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Problématique de la satisfaction durable des besoins en eau autour des barrages de Fara et de Guido

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par David Luther SANOU
Université de Ouagadougou Burkina Faso - Maà®trise es géographie 2010
  

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3.3.1.2- Les risques d'envasement des retenues

Sur la base des documents consultés et de nos observations sur le terrain, il se dégage effectivement des risques d'envasement des retenues attestant les propos des paysans. La baisse de la capacité de rétention des barrages est imputable à l'envasement, l'accumulation de sédiments au fond de l'eau. Ce fait est perceptible à travers plusieurs aspects dont les plus expressifs sont :

- L'étalement du plan d'eau : Il est très remarquable à Guido. En effet, on y constate un agrandissement du lit majeur surtout en amont du barrage. Pour preuve, une route réalisée à environ 2 km en amont quelques années après la réalisation de la dite retenue, est de nos jours impraticable parce qu'entièrement détruite par l'eau (cf. photo n°6). A la date de construction de la route, l'eau du barrage n'atteignait pas ces lieux. La remontée des eaux provoque des oscillations qui ont érodé cette piste de nos jours. Ce qui signifie que le fond de la retenue est occupé par des sédiments qui obligent l'eau à quitter son assiette d'antan et à s'étaler. De plus,

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les champs de mil qui occupaient les terres entre la route et l'ancienne limite des eaux, sont aujourd'hui exploités en riz. Preuve que l'eau y stagne à présent.

Photo 6 : Piste érodée par l'eau en amont du barrage de Guido

Vers le barrage

SANOU David Luther 2008

- Les fentes de dessiccation : celles-ci sont perceptibles sur les parties asséchées des retenues montrant une accumulation de vase constituée de limons qui sont des éléments d'apport. Cet entassement de sédiments allochtones forme une pellicule dont l'épaisseur varie entre 8 et 14 cm selon les endroits.

Photo 7 : Fentes de dessiccation dans le lit des barrages.

SANOU David Luther 2008

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- Le retrait rapide de l'eau dans le lit mineur : Ce phénomène prouve davantage que les retenues n'ont plus leur profondeur initiale. Le volume autrefois occupé par l'eau est à présent occupé par la vase. Cette eau dépourvue d'espace de stagnation, soit elle s'écoule par le déversoir, ou s'étale en fine pellicule à l'arrière des digues. Elle s'épuise vite face à l'exploitation, l'évaporation et l'infiltration ; ce qui engendre le retrait rapide dans le lit mineur.

- Outre ces constats, d'autres phénomènes mettent en exergue la diminution de la capacité des ouvrages. Il s'agit notamment de l'inondation d'une concession à proximité de la retenue et du passage de l'eau l'hivernage précédente sur la digue du barrage de Guido provocant sa destruction partielle. Ces phénomènes n'ont jamais été enregistrés depuis la construction du barrage en 1983.

Les manifestations sont plus perceptibles à Guido qu'à Fara. La situation pourrait s'expliquer d'une part, par l'âge du barrage de Guido réalisé 10 ans avant celui de Fara et d'autre part, par l'ampleur des mauvaises pratiques du maraîchage sur les berges de celui-ci ; notamment le creusement des puits et la confection des planches.

Les causes du comblement de ces retenues sont diverses et résultent d'un long processus concernant non seulement les abords immédiats des plans d'eau mais aussi l'ensemble des bassins versants respectifs. Selon MANUS M. 1985, cité par OUATTARA I. en 2004 « le débit d'apport dans une retenue est largement déterminé par les conditions climatiques. Mais des facteurs tels que le relief, la végétation, l'activité agricole et la géologie du site jouent un rôle important ». Ces facteurs interviennent différemment dans le processus de comblement des lacs à travers des agents d'érosion tant « climatiques, physiques que zoo anthropiques » :

? La péjoration climatique agit à travers les effets des :

? variations thermiques dues à la combinaison de différents facteurs tels que
l'humidité relative, les températures et l'évaporation ;

? la déflation éolienne résultant de l'effet des vents qui, relativement à leur force et
leur vitesse, transportent les éléments par reptation, par saltation ou par suspension et les déposent dans les lacs ;

? la dynamique pluviale qui est le principal agent de la dynamique érosive en milieu
tropical. Dans les zones d'étude, toutes les pluies sont concentrées sur quatre mois (mai, juin, juillet, août). Elles accentuent ainsi la sédimentation suite à leur agressivité sur les sols des bassins versants mal protégés par le couvert végétal. Cette pluviométrie constitue alors le principal agent de morphogenèse donc de sédimentation des barrages.

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? L'impact zoo anthropique :

Il s'agit des effets des « multiples exploitation des ressources naturelles » (OUATTARA I. 2004). Cet impact s'exprime à travers la dégradation du couvert végétal et des sols. Ces derniers aspects sont imputables aux pratiques culturales et au piétinement des animaux. Pour ce qui est des pratiques culturales de la zone d'étude, elles demeurent archaïques et fortement dominées par l'utilisation de la daba. Les sols remués chaque année se fragilisent et deviennent vulnérables à l'érosion. Les labours effectués à la charrue sont pour la plupart perpendiculaires aux courbes de niveau ; toute chose qui joue en faveur des ruissellements, donc de l'érosion. Seulement 12% des paysans pratiques la lutte anti érosive. Pour ce qui est de l'exploitation des berges, le P.I. de Fara et la réalisation des puits et la confection des planches à Guido restent largement mis en causes. Le piétinement des animaux est omniprésent sur les deux bassins versants et ce, durant toute l'année. L'inconvénient est l'ameublissement des sols par la multiplication des pistes à bétail.

Tous ces paramètres concourent à la dégradation des retenues en réduisant non seulement leur volume, mais également en polluant les eaux.

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