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Cartographie et gestion intégrée des ressources en eau dans le contexte des changements climatiques dans la basse vallée de l'Ouémé au Bénin (Afrique de l'ouest)


par Femi COCKER
Ecole Doctorale des Sciences Agronomiques et de l’Eau  - Doctorat 2020
  

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Conclusion

29

Au terme de ce chapitre, il convient de retenir que plusieurs études ont été réalisées sur des axes de la thématique de cette thèse. Les résultats de ces recherches sont appréciables et cette littérature existante sur la thématique, a permis de mieux appréhender les notions de changement climatique et leurs implications sur la disponibilité des ressources en eau. Elles ont également permis une description du milieu d'étude ainsi qu'une meilleure compréhension des différentes approches méthodologiques adaptées à la thématique de recherche. Ce cadre théorique a enfin permis d'explorer des méthodes d'investigation mieux adaptées aux complexités du terrain d'étude. Puisque la problématique est posée, la clarification des concepts et le point des connaissances sont élucidés, le chapitre suivant vient présenter le milieu d'étude.

30

Chapitre 2 : Cadre géographique du secteur d'étude

Introduction

Ce chapitre fait une brève présentation du Bénin. Ensuite, il situe le milieu d'étude dans l'ensemble du bassin de l'Ouémé. Sa description exhaustive est faite à travers les différents paramètres du cadre biophysique et les caractères de l'environnement humain. Ces aspects constituent des éléments déterminants dans la présentation de ce milieu. L'analyse du cadre humain met en évidence les pratiques qui ont une influence sur le milieu physique, et plus particulièrement, sur les ressources en eau.

2.1. Description du milieu physique

2.1.1. Justification du choix du secteur d'étude

Le choix de ce secteur d'étude se justifie par son appartenance à l'imposante vallée de l'Ouémé et sa spécificité de zone humide. En effet, le secteur d'étude est une partie de la vallée de l'Ouémé qui est la deuxième vallée la plus riche au monde après le Nil. Mais les potentialités de cette vallée ne sont pas connues. Elles sont très peu valorisées et à peine exploitées. Elle permettra donc de mettre en relief ce milieu qui est un potentiel levier de développement. Les zones humides constituent un écosystème stabilisateur de l'équilibre écologique. C'est le cas du secteur d'étude qui est déjà répertorié et appartient au site RAMSAR n° 1018. C'est un milieu qui possède beaucoup d'atouts, mais vulnérable donc qui a besoin d'être protéger pour une exploitation optimale et durable respectueuse de l'environnement.

2.1.2. Situation géographique

Le Bénin, pays essentiellement agricole est dans la zone intertropicale entre l'équateur et le tropique nord. Il est situé entre 0°45' et 3°55' de longitude

31

Est et 6°10' et 12°25'de latitude Nord. Le pays partage ses frontières terrestres avec le Togo à l'Ouest, le Nigéria à l'Est, le Niger et le Burkina-Faso au Nord. Au Sud, il a une frontière maritime avec l'Océan Atlantique et s'étend sur 135 km d'Est en Ouest. Du Nord au Sud, il s'étend sur 731,9 km. Sa superficie est de 114 763 km2 avec une population de 10 008 749 habitants (INSAE-RGPH4, 2013).

Le Bénin a un relief peu accidenté et comprend une région côtière, basse et sablonneuse limitée par des lagunes, un plateau d'argile ferrugineux, un plateau silico-argileux parsemé de quelques sous-bois, le massif de l'Atacora au Nord-Ouest, qui cumule à 650 m et les plaines du Niger silico-argileuses très fertiles au Nord-Est (Judex et al., 2009).

Selon la carte de délimitation du bassin de l'Ouémé, extrait du SDAGE/Ouémé, 2013, la Basse Vallée de l'Ouémé, fait partie du Bassin de l'Ouémé qui est subdivisé en quatre (4) sous-bassins à savoir : les sous-bassins du Zou, de l'Okpara, de l'Ouémé Supérieur et de la Basse et Moyenne Vallée de l'Ouémé. Comme l'indique la Figure 1, le bassin versant de l'Ouémé est à cheval sur le Togo où il occupe une superficie de 320kmP2P, le Nigéria (4 974kmP2P) et en grande partie le Bénin.

La partie béninoise du bassin de l'Ouémé couvre une superficie estimée à 47 218 km2, soit 41,4 % du territoire national. Il est à cheval sur huit (8) départements et couvre tout ou une partie des 48 communes (Annexe 4) sur les 77 que compte le pays. Il abrite une population estimée à 6 millions d'habitants soit environ 44 % de la population totale (DGEau, 2013). La figure 2 présente la délimitation du bassin de l'Ouémé.

