migrations démographiques, la famille en milieu rural connaît de fortes pressions dans le sens de sa dislocation, ce qui se traduit tant par la baisse de l'autorité parentale, l'affaiblissement des solidarités traditionnelles, l'accroissement du nombre de divorces et du nombre de femmes " chef de ménage".L'expérience montre que les populations rurales sont rarement appelées à participer à cette phase non moins importante des actions de développement. Certains responsables locaux ont déclarés :

« Que les communautés sont en mesure de prendre part dans les études d'implantation, car elles fournissent des informations sur les pratiques culturales, les traditions, nécessaires au projet. Les paysans ont leurs mots à dire dans le choix des techniques car ils connaissent mieux que quiconque leur milieu. Ils participent donc à la conception des projets. Les paysans prennent part en général à l'exécution des projets: creusage des puits, ramassage de sable et de pierres, construction de latrines par exemple. Cette participation spontanée ou bénévole, est perçue en général comme un facteur de diminution des coûts des projets ».

Ceci devient, un facteur politique qui prépare les populations à prendre en charge les projets une fois réalisés.  Après de nombreuses années de fonctionnement, force est de constater que l'ONG APROFIG a engendré des résultats qui satisfont ''les parties'' les bénéficiaires directs. Les dits résultats sont aussi bien quantitatifs que qualificatifs comme le précise cet enquêté : « Nous ne cesserons jamais de louer les efforts de APROFIG dans l'appui à nos communautés .La plus part des structurées locales ayant bénéficiées des appuis de l'ONG, sont maintenant capables de tenir les documents administratifs (cahier de PV, journal de caisse ou de banque ».

Pour cet autre instituteur de son état déclare « Depuis l'intervention de l'APROFIG dans mon école, cela a diminué considérable nos charges pour la scolarité de nos enfants ». Il ajoute que :

« La pérennisation des acquis de l'ONG est rendue possible grâce à l'existence d'animateurs et de facilitateurs villageois, d'animateurs communautaires, tous fils du terroir. Ils ont reçu des formations dans la planification du développement local, la maîtrise d'ouvrages et le suivi - évaluation participatif. Cette synergie entre ONG et AC ou AV permet à certaines structures locales de préfinances une activité jusqu'à la hauteur de 5 à 15 %.»

2.2. DIFFICULTES RENCONTREES PAR L'ONG DANS L'EXECUTION DES ACTIVITES

Dans le cadre de la réalisation de ses activités, l'ONG est confrontée à de contraintes d'ordres techniques matériels et financières d'une part, et d'autres part à des contraintes liées aux aspects organisationnels, analphabétisme, pauvreté, besoin lucratif ou du gain immédiat, migration de certains membres de certaines structures cibles vers les zones minières et d'autres centres de négoce...le coordinateur des activités s'exprime :

« Le problème qui nous fatigue de plus et qui fait que chaque fois on réinvente la roue c'est le mode financement des bailleurs. Les fonds sont souvent obtenus sous forme de sous-traitance, le processus est long et compliqué. Tant que c'est le bailleur qui planifie et décide de tout par l'entremise d'un l'intermédiaire sans aucune indépendance. Dans ces conditions, il sera très difficile de parler de pérennisation des actions des ONG locales de développement ».

Bailleurs de

fonds

Schéma 5.1. Mode de financement des actions des ONG locales de développement à partir d'un bailleur de fond externe

ONG locales

OCB/

Bénéficiaires sires

Consortium

d'ONG internationales

Projet

Ce schéma montre que la coopération entre les bailleurs et les organismes de relais que sont les ONG locales de développement aux dires du coordinateur des programmes ne sont pas directs ce qui fait tout le financement ne va pas là où il doit y aller:

« Les bailleurs donnent des instructions au projet qui regroupé un ensemble d'ONG souvent internationales quelques fois des ONG nationales ayant acquis une certaines notoriétés dans le champ du développement local ; le projet à son tour recrute des ONG locales qui constituent un organisme de relais. Elles aussi font la sélection des OCB qui sont les dernières bénéficiaires. Donc la chaine est compliquée et conduit vers une léthargie dans l'obtention des fonds dans le temps impartie de l'exécution des activités »

Ainsi l'idéal pour la plus part des interviewés serait qu'il y ait une franche et directe collaboration entre l'organisme de relais que sont les ONG locales voir schéma ci-dessous.

Schéma 5.2. Mode de financement idéal des ONG

Du bailleur de fond

Organisme de relais (les ONG locales)

Aux Organismes de relais (les ONG

locales)

Dans cet autre schéma, le constat est qu'il ya l'absence d'intermédiaire et que la chaine devient moins compliquée et moins longue mais aussi les actions deviennent directes ainsi le pour le chargé de subvention de l'ONG :

« Si la collaboration est franche et directe cela démunirait considérablement la mauvais gouvernance interne et l'éparpillement des fonds constatée dans ces derniers temps dans l'obtention des marchés et dans le décaissement des fonds. Le constat est qu'aujourd'hui près de 50% des financements vont dans le fonctionnement interne ; avant d'atteindre les bénéficiaires directs cela trouve que le montant est beaucoup morcelé »

DIFFICULTES TECHNIQUES, FINANCIERS ET DE LOGISTIQUES DE L'ONG

Les insuffisances des moyens techniques, financiers et logistiques ne favorisent pas le suivi régulier des activités, la coordination des activités des antennes du réseau APROFIG, le maintien des employés temporaires et autres cadres permanents de l'ONG, constituent des problèmes récurrents qui empêche le plus souvent la pérennisation des acquis. La mauvaise utilisation des ressources de l'ONG et la faible implication des bénéficiaires dans les activités. Cette insuffisance a entraîné aux dires d'un agent communautaire « La mauvaise gestion, un manque de transparence, une rareté des séances de capitalisation des acquis au niveau de l'ONG et des structures bénéficiaires entraine la non pérennisation, car l'ONG ne dispose d'aucun fonds propre pour la mise en place et l'exécution, voir de la poursuite d'une activité antérieure.»

Dans une localité en pleine mutation où la prédominance de l'économique est de rigueur, le partenariat ONG/communautés semble être contraignant. La dépendance des aides extérieures pose des véritables problèmes de pérennisation à l'ONG.

Les entretiens ont permit de comprendre que par exemple que l'ONG APROFIG avait envisagé la construction d'une école régionale des jeunes filles dans la préfecture de Kankan, qui n'a toujours pas vu jour pour des économique permettant de réaliser un tel ouvrage. Et cela fait qu'aujourd'hui l'ONG est entrain de perdre ses produits (élèves) qui font la fierté des autres collèges et lycée de la place  et d'ailleurs. Le renforcement des capacités institutionnelles des OSC/OBC et antennes de partenariat ; la formation des responsables en management ... qui malheureusement n'ont pas pu être réalisées, faute de disponibilité financières et certainement la faiblesses de ses ressources humaines pour la mise en place des autres activités.

La mentalité des communautés qui ont eu des mauvaises habitudes dans le cadre de développement et le manque de volonté de celles-ci pour opter pour nouvelles attitudes ou des nouveaux comportements en vue d'une autopromotion et un développent durable. La pauvreté, l'analphabétisme, la mauvaise gouvernance, et surtout le manque de fonds d'entretien et de pérennisation après la phase projet ou après le retrait du bailleur qui n'en prévoit dans le financement global, la faiblesse de l'autofinancement et la mobilisation des ressources internes entraînent la perte des acquis.

LE RETOUR AU STATU QUO DES BENEFICIAIRES A LA CASE DE DEPART

En effet, la mise en la place des politiques de lutte contre la pauvreté interpelle tant les Chercheur(e) s que les acteurs politiques et les agents de développement face à une réalité mondiale, qui se décline différemment selon les contextes où l'intervention des ONG gagne le terrain Et elles laissent le plus souvent des traces qui ne perdurent pas. Cette étude sur les ONG qui oeuvrent pour le développement nous ont montré que, en matière de gestion sociale, économique, politique et environnementale durable. Les ONG locales restent très actives que sous l'impulsion des organismes internationaux qui ont fait de ces questions leur priorité.

Le continent Africain a évidement diverses particularités. L'omniprésence des institutions de développement n'en est pas la moindre. La crise cumulée des économies africaines et des Etats africains n'a fait que renforcer le poids de " l'aide au développement " et des " projets de développement ", que ceux-ci soient lourds ou légers, et quels que soient leurs initiateurs (institutions internationales, coopérations nationales, ONG du Nord, ONG du Sud). Le " développement " (son langage, ses crédits, ses hommes, ses infrastructures, ses ressources) est une donnée fondamentale du paysage africain contemporain, rural comme urbain » (de Sardan, 2001 :p.21).

L'organisation des acteurs sociaux a ainsi engendré, dans ses conséquences immédiates, une série de ruptures aussi bien du point de vue des institutions, des modes d'organisation interne et des formes de coopération développées, que du point de vue des catégories professionnelles mises en oeuvre par les différents opérateurs sur le terrain des ONG en Guinée.

« Dans les sociétés, les individus doivent nécessairement former des groupes de coopération. Que ceux-ci soient formés sur la base de la parenté n'a rien de contrariant d'autant plus que pour lui, l'organisation de la parenté coïncide avec l'organisation sociale, économique et politique. Ceux-ci illustrent comment les relations de parenté peuvent être en corrélation avec le système global » (Ghasarian, 1996:p.11)

Le dysfonctionnement des structures d'encadrement, la faiblesse des moyens techniques, logistiques et la faible implication des bénéficiaires dans la conception des projets, le manque de civisme de certains bénéficiaires mais surtout aussi de la démarche des partenaires locaux ou étrangers de développement expliquerait le retour au statu quo des bénéficiaires à la case de départ et font que les acquis de l'ONG ne sont pas pérennisés, ainsi un superviseur de l'ONG dira :

« Les querelles de leaders Shape interne, le départ de certains membres clés dès fois les membres de bureau pour les zones minières alors que ceux-ci ayant bénéficiés des séances de formation et d'appui technique et financière expliquent que chaque fois nous sommes obligés d'identifier, former et encadrer des nouvelles personnes ».

Le plus souvent les communautés manifestent un certains enthousiasme au début des activités, mais avec l'évolution des actions des ONG et la diversité des approches, l'esprit du gain rapide font qu'elles retournent vite à la case de départ une autorité locale précise « Nos communautés sont devenues partisanes de la loi de moindre effort, elles veulent un plateau d'or tout frais et tout fait. Tout ce qui ne va pas dans ce sens n'est pas pour elle. »

En dépit des efforts fournis, l'ONG connaît encore de sérieuses difficultés de développement institutionnel. Les stratégies mises en oeuvre n'ont pas toujours eu les résultats escomptés malgré les multiples initiatives mises en place visant l'amélioration des conditions de travail de la fille cible privilégié de l'ONG en particulier et de sa communauté en général.

2 .2. CAS 2 :L'ONG BATE SABATI COMME ONG N'AYANT PAS PERENNISEE CES ACQUIS ENREGISTRES PAR L'ONG BATE SABATI

Durant la période d'intervention, l'ONG a exécuté dans ses domaines d'intervention dans plusieurs secteurs : assainissement, éducation, santé, hygiène publique, environnement, genre etc....

