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Contribution de la culture maraà®chère (échalotes et pommes de terre) aux revenus des exploitations agricoles dans la zone office du Niger : Cas de la zone agricole de Niono


par Awa Drabo
Université Paris-Sorbonne - Master 2 2017
  

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II.3.2.a Un changement de vision

« Aw broussi kono na mogow, aw be djoro ni konobara falé yé ka té mai balo nafa

kan »

Cette citation signifie que « Le Malien rural cherche aujourd'hui à nourrir son ventre plutôt que son corps ». C'est ce que nous dit « De Gaulle » un maraicher rencontré dans une pinasse sur le fleuve Niger.

Son constat à propos de la situation nutritionnelle des ruraux du Mali est juste et simple.

Le « Dounka Fa » (Manger suffisamment, de manière quantitative), est l'unique motivation des exploitants, tous les matins. Pendant des années et encore aujourd'hui, il est monnaie courante de manger le fameux « tô », ou riz, le matin et le soir, ce des mois durant. La monotonie de leur alimentation est l'une des causes des problèmes de malnutrition. L'aspect qualitatif, du point de vue nutritionnel, est vu pour ces ruraux comme des considérations de personnes dans le non besoin. Une perception qui, de fil en aiguille, se révèle erronée pour les grandes villes comme Bamako ou encore Ségou. Retrouver des cultures de légumes dans les zones interstitielles de la ville prouve à quel point la motivation à « manger de manière saine » se profile et la demande se fait grandissante. Les bassins de production, souvent peu reliés à la ville, peinent à y arriver.

La classe citadine, non agricole et de plus en plus instruite, recherche la diversité de fruits et légumes.

Ainsi, comme Sylvie Brunel, dans son livre Plaidoyer pour nos agricoles l'a si justement fait remarquer, une population qui s'enrichit tend à « mettre du beurre dans ses épinards ». La population malienne qui s'urbanise de plus en plus consomme donc de plus en plus de légumes, ayant des répercutions sur les espaces ruraux. Cela peut s'expliquer par différents facteurs.

Tout d'abord, aujourd'hui en ville, il est courant de trouver dans les ménages des villes des jeunes filles rurales, venues en ville pour être domestiques chez les citadins. Souvent, elles sont chargées de cuisiner les repas selon les goûts et les indications de leur « Patron ». Des patrons, relativement plus instruit sur l'apport nutritionnel des aliments, par rapport aux ruraux. Ainsi, elles apprennent, à préparer,

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d'une façon nouvelle et comprennent « les besoins nutritionnelles » d'un corps humain. Notamment avec l'apport en légumes important dans les sauces qui accompagnent le riz. Une nouvelle habitude qu'elles reproduisent dans la cuisine au village, une fois rentrées.

Aussi, le développement du secteur agricole se traduit par une volonté de proposer une agriculture diversifiée et intensive, incitée par les pouvoirs publiques et les campagnes de sensibilisation. On le voit avec l'introduction de la pomme de terre dans les spéculations maraichères de l'ON. Ou encore, la consommation « normalisée » du riz, qui autrefois était un repas de fête : c'est devenu aujourd'hui un aliment du quotidien des citadins, qui le consomment au moins une fois par jour pendant toute l'année et aussi pour certains espaces ruraux.

Enfin, l'augmentation du nombre de personnes « éduquées » et le développement du secteur tertiaire en ville en défaveur du secteur agricole peut justifier aussi le changement des habitudes alimentaires et la pression des milieux agricoles à produire davantage.

II.3.2.c Une ville urbaine, non agricole, tournée vers le secteur tertiaire. Répartition sectorielle des emplois par lieu de résidence, 2009

Source : « Urbanisation et croissance dans les villes du Mali » Sandrine MESPLE-SOMPS, Harris SELOD, Gilles SPIELVOGEL, Brian BLANKESPOOR, IRD

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Il apparaît que le secteur agricole ne représente que 3,1 %31 des emplois en ville contrairement aux espaces ruraux. Le commerce constitue le secteur le plus important : de 18,5 % à 32,2 % des emplois sont dans ce secteur. Ensuite, les services sont les secondes sources d'emplois.