BVO : 1236 Km2

32

Figure 2: Délimitation du bassin de l'Ouémé
(Extrait du SDAGE/Ouémé, 2013)

33

Avant de se jeter dans la lagune de Porto-Novo, le fleuve Ouémé crée un véritable delta intérieur avec une vaste plaine d'inondation. Ces divers cours et plans d'eau contribuent à la recharge des eaux souterraines. La densité de la population est en moyenne de 215 habitants au kmP2P et la taille moyenne des exploitations agricoles est de 1,60 ha (Codjia, 2009)

La basse vallée de l'Ouémé est divisée en trois zones à savoir :

· Le haut delta : c'est la limite Nord du delta ; il s'étend au-delà de

Bonou.

· Le moyen delta : c'est une longue plaine de 50 km qui va de Bonou à Azowlissè dans la Commune d'Adjohoun. Elle a une largeur relativement uniforme d'environ 10 km. Le lit du fleuve y est sablonneux, les berges assez hautes et l'eau peu profonde en saison sèche (Akpalo, 1987).

· Le bas delta : il va de l'aval d'Azowlissè où la vallée s'élargit jusqu'à 20 km à la façade sud où le fleuve se jette dans le complexe lagunaire formé du lac Nokoué et de la lagune de Porto-Novo. Parallèlement, coule la Sô qui se jette dans le lac Nokoué. Le lit du fleuve dans le bas delta est vaseux, les berges sont basses et l'eau y est peu profonde en saison sèche (Pelissier, 1963).

Dans chacune de ces subdivisions, la question de gestion durable des ressources en eau et leur valorisation se pose sous diverses formes.

Ainsi délimitée, la présente étude n'a pas la prétention de couvrir toute la basse vallée de l'Ouémé. Pour éviter de trop embrasser pour mal étreindre, les investigations sont faites sur (05) cinq communes rurales de la basse vallée de l'Ouémé. Il s'agit des communes de Bonou, d'Adjohoun, de

34

Dangbo, des Aguégués et de Sô-Ava. Cette zone couvre 1236 kmP2P et est localisée au Sud-Est du Bénin (INSAE-RGPH4, 2013). Elle est comprise entre 2°21'2"et 2°36'5" de longitude Est et entre 6°24'5"et 6°58'1" de latitude Nord comme l'indique la figure 3.

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Figure 3 : Situation du milieu d'étude

36

2.1.3. Relief

La basse vallée s'étend sur près de 50 kilomètres du Nord au Sud et sur environ 25 kilomètres d'Est en Ouest. Elle comprend deux unités géomorphologiques: une plaine d'inondation logée à l'intérieur d'une cuvette et un plateau du continental terminal surplombant la plaine d'inondation. (Codjia, 2009). Le surplus d'eau d'un côté n'est pas récupéré pour servir de l'autre côté. Ainsi, il devient parfois la source des désagréments aux usagers pendant qu'au même moment, cette eau manque tellement ailleurs dans le même bassin que des cultures sont perdues. Ici, elle est tellement abondante qu'on assiste à des déplacements de populations. Il y a donc un travail d'équilibre à faire : c'est déjà le début de la GIRE.

· La plaine inondable appelée Wodji est drainée par le fleuve Ouémé et ses affluents. L'altitude est relativement faible et varie entre 0 et 30 m. Cette dépression est la zone de dépôt d'alluvions apportée chaque année par les eaux de crue de l'Ouémé entre les mois de juillet et novembre. Cette crue apporte une importante quantité d'alluvions qu'elle répartit sur les sols inondables. Au total, plus de 60 000 ha de terres sont irrigables dans cette zone, où la surface inondée est fonction de l'intensité de la crue (Codjia, 2009).

· Le plateau appelé Aguédji présente des fortes ondulations notamment dans les communes de Bonou et d'Adjohoun. C'est une formation ferrallitique très perméable. Elle facilite donc la recharge en eau souterraine. Les eaux d'infiltration réapparaissent en de nombreuses sources au pied du plateau. Ces résurgences donnent naissance à des marécages permanents dont certains ne s'assèchent pas au cours de l'année (Chikou, 2006). La figure 4 présente le relief.

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Source:

Fond tapographique du Bénin, IGN 1996 Image SRTM, 2015

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Figure 4 : Relief du secteur d'étude

37

38

2.1.4. Formations géologiques

Dans le secteur d'étude, on rencontre trois principales formations géologiques : le Quaternaire Récent, le Continental Terminal et l'Éocène.