Bien que ces actions n'ont pas trop duré c'est-à-dire ont connu une existence très éphémère. Mais on peut lui attribuer la construction des infrastructures scolaires « nous avons pu réaliser des écoles au nombre de quatre dans des communautés rurales qui restent aujourd'hui les acquis les plus visibles sur le terrain » ; il continue pour dire «  à ces écoles on pourra ajouter que la mise en place des comités de gestion des écoles (APEAE), des structures sanitaires (COGES), des aires protégées (COGEF), dont les membres ont bénéficiers des modules de formation si non le reste a disparu à petit feu sans presque laisser aucune trace surtout en matière d'assainissement ». Un autre informateur nous dit :

« Si l'école est acquis indélébile de l'ONG BATE SABATI, les élèves que nous avons recrutés et suivit durant leur cycle primaire bien que n'ayant pas tous terminé leur cycle ; au moins deux parents sont venus personnellement me rencontrer pour me féliciter en ces termes : ce que vous avez semé a porté fruit deux des enfants que vous avez scolarisés ont atteint l'université une fille et un garçon et sont aujourd'hui des modèles dans notre village. Visiblement j'étais très satisfait mais intérieurement j'étais mal à l'aise... »

FORMATION ET ENCADREMENT DES STRUCTURES COMMUNAUTAIRES

L'un des moteurs du développement passe par l'éducation, la formation ou l'alphabétisation non seulement des agents de développement que les bénéficiaires des actions des ONG. Au dire d'un ancien responsable de BATE SABATI « l'ONG a formé et encadré des nombreuses structures locales en terme de gouvernance interne, de bonne gestion, de renforcement de capacité. »

TABLEAU 5. Des structures formées et encadrées par l'ONG BATE SABATI

STRUCTURES

NATRURE DE L'APPUI

NOMBRES DE STRUCTURES

TOUCHEES

APEAE

A l'esprit d'école communautaire

Quatre APEAE de base

COGES

En gestion des structures sanitaires

Huit COGES de base

COGEF

En gestion des aires

Protégées

Neuf COGEF de base

TS

En IEC sur les VIH/SIDA

120 filles travailleuses de sexe

Autorités scolaires

Gouvernance scolaire

Près 150 DE, DSEE et enseignants

Hygiène

Règles d'hygiène publique

Plus 400 vendeuses, boucher et boulangers

Alphabétisation

En gouvernance interne

50 groupements agricoles et maraichers

Source : Archive de l'ABS

ACQUIS ENREGISTRES PAR L'ONG BATE SABATI MAIS PERDUS

Même si certains acquis ont survécu, il reste à croire que la quasi-totalité des activités de cet organisme qui était d'ailleurs comme le souligne le PDL de la préfecture de Kankan de l'année 1991 « BATE SABATI était la première organisation d'appui au développement local de Kankan » ; mais un membre du conseil préfectoral de la société civile indique « qu'il est très difficile de dire une ONG nom de BATE SABATI à exister dans le répertoire des organisations de la société civile de Kankan. Même les archives ni de la société civile encore moins du service d'appui et de coordination des organisations de la société civile ne peut le prouver »; pour la direction des microréalisations de la Préfecture de Kankan«  se souvenir de l'existence de l'ABS est un peu difficile puisque elle n'a presque même pas laissé un seul de ses rapport d'activité ».

Tout est perdu, même les module de formation administré dans les centres `'ALPHA'' sont perdus et ces centres sont formés or ce programme était le socle de toute action communautaire puis que les actions des ONG si elles ne sont mémés avec et par les communautés elles même c'est l'échec sur toute la ligne. Et pour ce faire il faut que ce qui est fait soit fait dans les langues locales car la majorité de celles-ci sont analphabètes. Ainsi le chargé de formation et alphabétisation dira que « les centres `'ALPHA'' ont considérablement amélioré les connaissances et leur mode d'utilisation chez les bénéficiaires. Ceux ci s'appropriaient de toutes les actions très vite mais malheureusement peu de temps après ; ils s'arrêtent pour attendre, on ne sait qui. »

LES DETERMINANTS QUI ONT PREVALU A LA PERTE DE ACQUIS DE L'ONG BATE SABATI

La perte ou la non pérennisation des acquis de l'ONG est régie par des nombreux déterminants d'ordre économique, politique et socioculturels qui font que la majeur partie des ONG perdent leurs efforts et disparaissent très vite. Les actions des ONG sont le plus souvent planifiées à l'externe par des bailleurs qui n'ont pas les mêmes préoccupations que ni même ces ONG encore moins les bénéficiaires.

Pour qu'une action soit durable, elle doit être soutenue à l'interne par une politique de mise en oeuvre ainsi un ancien responsable de l'ONG converti à d'autres activités nous dit « l'ONG a perdu la quasi-totalité de ces activités par ce que dès au début, elle a manque d'une politique de relève tant à l'interne qu'au niveau des bénéficiaires. L'ONG avait en fait une vision trop global et vaste ». Un autre enquêté indique :

« Le dysfonctionnement entre les ONG et l'administration déconcentrée n'ont pas joué leur rôle ; celui de la poursuite des activités qui avait été entreprise. Cette dernière pense que ce que les ONG font, elles le font pour soit même pendant que celles-ci sont entrains de faire ce que devait faire l'Etat. Longtemps, certains administrateurs prenaient les ONG comme des ennemies ... »

Les communautés elles du reste sont innocentes. Tout ce qu'on leur demande tant qu'elles ne connaissent pas les tenants et les aboutissants des actions de développement, elles s'en méfient « les communautés sont des navires la direction est détenue par le capitaine, il lui forge sa direction. Seulement la perte de ces acquis est dû essentiellement du fait qu'ils n'étaient pas supporté à l'interne par des fonds propres on ne comptait que sur l'autre... »

L'autre constat est que ce ne sont pas seulement les acquis des ONG qui sont perdus en Guinée et à Kankan en particulier ; ce sont les ONG même qui sont mortes avec tout le personnel et tout le matériel technique ; un enquêté indique « si les acquis de l'ONG sont perdus, la mort de l'ONG est une évidence, le personnel, le matériel technique s'est aussi consumé à petit feu. »

ABSENCE DES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG BATE SABATI

L'un des facteurs explicatifs de la perte des acquis des ONG ou même les ONG elles mêmes c'est l'absence d'une vision clairement définie ni à court terme en moins à moyen ou à long terme donc de l'absence de tout mécanisme de pérennisation de ce qui a été ou de ce qu'on fera dans le plan d'action :

« Une organisation pour que ce qu'elle fait soit pérenne, elle doit avoir un plan d'action à trois temps : un plan à cours, moyen et long termes. Il faut ajouter que la durabilité des activités dépend fortement par un soutien interne par la mise en place d'abord des AGR et celle de la mise place des structures ou des comités de relais pouvant agir convenablement pour la poursuite de ce qui est entamé. En fait voici ce qui a manque à notre ONG ; presque aucune structure de pérennisation n'était même pas envisagée. »

L'ONG a fonctionné durant tout le tant d'exécution de ses activités planifiés sur des fonds externes à travers des projets initiés par des bailleurs de fons comme le comité national de lutte contre le sida dans son volet santé génésique et de lutte contre les infections des IST et VIH/SIDA

Elle a aussi exécuté les activités en matière de l'éducation avec l'ONG Américaine Save the children dans son projet école communautaire ; puis avec l'ONG Allemande PASIB dans le cadre du Bassin Versant dans son projet de gestion et de protection des têtes de sources et des forêts classées dans la zone périurbaine de la zone d'intervention de l'ABS. Avec le service d'hygiène publique BATE SABATI n'a pu oeuvrer que sur des subventions internes du PNUD. Un des enquêtés indique :

« BATE SABATI n'a presque pas initié et planifié une activité d'elle-même ; elle a toujours oeuvré sous contrat avec un bailleur externe. Ce qui voudrait dire que l'ONG n'avait pas une autonomie financière car elle n'avait aucune source de revenu propre en elle. Alors tant qu'une structure ne compte sur autrui elle ne pourra nulle part or c'est la mode au sein des organisations. »

LE PROBLEME DE LEADER SHIPE AU SEIN DE L'ONG

Si la faiblesse de ligne budgétaire au sein de l'ONG est un facteur non négligeable dans la perte des acquis des ONG, le conflit permanant de leadership en est aussi un autre qui ébranle toute évolution dans les mouvements associatifs. Ainsi un ancien responsable de l'ONG nous dit « A un moment donné de la vie de l'ONG, il y avait plusieurs têtes et chacune d'elle était devenu un chef d'opinion ».

Un autre renchérit « il y régnait dans l'ONG un système anti progrès : c'est le clanisme. Chacun se réclamait la paternité de l'ONG comme si elle était un héritage ancestral ». Un troisième affirme :

 «  Le manque sens élevé de responsabilités des gouvernants de l'ONG nous a conduit au fond de gouffre. Chacun jouait au malin et au savant tout en mettant son `'soi'' au dessus de l'intérêt de la collectivité ; de la est né plusieurs pole de décision antagonique. Quand l'un décide l'autre au lieu d'approuver prend le contre pied cette situation a perduré puis a gagné tous les niveaux de la structure. En réalité cette situation prévaut sur tous les autres comme facteurs déterminants à la disparation de l'ONG.»

LA MAUVAISE GOUVERNANCE INTERNE DE L'ONG

Après l'accession des Etats Africains à la souveraineté nationale, l'heure était à la gouvernance de ces Etats. Mais après quelques temps d'exercice ce fut un échec sur toute la ligne. L'heure était venue au détournement, à la gabegie financière, à l'affairisme et au clientélisme dans toute la sphère de l'administration.

A la fin des années 70-80, les institutions de Breton Wood ont exigé une nouvelle politique de gouvernance sociale, économique, politique. Ainsi des reformes profondes ont été engagés dans tous les secteurs de la vie politique et socioéconomique. Sur le plan politique des reformes furent engagés à travers l'instauration de multipartisme politique, l'organisation des premières élections pluralistes et le rapprochement de l'administration au près de la population par une politique de décentralisation.

Sur le plan socioéconomique, les Etats ont libéralisé les initiatives privées. La Guinée, en 1984 s'est résolument engagée sur cette voie de reforme. Ainsi le président de la République dans son discours programme de 22 décembre 1985 indique « ...nul ne peut gouverner seul un pays aussi grand que le notre... notre pays ressemble à veux véhicule qui souffre toutes les peines alors pour qu'il se lève il faut l'apport de tous ses fils et de toutes ses filles ». C'est cette phrase a déclenché le vent de libéralisation des initiatives privées.

Depuis lors les ONG ont poussé comme des champignons sur la base de volontariat pour palier aux insuffisances de l'appareil administratif. Mais très tôt les ONG ont marché sur les traces laissées par l'administration. Un enquêté dit « les ONG au lieu devenir des organismes d'appui à but non lucratif donc d'intérêt impersonnel, elles sont devenues des organisations à intérêt personnel ou les différents acteurs s'enrichissent. Les ONG sont des comptoirs d'affaire ».

