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La production des biocarburants en picardie: quelles perspectives pour là¢â‚¬â„¢agriculture régionale?


par Christine Cheveau
Université Nanterre Paris X - Master de géographie 2006
  

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3°) Un décollage de la production qui devrait s'effectuer à partir de la récolte 2007:

Pour la récolte 2006, la surface contractualisée en blé « industriel » n'est que de 8 000 hectares, en légère diminution par rapport à l'année précédente, ce qui peut être lié aux difficultés de commercialisation que connaît actuellement la filière éthanol. Cette stagnation des surfaces contractualisées en blé suit la stagnation constatée au niveau national, car les nouvelles usines ne sont pas encore en activité.

Le décollage du nombre de contrats pour l'approvisionnement de l'usine de Lillebonne devrait s'effectuer pour la récolte 2007, sa mise en route étant prévue pour la campagne de commercialisation 2007-2008.

Source : ONIOL/FIRS 2000-2005 - ONIGC 2006 - ces surfaces comprennent également d'autres utilisations que les biocarburants

Cependant, pour le blé, une partie non négligeable des surfaces ne sera pas l'objet de contrats : c'est le cas pour l'approvisionnement de Tate and Lyle, et ce pourrait être également le cas pour l'approvisionnement des usines belges. De fait, une partie de ce développement sera « invisible » pour les exploitants agricoles, car hors contrat, et ne jouera pour eux qu'indirectement, en offrant un débouché à leur production.

4°) Les perspectives de développement des surfaces de betteraves à destination des biocarburants en Picardie :

a- Un contexte de réduction des surfaces betteravières :

Pour la filière betteravière, le développement des surfaces à destination des biocarburants se situe dans le contexte très particulier des quotas sucriers et de la réforme de l'OCM sucre. De plus, les rendements betteraviers continuant d'augmenter, les surfaces nécessaires à la production d'une même quantité de sucre diminuent. Ainsi, l'enjeu est de contribuer à maintenir des surfaces betteravières menacées de disparition.

De fait, les surfaces betteravières qui seront consacrées à l'éthanol pour la récolte 2006 existaient déjà, il n'y a pas de risque de concurrence accrue avec les surfaces alimentaires. Sur l'ensemble de la France, les surfaces betteravières 2006 seraient en retrait de 7% par rapport à 200535(*).

L'enjeu du développement des surfaces d'éthanol est plus difficile à cerner à plus long terme, car les incertitudes sont nombreuses, notamment sur les résultats du plan de restructuration lié à la réforme de l'OCM sucre. Si ce plan n'atteint pas les résultats escomptés, des réductions de quotas pourraient avoir lieu pour l'ensemble des producteurs.

b- Des perspectives qui dépendent des choix de chaque industriel :

En l'état actuel de la réforme de l'OCM sucre, vu la volonté de Tereos et de Saint Louis sucre de développer des surfaces en betteraves alcool, éthanol et non alimentaires, seuls les planteurs de la SVI devraient voir leurs surfaces de betteraves fortement réduites : ainsi, pour les planteurs livrant à la sucrerie de Sainte-Emilie, (qui est l'unique sucrerie du groupe dans la région), la prévision de réduction de surfaces pour la récolte 2006 était de plus de 20% en avril 2006. Cependant, ceci ne représenterait qu'une réduction de surface d'environ 3 000 ha.

La rémunération des betteraves éthanol n'est bien sûr pas aussi rémunératrice que celle de la production de sucre dans le cadre du quota. La production de betteraves hors quota reste cependant relativement attractive pour les agriculteurs. Les contrats proposés par les industriels n'ont pas de mal à trouver preneur, même pour les contrats de Tereos, qui nécessitent la souscription de parts sociales et le paiement de « droits d'entrée » afin de financer les nouveaux investissements. Selon l'Association de gestion et de comptabilité de l'Oise, il faudrait huit ans à un exploitant pour avoir un retour sur investissement compte tenu du coût de la souscription d'un contrat éthanol (calcul effectué sur la base d'un contingent acquis 20€/T pour un rendement de 80T/ha à 16% de sucre et un prix de vente de 22€/ha). En dessous de 22€/ha, ou avec un rendement inférieur, la culture serait moins rentable qu'un blé avec un rendement de 9T/ha.

Cependant, Tereos a annoncé par communiqué que les planteurs s'étaient portés acquéreurs à plus de 140% aux nouveaux contrats alcool-éthanol proposés.

c- 10% de la sole de betteraves contractualisée pour la production de bioéthanol à l'horizon 2010 :

A moyen terme, si Tereos produit 200 000 tonnes de bioéthanol à Origny et Saint Louis sucre environ 65 000 tonnes à Eppeville, les besoins dans la région pourraient représenter entre 15 000 et 20 000 hectares, suivant la part des planteurs de Picardie dans les contrats36(*). La betterave éthanol pourrait ainsi occuper une part significative de la sole betteraves : à peu près 11% pour 15 000 hectares de betteraves éthanol avec une sole betterave totale de 140 000 hectares. Mais ceci représenterait moins de 2% des terres arables de la région. Cependant, pour produire 200 000 tonnes de bioéthanol à Origny, Tereos devra soit recevoir des agréments supplémentaires, soit avoir des débouchés conséquents hors agrément, car la distillerie d'Origny n'a reçu dans la deuxième phase du plan gouvernemental que 45 000 tonnes d'agréments bioéthanol.

Source : ONIOL-FIRS 2000-2005, ONIGC 2006

Conclusion : des cultures qui devraient occuper rapidement une part assez importante des assolements :

Chaque culture destinée aux biocarburants n'occupera pas une place importante dans la SAU. Cependant, l'ensemble des cultures contractualisées avec des exploitants agricoles par des usines françaises au titre des biocarburants pourrait représenter assez rapidement près de 10% des terres arables, ce qui est loin d'être négligeable. A ces contrats pourraient s'ajouter des contrats d'usines d'autres pays européens. Il est cependant difficile de donner une date de réalisation de ces estimations: elle est liée à la capacité des usines à atteindre leurs objectifs de production affichés pour le bioéthanol.

L'ensemble des cultures réellement utilisées pour la production de biocarburants, vu les perspectives à l'export sur le colza et le blé, et compte tenu du schéma de fonctionnement de la distillerie Tate and Lyle, pourrait être supérieure à la part contractualisée, même si certains contrats de Tereos pourraient faire l'objet de « transferts ».

* 35 Source : Agreste conjoncture Grandes cultures, n°2 avril 2006.

* 36 Sur la base de 3 000 hectares déjà utilisés en 2005, auxquels s'ajoutent les besoins liés à la nouvelle usine d'Origny et à l'augmentation de la production de la distillerie d'Eppeville.

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