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La production des biocarburants en picardie: quelles perspectives pour là¢â‚¬â„¢agriculture régionale?


par Christine Cheveau
Université Nanterre Paris X - Master de géographie 2006
  

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IV- Des besoins accrus à l'exportation :

1°) Les besoins en colza se renforcent :

Certains organismes collecteurs d'oléo-protéagineux français ont déjà des contrats de jachère industrielle ou ACE avec des usines de trituration d'autres pays de l'U.E, et en particulier avec des usines allemandes. Ce type de contrat est cependant plus courant dans l'est de la France que dans le nord.

De plus, selon une étude menée par l'INRA, la production potentielle d'huile de colza sur surfaces en jachère industrielle ou bénéficiant de l'ACE était de 909 000 tonnes, pour une production de biodiesel de 1 844 000 tonnes23(*) : ce seraient donc près de 900 000 tonnes d'huiles « alimentaires » de colza qui ont dû être utilisées en 2004 au niveau européen pour la production de biodiesel, cet usage venant en concurrence directe avec les usages traditionnels de cette huile. La France participe donc déjà par ses exportations de graines et/ou d'huile « alimentaires » à l'approvisionnement des autres pays de l'U.E. Avec la croissance du biodiesel dans l'ensemble de l'Union, ce marché pourrait se renforcer.

La région Picardie pourrait être plus particulièrement impactée par le développement de la production des biocarburants en Belgique. En effet, la Belgique a adopté un système de promotion des biocarburants proche du système français, basé sur des réductions de taux d'accise accordées aux biocarburants produits dans des usines agréées. L'objectif d'incorporation a été fixé à 3,37% pour le biodiesel en 2006, avec une augmentation les années suivantes de 0,92%/an, plafonnée à 5%. La loi concernant les biocarburants du 10 juin 2006 a fixé un volume maximal d'agréments de 475 millions de litres (environ 400 000 tonnes) pour la période octobre 2007-décembre 2008 et de 380 millions de litres (330 000 tonnes) pour les années 2009 à 2012.

L'appel d'offres pour l'obtention des agréments est en cours, les résultats devraient être connus à l'automne 2006. [Fin octobre 2006, une première tranche d'agréments de la filière biodiesel a été accordée aux usines pour une durée de 11 mois : Proviron (Ostende-48.32 millions de litres, soit 42 648T), Flanders Bio Fuel (Gistel-40.68 millions de litres, soit 35 905 T), Oléon (Ertvelde- 72 millions de litres, soit 63 548T), Néochim (Feluy- 125 millions de litres, soit 110 327T). Une seconde tranche sera accordée ultérieurement. ]

Pour alimenter ces usines, la Belgique dispose d'une production nationale de colza extrêmement limitée. En 2005, 5 600 ha étaient ensemencés en colza, pour une production de 24 000 tonnes24(*) (qui permettent donc théoriquement de produire 9 500 tonnes de biodiesel). Les emblavements semblent avoir presque doublé pour la récolte 2006, mais la production demeure très faible. La Belgique aura donc besoin d'importer massivement des graines oléagineuses.

* 23 Source : « Le développement des utilisations non alimentaires de l'huile de colza dans l'U.E : quels impacts sur les marchés et les prix mondiaux ? », Y. Dronne et A. Cohin, INRA Rennes, sept-dec 2005.

* 24 Source : Institut National de Statistique, estimation de la production.

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