Un autre dit « l'orgueil de quelques un des membres était devenu extrême qu'ils se tapaient la poitrine pour se réclamer comme le père fondateur et les seuls ayants droit de décider quoi que ce soit en lieu et place des instances de l'organisation. »

Si la gouvernance politique de l'ONG était un manque à gagner, la gouvernance financière quant à elle restait une préoccupation et le signe avant coureur à la faillite de l'ONG à propos une personne ressource de l'ONG affirme :

 « Les finances de notre organisation étaient trop mal saines, les pièces comptables ou les pièces justificatives des dépenses effectuées n'était qu'un pur arrangement sans aucune cohérence réelle de la réalité. Cette réalité nous a fait perdre l'un de nos plus gros marchés avec l'un de nos meilleurs partenaires financiers et techniques. Il s'était produit des malversations financières au niveau des finances cela a conduit l'ONG vers un manque de crédibilité au près des institutions financières nationales et internationales de la place. »

LE NON RESPECT DES TEXTES REGISSANT L'ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES ONG

La charte des organisations de la société civile guinéenne dans ces articles 2 et 3 du chapitre I indique clairement qu'une organisation doit être responsable, crédible et respectueuse de certaines valeurs et principes moraux de la vie associative comme :

- La transparence, indépendance et intégrité ;

- La neutralité politique ;

- Efficace et complémentarité ;

- Ouverture et partage

Ainsi force est de reconnaitre derrière chaque association, chaque ONG, il se cache une vision politique à propos un enquêté dit :

« L'une des causes de la perte des acquis des ONG locales est leur caractère politique. Donc elles ne respectent pas du tout ni leur indépendance économique vis-à-vis de l'Etat et très vite elles affichent leur appartenance politique or un proverbe dit `' la main qui donne c'est elle qui commande''. Les ONG locales Guinéennes sont très politisées et elles s'écartent progressivement de leur fonction traditionnelle d'appui au développement pour devenir des lobbys au service des politiques »

LE RETRAIT DES BAILLEURS, TARRISEMENT DE FINANCEMENT ET ARRET DES ACTIVITES

Les ONG existent dans les Pays en développement depuis un peu plus de trois décennies. Cette existence est consécutive pour répondre à un appel des ONG du Nord qui depuis une leur long marché ont finalement débouché sur la vocation réelle des ONG celle d'appui au développement local et durables.

Dans un début ces organismes internationaux de développement ont habitués aux ONG locales et aux communautés locales aux réalisations à clés sans aucune contribution de l'une des deux parties. Un enquête affirme « quand ton a pas fourni un effort petit soit il pour acquérir quelque chose, on en saura pas sa valeur », la même personne continue en ses termes « pour l'efficacité d'une organisation, avant d'obtenir un marché doit contribuer et les bénéficiaires aussi doivent aussi en faire autant. »

Les bailleurs viennent et agissent en concert avec les ONG locales. Mais le plus souvent, ils planifient tout et seul. Ils font le juste à temps, les ressources financières et techniques sont essentiellement pour le temps d'exécution pas plus pas moins et comme cela a été souligné dans le premier cas d'étude, aucune fenêtre n'est laissée pour permettre aux organismes de relais que sont les ONG locales et les comités villageois de poursuivre les activités ne serait que celles de la supervision. Un enquêté s'exprime en ces propos « en matière de développement toute activité dans laquelle les organismes de relais ne jouent pas le rôle de croix de transmission, ne pas faite pour perdurer. »

Quand le fond global s'épuise, sans pour autant de prévoir au sein de celui-ci un fond de poste activité, et l'absence des activités génératrices de revenu tout s'arrête comme si rien n'avait été exécuté, d'ailleurs nous dit « souvent on dit le projet de tel ou tel bailleur, parce que force est de croire que rares sont les ONG qui peuvent se supporter sur leur fond propre. Celles qui y arrivent c'est au prix des énormes sacrifices, alors lorsque le bailleur arrive à terme et que le financement tarit de facto tout s'arrête.»

LE DESINTERESSEMENT DES STRUCTURES DECONCENTREES DE L'ETAT

En effet, la mise en la place des politiques de lutte contre la pauvreté interpelle tant les Chercheur(e) s que les acteurs politiques et les agents de développement face à une réalité mondiale, qui se décline différemment selon les contextes où l'intervention des ONG gagne le terrain Et elles laissent le plus souvent des traces qui ne perdurent pas. Cette étude sur les ONG qui oeuvrent pour le développement nous ont montré que, en matière de gestion sociale, économique, politique et environnementale durable. Les ONG locales restent très actives que sous l'impulsion des organismes internationaux qui ont fait de ces questions leur priorité.

Le continent Africain a évidement diverses particularités. L'omniprésence des institutions de développement n'en est pas la moindre. La crise cumulée des économies africaines et des Etats africains n'a fait que renforcer le poids de " l'aide au développement " et des " projets de développement ", que ceux-ci soient lourds ou légers, et quels que soient leurs initiateurs (institutions internationales, coopérations nationales, ONG du Nord, ONG du Sud). Le " développement " (son langage, ses crédits, ses hommes, ses infrastructures, ses ressources) est une donnée fondamentale du paysage africain contemporain, rural comme urbain » (de Sardan, 2001 :p.21).

L'organisation des acteurs sociaux a ainsi engendré, dans ses conséquences immédiates, une série de ruptures aussi bien du point de vue des institutions, des modes d'organisation interne et des formes de coopération développées, que du point de vue des catégories professionnelles mises en oeuvre par les différents opérateurs sur le terrain des ONG en Guinée.

« Dans les sociétés, les individus doivent nécessairement former des groupes de coopération. Que ceux-ci soient formés sur la base de la parenté n'a rien de contrariant d'autant plus que pour lui, l'organisation de la parenté coïncide avec l'organisation sociale, économique et politique. Ceux-ci illustrent comment les relations de parenté peuvent être en corrélation avec le système global » (Ghasarian, 1996:p.11)

Tandis que le groupe de travail «vers un nouveau partenariat entre les Organisations de solidarité internationale et les pouvoirs publics» du Haut Conseil de la Coopération Internationale de France a employé indifféremment :

« Les termes ONG (sous entendu humanitaires), OSI ou ASI pour désigner l'ensemble des organisations privées, sans but lucratif, qui ont pour objectif commun d'agir en faveur de l'urgence et du développement. Le vocable ONG, imprécis qu'il soit, recouvre des réalités juridiques et politiques variées, a le mérite d'être d'un usage courant en France et à l'étranger. Les structures associatives correspondantes en France lui préfèrent l'acronyme ASI : le terme association définit leur forme juridique en France et la solidarité internationale revêt une acception plus positive et plus précise que le qualificatif non gouvernemental. Le sigle OSI est en principe plus large, permettant de prendre en compte toutes les organisations privées, et non les seules associations, qui oeuvrent en faveur de la solidarité internationale.»

Aucune ONG, qu'elle soit locale ou  nationale membre des OSC ou non ne peut exister sur l'ensemble du territoire national que sous l'autorisation du gouvernement guinéen par un acte leur conférera leur statut légal. Les plus anciennes sont par exemple CENAFOD sur le plan national et BATE SABATI dans notre site d'étude. Toutes les autres furent créées après le tournant des années 1990- 1993 en s'inscrivant dans une dynamique de formation et de renforcement d'une société civile activement engagée dans l'oeuvre de développement en Guinée. Cette dynamique s'inscrit dans une conjonction internationale qui favorise ces dispositifs d'action. Si la notion d'Etat est aujourd'hui élargie à la Société Civile c'est sans doute lié au rôle fondamental que jouent les ONG dans la promotion d'un développement endogène.

Durant cette dernière décennie, les bailleurs de fonds ont changé de stratégie d'intervention en matière de développement dans le pays en voie de développement. Pour une question d'efficacité, les bailleurs de fonds ce sont faits un devoir c'est celui de regarder plusieurs aspects de l'ONG. Ainsi avant tout partenariat une évaluation rapide organisationnelle est effectué pour afin de déceler les forces et les faiblesses de l'organisation. Ensuite un regard particulier et singulier des finances est effectué de façon routinière et cela jusqu'au niveau des bénéficiaires directes.

Ainsi, l'Etat devrait avoir le même comportement que ces bailleurs si non mieux ; pour un répondant, « les agents de l'Etat pensent que ce que les ONG font, elles le font pour elles mêmes alors que ces ONG ne font que ce que l'Etat devrait faire d'où leur nom `'organisme d'appui au développement.»

L'Etat devrait jouer le rôle d'un véritable organe régulateur des actions des ONG, il les laisse pour contre un enquête parle

« Les ONG sont abandonnées à elles mêmes sans aucun contrôle. Pendant que l'Etat devrait organiser une session annuelle d'évaluation des ONG ; au niveau local (Préfectoral et Régional) et national, pour savoir celles véritablement actives ou non. Capitaliser ses efforts pour voir là où il ya eu réussite ou échec afin de proposer des piste de solutions, d'encourager objectivement les méritants si possible retire l'agrément à celles qui font le semblant sur le terrain.»

MANQUE DE PRINCIPE DE REDEVABILITE DES ONG VIS-A-VIS DE DES AUTORITES DE TUTELLE

Chaque action d'une ONG devrait être redevable d'abord en son sein, envers ses partenaires ensuite vis à vis des structures de tutelle. Pour cela elle doit rendre fidèlement compte ce qu'elle fait, donner des informations exactes et fiables, tenir une comptabilité régulière, transparente et saine. Elle doit aussi tenir des bilans connus de toutes ses instances.

Un enquêté dira : « la redevabilité n'est pas une affaire ni des ONG encore moins de l'Etat or si chacun rendait compte de ce qu'il faisait on saurait vite situer la responsabilité de chaque acteur ». Il continu «  mais si on laisse faire ce que bon lui semble, aucune action durable ne pourra être menée... »

L'autre huque est que nous avons les bons textes de loi en matière d'organisation, de fonctionnement mais il existe une énorme légèreté dans leur application. Nos administrateurs ont une `'culture de médiocrité'' cela les place à une position de faiblesse. Un enquêté dira :

« la majeur partie des ONG guinéennes sont créées par des cadres de la haute hiérarchie de l'administration publique et privée qui ont toute la manie de tout faire et de bien faire pour décrocher un marché. Dès lors, ils deviennent autorités de tutelle et responsables d'ONG, ils connaissent tout le contenu du cahier de charge avant sa publication. Ainsi comme dirait l'autre `'c'est la main droite qui prête à la main gauche. Dans ce cadre aucune recevabilité n'est possible »

COMPORTEMENTS, ATTITUDES, PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES BENEFICIAIRES SUR LES ACTIVITES DE L'ONG BATE SABATI

Les résultats des entretiens menés au près des agents de terrain montrent que les comportements et attitudes des bénéficiaires face aux activités sont au début très difficiles. Cet état de fait était dû à des réalités qu'avaient vécues les communautés au début des interventions des ONG. Un ancien agent de terrain de BATE SABATI souligne« au début certains promoteurs des ONG étaient passés retirer de l'argent avec ces communautés sans aucune suite dans le cadre des actions de développement. »

Cette situation a fait qu'à l'entame, il y régnait une certaine méfiance dans l'acceptation des actions dont l'ONG était porteuse. Un autre facteur non négligeable ce que les actions dont l'ONG portait n'étaient pas des actions directement observable pour une communauté très pressée ; quand on sait qu'elles sont constituées des activités de renforcement de capacité, de formation or les communautés sont trop pressées et elles veulent tout fait et tout frais d'autres disaient même « nous préférons quelqu'un qui nous donne de l'argent pour faire du commerce où nous gagnerons beaucoup et vite que celui nous parlent de formation et autres ... »

L'expérience a montré avec les ONG de micro finances que toutes les aides ou les appuis en terme d'argent en espèce sont injectés dans des circuits improductifs (mariage, baptême et autres activités où activités génératrices d'honneurs et de satisfaction morale). Un enquête indique « les bénéficiaires avaient un comportement très répulsif car selon eux on les a beau estoquer de l'argent au point qu'ils considéraient tout le monde d'hyène da ns le domaine du développement cet animal très peu sage ».