Le Quaternaire Récent est dominant et est rencontré dans la plaine inondable. Ses dépôts couvrent 67,6 % du secteur d'étude et sont constitués de dépôts fluviaux et margine-littoraux. Ils couvrent entièrement les communes des Aguégués et de Sô- Ava. Les autres communes en sont partiellement recouvertes.

Le Continental Terminal est formé de sable, d'argiles et de grès. Il couvre 31,78 % du territoire. Il est essentiellement rencontré sur le plateau dans les communes de Dangbo, Adjohoun et Bonou.

L'éocène est constitué d'argiles, des marnes et du calcaire. Il ne couvre que 0,62 % du secteur d'étude et se retrouve seulement au Nord de la commune de Bonou.

Ces formations augurent d'une possibilité de disponibilité des ressources en eau dans le milieu. Les faibles débits des aquifères du socle, qui couvrent la majeure partie du Bénin, entraînent des difficultés avec la disponibilité de l'eau douce dans les villes grandes et moyennes. L'approvisionnement en eau potable est également un problème dans certaines parties du bassin côtier, où l'épaisseur saturée des aquifères peu profonds n'est pas suffisante pour des approvisionnements importants. Lorsque les dépôts peu profonds sont incapables de maintenir des débits suffisants, les forages sont forés plus profondément dans le socle érodé ci-dessous. Les eaux souterraines dans les aquifères peu profonds sont souvent de mauvaise qualité en raison de la contamination. L'intrusion saline est un problème particulier dans les aquifères côtiers. Le fleuve Ouémé perd de l'eau dans l'aquifère sédimentaire côtier perméable, et l'épuisement des cours d'eau est donc un problème dans

39

cette rivière en aval du contact entre l'aquifère du socle précambrien et l'aquifère sédimentaire côtier. Les eaux de surface des lagunes côtières autour de Godomey dans le centre sud du Bénin s'épuisent souvent en raison du pompage intensif dans les champs adjacents de la Société des Eaux du Bénin. Dans la région côtière, les aquifères du Quaternaire et du Continental Terminal sont partagés avec le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana. La figure 5 présente les formations géologiques.

2°19'30"E

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Source:
Fond GéologigaelGN, 1992
Fond TopographignelGN,1992
Réalisation:
Fiji COCKER, 2010

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Figure 5 : Formations géologiques

40

41

2.1.5. Formations pédologiques

Dans le secteur d'étude, on retrouve quatre types de sols. Il s'agit des vertisols, les sols ferrugineux, les sols ferrallitiques et les sols hydromorphes. Les sols ferrallitiques et les sols hydromorphes sont les deux principaux types de sols sont rencontrés :

· Les sols ferrallitiques sont localisés sur le plateau. Ils sont pour la plupart appauvris sur 50-60 cm et renferment 40 % d'argile et une proportion allant de 2 à 3 % de matière organique (Legba, 2006).

· Les sols hydromorphes s'observent dans la plaine inondable et représentent la principale formation pédologique du milieu. De par leur faible capacité de rétention en eau et la faible profondeur de la nappe en toute saison (à moins de 80 cm), ces sols sont presque toujours humides et favorisent la vulnérabilité du milieu aux inondations. La figure 6 présente les différentes formations pédologiques rencontrées.

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Sols ferrallitiques,
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Sols ferrugineux

Sols ferrugineux tropica ux, hydromorphes

Sols ferrugineux tropicaux, lessivés sans concrétion

Sols hydromorphes

Sols hydromorphes, minéraux ou peu humifères

Sols hydromorphes, non salés

Sols hydromorphes, moyennement organiques

Figure 6 : Formations pédologiques

42

43

2.1.6. Formations végétales

Le secteur d'étude se caractérise par une couverture végétale très diversifiée. Cela s'explique en partie par le climat subéquatorial du milieu. En cumul, la végétation est arrosée pendant près de la moitié de l'année. Ainsi, la végétation contribue à freiner le phénomène d'érosion. Ce qui réduit le comblement par charriage des cours d'eaux et leur permet de mieux jouer leur rôle de réservoirs naturels.

Selon la nature du sol, il y a des forêts denses humides semi-décidues et des forêts-galeries actuellement très dégradées du fait des activités anthropiques.

