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Le processus de création dans le milieu du Cirque nouveau

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par Angélique Reculeau
Université Bordeaux 3 Michel de Montaigne - DUT carrières sociales 2011
  

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2- Inscrire le cirque dans le temps

Un art garde sa légitimité dans le temps, c'est pourquoi il est nécessaire, au cirque actuel qui est un art composite et récent de s'inscrire, de laisser traces et d'élaborer un répertoire, bien que son vocabulaire, sa recherche et ses critiques sont encore en développement. Des écoles de cirque fleurissent dans toute la France et une formation professionnelle, l'école de Rosny sous Bois propose une formation de trois ans délivrant le brevet artistique des techniques du cirque (BATC), diplôme d'Etat. Ces formations enseignent les techniques artistiques les plus diverses (danse, théâtre, sécurité et manutention du matériel...) afin de préparer au mieux ces artistes à leur future vie professionnelle ô combien hétéroclite.

a- Quelles évolutions possible pour une création?

Un spectacle de cirque peut être modifié par ses auteurs/artistes, ainsi il peut évoluer d'une représentation à l'autre du moins, c'est qu'en pense la metteur scène de la Bivouac Compagnie, les élèves de l'école de cirque sont du même avis : un artiste de cirque doit s'adapter en fonction du lieu de représentation et des avis des différents artistes créateurs du spectacle qui peuvent évoluer au fil de la diffusion de spectacle. Des changements d'artistes peuvent avoir lieu suite à un imprévu (accidents, mauvaise complémentarité...), il est donc nécessaire de s'adapter en fonction des capacités et techniques de chacun des membres de la compagnie. Il faut en effet une alchimie, une volonté mutuelle entre chacun des individus pour créer, c'est un travail de groupe c'est pourquoi il est nécessaire pour chacun d'entre eux de travailler dans un environnement favorable.

Les élèves de l'école du cirque ont du, suite au cycle de recherche, continuer et développer
leur création afin de le montrer à un public lors du spectacle Morceaux choisis #2 (annexe

2). Ils ont pu approfondir leur recherche et se préparer concrètement à la présentation finale de leur création au public correspondant à la quatrième phase du processus de création exposé au début de ce document. Ils ont pu réadapter certains points car n'étant plus dans une démarche d'exercice, comme l'a été la première présentation du cycle de recherche, ils devaient vraiment finaliser en une semaine leur numéro, la situation était donc similaire à celle de leur future vie professionnelle.

b- L'oeuvre de cirque peut-elle être réinterprétée ?

Un auteur, un metteur en scène voir une compagnie sont les personnes qui composent et écrivent un spectacle, selon leur état d'âme, leur sensibilité, leur environnement et leur technique. Mais une oeuvre peut-elle être réinterprétée dix ans plus tard par d'autres artistes ? Jean Michel Guy nous montre qu'une interprétation d'une oeuvre déjà existante nécessite forcément une part de création de la part des artistes. Une oeuvre de cirque peut exister même en l'absence ou après la disparition de son auteur. Ce qui compte en elle c'est la « pensée sensible » dont elle est vecteur et non le corps qui la créée ou qui la véhicule. Il est vrai qu'il est rare qu'un artiste reprenne un numéro déjà existant sans y apporter de modifications, il l'utilise le plus souvent pour chercher de nouvelles matières et le compléter. Notons aussi que pour qu'une oeuvre puisse vivre, il faut une trace, un répertoire, qui, comme l'ayant précédemment abordé, n'est pas encore rependu dans le milieu du cirque actuel.

3- Où en est la théorie ?

Relier la théorie et la pratique n'est pas chose facile. Il n'a pas été évident de joindre ce qui a été dit par les artistes durant les entretiens avec les phases du processus de création. Il a été néanmoins compris que le processus de création, bien qu'étant complexe, est propre à chaque individu. Des moments de doute et d'incertitude sont toujours présents comme l'ayant observé dans la théorie et durant les entretiens. Le jeu est lui aussi toujours présent et indispensable à la création, nous dirons donc que créer ce n'est pas que jouer mais cela est fortement présent et permet d'enrichir cette aire culturelle propre à chacun d'entre nous et qui, selon Winnicott, est essentielle à la vie. De plus, l'artiste créé beaucoup à partir de sa mémoire.

Anzieu parle de saisissement créateur qui est une notion tout à fait compréhensible mais difficile à mettre en lien avec les artistes interrogés qui, créant en collaboration n'ont pas pu avoir tous ensemble ce même saisissement ou probablement est il apparu lors des exercices d'improvisation comme une lumière d'inspiration. Ce qu'il en est de la composition proprement dite pourrait correspondre aux étapes de résidences pour la Bivouac compagnie et de mise en forme des mouvements trouvés lors des différents exercices d'improvisation. Ce ne sont bien sur que quelque pistes qui seraient utiles à approfondir mais dont le manque de connaissance en psychanalyse ne permet pas d'analyser en profondeur la situation.

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