Un autre enquêté dit ce ci « le travail des arnaqueurs a fait qu'au début, nous avions eu du fil à tordre au près de nos bénéficiaires d'aucuns quand on leur demandait de leur participation ; ils disaient tout simplement que les bailleurs nous ont donné de l'argent pour venir le leur donné et que nous en leur demandons d'en fournir autre... », un autre conclus « même si on leur demande de participer aux séances formations, ils répondent d'emblé s'il n'ya de petite et grande pause et même les perdiems ; ils ne participeront pas »

Le début des mouvements associatifs a été un peu difficile car il existait assez de pesanteurs socioculturelles conduisant la population à infliger une résistance au changement. Cet un attachement aux valeurs traditionnelles, ont fait perdre de très nombreuses actions dans les domaines de la construction des infrastructures, de la santé, de l'éducation, l'environnement, agriculture, gestion des ressources naturelles, de la mutilation génitale féminine.

Dans les pays en voie de développement même les agences internationales de développement adoptent des stratégies qui ne permettent pas aux communautés locales de bouger vers le développement. Elles oeuvrent mais ne permettent pas aux bénéficiaires de leurs actions de sortir du cercle vicieux de la pauvreté ;

Un ancien coordinateur des programmes dit, l'ONG BATE SABATI n'évoluait qu'en consortium « les bailleurs de fonds viennent avec des projets qui sont en porte a faux avec les réalités socioculturelles de nos sociétés. Très souvent ses projets portent sur des valeurs qui sont très chères à la communauté. Mieux dans la société maninka très conservatrice tout n'est pas permis ». Cet état de fait explique le retourner à la case départ des bénéficiaires.

LES SUGGESTIONS POUR LA PERENNISATION DES ACQUIS DES ONG

Aucune activité ne pourra être durable si elle n'est pas soutenue à l'interne. Ainsi l'une des propositions de pérennisation qui le plus souvent est venue dans les discussions, pour le chargé de suivi/évaluation de l'ONG « la pérennisation des acquis passe par la mise en place d'un certains nombres des préalables dont entre la création et le développement des AGR » il continu en disant « une structure qui n'a pas des sources de revenu propre à elle, ne pourra t'avoir des fonds propres donc ne pourra payer même ses charges internes (location du siège, mobilier et équipement, payer le personnel permanent qui sont les vertus de la pérennisation. »

Un autre enquêté continu en disant 

« La pérennisation passe aussi par les bénéficiaires eux même. Ils doivent initier des AGR par exemple une APEAE doit pouvoir créer sa source de revenu même si c'est en cotisant mensuellement ou par d'autres activités pouvant lui générer des ressources et pourquoi pas même être actionnaires dans des activités communautaires génératrices des revenus.»

La majorité des enquêtés ont affirmé que les acquis de l'ONG APROFIG sont pérennisés par les populations bénéficiaires grâce à leur l'implication à toutes les étapes. D'ailleurs une enquêté dira que les acquis sont jalousement préservés et bien tenus par les populations bénéficiaires. Par contre une minorité affirme que les acquis souffrent de la non pérennisation et ont dégagé comme causes :

 «  La mentalité des populations bénéficiaires, la pauvreté et leur analphabétisme et surtout la démarche des partenaires qui ne prévoient pas un fond de suivi et d'entretien des acquis à l'élaboration des projets par les bailleurs. La mauvaise gouvernance, la corruption et le manque de transparence dans la gestion et enfin la faiblesse des capacités institutionnelles et organisationnelles des bénéficiaires ».

La pérennisation des acquis de l'ONG, incombe à tous les acteurs, les enquêtés ont affirmé dans leur majorité de poursuivre un effort d'identification des forces et faiblesses, les opportunités et les menaces :

« Il faut ficeler des programmes de renforcement des capacités en organisation, gestion, suivi/évaluation, encourager la recherche action, rendre le système d'information efficace et multiplier la formation des bénéficiaires et les agents de mise en oeuvre sur la préservation et la pérennisation des acquis. Impliquer activement les bénéficiaires à tous les niveaux de la conception et de l'exécution des activités ».

LA MISE EN PLACE DES FONDS D'ENTRETIEN GAGE DE LA PERENNISATION

La mise en place d'un fond d'entretien et de pérennisation des acquis, reste incontournable :

« Il faut développer les initiatives de pérennisation en mettant en place des activités génératrices des revenus, développer la recherche de financement, renforcer la capacité institutionnelle des bénéficiaires, des agents de l'ONG et des responsables, les élus locaux et les autorités administratives, cela nous amène vers une préservation des actions pour les générations présentes et futures ».

Rendre dynamique le système de suivi/évaluation en apportant les moyens techniques financiers et logistiques. Prévoir dans les fonds globaux des financements obtenus un fond spécial pour la pérennisation des acquis. Promouvoir l'esprit de la transparence et de la bonne gouvernance dans l'utilisation et la gestion des fonds. Un enquêté disait « tant que la bonne gouvernance et la transparence ne deviennent pas les vertus cardinales des ONG, aucun développement durable ne pourra être envisagé, or c'est la maladie commune non seulement aux services privés et publics de notre pays.»

Les ONG et les services déconcentrés de l'Etat doivent créer des structures locales d'entretien de suivi pour la pérennisation, vulgariser largement la vision, la mission et les objectifs des ONG pour une action durable. Valoriser les cadres de concertation permanant pour une analyse situationnelle en vue de valoriser et capitaliser les acquis mais aussi développer une synergie d'action entre les acteurs. Motiver et orienter le personnel intervenant des ONG à travers des promotions. Intensifier des activités de sensibilisation, de formation et de communication entre les bénéficiaires et l'ONG dans la culture locale avec des outils comme la langue du terroir, les images, les figurines, des études de cas etc.

L'administration comme nous l'avait été dit, plus haut ne doit pas être indifférente face aux actions des ONG, pour qu'en fin celles-ci respectent les termes de référence du cahier de charge ; mais la structure et le fonctionnement de l'Etat en Afrique en général et la Guinée en particulier ne permettent pas un développement durable non seulement des services Etatiques que ceux privés, un enquêté dit « l'administration en Guinée est une administration de commandement, trop pléthorique avec ses liesses de recommandation non pas une administration de développement au service des administrés », il poursuit en disant « c'est un moyen de bouffer des fonds colossaux où chaque administrateur demande son dessous de table en jouant à l'indispensable pour qu'un projet ou programme passe »

CHAPITRE V : INTERPRETATION DES RESULTATS

Ce chapitre du mémoire comprend aussi deux sections : la première présente les analyses des caractéristiques générales de la population à l'étude et la seconde présente l'analyse des deux cas d'ONG étudiées.

SECTION 1. ANALYSE DES CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUE DE LA POPULATION A L'ETUDE

Les hommes sont les plus représentées de la population étudiée qui oeuvrent dans les mouvements associatifs. Ils appartiennent aux tranches d'âges les plus actives dans les organisations. Par rapport à leur âge, ils semblent être mieux intéressés à la pérennisation des acquis des ONG. Les adultes hommes sont mieux aptes à comprendre la nécessité de la décentralisation et l'importance du développement local et durable.

Cette situation explique leur dynamisme et leur attachement au processus d'appui émergent mis en place par les ONG. Aussi, les résultats ont montré que les enquêtés sont des majeurs et sont dans leur forte majorité mariés. Dans le contexte actuel du développement où les ONG, il est reconnu que les femmes commencent à faire leur entrée, d'aucunes sont même devenues promotrices d'ONG sont au centre de toute action de développement mais aussi des véritables actrices du développement local durant ces dernières années.

En fait, les résultats montrent que les familles auxquelles appartiennent les enquêtés ont une structure polygamique. Le cadre quotidien de la vie fait qu'ils sont en majorité des fonctionnaires à la retraite et/ou des étudiants diplômés sans emploi ou à la recherche de leur premier emploi.

Ils y trouvent plus le pain du quotidien ou leur passe temps en intégrant les organisations d'appui. Ainsi cela permet de faire face aux besoins de formation ou les attentes d'apprentissage sont plus ou moins comblées.

A l'examen des résultats, on s'aperçoit que le faible niveau d'instruction des bénéficiaires limite également la capacité d'organisation des structures à la base. Nombreuses sont ces OCB qui n'ont pas conscience de l'importance des textes juridiques qui régissent leur association et aussi des appuis qu'ils bénéficient.

Leur indifférence vis à vis des documents juridiques est imputable à leur niveau de connaissances, attitudes et perceptions. On n'accorde de l'importance à une chose que quand on connaît son importance et son rôle. Dans de nombreuses situations au sein des communautés locales, le niveau de connaissance d'une réalité ou un phénomène détermine le niveau de conscience que l'on s'en fait.

En outre l'incapacité de certains membres des OCB à présenter et interpréter le contenu des textes juridiques et des modules de formation affaiblit leur capacité de participation à la prise de décisions et la mise en oeuvre des plans d'actions dans le cadre de la pérennisation d'un acquis.

Aussi les communautés ont une mauvaise connaissance des organes de gestion : le bureau exécutif, l'Assemblée générale, et les formes de contributions utiles. Il en résulte une mauvaise représentation du rôle des responsables et des attributions des organes de gestion. Le manque de plans d'action, écrits est la preuve que les APEAE évoluent souvent par tâtonnement.

Les registres de réunion n'existent pas, les bons de commandes, l'enregistrement des cotisations manque à tous les niveaux. Même les rares modules de formation qui sont reçus sont peu capitalisés et servent à très peu de choses pour la communauté, voir même l'ONG.

En outre, les communautés ont une faible connaissance des besoins des groupes. Les personnes ayant participé aux discussions dans cette étude appartiennent à diverses catégories socioprofessionnelles. Ce qui signifie que les cibles se retrouvent dans toutes les catégories de la population (hommes, filles, adultes, sages, citadins et ruraux).

Des opportunités qui s'offrent aux filles bénéficiant du tutorat, des bourses.... . Ce qu'elles ont une bonne perception de l'approche participative et surtout du rôle que joue l'ONG dans la vie socio-économique des communautés. Aussi les élus locaux, les parents et autres sont favorables aux actions par l'ONG.

Ils estiment que l'approche participative initiée par les ONG privilégiée la responsabilisation effective du bénéficiaire et sa participation effective au développement local. En somme, la convergence des perceptions entre OCB, élus locaux, autorités locales et communautés constitue un acquis majeur pour une meilleure pérennisation des activités.

