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Le fonctionnement pédagogique des écoles fondamentales de Torbeck ( Haà¯ti ).

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par Edmond JEAN KECHNOR
Institut universitaire des sciences de l'éducation Port au Prince ( Haà¯ti ) - Licence 1997
  

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2.2. Relation entre la formation et la qualité de l'enseignement

Dès qu'on parle de qualification, on fait toujours référence aux diplômes. Dans toute recherche d'emploi, le postulant doit tout d'abord déposer ses diplômes. Ici, le problème de la qualité de l'enseignement se réfère de préférence de la qualification des maîtres, c'est-à-dire leur formation. Toutefois, le concept de qualification varie d'une culture à l'autre. Par exemple, les Nations-Unies, dans ses offres d'emplois à l'échelle mondiale exigent des diplômes comme critères de recrutement. Cependant, un niveau de formation intellectuelle avancé, lié à des expériences professionnelles peut permettre à un postulant de briguer une fonction sans avoir décroché le diplôme exigé.

Une étude de l'UNESCO sur l'avenir de l'enseignement primaire paru en 1986 montre qu'en cas de carences de certaines catégories d'enseignants, tous les pays prennent des mesures qui dérogent à la regèle des diplômes et autorisent le recrutement de personnes ne possédant pas les diplômes requis. Que l'on veuille ou non, la formation reste et demeure la voie idéale conduisant à la qualification de l'enseignant garantissant le succès dans son travail.

Le dictionnaire encyclopédique de l'éducation et de formation définit le concept « formation » comme une démarche amenant vers la qualité de l'enseignement qui s'appuie sur trois composantes indissociables : la maîtrise des techniques impliquant un apprentissage préalable, l'aspect organisationnel pour assurer la constance dans la performance et la conduite (pilotage) des acteurs associés aux différentes actions.

Barlow et all. (1987) entend par  formation « une action humaine posée en rapport avec des finalités et des objectifs, explicites ou non ; elle est orientée par le désir d'obtenir un certain type de résultats. Il existe une complémentarité entre les différents aspects de la fonction enseignante et des concepts généraux de la pédagogie. En analysant les objectifs et les méthodes employées, on découvre les fondements réels de l'action et qu'en confrontant les affirmations de principe et les données de l'expérience, on fait apparaitre les valeurs qui structurent ce qu'on a réalisé. Ils adaptent en outre des principes et des méthodes qui leur permettent d'appréhender la formation comme action organisée.

Ainsi, Barlow définitif à cet effet la similitude des objectifs de la formation et de ses méthodes, comme  «  la nécessité de mettre en cohérence le but et les voies d'approche de formation visées ».16

Bernard, F (1994), dans son ouvrage, le manuel de qualité a défini la qualité comme l'ensemble des caractéristiques d'une entité qui lui confèrent l'aptitude à satisfaire des besoins exprimés et implicites. Par conséquent, il explique que le terme entité englobe non seulement un produit ou un service, mais aussi une activité, un processus ou un organisme. Dans ce contexte, un enseignement qui cherche la satisfaction des apprenants doit partir à la recherche de la qualité tout au long du processus de formation.

La formation est toujours considérée comme étant un facteur de qualification. C'est ainsi qu'on peut définir la qualification en rapport avec la formation. Larousse, de son coté, la définit comme la valeur d'un travailleur suivant sa formation et son expérience. Elle se rapproche d'une compétence spécifique, acquise grâce à la formation dont la reconnaissance est essentielle.

Pour Fournier (1977), cité par Simon, la qualification sert de principe fondamental au modèle technocratique de l'éducation. Ce modèle se distingue des modèles traditionnels, caractérisés par la sélection, par la recherche du développement de la productivité du système éducatif. « L'enseignant est considéré comme l'agent technique d'une éducation industrialisée dont les produits les plus courants s'appellent chercheurs, cadres, techniciens, travailleurs qualifiés ». Plus loin, l'auteur précise que dans ce modèle la finalité de l'éducation réside dans la satisfaction des besoins de l'économie en main-d'oeuvre. La politique de l'éducation revient dans ce cas à définir les produits à fournir (tels travailleurs qualifiés, de tels niveaux, de telle spécialité, avec tel contenu de formation) et la meilleure manière de les produire (structure et méthodes de formation) 17

Selon Neville, la qualification ne se confond pas avec des seules habilités et compétences professionnelles : « qualification ne veut pas toujours dire spécialisation, et surtout spécialisation très poussée »18. Car la spécialisation dans une tâche peut être réalisée assez rapidement grâce aux formations sur « le tas » ou accélérées. Par qualification l'auteur entend l'ensemble des séquences de formation réalisées à l'intention des professionnels sur certains aspects pédagogiques de la qualification. Car il estime que celle-ci doit faire de l'ouvrier ou de l'employé un homme capable d'affronter des situations techniques complexes variables. Il s'agit pour le système éducatif de veiller à établir un lien explicite entre la formation professionnelle et la culture générale de telle sorte que la compétence des éléments techniques et des ingrédients culturels permettent aux maîtres d'acquérir dans les meilleures conditions une qualification véritable pour le métier19.

Du point de vue de Postic, « les études portant sur la qualification des enseignants étaient de nature prédictive. Au moyen de tests, entre autres de personnalité, elles établissaient les traits de la personnalité des enseignants. Par comparaison des résultats obtenus, les élèves qu'ils avaient en charge ont associé les bons résultats avec les traits de personnalité qu'on rééditait d'une valence positive20. Mais la valeur réelle de telles études est limitée, car on se borne souvent à étudier l'action du professeur pour un objectif à court terme, celui d'un aspect de programme à connaître.

Afin de se rapprocher d'avantage de la réalité, des observations objectives menées dans la classe ont voulu combler cette lacune. Il s'agit de cerner la dynamique de la situation éducative et son évolution sous l'influence de l'enseignant. Des interactions explorant de fait les dimensions du comportement observé sont analysées et ramenés à quelques fonctions de l'acte de l'enseignement. Diverses associations de fonctions sont corrélées avec les divers résultats obtenus par les élèves ; les bonnes fonctions sont celles auxquelles correspondent les résultats de réussite.

Beillerot (1982) fournit une autre explication de cet état de fait. Il dégage deux idéologies de la formation d'enseignant qui polarisent les recherches en éducation et leur servent de postulat. « Pour certains, l'enseignement est un don et révèle de l'art pédagogique. On naît enseignant, on ne le devient pas ».21 L'efficacité de l'enseignant tient de l'art et non d'une technique apprise. On entre d'ailleurs dans la profession enseignante par vocation et non par une motivation personnelle basée sur un intérêt et un goût dont on prend conscience et qu'on peut développer grâce à la formation. « Pour d'autres, l'enseignement est un métier. Il comprend des gestes, des comportements, des normes analysables, repérables, acquérables et transformables »22. Parmi eux, certains développent des méthodes et des techniques de l'éducation qui s'inscrivent dans la technologie moderne. « D'autres mettent l'accent sur le développement d'une réflexion individuelle et collective apte à guider l'enseignant dans l'exercice de son métier »23.

Beillerot montre que le deuxième courant domine le paysage de l'éducation. « L'enseignement présent des caractéristiques d'un travail qualifié. En effet, l'enfant, l'enseignant et le savoir, en devenant de plus en plus des objets de savoir, attirent la création pédagogique et les spécialistes : enseigner devient une technique plus ou moins complexe et l'enseignant est un technicien »24

D'autres raisons autorisent à penser que l'enseignement est un travail qualifié et que les enseignants qui l'exécutent doivent être également qualifiés. L'enseignement est un travail complexe, c'est ce que les tenants de l'art d'enseigner laissent entendre. Pour exécuter ce travail complexe, il faut une formation d'une durée suffisante. L'enseignement est aussi un travail formalisé, de ce fait il recourt à des procédures formelles de nature sociale, juridico-administrative et pédagogique. L'institution scolaire correspond à une organisation collective réglée par des statuts des lois. Elle se matérialise sous la   forme de ministère, de corps d'inspection, d'établissements scolaires. Sur le plan pédagogique des lieux, des temps et des activités clairement différencies et exclusivement réservés au processus d'apprentissage ont été mise en place depuis la première moitié du 19eme siècle en France, un peu plus tard ailleurs25. Maintenant que nous avons établit la relation entre la formation et la qualité de l'enseignement, en quoi consiste alors la profession d'enseigner.

2.2.1. La profession d'enseigner

D'après les recommandations de la Commission Société-Enseignement à la Fondation Roi Baudouin sous la direction de Jean Marie Deketele, c'est l'enseignant qui est responsable de la formation des apprenants. « C'est lui qui se trouve face à la salle de classe, non l'expert en pédagogie, le planificateur, le parent attentif ni le ministre responsable. L'enseignant est à la fois en première ligne, dans certains cas sur la ligne de front, et au point d'aboutissement de tous les projets et bonnes intentions. Il est clair que l'expérience apprend qu'il ne suffit pas de prescrire soigneusement ce que les enseignants doivent faire pour atteindre un projet, aussi bon soit-il. Les objectifs que l'on cherche à atteindre par le biais de l'enseignement ne peuvent être atteints simplement par une énumération des tâches des enseignants ni par une spécification de la manière dont ces tâches doivent être accomplies. Bref, l'enseignant n'est pas un pouvoir exécutif mais un créateur ».

Il faut, au demeurant, se départir de l'idée selon laquelle tout ce qui se fait en classe peut être planifié. « La probabilité d'un enseignement d'excellente qualité n'est pas liée à la précision des plans déterminant ce qui doit se faire en classe mais à la capacité qu'a l'enseignant de s'adapter à une situation et d'oeuvrer activement, avec des hauts et des bas, à une amélioration ». D'où la nécessité de la professionnalisation du métier d'enseignement.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984