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La relation thérapeutique dans les interférences entre la biomédecine et la tradipratique. Une lecture anthropologique à  l'hôpital Laquintinie et à  l'African Clinic de Douala (cameroun).

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par Bruno Duovany BEKOLO ENGOUDOU
Université de Douala (Cameroun) - D.E.A en anthropologie, mention santé 2007
  

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DEUXIEME PARTIE :

LE SOCIAL, L'ECONOMIQUE ET LA RELATION PATIENT-TRAITANT DANS LES DEUX FORMES DE MEDECINES

Introduction

La présente partie s'appesantie sur les places qu'occupent le social et l'économique dans les deux formes de médecines. Ces places respectives se manifestent par l'importance que les praticiens accordent à ces deux dimensions qui font partie intégrante de l'accès à la santé. En fait, il est ici question de savoir si la place qu'occupent le social et l'économique dans la médecine conventionnelle est identique à la place réservée à ces deux aspects dans la médecine complémentaire et parallèle (OMS, 2002-2005). Dès lors, nous plongerons dans l'univers de la perception de ces deux dimensions de la thérapie tant dans la médecine moderne des hôpitaux que dans la médecine traditionnelle encore appelée médecine alternative (OMS, op. cit.). Ceci par l'analyse des interactions qui existent entre soignants et soignés aussi bien à l'HLD qu'à l'AC de cette même ville. Il convient de signaler d'entrer de jeu que cette étude s'inscrit dans une perspective comparative. Aussi nous référons- nous de temps à autre aux anecdotes, aux récits de vie et aux observations prises sur notre terrain de recherche. Ainsi, le premier chapitre de cette partie portera un regard sur la place du social et de l'économique dans la médecine conventionnelle à l'HLD, le second tournera autour de ces mêmes dimensions, mais cette fois dans la médecine traditionnelle telle qu'elle est pratiquée par l'African Clinic.

«  Dans cette tâche d'entretien d'un bon moral chez un malade intervient la personnalité du médecin qui le soigne. Nous ne dirons jamais assez combien le rôle de celui- ci est important et à quel point il peut modifier, par sa propre attitude, les réactions du malade devant la maladie. »

Maurice TIECHE (op. cit.)

CHAPITRE III :

LE SOCIAL ET L'ECONOMIQUE DANS LES RAPPORTS ENTRE TRAITANTS ET PATIENTS A

L'HOPITAL LAQUINTINIE DE DOUALA

Introduction

L'accès à la santé dans la ville Douala est une préoccupation majeure pour la population morbide (HOURS B. op. cit.). Chaque malade a généralement devant lui un répertoire diversifié d'offre médicale dans bien des structures sanitaires. L'Hôpital LAQUINTINIE est, comme nous l'avons dit plus haut, fortement sollicité au regard des foules de malades qu'il accueille et du nombre sans cesse croissant des patients qui y séjournent. Seulement, pour que toutes ces personnes puissent accéder à la santé, il est des conditionnalités à remplir. Ces conditionnalités, sommes toutes, tournent autour des finances et du social. La notion de relation étant usitée ici au sens bourdieusien. En fait, elle renvoie au « capital social » d'un patient alors que l'économique renvoie à ce que BOURDIEU P. (1980) appelle le « capital économique » (p25). Les rapports entre le personnel soignant et leurs patients s'entretiennent donc sur la base de ces deux dimensions, selon la gravité de la maladie dont chaque patient souffre. Le présent chapitre tourne par conséquent autour de l'importance que les prestataires de soins accordent aux dimensions sus-évoquées. C'est à ce niveau que se révèlent nombre de pratiques qui nous intéressent à plus d'un titre en tant que sociologues et qui mettent en évidence « les paliers en profondeurs » (GURWITCH G.) de l'accès à la santé dans les hôpitaux publics en général et à l'HLD en particulier. Dès lors, nous présenterons les cotés officiel et officieux de la relation patient/ traitant, tout autant que nous mettrons en évidence les fondements de ces relations selon les principes cardinaux de la médecine conventionnelle.