SECTION II. ANALYSE DES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG

A l'examen des données recueillis sur le terrain, on s'aperçoit que qu'au niveau de l'ONG APROFIG des mécanismes de pérennisation sont initiés d'abord à l'interne et au près de ses cibles qui consiste à impliquer celles-ci à toutes les étapes des activités de l'ONG depuis l'identification des besoins, des opportunités et les axes prioritaires, ce sont : les élèves, leurs parents, les autorités de l'éducation et l'APEAE, les COGES, les COGEF, les structures locales, les autorités locales et les élus locaux. A propos un enquêté dira :

« La mise en place des comités locaux de gestion et de suivi/évaluation, la participation active de toutes les catégories sociales des communautés dans laquelle oeuvre l'ONG, l'existence des femmes modèles et professionnelles, l'initiation des communautés bénéficiaires à l'autoévaluation ; leur formation et leur alphabétisation et à l'esprit d'entreprenariat. La création des volets budgétaires pour motiver les bénéficiaires et tous les acteurs de mise en oeuvre. La concertation avec tous les partenaires, acteurs et agents de développement, la promotion et le transfert des compétences à tous les niveaux ont considérablement contribué à réduire les problèmes de pérennisation des acquis de l'ONG. »

Ces mécanismes ont permis à certaines structures à la base de participer activement à la vie de leur organisation et produire des résultats satisfaisants. Lors des entretiens un enquêté dira « quand les communautés bénéficiaires sont impliquées dans la prise de décision, dans l'exécution, le suivi et l'entretien des réalisations, elles prennent conscience de l'importance de la réalité ou du phénomène, ce qui permet de s'approprier et rendre durable les acquis ».

En outre au niveau de l'autre cas d'étude l'incapacité de l'ONG et des structures locales à continuer les actions initiées résiderait au fait qu'elles manquent des moyens technique, logistique et financier et surtout d'initiatives de mise en place des AGR dans le cadre de la pérennisation des acquis.

Ainsi, les ONG locales de développement peinent à prendre leur autonomie. Au-delà de situations d'urgence et de satisfaction de service de base, ces associations peuvent parfois empiéter sur le domaine des opérateurs économiques. Empêchant ainsi une réelle création du bien social et durable à l'échelon local. La constitution de la majeure partie des ONG locales n'est possible qu'avec le soutien de leurs homologues du nord. Les entretiens de terrain montrent que :

« L'étude de cas négatif s'inscrit dans le cadre des ONG opportunistes. Elles sont nées juste devant un financement soit de l'une des agences du système Onusien comme le présentement avec l'installation de l'UNICEF et PAM dans notre site d'étude ou sous la demande d'une des agences internationales de développement comme le fond Koweitien de développement, l'USAID, PNUD, l'UE, la GTZ etc. »

Dans l'étude de cas positif qu'on a choisit, même si celle n'a pas atteint le statut des ONG du nord comme par exemple Misereor, une ONG Allemande qui a un budget annuel de plus de 200 millions d'euros utilisés exclusivement pour appuyer les ONG du sud (Jahresbericht, 2009) ; l'APPROFIG est au jour d'aujourd'hui une ONG capable de planifier et d' exécuter des activité sur fond propre, de préfinance des activités d'un projet ou même de financer à hauteur de 10 à 15 % comme cela avait été souligné plus haut.

Cette émergence de l'ONG selon nos entretiens sont des est essentiellement due à des activités comme celles de l'école des jeunes filles, qui à côté des résultats louables qu'elle est entrain de produire chaque an génère aussi des ressources financières très énormes. Bien que l'ONG ayant perdu la connexion internet qui du reste est très chère, elle ait pu pérenniser les matériels informatiques et envisagé des séances de formation dans les logiciels de base génère aussi des fonds mais aussi participe pleinement à la formation pour le désenclavement numérique et dont les produits sont réutilisés pour le grand bonheur de l'ONG.

En fin l'APROFIG a pu depuis un certains temps de faire assoir une gestion financière plus ou moins saine, gouvernance interne, une gestion transparente, des sessions de capitalisation des acquis et une autoévaluation périodique.

Dans l'autre cas, les actions de cette organisation pourtant l'une des première à exister dans notre site d'étude au début de la création des mouvements associatifs comme la souligné plus haut dans les entretiens un responsable de BATE SABATI déclarent « les acquis qu'on peut mettre à l'actif de cette association sont très moins visibles sur le terrain face à une société de l'ère des médias avides des faits concrets et pragmatiques ».

A croire notre interlocuteur, on comprend que notre ONG d'étude tout comme la plupart des ONG locales sont créées sur « coup de coeur, d'une volonté d'obtenir de l'argent avec quelqu'un que l'on a croisé lors d'un voyage, séminaire ou dans une salle d'opéra. »

Avec des objectifs trop vaste et ambigus, leurs actions se limitent la plupart à la réalisation d'un ou de quelques microprojet(s), ou d'un simple échange entre un groupe d'individus rarement une demande locale ; or une ONG ne doit pas être le fruit d'une amitié.

SECTION III. ANALYSE DES DOMAINES D'INTERVENTION, LES ACTIVITES EXECUTEES ET LES PROBLEMES RENCONTRES PAR LES ONG AU COURS DE L'EXECUTION DE SES ACTIVITES.

La participation au processus de mise en place des projets de développement est un ensemble d'opération dont la finalité est l'amélioration du bien être de la population dans un cadre local. Les étapes de ce processus sont : la prise de décision, l'élaboration des projets, la mobilisation des ressources, la mise en oeuvre et le suivi évaluation.

Selon les résultats des entretiens individuels, on comprend que tout au long de ce processus que les responsables des ONG, les communautés locales bénéficiaires et les structures déconcentrées de l'Etat participent à la prise de décision qui est le tout premier élément de toute action de développement.

Parmi les personnes interrogées quelques déclarent que « chacun participe selon sa position par rapport à l'exécution et à la prise de décision ». Les enquêtés dans leur majorité affirment que les programmes exécutés par ces ONG sont préserves et entretenues par les bénéficiaires toutes les fois qu'ils sont suivis et entretenus et quand ils connaissent les tenants et les aboutissant d'une action ».

Par exemple un enquêté dit «  la distribution des bourses d'AGSP, de l'APROFIG composées des cahiers, tenues scolaires, lampes et autres allègent les charges de nous les parents d'élèves dans la scolarisation de nos enfants ».Un autre soutien :

« La construction d'école communautaire, le recrutement des enseignants communautaires ; le soutien au recrutement, à l'encadrement des élèves et la mise en place des comités villageois de gestion des affaires de la communauté initiée et développée par BATE SABATE a été très salutaire et a permis d'améliorer les niveaux de vie des communautés à la base.»

Les ONG sur lesquelles à porter notre étude ont exécute de nombreuses activités pour le plein épanouissement des populations de leur zone d'intervention. Essentiellement elles ont formé des nombreux leaders pour devenir des modèles capables de se prendre en charge et d'aider leurs populations à la base à s'en émanciper. Elles ont crée des structures locales qui ont bénéficié leur appui institutionnel, organisationnel, technique et financier. Les campagnes de sensibilisation IEC/CCCD et IST/VIH/SIDA pour un changement de comportement durable sont plus ou moins intégrées ainsi que les activités de gestion et de protection de l'environnement et des ressources naturelles.

Des enquêtés ont soutenus pour la scolarisation de leurs enfants en général et des filles en particulier est devenu effectif comme le soutien une enquêtée qui affirme :

« Grâce aux conseils et au soutien de l'ONG APROFIG, j'ai pu scolariser ma fille. L'ONG a en outre mené des sensibilisations contre les violences et les pratiques faites aux filles et à travers elles, j'ai compris que l'on commettait du tord à nos filles en leur faisant excisés, alors que cette pratique est néfaste à sa santé. »

Les entretiens faits aux près des services décentralisés et structures locales par les agents de l'ONG indiquent que le potentiel féminin est bien valorisé. A propos l'un d'entre eux note `'C'est grâce à APROFIG, que j'ai pu comprendre que certaines pratiques sont néfastes à la vie future de la femme, de me prendre en charge et être une véritable paire éducatrice au près de mes autres copines''. L'ONG a réussi à mettre en place une revue dans laquelle les filles parlent de leur avenir de demain aux autres filles d'ailleurs.

« Aicha'' m'a permise de connaître d'autres filles dans autres localités de mon pays, à savoir comment elles travaillent pour réussir à l'école''... elle poursuit, la revue Aicha m'a permise de comprendre que les femmes ne sont pas faites seulement pour faire des enfants, elle peut faire autre chose tout en entretenant son foyer et participer au développement de sa famille et sa localité. En initiant les filles et responsables de l'ONG à l'informatique et à la navigation Internet, l'ONG pérennise l'outil informatique. »

Les expériences en matière de développement montrent que la réussite de toute initiative communautaire est fonction de la façon dont les décisions ont été prises ou de la façon dont les actions ont été initiées. Ce constat avait été évoqué par SOUMARE (2001), qui dit que « Pour prendre part, pour participer, il est essentiel d'avoir conscience de l'objectif visé, de l'importance de cet objectif et du rôle qui lui est assigné. »

Ce qui voudra dire que l'implication de tous les acteurs dans une prise de décision permet d'obtenir une vision de l'ensemble de la problématique de développement. Ceci permet de conclure que les conditions d'une prise de décision sont en général respectées à l'APROFIG, comme cela apparaît dans les déclarations relatives à la prise de décision par contre cela faisait défaut dans l'autre cas d'étude.

Le partenariat avec d'autres institutions a également permis l'exécution de nombreux projets avec USAID, AFD, l'UE. A travers cette activité, elles ont formé et appuyé les OCB dans le cadre de la qualité de l'éducation, le développement institutionnel, la mobilisation des ressources, la gestion financière, la bonne gouvernance, l'élaboration des PAO et des PAI, la citoyenneté à l'école et dans d'autres structures locales comme les associations, la construction des infrastructures, la protection des filles/ femmes et de l'environnement.

Un responsable d'une OCB explique « L'ONG a doté ma structure en des outils tels : la gestion financière, élaboration de documents de plaidoyer... ». Un élu local renchérit en ces termes `'grâce aux activités de l'ONG, nous pouvons désormais élaborer un PAO, un PAI, faire un DPC et de procéder à la recherche de fonds''.

Cependant lors de nos différents entretiens, il est apparu que des contraintes demeurent en ce qui concerne le manque de ressources propres au niveau de l'ONG, c'est toujours le bailleur de fonds qui détient le monopole en finance, logistique pour la continuation des activités c'est pour quoi un enquêté dira « ce monopole fait que les acquis sont difficiles à pérenniser. 

LE MANQUE DE PROFESSIONNALISME CHEZ LA PLUPART DES ONG LOCALES

La naissance des ONG en Europe est liée à des mouvements sociaux des années 60. Elles constituent une forme de réponse à la demande des acteurs opérationnels de l'Union Européenne et des bailleurs de fonds bi et multilatéraux. C'est en fait la traduction de la démocratie aboutie, voir vieillissante. De nos jours, elles jouent le rôle à mobiliser des ressources locales, humaines, financières et techniques pour consolider le développement dans des pays du sud. Par contre en Amérique, leur naissance est fonction de la lutte pour l'abolition de l'esclavage, à la fin du XVIIIème siècle.

En Afrique au sud du Sahara, cette émergence d'ONG structurées n'a vu jour qu'à la fin des années 80 à travers l'arrivée des ONG du nord. En Guinée, il fallu attendre la période allant de 1990 à 1993 pour voir leur avènement. Si celles du nord ont connu un long parcourt pour aboutir à certain professionnalisme, les notre tarde encore à voir le bout du tunnel. Ainsi un ancien responsable de BATE SABATI dira :

« Les objectifs ambigus des ONG, le rayon d'intervention trop large, la mauvaise gouvernance et le manque de professionnalisme, d'analyse et de réflexion font qu'elles obtiennent peu de résultats. Et elles n'arrivent à peine de pérenniser les quelques uns dans leurs zones d'intervention. Dès fois même elles dérangent tout sur le terrain et peuvent parfois aggraver la situation locale c'est le cas du projet coton (bien que ayant désenclavé les milieux ruraux de la Haute Guinée en général et la préfecture de Kankan en particulier mais à créer une véritable dépendance par la destruction des plantations, le désintéressement aux cultures vivrières et en créant l'insécurité alimentaire)... Il poursuit son analyse en citant le cas de l'arche de Zoé en 2007 où on a tenté d'enlever des enfants au nom de l'humanitaire »

SECTION IV. ANALYSE DES COMPORTEMENTS, PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES COMMUNAUTES BENEFICIAIRES SUR LES ACTIVITES EXECUTEES PAR LES ONG

Dans l'ensemble, la majorité des activités planifiées ont été réalisés et la quantité de travail accomplie par les ONG est non seulement impressionnante comme le font remarquer certains interviewés « l'APROFIG reste l'un de nos premiers partenaires surtout en matière de développement scolaire et de l'intégration des filles et des femmes dans le processus de développement mais également des oeuvres de très de bonne qualité », un autre de BATE SABATI dira « Les réalisations de cette organisation sont aux yeux des observateurs de développement très appréciées ».

Toutefois, l'analyse des équipes d'évaluation a relevé à quelques reprises que les mécanismes centrés sur les résultats développent parfois une `'culture de produits standards'' au niveau des équipes des agents chargés de la mise en oeuvre. Exemple, le personnel des ONG, a souvent tendance à présenter son travail en termes d'obligations, de nécessité plutôt que « du point de vue de sa pertinence par rapport aux objectifs du programme. Ainsi, en s'inspirant d'expériences antérieures, le secteur de l'éducation a renforcé son approche largement participative pour atteindre un consensus pour le changement. »

Un important acquis auquel l'ONG/APROFIG a contribué c'est la revitalisation de la culture de prise de décision basée sur un processus participatif, qui implique les diverses parties prenantes des différents secteurs d'intervention depuis les bases jusqu'au niveau de la communauté entière. Selon plusieurs enquêtés, cela représente un changement important par rapport aux pratiques qui étaient davantage dirigées à partir du niveau régional.

Ce processus participatif de prise de décision fait maintenant partie des procédures courantes de la plupart des ONG et commence à s'enraciner à un niveau plus large des organisations de la société civile préfectorale et même régionale, comme le confirme la déclaration de certains responsables des OSC :

« Le processus participatif réussi est l'élaboration des critères de qualité. Même si dans plusieurs cas ces critères n'ont pas été remplis, ils offrent des objectifs communs pour l'amélioration de la qualité des prestations dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'environnement etc. »

En termes de perspectives de pérennisation, les critères de qualité fournissent une référence qui demeurera valable à tous les niveaux même s'ils ne sont pas entièrement atteints. Les activités réalisées par les ONG, ont contribué au développement des capacités de planification à différents niveaux du système. Une décentralisation plus poussée constituerait une étape très positive, mais ce processus continuera à présenter des défis. 

En effet, la décentralisation est une politique introduite et mise en oeuvre dans nos communautés, n'est pas souvent facile et comprise pour tous les acteurs engagés. Par exemple l'ONG APROFIG, elle a entrepris la formation sur la base que la décentralisation budgétaire allait devenir une réalité non pas un vain discours. Cependant ni la conception d'outils de gestion administrative et financière, ni la formation des cadres aux niveaux déconcentrés n'a donné de résultats significatifs. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : Probablement le manque de consensus sur un cadre budgétaire formel pour les services déconcentrés, et un partage des rôles et responsabilités budgétaires et financières entre différents services expliqueraient cet état de fait.

Même si les prestations offertes dans le domaine de la gestion financière par les agents de l'ONG ont été utilisées par les communautés, il faut dire que les budgets de fonctionnement ont été acheminés de façon irrégulière et aucune ressource opérationnelle n'a été mise à la disposition des différentes cibles. Ce constat avait été fait par l'USAID en 2007 en ces termes « l'utilité limitée de ces plans en l'absence de ressources pour leur mise en oeuvre limiterait les actions des ONG ».

Un ancien partenaire de la même institution et ancienne personne ressource de BATE SABATI indique « tant que les partenaires techniques et financiers continueront à procurer des ressources aux ONG locales, il continuera à y avoir un besoin en capacités de gestion budgétaire et financière et auront une main basse ou main mise sur tout ce que font les ONG ».

L'ANALYSE DES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES ONG DANS LA MISE LEURS ACTIONS

Les données recueillies montrent que les ONG dans leur ensemble sont confrontées à des enjeux qui menacent la durabilité de leurs actions. Ces enjeux sont d'ordres techniques matériels et financières d'une part, et d'autres part à des contraintes liées aux aspects organisationnels, analphabétisme, pauvreté, besoin lucratif du gain immédiat, de l'influence de la migration des membres surtout les membres clés des certaines structures sélectionnées vers les zones minières et d'autres centres commerciaux.

Sur le plan financier les ONG locales de développement ne sont autonomes. Leur existence et leur survie dépend en grande partie à des donateurs externes que sont les bailleurs de fond bi et multilatéraux. Ceux-ci sont presque devenus standards et universels, c'est soit l'union européenne, les pays du golf comme le Koweït, l'agence américaine de développement, la coopération technique allemande ou les institutions du système des nations unies.

Le plus souvent, les actions de développement dont sont porteurs ces bailleurs de fond ne tiennent pas compte de certaines exigences des populations bénéficiaires. Durant les entretiens, un enquêté affirme que « Quand le changement est induit de l'extérieur, rarement il sera accepté par un peuple conservateur comme les notre, pour lesquels tout changement qui n'est pas venu d'eux même est une menace  qu'il faut repousser et combattre avec la dernière énergie».

Les entretiens montrent que le système avec lequel, les bailleurs financent les actions de développement dans les pays en voie de développement demeure très compliqué à tel enseigne que les fonds arrivés en compte goute et de façon très dispersée ; ne permettant ainsi aux communautés de bénéficier tout le financement.

Au dire d'un ancien responsable financier d'une grande institution internationale « la majeur partie des projets montés et destinés vers l'Afrique subsaharienne c'est juste pour avoir des dollars et des 4x4 grosses cylindrées et se promené de capitale en capitale ».

Cette situation avait été déjà constatée par MALAFOSSE en février 2011 lors du 9ième Forum Social Mondial «  nombreux sont les bailleurs qui travaillent avec des moyens nécessaires et suffisants. Parfois d'aucuns parmi eux ne connaissent pas ou ne maitrise pas suffisamment leurs terrains et agit avec des moyens humains et matériels disproportionnés ». Le même analyste continu en disant que :

« ce qui est plus grave est sans doute le manque de volonté de certains bailleurs de fonds et de donateurs individuels, et partant, des dirigeant de certaines ONG locales de développement de ne pas avoir donné la priorité à la formation des cadres locaux qui sont les futurs gestionnaires de leurs actions. Ceux-ci s'ils sont préparés conséquemment, aurait pu, à un terme plus court qu'on ne le pense, prendre leur responsabilité en les préservant pour les générations future. »

Longtemps, ils sont venus de façon dispersée et ont abordé un domaine très sectoriel. Aujourd'hui, ils ont changé de stratégie ; c'est de faire une association des donateurs sous la forme d'un consortium d'ONG internationales où chacune est spécialisée dans un secteur spécifique. C'est le cas du projet Faisons Ensemble sous le financement de l'USAID.

Les bailleurs doivent se passer de cette stratégie en traitant directement avec les organismes de relais, c'est-à-dire les ONG locales sont les plus proches de bénéficiaires. Sans passer par des intermédiaires qui allongent et compliquent la chaine d'obtention des fonds. Ils sont un groupe d'ONG étrangères ficelant un projet et associant formellement les ONG nationales ayant obtenu une certaine expérience pour faire décrocher un marché ce serait inutile d'agir car c'est un champ de jeux d'intérêt dès que quelqu'un est lésé ; il claque la porte et quitte.

Ainsi comme l'a fait remarquer la majorité des personnes au près desquelles nous avons réalisé nos entretiens, l'idéal serait d'élimer les sous-traitances dans les marchés en matière de développement et instaurer la collaboration directe entre l'organisme de relais que sont les ONG et les bailleurs pour l'intérêt des communautés locales seules bénéficiaires.

Le retour au statu quo des bénéficiaires trouve sont explication à l'interne même des communautés et au niveau des organismes d'appui. Primo comme cela avait été déjà décrit plus haut, les populations des pays du sud vivent dans l'extrême pauvreté avec un seuil de pauvreté très inquiétant. L'accès aux services sociaux de base reste très faible et un pouvoir d'achat qui se détériore du jour au jour. Ainsi devant un tel phénomène les populations sont très avides du gain rapide d'une activité. Pour elles, il faut chercher de quoi se nourrir. Ce en fait l'interminable recherche du quotidien. Donc comme le fait remarquer un enquêté « toute action qui ne permet pas de résoudre le quotidien ne pas pour nous mais contre nous ».

A côté de cette réalité, existe une autre explication ; ce que de nos jours les communautés locales sont devenues trop dépendantes vis-à-vis des aides externes. Elles attendent tout de l'extérieure même ce qu'elles peuvent faire elles même. Si non les sujets tabous se raréfient dans les communautés mais comme le dit cet enquêté « aujourd'hui, ce sont ces sujets tabous qui sont utilisés pour obtenir des ressources financières au près des bailleurs, mais en réalité, elles n'intègrent pas ». Un autre témoigne « entre les bailleurs, les organismes de relais et les populations à la base règne un jeu d'un poids deux mesures de où chacun semble être le plus intelligent pour duper l'autre »

Toutes ces difficultés font que les acquis des ONG sont perdus quelques temps après leur réalisation. Dans le cas de BATE SABATI, selon le conseil préfectoral des OSC :

« L'ABS était venue sur le terrain au moment où il y avait presque pas d'ONG, donc le terrain était encore très vierge en matière d'organisme d'appui au développement local. Sa zone d'intervention était un véritable chantier pour les acteurs du développement. Au début, elle a eu un bon départ, elle a séduit à plus d'un titre mais très vite elle a été miné par la mauvaise gouvernance, l'esprit de paternalisme, de leadership dès lors il est né un manque de confiance entre elle et ses principaux bailleurs de fond. »

Les ONG initient souvent des objectifs qui dépassent leurs capacités d'action ; or une ONG si elle se veut sérieuse et agir durable, doit commencer par des moyens de bord bien définis ; avec des objectifs mesurables et atteignables. Mieux `'très jeune'', elles veulent couvrir un rayon d'intervention très large. C'est soit la préfecture toute entière ou la région entière dès fois même le territoire national. Face à cette réalité, une nécessité de concentrer les actions sur un rayon qu'on peut maitriser. Le manque de stratégies de pérennisation des actions des ONG reste et demeure l'un des motifs de leur perte. Par exemple à l'ABS :

« L'idée est venue un bon matin de mettre sur pied une association, où se `'débrouillerons'' des étudiants diplômes sans emploi ou des cadres de l'administration qui le plus souvent ont une grande charge sociale à la maison et qui sont à la retraite ou que la fin de mois devient souvent longue que prévu. Dès lors la nouvelle structure devient une nouvelle source de revenu »

L'absence des mécanismes de préservation de ce que faisait l'ONG, ne l'a permis de pérenniser les acquis. Les résultats des entretiens ont fait comprendre que les sources de financement de l'ONG étaient toutes externes puisque même les cotisations n'étaient pas régulières et étaient mal gérées. Aucune autre activité génératrice de revenu n'avait été planifiée pour pouvoir soutenir les actions de l'association. Après une activité financée à l'externe c'est la période de la vache maigre.