Dans les milieux humides, plusieurs formations végétales sont dénombrées. Il s'agit des galeries forestières riveraines et périodiquement inondées contenant Pterocarpus santalinoïdes, Cola laurifolia, Parinari congensis, Manilkara multinerius, Berlinia grandiflora, Dialium guineense, Milletiathon ningii, Cynometramegalophylla et Syzygium guineense, des forêts marécageuses à Mitragyna stipulosa, Symphonia globulifera, Ficus congensis, Raphia hookeriet Anthocleista vogelii (Adjakidje et Sokpon, 2001).

Le milieu est aussi caractérisé par quelque peuplement de mangrove à Rhizophora racemosa (palétuvier rouge), à Avicennia africana (palétuvier blanc) et à Acrostichum aureum (fougère des mangroves). Ces mangroves sont composées d'espèces halophiles : Paspalum vaginatum, Echinichloa pyramidalis, Mimosa pigra, Phyllantus reticulatus, Ficus asperifolia, Pterocarpus santalinoïdes (Mondjannagni, 1969) ; (Mondjannagni, 1977); (Rossi, 1984) ; (Akoegninou, 1984) ; (Gayibor, 1986) ; (Toffi, 1991) ; (Gnongbo, 1996).

44

Plus à l'intérieur, le bassin porte, en plus des forêts-galeries, des îlots et reliques de forêts décidues le long des cours d'eau. Ces formations sont composées d'espèces comme Ceiba pentandra, Diospyros mespiliformis, Borassus aethiopum, Detarium senegalensis, Khaya senegalensis (Paradis, 1977) ; (Merlet, 1987). Les plantations de teck (Tectona grandis) et d'eucalyptus (Eucalyptus globulus) parsèment aussi le milieu.

Toutefois, la végétation naturelle de la vallée de l'Ouémé a été fortement dégradée. Le domaine des forêts occasionnellement inondées a été transformé en palmeraies ou en champs cultivés. Les principales cultures rencontrées dans les milieux déjà humanisés sont le riz (Oryza), maïs (Zeamays), le manioc (Manihot esculenta), le niébé (Vigna unguculata), l'arachide (Arachis hypogea) et des cultures maraîchères telles que le piment (Capsicum frutescens), la tomate (Solanum lycopersicum), les légumes feuilles et le gombo (Hibiscus esculentus).

Malgré la dégradation de la végétation naturelle de la vallée de l'Ouémé, la mise en oeuvre d'une gestion rationnelle et durable, pourrait conférer à la végétation ses fonctions de conservation des eaux de surface et contribuera à la restauration des autres ressources naturelles du milieu dont l'eau. La figure 7 présente l'occupation du sol en 2016.

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Figure 7 : Occupation du sol (2016)

46

2.1.7. Réseau hydrographique

Le réseau hydrographique du Bénin est très dense. Il est constitué de cinq grands bassins versants : la Volta, le Niger, le Mono, le Couffo et l'Ouémé. D'une superficie proche de 50.000 km2, avec une longueur maximale de près de 500 km (Sossou-Agbo, 2013), l'Ouémé est le plus grand bassin du Bénin ; il couvre d'ailleurs la majeur partie de ce pays.

Le réseau hydrographique de l'Ouémé inférieur est constitué de deux axes parallèles. La rivière Sô, en rive droite, parallèle au fleuve Ouémé avec lequel elle est reliée par différents bras tantôt défluents, tantôt affluents : la Zounga, l'Agbagbé, l'Ouovi et la Zouvi. Cet ensemble forme le Delta de l'Ouémé.

La Sô et l'Ouémé se jettent dans le lac Nokoué respectivement aux environs de Ganvié et à l'Ouest de Porto-Novo. La montée des eaux dans le fleuve Ouémé et le lac Nokoué provoque d'intenses inondations surtout dans le secteur d'étude où le système de canalisation des eaux est encore embryonnaire. De plus, les systèmes écologiques naturels de par leur dynamique rendent les populations vulnérables du point de vue économique et sanitaire.

En effet, l'Ouémé est le principal cours d'eau qui définit la physionomie du bassin. C'est un cours dont le régime hydrologique est marqué par des variations notables au cours de l'année. Selon Laleye et al. (2004), l'inondation dans le bassin a lieu en général de fin août à mi-octobre, mais peut survenir dès juillet et se terminer au début novembre comme c'est le cas en 2017. Les hauteurs et débits varient de façon considérable au cours d'une même année. Parfois, les pluies précoces dans le nord Bénin coïncident avec une grande saison des pluies dans le sud et cela entraîne des dégâts dans les exploitations agricoles. Par contre, en année très sèche, il est probable qu'on

47

n'observe pas de crue. (Welcomme, 1971 ; Nonfon, 1988 ; Laleye et al., 2004).

Le nombre important de plans d'eau dans la vallée constitue également un élément fondamental dans la manifestation des inondations en ce sens que l'eau qui s'y coule sature les sols et diminue leur capacité d'infiltration. Cette disponibilité de ressources en eau qui dérange aujourd'hui serait un avantage inouï demain si un schéma d'aménagement et de gestion de ces eaux adapté au milieu est mise en oeuvre et bien suivi. La figure 8 montre le réseau hydrographique.

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Fond Topographique IGN, 1992
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Localités

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· Chef-lieu d'arrondissement

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Zone inondable

Figure 8 : Réseau hydrographique

48

49

2.1.8. Climat

Le climat est de type subéquatorial et est marqué par deux saisons de pluies distinctes alternant avec deux saisons sèches d'inégales durées à savoir :

· une grande saison des pluies de mi-mars à mi-juillet ;

· une petite saison sèche de mi-juillet à mi-septembre ;

· une petite saison des pluies de mi-septembre à mi-novembre ;

· une grande saison sèche de mi-novembre à mi-mars.

Dans ce milieu, deux types de vents dominants se succèdent au cours de l'année : l'alizé maritime d'avril à novembre et l'harmattan, un vent soufflant du nord-est de décembre à janvier. Les fortes rafales de vent peuvent causer de graves dégâts. Elles peuvent avoir une influence défavorable sur la circulation fluviale et lagunaire.

L'insolation varie d'un mois à l'autre en fonction des saisons. La période la plus ensoleillée s'étend de novembre à avril, pendant la grande saison sèche. L'humidité moyenne annuelle est de 82%. Les moyennes mensuelles sont élevées entre juin et août et peuvent atteindre 85 % en juin et juillet. Elles ne sont jamais faibles, mais retombent à des valeurs de 79 % pendant la saison sèche en janvier-février (OmiDelta-INE, 2019). Au-delà de cette présentation sommaire, la présente recherche permettra d'analyser les variations climatiques du secteur d'étude.

2.2. Présentation du cadre humain et économique

2.2.1. Évolution démographique

D'après le troisième recensement général de la population et de l'habitat (INSAE, 2004), la population du secteur d'étude (Communes de Bonou, d'Adjohoun, de Dangbo, des Aguégués et de Sô-Ava) s'élève en 2002 à 255 131 habitants avec une densité humaine de 215 habitants au km2. Sur le plan social, les Ouémènous représentent le principal groupe ethnique, suivi des

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Yoroubas, des Toris, des Fons et des Adjas. En 2013 et selon les résultats du quatrième recensement général de la population et de l'habitat (INSAE, 2016), cette population s'est accrue pour atteindre 379 207 d'habitants, soit 3,79 % de la population totale du Bénin. Elle est à majorité jeune et compte au dernier recensement, 71 462 ménages. La taille moyenne des ménages est de 5,32 membres.

2.2.2. Activités économiques

Les principales activités économiques de la basse vallée de l'Ouémé sont la pêche, l'agriculture, l'élevage, le commerce, l'artisanat et la chasse.

- La pêche : c'est la principale activité de la population. Elle se pratique durant toute l'année, mais la période de pêche fructueuse s'étale d'août à septembre avec l'arrivée de la crue. Les techniques utilisées sont les différents types de filets, les houédos, les nasses et les ahlos.

- L'agriculture : est la seconde activité occupant la population du secteur d'étude. Les ménages agricoles représentent un peu plus de 40 % de la population (Legba, 2006). L'agriculture se pratique à la fois dans la plaine inondable que sur les plateaux, et ce, en fonction des saisons.

- L'élevage : L'élevage se fait sur les berges, les plateaux et porte sur les bovins, les porcins, les caprins et la volaille. L'élevage des espèces animales non conventionnelles est encore timide dans la vallée.

- Le commerce : Le commerce est une activité importante de la région et son pôle se retrouve au niveau du marché d'Azowlissè dans la commune d'Adjohoun. Il faut souligner que la plupart des marchés de la vallée ont une périodicité de trois ou cinq jours.

- L'artisanat : Il est très peu développé et concerne la forge, la vannerie, la réfection des cases, la fabrication des nasses et des filets.

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- La chasse : Elle se pratique frauduleusement dans le milieu et ce, sur toutes les espèces fauniques. C'est plus préoccupant pour les espèces menacées ou rares telles que le singe à ventre rouge (Cercopithecus erythrogaster) et les poules d'eau (Porphyrio alleni et Gallinula chloropus meridionalis).

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote