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Mémoire, identité et dynamique des générations au sein et autour de la communauté harkie. Une analyse des logiques sociales et politiques de la stigmatisation.


par Emmanuel BRILLET
Université Paris IX Dauphine - Doctorat de sciences politiques 2007
  

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- 2. Le besoin de s'opposer pour se poser ou l'expression de la différence avec la deuxième génération issue de l'immigration (niveau interpersonnel)

Dans leur volonté d'être soi, les enfants de harkis en viennent généralement - quoique plus ou moins tardivement, et selon des modalités qui peuvent différer sensiblement d'un enfant à l'autre - à se distinguer des populations issues de l'immigration, allant parfois jusqu'à réinvestir les attitudes d'ostracisme fondées sur des préjugés socioculturels dont ils sont eux-mêmes victimes. « Cette attitude, écrit Nicole Lapierre, évoque celle du parvenu à l'égard du «paria», telle que l'a analysée Hanna Arendt dans la bourgeoisie judéo-allemande : le premier s'arrachant à la condition du second, ne veut plus rien avoir de commun avec ce dernier ; son drame est que la société majoritaire à laquelle il adhère et s'identifie ne le reconnaît pas tout à fait pour l'un des siens »1632(*). De fait, cette volonté de distinction est d'autant plus forte que sur lesquels se fonde la perception spontanée d'autrui (à commencer par le "faciès") sont, au quotidien, une entrave à la reconnaissance en tant que tels des enfants de harkis. "Discrédités" par ce que Erving Goffman appelle le "stigmate tribal", et ordinairement amalgamés aux populations issues de l'immigration maghrébine, les intéressés en viennent généralement - quoique plus ou moins tardivement au sortir de l'adolescence - à vouloir "rétablir l'invisible", c'est-à-dire à vouloir évoquer et invoquer les ressorts d'un passé familial et communautaire singulier, au fondement d'une identité individuelle et collective spécifique :

« Je suis fille de harki, je ne suis pas n'importe quel Algérien en France (...). Y'a un événement historique qui fait que je suis là où je suis et que j'appartiens à une communauté différente, qui n'est pas ici, qui n'est pas là-bas, et qui est différente de tout le monde » (Hassina).

La volonté de se démarquer des populations issues de l'immigration maghrébine conduit parfois les enfants de harkis à s'auto-attribuer - et à "essentialiser" - des qualités conçues comme à la fois "typifiantes" et "différentielles" (au prix d'une autre "essentialisation", celle des défauts prêtés aux "beurs") : des thèmes tels que le sens civique, le patriotisme (très prégnant dans le discours de certains fils et filles de harkis) marqueraient un net clivage entre les deux groupes :

« On ne veut pas être assimilés avec des beurs. Parce que ces gens-là, ils sont pas pareils que nous (...). J'pense que chez la plupart des jeunes harkis c'est... être harki c'est... c'est un état, si je peux dire, c'est un fait, on est harkis, on est pas beurs, on veut pas être assimilés avec les beurs. Le beur, c'est autre chose : c'est quelqu'un qui casse, j'dis pas que nous on casse pas, il faut pas exagérer, on est pas tous des saints, mais j'veux dire, on s'exprime pas par la violence à chaque fois qu'on veut quelque chose (...). Parce que dans le coeur on est harkis, c'est un... je sais pas comment dire, on est harkis, on le sait, et... automatiquement on se comportera autrement que... les immigrés, quoi, parce qu'on a la France, on a le drapeau dans le coeur, donc on... civiquement parlant, si on peut dire, on sera plus citoyen qu'un immigré (...). Etre harki, c'est un certain état d'esprit : c'est être citoyen... plus qu'un beur, quoi, voilà » (Jacqueline) ; « (...) Moi, ce qui me gêne chez les beurs, enfin... ce qui me gêne c'est que, bon, ils se disent Français, mais... pas de coeur, voyez, c'est... ils sont Français par intérêt, parce que, bon, ils sont nés là, ils ont la nationalité française... mais... c'est tout, pour eux ça représente pas... quelque chose de profond, quelque chose qu'ils aient choisi, quelque chose... et c'est ça qui me... qui me gêne. Y'a une différence quand même, avec le beur, c'est que nous, enfants de harkis de la deuxième génération, on a épousé... disons... la civilisation, enfin la culture occidentale, on sait que notre vie se fait ici, que ce sera toujours ici, que... bon, moi, quand j'écoute la Marseillaise, j'ai la chair de poule, je pense pas qu'un beur... ait la chair de poule en écoutant la Marseillaise » (Taouès1633(*)).

