WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La dynamique de la petite et moyenne entreprise: moteur du développement économique du Katanga ( RDC).

( Télécharger le fichier original )
par Emile Christophe MOTA - NDONGO K
Université de Lubumbashi RDC - Doctorat en sciences économiques  2000
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION GENERALE

Au terme de cette dissertation qui a porté sur "La Dynamique de la Petite et Moyenne Entreprise : Moteur du Développement Economique de la Province du KATANGA ", deux grandes préoccupations ont motivé ce travail ; à savoir : comment résoudre le problème du développement du Katanga, quand nous savons que cette province a été la plus industrialisée du pays après la ville de Kinshasa.

Basé jadis sur les grandes unités, le développement économique du Katanga n'a pas été une réalité mais au contraire, le développement a été non seulement freiné, mais a subit une grave régression, suite au vieillissement de leurs outils de production et surtout de la mauvaise gestion.

Ainsi, tout au long de ce travail, nous avons essayé d'analyser ce phénomène et avons basé toute notre argumentation sur les faits suivant : les grandes unités de production ne peuvent plus soutenir le développement économique de la province, d'ou il faut relancer les Petites et Moyennes Entreprises qui ont fait leur preuve avant l'indépendance et qui par leur spécificité d'être malléable, adaptable et compétitive sur les marchés peuvent à leur tour développer d'autres entreprises qui dans une corrélation, une symbiose peuvent provoquer le développement économique de la province.

Pour mener à bien notre analyse, nous l'avons subdivisé en trois grandes parties ; et traitant respectivement des concepts opératoires et l'environnement de la Petite et Moyenne Entreprise de 1911 à1995, les flux et le développement économique de cette catégorie d'entreprise et l'étude de d'une définition d'un modèle économique de développement de la Petite et Moyenne Entreprise au Katanga.

Nous avons dans la première partie du travail subdivisé l'évolution économique en onze étapes distinctes l'une de l'autre se rapprochant timidement du cycle de JUGLAR ( 6ans). Cette économie a été caractérisée par des périodes de

prospérité suivie des périodes des crises dues à des circonstances qui lui sont extérieures. Par ailleurs depuis plus d'une décennie cette économie a subi le coût du vieillissement de ses outils de production constitués principalement par les grandes unités et est devenue un pôle de vieillissement avec toutes les conséquences qui en découlent.

Or la différence essentielle qui existe entre une région sous développée et une région développée et que dans le premier cas, on est en présence d'unités de production isolées les unes par rapport aux autres. Elles peuvent être juxtaposées et n'ont, entre elles, que des échanges d'intensité très faible, voire même nulle. Par contre dans le second cas, une région développée conduit à la mise en place des circuits diversifiés, d'ordre monétaire ou matériel qui s'inscrivent peu à peu sur le sol et donne naissance à un espace polarisé.

Dans le contexte des grandes unités, le rôle de la pompe "aspirante" mais jusqu'ici non "refoulante" a joué pleinement. Il y a eu création d'un gigantesque complexe industriel, qui a eu comme conséquence des effets secondaires mal maîtrisés et souvent négatifs. On a assisté à une réussite assez remarquable sur le plan industriel et à un échec à peu près total sur le plan du développement de l'espace.

L'industrie a créé, sinon un autre monde, tout au moins un monde différent. D'abord elle a engendré une classe nouvelle : la classe ouvrière qui, physiquement, s'est installée aux portes de la ville et a engendré, peu à peu, de faubourgs ouvriers sordides et sans confort.

C'est ainsi qu'après une phase de prospérité, le pôle industriel a été frappé de vieillissement et connaît aujourd'hui un processus de régression.

Ce pôle dont le vieillissement s'est fondé sur un seul produit qu'est le cuivre, et compte tenu des progrès techniques ce produit est devenu de plus en plus coûteux, en ce qui concerne ses coûts de production, la baisse de production que connaît actuellement cette industrie motrice a entraîné une baisse voire même un arrêt des activités dans l'ensemble du pôle ; tous les mécanismes de croissance précédemment décrits n'y sont pas réunis et l'industrie est entrée en crise.

Cette régression a entraîné une régression de toutes les entreprises situées en amont et en aval. Pour pallier cette situation, nous avons développé dans cette dissertation l'importance, pour le CONGO, d'opter pour une nouvelle stratégie du développement, à savoir, le développement par de petits ensembles appelés "la Petite et Moyenne Entreprise".

La politique de grandes entités productrices des matières premières est actuellement largement dépassée et ne répond plus à l'adage qui dit "plus on est grand plus on est solide", mais par contre cet adage doit être : "Plus on est petit ou moyen, plus on est réaliste". Cette affirmation doit être de mise actuellement en République Démocratique du Congo.

Dans le cadre de la nouvelle politique prônée par les nouveaux dirigeants, qui consiste en une économie sociale du marché, cette Petite et Moyenne Entreprise doit pouvoir se mouvoir aisément. Le modèle économique que nous proposons doit être l'ensemble de "gouttes d'eau "qui doivent former un filet d'eau puis une rivière devant entraîner tout le processus d'industrialisation et partant du développement intégral de la province et, pourquoi pas toute la sous-région de l'Afrique Australe.