I- A la Base des rapports entre personnel soignant et patients à l'HLD.

Les rapports entre le personnel soignant et leurs patients doivent être vus sous deux angles : le formel ou l'officiel d'un coté et de l'autre, l'informel ou l'officieux. L'officiel à trait ici au respect du code de la déontologie médicale et au respect du serment d'Hyppocrate.

1- Des normes officielles d'accès aux prestations sanitaires

Toutes ses normes se résument dans la notion de la déontologie médicale. Cette dernière dérive de l'association de deux mots grecs. Ainsi, nous avons le mot « déontos » qui renvoie à ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire. Le deuxième mot « logos » renvoie au discours. Il s'agit alors d'un discours médical sur la conduite à tenir ou sur ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire. La déontologie peut être aussi comprise comme l'ensemble des règles et des devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l'exercent. Les rapports entre ceux-ci et les clients ou le public (MANUILA M. Et MANUILA I. 1996). En conséquence, c'est un ensemble de principe moraux qu'un travailleur exerçant dans un domaine précis est tenu d'observer, de respecter et d'honorer pour donner un bonne image de son travail et de sa profession afin d'améliorer les conditions de vie des individus en société . La notion de déontologie médicale se situe dans le même sillage, ceci dans l'optique de sauver des vies et de guérir les malades (MEYER P. op. cit.).

En clair, la profession de personnel soignant semble donc être des plus délicates parce qu'elle permet aux personnes malades de se rétablir et de recouvrer la santé mise à rude épreuve par la maladie. Cette dernière menace très souvent la vie des individus et pis, la leur arrache. D'où le besoin de se faire soigner par un prestataire de soins se fait alors pressant. Par conséquent il apparaît une nécessité sociale de recourir à un thérapeute. Le cas échéant, c'est la morbidité et/ou le décès. Les praticiens de la santé s'apparentent donc à ce que nous pourrions appeler les gardiens de la santé physique, mentale et sociale. Autrement dit, ce sont des protecteurs et des promoteurs de la bonne santé des individus en société (WERNER D. op. cit.). cette tâche - étant entendu qu'elle ambitionne de restaurer la santé des patients, présente cependant des risques, des dangers qui ne peuvent être éviter qu'avec la bonne formation du personnel de santé et le respect scrupuleux, de la part de celui-ci, de la déontologie médicale.

· · De la qualité de l'accueil réservé aux patients

Le respect de la déontologie médicale commence avec la qualité de l'accueil réservé aux patients. (FAINZANG S. op. cit). Cet accueil doit être chaleureux et zélée. En effet, la maladie comme le dit David WERNER (op. cit.), est d'abord une affaire psychologique. Il faut donc que le médecin ou l'infirmière sache accueillir les malades, car selon lui «  The first contact and those who follow with the patients are very decisive and very important in the healing process. » (p17). La qualité de l'accueil, en d'autres termes, est déterminante dans le prélude à la guérison du patient. (MICHAEL H. et alii, op. cit.) Le patient doit être pris avec délicatesse, avec tact, avec douceur parce qu'étant diminué amoindrit par sa maladie. Il faut donc de la part du personnel soignant un maximum de patience, d'écoute, d'attention et beaucoup d'égards envers les malades. Le respect de ces prescriptions favorise la guérison de leurs patients.

· L'enregistrement du malade

Il s'agit ici d'une étape importante. Il est question de recueillir les informations liées à la personne même du malade. Il s'agit de son âge, de son quartier résidentiel, de sa profession, de son sexe, de son heure d'arrivée à l'institution hospitalière. Bref, lors de l'enregistrement du patient, le personnel soignant doit glaner le maximum d'informations possible. Ceci afin de savoir, mieux de connaître ses antécédents avec la maladie. L'enregistrement permet aussi d'établir les statistiques sur le taux de prévalence de certaines maladies pour des besoins épidémiologiques.

· De la consultation des malades

La consultation est incluse dans l'accueil et est capitale lorsqu'il s'agit de poser le diagnostic (CELERIER I. op. cit.). Elle est synallagmatique et /ou réciproque. Autant le patient consulte son médecin traitant autant celui-ci le consulte dans la mesure où il lui demande ce qui ne va pas, ce qu'il ressent. La consultation est « bonne » quand le traitant permet aux patients de s'exprimer librement. Quant le médecin ou l'infirmier écoute attentivement le malade et lui consacre un temps considérable qui est fonction de la gravité de la maladie. Ce qui doit induire un examen minutieux du malade (BEISECKER, op. cit.).

L'auscultation du malade est donc non négligeable dans l'accueil qui lui est fait ceci parce qu'elle permet à l'infirmier de tirer avec exactitude des conclusions sur la nature de son mal, sur la nature de la maladie dont souffre son patient. Le tact, la douceur et la patience entrent donc en jeux tout comme le questionnement continu du malade. Le touché est aussi important dans cet examen (CARRICABARU D. et MENORET M. op. cit.). L'étape de la consultation achevée, s'ensuit celle de l'orientation du malade soit chez un spécialistes, soit à la pharmacie, soit un généraliste et soit dans un pavillon précis pour son internement ou son hospitalisation. Celle-ci est subséquente à la décision du service des urgences à d'interner le malade.

· L'orientation du malade

Il s'agit ici d'envoyer le patient dans le pavillon approprié pour sa maladie, ce service est le plus à même de faire en sorte qu'il guérisse vite de sa maladie en bénéficiant de l'expertise des spécialistes dans ce domaine. Il n'est donc pas question d'orienter un malade souffrant du paludisme à la chirurgie alors qu'il doit être envoyé au pavillon de la médecine générale ou encore d'envoyer une femme en pleine parturition à la radiologie plutôt que de la conduire au pavillon de la maternité (NCHINDA T. op. cit.). On comprend dès lors que l'orientation qu'on doit donner aux malades est fonction du type de maladies dont ils souffrent. Tous ces principes de la déontologie médicale sous-entendent que le personnel ait été bien formé, qu'il soit régulièrement soumis au recyclage en vue d'un traitement efficient des patients.

-La formation du personnel et le traitement des patients

LA déontologie médicale considère la qualité des soins comme s'intégrant dans un tout cohérent car, elle commence avec la qualité de la formation du personnel médicale et se répercute sur la qualité des soins dispensés aux malades. Il y a donc un lien logique entre leur bonne formation et leur degré élevé de conscience professionnelle (NCHINDA T. op. cit.).

- La formation du personnel

Outre la maîtrise de la médecine, elle inculque au personnel de santé un sens poussé des valeurs de ponctualité, de rigueur, de responsabilité, de patience, d'humilité, d'humanisme etc. ; parce qu'il s'agit de sauvegarder la vie des acteurs sociaux. Lorsqu'on prête le serment d'Hippocrate, l'on n'est tenu de ne manquer sous aucun prétexte à son devoir. La santé du patient doit primer sur toutes les autres considérations. Le personnel de santé est donc obligé d'être rompu à la tâche et de maîtriser celle-ci dans tous ces contours. Dans le cas contraire, les conséquences seront désastreuses. La Déontologie médicale doit donc être à la base de toute action que pose un agent de santé. Elle codifie tous ces agissements dans la structure médicale de même au sein de la société. De toute façon, d'après elle, le personnel de santé est le gardien de la santé des individus en société. Il ne peut bien assumer cette tâche s'il n'est pas au préalable bien formé ; ce qui aurait des répercussions sur la qualité des prestations sanitaires et bien évidemment sur la qualité du traitement dont les patients feront l'objet.

- Le traitement des patients

La qualité de la formation comme, nous l'avons vu plus haut, ne va pas sans conséquence sur la qualité des prestations sanitaires tant il est vrai que tout ce que l'on fait avec célérité dépend du background qu'on a. Quant un agent de santé a été bien formé, il est fort probable qu'il prenne très au sérieux son devoir. Il suscite la confiance aux patients et ceux-ci se sentent en sécurité avec lui. Ce qui est un grand pas vers la guérison (SPEEDLING E. and ROSE D., op. cit.). C'est pourquoi la relation entre le malade et son traitant doit être une relation de confiance mutuelle et toute aussi de respect mutuel. Ajouter à l'action de la cure, le malade se sentira bien dans sa tête. Tout ce qui affecte le psychique du malade retarde ou accélère sa guérison. MEYER P. op cit). En plus, il est strictement interdit qu'il fasse l'objet d'une vente illicite des médicaments au sein de la structure sanitaire dans laquelle il séjourne.

· Le serment d'Hippocrate

- Soulager la souffrance et conserver la vie

Ce serment vise la conservation de la vie et sa protection au travers de l'action thérapeutique. Mais pour y parvenir, il faut soulager le patient de ses maux et de ses douleurs qui l'affaiblissent l'amoindrissent sur les plans physique et psychologique. Soulager le malade, c'est donc l'aider médicalement à se rétablir. C'est l'amener à recouvrer sa santé et faire en sorte que ses douleurs s'estompent aux moyens d'une bonne prise en charge psychologique et d'un traitement efficace. Le préventif et le curatif jouent ici un rôle déterminant dans le prompt rétablissement du patient (KNUESEL R. op. cit.).

En outre, conserver la vie est synonyme de la primauté de la vie du patient sur les priorités du personnel soignant. Cela est la priorité des priorités. Pour q'un patient ou un malade gravement souffrant soit amené à l'hôpital et que personnel médical soit sur le point de s'en aller celui-ci doit s'occuper de lui premièrement et faire tout ce qui est en son pouvoir pour le maintenir en vie (FAINZANG S. op. cit.). Il devra donc user de son expertise pour sauver ce malade qui est dans un état critique. La conservation de la vie part de la prévention jusqu'à la guérison du patient grâce aux médicaments en passant par les séances d'éducation sanitaire. L'infirmier ou le médecin se doivent donc d'être les garants ou les dépositaires de la santé ou du moins de la vie des individus. Ce n'est pas à eux de décider de la mort d'un individu du fait qu'il soit en proie aux maux ineffables. Lorsque le personnel de santé entretient des relations thérapeutiques avec des malades, il doit pouvoir garder le secret médical.

· Savoir garder le secret médical

Le métier d'infirmier et celui de médecin sont très délicats dans la mesure où le personnel de santé est toujours au contact de milliers de personnes qui le consultent et dont il est très souvent appelé à connaître l'intimité et les secrets. Ce personnel connaît bien de secrets propres aux acteurs sociaux quand le sont les malades. Les hommes, les femmes et les enfants lors des consultations, sont amenés à leur confier leurs secrets les plus intimes afin qu'ils fassent un diagnostic adéquat ou approprié. Ils sont obligés de s'ouvrir à ce personnel. On comprend dès lors que le médecin ou l'infirmier ne doivent pas divulguer une information liée à la vie de leur patient sauf si c'est dans un cadre strictement professionnel. Mais, quant à ameuter l'entourage sur tel ou tel autre patient, cela est fortement interdit pour favoriser le plein épanouissement des patients dans les hôpitaux. On peut donc dire qu'avec la déontologie médicale, les patients ou du moins les malades sont assurés d'être bien traités du moins dignement (BENSING J. M., 1991, P40).

En somme, ce tour d'horizon des normes et des bases officielle sur lesquelles sont fondées les interactions entre soignants et soignés à l'hôpital Laquintinie de Douala nous permet de les assimiler à des garde-fous sans lesquels il serait difficile de se faire soigner dans cet hôpital. Seulement il nous a été donné de constater lors de nos enquêtes, que quand bien même ces normes officielles existent, elles côtoient d'autres qui, celles-là, sont « officieuses ».

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"Ceux qui rĂªvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rĂªvent de nuit"   Edgar Allan Poe