On retrouve dans les propos de Lahcène et de sa tante Zohra, qui vivent à Largentière (en Ardèche), l'expression de cette barrière invisible entre "Eux" et "Nous", que renforce l'attribution à l'autre (« les Algériens durs ») de traits négatifs censés témoigner de ce que la différence de trajectoire historique a également accouché de qualités morales discriminantes :

« Et les rapports sont difficiles avec eux [NDA : les beurs d'Aubenas, ville voisine de Largentière] ?

Lahcène - Ben... c'est-à-dire, ouais, ils le disent pas en face, tu sais, on le ressent, tu peux pas le dire en face, mais quelque part c'est... tu sais, pour tout, tu sais, pour... bon moi de toute façon je traîne toujours avec ceux de Largentière, tu sais, quoi... on est toujours entre "harka", tu sais... [rires] on se mélange pas, tu vois, on se mélange pas, bon, à part le sport, quoi. A Largentière, au club, tu sais quoi, bon, y'a des Marocains, y'a des Algériens, tu sais c'est bien, tous unis quoi. Sinon, on est toujours ensemble, toujours solidaires quoi. Si ça chauffe, on est tous là quoi, tous unis. Depuis gamins, on a grandis...

Il n'y a pas de place pour une réconciliation ?

Lahcène - Bon, de toute façon ça a jamais dégénéré, ça a jamais... tu sais, on a toujours fait comme si on calcule pas, mais bon moi je suis toujours avec les harkis, c'est mes seuls amis, quoi, tu sais, on s'appelle "frères" entre nous, tu sais, c'est "frères", c'est pas... non, non, franchement, Aubenas, nous on se mélange pas avec eux, quoi, tu sais on est... eux ils ont leurs propres activités là-bas, et puis ici on a... bah... on a rien, on a rien, quoi. On a rien. Alors que eux... eux ils ont tout, eux, les M.J.C., les maisons de jeunes, ils ont... pfff... ils ont tout quoi, eux.

Avec les Marocains [qui habitent Largentière] ça se passe mieux qu'avec les Algériens [qui habitent Aubenas] ?

Lahcène - Ah ! ouais, mieux, mieux, ah ! oui, mieux, oui, oui. Eux, franchement, ils sont... tu sais, franchement, les Marocains, ils sont bien, quoi. Y'a des amis qui jouent au foot avec nous et... ils sont vraiment bien, tu sais, ils cherchent pas à poser de questions aussi, c'est comme ça. Mais c'est vrai que ceux d'Aubenas, c'est pas pareil quoi. Y'a beaucoup de... comment dire... j'vais pas dire des familles sauvages, quoi, mais... c'est des Algériens... euh... durs, quoi, tu sais, mais bon ça c'est...

Zohra - C'est des Algériens qui aiment bien travailler en France mais... qui veulent toujours... retourner dans leur pays, ils veulent toujours retourner. C'est pas pareil.

Vous avez l'impression qu'ils ne sont pas autant attachés...

Zohra - ...non, bah, non, surtout ils sont là pour travailler, pour... voilà, et un jour ou l'autre ils retournent chez eux. Ils vont en vacances, ils construisent une maison, donc ici ils sont là... on l'entend tout le temps, sans arrêt, qu'ils sont là que pour travailler, pour... c'est tout. Voilà ».

Cette adhésion à certains stéréotypes négatifs véhiculés à l'encontre des populations originaires du Maghreb serait, pour certains enfants de harkis, un gage (illusoire ?) d'acceptabilité de la part de la société d'accueil :

« Etre enfant de harki, c'est... je peux dire à des gens que j'ai la nationalité française sans... dans mon coeur me dire que je l'ai prise, parce que je l'ai eue à la naissance et... je sais pas, je peux me justifier auprès des gens que je suis pas d'origine... immigrée, et... déjà ça passe beaucoup mieux, beaucoup, beaucoup mieux, déjà rien que le fait de dire aux gens que... t'es pas issue de l'immigration, ça passe beaucoup mieux et c'est la vérité » (Jacqueline) ; « (...) vu mon nom et mon prénom, ils peuvent dire que je suis un immigré. Ils peuvent penser que je suis un immigré, et vu ce qu'il se passe actuellement en France, il peut y avoir un rejet, je veux dire (...). Si je leur dis rien (...), de suite ils risquent de me cataloguer en tant qu'immigré. Et je préfère leur dire que... je suis musulman et que... je suis Français » (Rabah).

Dans leur volonté d'apparaître "en tant que tels", de n'être pas "une autre facette des beurs", certains en viennent à vouloir arborer des signes distinctifs, des sceaux de "notoriété", qui rétablissent l'invisible aux yeux d'autrui :

« (...) Ce qu'on voudrait, c'est une priorité aux harkis, et que ça se voie sur la carte d'identité. Je ne suis pas français musulman même si la religion est suivie dans les maisons, je suis un Français fils de harki. Comme ça, on peut faire la différence avec Français fils de FLN »1634(*).

