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Les technologies appropriées en zone rurale : cas du moulin à  grains dans le département de Toma au Burkina Faso.

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par Jean Paulin KI
Université catholique d'Afrique Centrale Yaoundé - Maà®trise en sciences sociales 2000
  

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c).Technologies anciennes et technologies nouvelles.

La présentation des qualificatifs des technologies a une double importance pour notre étude. D'abord, ces qualificatifs nous permettent de voir comment les termes évoluent et/ou se précisent avec le temps. Ensuite, ils rendent possible une certaine catégorisation des technologies et nous permettent de choisir la catégorie de technologies dont nous voulons traiter dans notre étude.

La qualification des technologies est née de la dynamique même de l'évolution, de la prolifération et de la diversité des matériels et des procédés ou savoir-faire techniques. Grâce au progrès de la science, il est difficile de nos jours de parler de technologie au singulier. Les technologies modernes se disent au pluriel. Une certaine classification a donné lieu aux terminologies suivantes parfois en couples d'opposition : technologies anciennes / technologies nouvelles (ou technologies traditionnelles / technologies modernes), technologies douces / technologies sophistiquées, technologies appropriées (ou technologies intermédiaires) / technologies conventionnelles. Signalons que cette classification est liée au temps, mais aussi aux idéologies ayant soutenu les politiques de développement ou d'aménagement de l'espace rural. Dans ce dernier cas, les mêmes matériels et outils peuvent se retrouver sous plusieurs attributs.

En Europe, c'est la révolution industrielle (1780-1950) qui a permis de faire une distinction entre les technologies considérées dorénavant comme anciennes ou traditionnelles et celles dites nouvelles ou modernes. Ainsi se regroupent sous l'appellation de technologies traditionnelles toutes les techniques, procédures, savoir-faire et matériel à caractère essentiellement artisanal sanctionnés par le machinisme de cette époque. Dans le domaine économique par exemple, ces technologies se caractérisent par leur faible capacité de production et de rendement. En outre, elles font appel à la force humaine ou animale comme

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source d'énergie, d'où le caractère pénible de ces technologies. Il s'agit de toutes les technologies depuis l'antiquité jusqu'à la révolution industrielle.

Les technologies nouvelles ou modernes quant à elles se montrent plus efficaces par leur rapidité, leur grand rendement et par le repos qu'elles procurent à l'homme dans l'exécution des tâches. La raison en est que la plupart de ces technologies bénéficient de la motorisation avec pour source d'énergie la vapeur d'abord et par la suite le carburant et l'électricité. Les technologies modernes sont essentiellement industrielles.

L'expression de "nouvelles technologies" est beaucoup plus récente et date des années 1980. Elles sont fondées sur la micro-électronique. Selon Ajit Bhalla (1992 : 458) "leur introduction modifie la structure professionnelle de la main-d'oeuvre au bénéfice de la programmation et des compétences générales, et au détriment d'une spécialisation trop poussée". Ces nouvelles technologies sont concentrées et contrôlées par les grandes firmes multinationales.

Dans le contexte africain, sont considérés comme technologies traditionnelles celles d'avant la période coloniale, et modernes toutes celles issues du contact avec l'Occident. Les informations que nous détenons sur les technologies traditionnelles grâce aux historiens révèlent que les sociétés africaines, comme les autres dans le monde, étaient techniquement bien équipées et connaissaient une évolution technologique intéressante. Nous lisons par exemple que le premier millénaire de l'ère chrétienne, dans les sociétés de l'Afrique subsaharienne, se caractérise par des changements fondamentaux dans tous les domaines : "L'économie passe du stade du parasitisme à celui de la maîtrise des moyens de production alimentaire végétale et animale. De même la technologie rudimentaire, en grande partie fondée sur l'utilisation de la pierre et du bois, fait place à une technologie beaucoup plus complexe fondée sur l'emploi de divers métaux parallèlement à celui de la pierre" (Posnansky, 1987 : 503). Déjà dès ce premier millénaire (+ 800) les sociétés africaines disposaient de moyens techniques pour l'exploitation des minéraux (le cuivre, le fer, le sel, l'or...).

De la colonisation à nos jours, l'Afrique bénéficiera, pour son développement, de plusieurs transferts de technologies occidentales. C'est de ce choc de cultures que les technologies locales seront appelées traditionnelles et les nouvelles venues modernes.

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Un regard rétrospectif sur ce premier point du chapitre nous permet de conclure que la technologie est polysémique et multifonctionnelle : savoir et pratique, objets matériels et immatériels. Symbole du progrès et de la dynamique des sociétés, elle ne saurait être appréhendée entièrement en dehors d'elles. C'est pourquoi il nous faut à présent nous intéresser au rapport entre technologie et société car c'est par et dans la société que toute technologie existe et prend sens.

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