Comme l'indique le diagramme suivant, les zones de moins de 5 000 habitants sont les espaces agricoles. Comme indiqué précédemment, 85,7 % des emplois sont dans ce secteur. La population mène majoritairement l'agriculture.

Par conséquent, hormis les bassins maraichers aux alentours des villes, il est difficile de se fournir en fruits et légumes. C'est le cas de l'échalote par exemple. Elle est commercialisée certes vers les pays de la sous région, mais aussi et surtout dans les grandes villes du pays. Un marché à Bamako porte même le nom de la zone de Niono. Au « Niono sugu », on peut trouver des échalotes arrivées par camions pour approvisionner ces pôles de consommation.

31 Attention: Ce chiffre est officiel mais doit être pris avec précaution, au vu de l'importance du secteur informel dans cette activité dans les villes, dont les statistiques ne prennent pas compte. La part paraît bien inférieure à la réalité. Car l'agriculture étant souvent une activité complémentaire pour les citadins, assure des revenus supplémentaires pour les ménages et/ou un travail et aussi se nourrir.

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III. Le maraichage de la zone ON : un

succès en demi-teinte.

Finalement, cette activité soutenue par les institutions et les partenaires au développement, comme gage de sécurité alimentaire, d'égalité entre les genres et les âges et moins demandeuse en eau que le riz tient-elle toutes ses promesses ? Dans cette partie, nous tenterons de montrer que cette activité présente également des limites.

Aujourd'hui cette bouée de sauvetage à une riziculture insuffisante pour aider les exploitants à sortir de la pauvreté permet d'apporter de la valeur ajoutée au revenu du ménage et de le compléter ; mais pour de multiples raisons, sa pérennité et son développement sont freinés par de nombreux paramètres.

D'une part, les champs consacrés au maraichage sont de plus en plus petits, conséquence d'une pression foncière qui conditionne souvent les performances de la production.

D'autre part, il fait face à des contraintes, liées à la disponibilité en contre-saison de l'eau, mais aussi l'accès limité en termes de quantité et en qualité aux semences. Enfin après la production, un autre défi émerge : celui de la commercialisation désorganisée et peu rémunératrice, avec des prix fluctuant et bas lors de périodes de surproduction. C'est le cas pour l'échalote, dont la conservation difficile et la transformation encore traditionnelle à faible valeur ajoutée mettent à mal le développement. En ce sens, des défis restent à relever en la matière pour un impact plus significatif du maraichage dans l'amélioration des revenus des exploitants.

1. Une pression foncière croissante : germe de la théorie malthusienne ?

La démographie galopante demeure une difficulté lorsque la croissance économique ne l'accompagne pas.

Si le premier essai de Malthus sur le Principe de population en 1798 est sujet à des controverses, il n'en est pas moins entièrement faux. Des éléments du constat reflètent une part de vérité.

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En effet selon ce dernier, une croissance démographique « si elle n'est pas freinée, la population s'accroit en progression géométrique. Les subsidences ne s'accroissent qu'en progression arithmétique » (Malthus, 1798, page 14) ; en d'autres termes, sans politique nataliste pour la « freiner », naturellement la population d'un pays croit plus vite que la production de richesse créée par les hommes pour répondre à leur demande. Une affirmation qui met en exergue la nécessité primordiale d'une intervention des politiques, pour équilibrer ces deux composantes, intrinsèquement liées. L'histoire a pu démontrer que le malthusianisme démographique n'est pas forcément la solution, car le progrès des techniques des hommes a permis de surpasser ce levier malthusien à de nombreuses reprises. C'est le cas par exemple lors la Révolution Verte amorcée en Asie au milieu du XXème siècle, qui a su invalider les hypothèses d'une future famine dans les années 1950. En ce sens, il parait flagrant qu'au lieu de limiter la natalité, il faudrait plutôt permettre une croissance démographique équilibrée à la croissance de la production des ressources pour la subsidence des hommes.

De ce fait, cette assimilation au cas de l'ON a pour but de démontrer que la croissance démographique ne va pas de pair avec la croissance des performances des exploitants. La terre étant l'un des facteurs de cette production, elle est l'une des causes de performances en deçà du potentiel, et limite cette possibilité de croissance de la production, notamment maraichère.

III.1.1. Description du foncier de l'ON.

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"Le don sans la technique n'est qu'une maladie"