En fait ce que l'APROFIG a très tôt compris. A sa création en 1998, elle s'était fixée pour priorité l'éducation des jeunes filles. Immédiatement elle a crée une école des jeunes filles et des activités de tutorat. Ainsi chacune de ces activités générait des fonds à l'ONG. Plus tard après le retrait de la coopération Française dans son projet d'appui au désenclavement numérique, les matériels et les équipements sont restés et sont revenus à l'ONG.

Depuis, l'ONG, a continué les activités cette fois en initiant des modules de formation en informatique. De lors les activités ne cessent de grandir et de procurer des ristournes à l'ONG. Ces ristournes ont permis à APROFIG de payer son personnel permanant, les équipements et le mobilier de bureau ; de renforcer trimestriellement les capacités de son personnel, de suivre régulièrement ses actions sur le terrain.

Tant que les organisations de développement local sont minées par la mauvaise gouvernance, l'abus de confiance entre les donateurs et les bénéficiaires et tant qu'elles demeurent un comptoir d'affaire où chacun vient chercher son pain. Elles ne joueront point leur rôle traditionnel celui d'appuyer les communautés à sortir de ce cercle vicieux de développement et enfoncerons celles dans l'eternel pauvreté.

En fin l'Etat a un droit de `'veto'' sur ce que font les ONG sur le terrain. L'Etat à travers ses structures déconcentrées doit suivre et évaluer périodiquement les activités des ONG. Ce regard de l'Etat permettra aux ONG de ne pas supposer leurs actions c'est-à-dire faire ce que l'autre a déjà fait. Toute fois si un répertoire de capitalisation des acquis des ONG était mis en place, ce ci permettrait d'avoir une vision plus large et globale de toutes les activités des ONG tant au niveau local qu'au niveau national. La loi sur la création, fonctionnement et statut des ONG ne doit pas être un simple écrit mais une réalité.

SECTION V. ANALYSE DES SUGGESTIONS POUR LA PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG

Lors des entretiens avec les enquêtés, les suggestions les plus citées pour la pérennisation des acquis des ONG étaient les réunions de concertation et les cercles de renforcement des capacités, l'organisation des tables rondes ont été évoquées comme offrant de bonnes opportunités de discuter des problèmes rencontrés dans la mise en oeuvre des activités et c'est un cadre idéal permettant de définir les mesures de continuer les actions et rendre durable les acquis.

Cependant, au cours des discussions, les enquêtés ont affirmé l'identification des forces et faiblesses, les opportunités et les menaces, ficeler des programmes de renforcement des capacités serait la base de la durabilité des acquis et permet d'envisager des mesures correctives sur la continuité des actions. La gestion, le suivi et évaluation, le rapportage, la recherche action, la mise en place d'un système d'information efficace, la formation des bénéficiaires, des agents de mise en oeuvre de l'ONG sur la préservation et la pérennisation des acquis, l'implication active des bénéficiaires à tous les niveaux de la conception et de l'exécution furent les multiples suggestions dégagées par bon nombres des enquêtés pour la pérennisation des acquis des ONG.

La recherche d'un fond d'entretien et de pérennisation tant à l'interne qu'à l'externe au près des bailleurs. Développer les initiatives de pérennisation en mettant en place des activités génératrices des revenus, le renforcement des capacités institutionnelles et techniques des communautés, des agents de l'ONG et des responsables locaux et les autorités administratives. Redynamiser le système de suivi/évaluation à travers l'apport des moyens techniques financiers et logistiques, l'établissement une carte annuelle des acquis par des journées de capitalisation des ces acquis. Les partenaires financiers et techniques doivent nécessairement envisager un fond spécial dans le financement global des activités pour leur pérennisation. L'esprit de la transparence et de la bonne gouvernance dans l'utilisation et la gestion des fonds est fondamental car si les fonds n'atteignent pas l'ayant droit ou s'ils ne sont pas utilisés là où ils sont prévus cela entraîne une défaillance dans le système.

Créer des structures locales d'entretien de suivi pour la pérennisation, vulgariser largement la vision, la mission et les objectifs de l'ONG pour une action durable. Valoriser les cadres de concertation permanant pour une analyse situationnelle en vue de valoriser les acquis et développer une synergie d'action entre les acteurs. Motiver et orienter à travers la sensibilisation, la formation et la communication entre les bénéficiaires et l'ONG. Par exemple, même si la plupart avaient été formés en techniques d'évaluation formative, peu étaient en mesure d'expliquer ces concepts.

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

L'étude sur la pérennisation des acquis des ONG locales de développement dans les pays en voie de développement est une question d'actualité, en ce sens que leur intervention dans le développement durable est de nos jours l'une des principales stratégies de réduction de la paupérisation grandissante des communautés locales. L'Etat n'étant pas en mesure de résoudre tous les problèmes auxquels les populations à la base sont confrontées. Il s'avère nécessaire de faire appel à d'autres partenaires qu'ils soient local, national ou international afin de relever le défi dont il est confronté dans le domaine du développement en général et en particulier sur celui local.

Il est évident depuis que les Etats Africains ont rendu effective la politique de la décentralisation, les ONG locales ont participé de façon très considérable et significative à l'amélioration des conditions de vie et de travail des populations de leurs zones d'intervention. C'est ainsi notre étude s'est alors, intéressé à saisir les déterminants qui ont prévalu à la perte ou à la préservation des acquis des ONG locales de développement en procédant à une étude de contraste entre deux ONG ; une qui a su effectivement pérenniser ces acquis et une autre qui après quelques années d'exercice a presque tout perdu.

L'étude est partie de l'objectif recherche suivant produire des connaissances pour une meilleure compréhension des déterminants qui président la non pérennisation des acquis des ONG locales de développement après le retrait des bailleurs de fond. Pour rendre la question de recherche opérationnelle, nous sommes partis de l'hypothèse selon laquelle  les difficultés de pérennisation des acquis des ONG locales de développement dans la Préfecture de Kankan résulteraient des stratégies de mise en oeuvre ou aux mentalités locales.

Pour vérifier cette hypothèse et aboutir à une conclusion nous avons utilisé l'approches qualitative et qui a été beaucoup privilégiée par apport à celle quantitative, avec pour instrument de collecte des données l'entretien individuel semi- dirigé, accompagné de quelques groupe de discussion et d'une exploration documentaire. Cinq concepts et cinq théories ont été utilisés pour saisir le sens profond du sujet et pour savoir quels sont les postulats que les chercheurs prédécesseurs ont utilisés pour décrire la pérennisation des ONG en matière de développement durable.

Les résultats auxquels l'étude a abouti sont très mitigés. Ils montrent que les mentalités locales ne pèsent pas moins lourd sur la non pérennisation des acquis des ONG locales de développement ; mais cet état de fait qui du moins reste très visible dans la zone d'étude est essentiellement dû à des déterminants économiques mais aussi à la politique en vigueur en matière de création, structure et fonctionnement des ONG et enfin de la politique interne de chacune d'elles.

Par exemple dans le cas positif de notre étude, la plus part des actions sont initiées et soutenues à l'interne. Et l'ONG a eu une certaine performance en gouvernance interne, technique et financier qui lui confère une grande marge de confiance non seulement entre elle et les bailleurs de fond nationaux et internationaux mais aussi entre elle et les communautés bénéficiaires.

Cette crédibilité qui l'APROFIG a acquis lui a conféré le statut de consultatif au niveau régional dans le domaine sectoriel de l'éducation pour le recrutement, le maintien, la réussite et la parité entre fille et garçon à l'école mais aussi à l'insertion socioprofessionnelle des déscolarisés etc. Au près des bailleurs, elle a eu la qualification d'ONG spécialiste en éducation et genre avec mention de satisfaction.

Par contre avec l'ABS, les actions n'ont du tout perdurent. Très tôt il y avait régné un fiasco économique et institutionnel décrédibilisant. Selon les personnes au près desquelles nous avons réalisé les entretiens, l'ONG a commencé à perdre ces acquis pendant même sa phase active c'est celle de l'exécution de ses activités. Là les déterminants les plus cités sont la mauvaise gestion des ressources tant financière, technique qu'humaine de l'association. Quelques enquêtés ont indiqué que l'esprit du mouvement associatif a été mal compris au début. On a confondu tout et les ONG furent vues comme leur emploi de dernière chance qu'il ne faut pas du rater.

D'aucuns membres fondateurs ont considéré les ONG comme des comptoirs d'affaire où il faut venir puiser des revenus dans `'un plateau d'or''. Les autres personnels voient en l'ONG une autre gigantesque agence d'emploi qui rémunère mieux que l'Etat. Principalement trois facteurs ont prévalu à la perte des acquis de l'ONG BATE SABATI :

· les facteurs institutionnels ;

· les facteurs économiques ou financiers ;

· les facteurs politiques ;

· les facteurs humains.

Au terme de cette étude, nous sommes conscients qu'elle est loin d'être exhaustive ; cependant, elle constitue pour nous une base pour des études futures pour la Thèse, sur la compréhension de la pérennisation des acquis des ONG. Comme dans toute recherche, nous avons été confrontés à quelques difficultés : 

· celles d'être en contact avec des personnes ressources capables de nous fournir des informations nécessaires en matière de pérennisation ; notamment certains responsables et agents des ONG, les membres des OSC, les agents des structures déconcentrés et décentralisés de l'Etat.

· Les difficultés financières car au moment où nous commencions cette étude, nous n'avons bénéficié d'aucune assistance financière or n'a ton pas dit la recherche nécessite trois efforts : physique, intellectuel et économique si on détenait les deux premiers le troisième en manquait considérablement mais au prix de tous les sacrifices nous avons pu arriver à ces résultats.

· Nous avons été confronté à d'énormes difficultés concernant la bibliographie relative au champ étudié. Au fur et à mesure que nous progressions dans le travail, la limitation documentaire apparaissait comme un handicap sérieux.

· Une production timide de certains documents de travail et leur accès difficile. Il n'y a quasiment pas d'ouvrages guinéens consacrés à l'analyse de la question de pérennisation des acquis des ONG locales de développement en Guinée. Des rapports, il en existe mais c'est peu.

Il est apparu que les interventions sont de plus en plus liées à des opportunités, à des convictions, à des savoirs faire qu'à une analyse stratégique des enjeux nationaux ou de la politique national de développement. Il ne semble pas y avoir, au niveau des ONG, un travail d'analyse stratégique vers les enjeux du développement pour l'avenir.

Les champs d'intervention des différentes ONG semblent donc être guidés soit par les opportunités de financement d'un bailleur même si cela ne colle pas aux objectifs d'une ONG ou de sa vocation (tuteurage, lutte contre le SIDA, protection des femmes et des enfants, de l'environnement...), des savoir faire techniques antérieurs (agriculture, crédit...), des convictions (aider les filles et les enfants,...)  donc elles évoluent au grès du vent.

Pour assurer à bien la viabilité ou la pérennité des acquis des ONG locales de développement, on doit pouvoir établir que les activités de ces acteurs non gouvernementaux sont ou seraient plus proches des attentes des populations et qu'elles offrent des opérations et des mécanismes viables reproductibles ou généralisables. L'action des ONG au niveau national, a souvent été relayée par celles d'ONG extérieures.

Les ONG locales de développement peuvent jouer un rôle essentiel dans le développement local durable et dans la modernisation de la vie publique et privée sous réserve que leur discours soit en phase avec les actions concrètes sur le terrain. Elles doivent saisir les occasions de rappeler que nos milieux locaux forment un espace multiforme où émergent de façon accélérée des organisations de la société civile avec lesquelles nous pourrons si les actions sont rendues pérennes indépendants dans plusieurs domaines socioéconomiques de l'aide internationale.

Les ONG locales Guinéennes demandent beaucoup plus d'aide unilatérale que d'échange bi et multilatérale : elles peuvent communiquer sur leur rôle d'acteur légitime, de par leur connaissance des situations locales. Une des clés de l'évolution des ONG est certes sans doute l'établissement de passerelles avec les acteurs politiques et locaux qu'elles accompagnent dans le cadre du développement et dans la recherche d'une bonne gouvernance locale. La pérennité des résultats dépend en partie de l'autonomisation de ces actions. De ce fait, le bilan que l'on peut établir, est que l'étude a permis d'émettre des recommandations en vue d'améliorer l'action des ONG en tant qu'acteurs de développement :

- Crédibiliser les relations avec les pouvoirs publics. L'Etat devra mettre en place une politique nationale qui devra tracer une ligne de conduite de l'ensemble des acteurs au développement et éviter ainsi, le chevauchement des interventions et des financements, supprimer l'anarchie et favoriser la coordination et l'harmonisation des interventions ;

- Collaborer mieux avec les structures politiques et administratives locales, car d'autres ONG entretiennent des relations purement formelles, insuffisantes pour assurer le respect des règles administratives quant à sa présence; alors que d'autres sont dans des relations de négociation avec les pouvoirs publics, en particulier de négociation sur les politiques publiques ;

· entretenir des relations locales avec les pouvoirs de proximité de la zone d'intervention ;

· collaborer et dialoguer avec les ONG ayant les mêmes thématiques d'intervention à fin de former un réseau où vont fédérer ces ONG;

· obtenir la réceptivité des interlocuteurs dans les différents ministères.

Au plan technique

· créer un espace de service aux ONG, destiné à l'information, la formation, l'articulation des ONG avec le poste et au pilotage d'actions transversales (capitalisation, renforcement de capacités institutionnelles...) ;

· améliorer l'efficacité des aides ; et disposer d'un document stratégique approuvé par tous les acteurs de développement;

· se dépasser d'une aide par projet, émiettée, peu efficace pour des programmes larges, durables et plus cohérents.

Au plan financier

· s'inscrire dans une course au financement de projets pour maintenir leur chiffre d'affaires et faire vivre la structure ;

· disposer de compétences stables, qui soient en mesure d'expérimenter,

· capitaliser, diffuser et former ; décentraliser les fonds au niveau des postes, permettant de financer directement les acteurs locaux ; et garder une souplesse de gestion des cofinancements.

En fin on peut se demander, quelle capacité d'action les ONG locales de développement ont acquis depuis plus de trois décennies d'existence. Aujourd'hui on note une volonté de plus en plus d'action collective bien qu'elles connaissent un éparpillement très dommageable. Ces ONG peuvent peser pleinement sur le champ de développement local plus harmonieux et une lutte contre la grande pauvreté lorsqu'elles respectent quelques critères :

· Une capacité à mobiliser à mobiliser des ressources humaines et financières : plus une organisation est représentative d'un nombre grand nombre d'un nombre important de citoyens, et plus elle dispose des ressources propre plus elle pourra décider librement et sera écouté et entendue. Ainsi pourrait s'interroger en ces termes quelle meilleure preuve du bien fondé de ses action que le nombre de militants bénévoles et de donateurs fidèle qu'elle peut revendiquer ?

· Une capacité d'action et de préservation des actions : un beau discours et bon texte ne suffisent pas si des activités concrètes d'aide aux plus pauvres ne représentent pas une prépondérance des acteurs des ONG ; elles peuvent ainsi baser leur légitimité sur des expériences et des compétences de terrain ;

· Leur appartenance à un réseau national ou international leur permettant de relier expériences et témoignages, de s'appuyer sur les réalisations de chaque membre du collectif et d'amplifier les messages à faire passer.

REFERENCES BIBIOLOGRAPHIQUES

Cette référence bibliographique renferme des ouvrages généraux et des rapports sur les actions des ONG en matière de développement local et durable, des ouvrages sur les théories de développement local et durable et enfin quelques classiques de sociologie mais aussi des mémoires de Maitrise, des DEA/Master et des Thèse.

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WEBER M. 1965, `'Essai sur la théorie de la Science'', Plon, Paris.

ANNEXES

I-Description des ONG

1-Description de l'ONG APROFIG

Créée en Mars 1998 à Kankan

N°d'agrément 4008/MIS/CAB/SACCO/2007

Siège social au quartier Farako commune urbaine de Kankan

Tél : 00224 62.16.00.66/62.53.63.44/68.47.37.28

Email : aprofig1998@yahoo.fr

Personnes ressources et leurs adresses

M. Doussoumodo M'Bemba TRAORE

Tél : +224.60.58.41.38/65.79.29.65

Email : doussoumodo@yahho.fr

Dr Nagnouma FARO

Tél : + 224 60. 25.21.74/60.22.33.00

Email : nfaro@gn.refer.org

Dr Oumar DIAKITE

Tél + 224 60. 58.04.20

Email: odiakit@yahoo.fr

Dr Moussa Orya KEITA

Tél : +224. 60. 58. 27. 02/64.54.39.53/62.38.76.09

2-Description de l'ONG BATE SABATI

En abrégé ABS `' Association Batè Sabati''

Créée officiellement en Avril 1994 à Kankan

N°d'agrément M7180/UTD/CAB/99

Siège social au quartier KABADA 1 commune urbaine de Kankan

Tél :

Email :

Ressources humaines

Mamadi Djaté KABA

Mamady Djafodé KABA

Sarata Mady CAMARA

Mohamed Lamine DIANE

Lamine Fanta TRAORE

Mariama Dalanda SOW

(i)- Guide d'entretien destiné aux responsables, employés permanents et temporaires d'ONG

Ayant pérennisés leurs acquis

I- Description de l'ONG

II- Profil Sociologique des enquêtés

III. Domaines d'intervention et activités de votre ONG

IV. Financement des activités

V. Activités exécutées par votre ONG

4.1- Activités effectivement réalisées par l'ONG  et périodes de leur réalisation?

4.2- Activités programmées et non réalisées par l'ONG ?

4.2- Les raisons expliquant leurs non réalisations ?

4.3- Les partenaires dans le cadre de ses activités ?

VI. Les populations bénéficiaires

VII. Identification des acquis de votre ONG

7.1- Les acquis enregistrés par votre ONG ?

5.1.1- Les changements qu'ils ont induits dans les comportements ?

VIII. Mécanismes de pérennisation des acquis

6.2- Quand le bailleur se retire ou le financement tarit pensez vous que les activités vont continuer ?

IX. Problèmes rencontrés par l'ONG

7.1-Quels sont les problèmes rencontrés par l'ONG ?

Avant, Pendant Et après la réalisation de ses activités

X. Comportements et attitudes des populations bénéficiaires face aux réalisations de votre ONG 

10.1- Les acquis de l'ONG sont ils préservés par les populations bénéficiaires ?

-Si oui comment ?

Si non pourquoi ?

10.2-le statu quo/réticences des populations vis-à-vis de certaines actions de développement ?

XI. Les perceptions et les représentations des populations bénéficiaires face aux réalisations de votre ONG

XII. Suggestions en vue de la pérennisation des acquis de l'ONG

Je vous remercie

ii) Guide d'entretien destiné aux responsables, employés permanents et temporaires d'ONG

Ayant pas pérennisés leurs acquis

I- Description de l'ONG

II- Profil Sociologique des enquêtés

III. Domaines d'intervention et activités de votre ONG

IV. Financement des activités

V. Activités exécutées par votre ONG

4.1- Activités effectivement réalisées par l'ONG  et périodes de leur réalisation?

4.2- Activités programmées et non réalisées par l'ONG ?

4.2- Les raisons expliquant leurs non réalisations ?

4.3- Les partenaires dans le cadre de ses activités ?

VI. Les populations bénéficiaires

VII. Identification des acquis de votre ONG

7.1- Les acquis enregistrés par votre ONG ?

5.1.1- Les changements qu'ils ont induits dans les comportements ?

VIII. Mécanismes de pérennisation des acquis

8.1 Avez-vous mis en place un ou des mécanisme(s) de préservation des acquis, Si oui veuillez les décrire ?

8.1.1- Si non dites quels sont les déterminants qui ont prévalu au non pérennisation des acquis ?

8.1-2-1- Quel est l'effet de leur inexistence sur la pérennisation des acquis ?

8.1-2-2- Pensez-vous que l'absence de mécanisme de pérennisation permettra de préserver les acquis après leur réalisation ?

8.2- Quand le bailleur se retire ou le financement tarit pensez vous que les activités vont continuer ?

IX. Problèmes rencontrés par l'ONG

7.1-Quels sont les problèmes rencontrés par l'ONG ; avant, pendant et après la réalisation de ses activités

7.2- Mode de résolution ces problèmes ?

X. Comportements et attitudes des populations bénéficiaires face aux réalisations de votre ONG 

XI. Les perceptions et les représentations des populations bénéficiaires face aux réalisations de votre ONG

X. Suggestions en vue de la pérennisation des acquis de l'ONG

Je vous remercie

iii) Guide d'entretien destiné aux cadres et autorités locales d'ONG

I-Profil Sociologique des enquêtés

II-Quelles sont les ONG qui interviennent dans votre localité

III. Dans quels domaines d'interviennent elles ?

IV. Quelles sont les activités que ces ONG mènent ?

V. Avez-vous capitalisé les activités exécutées par les ONG dans votre localité

VI. Qui sont les bénéficiaires de ces acquis de ces ONG dans votre localité

VII. Parmi les activités réalisées pouvez-vous identifier des acquis pérennisés après l'intervention ONG ?

VIII. Pensez vous que ces ONG mettent elles sur place des mécanismes de pérennisation des acquis ?

IX. Quels les problèmes les ONG rencontrent avant, pendant et après leurs activités ?

X. Quels comportements et attitudes les bénéficiaires ont face aux réalisations des ONG ? 

XI. Quelles perceptions et représentations les bénéficiaires ont face aux réalisations de votre ONG ?

XII. Que Suggérez-vous en vue de la pérennisation des acquis des ONG dans votre localité ?






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