Il ressort de toute cette dissertation deux grandes options ; à savoir : la reconversion de grandes unités de production des minerais en de moyennes entités plus performantes et plus agressives sur le marché où le couple "produit -qualité" devra être le cheval de bataille de tout entrepreneur.

Les avantages généralement reconnus aux Petites et Moyennes Entreprises par rapport aux grandes unités sont :

- la Petite et Moyenne Entreprise emploie une forte main-d'oeuvre et utilise des techniques de production relativement simples, ce qui convient à l'abondance de main-d'oeuvre et à la pénurie des capitaux dans la plupart des pays en voie de développement ;

- elle constitue une pépinière de futurs entrepreneurs et un laboratoire d'essai pour les nouvelles industries ;

- elle est plus susceptible d'apporter la stabilité à la collectivité locale que les grosses unités, dont les intérêts s'étendent par delà les frontières provinciales et nationales ;

- elle est généralement plus apte à élever le niveau de participation populaire dans l'économie.

L'intégration verticale doit être réalisée pour plusieurs entités autonomes afin de permettre, à chacune d'entre- elles, d'avoir un marché propre et envisager dans le cadre d'une intégration sous- régionale, de pourvoir aux besoins des autres pays voisins.

C'est ainsi que les pouvoirs publics doivent mettre en place une politique fiscale souple et attirante, à savoir : une politique d'exonération pendant les trois premières années de l'existence de l'entité pour leur permettre de lancer et d'asseoir leur produit. La diversification de la production qui a manqué dans le développement de l'industrie du cuivre doit être de mise.

Pour ce faire, les pouvoirs publics doivent rétrocéder toutes les entreprises connexes qui ont été intégrées à l'industrie du cuivre. Un exemple a été développé dans notre dissertation et nous avons démontré, avec le cas des ateliers de PANDA : la SOGECHIM et les LAMINOIRS et CABLERIES de LUBUMBASHI, que cela n'est pas impossible.

La reconversion de toutes ces unités pourra mettre fin à l'exode des capitaux vers l'extérieur. Des pièces de rechanges, du matériel aratoire et autres machines pourront être produits sur place les Petites et Moyennes Entreprises peuvent engendrer la création d'autres Petites et Moyennes Entreprises dans la Province.

En ce qui concerne le phénomène d'agglomération et surtout de l'occupation de l'espace, nous avons démontré que depuis la colonisation aucune ville n'a vu sa taille augmenter ni ses conditions de viabilité s'améliorer. Aussi notons-nous que dans le secteur de communication (routes, rails, fleuves etc.) aucune amélioration n'a été enregistrée depuis lors. La configuration de tout cet ensemble de moyens de communication hérités de la colonisation a été conçue pour évacuer les produits vers l'océan le plus proche. Cette configuration devra être revue et corrigée en fonction de la localisation de Petites et Moyennes Entreprises.

En ce qui concerne le phénomène du chômage, nous avons démontré dans notre dissertation que les grandes unités de production de la province en particulier et du pays en général n'ont pas pu absorber le chômage surtout des cadres formés soit par eux-mêmes dans leurs écoles soit par le réseau d'enseignement installé dans la province. La population active dans ces entités réunies n'a pas dépassé le cent mille, la moyenne d'âge de cette dernière est de quarante cinq ans, d'où le taux d'embauche ou de remplacement est très faible et avoisine le 0,5 % dans son ensemble ; au vue des effectifs déversés chaque années sur le marché de l'emploi par tous ces établissements.

Nous avons démontré, de ce fait, que la Petite et Moyenne Entreprise peut pourvoir à cette défaillance.

En ce qui concerne le phénomène de la réforme fiscale que nous avons étudiée dans la troisième partie, elle consistera à renflouer les caisses de l'Etat, en ce sens que les grandes entreprises actuelles, compte tenu des difficultés intrinsèques qui les surplombent, ne contribuent plus au budget de l'Etat.

Par contre, la Petite et Moyenne Entreprise essaiminée à travers la province va devoir contribuer largement au budget de l'Etat, du fait du nombre réduit et du contrôle plus facile par l'administration du fisc, par rapport aux grandes entités qui ont une gestion complexe et éléphantesque avec beaucoup de contraintes d'ordre politique.

Les recettes ainsi récoltées au niveau de Petites et Moyennes Entreprises pourront, de ce fait, permettre aux pouvoirs publics de subvenir aux besoins sociaux de la population en assurant des soins de santé, l'éducation, la sécurité etc.

La Petite et Moyenne Entreprise, comme nous l'avons démontré dans notre étude, mettra fin à la prolifération de l'économie dite "informelle" ou "souterraine".

Enfin, ces Petites et Moyennes Entreprises auront, comme avantage, non seulement une distribution équitable sur l'ensemble de la province, mais aussi le soutien de la croissance des villes de taille modeste et de grandes villes.

Nous croyons fermement que ce travail pourra être le soubassement d'un nouvel ordre économique pour notre pays, à l'heure de la reconstruction nationale, pays appelé à devenir grand et puissant au niveau de l'Afrique centrale et à constituer pourquoi pas, la base du développement de toute l'Afrique noire.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand