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Le processus de création dans le milieu du Cirque nouveau

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par Angélique Reculeau
Université Bordeaux 3 Michel de Montaigne - DUT carrières sociales 2011
  

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b- L'improvisation

Après avoir effectué les entretiens avec les différents artistes il a été constaté que toute création commençait par des exercices d'improvisation qui est le fait d'accomplir des actions sans y être préparé. Bien sur, avant il a fallu définir un objectif, un cadre en ayant pris en compte toutes les contraintes.

La part d'improvisation dans les créations de spectacle n'est pas la même partout. Pour les artistes de la Bivouac Cie, les exercices d'improvisation ont été mis en place au début de la création du numéro d'après le thème et le récit de base défini par la metteur en scène. En revanche durant le spectacle aucune improvisation n'est possible, les artistes doivent avoir mémorisé au préalable tout le spectacle (gestes, figures), tout est fixé. Pour la metteur en scène l'improvisation ne peut se faire que lorsqu'il y a du contact avec le public. En effet, on peut vite jouer avec les réactions du public, elle permet une réelle confrontation.

Pour les élèves de l'école de cirque il y a eu des exercices d'improvisation au début lors de la première phase de création mais ces derniers se laissaient une part d'improvisation pendant le spectacle. Tant que l'objectif final est gardé en tête, ils peuvent improviser. Selon eux c'est moins contraignant, plus amusant et donne plus de confiance.

Pendant ces exercices de préparation les artistes improvisent tout en mettant en avant leurs techniques et font ensuite le tri de la matière après avoir filmé les différents mouvements créés en prenant en compte la dimension esthétique du mouvement produit ainsi que la cohérence avec le cadre défini.

Au fil des répétitions, les gestes remplacent les mots par réajustement grâce aux mouvements trouvés lors d'exercices d'improvisation. Selon Jean-Pierre Ryngaert, « au lieu de partir d'une base narrative, les improvisateurs peuvent être stimulés par des inducteurs différenciés : un espace de jeu, un ou plusieurs objets, l'ébauche d'un personnage, un son , un geste, un masque à explorer. Dans ce cas la provocation au jeu est plus efficace et la production plus ouverte, puisque, s'il y a narration, elle naît du jeu et s'établit grâce à lui au lieu que le jeu serve à l'illustrer. »38

c- Le jeu

Qu'est ce que jouer ?

- C'est Faire quelque chose pour se distraire, s'amuser, imiter par jeu, manipuler distraitement...

-Faire quelque chose par jeu, par plaisanterie, qui présente des risques, manipuler avec habileté les choses de l'esprit et du langage.(jouer avec les mots)

En théâtre c'est :

-Représenter sur une scène. (Jouer un opéra, un sketch, une comédie, une farce, une tragédie)

-Exercer le métier de comédien, d'acteur.

-Tenir un rôle, avoir une conduite sociale (Jouer le personnage de...)

Après avoir étudié cette définition la question s'est donc posée lors de l'entretien avec l'élève de l'école de cirque afin de savoir si son travail consistait à jouer. En effet le fait de créer est une activité qui doit être non angoissante, agréable et non contraignante et donc ayant des caractéristiques semblables à celle de la définition du jeu citée précédemment. En effet lorsque l'on fait une représentation d'un numéro, l'artiste « joue » un rôle, il joue avec un objet, avec son corps et cela peu présenter des risques.

38 Jean-Pierre Ryngaert, in Corvin, 2001, p. 826.

D'après les recherches déjà effectuées, la première occasion d'une pratique proche de celle des arts du cirque est le jeu, qui consiste pour Michel Corvin « une action gratuite, mais organisée qui procure du plaisir » 39. On joue pour le plaisir, ce qui déclenche ce désir peut être animé par un défi qui nous tente, un objet qui nous attire, un exemple que l'on souhaite imiter, une compétence dont la pratique procure du plaisir et stimule l'imaginaire. « Parfois proposé dans un contexte éducatif, le jeu de cirque, comme celui du théâtre, de la musique , de la danse s'apparente à l'élaboration de ce que le psychanalyste Donald Woods Winnicott appelle l'espace potentiel, en tant que possibilité de communication avec soimême et avec les autres, et en définitive à une expérience culturelle qui commence avec un mode de vie créatif et se manifeste d'abord dans le jeu. »40 Ainsi selon Winnicott, « Le jeu c'est la preuve continue de la créativité, qui signifie la vie41 ».

Si l'on revient à la notion de risque et d'équilibre/déséquilibre abordée précédemment et présente dans la définition du jeu, faire du cirque revient donc à transgresser d'une façon codifiée les règles du comportement social admissible, sans danger de réprimande, en brillant, en amusant et recevant les admirations du public. Le regard de l'autre aiguise la sensation que l'on a de soi.42

Ainsi, transgresser les règles et le quotidien, rencontrer les autres et l'ailleurs, voyager, dépasser ses limites, voici en effet ce qui nous conduit vers le cirque pour y rêver ou le pratiquer43.

39 Goudard, Philippe, Le cirque, entre l'élan et la chute : une esthétique du risque, p. 25.

40 Ibid. p. 25

41 WINNICOTT Donald. W, L'enfant et le monde extérieur, p.133.

42 Goudard, Philippe, Le cirque, entre l'élan et la chute : une esthétique du risque,p. 26.

43 Ibid. p. 24.

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Rassembler les contraires c est creer l harmonie