Mais, plus fondamentalement, cette volonté de distinction doit être comprise comme un acte de filiation assumée, qui vise à entériner le choix du père, à le faire sien :

« (...) nous, c'était un choix, c'était un choix par rapport à une guerre, par rapport à un contexte. On était pas là pour... c'est pas pour des raisons économiques qu'on est là, nous, on a rejoint la patrie, et puis "point", c'est tout » (Régika) ; « (...) le fait que maintenant il y a un amalgame qui soit fait entre les immigrés, etc.... on met tout le monde dans le même sac, nous on a notre identité, on a une référence par rapport à nos parents qui ont choisi la France, et nous on est Français désormais, qu'on le veuille ou non, on est Français » (Mohamed, 42 ans).

Cette volonté de distinction, cette volonté de se réclamer - en dépit du poids de l'activation des stéréotypes dans l'ordinaire des relations sociales - d'une forme d'"intégrité identitaire" est une démarche qui peut se heurter à d'autres obstacles, plus idéologiques, de la part de certains secteurs d'opinion au sein du groupe majoritaire. Ainsi en va-t-il de la réaction suscitée chez Michel Polac, animateur d'une émission consacrée aux problèmes d'immigration et d'intégration (diffusée le 14 juillet 1990), par les propos d'une jeune militante MRG (Mouvement des Radicaux de Gauche), fille de harki. Celle-ci, revendiquant « l'intégration totale » pour les membres de la communauté harkie, avait tenu à se démarquer absolument des populations issues de l'immigration maghrébine, déplorant même que ces derniers auraient plus d'avantages qu'eux. Michel Polac, animateur de l'émission, avait alors rétorqué que de tels propos étaient susceptibles de faire le jeu du Front national, s'attirant les protestations de l'intéressée ainsi que d'Ali Boualam (fils du Bachaga Boualam), autre invité de ce débat. L'animateur, en désaccord avec les producteurs de l'émission, avait par suite introduit un référé devant le tribunal d'instance pour que l'émission soit déprogrammée et « retravaillée ». Ce recours sera finalement rejeté et l'émission diffusée en l'état1635(*). Ainsi, au poids des stéréotypes (stigmate tribal), qui jouent contre la reconnaissance en tant que tels des enfants de harkis dans les interactions de la vie quotidienne, s'ajoute le poids de certains schèmes de pensée, qui, procédant par amalgame (entendre distinguer sa situation et/ou son héritage symbolique de fils ou fille de harki de ceux des beurs, c'est faire le jeu du Front national), considèrent comme non légitime - ou politiquement incorrecte - cette volonté de distinction des enfants de harkis.

D'autres enfants de harkis, il est vrai, refusent absolument d'être distingués des populations issues de l'immigration maghrébine, et ne se reconnaissent aucune spécificité, ou la rejettent explicitement. C'est le cas de Mohamed (28 ans) qui, par les accents volontairement "outrés" de sa démonstration, heurte le sentiment d'amour-propre de son ami Rachid, lui aussi fils de harki :

« Mohamed (28 ans) - Non, mais, franchement, ceux qui arrivent à faire la distinction, c'est-à-dire qu'un fils de harki, un jeune fils de harki qui revendique qu'il est harki, pour moi, c'est grave. Parce que moi, devant la population immigrée, tu... tu... devant les Français, quoi, on a le droit de revendiquer qu'on est des harkis, qu'on a des droits et tout, mais j'veux dire, vis-à-vis des immigrés ou quoi, je revendiquerai jamais que je suis un harki, et moi, j'te dis, personnellement, que vis-à-vis de notre pays, vis-à-vis de la France, t'as le droit de revendiquer que t'es un harki, mais moi je revendiquerai jamais vis-à-vis de la France que je suis un harki, jamais, je le ferai jamais, je préfère qu'on considère comme si j'étais arrivé hier dans un bateau. (...) Mais moi, mes problèmes, c'est différent, quoi, franchement, moi... franchement faire la différence entre les fils de harkis, comme tu disais tout à l'heure, je ferai jamais la différence, je montrerai jamais que je suis un fils de harki, je défendrai jamais les harkis spécialement ; je dirais même, les fils de harkis je les défendrai jamais, si un jour j'ai l'occasion de les défendre, je les défendrai jamais. (...) Tu me parles de la communauté harkie ? Moi, franchement, je trouve que c'est dépassé, franchement... dernièrement, à Montpellier, tous les harkis ils ont fait des manifestations, les harkis ils ont fait des manifestations, ils ont ressorti leurs médailles, et tout, franchement, eh ! ben, moi, j'aurais honte... quand ils ont fait ça, franchement...

Rachid - ...moi j'en ai une médaille, fais pas chier, j'en ai une, hein...

Mohamed - quand ils ont manifesté avec leurs médailles et tout...

Rachid - ...oh !...

Mohamed - ...quand ils ont manifesté avec leurs médailles et tout, les... les... les... les harkis qui étaient à Montpellier, avec leurs médailles et tout, j'ai eu honte, franchement, j'ai eu honte... ».

D'autres encore, s'ils se sentent spontanément plus proches des beurs que des Français dits de souche, parce qu'en butte aux mêmes difficultés, savent néanmoins que cette communauté d'esprit ne résisterait pas une minute à l'évocation de la destinée paternelle. Le cas d'espèce d'Ahmed est symptomatique de cette ambivalence des processus d'identification/distinction à l'égard des beurs :

« Tu dis te sentir étranger à ton propre pays : est-ce que cela signifie que tu te sens plus proche des enfants d'immigrés que des jeunes gaouris, comme moi ?

- Non, plus proche des étrangers.

- Y compris des immigrés algériens ?

- Oui, parce que... leur histoire est différente de la nôtre, mais ils vivent des choses comme nous, ils sont rejetés comme nous, donc automatiquement on se sent plus proche d'eux... Comment t'expliquer ? C'est simple : si demain je me retrouve dans une ville inconnue, perdu, j'ai deux types en face de moi, un Algérien et un Européen : automatiquement, vers qui je vais être amené à demander de l'aide ? Ça va être l'Algérien.

- Et la différence d'histoire, tu n'as jamais eu à en...

...si, quelque part, si ; si je commence à penser à la guerre d'Algérie et à ce qu'ils pensent de nous, je vais pas dire que je les hais, mais... c'est tout comme. C'est bizarre, hein ? Mais bon... c'est chaud. Je sais pas si c'est propre aux gens du sud, mais quelque part on a le sang qui boue. Et j'veux dire, s'il commence à avoir des commentaires déplacés, là je m'emporterai. Et pourtant je le respecte. En sa présence, j'en parlerai pas. Parce qu'on a un point de vue qui automatiquement sera différent. Il y a quelque chose qui fait que nos parents ont pris des chemins différents, mais on n'a pas à en parler. On n'a pas à les juger. Mais, accepter non. Je sais que lui il acceptera pas qu'on en parle, et moi non plus j'accepterai pas. Mais c'est pas pour ça qu'on se détestera, bien au contraire ».

Outre la mobilisation du sujet pour sauvegarder son unité (dimension individuelle), le travail de dégagement par rapport à la honte passe aussi, indissociablement (quoique fréquemment avec un certain décalage dans le temps), par une lutte pour la reconnaissance aux yeux d'autrui. Dans ce second "temps" de la « stratégie de la désimplication », il s'agit de puiser dans le substrat familial et communautaire les ressources pour recouvrer ses capacités de symbolisation vis-à-vis de l'extérieur et mettre en cause les valeurs et vecteurs symboliques qui légitiment la stigmatisation : non plus simplement la transgression intime du tabou paternel, mais le refus assumé et proclamé - au nom des pères et des pairs - des normes négatives véhiculées par l'environnement social :

« Pour développer une identité positive, il faut avoir non seulement la conscience d'une identité personnelle, mais aussi celle d'appartenir à un groupe avec des caractéristiques auxquelles on peut s'identifier, et des caractéristiques positives »1636(*).

Cette seconde phase, qui peut être dite "collective" au sens où l'individu entend désormais se réclamer d'un « Nous » qui l'englobe et le dépasse, correspond à une forme d' « insurrection symbolique » marquée par une volonté de réactivation de l'héritage mémoriel et de réhabilitation de la figure du père au-delà du cercle communautaire (ce que Erving Goffman appelle le « retournement du stigmate »).

* 1632 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.225.

* 1633 Entretien, printemps 1997, Paris. Taouès a 47 ans. Née en Algérie, et "rapatriée" à l'âge de 12 ans, elle est mariée à un fils de pied-noir et responsable des relations publiques au sein d'une association de rapatriés.

* 1634 Témoignage de M. L. extrait du documentaire intitulé Les Harkis, IIIème partie, réalisé par Alain de Sédouy et Eric Deroo, GMT Productions, 1994 ; repris in Jean-Jacques Jordi et Mohand Hamoumou, op.cit., p.92.

* 1635 Cf. Le supplément télévision du Monde des 22 et 23 juillet 1990.

* 1636 Vincent de Gaulejac et Isabelle Taboada Léonetti, dir., La lutte des places, Paris, Desclée de Brouwer, 1994, p.97.

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